Mör de Johana Gustawsson, le chouchou du week-end


Le livre : Mör,  une enquête d’Emily Roy et Alexis Castells de Johana Gustawsson.  Paru le 15 mars 2017 chez Bragelonne dans la collection Thriller.  21€50 ;  (356 p.) ; 24 x 16 cm.

Présentation de l’éditeur :

Le nouveau roman de Johana Gustawsson va vous couper l’appétit

« Un écrivain audacieux et bourré de talent. » RJ Ellory
« Johana Gustawsson fait entrer le thriller dans une nouvelle dimension. Surprenants et subtils, ses romans sont le fruit d’un immense talent. » Karen Sullivan, Orenda Books
« Fascinant et terriblement efficace. » Nicolas Lefort, « Télématin », sur France 2, à propos de Block 46

Après Block 46, le duo d’enquêtrices Emily Roy (profileuse de renom) et Alexis Castells (écrivaine de true crime) revient pour une enquête terrifiante qui explore, cette fois encore, l’histoire et les liens familiaux.

On retrouve, en Suède, un cadavre de femme amputé de plusieurs kilos de chair. Au même moment, à Londres, Emily Roy enquête sur une disparition inquiétante : une actrice célèbre a été enlevée, et ses chaussures abandonnées à proximité de son domicile, dans un sac plastique, avec une paire de chaussettes soigneusement pliées dedans.

Ces deux crimes portent la signature du serial killer qui a tué l’ancien compagnon d’Alexis Castells au moment de son arrestation : Richard Hemfield. Hemfield est enfermé à vie à l’hôpital psychiatrique de haute sécurité de Broadmoor, pour le meurtre de six femmes, retrouvées, en l’espace de deux ans, assassinées et amputées de leurs seins, de leurs fesses, de leurs cuisses et de leurs hanches…

Le problème, c’est que Richard Hemfield est en prison depuis dix ans. Comment expliquer que ses crimes recommencent ?

Le nouveau roman de Johana Gustawsson plonge cette fois encore ses racines dans l’histoire : au cœur du Londres du XIXe siècle, dans les ruelles sillonnées par Jack L’Éventreur.

L’auteur :  Johana Gustawsson est née en 1978 à Marseille. Elle est diplômée de Sciences Politiques, Johana Gustawsson a été journaliste pour la télévision et la presse françaises. Elle vit aujourd’hui à Londres, en Angleterre. Elle est aussi Suédoise en herbe.

 

Extrait :
Le légiste offrit une poignée de main et un sourire hésitants au détective, qui serra sa paume osseuse, leurs gants en latex couinant au contact l’un de l’autre.
— C’est parti, lança Hansen en ouvrant la marche.
Ils longèrent la berge en file indienne, cernés d’un côté par des arbustes touffus, de l’autre par des galets glissants léchés par le lac, jusqu’à un tronc vacillant qui tenait miraculeusement debout. Un arbre décapité dont les racines noueuses s’accrochaient comme les doigts d’une moribonde à sa jupe verte d’herbes folles. C’était là que le tueur avait abandonné sa victime.
— Ça va, Nyman ? s’inquiéta sa consœur.
Hector acquiesça d’un signe de tête prudent, sans lâcher des yeux le cadavre.
Une fille nue était assise par terre, adossée au tronc mort, les jambes écartées, les bras de part et d’autre de son corps, paumes vers le ciel. Sa tête était penchée en avant et son menton, plissé par la pose, touchait presque sa poitrine. Séparés par une raie médiane, ses longs cheveux blonds maculés de boue étaient ramenés derrière les épaules, dégageant ainsi son buste où deux cratères rouge sombre remplaçaient les seins. Le tueur avait également découpé de larges morceaux de chair au niveau des hanches et des cuisses.
Hector déglutit à plusieurs reprises pour repousser la bile qui lui remontait dans la gorge.
— Attends, ce n’est pas tout, expliqua Hansen en s’accroupissant près du cadavre.
La détective fit signe à Nordin, qui se plaça de l’autre côté du corps pour le maintenir par la tête et le bras, puis elle bascula le cadavre vers le légiste.
Un juron se glissa entre les mâchoires serrées de Nyman.
Karla avait raison, ce n’était pas tout : deux crevasses remplaçaient les fesses.

 

Résumé et avis :

Alexis Castells croit avoir de nouveau affaire à Richard Hemfield, le tueur en série meurtrier de son ancien compagnon : un cadavre amputé de ses seins, hanches, cuisses et fesses est retrouvé en Suède, tandis qu’à Londres Emily Roy enquête sur l’enlèvement d’une actrice. Les deux scènes de crime portent la marque d’Hemfield, qui, enfermé depuis dix ans en prison, ne peut en être l’auteur.

Block 46, le précédent roman de Johana Gustawsson a été pour moi unes des révélations de l’année 2015, si ce n’est la révélation. Alors inutile de vous dire combien j’attendais ce nouveau roman.

Mais surtout quand on a autant aimé un premier roman, on est très curieux de découvrir le suivant.

Un deuxième roman et l’auteur est attendu au tournant. On veut savoir s’il confirme son talent. Le deuxième roman est  souvent scruté avec encore plus d’attention. Et si on peut-être indulgent avec une première oeuvre, plus, la suivante est décortiquée et on recherche la petite bête qui ferait trébucher l’auteur. Je le sais je viens d’être terriblement déçue par le second bouquin d’un auteur anglo-saxon et pourtant j’ai beaucoup aimé son premier.

Mais ici il n’est point question de ça. Non Johana passe le test avec brio. Et ça tombe bien car j’avais très envie de retrouver notre duo d’enquêtrice.

Emily et Alexis, la profileuse et la journaliste…. Elle sont un peu chacune à leur façon, une version fantasmée de notre l’auteur elle même ayant été journaliste. Ce qui est intéressant aussi c’est qu’on en apprend un peu plus sur nos héroïnes dans cette opus. Et qu’en plus Johana enrichi sa palette de personnages, ainsi nous découvrons de nouvelles voix féminines à travers ces pages.

Et puis il y a histoire. Une histoire comme on aime en retrouver dans les meilleurs romans policiers. Je parle d’histoire, je devrais dire les histoires, car une nouvelle fois, Johana joue sur plusieurs intrigues. Elle joue avec le passé et le présent. Elle joue sur les lieux, les endroits, les distances, les pays. On navigue à nouveau de Londres à la Suéde. Et nous voyageons dans le temps pour nous retrouver fin du 19e, début du 20 en pleine Angleterre victorienne.

