Le dernier festin de Fabio M.Mitchelli


Le livre: Le dernier festin de Fabio M.Mitchelli, paru chez French Pulp Editions le 11 octobre 2018. 18€  ; (382 pages.) ; 14 x 21cm 
 
4ème de couverture:
J’étais froide.
J’étais froide car j’étais morte depuis déjà cinq jours. Abandonné au cœur de cette épaisse forêt, mon corps avait été livré en pâture aux bêtes sauvages qui n’avaient pas perdu de temps pour débusquer mon cadavre.Inspiré du « Monstre de Rostov », Andreï Tchikatilo célébre criminel qui dévorait ses victimes.Clarisse est morte. Elle ouvre les yeux sur son corps mutilé, entouré par la police scientifique qui s’affaire sur la scène de crime de son propre meurtre, quelque part sur une route de montagne des Alpes françaises…Clarisse va vivre ses derniers instants post-mortem dans une bien singulière situation : celle de refaire à l’envers le chemin des heures qui ont précédé sa mort, afin de confondre son propre meurtrier.Chris Lanzman, officier de police judiciaire, va chercher à découvrir ce qui a bien pu se produire cette nuit-là, sur cette route isolée. Egalement chargés de l’affaire, deux autres enquêteurs accompagnés d’un médium vont tenter d’entrer dans la tête du redoutable criminel.

Mais à trop vouloir approcher le monstre, on en oublie parfois que la vie ne tient qu’à un fil…

L’auteur: Fabio M. Mitchelliest né à Vienne (Isère) en 1973, musicien et écrivain, auteur de thrillers psychologiques, true crime, romans et nouvelles.
Pour ses ouvrages, l’auteur s’inspire de faits réels, d’affaires criminelles médiatiques du 20ème siècle et tisse une toile de fiction
En 1988, il découvre Edgar Allan Poe et se passionne pour ses œuvres. « Double assassinat dans la rue Morgue « sera son premier émoi littéraire et le déclencheur d’une passion pour l’écriture et la littérature noire.
En 2010,une modeste maison d’édition donnera sa chance à l’auteur en publiant son premier thriller fantastique.
Fin 2014, « La Compassion Du Diable », paru aux éditions Fleur Sauvage, sera l’un des coups de cœur du célèbre libraire Gérard Collard, et sera rapidement encensé par la critique. Surnommé « le livre bleu », l’ouvrage devient rapidement un best seller.
Extrait:
« L’amour avait ce putain d’arrière-goût des souvenirs fanés lorsqu’il disparaissait, il avait la consistance d’un pétale de rose desséché, craquant et racorni, sec en bouche, avec cette saveur amère qui nous rappelle que rien n’est immuable. »

LE OFF DE OPH

Le dernier festin de Fabio M.Mitchelli ou la chronique de l’abandon

Le dernier festin est un roman qui fait beaucoup parler de lui depuis sa sortie. Beaucoup l’ont adoré, Gérard Collard l’a encensé et moi… Je l’ai abandonné.

Le roman s’ouvre sur Clarisse qui vient de mourir. Elle se voit, morte, son corps abandonné dans la forêt. Pendant plusieurs pages on la suit, ou plutôt sa conscience, dans la recherche de son meurtrier. Et déjà là, je coince… Entre rêves, réalité, lymbes, je me suis rapidement perdue dans l’histoire. De ce point de départ, Fabio M. Mitchelli lance diverses lignes qui n’ont pas trouver de cohérence dans mon esprit. Je me suis rapidement égarée dans ces histoires, errant dans le labyrinthe de son univers sans trouver le fil d’Ariane qui aurait pu me sauver. Dans ce monde trop onirique, je n’ai su trouver mes repères et j’avoue avoir assez vite décroché, me forçant à poursuivre ma lecture. Je me suis accrochée mais j’ai fini par abandonner à 196 pages.

Je n’ai rien contre le thriller fantastique, au contraire. J’aime la magie, la science-fiction, l’imaginaire, les dystopies et tout ce qui peut me ramener à ma part d’enfant qui voulait croire que les sorcières, les elfes, les fantômes et les mages n’existaient pas que dans les contes de fée. J’aime ouvrir mes chakras et me laisser transporter aux frontières de notre réalité, mais ici la magie n’a pas opéré.

Cet échec, parce qu’abandonner un livre est pour moi un échec, ne remets aucunement en cause l’écriture de l’auteur. Fabio Mitchelli a une très belle plume, un style poétique et très recherché. Le phrasé est de grande qualité et il arrive sans difficulté à faire naître ,dans l’esprit de son lecteur, les images de qu’il nous narre. Ce sont des qualités d’écriture auxquelles je suis particulièrement sensible. Mais malgré ces aspects, je n’ai pas pris de plaisir dans ma lecture.

C’est donc la chronique d’un abandon. Et je suis la première à le regretter.

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L’enfant des cimetières de Sire Cédric


Le livre : L’enfant des cimetières  de Sire Cédric. Paru le 5 mars 2009 au Prè aux clercs dans la collection Thriller gothique. . 18€ ;  (456 p.) ; 25 x 16 cm
Réédité en poche le 3 mars 2011. 7€80 ;  (533 p.) ; 18 x 12 cm
4e de couv : 

Lorsque sa collègue Aurore l’appelle en pleine nuit pour couvrir avec elle un meurtre atroce, David, photographe de presse, se rend sur les lieux du drame. Un fossoyeur pris d’une folie hallucinatoire vient de massacrer sa femme et ses enfants avec un fusil à pompe, avant de se donner la mort. Le lendemain, un adolescent, se croyant poursuivi par des ombres, menace de son arme les patients d’un hôpital et tue Kristel, la compagne de David.

