Le tricycle rouge – Vincent Hauuy


Le tricycle rouge

Vincent Hauuy

 

Vous avez lu ici même, sur votre blog préféré, la chronique du Brasier, de Vincent Hauuy. Si vous ne connaissez pas l’opus précédent, Le tricycle rouge, il est temps de réparer cet oubli…

 

Le livre : le tricycle rouge, de Vincent Hauuy. Paru le 18 mai 2017 aux éditions Hugo thriller (parution en avril 2018, Le Livre de poche). 496 pages, 14×21, 19,95 euros.

4e de couverture :

Noah Wallace est un homme usé, l’ombre du brillant profileur qu’il était jusqu’à ce qu’un accident lui enlève à la fois sa femme et sa carrière. Mais un appel téléphonique va le contraindre à reprendre du service. Son ami et ex-coéquipier Steve Raymond a besoin de lui. Une carte postale trouvée sur le lieu d’un crime atroce au Canada l’implique directement et le ramène à une série de meurtres commis cinq ans plus tôt. Tout porte à croire qu’un tueur en série présumé mort, le Démon du Vermont, est de nouveau à l’œuvre. Dans le même temps, à New York, la journaliste et blogueuse Sophie Lavallée enquête sur un reporter disparu dans les années soixante-dix. Et si les deux affaires étaient liées par le même sombre secret ?

L’auteur : né à Nancy en 1975, Vincent Hauuy vit au Canada avec sa famille. Concepteur de jeux vidéo et fan incontesté de Stephen King, J.R.R. Tolkien et George R.R. Martin, Vincent Hauuy construit un monde fictif fait de paranormal, de sang et de complexité qui donne à ses romans des intrigues très riches.

 

 

Extrait :
« Et puis il y a cette inconnue. Cette fille étrange dont il ne peut détacher son regard. On dirait une gamine avec son t-shirt de Metallica trop grand et son bonnet en laine vert qui plaque sa chevelure sur ses oreilles ; elle est d’une extrême maigreur. Mucoviscidose ? Peut-être, ou bien anorexique. Elle l’intrigue : elle a aligné une rangée de trombones devant elle, et là, elle s’amuse à tendre des élastiques entre ses doigts de squelette.
Il se demande qui elle peut bien être et quel âge elle peut avoir. Tremblay n’a fait aucune présentation pour le moment.
En revanche, il a trouvé un adjectif qui lui convient. Il sort son carnet et griffonne :
« Cachectique ».  »

Les coups de cœur d’Isabelle

Vincent Hauuy aime Stephen King et ça se voit. Il y a du John Smith, le héros de The dead zone, dans Noah Wallace. Ils ont en commun leur handicap, leurs blessures mal cicatrisées, leurs intuitions inopinées, leurs visions fulgurantes…  Le tricycle rouge porte en lui une part de fantastique, propre à réjouir les fans du maître du genre. Au-delà de cet hommage, Hauuy impose très vite sa marque. Il donne à son profileur une dimension quasi schizophrène.  Le Noah d’aujourd’hui héberge L’autre, un reliquat du passé, un fantôme de celui qu’il était avant son accident, une référence à laquelle il se mesure sans cesse.  Cette comparaison avec lui-même, qui tourne à la compétition et va presque jusqu’au duel, est un élément central du roman.

Un lien fort se crée d’emblée entre le lecteur et ce personnage torturé et complexe, qui donne à la lecture du livre une impression troublante de retrouvailles. Les figures qui gravitent autour de lui ont également une belle consistance.  Steve Raymond, son co-équipier, Sophie Lavallée, journaliste blogueuse pugnace, l’inspecteur Tremblay, et surtout Clémence Leduc, jeune profileuse énigmatique et attachante. On les suit volontiers dans une longue enquête pas piquée des hannetons, à laquelle sont mêlées plusieurs agences gouvernementales américaines et canadiennes. Les multiples rebondissements n’en sont peut-être pas toujours plausibles, mais qu’importe, ils nous tiennent en haleine. Un excellent thriller dont l’épaisseur, au sens propre comme au sens figuré, a de quoi séduire.

 

A noter Le tricycle rouge a reçu le « Prix Michel Bussi du meilleur thriller français, 2017 » et qu’il est réédité en poche le 28 mars 2018 chez Le Livre de Poche dans la collection Le livre de poche Thriller n° 34927

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Il est toujours minuit quelque part – Cédric Lalaury


Le livre : Il est toujours minuit quelque part de Cédric Lalaury Paru le 7 février 2018 chez Prélude. 15€90 ; (345 p.) ; 20 x 14 cm

4’e de couv : 

Et si votre secret le plus noir devenait un roman à succès ?

Bill Herrington est un homme heureux.

La cinquantaine approchant, mari et père comblé, il occupe un poste de professeur de littérature dans une prestigieuse université américaine. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes… Jusqu’au jour où il trouve dans son casier l’exemplaire d’un roman à sensation publié par un mystérieux inconnu : R. P. Kirkpatrick. Pas de quoi chambouler Bill.

À un détail près : il s’agit d’une histoire vraie. Celle d’un crime dont il était persuadé que personne n’en avait jamais eu connaissance. Sur une île qu’il aurait voulu oublier pour toujours.

Cet ouvrage envahit bientôt l’existence de Bill et contamine tout autour de lui. Sa vie paisible et confortable ainsi que son équilibre psychologique vont vite menacer de voler en éclats sous l’effet dévastateur de ce livre vengeur qui a réveillé tous les fantômes du passé.

