La drolatique histoire de Gilbert Petit-Rivaud de Frédéric Révérend


Collectif polar.biblio

Nouvelle rubrique chez Collectif Polar :   

    « Les recommandation du bibliothécaire. »

Un petit post-it posé sur un livre pour donner envie aux lecteurs.

Vous savez un peu comme en librairie

 

97823704707510-3655752Le livre : La drolatique histoire de Gilbert Petit-Rivaud de  Frédéric Révérend.Paru le 7 octobre 2016 chez Lajouanie dans la collection Roman pas policier mais presque…  18€;  (225 p.) ; 19 x 13 cm

Quatrième de couverture

La drolatique histoire de Gilbert Petit-Rivaud

1906 : Gilbert Petit-Rivaud, artiste-peintre parisien, s’installe à Giverny. Son rêve : approcher le déjà illustre Claude Monet. Dans l’attente de cette hypothétique rencontre le jeune homme prend ses marques, fait tranquillement la connaissance des voisins et des proches du grand homme. Soudain, au beau milieu du paradis des Impressionnistes, voici, dans l’eau, un corps décapité ! Est-ce celui du prêtre ? d’un artiste ? d’un vagabond ? d’un inventeur génial… ? Détourné de la peinture, mordu par cette énigme, Gilbert Petit-Rivaud se lance dans une folle enquête… Au hasard des boucles de la Seine il va croiser bon nombre de gens plutôt curieux : un gentleman cambrioleur, un savant travaillant à une oeuvre révolutionnaire, un ministre de l’Intérieur amateur d’art, un fameux couple d’aubergistes, une Lady bien voluptueuse…

Ce roman pas policier mais presque a été conçu comme un engin drolatique pour voyager dans le temps, ses énigmes, ses lieux communs et ses lieux singuliers.

Giverny, un Éden propice à la contemplation ; La Roche-Guyon et son château extraordinaire ; la Seine et ses méandres ; les faubourgs parisiens et leurs dangers sont les principaux sites visités par Gilbert Petit-Rivaud, artiste-peintre, enquêteur et cycliste !

frederic-reverendL’auteur : Frédéric Révérend est dramaturge, scénariste et traducteur. Il réside à Vernon, à quelques encablures de Giverny, et connaît parfaitement la région et son histoire. Quand il n’écrit pas, il invente des jeux.
Ce roman lui a été inspiré par l’autoportrait d’un peintre daté de 1906, découvert à Giverny.

 

 

Extrait :
« Le logis de l’ingénieur et de sa femme, tout à angle droit mais mal tenu, sentait le vieux chou. Son laboratoire, qui comportait un petit lit d’appoint, s’ouvrait sur le ciel par un toit en verrière qu’une simple manivelle démultiplicatrice permettait d’obturer en quelques tours, grâce à un jeu de panneaux coulissants. Les grands tableaux d’ardoise fixés sur les murs rectilignes étaient, comme il se doit chez un savant, constellés de formules à la craie, chiffres, cosinus, racines carrées, accolades, et lettres grecques… La paillasse était encombrée de grandes bobines de fil de zinc et de cuivre, entassés dans d’anciens emballages en carton de sucre Lebaudy, et enceinte de tuyaux, tous reliés à des manomètres. Il y avait aussi des billes de verre de différentes tailles, ressemblant à des sulfures ou à des yeux de pigeons géants.
Mais le plus étrange était une lampe derrière une loupe, projetant une forte lueur d’acétylène sur un appareil de filtres et de miroirs kaléidoscopiques, lequel montait et descendait tout seul sur une tige.
C’est donc à Giverny que pour la première fois, et par le hasard des rencontres, Petit-Rivaud pénétra dans un de ces lieux à la fois stupéfiants et décevants, où s’inventait le Futur, ce Futur que le jeune homme se représentait comme un astronef en train d’arracher enfin les hommes à la pesanteur de l’Histoire pour leur faire rejoindre un état supérieur.
L’ingénieur avait rallumé sa pipe et enfilé une robe de chambre brodée de grands ramages bariolés, un beau tissu quoique rapiécé. »

Le petit post-it de Véronique la bibliothécaire :

Un artiste peintre parisien rêvant d’approcher Claude Monet s’installe à Giverny. Il fait la connaissance des voisins et des proches du peintre lorsqu’un jour, il découvre un corps décapité dans l’eau. Il décide de se lancer dans un périple à vélo pour découvrir l’identité de la victime.