Et… il a les sujets abordés. Un sujet cru, un thème parfaitement adapté à un excellent thriller. L’éditeur nous donne une indication en nous expliquons le mot du titre : Mör : adj. fém. En suédois, signifie « tendre ». S’emploie pour parler de la viande.  Miam !!! ça promet !

Alors…Oui Johana a parfaitement réussi son essai et sa transformation. Oui c’est un nouveau coup de coeur. Oui j’ai adoré retrouver nos deux héroïnes mais aussi toutes les nouvelles protagonistes qu’elle met en scènes. Et… Oui les femmes sont au coeur de ce roman. Et quel roman!

Merci madame Gustawsson.

Cependant,  j’ai juste une chose à vous reprocher. Maintenant je suis juste frustrée car il va me falloir attendre le prochain opus. Et je suis toute haletante comme à la fin du dernier épisode de ma série préférée. ‘Il va me falloir attendre une année avant de connaître la suite. Je piétine et piaffe déjà d’impatience. Je veux déjà retrouver Emily et Alexis dans leurs nouvelles aventures.

Vite Johana, c’etait tellement bon que j’en redemande.

 

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Une forêt obscure de Fabio M. Mitchelli


97822211887290-3186640Le livre : Une forêt obscure de Fabio M. Mitchelli. Paru le 15 septembre 2016 chez Robert Laffont dans la collection La bête Noire. 20€ ; (399 p.) ; 23 x 14 cm.

4e de couv : 

« Je n’ai rien d’un monstre. Je suis là uniquement pour nourrir l’esprit de la forêt, en lui offrant la chair de la jeunesse. » Daniel Singleton, alias Robert Christian Hansen (1939-2014), le monstre d’Anchorage.

À Montréal, Luka diffuse sur le Web les images des animaux qu’il torture, puis celles de son amant qu’il assassine à coups de pic à glace. Pour enquêter sur une telle affaire, il faut un flic borderline comme Louise Beaulieu.
En Alaska, dans la petite ville de Juneau, deux jeunes filles sont découvertes en état de choc. Pour comprendre, il faut un flic comme Carrie Callan, qui va exhumer les vieux secrets et regarder le passé en face.
Le point commun à ces deux affaires : Daniel Singleton, un tueur en série. Du fond de sa cellule, il élabore le piège qui va pousser Louise à aller plus loin, toujours plus loin… Jusqu’à la forêt de Tongass, là ou le mensonge corrode tout, là ou les pistes que suivent les deux enquêtrices vont se rejoindre.
Ce roman est librement inspiré du meurtre commis par Luka Rocco Magnotta en 2012, ainsi que des crimes de Robert Christian Hansen, qui a violé et assassiné 17 femmes entre 1971 et 1983.

mitchelli-fabio-m-1-polarlens-2015L’auteur : Fabio M. Mitchelli est né à Vienne (Isère) en 1973. Il a été révélé au public par son thriller La Compassion du diable (Fleur Sauvage, 2014 ; Milady Thriller, 2016), surnommé « le livre bleu ». Fasciné par les faits divers et les grands criminels du XXe siècle, il se surpasse avec Une forêt obscure et fait coup double en dynamitant les codes du thriller psychologique et du true crime.

 

Extrait : 
Mai 2012, Montréal
Luka était allongé sur son lit, à demi nu, seulement vêtu d’un caleçon boxer argenté qui lui moulait parfaitement le paquet. Il s’était peint les lèvres d’un rouge carmin des plus lumineux, agrémenté d’un gloss qui donnait à sa bouche la beauté factice des poupées bon marché. Des fractales de lueur bleutée venaient palpiter sur la lactescence de son corps, sur la peau blanche de son visage qui luisait comme de la porcelaine. Des mouvements, des ombres, des effets de lumière crue et, parfois, de longs moments d’obscurité. En fond sonore le player du micro portable diffusait « Paradise Circus » de Massive Attack.
Luka souriait. Le plaisir qu’il prenait était jubilatoire, incommensurable, même. L’être qui l’avait dévoré au fil des ans ne lui avait laissé aucune chance. La bête noire s’était insinuée en lui, l’avait dissous de l’intérieur.

 

Petits résumé et avis :

Il y a des années que je suis de très près Fabio Mitchelli. Ses premiers courts romans étaient prometteurs. Aussi j’attendais la révélation avec impatience. Il y a bien eu La Compassion du diable en 2014 que mon libraire a encencé. Mais je n’y ai pas totalement adhéré. Cependant j’y ai trouvé de forts bonnes idées. Comme à son habitude, Fabio me prouvait qu’il est réellement fasciné par les faits divers et les grands criminels du XXe siècle. Mais son récit manquait d’intensité. Ses dialogues tombaient parfois à plat. Mais là encore toutes les capacités de l’auteur étaient là, il ne manquait pas grand chose pour que ce thriller soit terriblement addictif.

Fabio, je l’avait compris est un bosseur, et il a un univers bien à lui. C’est ce dernier point que je trouvais intéressant chez lui. C’est pour cela que lectrice de la première heure, je le suivais de près. Je connaissais le potentiel, je savais la puissance évocatrice qui se cachait chez notre auteur, je la devinais. Je l’attendais et Fabio l’a fait !

Avec une forêt obscure, il nous offre un puissant récit.

Je sais qu’il a énormément travaillé, je sais qu’il a eu l’oreille attentive d’une véritable éditrice. Que le fait de rentrer dans une maison d’édition aussi prestigieuse que Robert Laffont l’a grandi. J’ai perçu ce changement en lui. J’ai retrouvé un homme plus posé, plus serein je dirais même. Et cela se ressent au niveau de son écriture. Il l’a affinée. Ici son écriture est au cordeau. Rien n’est superflu, tout est parfaitement dosé. Et si les intrigues de ce flippant thriller sont retors, Fabio n’en fait pas trop, il a su rester sobre pour notre plus grand plaisir.

Mais voyez plutôt.

Des jeunes filles sont retrouvées mortes ou en état de choc aux abords de la forêt Tongass. Le lieutenant Carrie Callan prend le dossier en main. A Montréal, Luka Ricci torture des animaux puis tue son amant à coups de pic à glace. Une enquêtrice, Kelly Bailey, est en charge de l’affaire. Les deux affaires se rejoignent…

L’éditeur nous met tout de suite en garde.

