Cross -Marc S. Masse


Le livre : Cross de Marc S. Masse – Paru le 08octobre 2018 aux Flamant Noir Editions – 19€50 ;  (272 pages) ; 22 x14 cm. – e-pub 9.99 €

 4ème de couverture :

Éric Milan, ex-policier devenu détective privé, boucle péniblement ses fins de mois quand un client lui propose une mission singulière : participer à une course de l’extrême – pour identifier un coureur chevronné et le tuer. Milan n’a rien d’un tueur à gages ni d’un athlète de haut niveau, mais la contrepartie financière est alléchante. Le détective s’élance, incognito, parmi les nombreux participants. Malgré l’effort intense, il parvient à garder la cadence mais sa mission va prendre une nouvelle tournure lorsqu’un coureur est retrouvé mort sur le bord de la route. (…) Milan veut mettre fin au contrat. La menace est palpable.  Pourtant son client insiste : il doit continuer… Franchira-t-il la ligne ?

 

L’auteur :  Né dans la région lyonnaise, Marc Masse est diplômé d’une business-school. Il a passé de nombreuses années dans des grandes sociétés d’ingénierie, françaises et étrangères, d’abord comme responsable de la négociation de grands projets puis a occupé diverses fonctions de management. Son métier l’a amené à voyager dans la plupart des continents. Il a vu ses équipes prises en otages au Nigéria, fréquenté la Libye, connu la guerre en Irak, rencontré des espions du KGB, sorti ses collaborateurs de prison. Sa vision de la géographie n’a rien de touristique. Quand il entend le mot « culture », il sort son dictionnaire. Ses pérégrinations ne lui ont pas fait oublier ses passions : en premier lieu l’écriture. Il y a des choses que l’on n’invente pas. Chez lui, la fiction se construit sur un fond de vérité, avec une dose d’humour. Sans humour, on n’est rien du tout. Il a déjà commis six romans du genre thriller, avec pour cadre l’entreprise, le monde des chevaux de course et des pays lointains, mais pas réputés touristiques. « Cross » est le premier-né sous l’aile de Flamant Noir, vous avez intérêt à avoir du souffle. On pourrait vous dire qu’il aime les animaux, ne boit pas, ne fume pas, respecte les limites de vitesse, traverse dans les passages piétons. Nul n’est parfait. Mais est-ce bien sûr ? Avant de l’accuser, il faudra présenter des preuves et qu’elles soient solides. Mais ça, c’est une autre histoire… Il est aujourd’hui l’auteur de 7 romans.

Extraits :
« L’accumulation des obstacles combinée à l’épuisement physique génère un entêtement halluciné. On continue parce que l’on continue. Parce que l’on éprouve une hargne intense contre la difficulté, une rage de la vaincre, une obstination qui porte au-delà du raisonnable et aussi parce que s’arrêter puis repartir s’avérerait impossible. Mon niveau d’abrutissement est tel que j’en oublie ma blessure, sensation noyée dans un océan de souffrances dont je ne tiens plus le compte. »
« Pour résumer : je travaille pour un client dont j’ignore l’identité sur une affaire qui n’est pas de mon domaine, à la poursuite d’un fantôme, ce qui m’oblige à me consacrer à plein temps à une épreuve sportive qui n’est plus de mon âge. Pour quelqu’un qui prétend exercer un métier où la logique et la raison sont les règles de base, il y a de quoi se remettre en question. Et pour couronner le tout, l’objectif final : assassiner quelqu’un est en complète contradiction avec la loi, l’éthique et la déontologie professionnelle. Je me suis laissé entraîner où je n’aurais jamais voulu et dû aller. Tout ça à cause de l’attrait d’une belle somme qui me tirerait d’affaire.
Éric, tu as fait une connerie… ! »

  La chronique jubilatoire de Dany

Cross -Marc S. Masse

 

Eric, le narrateur, détective privé, ancien flic, en instance de divorce et quasi sans le sou (clichés !) se voit contraint de passer «du côté obscur» en acceptant un contrat sur la tête d’un chauffard en participant à une course de l’extrême. Au bout de quelques foulées, le lecteur se doute bien qu’il a été manipulé et que le commanditaire cache sa vérité.  Tous les suspects rencontrent des sorts peu enviables et douloureux.

C’est en accompagnant Eric, cet antihéros, ce loser, dans l’épreuve, en esquivant avec lui les pièges de ses poursuivants, en immersion au sein des coureurs que l’on découvre avec plaisir les difficultés du cross, en milieu hostile.

Des chapitres courts, une narration à la première personne, maintiennent le rythme jusqu’au twist final à double détente et j’ai apprécié le style de cet auteur dont je lis un roman pour la première fois, alors qu’il en est à son septième. L’humour et la dérision sont toujours là. Une belle découverte. Il faudra lui demander s’il est pratiquant de fond car les coulisses et ressentis sont très bien documentés.

 

Extrait :
« Il faut miser aussi sur la force de son dialogue intérieur. Enregistrer les phrases bien choisies qu’on va se répéter en boucle pour avancer, pour traverser les moments pénibles, pour dépasser, comme ils disent, les limites normales de son organisme :
  • « Go, go ! »
  • « Allez, encore ! »
  • « J’en ai marre, marre. »
  • « On continue, encore et encore ! »
  • « Souviens-toi. Pourquoi es-tu là ? »
  • « Un pas et un pas encore, à l’aise. »
  • « Je me sens bien, bien. »
  • « Léger, je flotte, super ! »
Mais le mieux c’est encore de faire le silence. Parvenir à se transformer en robot, une machine à abattre des kilomètres, sourde à la douleur. Je ne prône pas l’anesthésie, mais tout au contraire de passer à un niveau de conscience supérieur. Une sorte de méditation transcendantale qui en gérant la souffrance, permet de changer sa manière de prendre la course. »

 