Mais qui est à l’origine de cette épidémie meurtrière ? Est-ce un homme ou un démon ? Le journaliste, qui n’a plus rien à perdre, va se lancer à la poursuite de Nathaniel, l’enfant des cimetières, jusqu’aux confins de l’inimaginable…

 

L’auteur  : Musicien et écrivain, Sire Cédric est un acteur incontournable de la scène gothique française. Dès son premier livre, Déchirures (Coup de Coeur des Bibliothèques de Paris), il s’affirme comme un maître de l’étrange et de la violence poétique. Ses deux romans suivants, Angemort (Prix Merlin, 2007) et Dreamworld, ont confirmé son talent. Avec L’Enfant des cimetières, un nouveau maître ès créatures de l’ombre est né.

Extrait :
Elles passent sur la poitrine, pressant contre ses tétons qui durcissent. Des mains d’ombres se dessinent sur ses cuisses, s’insinuent entre ses fesses, empoignent son sexe dressé, pour le caresser plus délicatement encore. Des bouches noires embrassent son ventre avec tendresse, tandis que les langues éthérées s’activent en mille caresses sur son membre en érection.

Le OFF de OPH

L’enfant des cimetières de Sire Cédric

« Comme ça faisait troooop longtemps que je ne vous avais pas donné un avis littéraire, en voilà un nouveau… Dans la catégorie thriller fantastique que tu dévores aussi vite qu’un bon plat de tripes à la sauce tomate (bon ok drôle de comparaison mais les tripes ont un aspect et une couleur s’approchant assez de chairs et autres viscères sanguinolents) je vous présente « L’enfant des Cimetières » de Sire Cédric.

 Un gardien de cimetière massacre sans raison sa famille… Un adolescent jusqu’alors parfaitement équilibré est abattu par un policier alors qu’il vient de tuer une jeune artiste peintre… un policier qui sombre à son tour dans la folie… un ensemble d’événements tout autant horribles qu’inexpliqués qui entraînent David, photographe, aux frontières du monde que nous connaissons…

 Je découvre Sire Cédric avec ce roman qui m’a donné la chair de poule. Une plume précise et envoûtante, un récit sans temps morts qu’il est difficile de lâcher, des descriptions précises sans pour autant appesantir le style et l’histoire. On me l’avait présenté comme trash mais je ne partage pas ce sentiment… Bien sûr il y a le minimum syndical d’hémoglobine mais on est loin du « trash » de Caillot (que j’adore) ou de Grangé. Bien plus subtil, Sire Cédric suggère habilement ce qui vous permettra de donner vie aux scènes et aux personnages décrits. Il vous emmène aux frontières du fantastique et de la magie sans tomber dans l’excès, sans donner le sentiment de déjà vu malgré tout ce qui existe sur le sujet. Il traite une des nombreuses légendes urbaines qui nous ont fait trembler à l’adolescence.

 Sire Cédric je n’en n’ai pas fini avec toi et je compte me replonger rapidement dans un de tes romans! »

Fantazmë de Niko Tackian


Le livre : Fantazmë de Niko Tackian. Paru le 3 janvier 2018 aux Editions Calmann- Lévy dans la collection Calmann-Levy Noir. 18,50 € ; (263 p.)  13,5 x 21,5 cm

4 ème de couv :

Janvier 2017. Dans une cave du XVIII ème arrondissement de Paris, un homme est retrouvé, battu à mort. Le commandant Tomar Khan pense à un règlement de compte. Le genre d’affaire qui restera en suspens des années, se dit-il. Mais voilà, l’ADN relevé sur les lieux a déjà été découvert sur le corps d’un dealer albanais, battu à mort dans une cave lui aussi. Et bientôt une rumeur court dans les quartiers chauds de Paris, cette d’un tueur insaisissable, un Fantazmë, un « spectre » en albanais, qui s’en prend à la pègre.

 

 

L’auteur : Né à Paris en 1973, Niko Tackian fait des études de droits, d’Histoire de l’art avant de devenir journaliste et rédacteur en chef. Scénariste, réalisateur, romancier Niko Tackian est un touche à tout. Il se défini lui-même comme « un raconteur d’histoire ». Il reçoit en 2015 le prix des lecteurs au Festival Polar de Cognac pour « Quelque part avant l’enfer » avec un thème minutieusement étudié : le phénomène de la mort imminente. En 2016 suivra « la nuit n’est jamais complète » puis « Toxique ». Ce premier volet, paru aux Editions Calmann Lévy, nous amène à suivre le commandant Tomar Khan, que l’on retrouve dans « Fantazmë » en ce début 2018.
Extrait : « le sang sur ses mains s’était volatilisé et il était incapable de dire ce qui tenait du rêve et de la réalité. Bob l’avait clairement mis en garde contre lui-même. Il ne pouvait se résoudre à écouter les mots de son croque-mitaine, pourtant il était obligé d’admettre que quelque chose était en train de se passer »

Chronique croisée de trois flingueuses passionnées…

Avez-vous déjà rêvé d’être une petite souris et de savoir de quoi parlaient nos flingueuses entre elles? Vous savez maintenant qu’elles sont hyper bavardes et ce avant même le levé du soleil… Pour vous parler de Fantazmë, Danièle, Aline et Ophélie ont imaginé un dialogue, un échange autour du livre pour vous parler du dernier roman de Niko Tackian. Installez-vous confortablement, et savourez…

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Oph : Hello la dream team! Vous aviez raison, Fantazmë est une vraie claque!

Dany : Coucou Oph!
On te l’avait dit 😉 Il faut dire qu’avec « Toxique » il avait déjà créé des personnages attachants. J’ai d’ailleurs particulièrement apprécié la mise en avant d’Ara, la mère de Tomar. L’humanisme et la générosité de cette ancienne peshmerga est davantage mis en lumière dans cet opus et sa relation avec son fils s’est encore renforcée.