Une aventure un peu loufoque, un peu policière, un peu historique… Un récit sympathique et léger, une réflexion sur le temps…avec un final surprenant. Un polar original qui a le mérite de nous ramener à Giverny du temps de Claude Monet

 Une histoire bien construite, une écriture fluide, des personnages hauts en couleur, tous est réunis pour un parfait moment de lecture.

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Lyndwood Miller de Sandrine Roy


Collectif polar.JLuc

9782370470713,0-3252940Le livre : Lyndwood Miller de Sandrine Roy.Paru le 10 juin 2016 aux Editions Lajouanie.19€; (291 p.) ; 19 x 13 cm

4e de couv :

Lynwood Miller

Elle est jeune, belle et capable de déplacer des objets à distance et de guérir par l’imposition des mains. On cherche à la tuer. Il est beau, Américain, et coule une retraite paisible et prématurée dans les montagnes françaises. C’est un ancien membre des forces spéciales. Il veut la sauver.

Ils se sont rencontrés dans des circonstances peu communes : deux malfrats avaient kidnappé la belle et projetaient de l’exécuter. Pas de chance, ils opéraient à deux pas de la bergerie de l’ancien soldat…

Gravitent autour de ce duo deux psychiatres allemands au passé chargé ; un jeune hacker un brin introverti partageant son temps entre balades dans ses Pyrénées natales et curieuses missions à travers le monde ; une brigade de policiers d’outre-Rhin ; un commissaire français débonnaire, et un sacré nombre de gens bien décidés à faire disparaître définitivement l’héroïne.

De l’action, de l’amour, du suspense, des rebondissements… tous les ingrédients, en somme, d’un roman que ne renieraient pas les maîtres du genre.

13319945_135933353481270_5430673973166427892_nL’auteur : Sandrine Roy est née à Bordeaux et vit à Montauban. Lynwood Miller est son premier roman.
Elle s’est déjà attelée aux prochaines aventures de son héros charismatique, protecteur, amoureux, bagarreur, entier.

Extrait :

Une année s’était écoulée. Il neigeait sans interruption depuis dix jours. À l’extérieur, le silence était lourd, toute activité humaine ayant cessé à cause des intempéries. Selon les autochtones, habitués aux hivers rigoureux, cela faisait plusieurs décennies qu’il n’avait pas neigé autant. Non seulement ça tombait sans arrêt mais un vent violent s’étant mis à balayer les vallées, la température était descendue bien en dessous de zéro. Même dans l’après-midi, le thermomètre refusait de remonter. Il fallait se préparer à des coupures électriques si la neige continuait de s’accumuler sur les lignes à haute tension.Sur les conseils de Simon, Lynwood avait acheté un groupe électrogène, au cas où. Pour se chauffer, il utilisait presque exclusivement les poêles à bois qui distribuaient la chaleur dans toute la maison grâce à un système de tuyaux en toile d’araignée qui courait dans tous les plafonds jusqu’aux étages supérieurs où se trouvaient les chambres. Le groupe électrogène était destiné au réfrigérateur et au congélateur.
Le quinzième jour de tempête, les lignes téléphoniques et l’électricité furent coupées. Lynwood eut l’occasion d’inaugurer l’engin, espérant que la quantité d’essence soit suffisante, il ignorait combien de temps durerait la coupure.
Il se retrouva donc complètement isolé. Même Simon ne pointa pas le bout de son nez.
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Résumé et l’avis de Jean Luc :

 Quelque part dans les montagnes françaises vit une jeune femme d’une grande beauté, capable de guérir par l’imposition des mains et douée de télékinésie. Un jour, des hommes font irruption chez elle et la kidnappent avec l’intention de la tuer. Elle est sauvée par Lynwood Miller, un ancien des forces spéciales américaines qui vit dans la bergerie voisine depuis sa retraite. 

Lyndwood Miller de Sandrine Roy est un livre étonnant. En effet, j’ai trouvé l’intrigue plutôt simple et malgré tout j’ai bien accroché avec les personnages de ce roman policier. Il y a du suspens et franchement, j’ai passé un bon moment en compagnie d’une équipe très particulière.

Sans rentrer dans les détails, il y a un vieux garçon, génie et pirate informatique hors norme, un ancien membre des forces spéciales américaine bourré de charme et aussi une jeune femme douée de capacité paranormales.

