Fourbi étourdi de Nick Gardel


 

Le livre : Fourbi étourdi de Nick Gardel. Paru le 23 mars 2017 aux Ed. du Caïman. 12€ ; (167 p.) ; 19 x 12 cm. ce titre est suivi de Maintenant et à l’heure de notre mort

4e de couv :

Fourbi étourdi

Voler cette antique DS dans un parking souterrain n’était peut-être pas la meilleure idée qu’ait eue Jean-Édouard. Mais c’était pour la bonne cause. Seulement, il y a cette sacoche remplie de petites coupures dans le coffre. Et puis, il va falloir compter avec cet encombrant cadavre qui l’accompagne. Un gars en chien de fusil, portant un col romain sur une veste noire stricte, mais qui a perdu son pantalon dans l’aventure. Alors entre les deux furieux qui l’ont pris on chasse, le début des pèlerinages vers Compostelle et la bénédiction du nouveau Pape, il se peut que cette année Pâques soit moins conventionnel qu’à l’accoutumée…

Une promenade joyeuse et meurtrière, parsemée de sirène électrifiée, de gorgone nymphomane, de dieu nordique peroxydé avec une touche de sadisme italien.

Extrait : 
« Jed salua Siegfried qui enroula la corde le reliant au molosse autour de son poignet. Bien que ce fut son bras droit, longuement entraîné par une pratique intensive de la pornographie internet, le contraste était saisissant entre la maigreur sèche du tatoué et les muscles placides qui jouaient sous le pelage. D’un bond, le mâtin aurait arraché l’épaule de celui qui se prétendait son maître. Précaution inutile pour l’heure, car il s’extasiait du moelleux raffiné d’un Firestone millésimé qu’il couvrait copieusement de bave. »

 

L’auteur : Enseignant dans les parties les plus complexes des méandres de l’éducation nationale et rattrapé par une quarantaine qui ne va pas en s’arrangeant, il a bien fallu que Nicolas Juan trouve une échappatoire. Il a finalement mis la main sur Nick Gardel pour se cacher derrière et pouvoir écrire des bêtises. Natif du 92, transplanté puis réenraciné en Alsace. Nick Gardel garde un amour sans faille pour la Capitale et le goût des voyages en train. Ayant toujours essayé de transformer ses loisirs en travail, il a été tour à tour, vendeur de disques d’occasion, d’informatique grand public, pour finir dans l’Education Nationale. Depuis, cette grande institution lui confie les adolescents les plus en marge du système scolaire, voire de la société.
Mais la marge, c’est ce qui fait tenir les pages du cahier…

 

 

Emilie délivre son avis

*** FOURBI ÉTOURDI de Nick Gardel ***

Jean-Edouard, alias Jed, comprend qu’il n’aurait jamais dû voler une vieille DS lorsqu’il y trouve une sacoche pleine de billets et un cadavre dans le coffre. De plus, deux hommes le prennent en chasse. C’est le début d’une échappée meurtrière à travers la France, entre Paris et Saint-Jean-Pied-de-Port.

Écrire un livre qui soit à la fois sanglant, sadique et drôle n’était pas un défi facile à relever. Et pourtant, Nick Gardel le réussi avec brio.

Ce roman a tout bon : des personnages tous très différents mais attachants chacun à leur façon, des passages sanglants, des réflexions à mourir de rire et une fin comme on en rêve tout le long, sans trop y croire…

Un road movie électrifiant à lire sans tarder.

Merci aux Editions du Caïman et à Jl Nogaro pour ce service presse au top 😍

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Avril Solidaire : 2 petites mais belles maisons d’éditions ont besoin de vous


Les éditions du Caïman et les éditions Fleur sauvage sont dans la mouise.

Nous pouvons les aidez.

Même avec 5€, enfin 10 puisque 5€ pour chacune.

Aussi aujourd’hui, vu que c’est jour de solidarité sur Collectif Polar, je vous demande de venir en aide à la fois aux éditions Caïman et aux éditions Fleur sauvage.

