Les petites fées de New York de Martin Millar


9782916355368,0-503129Le livre : Les petites fées de New York de Martin Millar. Traduit de l’anglais (Ecosse) par Marianne Groves. Paru le 8 avril 2009 aux Editions Intervalles

9782070465095,0-2999055Réédité en poche en 2016 chez Gallimard dans la collection folio SF 8€20 ; (353 p.) ; 18 x 11 cm. Préface de Neil Gaiman.

 4e de couv :

Les petites fées de New-York

Morag MacPherson et Heather MacKintosh, deux petites fées écossaises ayant quitté précipitamment leur terre natale, et fraîchement débarquées à New York, découvrent un monde qu’elles n’auraient jamais pu imaginer : un monde où les sans-abri meurent dans l’indifférence générale, un monde où les gens ont à peine de quoi payer leur logement, un monde qui n’a, tout de même, pas l’air de tourner bien rond. Mais plus elles vont vouloir changer les choses et aider Dinnie et Kerry, deux humains qu’elles ont rencontrés à leur arrivée, plus ce sera… pire !

Roman aussi drôle qu’érudit, Les petites fées de New York convoque le folklore féerique et celui de l’underground new-yorkais pour décrire, en filigrane, notre société.

« Ce livre est fait pour les gens de toute taille et de toute forme qui aiment lire de bons livres. »Neil Gaiman

martin-millarL’auteur : Martin Millar est né le 14 octobre 1956 à Glasgow, en Écosse, et vit actuellement à Londres. Il est l’auteur d’un peu plus de dix romans. Sous le pseudonyme de Martin Scott, il est  aussi l’auteur de la série de science-fiction Thraxas, qui a remporté en 2000 le World Fantasy Award dans la catégorie « roman ». Neil Gaiman, qui compte parmi ses plus grands admirateurs, l’a comparé à « un Kurt Vonnegut qui aurait eu les pires fréquentations du monde ».

 Extrait :

« Morag sirota son verre.

» Ca m’a fait plaisir de revoir Heather en tout cas. Jusqu’à ce qu’on s’engeule.

– « Tullochgorum », encore ? »

Morag secoua la tête.

« Pas au début. Elle m’a accusée de lui mettre exprès mes pieds dans la figure, dans le sac de la clocharde. Quelle crétine. J’essayais
juste de m’installer confortablement. Ensuite elle a dit que ce n’était pas étonnant que les MacPherson ne parviennent pas à jouer correctement un sthraspey s’ils devaient s’occuper de leurs
pieds si grands. N’importe quoi. Après, on s’est engueulées au sujet de « Tullochgorum ». Ensuite, il y a eu l’incident du pavot et j’ai menacé de la tuer pour avoir perdu ta fleur. Non vraiment,
quelle journée pourrie. »

Petit résumé et avis :

Après avoir consommé trop d’alcool, sept petites fées écossaises se retrouvent par erreur dans Central Park. Deux d’entre elles, Heather et Mortag, perturbent le quotidien de Dinnie, un violoniste obèse, solitaire et sans talent.

  Un livre préfacé par Neil Gaiman ne peux pas être un mauvais livre. Surtout quand dans sa préface, il nous le vend ainsi :

«Le récit des Petites fées de New York démarre avec Morag et Heather, deux petites fées hautes de cinquante centimètres, portant épée, kilt vert et cheveux mal teints, qui volettent par la fenêtre du pire violoniste de New York, un type antisocial et obèse nommé Dinnie, et vomissent sur sa moquette. Qui sont-elles et comment sont-elles arrivées à New York, et en quoi tout cela concerne-t-il l’adorable Kerry, qui vit dans l’immeuble d’en face, est atteinte de la maladie de Crohn et confectionne un alphabet des fleurs, et en quoi tout cela concerne-t-il les autres fées (de toutes nationalités) de New York, sans oublier les pauvres fées opprimées de Grande-Bretagne, voilà le sujet du livre. Il contient une guerre, ainsi qu’une mise en scène fort inhabituelle du Songe d’une Nuit d’Été de Shakespeare, et des solos de guitare de Johnny Thunders des New York Dolls. Que peut-on demander de plus à un livre ?»