En faite, c’est très bien construit parce que l’auteur ne tombe pas dans les clichés des séries américaines, les personnages sont attachants et humains. L’histoire est pas mal ficelé, on frise le fantastique mais pas trop. Et il y a aussi un peu d’humour !
Seul bémol, la fin à mon goût est un peu trop facile et aurait gagné à être un peu plus développée, en particulier en raison des talents de l’héroïne.

En dépit de cela, Lindwood Miller reste très agréable à découvrir et surtout il me tarde de lire la suite des aventures de cette équipe !

 

Lire le début de Lynwood Miller ICI

Ne sautez pas de Frédéric Ernotte


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feLe livre : Ne sautez pas de Frédéric Ernotte. Paru le 26 août 2016 aux Editions Lajouanie dans la Collection Roman pas policier mais presque… 19€ ; (291 p.) ; 19 x 13 cm

4e de couv :

Ne sautez pas !

Assis sur le toit d’un gratte-ciel de Bruxelles, Mathias, un laveur de vitre débonnaire, est songeur.

Il réfléchit au travail d’intérêt général que la justice lui a imposé : vendre des gadgets pour une association humanitaire ! Surgit un homme paniqué.

Mathias n’imagine pas à quel point les minutes qui vont suivre bouleverseront sa vie. Un impitoyable engrenage vient de s’enclencher…

Est-ce forcément mal de ne pas faire le bien ? En tentant de répondre à cette interrogation existentielle, le héros de Frédéric Ernotte va vivre une aventure pour le moins hors du commun. Un roman délicieusement surprenant, bigrement mouvementé. Émotion, humour et suspense garantis.

frederic-ernotte_5069L’auteur : Frédéric Ernotte est né à Namur, le 28 janvier 1982. Fervent amateur de littérature policière, il a écrit son premier roman pour relever un défi lancé par un de ses professeurs. Une réussite puisque le dit-roman, C’est dans la boîte (Éditions Avant-Propos), a reçu le prix du Balai de la découverte en 2013.
Extrait :
À l’université, il m’a fallu deux semaines pour réaliser que j’avais atterri en enfer. Lire le plan du cours de Biologie des cellules, des organismes et des populationssuffisait à me donner illico mal au crâne. Vous allez me dire qu’il n’y a rien de chinois là-dedans quand on veut être vétérinaire. Je répondrais qu’il n’y a rien de chinois, mais qu’il y a beaucoup d’anglais. On a tenté de me faire croire qu’un article scientifique dans la langue de Shakespeare a plus de gueule qu’un texte en français. Un professeur m’a dit que c’était pour que le savoir soit partagé aux quatre coins du globe. J’ai répondu qu’un globe n’a pas de coin. La discussion était close et je suis rentré chez moi avant la fin du cours.
 Je savais que je n’entretenais pas un amour passionnel avec l’école. Il faut être honnête, je suis passé chaque année par la petite porte avec le sentiment que tout irait mieux plus tard, quand j’étudierais nos amies les bêtes. Étrangement, mes parents se sont dit la même chose. J’avais une telle conviction dans la voix quand je parlais de mon cabinet qu’ils se sont pliés à mon fantasme. J’allais devenir travailleur et brillant du jour au lendemain. C’était clair comme de l’eau de roche.
Bref, en quinze jours, mes belles certitudes ont volé en éclats. Les images de chatons et de chiots dérapant sur ma table glacée se sont effacées peu à peu. Ces langues pendantes, ces gouttelettes de bave et ces poils en pagaille n’ont laissé qu’un immense point d’interrogation dans mon esprit.

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Emilie délivre son avis :

 NE SAUTEZ PAS de Frédéric Ernotte

Le résumé et  Mon avis  :

Est-ce forcément mal de ne pas faire le bien ? Assis sur le toit d’un des plus hauts gratte-ciel de Bruxelles, Mathias est songeur. Les jambes du laveur de vitres balancent dans le vide à plus de cent mètres du sol. Alors qu’il réfléchit au travail d’intérêt général que la justice lui a imposé (vendre en porte à porte des gadgets pour une association humanitaire), un homme paniqué surgit derrière lui. Mathias ne le sait pas encore, mais la minute qui va suivre va radicalement changer sa vie. Un engrenage impitoyable vient de s’enclencher…

:
Je suis ravie d’avoir eu l’opportunité de lire ce livre qui m’a été envoyé gratuitement par les éditions Lajouanie.
Ce livre est excellent. Il a tout bon.
Un personnage attachant, simple et généreux (même si ce n’est pas évident de prime abord).
Une histoire originale, plein d’amour, d’humour et d’émotions.
Un livre plein de suspense et de passion.
Un presque polar qui véhicule un message fort mais sans lourdeur.
Je suis bien heureuse d’avoir sauté à pieds joints (et sans nacelle lol) dans cette très belle histoire.
Je vous la conseille sans réserve.