Certains passages de ce récit s’appuient sur des faits divers qui se sont réellement déroulés à Montréal, au Canada, et à Anchorage, dans l’État de l’Alaska. Certaines scènes de ce roman évoquent des articles parus antérieurement dans la presse ou sur des sites Internet spécialisés, ainsi que les événements liés à la catastrophe écologique causée par l’Exxon Valdez en 1989.

Cet ouvrage s’inspire également de l’escalade criminelle de Luka Rocco Magnotta et du meurtre prémédité qu’il a commis en 2012, sur la personne de Lin Jun, un jeune étudiant chinois installé au Canada, ainsi que des crimes de Robert Christian Hansen qui a violé et assassiné entre dix-sept et vingt et une femmes dans les environs d’Anchorage entre 1971 et 1983.

Malgré de nombreuses scènes empruntées à la réalité, ce roman est une fiction.

Et une pure fiction. Un roman choral maîtrisé de bout en bout. Je vous l’ai dit les intrigues sont retors mais la force de l’auteur c’est qu’il les entremêle à merveille afin qu’elles se rejoignent pour ne plus former qu’une terrible histoire.

Mais en plus d’être un pur thriller, ce titre mais en exergue les traumatismes que la catastrophe de l’Exxon Valdez a laissé sur les populations touchées directement par cette marée noire. Catastrophes écologiques, économiques et humaines. Une région entière sinistrée.

Et puis il a les personnages de ce bouquin. Là aussi Fabio Mitchelli a bossé. Outre les deux portraits de monstre qu’il nous brosse, il y a celui des deux enquêtrices. Et avec celles-ci non plus, notre auteur ne fait pas dans la facilité. Il y a chez ces deux flics une profondeur d’âme comme on en rencontre pratiquement jamais. Mitchelli décortique admirablement leur psychologie. On ne peut que s’attacher à elles, rentrer en empathie avec nos héroïnes que la vie a malmenées ou malmène. Deux magnifiques portraits de femmes fortes et fragiles à la fois. J’ai juste une envie, les retrouver dans un prochain opus.

Bref vous l’aurez compris, ce titre c’est la révélation Mitchelli. Il y a eu le petit livre bleu, maintenant, je peux dire que Fabio a inventé le bleu Mitchelli.

Enfin le thriller que j’attendais !

Souviens-toi de moi comme ça de Bret Anthony Johnston


 $$$&&&$9782226319456,0-3095637Le livre : Souviens-toi de moi comme ça  de Bret Anthony Johnston. Traduit de l’américain par France Camus-Pichon. Paru le 2 mars 2016 chez Albin Michel dans la collection Terres d’Amérique.  22€ ; (439 p.) ; 21 x 14 cm.

4e de couv

Souviens-toi de moi comme ça

« Je suis admiratif du talent de Bret Anthony Johnston et bouleversé par la force psychologique de ce portrait de parents en proie à leurs pires angoisses. Un roman prodigieux. »
John Irving

« Un livre fascinant, comme un roman de Dennis Lehane qui aurait été écrit par Jonathan Franzen. »
Esquire

Cela fait quatre ans que le jeune Justin Campbell a disparu sans laisser de trace. Fugue ? Kidnapping ? Accident ? C’est une véritable tragédie pour sa famille qui, faute de certitudes, cherche des échappatoires : sa mère s’est prise de passion pour la protection des dauphins ; son père a une liaison ; et son frère passe ses journées à faire du skateboard dans la piscine à sec d’un motel abandonné…

Lorsque enfin Justin réapparaît, loin de retrouver un équilibre, sa famille se divise davantage, écrasée par la culpabilité et le désir de faire justice elle-même.

Avec ce premier roman prochainement adapté au cinéma, Bret Anthony Johnston s’impose comme l’un des jeunes romanciers américains les plus talentueux.

« Un premier roman brillant et saisissant dans lequel Bret Anthony Johnston explore la façon dont chacun se débat pour accepter et aimer ce qu’on appelle une  » famille « . »
The New York Times

« Un premier roman extraordinaire, servi par une langue lumineuse et une construction sans défaut, qui ne peut laisser insensible. »
The Boston Globe

« Johnston fait preuve d’un incontestable talent, aussi bien dans la vérité de ses personnages que dans le portrait convaincant d’une famille en crise. »
Publishers Weekly

$$$&&&$25756-mL’auteur : Directeur du département de Creative Writing à l’université de Harvard, Bret Anthony Johnston commence sa carrière littéraire avec Corpus Christi, un recueil de nouvelles paru aux États-Unis en 2004, qui lui vaut d’être distingué par la National Book Foundation comme l’un des cinq meilleurs auteurs américains de moins de trente-cinq ans. Souviens-toi de moi comme ça, traduit dans une dizaine de langues, est son premier roman.

Résumé et petit avis :

Suite à la disparition inexpliquée de Justin, 11 ans, les membres de la famille Campbell, en proie à leurs angoisses, tentent de vivre chacun à sa manière. Quatre ans plus tard, l’adolescent est retrouvé par la police, séquestré près de chez lui par un pédophile. Les tensions familiales sont ravivées.

Un premier roman ? J’ai du mal à y croire !

C’est tellement bien écrit et tellement c’est bien construit. J’ai lu quelques par que ce titre ressemble à un livre de Lehane, alors un de ses meilleurs livres, pas un de ses derniers. De ceux qui décortiquent l’âme humaine.

J’ai lu aussi que cela aurait pu être écrit par Jonathan Franzen. Et c’est vrai que la plume de l’auteur est subtile, cristalline même. Et que tel un scalpel, elle sculpte un portrait sans concession de la déliquescence d’une famille. Une famille dévastée par a disparition du fils ainé. Une famille où chacun de ses membres essaient de se reconstruire. Cherchant le réconfort là où ils le peuvent. Une famille qui cherche la redemption sans arriver à la trouver. Trop de non dit, trop de questions sans réponse, trop de fausse pudeur. Trop parfois aussi de bons sentiments, chacun veut réparer, rattraper le temps perdu. L’adolescent retrouvé n’y changera rien. Il est peut-être le seul à vouloir reprendre le cours de sa vie normalement.

Un magnifique roman psychologique qui laisse la part belle à l’entourage de la victime. Leur donnant tour à tour la parole. Une intrigue tout en finesse. Ça sonne juste et ça sonne fort.