Neil Gaiman nous met l’eau à la bouche alors on ouvre ce roman et on lit les premières pages. Et là c’est Martin Millar qui nous met les larmes au yeux. Non ! le livre n’est pas nul à pleurer mais il est drôle à mourir de rire. Et on a l’air vraiment bête dans son métro alors qu’à chaque fois que l’on tourne une page, no est plier par un fou rire.

L’auteur va nous entraîner dans une histoire loufoque, une histoire un brin endiablée. Il nous fait découvrir un monde enchanté désenchanté ou des centaines de fées de toutes nationalités sont sur le pied de guerre, une guerre des gangs comme on n’en connais à New York. Quelque part dans cette histoire il semble que plane le fantôme de Terry Pratchett tellement les actions se succèdent et s’entrecroisent à un rythme très soutenu. C’est un vrai tourbillon dans lequel nous jette l’auteur. On en sort un peu saoul, un peu groggy mais en aura passé un sacré bon moment de lecture. Et en prime, on aura la tête vider.

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Le baiser du rasoir de Daniel Polansky


Mes petites lectures
9782352945444,0-1306707Le livre : Basse-Fosse,Volume 1, Le baiser du rasoir  de Daniel Polansky. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Patrick Marcel. Paru le 20 janvier 2012 chez Bragelonne.20€ ; (376 p.) ; 24 x 16 cm

 9782070449231,0-1904090Rééditer le 2 janvier 2014 en poche chez Gallimard dans la collection Folio SF. 8€70 ; (465 p.) ; 18 x 11 cm

 

Quatrième de couverture

Basse-Fosse. La ville du crime.

Les hors-la-loi sont rois, les femmes, fatales. Disparaissez, et les gardes s’assureront que personne ne vous retrouvera jamais.

Prévôt est dealer. Il a été soldat. Il a été agent de la Couronne. Il a tout vu, et même pire. Difficile de trouver âme plus tourmentée.

Il est aussi le plus à même de traquer l’assassin qui sème derrière lui les corps d’enfants horriblement mutilés.

Un sinistre jeu de piste, où le chasseur pourrait devenir proie.

Extrait :
Il tendit une bourse dodue d’une façon terriblement élégante, étant donné que nous étions en train de conclure une vente de drogue. Il y en avait plus qu’assez, beaucoup plus.
– Le duc est trop aimable.
– Sa Seigneurie achète votre silence et votre loyauté.
– Dites-lui que le premier est gratuit, mais que la seconde n’est pas à vendre.
daniel-polansky_thumb2 L’auteur :

Daniel Polansky est un jeune écrivain né à Baltimore (États-Unis). Le Baiser du rasoir est un premier roman percutant. Cet habile mélange de Fantasy et de polar noir vous entraîne dans un univers sombre et violent.

 

 

 

Lecture d’avant

Petits résumé et avis :

II y a eu la vie dans la rue. Il y a eu la peste. Il y a eu la guerre. Il y a eu la magie… Prévôt a survécu.

Il règne désormais sur le quartier de Basse-Fosse, dealant pour les faibles comme pour les puissants, rappelant à l’ordre de manière définitive les inconscients qui viendraient empiéter sur son territoire. Pourtant, plusieurs enfants sont retrouvés morts. Pas question pour Prévôt de laisser ces crimes impunis, d’autant que les agents de la Couronne ne semblent pas pressés de résoudre l’affaire. Mais qui, du meurtrier ou de Prévôt, connaîtra le baiser du rasoir ?

Et pour ces  enfants mutilés et découverts dans la mystérieuse ville de Basse-Fosse, seul Prévôt, l’ancien soldat au passé trouble, a pouvoir arrêter l’assassin.

La nouvelle perle de Bragelonne prend en cette année 2012, la forme d’un excellent polar de fantasy. Ambiance sombre, récit d’une ville crépusculaire et personnages truculents servent une intrigue bien menée et des dialogues ciselés.