Tu m’avais dit qu’après minuit c’en serait fini,
Que nos âmes tourmentées trouveraient le repos,
Mais tu te trompais, car rien ne s’achève à minuit, et ce moment
Sur le point d’arriver ne se produit jamais
Parce qu’il est toujours minuit quelque part dans le monde pour les criminels de notre espèce,
Et que c’est là le point indépassable de notre horizon.

William Shakespeare, Macbeth, IV, 4*.

L’auteurs : Cedric Lalaury est né à Montluçon. Après des études de lettres modernes à l’université Blaise-Pascal, il donne des cours de soutien à des élèves en difficulté. Admirateur d’Henry James, de Proust et de Stephen King, il se consacre désormais à l’écriture.

 

 

Extrait :
À présent, il se demandait comment il avait pu oublier ce regard intense. Pendant deux décennies, il n’avait plus eu de visage, de voix ni aucun trait particulier. Il était un fantôme, une silhouette informe endormie dans un coin de sa mémoire. Bill restait persuadé que s’il n’avait pas à nouveau fait irruption de manière si violente dans sa vie par le biais de ce livre, il n’aurait plus pensé à lui – sinon, peut-être, au moment de sa propre mort, à cette seconde ultime où tous les visages entraperçus au cours d’une existence se donnent rendez-vous, un peu comme au théâtre les acteurs d’une pièce viennent saluer le public une dernière fois avant que le rideau ne soit baissé pour de bon.

 

Le petit billet de Fanny

Il est toujours minuit quelque part, Cédric Lalaury, Editions Préludes,

ISBN 978-2-253-04560-1, 15.90€

 

L’histoire :

Tout semble réussir à Bill Herrington, un professeur de littérature quinquagénaire reconnu par ses pairs, mari et père comblé, jusqu’au jour où le roman de Richard Philip Kirkpatrick atterrit dans son casier de la prestigieuse université américaine. Pourtant, Bill était persuadé que le crime raconté dans l’ouvrage n’avait eu aucun témoin.

 Nouvelle lecture et nouvelle découverte d’un auteur français jusqu’alors inconnu pour moi. Sur la couverture, une accroche prometteuse d’Estelle Lenartowicz, « Lire » : « Un thriller psychologique impossible à lâcher » …

Et il est vrai qu’une fois commencée, cette histoire intrigue. L’auteur nous présente le personnage principal, Bill, sa vie fort peu trépidante, son environnement qui est loin de faire rêver, son job routinier de prof, exercé sans grande passion. Jusque-là rien de bien passionnant dans la vie de Bill. Mais bientôt,  la vie plan-plan de ce banlieusard privilégié va basculer dans une atmosphère de peur et d’angoisse permanente.

Bill reçoit un livre qui peu à peu va bouleverser son existence d’apparence si paisible. Ce même livre est également envoyé à tous ses proches. L’histoire narrée dans ce roman : la sienne ! Enfin plutôt, celle de son secret, vieux de vingt ans, presque oublié de lui-même et qu’il pensait disparu à jamais.

Qui est l’auteur de ce livre ? Qui l’envoie à ses proches ? Qui veut révéler au monde le lourd secret d’un crime à peine suggéré au fil d’une histoire qu’il ne connait que trop bien puisqu’il en a été l’élément clé ?

On suit dès lors Bill tout au long de ce qui ressemble à une brutale plongée dans les abîmes. Ses proches lui tournent le dos. Ses seuls alliés : Alan, une étudiante passionnée de littérature déterminée à l’aider et le soutenir, et l’auteur de ce livre maudit, Dick (R.P.Kirkpatrick) , dont l’histoire lui a été inspirée par une nouvelle lue lors d’un atelier littéraire qu’il animait.  Dick qui déboule dans sa vie et qui devient sa bouée de sauvetage alors qu’il traverse cette période trouble et douloureuse, noyé dans l’alcool.

Extrait page 199 :

« Bill ne lui en voulut pas. Il en convenait : l’image de la jeune femme héroïque qui sortait une vieille épave puant l’alcool de l’enfer des corvées ménagères avait quelque chose d’éculé, mais pourquoi rejeter une aide si gentiment offerte ? » 

Dans ce roman, on est confronté à la culpabilité, au déni, au mensonge qui sont autant de sentiments humains déjà douloureux individuellement mais terribles lorsqu’ils doivent être tous affrontés en même temps. Comment Bill va-t-il gérer cette situation inextricable alors qu’il ne peut parler de ce secret à personne ? Qui semble vouloir se venger de lui ? Qui veut lui faire payer pour ce crime sans témoin commis il y a si longtemps ?

Si vous voulez le savoir, alors je vous encourage à plonger dans cette histoire, n’hésitez pas.

J’ai aimé ce roman qui démarre doucement, au rythme de la vie monotone de Bill. J’ai aimé la montée en puissance à mesure que la vie de Bill part en lambeaux et que son univers qu’il croyait solide, s’effondre à vitesse grand V.

Cédric Lalaury manie le sarcasme à la perfection, il se joue des clichés des américains sur les français, il multiplie les clins d’œil à Stephen King et Henry James qu’il aime apparemment beaucoup même si les « écrivains » en général en prennent pour leur grade.

Extrait page 232 :

« Ecoutez Alan, je ne voulais pas vous heurter…

Tout ce que je voulais dire, c’est que vous devez faire attention avec lui : les écrivains sont souvent des vampires ou des charognards. Les êtres les plus égoïstes que la terre ait jamais portés. »

C’est bien écrit, c’est parfois drôle, souvent teinté d’humour noir, les personnages sont complexes et attachants.