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Artifices – Didier Fossey


Le livre : Artifices de Didier Fossey. Paru le 18 juin 2018 aux éditions Flamant Noir.19,50€ ; (300p.) ; 21,5 x 13,6 cm. 
4ème de couverture :
La nouvelle enquête du commandant Le Guenn au 36 quai des Orfèvres ! Avril 2013 – Hôpital psychiatrique de Cadillac.
Après trois années d’internement, un tueur en série est autorisé à quitter sa cellule, sous haute surveillance, pour des sorties régulières dans le parc…2 ans plus tard…Forêt de Rambouillet. Un corps est retrouvé ligoté à un arbre, sauvagement mutilé par des feux d’artifice. La violence du crime est sans précédent. L’enquête est confiée à Boris Le Guenn, commandant au 36 quai des Orfèvres. Une experte en explosifs vient l’épauler dans cette affaire. Tandis que d’autres meurtres se succèdent sur le même mode opératoire, un inconnu s’introduit au domicile du commandant Le Guenn et se met à le harceler par téléphone. Il semble en savoir long sur lui…Qui peut bien lui en vouloir ? Et si le passé de chacun était un premier indice… ?
L’auteur : Né en 1954 à Paris. Il fréquente ensuite un lycée hôtelier en Normandie. Il travaillera ensuite sur le paquebot France puis dans différents établissements parisiens avant s’ouvrir son propre restaurant. En 1984, il laisse tout tomber pour entrer dans la police à Paris. Ses années de service à la BAC de nuit du 13ème arrondissement lui fournissent quelques anecdotes croustillantes qui lui serviront quelques années plus tard.
Extraits :
« Émile, un petit bonhomme au ventre énorme qui débordait par-dessus la ceinture de son pantalon sur des cuisses énormes. De chaque côté de son crâne chauve, des mèches de cheveux indisciplinées se partageaient le cuir chevelu. Au milieu de son visage rond et sanguin pointait un appendice immonde constellé de cratères, rouge comme une fraise, recouvert de poils et points noirs. Ses petits yeux porcins, enfoncés dans leurs orbites surmontées de deux touffes de poils drus, fixaient la gamine. Une langue baveuse comme une grosse limace passait et repassait sur ses lèvres violacées et gercées.
Il esquissa un sourire pervers, laissant apparaître une bouche édentée où quelques chicots bruns ou noirs faisaient de la résistance sur ses gencives. »

  La chronique jubilatoire de Dany

C’est avec un vrai plaisir que j’ai découvert cet auteur. Certes polar-thriller avec sa quantité de flics fatigués et dépressifs … le minimum syndical quoi ! … mais avec une galerie de personnages féminins assez originale.

Le plan de ce roman est aussi devenu assez classique puisqu’il mêle des retours-arrière et deux chronologies qui s’entrechoquent mais ici, point de confusion sur les temps des actions, le lecteur se repère parfaitement. Grâce à cet « artifice » (oui j’ose !) le lecteur va découvrir l’auteur des méfaits bien avant les flics, par la suggestion.

Enfin nulle compassion pour les pervers punis par où ils ont pêché, c’est même avec une certaine forme de jubilation que l’on anticipe leur souffrance !

Lu en version numérique.

 Extraits :
« Il plongea la main dans le bénitier et esquissa un signe de croix plus que symbolique, ainsi qu’une génuflexion plus qu’avortée. Dans son for intérieur, il appelait ça les « salamalecs ». Il savait ce genre de réflexions non compatible avec sa fonction et sa vocation, mais celle-ci avait fondu au soleil, au fil des années. En ecclésiastique responsable, il aurait dû en parler à son évêque, mais il avait préféré se taire, garder ses démons pour lui, faire profil bas. » 
« La nature a néanmoins ses obligations et lorsque le besoin s’en fait trop sentir, je recours, sans aucune honte, puisque je les aide à vivre, aux prestations tarifées de professionnelles. Attention ! Il n’est pas question pour moi d’aller courir les bas-fonds de Paris pour ramasser n’importe quelle gourgandine droguée sur un trottoir. Je ne suis pas de ce niveau, et laisse de bon cœur les maladies vénériennes aux pauvres types. Je préfère aisément les femmes qu’une agence suisse haut de gamme me propose.»

Titre et auteur : Artifices de Didier Fossey

exclu blog SP NetGalley – double chronique avec Clémence

 

Artifices de Didier Fossey


Aujourd’hui c’est double chronique et c’est le dernier polar de Didier Fossey qui en fait les frais.

Alors ce matin, Clémence nous donne son avis et ce soir ce sera au tour de Danièle de nous proposer le sien

Le livre : Artifices de Didier Fossey. Paru le 18 juin 2018 aux éditions Flamant Noir.19,50€ ; (300p.) ; 21,5 x 13,6 cm. 
4ème de couverture :
La nouvelle enquête du commandant Le Guenn au 36 quai des Orfèvres ! Avril 2013 – Hôpital psychiatrique de Cadillac.
Après trois années d’internement, un tueur en série est autorisé à quitter sa cellule, sous haute surveillance, pour des sorties régulières dans le parc…2 ans plus tard…Forêt de Rambouillet. Un corps est retrouvé ligoté à un arbre, sauvagement mutilé par des feux d’artifice. La violence du crime est sans précédent. L’enquête est confiée à Boris Le Guenn, commandant au 36 quai des Orfèvres. Une experte en explosifs vient l’épauler dans cette affaire. Tandis que d’autres meurtres se succèdent sur le même mode opératoire, un inconnu s’introduit au domicile du commandant Le Guenn et se met à le harceler par téléphone. Il semble en savoir long sur lui…Qui peut bien lui en vouloir ? Et si le passé de chacun était un premier indice… ?
L’auteur : Né en 1954 à Paris. Il fréquente ensuite un lycée hôtelier en Normandie. Il travaillera ensuite sur le paquebot France puis dans différents établissements parisiens avant s’ouvrir son propre restaurant. En 1984, il laisse tout tomber pour entrer dans la police à Paris. Ses années de service à la BAC de nuit du 13ème arrondissement lui fournissent quelques anecdotes croustillantes qui lui serviront quelques années plus tard.
Extrait : 
« Le choc a été violent. Le SAMU a été percuté de face, à l’angle de deux petites rues, par un 4×4 équipe d’un pare-buffle. Les portes arrière se sont ouvertes, deux individus qui portaient des masques de tête de mort, ont braqué à la Kalachnikov, le médecin et le pompier présents avec moi dans le fourgon. J’entendais des voix qui intimaient au chauffeur et à l’accompagnant de se coucher sur le sol. En quelques secondes j’ai été extirpé, transporté avec le goutte-à-goutte dans un camping-car, et allongé à l’arrière. Puis le véhicule a démarré en trombe. »

L’avis de Clémence, de la page « Les lectures de Clémence » :

Artifices de Didier Fossey: 

Ce dernier opus, fort attendu après Burn out, signe un renouveau pour le commandant Boris Le Guenn. En effet, il doit composer avec une équipe quasiment neuve. Soizic, son épouse, souhaite faire le point sur leur situation et part avec leurs enfants.

Pour ne pas avoir lu les précédents opus, je peux vous affirmer qu’il peut être lu individuellement. Cependant, je regrette de ne pas les avoir lus . Je vais donc y remédier rapidement.

Les thèmes rencontrés sont la pédophilie, la psychologie criminelle et la prise en charge des malades dangereux en unité psychiatrique, la soif de vengeance.

On explore également les difficultés rencontrées par les policiers vis-à-vis de leur hiérarchie et de leur famille.

Nous allons suivre l’évolution du personnage ayant passé l’appel anonyme auprès du commandant Le Guenn entre 2013 et 2015 (date de l’intrigue actuelle). Je ne m’épancherai pas à son sujet au risque de trop en dévoiler.

Ensuite l’histoire débute par une scène de crime explosive. D’usage traditionnellement festif, les feux d’artifice y sont horriblement utilisés. On comprend, ici, la soif de vengeance du tueur et on ne peut éprouver de compassion pour ces « victimes » qui sont en fait d’horribles personnes.