Avec Le baiser du rasoir. Daniel Polansky mêle habilement les codes de la fantasy et du roman noir, se plaçant d’emblée parmi les auteurs du genre à suivre. Il a d’ailleurs été récompensé par le prix Imaginales 2012 du meilleur roman étranger de fantasy.

Lire ici le début de : Le baiser du Rasoir

Sans âme de Gail Carriger


9782360510269,0-1155118Le livre : Le protectorat de l’ombrelle,Volume 1, Sans âme : une aventure d’Alexia Tarabotti de Gail Carriger.Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Sylvie Denis.Paru le 12 janvier 2011 aux Editions Orbit.. 16€75 ; (312 p.) ; 22 x 14 cm

9782253134886,0-1319788Réédité en poche le 18 avril 2012 au Livre de Poche dans la collection Fantastique.. 7€30 ; (424 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

 

Miss Alexia Tarabotti doit composer avec quelques contraintes sociales.

Primo, elle n’a pas d’âme. Deuxio, elle est toujours célibataire. Tertio, elle vient de se faire grossièrement attaquer par un vampire qui ne lui avait même pas été présenté !

Que faire ? Rien de bien, apparemment, car Alexia tue accidentellement le vampire. Lord Maccon – beau et compliqué, écossais et loup-garou – est envoyé par la reine Victoria pour démêler l’affaire.

Des vampires indésirables s’en mêlent, d’autres disparaissent, et tout le monde pense qu’Alexia est responsable. Mais que se trame-t-il réellement dans la bonne société londonienne ?

« Un premier roman impressionnant. »
Romantic Times

« Sans âme possède le charme délicat d’une ombrelle victorienne, et la force étrange d’une ombrelle victorienne qui serait secrètement lestée de balles en acier trempé. Un ravissement. »
New York Times (Lev Grossman)

 

37509910L’auteur : Madame Carriger réside dans les Colonies et exige que son thé soit importé directement de Londres. Empruntant aussi bien à Jane Austen qu’à Charlaine Harris, la série du Protectorat de l’ombrelle connaît outre-Atlantique un immense succès.

 

 

 

 

Extrait :
Elle fit une pause. « Un vampire m’a attaquée la nuit dernière. »
Ivy fit semblant de s’évanouir.
Alexia maintint son amie debout par la force en raidissant le bras sur lequel elle s’appuyait. « Inutile de tituber, il n’y a personne d’important pour te rattraper dans les environs. »
Ivy se redressa et dit sur un ton plein de véhémence: « Dieu du ciel, Alexia, mais comment fais-tu pour te fourrer dans ce genre de situation? »
Alexia haussa les épaules et se mit à marcher plus vite, si bien qu’Ivy dut trotter sur quelques pas pour rester à sa hauteur.
« Qu’as-tu fait? » Elle n’allait pas se laisser dissuader.
« Je l’ai frappé avec mon ombrelle, bien entendu.
– Non!
– En plein sur la tête. Je ferais la même chose à quiconque m’attaquerait, être surnaturel ou pas. Il est venu me voir comme ça, sans qu’on ait été présentés ni rien! »

Petits résumé et avis

Lors d’un bal, alors qu’elle s’était éclipsée dans la bibliothèque, Alexia Tarabotti, célibataire endurcie dont la particularité et de ne pas avoir d’âme, est attaquée par un vampire. Elle le tue d’un coup d’ombrelle et Lord Maccon, bel Ecossais et loup-garou, est envoyé par la reine Victoria pour enquêter sur l’affaire…

« Sans âme », c’est la rencontre de la bonne société victorienne et du surnaturel (vampires, loup-garous).

Une héroïne au caractère affirmé, des situations rocambolesques et un côté pince sans rire dans l’écriture font de la lecture de ce roman une succession d’éclats de rire rafraichissante.

Une bouffée d’air frais sans prétention dont on peut se réjouir.