Pour résumer mon sentiment, je dirais que j’ai passé un très agréable moment de lecture.

Diamants sur Maccabées de Michael Fenris


Le livre : Diamants sur Maccabées de Michael Fenris. Paru le 15 mars 2018 en autoédition, Ed Michaël Fenris. 15€ ; (324 p.) ; 13×20 cm.

4e de couv : 

David Llerellyn a disparu. Se méfiant de la police, sa sœur Vera décide d’engager un détective pour le retrouver. Mais il semble que beaucoup de personnes s’intéressent à ce petit malfrat sans envergure, et que sa disparition ne soit pas le seul fruit du hasard.

Quand le privé Jeff Fergusson commence à enquêter, il soulève certaines choses qui n’ont pas envie d’être révélées, et réveille de vieilles rancœurs. Car rien n’est jamais bon lorsqu’on hante les rues de la Ville…

 L’auteur : Michael Fenris est né le 03 mai 1968, d’origine lorraine, où il garde de profonds attachements avec la ville de Nancy, et installé professionnellement comme médecin en région parisienne depuis 2002.
Passionné par la lecture et l’écriture, il entasse pendant plus de trente ans des pages manuscrites dans des cartons, mais ce n’est qu’en 2015 qu’il décide de franchir le cap en proposant ses premiers manuscrits aux Éditions Prisma.  De là est né Feuilles en 2015, et Le Syndrome Noah en 2016. En Juin 2017 sort Aaverhelyon, première incursion dans le milieu de l’autoédition. En Mars 2018, toujours en autoédition, Diamants sur Macchabées, première incursion dans le polar noir. 2018 sera également la sortie du prochain roman à paraître aux Editions Prisma.
 Annoncés pour 2018 ; trois romans !  Thérianthrope chez Prisma ; Whistlers, en auto édition; Diamants sur Maccabées, en auto édition également et la chronique à lire ci-dessous. Soit un thriller, un roman plutôt « horreur, épouvante » et un polar à l’ancienne … Un touche à tout ce Fenris !

 

Extrait:
« Il n’est pas grand, je dirais un mètre soixante à tout casser, frêle, flottant dans un costume écossais du plus mauvais effet. Son crâne semble aplati en hauteur, comme passé sous une presse, ce qui lui donne une ressemblance avec une saucière dont les oreilles seraient les becs verseurs. Il a de petits yeux fuyants, le gauche est affublé d’un strabisme divergent et se balade tout seul dans son orbite comme un dé dans un gobelet de casino. La peau est couverte d’éphélides et ses cheveux sont d’un rouge de cuivre. Je suis furieux contre lui de m’être fait surprendre comme un bleu. Bordel, trente ans de police ! Faut croire que le mauvais alcool t’émousse sérieusement les réflexes. J’ai soudain comme une envie de lui faire mal. Le rouquin tente de se relever, mais la première chose qu’il aperçoit, l’œil noir du canon du .38, l’incite à la prudence et il se contente de se coller contre le mur. »

La chronique jubilatoire de Dany

Il fallait vraiment oser, en 2018, écrire un roman en noir et blanc, un vrai polar de la fin des années 50, en Amérique dans « la ville » dont le nom symbolique apparaît en fin de roman … sans ADN, avec une seule caméra de surveillance même pas exploitée, une balistique balbutiante. En prime une ambiance bien glauque, qui sent la sueur de flic négligé, le tout dans une atmosphère enfumée, alcoolisée. Une plongée dans l’univers de Chandler et Léo Malet, avec la palette classique du détective privé intègre et au cœur presque grand, que n’aurait pas renié Petre Cheyney (le père de Lemmy Caution), du flic pourri, des mauvais garçons chatouilleux de la gâchette, de la bourgeoise couverte de fourrure (animale, oui à cette époque les auteurs osaient encore …), la petite droguée à peine pubère, des belles voitures …

Tout ce petit monde se trouve embarqué dans une intrigue somme toute classique mais bien menée, aux multiples rebondissements et au final digne d’un film de Tarentino. N’oublions pas non plus « la bande son » jazzy car en fait ce roman agit sur le lecteur comme un vrai film de gangsters, servi par la précision du style de cet auteur que je lis pour la première fois, dans lequel le narrateur, son héros nous fait immanquablement penser à Philip Marlowe. On ne s’y ennuie pas une seule seconde !

 

“La boutique en question s’appelle Meadows Handguns & Rifles. Elle est située sur l’une des quatre principales avenues. Pas de risque que tu la braques : elle est aussi protégée qu’un petit Fort-Knox. Ça n’empêche pas que n’importe qui peut aller s’acheter une arme, il suffit d’une pièce d’identité, d’une adresse, d’un peu d’oseille, et d’un permis. Quoique le dernier soit le plus souvent facultatif. Dans la Ville, on considère que le bon citoyen a le droit de se défendre contre le voyou qui hante les rues à la nuit tombée. Seule la taille des pétoires est limitée, grâce à notre inspecteur préféré. Mais le mal est fait : ce qui a été acheté auparavant est bien dans les mains de n’importe qui, pas seulement le couple de petits vieux prêt à protéger ses maigres possessions, mais aussi tous les psychopathes, les tarés, les instables qui peuvent pulluler. Je pense que la criminalité a un peu baissé avec Tyler, mais elle reste sans aucun doute l’une des plus élevées du pays. La vie ne vaut pas grand-chose ici-bas.”