Oph: Oui Dany, il a largement étoffé ces personnages et la sensibilité de son équipe. Enfin des flics qui ressemblent aux vrais! C’est assez rare que des auteurs mettent en avant notre réalité, nos ressentis, nos émotions et nos faiblesses. J’ai vraiment beaucoup aimé cet aspect.

Aline : Hello les filles!
Ça ne m’étonne pas de toi Choupinou! D’ailleurs l’enquête de la police des police sur Rhonda et son soutien sans faille à Tomar force le respect. Leur relation a évolué dans le bon sens et pourtant ça ne doit pas être facile de tout mener de front pour cette jeune Lieutenant!
Au fait, vous avez remarqué à quel point la notion de « rêve » est présent dans ce nouveau roman. On savait déjà que Tomar faisait des rêves étranges mais là, ses rêves récurrents dont il est un acteur conscient. Je me demande si Niko Tackian a bossé sur ce sujet cher à Freud!

Danièle : Je plussoie Aline! Il faudra le lui demander lors d’une interview.
J’ai aussi été marquée par ce côté épuisé et fatigué de notre héros! On se demande s’il va craquer, s’il aura assez confiance pour se livrer au médecin et au psychiatre sur ses rêves, enfin plutôt ses cauchemars.

Aline : Ouiiiiii, je me suis même demandé s’il ne perdait pas les pédales, avec ce passé toujours ancré et vivant en lui.

Oph : Dany a raison Miss Aline, c’est une question à poser lors d’une future interview pour Freud!

Ce qui est certain c’est qu’il y a un vrai travail de recherche de la part de notre auteur autour de la notion de spectre, de fantôme, de fantazmë. Que ce soit nos passés que l’on traine comme des casseroles, ou encore ces personnes que nous croisons tous les jours, femmes et hommes en souffrance que nous préférons ne pas voir et à qui nous n’offrons que notre indifférence. D’ailleurs j’ai beaucoup aimé la réflexion autour de la phrase que va avoir Bouvier, le légiste « nous n’existons pas l’un sans l’autre ». Elle m’a fait beaucoup réfléchir autour du fait qu’effectivement ne pas être vu, ne pas interagir, c’est errer comme un fantôme, c’est ne pas exister finalement!

Danièle : Je te rejoins et l’intrigue aussi le montre. Elle m’a interpellée sur notre peur de voir la réalité qui nous entoure, cette indifférence dénoncée par Niko comme étant la maladie du siècle. Et son personnage de Fantazmë l’illustre très bien aussi. Son visage cagoulé, sa rapidité, il est en mode furtif et personne ne semble le remarquer et encore moins savoir « qui » il est! D’ailleurs en parlant d’intrigue, quel scénario! Parce que pour le coup, on sent bien que c’est aussi une casquette de notre auteur. Découvrir au milieu du roman « qui » se cache sous la cagoule c’était un pari risqué! malgré tout on a envie d’aller au bout… Une vraie claque!

Aline : Piouffff tu peux le dire Danièle!
Il y aussi ce Paris post attentats, ces victimes pour lesquelles le monde s’était soudé comme un seul homme et qui sont maintenant oubliées. On les devine sans les voir au fil des pages. C’est comme le sujet de la traite des être humains, ça fait parti du décor. Personne ne voit rien, ne veut rien voir. Encore une fois l’indifférence et l’invisibilité dont tu parlais Oph. Cette notion de « fantôme, traitée tout au long du roman.

Danièle : D’ailleurs en parlant de victimes, que dire sur ces bourreaux d’hier qui deviennent les victimes de notre Fantazmë!!! Mais chuuuut!

Aline : Oui Chuuuuut, il ne faudrait pas que les autres flingueuses et les lecteurs en apprennent trop en nous écoutant! Comme dit notre Cécilette, la découverte est le plus beau des plaisirs.

Oph : En tous cas les girls, j’annonce, Fantazmë est mon premier coup de cœur de l’année!
Allez je file, j’ai un bus qui m’attends, je vais encore être en retard!

Aline: Oui file vilaine! que faisais-tu ici d’ailleurs, je croyais avoir été claire effronté

Danièle: Je file aussi, l’espagnol m’attend!

Et c’est tout les jours pareil chez les flingueuses clin d'oeil
Chaque jours elles échangent sur leurs lectures, leurs bobos etc…

Mais ce dialogue avait pour but premier de vous présenter

Fantazmë de Niko Tackian!

En espérant que nos flingueuses de choc auront éveillé votre curiosité….

Touch de Claire North


Aujourd’hui j’ai le plaisir de vous proposer le premier billet de notre toute nouvelle chroniqueuse presque anonyme.

Et c’est Julie qui nous parle de :

Touch le roman de Claire North


Le livre : Touch/Du bout des doigts de  Claire North. Traduit de l’anglais par Isabelle Troin. Paru le  18/11/2016, Éditée par Milady Collection: Science fiction poche. 7€90 ; ; 479 pages ; 11X18 cm
Synopsis: 
« Je suis Kepler. Je pourrais être vous. » Le premier échange est survenu juste avant ma mort. Alors que la vie s’échappait de mon corps, j’ai tendu la main vers mon assassin. Et tout à coup, je voyais le monde à travers ses yeux, mon corps étendu, brisé et ensanglanté, dans une ruelle sombre. Plus je passe d’un corps à l’autre, plus l’échange est facile, que je reste quelques minutes ou quelques années. Maintenant, on me poursuit et on tue mes hôtes les uns après les autres, sans que je sache qui ni pourquoi.
 