Les rivières de Londres de Ben Aaronovitch


mes-petites-lectures (1)

9782290040362,0-1330498Le livre : Le dernier apprenti sorcier ; vol 1 ; Les rivières de Londres de Ben Aaronovitch. Traduit de l’anglais par Benoît Domis.Paru le 14 mars 2012 Aux Nouveaux Millénaires. 18€50 ; (379 p.) ; 20 x 13 cm

9782290040416,0-1737613Réédité en poche le 5 février 2014 chez J’ai lu dans la collection J’ai lu Fantastique. 7,60 ; (413 p.) ; 18 x 11 cm

Quatrième de couverture

Les rivières de Londres

Le dernier apprenti sorcier – 1

L’agent Peter Grant ne croyait pas aux fantômes, jusqu’au jour où un étrange personnage lui affirme avoir assisté au meurtre sur lequel il enquête. Un témoin providentiel… s’il n’était mort depuis plus d’un siècle !.

Et Peter n’est pas au bout de ses surprises : recruté par l’énigmatique inspecteur Nightingale, il intègre l’unité de la police londonienne chargée des affaires surnaturelles. Au programme, traquer vampires, sorcières et autres créatures de la nuit ; faire respecter les divers accords passés entre les forces occultes de Londres ; réconcilier les divinités qui se partagent la Tamise, sans devenir esclave de leurs charmes ; et bien sûr apprendre le latin, le grec ancien et une montagne d’incantations bizarres et pour le moins rébarbatives. Peter doit en passer par là, s’il veut un jour devenir à son tour le dernier sorcier de Londres…

Unanimement salué par la critique anglo-saxonne comme la rencontre jubilatoire entre X-Files et Doctor Who, Ben Aaronovitch signe avec son premier roman, Les rivières de Londres, un brillant hommage à la capitale de tous les imaginaires.

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L’auteur : Nourri à l’eau de la Tamise dès sa naissance en 1964, Ben Aaronovitch  Londonien de souche,  est devenu, presque du jour au lendemain, une star dans son pays avec la publication de la série du Dernier apprenti sorcier, jouissive rencontre entre Doctor Who et Sherlock. Il est aussi scénariste.

 

 

Extrait :
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, la plupart des gens ne cherchent pas réellement la bagarre, en particulier lorsque règne un équilibre entre les forces en présence. Une foule en colère mettra en pièces un individu isolé, et un homme armé d’un pistolet et d’une noble cause se fera un plaisir de tuer un maximum de femmes et d’enfants. Mais prendre le risque d’un combat à la loyale ? Pas si facile. Il n’y a qu’à observer ces ados furax quand ils se livrent à leur petit manège : « Retenez-moi ou je fais un malheur ! » disent-ils, tout en espérant farouchement que quelqu’un sera là pour leur obéir. Tout le monde est bien content de voir la police arriver, parce qu’on leur sauve la mise, que ça nous plaise ou non.

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Petit Résumé et avis :

A Londres, le jeune sergent Grant monte la garde sur une scène de crime. Il est attiré par un personnage tapi dans le portique de l’église Saint Paul, il prétend avoir assisté au meurtre qui vient de se produire et être un fantôme. Grant voit là l’opportunité de se distinguer et c’est aussi l’avis du capitaine Nightingale qui dirige un service de police un peu spécial

 Un très bon texte par celui qui a été scénariste pour Dr Who .

Le ton (l’humour flegmatique britannique), l’enquête échevelée (comme quoi tout est possible) à travers la ville de Londres dont on revit l’histoire et qui est un personnage à part entière, font de ce texte un petit bijou.

On attend la suite impatiemment. Et surtout, on a envie de retournre à Londres, la  capitale de tous les imaginaires comme aime à l’appeler l’auteur.

Pour info : La série du Dernier apprenti sorcier, qui compte désormais cinq volumes, est en cours d’adaptation à la télévision britannique par la BBC.