“Il me force à grimper à l’arrière de son véhicule. Je suffoque sous l’odeur. Ça sent la sueur, la chaussette, le graillon et la mauvaise haleine. Tyler s’installe à mes côtés, et allume un de ses barreaux de chaises pour me souffler la fumée à la figure.”

RECIDIVE – Sonja Delzongle


RECIDIVE – Sonja Delzongle

4ème de couv :


Saint-Malo, hiver 2014. Du haut des remparts, sorti de prison, Erwan Kardec contemple la mer en savourant sa liberté. Il y a trente ans, il a tué sa femme à mains nues, devant leur fille, Hanah. Jamais il n’aurait été démasqué si la fillette n’avait eu le courage de le dénoncer. Malade, nourri d’une profonde haine, il n’aura de cesse de la retrouver avant de mourir.

À New York, au même moment, Hanah, qui a appris la libération de l’assassin de sa mère, est hantée par le serment qu’il lui a fait de se venger. De cauchemars en insomnies, son angoisse croît de jour en jour. Pourquoi a-t-il tué sa mère? Quand surgira-t-il? Quels sont ces appels anonymes?

La confrontation est inévitable.

Quand on est traqué, mieux vaut-il se cacher, ou regarder la mort dans les yeux?

 

Le petit avis de Kris

Que de chemin parcouru depuis DUST, qui déjà, était une belle réussite ! Ici une belle Récidive où Sonja affûte ses crayons, affine et assoie son style.
L’intrigue nous prend dans ses filets (de pêche) et ne nous lâche plus, les mailles sont serrées et ne laissent passer les indices qu’au compte gouttes jusqu’à ce que se dessine un faisceau de signaux (rouge, vert …) qui vous titillent et maintiennent le suspense jusqu’au bout !
Bref mon avis est que l’auteure a pris de la hauteur et atteint sa vitesse de croisière, ce qui augure de grands moments à venir en compagnie d’Hanah !

 

Vous pouvez aussi allez voir ICI l’avis de Ge sur Récidive

 

Le chouchou du Week End : Brève histoire de sept meurtres de Marlon James


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97822263240540-3342862   Le livre : Brève histoire de sept meurtres de Marlon James. Traduit de l’anglais (Jamaïque) par Valérie Malfoy. Paru le 17 août 2016 chez Albin Michel dans la collection Terre d’Amérique.  25€ ; (853 p.) ; 22 x 15 cm

 

4e de couv :

« Un roman époustouflant sur le pouvoir, la corruption et le mensonge. Le livre du siècle. » Irvine Welsh

« Brillant, intense, un roman à la fois profane et plein de grâce. »
Louise Erdrich

« Hypnotisant. »
The Guardian

« Ambitieux, mythique, hors norme, colossal, vertigineux : la preuve de l’ambition inouïe de Marlon James et de son talent prodigieux. »
The New York Times

« Une oeuvre littéraire audacieuse, inventive et exigeante. Un véritable tour de force. »
The Wall Street Journal

« Violent, bouillonnant, un roman énorme dans tous les sens du terme. Le projet de Marlon James pouvait sembler fou, mais il relève le défi. Extraordinaire. »
The Times

Kingston, 3 décembre 1976. Deux jours avant un concert en faveur de la paix organisé par le parti au pouvoir, dans un climat d’extrême tension politique, sept hommes armés font irruption au domicile de Bob Marley. Le chanteur est touché à la poitrine et au bras. Pourtant, à la date prévue, il réunira plus de 80 000 personnes lors d’un concert historique.

Construit comme une vaste fresque épique habitée par des dizaines de personnages, ce livre monumental, couronné par le Man Booker Prize 2015, nous entraîne en Jamaïque et aux États-Unis, des années 1970 à nos jours. Convoquant hommes politiques, journalistes, agents de la CIA, barons de la drogue et membres de gangs, il s’interroge avec force sur les éternelles questions du pouvoir, de l’argent, du racisme, des inégalités et de la violence du monde.

S’affirmant ici comme le fils spirituel de Toni Morrison et de James Ellroy, Marlon James signe un livre hors norme, tour à tour sombre, drôle, cru, et toujours passionnant, signe d’une rare ambition littéraire et d’un talent prodigieux.

« Un roman à la fois terrifiant, lyrique et magnifique, écrit par l’un des jeunes auteurs les plus talentueux d’aujourd’hui. »
Russell Banks

bobL’auteur : Marlon James, né en 1970 à Kingston, est le premier auteur jamaïcain à être distingué par le Man Booker Prize depuis sa création.Brève histoire de sept meurtres, son troisième roman, a également été élu parmi les meilleurs livres de l’année par The New York Times, The Washington Post, Time, ou encore Publishers Weekly et Library Journal.
Extrait :
Les bouquins sur l’art d’être tueur à gages, ça n’existe pas, mais si c’était le cas, je serai le premier schéma servant à illustrer le chapitre « Comment tout rater ». (…)
(…) Flinguer relax, non, flinguer froidement, adroitement et avec juste un brin de sociopathe en soi. Pas mon styl. Moi, je suis le gansgter maladroit de Chicago, susceptible et soupe au lait, qui s’est embringué par hasard dans un truc qui ne le regardait pas.

Résumé et petit avis :

Partant des événements et des personnages entourant la tentative d’assassinat de Bob Marley, chanteur reggae pacifiste, en décembre 1976, cette fresque épique dépeint les sombres pouvoirs qui régissent la société, en Jamaïque comme aux Etats-Unis.