Extrait: « Le problème quand vous emménagez dans un nouveau corps, c’est que vous ne savez jamais exactement ce qu’il a fait. »

 L’auteur :  Claire North alias Catherine Webbnée le 27 avril 1986 à Londres en Angleterre, c’est  une romancière britannique de fantasy et de science-fiction.Elle écrit également sous les pseudonymes de Kate Griffin. Elle baigne depuis son enfance dans le monde de l’édition entre une mère auteur et un père, Nick Webb, l’éditeur. C’est donc tout naturellement qu’elle écrit son premier roman à l’âge de 14 ans. Celui-ci sera publié deux ans plus tard, en 2002

 Le billet anonyme de Julie

Lorsqu’ Harry August décède, il renaît, à la même date et au même endroit que la première fois, mais en accumulant les souvenirs de ses vies successives. Au soir de sa onzième vie, une petite fille vient à son chevet et lui annonce que l’avenir de l’humanité est entre ses mains.

 Un Thriller fantastique original et déstabilisant qui casse les codes

« Touch » ou « du bout des doigts » de Claire North aussi connu sous le nom de Catherine Webb est un roman thriller mélange des genres entre fantastique, historique, action et science fiction. C’est un thriller original mais déstabilisant qui ne peut pas plaire à tout le monde, en effet on suit un fantôme qui possède des personnes, il faut accepter l’idée que la fantôme peut posséder un enfant, une fille, un homme etc et changer d’hôte assez vite.  

En plus de ça, on va voyager dans le temps avec des flash-backs, on va en apprendre plus ensuite sur ce fantôme, sur son passé et ce qu’il a fait pour que quelqu’un veule le tuer.

Pour ma part, j’ai adoré ce livre, j’ai aimé être déstabilisée, j’ai aimé l’histoire, le mélange des genres et sa part d’originalité. J’ai été prise dedans et par le suspense. C’est une oeuvre hybride qui ne plaira pas à tout le monde mais je vous invite à vous faire votre propre avis dessus. 

Majestic Murder de Armelle Carbonel


Le livre : Majestic Murder d’ Armelle Carbonnel.  Paru le 19 janvier 2017 aux Editions Fleur Sauvage. 18€ ;  (226 p.) ; 23 x 14 cm

4e de couv :

Une écorchée vive qui rêve de brûler les planches.
Un squat à fuir, un homme secret et tourmenté.
Et une audition menée par une troupe étrange dans un théâtre abandonné… Le Majestic.
Serez-vous prêts pour la première ?

Après un « Criminal Loft » encensé par la critique, « Majestic Murder » est un thriller sombre et original, asseyant définitivement son auteure parmi les plumes majeures de la littérature noire.

Résumé :
 Dans l’Illinois, Seamus, un jeune homme introverti, aide Lillian à fuir le squat où elle vivait. Ils se rendent ensemble à une audition au Majestic, un théâtre abandonné, où une étrange troupe les accueille. Les répétitions s’enchaînent au moyen de tortures psychologiques et physiques, en attendant la première et unique représentation.
L’auteur :  Armelle Carbonel est une jeune auteure née le 16 juillet 1975 à Paris. C’est dès l’âge de huit ans qu’elle commence par écrire des poèmes, puis viendra roman fantastique et pièce de théâtre. Le thriller va suivre rapidement, exutoire de ses propres démons et blessures d’enfance. La Nécromancière était née…

 

 

Extrait : 
Je brillerai bientôt dans le Tout Hollywood ! Les producteurs s’arracheront mon talent et je figurerai parmi les plus grandes distributions ! Je vous ai parlé du rôle que m’a offert David Selznick ? J’ai interprété Hazel Clay Cousins dans Treize femmes, vous connaissez ? Celle qui assassine son amant avant d’être emprisonnée, eh bien… C’était moi ! La critique est impitoyable parfois. Hollywood est impitoyable ! Et tellement imprévisible… Vous pensez que je m’abaisse à me dénuder devant vous parce que je doute de mon talent d’actrice ? Méfiez-vous des apparences… Elles sont trompeuses, monsieur ! Il faut bien gagner sa croûte…

Le off de OPH

« Majestic Murder » d’Armelle Carbonel

Une écorchée vive qui rêve de brûler les planches… un squat à fuir… un homme providentiel et une audition qui changera sa vie…

c’est l’histoire de Lillian, c’est Shakespeare en fil rouge, c’est une pièce en rouge et noir avec une intrigue surprenante et un dernier acte magistral…

Majestic Murder est particulier, singulier… J’avoue avoir eu du mal au démarrage parce que je sortais de « Nous rêvions juste de liberté » et qu’il s’agit de deux styles totalement différents!
Après l’écriture « naïve », j’ai découvert une écriture que je qualifierais de « lyrique ». Comme le métal symphonique que j’aime tant, on retrouve dans ce roman la force et la puissance du métal au travers de l’intrigue, noire, percutante, dure aussi, et la douceur, la symphonie dans la mise en musique des mots et des phrases, leur poésie. L’équilibre parfait entre la force et la douceur, un ying et yang en rouge et noir.

Armelle nous livre un thriller très métaphorique et très sombre. Passé la surprise et après un temps d’adaptation j’ai été happée dans ce monde et me suis régalée de ce style aussi théâtral que l’intrigue.

Je suis passée par plusieurs émotions mais j’avoue que la dominante a été le malaise… Malaise face à « no name », sa personnalité, son histoire, sa présence rampante et furtive, malaise face à la « crasse », la puanteur du squat dans lequel vit Lilian au début du roman.

Enfin, j’ai retrouvé dans ce roman en rouge et noir, outre Shakespeare, une ambiance proche des films de Baz Lurhmann (Moulin Rouge, Gatsby le magnifique, Roméo + Juliet ), réalisateur que j’admire et dont je suis fan.