The city & the city de China Mièville


9782265090651,0-12415199782266239721,0-1568278Le livre : The city & the city de China MièvilleTraduit de l’anglais par Nathalie Mège. Paru le 13 octobre 2011 chez Fleuve Noir.  20€ ;  (390 p.) ; 23 x 15 cm
Rééditer en poche chez Pocket le 14 mars 2013. 8€10 ; (478 p.) ; 18 x 11 cm
4e de couv :

Les habitants de Beszel et d’Ul Qoma, villes doubles partageant un même territoire, ont interdiction absolue d’entrer en contact avec leurs voisins. La moindre infraction à cette règle déclenche l’intervention de la Rupture, une force de police secrète dont tous redoutent l’efficacité impitoyable. Quand le cadavre d’une inconnue est découvert dans un terrain vague de Beszel, l’inspecteur Tyador Borlù comprend vite que ses ennuis ne font que commencer. Non seulement la jeune femme, étudiante en archéologie, a été tuée à Ul Qoma, mais ses recherches inquiétaient jusqu’aux plus hautes sphères. Et menaçaient de mettre en danger l’équilibre précaire entre les deux villes…

Ce polar virtuose a reçu pas moins de cinq prix en Grande-Bretagne et aux États-Unis. Il a été cité dans la liste des meilleurs livres de l’année par le Los Angeles Times, le Seattle Times et Publishers’ Weekly.

L’auteur :

images (25) China Miéville est né en 1972, auteur de romans fantastiques, il vit et travaille à Londres. Lauréat du Bristish Fantasy Award, il a remporté deux fois le prestigieux prix Arthur C. Clarke.

   Dès la parution de son premier roman, Le Roi des rats, il fait figure de nouveau prodige des littératures de l’imaginaire. Perdido Street Straat obtient le Prix Arthur C. Clarke, le British Science Fiction Award et le Grand Prix de l’Imaginaire (meilleur roman et meilleure traduction) en 2004. Avec Les Scarifiés et Le Concile de Fer (prix Arthur C. Clarke), il confirme son succès et son originalité. Ses romans et nouvelles sont traduits dans plus d’une de pays.

Extrait : 
– Ils l’ont coffre?
– Tyad, écoutez-moi. Ils ne peuvent pas. C’est bien ça le problème.
– Qu’est-ce qui se passe?
– Ils… Ils pensent qu’il n’est pas à Ul Qoma.
– Il a traverse? Il faut appeler la police des frontières de Beszel, alors.
– Non, écoutez. Ils n’arrivent pas à déterminer où il est.
– Hein? Hein? Qu’est-ce que c’est que cette connerie?
– Il se contente de… Il s’est juste planté devant l’entrée au vu et au su de tous, quand ils se sont avancés vers lui, il s’est mi à marcher… Mais à sa façon de se déplacer… aux vêtements qu’il porte… Ils ne réussissent pas à se rendre compte s’il est à Beszel ou à Ul Qoma.

Résumé et avis :

Quelque part dans l’est de l’Europe, se situent les villes rivales de Beszel et Ul-Qoma. Deux villes, un seul territoire… Beszel et UI Qoma se partagent un labyrinthe de rues enchevêtrées, s’ignorant mutuellement. Le passage de l’une à l’autre, un simple regard même, implique l’intervention d’une milice transnationale et omnipotente.Lorsque l’inspecteur Borlu, de Beszel, doit élucider le crime sordide d’une étudiante américaine d’Ul-Qoma, l’affaire se complique car la victime n’est pas de sa juridiction. Côté Beszel, l’assassinat de cette jeune étudiante en archéologie va mettre le feu aux poudres… Pourtant, Borlu n’est pas dessaisi du dossier. Mais découvrira-t-il la vérité alors que les morts étranges se succèdent ? Car en charge de cette enquête délicate, entre secrets d’histoire et brouillard juridictionnel, l’inspecteur Borlù avance en terrain miné…

The City and the City est un roman policier noir teinté de science-fiction et de fantasy urbaine.

 Ce roman est un livre à la croisée des genres comme je les aime. Entre le polar et la science-fiction, on y  croise les fantômes des œuvres de K. Dick et de Chandler.  Les références sont évidentes. Il y régne un petit coté Kafka pour l’absurde société décrite ici. C’est surtout un  roman qui prend son temps.  Il vous immerge doucement, pour ne pas vous faire sentir la noyade imminente.