Bonne lecture 🙂

Lire ICI le dédut de Ne sautez pas

Chasseurs d’esprit d’Isabelle Bourdial


9782370470669,0-3032266Le livre : Chasseurs d’esprit d’Isabelle Bourdial.Paru le 22 février 2016 aux éditions Lajouanie. 21€; (408 p.) ; 19 x 13 cm.

4e de couv. :

Chasseurs d’esprit

Un chercheur d’or, de retour du Venezuela, est kidnappé en plein coeur de l’Espagne. La Guardia civil interpelle un étranger qui semble ne pas comprendre le moindre mot de castillan. Le commissaire Fontanillas, chef de la brigade de police scientifique, est chargé de l’enquête. Avec sa jeune co-équipière, une criminologue experte en neuropsychologie, ils projettent de sonder le cerveau du suspect… Les résultats de 1 examen particulièrement novateur auquel ils soumettent leur cobaye vont les entraîner jusqu’au plus profond de la forêt amazonienne…

Progrès scientifiques incroyables mais vrais, rencontre houleuse avec les indiens Yanomami (peuple qui fut décrit comme le plus agressif du monde !), découverte de l’univers interlope des orpailleurs… rien ne manque à ce polar scientifique mais pas que…

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L’auteur : Isabelle Bourdial est journaliste scientifique, rédactrice en chef des Cahiers de Science et Vie. Elle a publié de nombreux ouvrages scientifiques chez Nathan, Gallimard, Flammarion, Atlas et a dirigé la collection « Portail des sciences » publiée chez Larousse. Elle a aussi collaboré aux émissions de télévision E = M6 et Animalia, et aux docu-fictions Homo sapiens et Le Sacre de l’homme.

 

 

 

 

Extraits
« … Notre unité est expérimentale. En fait, nous recourons aux neurosciences… nous collaborons avec le centre du cerveau et de la pensée de l’institut Cajal de Madrid afin de développer une toute nouvelle discipline : la neuropsychocriminologie. »
« Auraient-ils cédé au seul plaisir de radiographier lame humaine ? Non, ils ont agi dans l’intérêt de la justice. »
« J’aimerais que tu me dises où on a trouvé le corps de la victime. Au fin tond de la jungle amazonienne ?
– Si on veut. 11 gisait dans le port de Vigo, avec une de ces fléchettes en travers de la gorge. »
« Cette lois, ce n’est pas un groupe que le clan accueille mais un homme seul, vêtu d’un simple short, qui n’a même pas pris la peine de revêtir ses parures ou d’orner son corps des peintures rituelles. Esteban grimace. Tout de même ! Son procès vaut bien qu’on fasse quelque effort de toilette ! »

 

Résumé et petit avis :

A Madrid, le commissaire Marcos Fontanillas a créé une brigade expérimentant des méthodes fondées sur les progrès des neurosciences. A cette fin, il recrute Mila Ferrer, une criminologue spécialisée en neuropsychologie. Lorsque Tomas Estaban, chercheur d’or de retour du Venezuela, est enlevé durant le mariage de sa soeur, Fontanillas et ses coéquipiers mènent l’enquête.

Voici un excellent polar scientifique. Très documenté, très fouillé voire décalé.

Il joue parfaitement sur les codes du genre. L’auteure exploite un rythme soutenu quand l’action se déroule, elle emploie un rythme plus lent pour étayer ses propos scientifique. Et l’un ne peut aller sans l’autre.

On y apprend énormément de choses pas seulement en neuroscience . Et c’est passionnant. On découvre les coutumes des indiens Yanomami, la vie des orpailleurs…
Nous sommes embarqués dans une aventure fantastique.

C’est vraiment plaisant, enrichissant et dépaysant.Et en plus de tout ça ce polar nous amène à nous interroger sur notre condition d’humain, sur notre planète et sur la science et les problème éthique que celle-ci peut nous poser.