Ou à l’un

Ou à l’autre


Je me souviens qu’à l’automne 2015, les éditions du Caïman,  petite maison d’édition de qualité qui nous a fait découvrir de belles pépites avait tiré la sonnette d’alarme et avait eu recours à la solidarité pour faire face à l’urgence. Des échéances à payer alors que le diffuseur était en redressement judiciaire et ne reversait plus le produit de la vente.

Le caiman se rebiffe

L e Caïman se rebiffe est un recueil de nouvelles rédigé par 11 auteurs de polar déjà publiés aux éditions Du Caïman, en remerciement à tous ceux qui les ont soutenus durant la crise de l’autamne 2015

Et aujourd’hui encore le Caïman à besoin de vous. Ne laissons pas Coulez le Caïman.

Ne chantant  pas le réquiem du Caïman

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Pour venir en aide au Caïman la cagnotte est Là

Ne laissons pas non plus faner cette Fleur Sauvage. Ne laissons pas mourir cette jeune maison d’édition qui pourtant a déjà fait émerger tant de beaux et nouveaux bourgeons.

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Une fleur sauvage pousse où elle veut. Très souvent, elle charme les passants, les invite à la prendre avant de leur piquer les doigts.Ainsi se veut la ligne éditoriale des éditions Fleur Sauvage. Des récits attirants, séducteurs, mais dont la nature rebelle est prompte à vous griffer.

Elle est belle la devise de Fleur sauvage mais pour combien de temps encore.

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Pour sauver Fleur Sauvage la cagnotte est ICI

Merci d’avance à vous.

Et puis vous allez voir nos éditeurs sont généreux. Pour chaque contributions il y a une sympathique contrepartie.

Un polar au format numérique dés 5€ chez Caïman à un livre format papier dès  15€ ou encore 3 livres grand format dédicacés pour 55€ chez Fleur Sauvage.

Je sais que vous êtes de sacrés lecteurs en série.

Alors à vos cartes bleues, c’est gagnant-gagnant comme on dit.

Belle solidarité et bonne lecture à vous

Le vrai du faux, et même pire de Martine Nougué : Le chouchou du week-end


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mnLe livre : Le vrai du faux, et même pire de Martine Nougué. Paru en janvier 2017 chez Caïman Editions . 12 € ; 220 pages ; 12×19 cm

 

4e de couv :

La Pointe, un quartier pittoresque de Sète, petit port sur l’étang de Thau. Trois figures locales pas très recommandables ont disparu : le plus gros producteur d’huîtres du bassin, le patron proxénète du café de La Pointe et un petit malfrat coutumier des mauvais coups. La gendarmerie relie ces disparitions aux vols et trafics de coquillages qui se multiplient sur la lagune. Ce n’est pas l’avis de Marceline, vieille militante éco-féministe, qui oriente l’opinion sur les événements pour le moins bizarres qui surviennent depuis quelques temps dans le coin : morts suspectes d’animaux, pluies de pelotes de filaments, odeurs pestilentielles certains jours…
Qui empoisonne La Pointe, et à quelles fins? Qui tue sur le bassin et pourquoi? L’opinion s’enflamme et la rumeur court : des savants fous ? Des services secrets ? Des sociétés occultes ? Le capitaine Pénélope Cissé, chargée de l’enquête, va chercher à démêler le vrai du faux…
 L’auteur : Martine Nougué est née en 1957. Elle a vécu ses premières années en Afrique, au Cameroun et, depuis, n’a plus cessé de voyager, à la découverte des cultures du monde…
Après des études de sciences politiques et de sociologie, elle a mené sa carrière en entreprise, dans le conseil et la communication.
Passionnée par l’observation de ses contemporains et celle de l’évolution des sociétés, Martine Nougué voyage, rencontre, écrit…
Elle vit aujourd’hui entre Paris et son village du Languedoc où elle s’investit dans la promotion du livre et de la lecture.
 Extrait :
– T’es cette flic amie de Luigui, hein ? La mère de la petite Noire ? Viens à l’intérieur, y fait plus frais, y’a moins de monde et j’ai à te causer, lui lança-t-elle sans plus de formalités.
– Vous semblez être chez vous, ici ? contata la policière.
– Oui, je suis partout chez moi,  la Pointe. Et d’ici, dans ce bar, je veille au grain…T’en veux ? lui demanda-telle en saisissant la bouteille.
– Qu’est ce que c’est ?
– Tisane de thym. Avec du citron. C’est bon pour les bronches, et c’est bon tout court. Bon on va pas tourner autour pendant vingt ans, reprit Marcelline après avoir rempli les verres et commencé à se rouler une cigarette. Je sais que tu recherches les trois types qu’ont disparu. Luigi me l’a dit.
– Pas tout à fait, non… Je me renseigne juste. On a pas ouvert d’enquëte : Il n’y a ni plainte ni signalement de disparition.
– Ben y’en aura pas. Et c’est pas plus mal.  
…/…