C’est une oeuvre d’un genre vraiment particulier et pour lequel je pense qu’il faut avoir une « expérience littéraire » pour accrocher, un novice risquerait de se perdre ou être trop surpris au risque d’abandonner sa lecture.

Si vous aimez la poésie, le noir, les nouvelles expériences et la langue française (largement mise en valeur dans toutes les nuances dont a usé Armelle), je vous recommande de tenter l’expérience « Majestic Murder » et de ne pas lâcher ce roman du lever au tomber de rideau, une fois la surprise passée, vous vous régalerez!

Notre auteure et notre chroniqueuse à Saint Maur en poche le 25 juin 2017

Selfies de Jussi Adler-Olsen


Le livre : Les enquêtes du département V ;  Volume 7, Selfies  de Jussi Adler-Olsen. Traduit du danois par Caroline Berg. Paru le 29 mars 2017.  22€90 ; (619 p.) ; 23 x 16 cm

4e de couv :

Avec plus de 16 millions d’exemplaires vendus dans le monde, Jussi Adler-Olsen, Grand prix policier des lectrices de Elle et prix polar des lecteurs du Livre de poche, est une star sur la scène du thriller.

Nouveau défi pour le Département V de la police de Copenhague, en charge des affaires non résolues : un « serial » chauffard dont les victimes sont des femmes jeunes, jolies et… pauvres.

Elles touchent les aides sociales et ne rêvent que d’une chose : devenir des stars de reality-show. Sans imaginer un instant qu’elles sont la cible d’une personne gravement déséquilibrée dont le but est de les éliminer une par une.

L’inimitable trio formé par le cynique inspecteur Carl Morck et ses fidèles assistants Assad et Rose doit réagir vite s’il ne veut pas voir le Département V, accusé de ne pas être assez rentable, mettre la clé sous la porte. Mais Rose, plus indispensable que jamais, sombre dans la folie, assaillie par les fantômes de son passé…

L’auteur : Carl Valdemar Jussi Adler-Olsen est né le 2 août 1950 à Copenhague. Après avoir été le « bon » guitariste d’un groupe de musique pop, il s’essaie à la médecine puis aux sciences politiques, étudie le cinéma, mais aussi les mathématiques.
Plus tard, il transforme son appartement en boutique de BD d’occasion, monte une maison d’édition, joue les scénaristes et participe au Mouvement danois pour la paix.
Depuis 2007, il se consacre à la série « Les enquêtes du département V « . Plus de 14 millions d’exemplaires vendus dans le monde, couronné par tous les grands prix du polar, dont le Grand Prix policier des lectrices de Elle, le Danois Jussi Adler Olsen est une figure incontournable du thriller scandinave.
Extrait : 
Le nom de « Centre d’action sociale » avait déjà cet effet sur elle alors qu’il était relativement neutre. Des noms comme « Chambre des supplices », « Comptoir de mendicité » ou « Guichet des humiliations » auraient été plus justes. Mais dans la fonction publique, on n’appelait pas les choses par leur vrai nom.

 

 La chronique de Marie Jo

Bonjour Geneviève,

Pour cette dernière partie de concours, j’ai choisi « Selfies  » de JUSSI ADLER OLSEN.
En effet, le titre choisi est très judicieux à l’heure où chacun se balade avec un téléphone portable et même pour certains la perche qui va avec…
Esprit bien narcissique de certains et titre fort bien adapté à ce dernier opus de Jussi Adler Olsen.

Voilà Geneviève, Bizz. ..

« SELFIES   » de JUSSI ADLER OLSEN.

    Des jeunes filles sans emploi, un personnage qui va sombrer dans une folie  psychotique et virer psychopathe , le département V menacé  de disparition ou presque, des meurtres qui se croisent et qui croissent ,  et pour finir , une énorme révélation sur le passé d’un de nos enquêteurs nous dévoilant  enfin les clefs de sa personnalité…

   Jussi Adler Olsen nous offre un  7ème  opus particulièrement brillant de par une écriture nerveuse,  doté  de chapitres courts et haletants et des protagonistes  peaufinés à l’extrême mais toujours authentiques.

   D’un premier chapitre palpitant  à une fin particulièrement éprouvante  ( oui , j’ai pleuré…) et des rebondissements  percutants font de cette oeuvre la plus aboutie de cette série , pour ma part.

  N’oublions pas cet humour singulier à l’auteur qui est d’autant plus confirmé par certaines réparties chères à Assad mais qui,  dans « Selfies  »  est encore plus repérable dans la bouche de chacun de ses personnages .

  Et c’est donc un florilège  de mots  d’esprit qui va accompagner  le lecteur tout au long de ce roman.

    Une lecture exceptionnelle et aboutie, encore  meilleure aux 6 premiers tomes et qui présage forcément de remarquables révélations à venir.

   Bonne lecture garantie…

L’enfant des cimetières de Sire Cédric


Mes petites lectures
9782842283575,0-500281Le livre : L’enfant des cimetières  de Sire Cédric. Paru le 5 mars 2009 au Prè aux clercs dans la collection Thriller gothique. . 18€ ;  (456 p.) ; 25 x 16 cm
Réédité en poche9782266203654,0-1173366 le 3 mars 2011. 7€80 ;  (533 p.) ; 18 x 12 cm
4e de couv : 

Lorsque sa collègue Aurore l’appelle en pleine nuit pour couvrir avec elle un meurtre atroce, David, photographe de presse, se rend sur les lieux du drame. Un fossoyeur pris d’une folie hallucinatoire vient de massacrer sa femme et ses enfants avec un fusil à pompe, avant de se donner la mort. Le lendemain, un adolescent, se croyant poursuivi par des ombres, menace de son arme les patients d’un hôpital et tue Kristel, la compagne de David.