Et bien que dire de plus que toutes les merveilleuse critiques que l’on peut lire sur ce titre. Pas grand chose. Sauf peut-être qu’ado j’ai beaucoup écouté et joué Bob Marley. Il a été une idole pour moi, alors que je ne suis pas très idole en fait ! Alors ce livre a été une merveilleuse plongée dans mes jeunes années qui a éclairé mes croyances adolescentes et réveillé mes révoltes de l’époque.

Et puis encore que Bob Marley n’est pas le sujet du livre. C’est juste un fil rouge.

Et il y a aussi cette extraordinaire galerie de personnages que l’on va suivre tout au long de ce roman choral. Personnages que Marlon James fait vivre avec fureur qu’ils en sont parfaitement incarnés.

Ce premier roman, traduit en France, de Marlon James est une sacré découverte. Et il est certain que je n’en resterais pas là avec cet auteur !

bob

La menace Mercure de Cédric Bannel


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$$9782919066186,0-2492562 Le livre :  La menace Mercure de Cédric Bannel. Paru le 13 avril 2000 chez Robert Laffont dans la collection Best Seller. 20€ ; (296 p.) ; 24 x 16 cm.

Ce titre est malheureusement épuisé en format papier. Mais … Rééditer le le 6 février 2014 en ebook pour 9€99.

4e de couv :

Elle est surdouée, experte en art martiaux et blessée par la vie… Lieutenant de police à New York, elle a sept jours pour sauver la ville.
Mercure, un mystérieux maître chanteur, a réussi à prendre le contrôle d’un réseau de satellites qu’il menace de faire tomber sur Manhattan. Le FBI et la police disposent d’une semaine pour l’arrêter. Mais la demande de rançon est-elle la vraie motivation de Mercure, ou cache-t-elle une vérité plus terrible ?
Pour le lieutenant Reda Fatmi, tout doit se jouer au cours de ces sept jours : vaincre Mercure, retrouver la mémoire oubliée de son enfance, savoir, enfin, si la médecine pourra lui rendre le visage perdu au cours d’un catastrophique accident qui l’a laissée défigurée.
Dans un New York magnifique et insolite, commence alors une chasse à l’homme pleine de chausse-trapes, de dangers et de retournements. Car autour de Reda, outre Mercure, rôde le traître qui lui a volé son visage.

a5d4781a2931343631363539393430373434343431L’auteur : Cédric Bannel est un homme d’affaires et écrivain français, né 26 décembre 1966 à Bordeaux. Il a vécu de multiples vies. Ancien élève de l’École nationale d’administration (ENA), il a d’abord occupé des responsabilités à la Direction du Trésor du Ministère des Finances. Il a été attaché financier à l’Ambassade de France à Londres. Depuis mi 2009, Cédric Bannel a lancé ses propres activités d’investissements.

 

 

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Résumé et petit avis :

Lieutenant au New York Police Departement, Reda Fatmi vit dévorée d’angoisse depuis qu’un traître, infiltré au sein même de sa propre équipe, a provoqué l’accident qui l’a atrocement défigurée. Une angoisse qu’elle va devoir affronter le jour où, sous le nom de Mercure, un mystérieux terroriste prend le contrôle d’un réseau de satellites et menace Manhattan: pour communiquer ses exigences, Mercure exige d’avoir Reda pour seule interlocutrice.

De Wall Street aux bas-fonds de la ville, Reda entame alors une chasse à l’homme pleine de chausse-trappes: tout près de Mercure, Reda sait que rôde le traître qui lui a volé son visage…

Mais attention La vie de Mercure doit être épargnée !

Je me souvient avoir lu le premier roman de cet auteur.  Le huitième fléau était déjà annonciateur du talent de Cédric Bannel. Ce titre ci est encore plus marqué. Si l’auteur utilise les recettes éprouvées des écrivains américains de thriller, il nous concocte une intrigues extrêmement maîtrisée de bout en bout. C’est construit au cordeau. Il soigne les détails et les personnages et  fait monter la tension crescendo tels un maître du suspense que peuvent être les Clancy, les Easterman, ou d’autres.

Oui ce petit français a tout d’un grand, ce deuxième polar en est la preuve. Un auteur à suivre assurément !

 

L’enfant invisible de Cornelia Read


Mes petites lectures
 41Rniug2tWL._SX195_Le livre : L’enfant invisible de Cornelia Read. Traduit de l’américain par Laurent Bury.Paru le 4 mai 2011 chez Actes Sud dans le collection Actes noirs. 23€40 ; (407 p.) ; 25 x 15 cm

+874Réédité en poche par Babel le 6 avril 2016. 9€90 ; (515 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Madeline Dare, la jeune héroïne délicieusement cynique de L’Ecole des dingues, accepte d’aider une cousine à nettoyer le cimetière familial laissé à l’abandon depuis des décennies. La végétation a tout envahi et recouvre indifféremment les tombes de ses ancêtres et les sépultures sans nom des esclaves enterrés auprès d’eux. Mais, en débroussaillant, la jeune femme fait une sinistre découverte : un tout petit squelette à la cage thoracique défoncée. L’autopsie révélera que l’enfant noir de trois ans a été tué à coups de poing. Bouleversée mais déterminée à ce que justice soit rendue, Madeline décide de suivre l’enquête de près. Elle ne se doute pas que l’écho de son propre passé va entrer en résonance avec la destinée macabre du pauvre enfant.