Résumé et avis :

 Rhooo la la,  quel plaisir de retrouver Pénélope et Luigi. Enfin surtout Pénélope. Ben, quoi on a le droit d’avoir ses héros préférés, non ! Et pour moi ben, ça sera mes héroïnes. Quelqu’un a quelque chose à redire !

Bon je disait quel plaisir de retrouver les protagonistes de Martine Nougué déjà rencontré dans son premier roman Les belges reconnaissants. Nous nous y étions attachés. On avait envie de suivre leurs nouvelles aventures. Et ben voilà, Le vrai du faux, et même pire est arrivé. Et je me suis régalée.

Comme je le dis partout à propos de ce titre : J’ai Grave Kiffé Grave !!

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La plume féconde de Martine Nougué nous embarque dans ce sud

 On entend la gouaille des gars du coin, on imagine parfaitement les piliers de comptoir accoudés commentant la vie du quartier.

On se représente parfaitement tous ces petits coins autour de l’étang de Thau où nous entraîne l’auteur.

Il y a comme un parfum de vacances à travers ces lignes.

Que je vous situe sur une carte le lieu où va se déroule l’action de notre polar.

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Voilà nous sommes donc du coté du Sète, sur la lagune de Thau. Nous allons découvrir les petits ports typiques de l’étang, la pointe courte, quartier populaire par excellence, Bouzigues, le village ostréicole. Nous allons vivre au rythme de la lagune et découvrir la région Sètoise.

 Et oui Notre officier de Police Pénélope Cissé a été muté à Sète il y a tout juste un an. Et en un an elle est passée du grade de lieutenant à celui de capitaine. Et oui, elle a pris du galon, il faut dire que c’est un sacré flic notre Pénélope. Pas froid au yeux, non plus !

Mais là elle va se confronté à un sacré mystère. Mais notre belle n’est pas du genre à lâcher le morceau.

 Et puis, dans ce deuxième opus, on retrouve  notre Pénélope en mère de famille. Elle a avec elle pour les grandes vacances sa fille Lisa-Fatouth. A 10 ans, elle a déjà du caractère la petite, il faut dire qu’elle a de qui tenir. Et notre Pénélope va devoir tenir son rôle de mère face à cette enfant qui la voit sa maman comme un super héroïne belle et drôle.

Et puis il y a un autre personnage avec lequel nous allons faire connaissance. C’est la vieille Marcelline. Marcelline la sorcière de la pointe. Marcelline est son franc parlé, Marcelline militante écolo-féministe de la première heure et toujours indignée à 80 piges. Toujours à se battre pour que les choses changent. Une femme irrésistible La Marcelline. Une bonne-femme, et une sacré bonne-femme !