Mais qui est à l’origine de cette épidémie meurtrière ? Est-ce un homme ou un démon ? Le journaliste, qui n’a plus rien à perdre, va se lancer à la poursuite de Nathaniel, l’enfant des cimetières, jusqu’aux confins de l’inimaginable…

 

4744L’auteur  : Musicien et écrivain, Sire Cédric est un acteur incontournable de la scène gothique française. Dès son premier livre, Déchirures (Coup de Coeur des Bibliothèques de Paris), il s’affirme comme un maître de l’étrange et de la violence poétique. Ses deux romans suivants, Angemort (Prix Merlin, 2007) et Dreamworld, ont confirmé son talent. Avec L’Enfant des cimetières, un nouveau maître ès créatures de l’ombre est né.

 

Extrait :
Aux premières lueurs de l’aube, elle perd les eaux – rouge profond – et l’enfant glisse enfin hors de son corps, sans le moindre son, tel un mort lui-même. Il ne crie pas, ni ne pleure. Il ouvre seulement ses grands yeux bleus, et la dévisage en silence. Ses cheveux sont déjà assez longs, et blancs, à l’image de ceux de sa mère. Souillés par les sécrétions du placenta.
Naemah arrache le cordon ombilical de ses entrailles, et le tranche d’un coup de dent à la base du ventre de son enfant. Un chagrin infini brille dans les yeux du nouveau-né. Elle le serre contre elle, l’embrasse une unique fois sur la bouche, puis elle le dépose dans les bras d’un gisant de marbre à l’air circonspect.
Alors qu’elle se tient ainsi penchée sur lui, une ultime larme roule sur sa joue, une goutte de parfaite noirceur.
Une larme pour le pardon.
Elle éclate sur le front de l’enfant, y imprimant la forme d’une étoile noire.

Résumé  et lecture d’avant :

967643Un fossoyeur vivant près d’un cimetière est pris d’une folie hallucinatoire et tue toute sa famille avant de se suicider… Un adolescent, se croyant poursuivi par des ombres, menace de son arme les occupants d’un hôpital et tue Kristel, une artiste peintre.

Meurtres sordides et suicides pour le moins étranges s’enchaînent. 

David, photo-journaliste – et compagnon de Kristel -, décide de découvrir l’origine de cette vague de folie meurtrière, qui ne cesse d’augmenter.

Il décide de mener une enquête avec l’aide d’Aurore et du commandant de police Vauvert.

Bientôt, il va être confronté à l’inimaginable…

Sire Cedric excelle dans ce genre particulier qu’est le thriller mystique et fantastique qui flirte avec l’irrationnel.

Il y insuffle une ambiance pesante, oppressante. Il crée une atmosphère mystérieuse et terrifiante en mêlant à son récit des éléments surnaturels.

Thriller gothique époustouflant, L’Enfant des cimetières est servi par une écriture nerveuse terriblement évocatrice qui laisse le lecteur hypnotisé par l’horreur.

Attention, si vous commencez ce livre, vous ne pourrez plus le lâcher !

Prix Masterton 2010

Un souffle, une ombre de Christian Carayon


 

9782265115606,0-3175935 Le livre : Un souffle, une ombre de Christian Carayon. Paru le 14 avril 2016 chez Fleuve édition dans la collection Fleuve Noir.  20€90 ;  (539 p.) ; 23 x 14 cm.

4e de couv : 

 

 » Un souffle, une ombre, un rien, tout lui donnait la fièvre.  »

Il faisait particulièrement doux ce soir-là.
Nous étions en été, un samedi soir, la fête annuelle de la base nautique des Crozes avait battu son plein toute la journée.
Justine avait demandé à ses parents, également présents, de pouvoir passer la nuit avec sa cousine et deux copains de classe sur l’îlot des Bois-Obscurs, au centre du lac. Un camping entre pré-adultes. Une récompense pour le bon travail fourni toute l’année. Promis, ils seraient de retour le lendemain, à 10 heures au plus tard.
Le dimanche matin, les adolescents se font attendre. L’un des parents, de rage, parcourt la distance à la nage. Il découvre alors l’étendue du massacre : les corps meurtris, outragés, dénudés.
Les familles des victimes, des accusés, la région, tous vont connaître le chaos et le déclin.
Ma vie d’enfant a basculé ce jour-là. Quelqu’un – quelque chose –, au visage indéfini, malveillant, a pris possession de mon imaginaire, de mon âme.
Vingt ans après le drame, l’occasion de dépasser ce traumatisme collectif s’offre à moi.
Je vais enfin pouvoir donner un visage à mes peurs.

téléchargementL’auteur : Christian Carayon, originaire du Sud-Ouest, enseigne l’histoire et la géographie en lycée depuis plus de quinze ans. Passionné de littérature, il se lance dans l’écriture en 2012 et publie Le Diable sur les épaules, finaliste du prix Ça m’intéresse Histoire. Un souffle, une ombre est son 3e roman, déjà vendu en plusieurs langues avant même sa publication en France.