 

4967L’auteur Née à Cornelia Read est issue d’une vieille famille américaine qui a connu des jours meilleurs. Elle grandit dans un milieu hippie, en Californie.
Elle se définit comme une « rescapée » de son milieu social WASP.

Après l’université, elle devient journaliste. Une période de chômage la voit atterrir plus ou moins par hasard dans un atelier d’écriture de polars où elle commence à écrire en reprenant un fait divers réel dont son entourage lui a parlé et qui n’a jamais été résolu : cela donnera Champs d’ombres.

Cornélia Read a connu un jolie succès avec son premier roman «Champs d’ombre» (Actes noirs, 2007) roman finaliste de nombreux prix, dont l’Edgar Award. Deux ans plus tard, elle récidive avec «L’école des dingues» paru chez Actes Sud.

Extrait :
« Les gamins des villes savent que les terrains vagues envahis par les broussailles abritent toutes sortes de bêtes dangereuses : des chiens féroces, des rats gros comme des blaireaux, avec de longues dents jaunes et tordues.
Et un grand terrain comme celui-ci devait également héberger toutes sortes de gens dangereux. »

Résumé et petit avis :

Madeline Dare, rejeton sans fortune d’une vieille famille de Long Island, éduquée dans un milieu snob et privilégié, végète comme rédactrice pour le journal local et, d’une manière générale, déteste Syracuse, trou perdu où elle doit vivre souvent seule puisque son mari s’absente régulièrement sur des chantiers au Canada.

Par la suite elle deviendra professeure dans un étrange collège privé. Son mari adoré ayant perdu son boulot, elle doit accepter un poste de professeur d’histoire dans un établissement privé pour adolescents à problèmes. Madeline a quitter son trou de Syracuse et la voilà dans les monts Berkshire, Massachusetts, après quelques ennuis avec la justice (elle a quand même abattu un homme) !

  Dans ce troisième volet en retrouve notre héroïne à New York où elle est journaliste. Madeline Dare découvre par hasard le cadavre d’un très jeune enfant, Tony. Rapidement, les soupçons se tournent vers la mère et son compagnon, et le procès de l’horreur s’ouvre. Dans l’atmosphère fiévreuse du New York du début des années 1990, sur fond de tensions sociales, de lutte antidrogue et de violence interraciale, Madeline va devoir affronter des vérités douloureuses. Quel que soit le prix à payer pour cela.

La mort de Tony et le procès des parents sert de fil conducteur au roman.

 Cornelia Read  dresse ici un tableau sans concession du New York jeune et intellectuel dans les années 90. Une jeunesse désenchantée, à la recherche d’un emploi stable, dans une société en crise.

Elle en profite pour égratigner les milieux conservateurs et bourgeois où  souvent le manque de culture est remplacé par l’argent parfois facilement gagné.

Avec Madeline Dare, son héroïne sympathique, curieuse et dynamique, Cornélia Read nous propose une intrigue parfaitement maîtrisée. Elle manie avec brio un humour ravageur qui mettent en relief ces fait divers sordides qu’elle explore.

Une auteur à découvrir ou à redécouvrir.

Lire ICI le début

Le Livre des Baltimore de Joël Dicker


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Pour cette nouvelle chronique de lecteur je suis ravie d’accueillir une nouvelle chroniqueuse en la personne de Julie.

Julie m’avait promis un avis, le voilà.

Je vous le laisse découvrir

9782877069472,0-2728862
Le livre : Le Livre des Baltimore de Joël Dicker. Paru le 30 septembre 2015 aux Edition De Fallois. 22€ ; (475 p.) ; 23 x 16 cm

Quatrième de couverture

Jusqu’au jour du Drame, il y avait deux familles Goldman. Les Goldman-de-Baltimore et les Goldman-de-Montclair.

Les Goldman-de-Montclair, dont est issu Marcus Goldman, l’auteur de La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert, sont une famille de la classe moyenne, habitant une petite maison à Montclair, dans le New Jersey. Les Goldman-de-Baltimore sont une famille prospère à qui tout sourit, vivant dans une luxueuse maison d’une banlieue riche de Baltimore, à qui Marcus vouait une admiration sans borne.

Huit ans après le Drame, c’est l’histoire de sa famille que Marcus Goldman décide cette fois de raconter, lorsqu’en février 2012, il quitte l’hiver new-yorkais pour la chaleur tropicale de Boca Raton, en Floride, où il vient s’atteler à son prochain roman.

Au gré des souvenirs de sa jeunesse, Marcus revient sur la vie et le destin des Goldman-de-Baltimore et la fascination qu’il éprouva jadis pour cette famille de l’Amérique huppée, entre les vacances à Miami, la maison de vacances dans les Hamptons et les frasques dans les écoles privées. Mais les années passent et le vernis des Baltimore s’effrite à mesure que le Drame se profile. Jusqu’au jour où tout bascule. Et cette question qui hante Marcus depuis : qu’est-il vraiment arrivé aux Goldman- de-Baltimore ?

4671L’auteur !: Joël Dicker est né à Genève en 1985.
Son premier roman, Les Derniers Jours de nos pères, a reçu le Prix des écrivains genevois en 2010.
Il a publié en 2012 La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert, qui a obtenu successivement le Prix de la Vocation Bleustein-Blanchet, le Grand Prix du Roman de l’Académie française et le 25e Prix Goncourt des Lycéens.