J’ai été subjuguée par la plume de l’auteur avec qui je faisais connaissance. Et je sais déjà que je le suivrai avec assiduité.

Je terminerai cette chronique en remerciant Nathalie de chez Flamand Noir pour sa confiance et pour cette belle découverte qu’est Didier Fossey.

Burn-Out – Didier Fossey


Le livre  :  Burn Out de Didier Fossey.  Paru le 28 février 2015 chez Flamant Noir éditions.   15 euros ;  (289 p.) ; 22 x 14 cm. Réédité en poche le 14 février 2018 chez Bragelonne dans la collection Poche Thriller.

4e de couv :

Paris. Avril 2014. La police enquête sur une série de vols d’objets d’art dans les cimetières de la capitale. Lors d’une nuit de planque, un policier est assassiné. Pas de témoins. Peu d’indices. Boris Le Guenn, chef de groupe de la BAC au quai des Orfèvres, est saisi de l’affaire. Mais il manque d’effectifs et doit mener plusieurs enquêtes de front. La descente aux enfers d’un de ses lieutenants, déterminé à rendre justice lui-même, ne va pas lui faciliter la tache…

Burn-Out nous fait entrer dans l’intimité de la police. Un monde désenchanté, dans lequel l’histoire ne se termine ni bien ni mal : elle se termine, c’est tout. Certains flics boivent pour oublier, d’autres ont une démarche plus radicale, violente, imprévisible… Ça pue la clope, le sang et la sueur de ceux qui veillent sur la population. Ces flics, obsédés par leur boulot, à qui on demande de laisser au vestiaire leurs problèmes personnels, sont vite rattrapés par leurs démons…
Ambiance, jargon, procédures… vous aurez l’impression de faire partie de cette équipe de la BAC dès les premières pages. Didier Fossey a fait toute sa carrière dans la Police nationale, il sait donc de quoi il parle. Quand leur métier prend toute la place, devient insupportable au quotidien et risque de leur faire tout perdre, ils trouvent parfois en leur arme de service l’ultime solution…

Prix Polar 2015 du Lions Club

L’auteur : Didier Fossey en né en 1954 à Paris. Après des études secondaires laborieuses, il fréquente un lycée hôtelier à Granville, en Normandie, d’où il sort muni d’un CAP de garçon de restaurant. Il a la chance de travailler sur le paquebot France, puis dans différents établissements parisiens avant d’ouvrir son propre restaurant. En 1984, il laisse tout tomber pour entrer dans la police, à Paris. Ses années de service en brigade anticriminalité de Nuit du 13e arrondissement de 1986 à 2001, les nuits de planque, de traque, la morsure du froid, ce monde de la nuit lui plaisent et lui fournissent quelques anecdotes croustillantes qui lui serviront quelques années plus tard.
Extrait :
“Tous les flics ont des cauchemars, ça fait partie du paquetage”, avait dit un jour Olivier Marchal, ancien policier devenu réalisateur de films à succès. Le problème, c’est qu’au départ le flic n’est pas prévenu que le paquetage s’alourdira au fil des ans, et rien n’est prévu pour les ranger, ces foutus cauchemars. Alors certains, comme Franck, mettent une carapace, s’endurcissent et le payent dans leur vie privée. D’autres se laissent déborder, et à défaut de sac pour y mettre leurs peurs, leurs angoisses et les problèmes personnels qui en découlent, se servent de leur arme pour en terminer, à raison d’une quarantaine par an, toutes forces de police confondues.
……………………

Le ressenti de Jean-Paul

Burn-Out  de Didier Fossey

J’ai rencontré Didier au dernier salon du Livre à Paris et je dois avouer à ma grande honte que je ne le connaissais pas du tout ! Mais d’abord ce n’est pas vers lui que je suis venu. C’est le titre de la couverture de son roman qui m’a attiré et repoussé à la fois. ”Burn Out” une nouvelle expression, presque sexy d’ailleurs, alors que le mot en français fait peur et dérange : Dépression. Comme si c’était encore une honte d’en souffrir…
Donc nous avons pu discuté ensemble et j’ai trouvé tout de suite le personnage attachant. Ancien policier, comme Olivier Norek qui a arrêté son métier difficile pour nous transmettre une vision de la Police méconnue. Son vécu peut-être ? En tout cas son roman ma touché par sa sensibilité.
L’histoire est captivante et très réaliste, elle m’a tenue en haleine jusqu’au bout. Des policiers qui sont mal dans leur peau, qui vivent mal les conflits internes, les horaires épuisants, les planques qui n’en finissent pas, qui n’ont plus vie de famille ou tellement insignifiante. Voilà la Police de Didier. Ils sont là pour nous aider, pour nous sauver souvent, alors que nous ne les voyons qu’à peine et que pour beaucoup d’entre eux, ils travaillent la peur au ventre…

Le monde à changé, aujourd’hui les policier on les mains liées, ils ne sont ni aidés, ni aimés. Ils sont perçus comme des collecteurs de l’Etat, plus que des gardiens de la paix… Leurs missions devraient être recentrées très vite avant que cela ne finisse vraiment mal…
Un polar à lire…Une course contre la montre qui nous montre le malaise de la Police !

“Dubreuil avait pris sa décision. Il irait au commissariat tout balancer et se faire passer pour un chef d’entreprise un peu trop cool qui vient de s’apercevoir que ses employés lui font un petit dans le dos. Sergeï se ferait chopper rapidement : avec les moyens actuels, les flics établiraient un rapprochement entre les vols dans les cimetières et l’affaire du château dans les Yvelines. Oui, c’était cela qu’il devait faire, le seul moyen de s’en sortir ; sinon cette affaire allait mal tourner pour lui. Il dirait aux flics il s’était aperçu que son contremaître n’était pas clair, qu’il avait voulu s’expliquer avec lui et que, en guise d’explication, il s’était fait casser la gueule. Ça tiendrait la route. Il ajouterait qu’il était armé, dangereux, et avec un peu de chance, vu le nombre de chauds de la gâchette dans la police, Sergeï n’aurait peut-être même pas le temps de parler.””

Vermines – Romain R. Martin


Le livre : Vermines de Romain R. Martin, paru le 02 octobre 2017 aux éditions Flamant Noir, collection FLN.Roman. 19€50 ; 181 pages; 21,5 x 1 x 13,5 cm.