Et que dire dudéchaînement des dernières pages, quand on lutte enfin…

Une œuvre magistrale qui semble littéralement hors du temps.

The City & The City  c’est certain deviendra un grand classique de genre, si ce n’est pas déjà fait.

The City & The City a reçu le prix Hugo 2010,

The rook : au service surnaturel de Sa Majesté de Daniel O’Malley.


th (14)Le livre : The rook : au service surnaturel de Sa Majesté  de Daniel O’Malley. Traduit de l’anglais (Australie) par Charles Bonnot. Paru le 15 mai 2014 chez Super 8 éditions. 22€ ; (655 p.) ; 20 x 14 cm.

 4e ce couv : 

Victime d’une agression, Myfanwy Thomas reprend conscience dans un parc de Londres. Autour d’elle, des hommes en costume portant des gants en latex. Tous sont morts. Situation peu réjouissante, certes, mais il y a pire : Myfanwy ne se souvient de rien. Le plus surprenant, c’est qu’elle semble avoir «prévu» cette amnésie. Dans la poche de sa veste, en effet, elle trouve une lettre écrite de sa main lui expliquant qui elle est et ce qu’elle doit faire pour découvrir qui veut l’éliminer.
C’est ainsi que Myfanwy rejoint le siège de la Checquy, une organisation secrète chargée de combattre les forces surnaturelles qui menacent la Couronne britannique. Au sein de cette version paranormale du MI5 anglais, où elle occupe un poste à responsabilités, la jeune femme, entourée de surdoués aux pouvoirs plus que spéciaux, doit désormais se frayer un chemin à travers un univers d’ombres et de menaces. Et il va lui falloir pour cela lever le voile sur une conspiration aux proportions inimaginables.

À mi-chemin entre l’univers de J. J. Abrams et celui d’X-Files, The Rook est un roman à l’inventivité délirante et aux rebondissements incessants, qui ne vous laissera pas reprendre votre souffle avant la dernière page..

th (16)L’auteur : Né à Canberra (Australie), Daniel O’Malley est diplômé d’histoire médiévale de l’université de l’Ohio. The Rook est son premier roman. Il en écrit actuellement la suite.

Citation : 
  • À bien des égards, cet appartement est le pire élément de ta nouvelle vie. À côté de la déco, le fait que quelqu’un essaie de te tuer est presque tolérable.
  • Désolé, chérie, on n’accepte pas les sans-abri ici. Il semblait navré mais également assez ferme.« Une sans-abri ?s’exclama-t-elle. Je ne suis une SDF ! Je …  » Elle chercha à toute vitesse une explication pour son apparence. » Je suis une rockeuse. »Ils la regardèrent d’un air dubitatif.Ils ne bougèrent pas. » je donne de gros pourboires, hasarda-t-elle.Il va falloir partir, ma petite dame.

th (15)

Résumé et avis : 
th (12)Lorsque Myfanwy Thomas reprend conscience dans un parc londonien, entourée d’hommes décédés, elle ne se souvient de rien. Elle retrouve dans sa poche une lettre, écrite de sa main, expliquant cette amnésie et lui indiquant ce qu’elle doit faire. C’est ainsi que Myfanwy rejoint le siège de l’Echiquier, une organisation secrète chargée de combattre les forces surnaturelles qui menacent la Couronne.
Oh My god, j’ai adoré ce bouquin.
Cet auteur est fou, son univers déjanté et son imagination débridée. Un mixte entre le monde de Jasper Fforde et celui de Jim Butcher pour ne pas parler de Terry Pratchett et Lewis Carrol.
Son héroïne n’est pas sans me faire penser à Thursday Next, la détective littéraire et agent des OpSpecs de l’auteur gallois. C’est drôle et érudit, un bouquin qui fait la part belle aux inventions poétiques.  A la croisée du roman policier et de l’uchronie déjantée, Daniel O’malley nous offre une histoire jubilatoire.
C’est une vrai addiction, je suis fan de cette fantasy urbain inventive et intelligente.
Et j’attends la suite avec impatience.
Extrait : 
CHÈRE TOI, 
   