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Arrêt Wagram / Samuel Delage


Mes petites lectures

9782819500308,0-11346629782819500926,0-1213093Le livre : Arrêt Wagram / Samuel Delage.Paru le 7 octobre 2010 aux Nouveaux Auteurs.18€ ; (300 p.) ; 21 x 14 cm

Réédité en poche le 9 juin 2011 chez les Nouveaux Auteurs poche. 6€59 ; (245 p.) ; 18 x 11 cm.

 

4e de couv :

Imaginez que votre enfant ait été enlevée et qu’un matin, dans une station de métro, un inconnu vous oblige à le suivre, vous jette dans un avion pour New York sans pouvoir laisser la moindre trace derrière vous…

C’est ce qui arrive à Yvan Sauvage, l’un des experts en Art les plus côtés au monde. L’organisation qui le séquestre va exiger, au nom de la survie de sa fille, de sa femme, le détournement d’œuvres majeures du patrimoine mondial. Pourquoi lui ? Que cherche vraiment cette organisation tentaculaire ?

Entre Paris, où la femme d’Yvan tente de comprendre cette soudaine disparition, et New York, où l’expert est contraint d’exécuter les ordres en cherchant à se sortir du guêpier, le chassé-croisé est haletant.

Pour sauver sa propre peau et celle de sa fille, Yvan Sauvage va être obligé d’aller au-delà de lui-même en prenant tous les risques.

Y parviendra-t-il ? Et au prix de quelle brutale révélation ?

Citation :
Le cordon était coupé pour la seconde fois. La première avait donné la vie, la seconde, invisible, la fit disparaitre.

L’auteur :

45898756887Samuel Delage, né en 1978 dans le Saumurois, il a grandi sur les bords de Loire. Il vit aujourd’hui à Nantes, où il partage son temps entre l’écriture et son métier d’ingénieur en informatique.

 

 

Mes petites lectures

Résumé et petit avis :

Yvan Sauvage, un expert en art, va être obligé de prendre tous les risques pour sauver sa fille, enlevée par une organisation exigeant de lui le détournement d’oeuvres majeures du patrimoine mondial.

Un chassé-croisé entre Paris et New York sert de toile de fond à ce thriller dans lequel se mêlent argent, oeuvres d’art et secrets, pour servir des travaux sur la recherche et les manipulations génétiques. Une intrigue prenante et originale, servie par une écriture sobre et fluide. A noter le petit clin d’oeil à Maxime Chattam, à travers le personnage de son enquêteur, Joshua Brolin.

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Les murs de sang de Jérôme Camut et Nathalie Hug


Mes petites lectures

9782253132837,0-1468166 9782253168706,0-1627647 Le livre : Les murs de sang de Jérôme Camut et Nathalie Hug. Parule 5 octobre 2011 chez Calmann Levy. 18€80 ; (389p). 23×15

Réédité en poche au Livre de Poche le 12 juin 2013.   7,60€ ; (475 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Douze ans que Jack van Bogaert est séparé de sa fille, Lucie. Après une jeunesse tumultueuse et un séjour prolongé dans une prison balinaise, il coule des jours paisibles auprès de Libbie, la femme qu’il aime, sur une petite île paradisiaque. Un bonheur inespéré auquel s’ajoutent des retrouvailles avec Lucie, dont la mère vient de mourir et qu’il est venu récupérer en Suisse. Survient un stupide accident de voiture sur une route de montagne, et tout bascule.

Avec cette intrigue ingénieuse filée sur trois époques, Jérôme Camut et Nathalie Hug nous offrent un thriller complexe, sensible, virtuose.

Camut-et-Hug2-300x196Les auteurs : Depuis leur rencontre en 2004, Jérôme Camut et Nathalie Hug ont écrit à quatre mains neuf romans, dont Les Yeux d’Harry (aux éditions Calmann-Lévy) et Rémanence (Les Voies de l’ombre) et W3 chez Télémaque.

 

Citation :
 Les gonzesses,les baraques,le pognon,tu peux t’en débarasser comme ça,sur un claquement de doigts.Fais un moufflet et dis adieu à ta liberté.

Résumé et avis :

Alors qu’il vient tout juste de retrouver une vie paisible et sa fille adolescente qu’il n’a pas vu depuis douze ans, Jack Van Bogaert et elle sont victimes d’un accident de la route, orchestré par des ennemis de Jack. Sa fille est kidnappée.

Ce titre du couple Camut- Hug est sans aucun doute tout aussi percutant que Prédation, le premier roman qui nous les avait fait connaître. La narration est éclatée entre trois époques : le sens du rythme, les rebondissements en cascade et la psychologie des personnages ; tout est réglé à la perfection. C’est magnifiquement construit, et d’une efficacité redoutable. Sans oublier une pointe d’émotion et une écriture au cordeau. Un pur régal.

Tu Tueras Le Père de Sandrone Dazieri


Mes petites lectures

9782221146743  Le livre :Tu Tueras Le Père de Sandrone Dazieri. Traduit de l’italien par Delphine Gachet Paru le 8 Octobre 2015 chez Robert Laffont dans la collection, la Bête Noire. 21€50 ; (552p) ; 140 x 225 mm
ISBN : 2-221-14674-3
4e de couv :

Le père est là, dehors, quelque part. La cage est désormais aussi vaste que le monde, mais Dante est toujours son prisonnier.
Non loin de Rome, un homme affolé tente d’arrêter les voitures. Son fils de huit ans a disparu et le corps de sa femme gît, décapité, au fond d’une clairière.
Le commissaire Colomba Caselli ne croit pas à l’hypothèse du drame familial et fait appel à un expert en disparitions de personnes : Dante Torre. Kidnappé enfant, il a grandi enfermé dans un silo à grains avant de parvenir à s’échapper. Pendant des années, son seul contact avec l’extérieur a été son mystérieux geôlier, qu’il appelle « le Père ».
Colomba va confronter Dante à son pire cauchemar : dans cette affaire, il reconnaît la signature de ce Père jamais identifié, jamais arrêté…

« Le meilleur thriller de l’année »Il Corriere della Sera
« Un duo d’enquêteurs qui sort vraiment de l’ordinaire »Der Spiegel
« Un cauchemar additif »Elle (Espagne)

th (32)L’auteur :

Sandrone Dazieri est né à Crémone en 1964. À ses débuts, il exerce divers métiers avant de devenir journaliste spécialisé dans la contre-culture et la fiction de genre. De 2001 à 2004, il se fait connaître en France par une trilogie noire encensée par la critique : Sandrone & Associé. Scénariste de séries à succès pour la télévision depuis dix ans, il a également dirigé la collection des romans policiers chez Mondadori. Il revient en force avec Tu tueras le Père. « Meilleur thriller de l’année 2014 » selon Il Corriere della Sera, déjà vendu dans dix pays, ce livre est un véritable best-seller en Italie, en Allemagne et bientôt dans le monde entier. L’auteur vit à Milan.