4ème de couverture:

Bourganeuf, petite commune isolée dans la Creuse. Arnaud Vallaud, jeune taxidermiste asocial et cynique, impose le respect par sa verve et sa mauvaise foi. Accompagné de Pascalin, le brave du village, il tient une boutique et mène une vie très monotone jusqu’au jour où une armoire normande écrase son chien. Son quotidien se transforme alors en une série d’aventures burlesques et tragiques. Hasard, accident ou vengeance ? On n’est jamais aussi seul qu’on le croit…

 

 

 

L’auteur:  Romain R. Martin est né à Vire en Normandie. Il est âgé de 37 ans et vit aujourd’hui à Paris. Jeune adulte et passionné de musique metal, il quitte le lycée au premier trimestre de terminal pour devenir musicien et travaille avec un petit label breton spécialisé.
En 2007, il déménage sur la capitale pour se réorienter vers le montage vidéo et le graphisme. Puis en 2011, il s’engage pour cinq ans en tant que réserviste de la police nationale. Son contrat désormais terminé, il se met à l’écriture de son premier roman.
Outre le fait que sa mère l’ait toujours poussé à écrire, c’est l’accumulation de situations improbables, tristes, voire grotesques, rencontrées au sein de la police, et plus généralement au fil de sa vie, qui lui donne tout d’abord le goût de l’écriture. Amateur d’humour noir avec un attrait prononcé pour le dérisoire, il trouve dans la rédaction de l’imaginaire un refuge et une parfaite scène de théâtre pour y faire vivre ses personnages excentriques.

 

Extrait:
« Je suis né dans la Creuse et nous vivions, mes parents et moi, dans mon actuelle maison de campagne, aux abords de Bourganeuf. Cette petite commune du Limousin n’a jamais dépassé les quatre mille habitants et tout son charme vient de là. L’absence de promiscuité et le petit nombre créent le lien et la paix sociale. L’hiver, toutefois, il ne fallait pas posséder un flingue trop près de sa table de chevet si vous étiez un audacieux chômeur longue durée ou, plus simplement, un célibataire alcoolique.
La vie pouvait être paisible dans cette campagne, mais il valait mieux être armé, équipé et motivé psychologiquement face aux éventuelles menaces et autres aléas du quotidien. Ce ne fut pas le cas de mes parents, et pourtant, en apparence, notre famille paraissait solide.
En apparence… »

 

Le OFF de OPH

Vermines de Romain R. Martin

Il ne m’aura fallu que quelques heures pour dévorer le glauquissime « Vermines » de Romain R. Martin!

 J’avais lu du bon comme du mauvais sur ce roman qui, de fait, a éveillé ma curiosité… et je fais dorénavant partie de ceux qui le défende!

 Un roman noir, caustique (autant que la soude!) , un poil dérangeant… une plume acerbe, décapante au service d’un humour cynique, sombre mais qui m’aura fait beaucoup sourire!

 « Vermines » c’est l’histoire d’Arnaud, qui de sa Creuse profonde, nous raconte son histoire étrange… Après la mort de son chien, un enchaînement de faits les plus étranges les uns que les autres vont l’emmener, lui et son ami Pascalin, sur des pentes dangereuses… glisseront, glisseront pas? Découvrez-le en lisant ce premier roman de Romain.

 Au delà de l’histoire vous découvrirez la capacité de l’auteur à user de métaphores, sans lourdeur, pour des tournures de phrases qui font mouche:

« Ma trinité impie: salir, détruire, vomir, s’appliquait modestement chaque jour dans notre foyer. Voici l’aigle qui gouverne? Soit! L’oiseau, dans sa grâce, gouvernerait ainsi, assisté de ce fameux triumvirat. C’est pourquoi je les récompensait grassement, tel le gros chat qui rapporte des petites souris mortes sur le perron en retour de ces bonnes attentions. »

 Bourré de références littéraires et musicales, ce roman est une plongée dans le noir dérangeant, le noir inclassable, le noir qui peut mettre mal à l’aise. J’ai trouvé chez Romain un côté brut, parfois familier mais avec une écriture fine, intelligente… Un paradoxe qui, à mon sens, renforce l’ambiance sombre et quasi malsaine que j’ai particulièrement apprécié.

 Si vous aimez sortir des sentiers battus, voir rebattus, et faire une découverte étonnante, n’hésitez pas et lisez « Vermines »!

Livres Paris 2018, mon petit retour.


Livres Paris 2018, mon petit retour.

 

Voilà plus de 30 ans que je fais le salon du livre de Paris. 30 ans que je bosse autour du livres. Et en plus 30 ans j’ai vu beaucoup de choses changer.

Le salon du livre de Paris n’est pas un salon comme les autres, ce n’est pas un salon à proprement parlé. Non c’est une foire à l’instar de la foire du livre de Francfort où l’on négocie entre éditeusr les droits de traduction des bouquins.

Je me souviens en 1986, le salon se tenait au Grand Palais. Un lieu magnifique, un écrin somptueux pour recevoir la littérature. Je me souviens y être allée les 5 jours que durait le salon, du 20 au 26 mars. Je ne sais plus si il était déjà payant ou s’il était gratuit. Je sais par contre que l’étudiante que j’étais n’a pas payé d’entrée. Sinon je n’aurais pas eu les moyens de m’y rendre tous les jours.  Ce 6e salon du livre, je crois à déclencher chez moi le goût pour le livre et les métiers du livre. C’est sans doute là qu’est né ma vocation.

Le salon du livre a été créer un 1981 et inauguré par Jack Lang. En 81 j’étais encore bien jeune et j’y ai préféré la fête de la musique.

Je me souviens qu’en 1988 le salon quitter le Grand Palais pour investir la porte de Versailles. Et que cette même année, il y avais un pays mis à l’honneur.  14 au 20 avril – Porte de Versailles
La Grande-Bretagne, pays invité d’honneur

En 1989 c’était du 19 au 25 mai – Porte de Versailles , L’Allemagne, pays invité d’honneur.

En 1990 retour du salon au Grand Palais jus’en 1994. Je ne sais plus si un pays était mis en avant mais ce que je ne rappelle c’est que les éditeurs régionaux était très présents et j’y ai découvert pas mal de nouveau d’auteurs de polar publiés dans des petites  maisons, malheureusement disparus aujourd’hui. Et maintenant je me souviens, je crois qu’en 1992, l’Espagne était à l’honneur.  C’est aussi à partir de 90 que le salon se déroule en mars.

En 1995 retour du salon à la porte de Versailles. Cette année là,  Salman Rushdie vient au salon, bravant la fatwa qui le menace.

Le salon du livre c’est aussi l’occasion de rencontrer certaines de ses idoles. Doris Lessing, même a près de 90 ans cette femmes resplendissait.  Je me souviens de Jorge Semprún, , Carlos Fuentes, António Lobo Antunes, Umberto Ecco, Carlos Liscano…. James Ellroy pour en cité un encore vivant. Ellroy que j’ai revu une quinzaine d’année plus-tard à quai du polar. Des auteurs passionnant à lire mais  à écouter aussi. 

Je ne souviens qu’en 2010, le salon faisait polémique. Les petits éditeurs était mis sur la touche les prix des stands ayant subit une hausse considérable. Même les grands groupes éditoriaux avait cette année là réduit leur participation. Je me souviens d’un salon qui nous paraissait tout petit.