Extraits :
« Ecrire un livre, c’est comme ouvrir une colonie de vacances. Votre vie, d’ordinaire solitaire et tranquille, est soudain chahutée par une multitude de personnages qui arrivent un jour sans crier gare et viennent chambouler votre existence. »
« Il y a eu une époque où les vedettes en Amérique étaient des cosmonautes et des scientifiques. Aujourd’hui, nos vedettes sont des gens qui ne font rien et passent leur temps à se photographier, eux-mêmes ou leur assiette ».
« Beaucoup d’entre nous cherchons à donner un sens à nos vies, mais nos vies n’ont de sens que si nous sommes capables d’accomplir ces trois destinées : aimer, être aimer et savoir pardonner. Le reste n’est que du temps perdu. »
« Pourquoi j’écris ? Parce que les livres sont plus forts que la vie. Ils en sont la plus belle des revanches. Ils sont les témoins de l’inviolable muraille de notre esprit, de l’imprenable forteresse de notre mémoire. »
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Le résumé et le petit avis de Julie

 J’ai découvert l’auteur avec « La vérité sur l’affaire Harry Québert : Plaisant !! », que j’avais trouvé très bon. J’attendais donc beaucoup du « Livre des Baltimore ».

On retrouve le personnage principal du premier roman, l’écrivain Marcus Goldman, qui nous raconte les bonheurs, les secrets, les jalousies, le désespoir, de deux branches de sa famille : les Goldman de Baltimore (famille nantie, installée dans la banlieue chic de Baltimore, son oncle est un avocat reconnu, sa tante est médecin ) et les Goldman de Montclaire, dont Marcus fait partie, (famille modeste, appartenant à la classe moyenne et habitant dans une petite maison de la banlieue de New York).

On comprend très vite que ces 2 familles ont vécu un « Drame » dont on découvre les détails au fur et à mesure.

La construction est travaillée, l’écriture est fluide, le suspens est présent du début à la fin. Une lecture agréable qui fait du bien, après un livre d’horreur, une bonne dystopie ou un bon thriller bien noir.

Une saga familiale bien dépeinte,  émouvante, tragique. On passe un bon moment mais l’auteur aura du mal à s’affranchir de l’histoire surprenante de « La vérité sur l’affaire Harry Québert » dont je n’ai pas retrouvé la fraîcheur.

Notre nouvelle chroniqueuse

  Julie suit son fils

678678+85Il parait que je dois me présenter : je m’appelle Julie, j’ai décidé d’avoir toujours 28 ans, même si j’ai dépassé la quarantaine… On pourrait dire que je ne suis jamais sans un livre à porté de main! J’aime les thrillers, les livres d’horreur et ces dernières années j’ai découvert le style dystopique et la littérature young adulte et je dois dire que ça me plait! Il m’arrive de flasher sur une couverture ou un titre. J’aime e tricot et le crochet (et non ça ne fait pas grand mère).

Retrouvez  Julie suit son fils sur son blog Les fils de Ju

La foire aux serpents de Harry Crews


chronique-de-lecteurs

product_9782070493586_195x320Le livre : La foire aux serpents de Harry Crews.  Paru à la série Noire. Traduit de l’américain par Nicolas Richard. 208 pages, 117 x 180 mm  Achevé d’imprimer : 26-09-1994

Réédité en poche en Folio en 2000. Et avec une nouvelle présentation  le 7 mai 2010.9782070437610,0-574871
 6,40 € ; (256 p.) ; 18 x 11 cm

 

4e de couv :

La foire aux serpents

Joe Lon est un sale type qui a grandi aux côtés d’une soeur folle et d’un père brutalisant ses chiens. La mère a disparu. Les potes se défoncent, attendent le soir et cherchent dans les excès un espoir d’ailleurs qui ne vient pas. Joe Lon est leur meneur égaré qui, un jour, pour écrabouiller l’ennui, noya dans le fleuve un voyageur perdu. Il habite désormais le camping avec ses deux gosses et tabasse sa femme. Joe Lon attend comme une bombe, caresse ses crotales et maudit l’univers. Un jour, il le sait, Berenice reviendra. Ce jour sera celui de la foire aux serpents. De purs déjantés arriveront de partout. La fête sera folle et ce sera la mort, l’hystérie et le sang. Berenice, alors, le capturera de nouveau de son regard d’absinthe et tout redeviendra possible : le pire, la passion brute, ce qui n’arrive qu’avec elle et fascine pourtant…

L’auteur : Harry Crews, né le 7 juin 1935 à Alma (comté de Bacon) en Géorgie aux États-Unis et mort le 28 mars 2012 à Gainesville en Floride, est un romancier américain. Il a été élevé à la dure et s’est engagé à dix-sept ans dans les Marines. Au retour de l’armée, il a décidé de voir du pays et enfourché sa moto pour faire un tour à l’Ouest. .Il fera de la prison, sera tabassé par un Indien unijambiste et croisera des destins hors du commun.  Après de nombreuses aventures, il est revenu dans l’Est pour commencer à écrire. Totalement atypique, souvent féroce avec les gens normaux et tendre avec les monstres, il s’est imposé comme l’un des plus grands écrivains américains de romans noirs.