Une belle découverte

Pour lire le début de chasseur d’esprit

Les petit +

Le mot de l’auteur :

J’ai eu l’occasion d’écrire de nombreux articles sur les neurosciences et, à chaque fois, j’ai été stupéfaite par l’étendue de leurs performances. Depuis le 7 juillet 2011, la loi de bioéthique autorise l’usage de certaines techniques, et notamment l’imagerie cérébrale, à des fins d’expertise judiciaire. J’ai donc eu envie d’imaginer une histoire montrant concrètement comment cette loi pourrait s’appliquer, quel serait l’intérêt de ces techniques high-tech mais aussi leurs limites, les éventuelles dérives et les problèmes d’éthique qui ne manqueront pas de se poser. Ce récit m’a permis d’aborder d’autres thématiques, environnementales (au travers de la pollution engendrée par l’extraction de l’or en Amérique du Sud) et anthropologiques (regard de l’Occident sur les Indiens d’Amazonie) notamment.

 

A la rencontre d’un auteur : Fabrice Pichon.


A la rencontre d’un auteur : Fabrice Pichon.

plusdeprobleme-fabrice-pichonA l’occasion de la sortie de son 5 e roman  plusdeprobleme.com chez les éditions Lajouanie,étonnantes histoires croisées d’un cadre endetté qui décide de devenir tueur à gages et d’une femme commissaire qui poursuit un monstrueux pourvoyeur de chair fraîche., je vais vous racontez ma rencontre avec Fabrice Pichon.

C’est en lisant son deuxième roman Le complexe du prisme que j’ai découvert Fabrice Pichon.

Bizarre vous dites-vous. Pourquoi pas le premier.

Et bien le premier je suis passé complètement à côté.

Et oui Fabrice Pichon est publié chez un petit éditeur régional: les éditions du citron bleu.

Pas facile de le repérer dans toute la masse éditoriale autour des polars.

Donc je vous disais c’est avec la lecture de son deuxième roman que j’ai découvert Fabrice Pichon. Mais. C’est aussi un peu à cause ou grâce à Laura Sadowski que je suis aller vers lui. Je sais qu’il est lui aussi un fan.

J’ai passé un  bon moment de lecture avec ce titre

J’ai beaucoup aimé ses personnages, surtout la jeune commissaire Marianne Bracq, une femme bien dans son époque, qui élève seule ses 2 enfants. Fabrice Pichon c’est  particulièrement attaché à la psychologie de ses héros. Et il nous les rend attachants.

J’ai cependant regretté que l’intrigue soit placée au second plan. La grande lectrice que je suis devenu est sans doute trop exigeante. Un lecteur moyen ne s’en serait peut-être pas aperçu. En revanche si l’intrigue m’a paru légère, le fin elle est surprenante et nous fait réagir sans aucun doute.

Le complexe du prisme Fabrice Pichon Editions du citron bleu 263 pages ; 16 €

Présentation de l’éditeur.

couvertureBesançon. Commissariat central de la Gare d’Eau.Arrivant de Bergerac, la commissaire Marianne Bracq n’a pas le temps de se familiariser avec sa nouvelle équipe : le corps éviscéré d’une clocharde est découvert le jour même. Un tueur rôde dans la ville. Une image, une seule, a déclenché un flot de haine….

« Après avoir enfilé les gants et les surchausses que lui tendait le planton au sommet des marches, elle dévala l’escalier et se mêla aux hommes en blanc. Les projecteurs sur pieds étaient en cours d’installation en arc de cercle autour de la scène, alors qu’un paravent de plastique opaque masquait les lieux. Ils s’allumèrent au moment où l’équipe franchissait le cordon de sécurité. La puissante lumière blanche éclaira deux corps inertes.  

– Mon Dieu ! lâcha Gonsalvès en se signant instinctivement.  

– Quelle horreur ! jugea Magnin.  

Assis adossé à la muraille du quai, un homme les mains jointes en coupe, tenait un coeur ensanglanté. Son regard vitreux semblait s’étendre au-delà, pour se perdre sur l’autre rivage… »

C’est ainsi que je me suis décidée à aller à la rencontre de cet auteur. Et c’est lors du week end noir de Neuilly plaissance que je l’ai abordé.

Ce samedi matin été propice pour passer un long moment en tête à tête avec les auteurs présent.
J’ai comme à mon habitude fait le tour de la salle pour prendre l’ambiance, repérer l’emplacement des auteurs que je voulais voir. et enfin je me suis dirigée d’un pas décidé vers Fabrice Pichon qui m’a très vite démasqué malgré mon avatar sur facebook. Oui à l’époque

Nous avons passé plus d’un heure à discuter de son polar et des polars en général.