J’ai souvenir aussi qu’en 2011 l »entrée du salon est gratuite pour les titulaires de la carte d’usager des bibliothèques de la ville de Paris. Je ne comprend pas pourquoi cette opération n’a pas était reconduite depuis. Peut-être parce que la carte de nos bibliothèque est gratuite, elle ! E

En 2011 aussi, il y avait un Spécial Suspense : Polar & Thriller

Et c’est aussi en 2011 me semble-il, que le salon est passé de 6 jours à 4 jours.

Créé en 1981, le Salon du Livre de Paris est devenu Livre Paris en 2016. Et depuis 3 ans à chaque salon du livre, pardon Livre Paris, il y a polémique sur le prix du billet d’entrée.

Oui je crois que ce serai bien si un jour ce Livre Paris, devenait un vrai beau salon du livre populaire avec une entrée gratuite pour tous !

 Allez place à la 37ème édition.

Cette année c’est sur une seule journée que je suis allée au Salon du livre de Paris.

Simplement le premier jour le vendredi.

Normal, cette année le samedi je filais en vacances ! hihi

Juste une journée au salon du livre, c’est pas habituel chez moi, mais bon, j’ai essayé de faire un maximum durant ces 8 heures à arpenter les allées du hall 1 du parc des expositions.

J’avais rendez-vous avec mon amie Frédérique afin de partager ensemble quelques moments de ce salon du livre. Fred elle serait là les 4 jours de Livre Paris.

La matinée passa très vite, peu de rencontres.

Des potes auteurs à aller saluer. Des nouveaux à rencontrer.

Ce fut le cas avec Didier Fossey que j’ai eu la chance de recevoir dernièrement lors d’un apéro polar. Et de sa consoeur chez Bargelonne/ Millady Thriller , Solène Bakowski que je rencontrais pour la presque toute première fois. La première c’est en juin dernier à SMEP mais Solène était là juste en visiteuse. Cette fois c’est comme auteure que je venais l’importuner pour une invitation à un prochain Apéro Polar. J’ai eu de la chance, le rencontre fut parfaite et Solène a accepté mon invitation. Enjoy.

Alors que nous papotions avec nos auteurs sont arrivés deux personnes incontournables dans le petit monde des bibliothécaires. La première organise depuis 3 ans maintenant, un salon autour du polar à Nemours. Et la seconde, va ouvrir une nouvelle bibliothèque au fin fonds du 77, un bibliothèque d’un genre nouveau. J’ai Nommé Florence Lecouvreur-Neu et Cendrine Nougué.

Avec Florence et Cendrine

 

Ensuite avec Fred nous sommes allées à la rencontre de la team Flamant Noir, j’avais promis de passer car pour la première fois, Falmand noir et Nathalie avaient leur stand. Et une première ça se fête.

Connue et récompensée pour produire un travail littéraire de choix, la maison Flamant Noir commence à faire son nid. L’éditrice plébiscite la qualité plutôt que la quantité, mais les plumes offrent un catalogue varié : Polar & Culture. Polar & Humour. Polar & Musique. Polar & thriller.

Outre Nathalie, l’éditrice, il y avait là Sébastien Lepetit ( avec son chapeau) toujours aussi charmant. J’aime énormément ce qu’il écrit, ce qui ne gache rien à la rencontre mais aussi Romain R. Martin que j’avais déjà rencontré à Nenours et à qui j’avais promis alors de venir le revoir ici pour lui prendre son premier polar  » Vermine ».

Pour finir la matinée, nous sommes allées faire un saut chez les ditions Lajouanie que Fred savait trouver sous le chapiteau « Normandie ».

Il y avait là Caroline Lainé, notre éditrice et  Jean Michel Lecoq donc mon ami Eppy Fanny m’a vanté les mérites à plusieurs reprises.

 

Sur le stand Lajouanie je repérais un lecteur qui comme moi, naviguait d’une maison d’éditions à une autre et qui allait saluer les même auteurs.

Je lui laissais prendre sa photo souvenir et j’allais le voir pour me présenter et l’interroger sur ses motivations. Vous le savez je suis curieuse. C’est comme cela que j’ai fait la connaissance de Jean Paul, le jeune homme à lunette sur cette dernière photo. Mais de cette rencontre je vous parlerai plus tard !

Bon allez il était temps d’aller se restaurer un peu ! 13h 30 l’heure des braves. Et qui dit salon du livre dit bar à Huître. Et oui depuis quelques année déjà les huîtres c’est devenue une tradition pour le déjeuner sur le salon du livre.

 

 

 

 

 

 

 

Bon aller une petit pause et on repart.

Jean Paul, le jeune homme croisé tout au long de la matinée m’a prévenu que Sandrine Collette serait en dédicace sur le stand de Gallimard ! Là je n’en ai pas cru mais oreilles. Sandrine m’avais dit il y a quelques semaines qu’elle ne serait là qu’à partir du samedi !

En nous rendant sur le stand Gallimard, nous avons fait un petit détour pour saluer un nouvel auteur que l’on apprécie beaucoup chez Collectif Polar.

Spéciale dédicace aux Flingueuses. Et oui nous voilà avec Niko Tackian qui lui aussi est partant pour un Apéro Polar ! Trop trop bien.

Bon allez on bouge …Fred va vers sa conférence

Et à 14h30 tapante de mon coté j’étais devant le stand. Mais point de Sandrine. Mais 2 jeunes femmes l’attendaient elles aussi de pied ferme. Aussi j’entamais la discutions avec elles. Et là forcément je ne suis faîte l’attachée de presse de Sandrine ventant chacune des qualités de ces différents romans. Sandrine et son éditrice ont fini par arriver. Son éditrice me confirmant qu’effectivement Sandrine, elle n’aurait pas du être là ! Alors j’ai pu discuter un moment avec Sandrine mais tout à mon émotion j’en ai oublier de faire une photo. mais Jean Paul, non…

Et pendant que Sandrine signait, moi de me répondait aux questions d’une des deux jeunes femmes avec qui j’attendais notre auteur. Et oui, le hasard parfois. Une juriste qui aimerai tenter une reconversion professionnelle du coté des bibliothèques et pourquoi pas les bibliothèques de prêts. Rhooo et comme le hasard aime nous embrouiller, ils s’est trouvé que nous sommes toutes les deux haut marnaise, si, si et je sais c’est pas si courant !

Cette année, Livre Paris proposait, pour la première fois, un espace dédié aux littératures policières sous toutes leurs formes. L’occasion d’y retrouver les grands noms du genre et de les entendre témoigner sur la manière dont ils regardent le monde d’aujourd’hui et anticipent celui de demain, au travers de nombreux rendez-vous thématiques :

Pour ma part j’avais noté dans mon agendas :
True detectives : les policiers écrivains, 16h00 – 17h00

Certains des meilleurs auteurs de polar contemporain sont également avocats, policiers, hauts fonctionnaires, espions ou juges… Il s’agira ici de leur donner la parole. Comment le Quai des Orfèvres, la brigade des stups ou « la criminelle » inspirent-ils la littérature policière ?