Extrait :
« Le jour où mes parents m’ont offert ma chienne, j’étais à la fois heureux et terrifié qu’on ajoute ainsi un être mortel à ma liste déjà trop longue. Je me suis effondré en larmes. Mes parents ont cru que l’émotion m’avait submergé et, bien des années après, racontaient encore l’anecdote avec un mélange d’amusement et de tendresse. Je n’avais pas pleuré de joie ce jour-là.je portais déjà le deuil de ce petit animal que j’ai aimé au premier regard. »

Résumé et avis :

Été 1980. Le lac de Basse-Misère, dans le sud du Massif central. Un groupe d’adolescents de bonne famille est massacré sur l’îlot où il était parti camper, en marge de la fête du club nautique local. 
Dans toute la région, l’onde est sismique. Comme un point de bascule irréversible, qui signe la fin d’une époque d’insouciance, et le début du déclin de la vallée. 
À Valdérieu, principale agglomération du pays, quelque chose s’est brisé pour toujours.Trente-quatre ans plus tard, le meurtrier supposé croupit derrière les barreaux. Mais à l’université de Toulouse, le chercheur en histoire Marc-Édouard Peiresoles ne croit pas en sa culpabilité. Originaire de Valdérieu, et témoin impuissant du cataclysme alors qu’il n’était que collégien, il décide de retourner sur place, et de reprendre toute l’enquête. Comme on replonge dans ses propres traumatismes. Comme on lève le voile sur trois décennies de non-dits, en grattant le vernis d’une communauté beaucoup moins lisse qu’il n’y paraît. Derrière les fantômes des adolescents disparus, c’est bientôt le lac de Basse-Misère qui se réveille, tel un prédateur endormi. Déjà prêt à engloutir ses prochaines victimes… 

De Christian Carayon, je connaissais déjà ses deux premiers polar. Ils étaient parus chez les Nouveaux auteurs. Un éditeur qui a déniché pas mal de nouvelles plumes ces dernières années. Flaire Favan, Jacques Saussey, Hervé Jourdain, Laurent Guillaume….pour ne citer qu’eux. Des auteurs qui ont confirmé tout le bien que l’on pensait d’eux.

 Avec ce troisième roman, Un souffle, une ombre Christian Carayon signe son entrée dans le catalogue Fleuve éditions. Si une écurie comme Fleuve le coopte, c’est plutôt bon signe. C’est sans doute que l’auteur à toutes les qualités pour se faire connaître et surtout reconnaître.

Et là j’avoue que j’ai été soufflée. Tout et parfaitement millimétré pour que nous soyons pris dans l’engrenage de cette enquête, de ce récit.

Une formidable écriture, des personnages parfaitement campés, une nature omniprésente, une atmosphère pesante et un héros qui se révèle au fur et à mesure de l’histoire, tout ici porte cette histoire surprenante.

Si le polar rural a le vent en poupe, ce titre rentre parfaitement dans cette catégorie et peut faire la course dans le peloton de tête.

Lu, approuvé et chaudement recommandé comme en dit au Comité polar !

Le temps est assassin de Michel Bussi


Collectif Kris
9782258136700,0-3240655Le livre : Le temps est assassin de Michel Bussi. Paru le 4 mai 2016 Aux Presse de la Cité dans la collection Domaine français.  21€50 ; (531 p.) ; 23 x 14 cm

4ème de couv :

Votre été sera corsé !

Eté 1989 La Corse, presqu’île de la Revellata, entre mer et montagne. Une route en corniche, un ravin de vingt mètres, unevoiture qui roule trop vite… et bascule dans le vide. Une seule survivante : Clotilde, quinze ans. Ses parents et son frère sont morts sous ses yeux.

Eté 2016 Clotilde revient pour la première fois sur les lieux de l’accident, avec son mari et sa fille ado, en vacances, pour exorciser le passé. A l’endroit même où elle a passé son dernier été avec ses parents, elle reçoit une lettre. Une lettre signée de sa mère. Vivante ?

OLYMPUS DIGITAL CAMERAL’auteur : Troisième auteur français le plus lu en 2015, Michel Bussi séduit aussi les lecteurs du monde entier (« Impressionnant » pour le New York Times). Professeur de géographie à l’université de Rouen, il a publié aux Presses de la Cité Nymphéas noirs (polar le plus récompensé en 2011 ), Un avion sans elle (Prix Maison de la Presse 2012),Ne lâche pas ma main, N’oublier jamais, Gravé dans le sable et Maman a tort.
Extrait : 
La vendetta ? Mon Dieu, qui vous parle de ça ? (Soupir.) Qui parle encore de ça, à part vous, les journalistes ? Les meurtres dont vos colonnes font la publicité sont commis par des bandits, des voyous, des mafieux, pour quelques billets de banque, quelques grammes de drogue, quelques voitures volées. En quoi cela me concernerait ? En quoi cela concernerait un retraité isolé dans sa bergerie, qui ne sait même pas à quoi peuvent ressembler une barrette de cannabis, une prostituée yougoslave ou un carton de minitels tombé d’un conteneur sur le port d’Ajaccio ? La vendetta, mon Dieu, c’est bon pour les touristes qui lisent « Colomba ». (Retour du sourire.) Tout est beaucoup plus simple. Ne touchez pas à ma terre. Ne touchez pas à ma famille. Et alors, je serai le berger le plus pacifique, le plus inoffensif du monde.

Résumé et petit avis de Kris

Le temps est assassin – Michel BUSSI

Corse, 2015. Pour exorciser le passé, une femme revient sur les lieux d’un accident de voiture qui a eu lieu en 1989 et dans lequel elle était la seule survivante. Elle croyait avoir vu sa mère mourir sous ses yeux. Mais aujourd’hui, elle a des preuves qu’elle est bien vivante car elle a trouvé une lettre de celle-ci à l’endroit même où elle passait son dernier été avec ses parents.

Du pur Bussi !

Malgré une action qui peine à démarrer (ce n’est que mon avis) la seconde partie du livre s’emballe pour un final comme seul cet auteur sait les orchestrer.

Un imbroglio dont on se demande comment il va s’en sortir, mais Michel Bussi a plus d’un tour dans son sac !!

Et puis il y a la Corse…

La Corse et ses paysage, la corse et sa beauté sauvage, la Corse et son identité. La Corse personnage à part entière de ce magnifique roman.