Fabrice est quelqu’un de très chaleureux, il prend vos remarques comme une critique positive. Et je suis certaine qu’il va en tenir compte. C’est un homme charmant et un auteur enthousiasme. Il aime écrire et cette joie se retrouve lorsqu’on le lit. D’ailleurs il avoue volontiers que pour lui, écrire est devenu une addiction.

En toute fin de journée c’est tout naturellement que je lui est proposé de boire un verre. J’en ai profité pour lui faire parler de ses projets. Et des projets Fabrice Pichon en a à revendre. Son 3iémé opus est déjà bien en place, un autre polar est déjà bien dessiné…..Et d’autre encore. Cela fourmille dans la tête de cet auteur sympathique et très abordable.

Merci monsieur Pichon pour cette belle rencontre et ces beaux échanges.

fabrice-pichonBibliographie de l’auteur.

Fabrice Pichon est né le 31 décembre 1966 à Besançon.

Après des études de Droit qu’il abandonne au profit des paillettes de son emploi de « G. O. » dans un Club de vacances à Cannes, Fabrice Pichon se range des nuits de folie en intégrant une société d’assurances.Ses lectures sont variées avec une longue traversée du désert littéraire, uniquement consacrée aux comics pendant son adolescence. La plume le chatouille dès le collège, encouragé par une prof de français qui préférait Georges Pierquin à Émile Zola.En 2000, il est lauréat d’un concours organisé par le journal Le Bien Public et les quotidiens de Bourgogne avec un premier thriller diffusé sous forme de feuilleton pendant six mois.Par la suite les idées s’entassent dans un coin de son esprit et la vie poursuit son cours.Chacun porte en lui ses propres déchirures, et quitter sa ville et ses racines à l’âge de douze ans fut certainement une de celles qui marqua Fabrice Pichon le plus profondément.C’est peut-être ce qui l’amena à faire ses premiers pas dans l’univers du polar avec Vengeance sans visage, car ce qui n’a pas été aurait pu être.Le passé est un personnage à part entière de ses écrits, et la dualité des êtres qu’il affectionne doit être une réminiscence des comics ingurgités à haute dose.Aujourd’hui Fabrice Pichon partage son temps entre Dijon et la Franche-Comté, où il a retrouvé ses racines.

Pour en savoir plus :

Son site :  http://fabricepichon.e-monsite.com/

 Son éditeur actuel :Les Editions Lajouanie

Ces  autres polars :
 sang-du-passecouverture-vengeancememorialcouvertureplusdeprobleme-fabrice-pichon
 

A mort le chat ! : roman policier mais pas que… de Jérémy Bouquin


9782370470591,0-2569161A mort le chat ! : roman policier mais pas que… de Jérémy Bouquin. Paru le 17 avril 2015 aux éditions Lajouanie. 18,00 € ; (268 p.) ; 19 x 14 cm
Quatrième de couverture
À mort le chat !Pour convaincre les Français des bienfaits des OGM, un lobbyiste végétarien se met en tête que c’est en province qu’il dénichera le porte-parole idéal… Le jeune homme quitte donc la capitale, accompagné de son chat, pour la France profonde au volant d’une somptueuse berline. Pour tout bagage : un sac bourré d’amphétamines ! Le matou peu sensible aux joies de ce voyage en terre inconnue sera le témoin de la cruelle descente aux enfers de son maître…Jérémy Bouquin signe ici un roman noir survitaminé. Bobo défoncé, communicante obsédée, politicien dépassé, garagiste littéralement déjanté, curieux matou… cette galerie de portraits ne déparerait pas dans un film de Tarantino. Mais attention le premier chat-pitre du livre n’est pas à mettre entre toutes les mains. Certains amateurs de greffiers pourraient tourner de l’oeil.

« On décore bien sa maison, sa bagnole, ses enfants : pourquoi pas son calibre ? »

« Pas de panique, détendu de la pédale. J’ai bien tapé deux trois bordures et poussé quelques pointes à cent cinquante. Mais jamais dans l’affolement, je suis bien zen. Une bière, une bonne clope truffée de beuh ! Je roule un nouveau split. L’extase. »

« Difficile de lui expliquer que je ne supporte que les chatons, ils ne parlent pas. Les chats adultes, eux, me causent, me fatiguent, me sapent le moral. »

L’auteur0111

Jérémy Bouquin est l’auteur de nombreux ouvrages : des nouvelles, des romans policiers et même un thriller pour adolescents. Quand il n’écrit pas il est responsable de la jeunesse et de l’enfance dans une ville de… province. Il est assez rassurant pour les parents du coin qu’il ait trouvé l’écriture pour exutoire.