Avec Hugues Pagan (Rivage/Noir), Hervé Jourdain (Fleuve éditions), Didier Fossey (Flamant noir) et Pierre Pouchairet (Sang neuf/ Plon)

Une  conférence qui a eu énormément de succès

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17h00 mon dieu que le temps file.

Vite aller voir Samuel Sutra qui sera notre auteur à l’honneur ce mois-ci, voilà vous savez tout. Il vient de sortir un nouveau polar noir. Mais je vous raconterai tout cela dans quelques jours.

De belles retrouvailles, heureuse que j’étais de la revoir.

Allez maintenant filez faire une bise à Stéphanie de Mecquenem.

Retour du coté de la team Lajouanie

Et puis encore un peu de temps pour allez discuter avec nos flics auteurs, les anciens que je connais déjà et les petits nouveaux, ceux qui viennent tout juste leur 1er roman et ceux qui vont bientôt être édités.

 

Et …Avec leur directeur de collection Marc Fernandez chez Plon Sang Neuf

Bon allez ça fait plus de 8 heures que je tourne dans ce salon, il est temps de rentrer chez moi, la porte de Versailles c’est pas le porte à coté…Et  demain j’ai départ en vacances !

Merde à Vauban de Sébastien Lepetit


Le livre : Merde à Vauban de Sébastien Lepetit. Paru le 4 juillet 2013 chez Nouveaux Auteurs. 18€95 ; 21 x 14 cm.

Réédité le 8 mai 2017 chez Flamant noir éditions. 19€50 ; (398 p.) ; 22 x 14 cm.

La 4e de couv :

Besançon, mai 2008. Pierre-Jean Montfort, adjoint au maire et professeur d’histoire donne une conférence pour promouvoir la candidature du réseau Vauban au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le lendemain matin, on le retrouve mort au pied de la citadelle. Meurtre ou suicide ? Affaire privée ou coup porté à la candidature de la ville ? Fabien Monceau, jeune lieutenant de police parisien juste nommé à Besançon va mener l’enquête aux côtés du commissaire Morteau, un Franc-Comtois chevronné et bourru. Une enquête difficile menée de main de maître par un duo explosif.

L’auteur :   Sébastien Lepetit, alias Saint-Fromond, 43 ans est  originaire de Bretagne et vit en Franche-Comté depuis une dizaine d’année.. Amoureux des pierres, des bâtisses et de leur histoire, c’est sur les sentiers de montagne ou de forêt qu’il s’en va cueillir au calme les pensées et les sensations qui deviendront l’âme de ses romans. . Dans ses romans, les lieux où vivent les personnages ont une place particulière,… au point d’en devenir également des personnages à part entière. Il aime lire Umberto Eco, Pierre Magnan, Peter Tremayne, Anne Perry, et tant d’autres.

 

Conseils aux lecteurs

Ce roman s’appréciera encore mieux s’il est accompagné de quelques dés de comté affiné en cave pendant au moins dix-huit mois et d’un petit verre de vin d’Arbois ou, mieux encore, de vin jaune.

EXTRAITS 1 :
— Monsieur Monceau !… Félicitations. Vous êtes affecté à… Besançon.
Fabien était comme K.-O. Il avait serré les mains tendues et était descendu de l’estrade sous les applaudissements
 polis et quelques rires diffi cilement contenus. Besançon !
Mais où était-ce, Besançon ? Là-bas, dans l’Est ! Fabien avait beau réfléchir, il n’arrivait pas à visualiser Besançon sur une carte. C’était là-bas, vers l’Allemagne ou vers la Suisse,  même pas en Alsace. Tout ce que cela évoquait chez lui, c’était le froid, une ville morte, coupée de la civilisation, perdue au loin, à la fi n d’une ligne de chemin de fer. Où c’est, Besançon ? se répétait-il, Est-ce que quelqu’un sait où , Besançon ?

 

Résumé et avis : 

Pierre-Jean Montfort, adjoint au maire de la ville de Besançon, est retrouvé mort après avoir donné une conférence pour promouvoir la candidature des sites Vauban au patrimoine de l’Unesco. Non loin du lieu du crime, une inscription intrigue les policiers : Merde a Vauban. Fabrice Monceau, jeune lieutenant fraîchement nommé, va aider le commissaire Morteau dans son enquête.

Nous avons là le point de départ d’une enquête classique, un Whodunit de toute beauté, le lecteur disposant des mêmes indices que l’enquêteur et donc des mêmes chances que lui de résoudre l’énigme. Un roman à énigme qui va nous amener a exploré la bonne société franc-comtoise, ses mœurs, ses travers et ses bassesses aussi. La vie des édiles de provinces, des notables respectés et établis. Nous allons nous prendre au jeu et explorer toutes les hypothèses afin de les éliminer une à une. Surtout que l’affaire se corse, puisque d’autres élus vont eux aussi être assassinés.

Mais Merde à Vauban, ce n’est pas que cela. C’est aussi une plongée au cœur de la capitale comtoise. Et tout au long de ces pages, nous allons découvrir l’histoire mais aussi le patrimoine de cette belle ville de Besançon. Et c’est le commissaire Morteau en personne qui va nous servir de guide.

Et puis c’est aussi ses personnages qui font la truculence de ce roman. Et que dire de nos deux héros ? D’abord le lieutenant Fabien Monceau, un jeune officier fraîchement promu, un jeune loup qui a les dents longues. Et puis Fabien c’est un homme qui plait aux femmes, il est sûr de lui, il sait ce qu’il veut. Persuadé d’être affecté dans une brigade parisienne ce jeune homme est dépité de devoir faire ses classes à Besançon. Et pour sa première enquête c’est le patron qui le prend sous son aile.Le patron parlons-en. Un vieux commissaire, qui n’a plus rien à prouver. Lui il a refusé toutes les promotions. Pas question de quitter sa région pour accéder à un grade supérieur. Il aime son département, sa ville et compte bien y finir sa carrière. Morteau est un flic qui vit seule depuis que sa femme est partie. Enfin seul, pas tout à fait, il y a flocon. Alors il est plutôt bourru, et puis il est enclin à la bouteille et adore la bonne chair.Ainsi Le vieux briscard commissaire et un jeune lieutenant parisien se lancent dans une enquête policière dans la bourgeoisie provinciale, sur les traces d’un tueur insaisissable  Bref un duo détonant et pourtant c’est deux-là vont devoir s’entendre pour mener à bien cette difficile affaire. Vous l’aurez compris, Merde à Vauban, est un bon roman policier qui nous fait passer un peu plus qu’un bon moment de lecture.