Mon petit avis :

sandrone se soigne (s)-300x460Si l’auteur n’est pas un inconnu, nous l’avions découvert avec 3 polars noir publié chez Métailé au début des année 2000. Les aventure d’un drôle de privé à la double personnalité nommé Sandrone Dazieri  et qui nous dévoilé une Italie gangrénée par le racisme, le fric et les groupuscules d’extrême droite, ce titre marque à mon avis un tournant dans sa bibliographie.

Tu Tueras Le Père est un véritable thriller, fort, qui vous entraine et vous bouscule.

Son point fort son duo d’enquêteurs. Un couple, une femme flic, Colomba, borderline, touchée, touchante. Un homme de 40 ans, Dante à fleur de peau et totalement associal, kidnappé à l’age de 6 ans et enfermé dans un silo pendant plus de onze ans, il arrive à s’échapper. Mais depuis, depuis il tente de se reconstruire.

Un duo brillant, complémentaire et si fragile.

L’intrigue est parfaitement maitrisée, le style est speed, parfait lui aussi pour ce titre.

Un thriller qui plaira au amateur du genre et même au delà.

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Une belle histoire d’amour de Phillippe Carrese


Lecture d’avant&

9782265076020,0-1615459782266141604,0-193277Le livre : Une belle histoire d’amour de Phillippe Carresse.  Paru le 11 septembre 2003 chez Fleuve Noir.  12€30 ; (249 p.) ; 22 x 15 cm.
Réédité en poche chez Pocket  le 10 juin 2004. 6€70 ; (307 p.) ; 18 x 11 cm
C’est deux ouvrages ne sont plus commercialisé, vous ne les trouverez qu’en occas.
4e de couv :

Ingrédients pour une belle histoire d’amour :

une riche héritière, un musicien de jazz paumé, un pot de yaourt, un couteau à cran d’arrêt,le clone du pape, un psychopathe jaloux, un gong en fa, quatre pots de farine, quelques marmottes, un condor qui passe, un dancing pour vieux, un colt 45 de 1911, un adepte de la variété italienne en perfusion, un camion-frigo, quatre pots de sucre, un taureau de combat aux yeux de diamant, un cuistot culturiste en manque de neurones, un pot d’huile, une manif de taxis marseillais, Honorine en string, un sachet de levure, quelques crétins mémorables et un caniche nain royal. Laissez mijoter, et ne demandez pas où est le pain dur. Pindur, c’est le nom du mec qui raconte cette belle histoire d’amour…

téléchargement (27)L’auteur : Philippe Carrese né à Marseille le 06 avril 1956, est réalisateur et écrivain.

Philippe Carrese a entamé il y a une vingtaine d’années une double, voire triple carrière artistique, à la fois cinématographique, musicale et littéraire : réalisateur-télé, il a aussi signé pour le cinéma un long métrage en cours de distribution ; amateur de jazz et de rock, il a monté un combo familial et amical qui tourne régulièrement ; enfin en tant qu’auteur, si Carrese a débuté dans la mouvance de ce qu’on a pu appeler le « polar marseillais », il s’en est vite détaché pour livrer d’abord des récits drôles et acides.

Extrait : 

– Pindur ?
– Quoi ?
– Je ne vois pas le rapport entre tes affligeants repas dominicaux et l’histoire de Gisèle ?
– Normal ! Y’en a pas.
– Tu étais parti pour me raconter la belle histoire d’amour de Gisèle, non ?
– Oui. Sauf que pour l’instant il n’est pas question de Gisèle. Il est question de Cindy.
– Cindy ?
– Laisse-moi finir avec Cindy. Après je te raconte Gisèle.

Résumé et avis :

Pindur, alias Jean-Do, est chargé d’une mission par son patron, Max, petit caïd marseillais. Jean Dominique est un musicien de jazz raté. Il a tout du looser. Il va d’échecs en échecs, et son divorce m’a rien amélioré à l’affaire, il boit et prends de la dope Son employeur, patron du restaurant « Les matins perdus » l’a enrôlé. Il doit récupérer Gisèle, une jeune femme dont Max est tombé amoureux mais qui le fait attendre. Enfin il doit éliminer cette dernière car elle a eu l’outrecuidance de quitter Max, son amant. Pindur, accompagné de Caruso, exécute les ordres mais quand il ramène Gisèle, il s’avère que celle-ci n’est pas la vraie Gisèle de Brémont. Pindur se lance dans une folle équipé pour démêler cet imbroglio. Et dans sa chasse à l’héritière, les cadavres vont s’accumuler sur son passage.

Philippe Carrese est devenu en dix ans un des incontournables de la littérature noire française. Une belle histoire d’amour est son treizième roman.

 Il nous propose un intrigue déconcertante même si parfois l’histoire semble farfelue voire décousue.  Autour de personnages fascinants et haut en couleur, l’auteur nous propose un récit drôle et violent. Avec son style efficace, sa verve méridionale et son humour ravageur, il met en scène Marseille  dans un thriller effrayant à hurler de rire. Et une nouvelle fois Marseille et Philippe Carrese c’est forcément une belle histoire d’amour.

Prédation de Jérôme Camut et Nathalie Hug


Lecture d’avant
   9782753300354,0-3231209782253120667,0-378549Le livre : Les voies de l’ombre Volume 1, Prédation  de Jérôme Camut et Nathalie Hug. Paru le 8 juin 2006 chez Télémaque. 20€ ; (499 p.) ; 22 x 15 cm.

Prédation de Jérôme Camut et Nathalie Hug. Rééditer en poche le 2 mai 2007 au Livre de Poche.  7€60 ;  (562 p.) ; 18 x 11 cm

4e de Couv :

Un cadavre nu est découvert dans une friche industrielle, la main droite déchiquetée.

Un homme se tire une balle en pleine tête, dans un centre commercial bondé.

Un jeune père dressé comme un chien est torturé sans relâche au fond d’un cachot sans porte ni fenêtre.

Aucune piste, aucun lien, aucun mobile…

Qui sont ces hommes ?

Pourquoi ont-ils été choisis ?

Pour quelle mise à mort aberrante ?