Extrait :
“Je bricole des stratégies cyniques pour contrer les attaques permanentes des entreprises concurrentes de mes clients, je travaille aussi pour des politiques en manque d’image, ou tout simplement avec des petits soucis. J’adore mon job. Je bosse jour et nuit, vis à cent à l’heure […] Je suis le « Scarface » de la communication, « L’Inspecteur Harry » du lobbying. Je massacre, j’égorge, j’impose dans la douleur mes idées… enfin, celles de mes clients […] Ma réputation me précède. Des clients, j’en ai eu des milliers. Des stars, des gros poissons, des ministres. Mon carnet d’adresses est bourré à craquer de gens qui ne diront que du bien de mon travail. Que je sois défoncé, obsédé, pédé, drogué, complètement taré, ils s’en moquent. Je suis celui qui les a sortis de la merde…”

Résumé et avis :

Un jeune communicant chargé par une multinationale de promouvoir la consommation d’OGM part en province pour convaincre un homme politique de participer à sa campagne. Dans cette France profonde et hostile, où l’élu est manipulé par un maître-chanteur sadique, le jeune homme n’a emporté que son chat et des amphétamines. L’enfer de la drogue prend des formes et des proportions terrifiantes.

url6J’espère que vous n’avez pas froid au yeux car ce titre déménage. C’est totalement politiquement incorrecte et du coup c’est vraiment jouissif. Ici, on ne fait pas dans la dentelle, notre héros est prêt à tout. Et le pire dans tout cela c’est qu’on le suit.

Ici on est dans un roman hyper-vitaminé avec son lot de drogue, d’amphé et autre saloperies stupéfiantes. En fait, ici, le trash, la violence gratuite et les pression en tout genre ont leur place. Et plus c’est speed, plus c’est bon.

C’est du roman noir très contemporain qui peut déstabilisé certains lecteurs plus classique car l’écriture de monsieur Bouquin est euphorisante et parfois elle peut être très crue.

Mais pour moi c’est une putain de belle découverte et je me suis laissée grissée à la limite de la suffocation par cette histoire électrisante.

Poubelle’s girls de Jeanne Desaubry


9782370470522,0-2144471Le livre :  Poubelle’s girls de Jeanne Desaubry. Paru le 5 juin 2014 chez Lajouanie éditions. 14,95 € ; (236 p.) ; 9 x 14 cm

4e de couv :

Poubelle’s Girls

Élisabeth peine à élever son fils et s’épuise en petits boulots. Paloma, en fin de droits, squatte les bancs publics. Les deux femmes se lient d’amitié et tentent d’oublier leur situation précaire dans le cocon apparemment rassurant d’une caravane déglinguée. La misère de leur quotidien les rattrape bientôt et les oblige à envisager de remédier à leurs soucis financiers en braquant à tout va… À l’autre bout de la ville, dans son cottage simili-hollywoodien, Blanche déprime sec et ne songe qu’à tuer son mari. Les deux pétroleuses vont fatalement croiser sa route dans des circonstances pour le moins dramatiques…

Jeanne Desaubry signe ici un roman d’une efficacité bouleversante mais irradié d’humour, d’émotion et de dialogues féroces. Paloma et Élisabeth sont assurément les cousines françaises de Thelma et Louise. Poubelle’s Girls est un roman noir, féministe (au sens le plus sympathique du terme) et revendicatif, diablement séduisant.

À propos de Hosto : « « Quelle habileté ! Quelle architecture, raffinée, ciselée, ornée de personnages travaillés avec adresse, tissant entre eux des noeuds subtils, mais évidents, jamais définitifs… » Joël Jégouzo(Noir Comme Polar).

« Vous ouvrez le roman de Jeanne Desaubry pour vous détendre avec une bonne histoire policière qui va vous éloigner des sordides tractations médico-mafieuses, et pas de chance, la guerre hospitalière vous aspire dans son vortex… un très bon roman… » Jan Thirion(Pol’art Noir).