Le corps que tu habites actuellement m’appartenait. La cicatrice à l’intérieur de la cuisse gauche provient d’une chute que j’ai faite à l’âge de 9 ans quand je me suis transpercé la jambe en tombant d’un arbre. Le plombage de la molaire supérieure gauche est dû au fait que j’ai repoussé une visite chez le dentiste pendant quatre ans. Mais tu n’as sans doute pas grand-chose à faire du passé de ce corps. Après tout, je t’écris cette lettre pour que tu la lises dans le futur. Tu te demandes peut-être pourquoi quiconque ferait une chose pareille. La réponse est à la fois simple et compliquée. La version simple est que je savais que ce serait nécessaire.
La version compliquée risquerait de prendre un peu plus de temps.
Connais-tu le nom du corps dans lequel tu te trouves ? Son nom est Myfanwy. Myfanwy Alice Thomas. Je pourrais te dire que c’est mon nom mais, comme désormais ce corps t’appartient, j’imagine que tu vas l’utiliser. Les gens ont tendance à l’esquinter, mais j’aimerais bien que toi, au moins, tu saches le prononcer correctement. Je ne respecte pas la prononciation galloise traditionnelle, le w est donc muet et le f dur. Ça donne : Miff-un-ee. Facile. D’ailleurs, maintenant que j’y pense, ça rime avec Tiffany.
Avant de te raconter toute l’histoire, il y a plusieurs choses que tu dois savoir. D’abord, tu es mortellement allergique aux piqûres d’abeille. Si tu te fais piquer et que tu n’agis pas rapidement, tu mourras. J’ai toujours des injecteurs d’éphédrine sur moi, donc vérifie bien que tu les as toujours avec toi avant d’en avoir besoin. Il y en a normalement un dans mon sac à main, un dans la boîte à gants de la voiture, et dans quasiment toutes les vestes désormais en ta possession. Si tu te fais piquer, retire le capuchon, plante l’embout dans ta cuisse et injecte-toi le liquide. Ça devrait aller. Enfin, tu vas en chier, mais au moins tu ne mourras pas.
A part ça, tu n’as aucune restriction alimentaire, pas d’autre allergie, et tu es en assez bonne forme. Il y a des antécédents de cancer du côlon dans ma famille, je te conseille donc de consulter régulièrement, mais rien ne s’est déclaré jusqu’à présent. Ah ! et tu tiens très mal l’alcool. Mais tu n’as sans doute pas besoin de savoir ça pour le moment. Tu as d’autres sujets de préoccupation bien plus importants.
J’espère que tu trouveras sur toi mon portefeuille avec toutes les petites cartes magnétiques absolument nécessaires pour survivre dans notre monde électronique : permis de conduire, cartes de crédit, carte de Sécurité sociale, carte de bibliothèque. Toutes sont au nom de Myfanwy Thomas à l’exception de trois d’entre elles. Ces trois cartes sont, à l’heure actuelle, les plus importantes. Tu les trouveras glissées au milieu des autres : une carte de retrait, une carte de crédit et un permis de conduire au nom d’Anne Ryan, nom qui ne sera pas relié à toi. Le code pour chacune d’elles est 230500. C’est la date de mon anniversaire, suivie de ton âge. Car tu es une nouveau-née ! Je te conseille de retirer immédiatement de l’argent sur le compte d’Anne Ryan, de te rendre dans un hôtel et de prendre une chambre à son nom.
Si tu lis ces lignes, c’est que tu as survécu à plusieurs menaces immédiates. Pourtant, tu es en danger. Le simple fait d’être moi ne signifie pas que tu es en sécurité. En plus de ce corps, tu as hérité d’un certain nombre de problèmes et de responsabilités. Va te mettre en lieu sûr et ouvre la deuxième enveloppe.
Bien à toi,
Moi

th (13)