Une nouvelle race de psychopathes est à l’oeuvre.

Un prédateur imprévisible et monstrueux.

Sa traque macabre a déjà commencé.

Les auteurs :

Camut-et-Hug2-300x196Jérôme Camut et Nathalie Hug  présentent la particularité d’être en couple à la ville et au clavier.

Né le 10 septembre 1968 à Rueil Malmaison, Jérôme Camut a grandi à Angoulême. Monté à Paris, il y poursuit des études de réalisation audiovisuelle (avec un aparté militaire en Bretagne aux écoles de Coëtquidan). Le hasard d’uneRENCONTRE le fait entrer dans une production télé. De concepts d’émissions en commentaires pour documentaires, en passant par un scénario de court métrage et il en vient au roman.

La série Malhorne en 4 tomes sera éditée chez Bragelonne.

Nathalie Hug est née à Nancy le 13 janvier 1970. L’écriture trouvant sa place peu à peu dans sa vie, elle noircit des cahiers de poèmes, de nouvelles, de romans sans jamais contacter d’éditeur, travaille quinze ans pour l’industrie pharmaceutique comme responsable de formation du réseau et directrice régionale jusqu’à ce qu’un jour de novembre 2004 laRENCONTRE avec Jérôme fasse basculer sa vie.

Depuis, les auteurs se sont mariés et écrivent à quatre mains. Nathalie a publié son premier roman en solo en 2011. Bientôt sortira son 4e.

Extrait : 
Rufus compte peu d’amis. Non par choix. La nécessité l’y a contraint. Au fil des ans, il lui est devenu de plus en plus difficile de côtoyer en même temps des gens dits normaux et le monde souterrain des malfrats, des pervers et des psychopathes. La proximité du mensonge, de l’incivisme et de la barbarie ne rend pas facile l’amour de l’humain. Heure après heure, jour après jour, ce mal gangrène même les meilleurs. Et use le peu d’altruisme qui pourrait éclore dans d’autres conditions. Ca ronge, ça obsède. Tant et si bien qu’il n’est rapidement plus possible d’envisager les autres autrement qu’à travers le prisme de la suspicion.

Résumé et avis :

Un premier cadavre nu à la main droite déchiquetée est retrouvé dans une friche industrielle. Le lendemain, un secons cadavre est retrouvé dans un parc parisien. Tous deux ont un tatouage étrange sur le ventre et des marques de peinture sur les pieds.

Rufus Baudenuit, le policier en charge du dossier, pressent une histoire sordide, intuision confortée par la présence de signes comparables sur le corps sans vie d’un troisième homme qui c’est fait sauté la cervelle dnas un centre commercial. Très vite il établit une relation entre les trois individus, tous disparus du jour au lendemain avec leur épouse peu de temps après leur mariage

Qui sont-ils ? Pourquoi une mort aussi aberrante ? Rufus a beau s’attendre au pire, le psychopathe qu’il tente de débusquer lui réserve bien des émotions.

 Cet homme désespéré  qui hurle de rage avant de se tirer une balle en plein crâne dans un centre commercial?  Un jeune père au bord de la folie délire au fond d’un cachot sans porte ni fenêtre ? Tous ces crimes sont liés à une nouvelle criminalité organisée, basée sur le chantage. Mais ça Rufus ne le sait pas encore. Il ne sait pas, non plus, qu’il va devoir affronter la pire figure du mal qu’il m’ait été donné de découvrir lors de mes lectures.

Prédation est le premier volet d’une trilogie intitulé Les voix des ombres. ( Ndlr : Oui en 2006 lorsque j’écrivais ce petit article, il n’était encore question que d’une trilogie, en 2010 est sortie un dernier titre qui a fait de la Voix des Ombres une tétralogie) 

Ce premier roman  est un pur thriller psychologique d’une rare intensité. L’action, amorcée dès les premières lignes, se déroule à un rythme effréné, instaurant, au fil de chapitres resserrés, un climant terriblement oppressant.

Après avoir renouvelé le fantastique avec sa série culte Malhorne, Jérôme Camut insuffle brutalement au thriller une puissance et une efficacité nouvelles.

Écrit à quatre mains avec Nathalie Hug, Prédation entrouvre la porte d’un univers imprévisible et angoissant, «les voies de l’ombre», étrangement en prise avec les faits divers les plus choquants qui traumatisent depuis peu nos sociétés.

9782253132837,0-1468166

Jérôme Camut et Nathalie Hug renouvellent le genre du thriller psychologique avec leur tétralogie des Voies de l’ombre. Le livre de Poche a fait paraitre  le 7 novembre 2012  cette tétralogie en un seul volume qui réunie donc les titres suivants :  Prédation ; Stigmate ; Instinct ; Rémanence

Aveuglé de Stona Fitch


9782253111894,0-233489 9782355843594,0-2739280 (1)

Le livre , les livres :  Aveuglé de Stona Fitch. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Bernard Cohen.   Paru le 4 juin 2015 chez Sonatine dans la collection Sonatine +. 13€ ;  (263 p.) ; 18 x 13 cm

Sens interdits : Paru le 9 octobre 2002 chez Calmann Levy, puis le 9 décembre 2004 au livre de poche , ces deux livres ne sont plus commercialisé mais existe en occasion.

16,00€ ; (201 p.) ; 24 x 16 cm par le grand format .

 5,00 €  ;  (251 p.) ; 18 x 11 cm pour le poche.
Quatrième de couverture
Bruxelles. Après un dîner d’affaires, Eliott Gast, économiste américain sans histoires, se fait kidnapper. Il se retrouve enfermé dans un appartement anonyme, sans aucun contact avec ses ravisseurs. Eliott pense d’abord que c’est une erreur. Qu’on l’a pris pour quelqu’un d’autre. Rien en effet dans son existence ne peut motiver un tel acte. Il n’est pas spécialement riche, il ne fait pas de politique, il n’est pas célèbre, c’est un homme dans la foule. Alors pourquoi s’en prendre à lui ? Lorsque, enfin, ses ravisseurs lui révèlent la vérité, elle apparaît plus atroce que tout ce qu’il a pu imaginer : ceux-ci savent tout de lui et ont décidé, pour des raisons bien précises, d’en faire le jouet d’une expérience interactive et voyeuriste d’une cruauté sans précédent.Avec ce roman culte dans les pays anglo-saxons, Stona Fitch décrit un monde où terrorisme, vie privée et voyeurisme ont partie liée, un monde où la compassion n’a presque plus sa place. Ce monde : le nôtre. Jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour être tenus en haleine ? Telle est la question piège qui hante ce livre où le lecteur, pris dans une spirale de violence, est, justement, captivé jusqu’à la dernière page.
th (10)L’auteur : Stona Fitch est né à Cincinnati en 1961. Après des études à Princeton où il a suivi des cours d’écriture sous la direction de Joyce Carol Oates, ce qui lui a valu de recevoir le prix Lannan Il a été cuisinier, guitariste dans un groupe punk, journaliste et éditeur. Il vit dans une communauté à Concord, Massachusetts et travaille à son prochain roman. 