EXTRAIT 2 :

Le Phoque ! Il ne se souvenait plus de quand on l’avait affublé de ce surnom ridicule. Il le devait à sa moustache, épaisse et tombante, et à son embonpoint qui, selon ses collègues, lui donnait un air de phoque. Mais il savait aussi que lorsqu’il avait un tantinet abusé du Pontarlier ou du vin blanc, il avait l’œil un peu  vitreux. C’était surtout à cela qu’il devait son surnom, mais personne n’aurait osé le lui dire, ni au commissariat,  ni au Petit Mont d’Or. Au début, ça l’avait agacé et il avait répliqué assez vertement. Mais on ne lutte pas contre un  sobriquet. Ses collègues et ses amis de comptoir évitaient simplement de le prononcer devant lui. Puis, peu à peu, les habitués du Petit Mont d’Or avaient de nouveau lâché le mot, d’abord par accident puis, comme il ne réagissait  plus, le surnom s’était imposé dans les conversations. Il était donc naturellement revenu aussi au commissariat.

 

 Extrait : » Encore une emmerdeuse ! Le train n’était pas parti depuis cinq minutes qu’elle avait déjà pris son téléphone. Elle était assise trois rangées devant Fabien Monceau et il ne voyait d’elle que ses cheveux, une coiffure sans doute très à la mode avec tellement de mèches noires,, brunes, blondes et même rousses qu’il était impossible de savoir quelle était sa couleur d’origine. Et elle parlait, elle parlait, elle parlait. Juste au-dessus de sa tête, il y avait un autocollant avec un téléphone aux yeux fermés qui sommeillait, mais le symbole devait être trop compliqué pour qu’elle le comprenne. Même l’annonce du contrôleur qui demandait aux passagers d’aller passer leurs coups de fil sur les plates-formes entre les voitures n’avait pas semblé la concerner. Elle continuait à débiter sans fin des banalités sans intérêt. Et mademoiselle avait une haute idée de sa personne, visiblement, puisque si on en croyait les confidences qu’elle chuchotait à haute voix, un certain Philippe, sans doute privé de l’élémentaire bon sens qui pousserait n’importe quel homme à fuir pareille engeance, la regardait régulièrement avec une insistance qui la mettait mal à l’aise. Visiblement, il ne fallait pas désespérer, puisque quelque chose pouvait la mettre mal à l’aise…D’un geste rageur, Monceau plia le journal gratuit qu’il avait attrapé au vol à la sortie du métro et dont il n’avait pas encore réussi à lire le moindre mot, et se leva. Il posa calmement la main sur l’épaule de la terrifiante séductrice et lui demanda poliment d’avoir la gentillesse de bien vouloir parler plus bas, voire d’aller terminer son appel téléphonique en dehors du wagon, car il était fort gênant pour lui d’entendre ses confidences et il avait la sensation d’être indiscret. Elle s’était tue et le regardait d’un air médusé, le téléphone toujours collé à l’oreille, sans doute par crainte que celle-ci ne tombât si elle l’en écartait. Monceau n’était pas beaucoup plus vieux qu’elle, mais sa coupe de cheveux très classique et ses vêtements, un pantalon de toile noire avec un pull à col roulé en fine laine noire et une veste noire assortie à son pantalon tranchaient nettement avec le look branché de la demoiselle. Il émanait de son visage émacié une autorité qu’il se plaisait à cultiver.- Oh ! Euh ! oui… Excusez-moi… répondit-elle avec un reflet de mépris dans l’oeil qui semblait tout au contraire dire : «Qu’est-ce qu’il me veut, ce con ?»Monceau retourna à son siège sous le discret regard reconnaissant de ses voisins plus timides. À peine était-il assis que la Circé de banlieue reprenait à peine plus bas : «Excuse-moi, il faut que je parle plus bas parce qu’il paraît que je gêne… Ouais… Ouais ben, tu sais, y en a toujours des comme ça. Enfin ! Où j’en étais ? Ah ! oui. Philippe… Oh ! je te jure, j’étais trop mal…» « 

 

 

Un mot de l’auteur

« Bien sûr, en choisissant pour titre «Merde à Vauban», je trouvais plaisante l’idée de faire de Léo Ferré, l’auteur de cette inoubliable chanson, un auxiliaire involontaire de la police. Dans le même temps, je voulais également écrire un roman policier inhabituel et placer l’intrigue dans une ville trop peu connue, sans doute l’une des plus belles, Besançon. J’ai pour habitude de donner aux lieux où se déroulent mes romans une grande importance, au point d’en faire un personnage majeur de l’histoire et que celle-ci ne puisse s’envisager ailleurs. Je n’avais pas envie d’en faire un roman noir, ni un polar sanglant, et c’est sans doute pour cela que les premiers lecteurs de «Merde à Vauban» y ont décelé «un humour discret mais toujours présent». Mais surtout, je tenais absolument à écrire un roman policier cohérent, avec une intrigue réaliste et un dénouement sans artifice.Tout cela a donné naissance à «Merde à Vauban». Si en le lisant, vous avez passé un bon moment, avez eu envie de goûter au vin jaune pour accompagner votre comté, si vous avez appris des choses sur Vauban ou sur la Franche-Comté, et surtout si vous avez été étonné par la chute de cette intrigue, vous disant quelque chose comme «Bon sang, mais c’est bien sûr !», alors je serai un auteur heureux. » Sébastien Lepetit. 

 

Burn Out de Didier Fossey


$9791093363103,0-2607362Le livre  :  Burn Out de Didier Fossey.  Paru le 28 février 2015 chez Flamant Noir éditions.   15 euros ;  (289 p.) ; 22 x 14 cm

4e de couv :

Paris. Avril 2014.
Une série de vols d’objets d’art a lieu dans les cimetières parisiens. La police est sur le coup, mais lors d’une nuit de planque un policier se fait assassiner. Pas de témoins. Peu d’indices. Ses collègues présents sur place n’ont rien vu.

Boris Le Guenn, chef de groupe de la B.A.C. au 36 quai des Orfèvres, est saisi de l’affaire. Malgré son manque d’effectifs et plusieurs enquêtes à gérer, il devra faire face à la descente aux enfers de l’un de ses hommes…

Le temps passe. Les vols se multiplient, les crimes aussi, et les pistes sont minces. Boris Le Guenn et son équipe doivent mener à bien ces affaires non sans danger pour eux, tant sur le plan professionnel que personnel.

C’est un monde désenchanté, un monde dans lequel l’histoire ne se termine ni bien ni mal, elle se termine, c’est tout. Certains flics boivent pour oublier, d’autres ont une démarche plus radicale, violente, imprévisible.

Burn-out, nuits de planques et de filoches. Ça pue la clope, le sang et la sueur de ceux qui veillent sur la population. Ces flics, obsédés par leur boulot, à qui l’on demande de laisser au vestiaire leurs problèmes personnels, sont vite rattrapés par leurs démons et leur paquetage s’alourdit de quelques cauchemars…

DidierFossey2L’auteur : Didier Fossey en né en 1954 à Paris. Après des études secondaires laborieuses, il fréquente un lycée hôtelier à Granville, en Normandie, d’où il sort muni d’un CAP de garçon de restaurant. Il a la chance de travailler sur le paquebot France, puis dans différents établissements parisiens avant d’ouvrir son propre restaurant. En 1984, il laisse tout tomber pour entrer dans la police, à Paris. Ses années de service en brigade anticriminalité de Nuit du 13e arrondissement de 1986 à 2001, les nuits de planque, de traque, la morsure du froid, ce monde de la nuit lui plaisent et lui fournissent quelques anecdotes croustillantes qui lui serviront quelques années plus tard.