À propos de Dunes froides : « L’écriture est précise, factuelle, sans effets inutiles… La progression de l’affaire est maîtrisée en finesse et en détail. L’auteur mérite un prix d’excellence. » Claude Le Nocher(Action-suspense)

téléchargement (76)L’auteur : Née en 1958, élevée dans une ferme picarde, Jeanne Desaubry est devenue cadre hospitalière puis institutrice… Mais cette mère de quatre enfants a surtout opté pour le noir, après avoir découvert James Ellroy, « un choc total et définitif ». Blogueuse et romancière (Hosto, Dunes froides, etc.), elle signe avec Poubelle’s Girls son sixième livre, qu’elle publie aux éditions Lajouanie, créées en 2013

Extraits :

« Elle savait déjà, depuis longtemps, qu’elle ne l’aimait plus. Elle sait maintenant qu’elle veut le voir mourir.
Elle veut le tuer.
Elle va le tuer.
Il faut qu’elle le tue. »

« Mais aujourd’hui, tout est différent. Elles ont des armes, et Paloma se fait fort de décider Élisabeth à aller chercher le fric là où il est. »

« L’une des deux lui a explosé la tête quand il s’est précipité pour me défendre. Rex, c’était mon chien. Un berger allemand de huit ans, super affectueux. C’est trop cruel. Inhumain ! Ces femmes sont des assassins. »

Résumé et avis :

Le destin de trois femmes que rien ne prédestinait à se croiser sinon leur malchance dans la vie. Pour remédier à leurs soucis financiers, elles se mettent à braquer des commerces, cachées sous de curieux déguisements faits de sacs-poubelles. Toutes les complices de ce roman noir et féministe ne sortiront pas indemnes de cette rencontre.

téléchargement (75)Le sous titre de ce titre est « Roman policier mais pas que… », et effectivement c’est bien plus que ça. On va suivre Elisabeth, Paloma et puis viendra Blanche. La première tente d’élever seule Mathis, son adolescent de fils. Elle passe de petit boulot en job au black. Un jour elle rencontre la seconde, Paloma, elle aussi est en galère, pire elle est à la dérive. Cette femme vit dans la rue, elle a perdu son mari et du coup son logement. Et en plus elle est séropo. Galère je vous disais. Elisabeth qui est proche de la rupture elle aussi, tend la main à Paloma. Lui propose un abri et même sommaire celui-ci c’est mieux que la rue. Mais la situation financière de ces deux femmes, ne s’arrange pas, c’est la descente inexorable. Alors à force de partager les même galères, une complicité se fait réalité, peut-être même une amitié naissante. Ainsi naît le gang la plus improbable qui puisse exister,  le Poublelle’s girls. Elle vont aller chercher l’argent là où il est. Et à force de braquage, elle vont percuter la vie monotone de Blanche une grande bourgeoise qui s’ennuie dans son boulot de fiscaliste mais surtout dans sa vie de femme bafouée, trompée par Pierre son mari avocat, qu’elle rêve de tuer. A partir de là, en on est sûr, tout peut arriver.

Vous l’aurez compris, plus qu’un polar c’est un roman social que nous propose Jeanne Desaubry. On pense à Manchette ou  Elle pose son regard acéré sur notre société. elle en fait ressortir ces failles, ces travers. Elle nous donne à voir ces blessures. Et avec son style vif, alerte, ses dialogue cadencés, son ton décalé et humoristique, elle nous propose trois magnifiques portrait de femmes modernes. Et si son roman choral est un poil féministe c’est surtout une belle histoire criante de vérité et de réalisme.

C’est truculent, coloré et noir tout à la fois. C’est tout simplement excellent.

Citations :

  • « Tu veux quoi en échange ?Élisabeth secoue la tête. Rien, elle ne veut rien. Rendre service à plus mal barrée qu’elle. L’autre, avec ses galères, c’est elle, en pire. Oui, ça pourrait être elle, en pire. Oui, ça pourrait être elle, avec encore un peu moins de pot. Oui, elle, dans un an demain. Une femme comme elle, en galère, comme elle. Comme elle. »
  • « Des heures de chien, un mal de chien, une paie de chienne […] »

  • « Elle qui ne lisait que des classiques, du théâtre, s’est mise aux polars. »

  •  Elles sont dans la dèche, guère possible de descendre plus bas. »

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    Pour en savoir plus voici l’interview de Jeanne par mon ami Richard : ICI