Résumé et avis :

 Eliott Gast est un économiste américain en voyage d’affaires en Belgique, c’est un homme sensuel qui apprécie les plaisirs de la vie. Enlevé par des terroristes, il est enfermé dans un appartement vide. Ses geôliers sont des partisans de l’anti-mondialisation et il va servir d’exemple dans la lutte contre l’impérialisme américain en lui supprimant un à un ses cinq sens…

Il se retrouve enfermé dans un appartement au mur blanc, sans aucun contact avec ses ravisseurs. Il ne connaît ni leur identité ni leurs motivations  Enfermé dans cet appartement vide, totalement coupé du monde, il commence à s’interroger . Au fil des jours, il va découvrir que son enlèvement ne doit rien au hasard. Ceux-ci ont décidé d’en faire la proie d’une expérience interactive et voyeuriste d’une cruauté sans précédent.
Le châtiment qu’ils lui réservent est simple : Gast est un homme sensuel, amateur de bonne cuisine, qui apprécie l’odeur de l’océan, la musique de Ravel, la douceur d’un manteau en cachemire, la vue d’un champ inondé de soleil… Ses ravisseurs vont éliminer, un par un, ses cinq sens. Impitoyablement. Aussi ses geôliers vont filmer sa captivité et la diffuser sur Internet.

9782702133286,0-120742Ce titre paru en 2002 chez Calmann Levy sous le titre « sens interdit » est passé inaperçu. Les éditions Sonatine ont l’excellente idée de le faire sortir de l’ombre et de lui donner une seconde chance. Ainsi il l’édite dans une nouvelle collection de semi-poches simplement batisée « Sonatine + ». L’objectif étant de publier « des pépites oubliées des bibliothèques françaises et étrangères » Les premiers titres de cette collection sont deux ouvrages anglo-saxons : « papillon de nuit » premier roman du Britannique Ellory et « Aveuglé » de Stona Fitch qui nous intéresse aujourd’hui. Publié en 2001 aux États-Unis « Aveuglé » a été écrit avant le 11 septembre.

Attention vous allez entrer dans un livre dangereux, dans une histoire terrifiante.  Vous allez entrer dans la tête d’un homme qui a perdu tous ses repères. Un homme qui va être en proie aux doutes. Un être qui va chanceler. Et on le serait à moins si comme lui nous avions à subir les outrages et les atrocités qui l’attendent tout au long de ses pages.

En effet, Nous allons suivre la lente descente en enfer de notre héros malgré lui. Eliott Gast va se retrouver séquestré. Lui qui se pense un homme ordinaire  voire banal ne comprend pas pourquoi il a été kidnappé. Il n’est ni riche, ni connu. Donc il va attendre de connaitre les motivations de ses ravisseurs. On va dérouler le fil de ses pensées, partager ses états d’âmes. On va suivre son questionnement.

Et puis l’indicible va arriver, il va comprendre. Comprendre qu’il est là pour servir d’exemple. Il va payer pour un système dont il a été un pion. On va faire de lui un symbole,  le symbole de la lutte antimondialisation…

Il comprend que peu à peu ses kidnappeurs vont devenir ses tortionnaires. Et que la torture physique va succéder à la torture mentale. Il sait que son supplice va être mis en ligne et que les internautes vont pouvoir jouer avec son destin. Qu’ils auront eux aussi le pouvoir de vie ou de mort sur lui. Qu’ils seront tels le peuple romain réuni au Colisée pour assister à une mise à mort.

Alors je le répète attention, ce livre est dangereux, ils nous décrit tout… mieux que des images. Les mots nous montrent cette déchéance physique. Nous participons à la torture de cet homme, on y prend part.

Nous devenons voyeurs, on assiste presque fasciné aux mutilations subies par Eliott Gast. Nous sommes pour ainsi dire complice de son supplice. Nous sommes ses bourreaux.

Aussi, c’est nos propres réflexions qui font écho aux questionnements d’Elliot. Pourquoi sommes nous tant attiré par toute cette violence ? D’où nous vient cette fascination morbide. Sommes nous tous potentiellement des tortionnaires, des bourreaux ?…

 Alors attention, âmes sensibles s’abstenir. Vous êtes prévenus, vous savez où vous mettez les pieds. Vous entrerez dans cette lecture en connaissance de cause.

Et le pire c’est que celle-ci est délicieusement coupable,  haletante, fascinante, malgré l’ignominie.

Si vous avez vu « orange mécanique » de Kubrick, vous savez de quoi je parle

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Am stram gram de M.J. Arlidge


9782365690812,0-2556740Le livre : Am stram gram de M.J. Arlidge.Traduit de l’anglais par Elodie Leplat.Paru le 19 mars 2015 aux éditions  Les Escales dans la collection Les Escales Noires. 21,90 € ; (362 p.) ; 23 x 15 cm
 
Quatrième de couverture

Deux jeunes gens sont enlevés et séquestrés au fond d’une piscine vide dont il est impossible de s’échapper. À côté d’eux, un pistolet chargé d’une unique balle et un téléphone portable avec suffisamment de batterie pour délivrer un terrible message : «Vous devez tuer pour vivre.» Les jours passent, la faim et la soif s’intensifient, l’angoisse monte. Jusqu’à l’issue fatale.

Les enlèvements se répètent. Ce sont les crimes les plus pervers auxquels le commandant Helen Grace ait été confrontée. Si elle n’avait pas parlé avec les survivants traumatisés, elle ne pourrait pas y croire.

Helen connaît les côtés sombres de la nature humaine, y compris la sienne ; pourtant, cette affaire et ces victimes apparemment sans lien entre elles la laissent perplexe.

Rien ne sera plus terrifiant que la vérité.