 

Lire ICI le début

Le garde, le poète et le prisonnier de Jung Myung Lee : une découverte de Catherine



Le livre : téléchargement (52).Traduit du coréen vers l’anglais par Kim Chi-Young et de l’anglais vers le français par Eric Betsch. Paru le 17 avril 2014 chez M Laffont. 19,95€ ; (363 p.) ; 25 x 17 cm

4e de couv :

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Yun Dong-ju est né le 30 décembre 1917 en Mandchourie dans une famille chrétienne et mort le 16 février 1945. Son père s’opposant à son rêve de devenir poète, il fuit la maison parentale et part étudier les lettres à l’école Yonhui (aujourd’hui l’université Yonsei) à Séoul.

Séoul. Pénitencier de Fukuoka, Japon, 1944. Dans ce sombre lieu dont peu sortent vivants, le gardien Sugiyama, réputé pour sa cruauté bestiale, vient d’être assassiné. Le jeune conscrit Watanabe est chargé de l’enquête ; mais à peine l’a-t-il commencée qu’un détenu coréen, communiste et résistant, s’accuse du crime. Pourtant, Watanabe ne croit pas à sa version des faits et décide de poursuivre ses investigations malgré les ordres. En reconstituant les derniers mois du gardien, il met au jour l’étrange relation qui s’est nouée entre la brute Sugiyama et Yun Dong-ju, un jeune poète coréen condamné pour «écrits séditeux». Alors que la guerre fait rage et que les bombes pleuvent sur Fukuoka, Watanabe mettra tout en oeuvre pour protéger Yun Dong-ju, dont les vers sont si purs qu’ils brisent le plus dur des coeurs. Mais il devra affronter un complot qui dépasse largement l’enceinte de la prison…

Inspiré par la vie du poète Yun Dong-ju, adulé en Corée, Le Garde, le Poète et le Prisonnier est à la fois un huis clos fascinant et un plaidoyer passionné pour le pouvoir de rédemption de la littérature.


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L’auteur : Lee Jung-Myung est l’un des romanciers les plus populaires de Corée, auteur des best-sellers
Deep Rooted Tree (meilleur livre de l’année en 2006) et Painter of the Wind, tous deux adaptés pour la télévision. Le Garde, le Poète et le Prisonnier est son premier roman traduit en français.

Extrait : « Un dédale de papier m’attirait à l’arrière de la boutique. Je me terrais dans les égouts de Paris, à la veille de la Révolution, et je faisais la connaissance d’une femme dans la Sibérie glaciale et enneigée. Je m’aventurais dans le monde des héros et des dieux et visitais une île isolée, où était emprisonné un prince détrôné. « 

Avis et résumé :

Premier roman traduit en français de Lee Jung Myung, l’un des romanciers les plus populaires de Corée. L’intrigue policière (le meurtre d’un gardien de prison violent) et l’enquête qui va suivre ne sont qu’un prétexte à la découverte d’une période de l’histoire méconnue en Occident (la Corée envahie par le Japon pendant la seconde guerre mondiale) et surtout d’un poète qui est resté une référence voire une idole en Corée, Yun Dong-Ju.

Situé dans le pénitencier de Fukuoka, au Japon, en 1944, à la fois thriller historique, huis clos et hommage au poète Yun Dong-ju, qui trouva la mort à Fukuoka à l’âge de vingt-sept ans, Le Garde, le Poète et le Prisonnier est un plaidoyer passionné pour la littérature et son pouvoir de rédemption.

Attention, ce roman ne se laisse pas apprivoiser si facilement, il s’agit de littérature coréenne (et de grande littérature), le rythme est lent, entrecoupé de poèmes et de référence littéraires, l’intrigue est
complexe, les flash-back nombreux. Au point que par moment on peut être tenté de suspendre la lecture. Mais la magie de ce livre, justement, c’est qu’on y revient, et qu’une fois refermé on reste imprégné de son atmosphère à la fois violente et poétique, triste et joyeuse. Un style magnifique, et vous ne verrez plus jamais les cerf-volants de la même façon. Une belle découverte.

Extrait :
« Je le tournai vers le mur où était écrit en bleu marine : « Ciel, vent, étoiles, poésie ». Il esquissa un sourire, le même sourire que je lui avais vu lors de notre première rencontre, le même sourire qui embellissait son visage en temps normal. Mais à présent, tout lui avait été retiré. J’étais le seul à savoir qui il avait été. C’était un enfant d’une nation morte, un garçon qui avait vécu dans une maison avec un prunier et des mûres dans le jardin, et que le ciel reflété dans le puits avait comblé de joie, un enfant qui avait levé les yeux vers la croix penchée au sommet d’un haut clocher, attristé que sa patrie ait disparu, un adolescent qui avait aimé Tolstoï, Goethe, Rilke et Jammes, qui avait rapporté dans sa pension un livre précieux acheté dans une librairie miteuse, avec l’impression d’avoir conquis le monde, un jeune homme studieux qui avait lu cet ouvrage toute la nuit, l’auteur de brillants poèmes que personne n’avait jamais lus, quelqu’un qui aimait suivre un chemin tortueux, un garçon qui avait aimé une fille sans jamais le lui avouer, un homme dont le pays avait été colonisé et dont l’âme, bien que déchirée par cette ère sombre, avait continué d’émettre des étincelles, un voyageur qui était parti de chez lui et avait embarqué sur un navire pour étudier à l’étranger dans une pièce à six tatamis, un jeune homme qui attendait l’avènement d’une nouvelle époque, un contrevenant menotté pour avoir écrit des poèmes dans sa langue maternelle, un fils songeant avec nostalgie à sa mère restée dans la lointaine Mandchourie, un détenu redoutant le clairon signalant l’imminence de l’aube, dans cette prison glaciale, et maniant le cerf-volant quand le vent soufflait, un homme qui avait toujours eu le sourire aux lèvres. »