 Extrait :
Le whisky avait rendu Joe Lon amer. Enfin, il supposait que sa mauvaise humeur était due au whisky. Il rota et fixa Willard. « Bon, et pis d’abord comment on y joue à ce truc de débat ? »
Willard cessa immédiatement de rire, il prit d’abord une mine sérieuse puis dit sur un ton mauvais : « Tu serais malade si tu voyais ça, Joe Lon. Ils jouent ça avec une petite bague en caoutchouc.
– Une bague en caoutchouc ? répéta Joe Lon, sentant immédiatement la charge de bile outragée que lui pompait son coeur.
– C’est avec ça qu’on y joue. Ces deux types ont des petits chaussons blancs et … »
La voix de Joe Lon monta d’un cran, incrédule.
 » Chaussons blancs !
– Des petites saloperies pointues. Ils s’envoient les petits anneaux de caoutchouc, et le but du jeu c’est de l’attraper avec la bouche.
– Dans la bouche ? brailla Joe Lon en quittant brusquement la table. Dans la bouche !
– En plein dans les dents », confirma Willard.
Joe Lon leva la main, les doigts épais bien écartés, et la contempla un moment.  » Bérénice a fait venir ce connard jusqu’à Mystic pour qu’y me serre la main.
– On dirait bien, fit Willard.
– Cette nana est tarée.
– Si je me souviens bien, elle était déjà tarée en partant. »

 

L’avis de JEAN-LUC

Noir, cette fois-ci, c’est vraiment noir !

Je ne connaissais pas cet auteur américain, mais un petit aperçu sur sa vie m’a donne envie de lire « La Foire aux serpents »

Il faut savoir que Harry Crews durant sa vie, fera la guerre de Corée, de la prison, croisera des personnes hors normes et pour finir quittera femme et enfant pour s’installer tout seul dans une cabane pour écrire…

9782070414888,0-28165La Foire aux serpents est peut être ce qu il y a de mieux dans le roman noir américain, je ne suis pas un expert mais quoiqu’ il en soit, j ai adoré et dévoré ce livre en 2 jours. J’ai aime et déteste ces personnages bizarres au bord de la folie, et aussi cette ambiance vraiment glauque, tout y est. Il y est question entre autre, de sexe, de folie, de combat de chiens et bien sur de serpents

Le roman est construit très simplement en deux parties.

On pose d’abord les personnages, tous plus fous les uns que les autres et puis dans un second temps, la réaction en chaine est lancée !

J ai aussi beaucoup aime la plume de l’auteur, crue , précise mais presque poétique par moment

Un très bon roman, mais âmes fragiles s’abstenir…

Origine de Diana Abu-Jaber


Mes petites lectures9782355840371,0-5684339782757821114,0-1178929

Origine de Diana Abu-Jaber ; traduit de l’anglais (États-Unis) par Édith Ochs.Paru le 22 avril 2010 chez Sonatine éditions.22€ ; (500 p.) ; 22 x 14 cm

Réédité en poche le 18 mars 2011 aux Points dans la collection Thriller.
 8€,20 ; (541 p.) ; 18 x 11 cm
4e de couv :

Syracuse, État de New York. L’hiver est terrible, la ville est sous la neige, battue par des vents glacés. Lena, experte en empreintes digitales, travaille à l’unité scientifique de la police. C’est une jeune femme renfermée, à l’équilibre fragile, qui, en dépit de compétences exceptionnelles, préfère rester dans l’ombre et se consacrer aux cas de violences faites aux enfants, conséquence peut-être d’un passé tourmenté. Orpheline trouvée dans d’étranges circonstances à l’âge de 2 ans, Lena ignore en effet tout de ses origines.

Son parcours croise un jour celui d’Erin Cogan, dont le bébé vient de décéder. Les médecins ont diagnostiqué une mort subite du nourrisson, la mère ne les croit pas. On a tué son fils, elle en est sûre. Bien vite, le doute s’insinue aussi dans l’esprit de Lena, qui découvre un nombre anormal de cas similaires dans la région. Y aurait-il vraiment un serial killer qui s’attaque aux bébés ? Plus étrange encore, Lena sent confusément que l’énigme de ses origines est liée à Erin et aux meurtres des enfants. Parviendra-t-elle à reconstituer son histoire et à percer le sombre secret de ses origines ? Malgré la pression de la presse qui s’empare de l’affaire, malgré les menaces qui pèsent sur sa vie, Lena ira jusqu’au bout d’une enquête passionnante.

Diana Abu-Jaber nous livre avec ce thriller, qui transcende les limites du genre, un chef-d’oeuvre d’écriture et d’intrigue à l’intensité quasi hallucinatoire. Elle nous offre également une exploration fascinante et pleine de compassion de thèmes aussi universels que la maternité, le deuil, l’identité et la mémoire. Indispensable.

 

dianaL’auteur : Après une enfance passée entre les États-Unis et la Jordanie, Diana Abu-Jaber, née en 1960, est aujourd’hui professeur à l’université de Portland. Origine est son premier roman publié en France.

 

 

Mes petites lectures

Résumé et avis :

 Enfant trouvée à l’âge de 2 ans dans de mystérieuses circonstances, Lena ignore tout de ses origines. Elle n’a gardé aucun souvenir de son enfance si ce n’est un don étrange, une sensibilité quasi animale… Lena, qui travaille pour la police scientifique de Syracuse, état de New York, elle est experte en empreintes digitales, refuse d’exercer ce don sur le terrain.  Elle rencontre Erin Cogan, jeune mère d’un bébé décédé, persuadée que son enfant a été assassiné. Lena découvre des cas anormaux de décès dans la région.  Cette série de décès de bébés va l’y contraindre : elle seule peut pressentir l’existence d’un assassin d’enfants.

 Diana Abu Jaber nous propose un roman proprement novateur, un roman sur le thème universel de la quête d’identité. Une écriture magnétique qui vous envoute. C’est intelligent et fascinant. Un livre pour tous les publics car très littéraire.