1111L’auteur : M. J. Arlidge travaille pour la télévision depuis quinze ans. Il dirige également une maison de production indépendante qui a permis à plusieurs séries policières de voir le jour. Après le succès phénoménal en Angleterre de son premier roman Am stram gram, en cours de traduction dans le monde entier, M.J. Arlidge a confirmé son talent avec deux autres romans mettant en scène Helen Grace.

Extrait :
 » Je me disais juste qu’il fallait que vous sachiez qu’elle était un il.
– Pardon ?
– Martina, la prostituée. Y avait peut-être du monde au balcon et tout, mais y a aucun doute, c’était un mec. Il s’est probablement fait opérer au cours des deux dernières années et vu la tronche de son cul, il se pourrait fort bien qu’il ait embrassé le métier avant, même si c’était avec un autre genre de clientèle. Si j’étais vous, je commencerais à chercher de ce côté-là. « 

Résumé et avis :

th (6)Le commandant Helen Grace et son équipe doivent arrêter un tueur particulièrement cruel qui se délecte de transformer des innocents en meurtriers. Pour chacun de ses crimes, il organise une mise en scène dans laquelle ses proies, torturées par la peur, la faim et la soif, n’ont d’autre moyen pour s’en sortir que de tuer.

On entre de plein pied dans l’horreur avec ce titre, l’auteur joue avec nos instincts les plus primaire. Nous sommes totalement partie prenante dans cette histoire.

En effet très vite on s’identifie aux victimes, on entre en empathie. On tremble, on souffre, on vit au rythme de notre lecture. Mais, en plus, on fait jouer notre petit coté voyeur.

Oui, nous sommes partie prenante, et nous, qu’aurons nous fait dans de telles circonstances ? Quelles auraient étaient nos pensées, aurions nous pu encore raisonner, n’aurions nous pas réagis comme ces victimes ?L’instinct de survie n’est-il pas la plus forte des motivation possible? Notre cerveau reptilien aurait été la seule zone cérébrale que nous aurions réussi à faire fonctionner ?De victime n’aurions nous pas préféré la place de bourreau !

th (1)Difficile de garder la tête froide, d’avoir notre libre arbitre et de rentrer en résistance dans de telles conditions, séquestrés, déshydratés, morts de faim et m’ayant qu’une seule issue échappatoire, tuer pour survivre. Là réside le point fort du livre, car chaque protagoniste n’a pas la même façon de digérer et d’interpréter les fait.

L’auteur nous offre une galerie de personnages exceptionnel. Il a soigné la cadre psychologique de chacun d’eux.

Et puis il y a l’équipe de flic avec un trio choc que l’on aimerai retrouver sur d’autres enquêtes et découvrir leur secret.

Vous l’aurez compris, ce titre est un pur thriller avec son intrigue aussi machiavélique que perverse. Et le style direct et percutant de l’auteur, les nombreux rebondissements sont autant de choses qui rendent la lecture addictive et agréable.

Un sacré bon page-turner à découvrir de toute urgence…

Un auteur à suivre assurément .

Extrait :
 Sam dort. Je pourrais le tuer là, maintenant. Son visage n’est pas tourné vers moi : ce ne serait pas difficile. Se réveillerait-il si je bougeais ? Essaierait-il de m’arrêter ? Ou serait-il simplement soulagé que ce cauchemar finisse ? Je ne peux pas penser des choses pareilles. Il faut que j’essaie de me rappeler ce qui est vrai, ce qui est bon. Mais quand on est prisonnier, les jours paraissent sans fin et l’espoir est le premier à mourir. Je me creuse la tête en quête de souvenirs joyeux susceptibles de repousser les idées noires : ils sont de plus en plus durs à convoquer. Nous ne sommes là que depuis dix jours (onze ?), et pourtant la vie normale ressemble déjà à un souvenir lointain. On faisait du stop après un concert à Londres quand c’est arrivé. Il pleuvait des cordes, plusieurs voitures nous avaient déjà dépassés sans même nous jeter un regard. Trempés jusqu’aux os, on s’apprêtait à retourner à l’abri quand une camionnette a fini par s’arrêter. À l’intérieur, il faisait chaud, il faisait sec. On nous a offert du café venant d’une bouteille Thermos. Sa seule odeur a suffi à nous revigorer. Au goût, c’était encore meilleur. Nous n’avions pas conscience que ce serait notre dernière gorgée de liberté. Quand je suis revenue à moi, j’avais la tête comme une casserole. Une croûte de sang sur les lèvres. Fini la camionnette douillette. J’étais dans un endroit glacial, obscur. Etais-je en train de rêver ? Derrière moi, un bruit m’a fait sursauter. Ce n’était que Sam qui se relevait en titubant. On avait été dépouillés. Dépouillés et largués. Laborieusement, j’ai avancé en me tenant aux parois qui nous entouraient. Des carreaux froids, durs. J’ai percuté Sam et je l’ai étreint une seconde, inhalant cette odeur que j’aime tant. Cet instant passé, l’horreur de la situation nous a frappés. On était dans une fosse à plongeon. Délaissée, mal aimée, elle avait été privée de ses plongeoirs, de ses panneaux, même de ses marches. Tout ce qui pouvait être récupéré l’avait été. Ne restait qu’un bassin profond et lisse, impossible à escalader. Ce putain de monstre écoutait-il nos cris ? Probablement. Car quand on a fini par se taire, c’est arrivé. Un portable sonnait : durant une seconde merveilleuse, on a cru à l’arrivée des secours. Ensuite on a vu l’écran du téléphone éclairé sur le sol du bassin. Sam n’a pas bougé, alors j’ai couru. Pourquoi moi ? Pourquoi fallait-il toujours que ce soit moi ? «Bonjour Amy.» À l’autre bout du fil, la voix était déformée, inhumaine. J’avais envie d’implorer pitié, d’expliquer qu’il s’agissait d’une terrible erreur, mais le fait qu’on connaisse mon nom m’a vidée de toute conviction. Comme je ne répondais pas, la voix a enchaîné, implacable, froide : «Est-ce que tu veux vivre ? – Qui êtes-vous ? Qu’est-ce que vous nous av… – Est-ce que tu veux vivre ?» Pendant une minute, impossible de répondre. Ma langue refuse de m’obéir. Ensuite : «Oui. – Par terre, à côté du téléphone, tu trouveras un flingue. Il y a une balle dedans. Pour Sam ou pour toi. C’est le prix de votre liberté. Vous devez tuer pour vivre. Est-ce que tu veux vivre, Amy ?» Impossible de parler. J’ai envie de vomir. «Alors, oui ou non ?» (…)
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