 

Extrait :
« – Les gars,  on a une merguez 
 Aussitôt l’arrosage cessa.
Le sergent, chef d’engin, s’approcha.
La Fourche était crochée dans un amas noir carbonisé au bout duquel, on pouvait identifier, sans équivoque, une main. »
CM16

L’avis de Jean Luc

Burn-out est une belle découverte. C’est un très bon roman policier qui prouve que les auteurs français restent toujours au top.
Je connaissais Olivier Norek, lieutenant de police, mais il y a aussi, Didier Fossey, ancien policier, qui avec Burn-out frappe très fort également.
Dans son roman, l’auteur nous décrit le mode de fonctionnement de plusieurs équipes dont la BAC, il y a une enquête bien enlevée, bien décrite et surtout très réaliste.
Et effectivement, comme mentionné sur la quatrième de couverture, ça sent le vécu à plein nez.
J’ai beaucoup aimé ces personnages de flics écorchés vifs, mais d’abord humains. Il y est bien sur question de burn-out, de la pression ressentie par ces flics qui sacrifient leur vie à leur boulot. J’ai aussi découvert les modes de fonctionnement des services de police avec toutes leurs contraintes.
Il y a aussi des scènes très dures, en l’occurrence une cérémonie d’enterrement pour un policier tué lors de son service….On comprend mieux au fil de la lecture de ce livre, la tentation pour les policiers d’en finir avec leur arme de service.
On est loin des super héros américains mais on est d’abord avec des hommes pris en sandwich par une hiérarchie éprise de reconnaissance et de l’autre côté, des malfrats hyper violents sans scrupules. Les flics apparaissent alors comme des hommes fragiles, sensibles mais aussi capables du pire.
Un autre point fort de ce roman est le rythme auquel il est mené. Dès le départ, on est happé dans cette histoire, cette fois-ci il n’est pas question de guerre des polices mais bien plutôt d’une enquête menée par différents services qui vont collaborés ensemble, l’auteur va plutôt s’intéresser à la vie privée et familiale de chacun des enquêteurs.

Et comme tout bon thriller, il y a du suspens et l’intrigue même si elle peut paraître un peu trop prévisible à un moment, reste tout à fait probable.
Pour terminer, je recommande vivement la lecture de ce roman qui malheureusement se lit trop vite à mon goût.

Lire ici le début 

Menace de Muriel Houri


ikiosque184807-186x300Le livre : Menace de Muriel Houri Paru le 30 septembre 2014 chez Flamant Noir Editions 15,00 € ; (243 p.) ; 22 x 14 cm

4e de couv : 

Léo et son fils, Thomas. Esther et sa fille, Morgane.
Ils décident de passer des vacances ensemble. Les premières pour cette famille recomposée. L’endroit ; une maison isolée, en bord de mer dans un coin perdu de Bretagne.

Thomas déteste son père. Il lui en veut de refaire sa vie après le drame…
Il déteste aussi Esther, déteste ces vacances et déteste cet endroit.
C’est vide. Dépeuplé. Il n’y a rien à faire ici. Il voudrait aussi détester Morgane. Il n’aime pas ses attitudes, ni la façon qu’elle a de le regarder fixement ou de toujours sourire quand il ne faut pas. Malgré cela, elle a des tas d’idées originales pour faire passer le temps. Elle le lui a dit,  » On va bien s’amuser… »

Des intuitions, des rumeurs.
Des lettres anonymes, des objets qui disparaissent.
Des bruits dans les murs, une maison au loin…

Thomas DOUTE. Thomas COMPREND. Thomas SAIT…
Mais à son âge, comment peut-il empêcher le pire d’arriver ?

Léo en est sûr, tout se passera bien.
Mais il a oublié un détail : ils ne se connaissent que depuis 6 mois…

L’auteurAVT_Muriel-Houri_357

Née en 1974 dans le Val d’Oise, Muriel Houri est assistante de direction d’un grand centre d’hébergement de l’Armée du salut qui accueille des sans-abris dans le 13ème arrondissement de Paris. Auparavant, elle avait travaillé 10 ans pour le centre de formation du Syndicat National de l’Edition. Passionnée de polars et de thrillers depuis le plus jeune âge, Muriel Houri s’inspire de nombreuses lectures pour satisfaire son appétit immodéré du crime et de ses pourvoyeurs. Elle signe ici son deuxième thriller.

Citation : « C’est drôle comme le fait de ne penser à rien peut vous rendre heureux. Pas de souci, pas d’inquiétude. Présent, passé, tout devient néant, broyé par le vide. »

Résumé et avis   

e4fdbc_dbfcdcf4d7574f729baac0484456878b-211x300Vous le savez tous, j’aime découvrir de nouveaux auteurs et j’aime mettre en avant les jeunes maisons d’éditions quand celle-ci font un travail remarquable. Et bien là, les deux sont réunies, même si Muriel Houri n’en ai pas à son coup d’essai. Elle a déjà publié un premier thriller prometteur, il y a deux ans, « Séquences meurtres « . Mais là, avec Menace, elle confirme tout son talent de narratrice.
téléchargement (45)Léo et Esther décident d’emmener leur famille nouvellement recomposée, en vacances, dans une maison isolée près du bord de mer, en Bretagne. Thomas, le fils de Léo, déteste son père et la compagne de celui-ci. Emma, la fille d’Esther, lui a promis qu’ils s’amuseraient, mais des lettres anonymes, des objets qui disparaissent et des bruits dans les murs commencent à la faire douter.

Avec son écriture sèche et directe, son style sans fioriture, Muriel Houri va droit au but. Elle décrit avec minutie les rapport qui lient les différents protagonistes, elle dissèque leur accointance, leur attachement mais aussi leur brèche, leur rupture. De plus les court chapitres participent à la tension croissante que l’auteur fait naître et croître sous sa plume acerbe.

L’angoisse va crescendo, comme le souligne les titres de chapitre. Et, on s’interroge, on cherche à comprendre, l’auteur distillant les infos au compte-goûte. De plus, ce sont trois voix différentes qui nous les procurent, trois points de vue, trois ressentis…Trois protagoniste qui nous font vivre l’histoire de l’intérieur.

Et pour l’auteur, personne n’est jamais vraiment innocent, chacun porte une part de culpabilité. Même les lieux ont une mémoire…

Alors oui, Muriel Houri nous mène là où elle veut, elle nous secoue, nous surprend et son final n’est que apothéose de cette grande manipulation. Vous cherchez un excellent thriller, alors parfait, vous aurez en plus un roman psychologique parfaitement maîtrise avec une pointe de noir.