 Bref le deuxième opus des aventures de Pénélope Cissé tient toutes ses promesses et même mieux. Une nouvelle Fois Martine Nougué se fait l’observatrice de ses contemporains, elle contemple la marche du monde. Elle est, telle Marcelline ( Et là je sais qu’elle ne m’en voudra pas de cette comparaison), aux aguets de petits déraillements de notre société, des petits égoïsmes, des manquements des uns et des autres.  Aussi à  travers le petit trou de la lorgnette, elle regarde, montre et parle de sujets universels. Et ses fictions dénoncent le patriarcat, les violences faites au femmes, le profit à tout prix au dépend de l’humain mais aussi de la nature, les médias et la société spectacle, notre rapport à la justice et à la vérité. Et tout cela de façon enjoué, à travers une histoire jubilatoire, avec des personnages haut en couleurs parfaitement campés. Des dialogues taillés au couteau, où on se surprends à les lire avec l’accent de ce sud déjà un peu à l’ouest. Si, si je vous assure, en lisant les phrases de Martine, j’avais les dans la tête les mots qui chantaient.

Je vous avez prévenus, la lecture de ce titre, Le vrai faux et même pire, est jouissive.

Donc pas d’excuses possibles, vous devais lire Martine Nougué.

Et si vous ne la connaissez pas encore, découvrez son premier roman, Les belges reconnaissants ICI

Et aussi nos petits entretient croisés , là aussi et là encore.

Voilà, vous connaissez maintenant mon chouchou de la semaine

Un, deux, trois, sommeil ! de Gilles Vincent.


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$$$&&&z9782350684116,0-3272659Le livre : Un, deux, trois, sommeil ! de Gilles Vincent. Paru le 22 mars 2016 chez Caïrn éditions dans la collection Du noir au Sud.  9€50 ; (154 p.) ; 18 x 12 cm

4ème de couverture:

Dans son bureau du commissariat central de la rue O’Quin à Pau, le commissaire Jens Holtan peine à sortir de sa longue hibernation. Les affaires se suivent et se ressemblent, maussades et ennuyeuses comme les après-midi de pluie sur le Béarn.
Ce qu’il ne peut deviner, c’est que dans moins d’une minute, le lieutenant Inès Nieves va surgir dans son bureau.
Dans l’enveloppe qu’elle déposera, l’attend la photographie d’un corps inerte. Un notable du coin. Sans vie.
Un corps allongé dans une posture étrange, à même le cuir fauve de son canapé de standing.
Et s’il n’était que le premier de la liste…
Sur la ville prête à sombrer dans la torpeur de l’été, un vent de panique s’apprête à tout balayer.

$$$&&&z$L’auteur : Gilles VINCENT est né à Issy-les-Moulineaux le 11 septembre 1958. Après 33 ans dans le Nord et onze ans à Marseille, Gilles Vincent décide, en 2003, de poser valises et stylos dans le Béarn. Depuis quinze ans, il consacre le plus dense de sa vie à l’écriture. Il est aussi l’animateur d’ateliers d’écriture en milieu scolaire, en prison, à l’hôpital…
Les pages lues, écrites sont ses poumons, les mots, tout le sang qui l’habite...
Auteur de polars connu et reconnu, il a plusieurs fois été récompensé : prix Europolar 2014 pour 
Djebel, prix Cezam Inter-CE 2014 pour Beso de la Muerte et prix du Mauvais Genre 2015 du Val Vert du Clain pour Trois heures avant l’aube.

Extrait
Dès qu’il eut ouvert l’enveloppe, le commissaire Holtan sut que le jour avait changé de couleur. Sur sa nuque, un frisson, un tremblement des chairs, ténu. Et si l’hiver n’avait pas dit son dernier mot…
Dans le pli qu’il venait de décacheter, pas de courrier ni de mots écrits à la va-vite, pas d’écriture à déchiffrer. Juste une photo noir et blanc, format 10/15.
Sur le cliché, le docteur Jean-François Lauga, inerte sur un canapé. À voir l’homme étendu de tout son long, on pouvait croire qu’il s’était endormi. À l’apparente légèreté de ses paupières, on pouvait imaginer qu’il rêvait, que l’inertie de ses membres reflétait la simple décontraction de la sieste. À l’arrière-plan, une plante verte grimpait le long du mur et attirait le regard. Puis les yeux d’Holtan se fixèrent à nouveau sur le corps immobile, sur le bras qui pendait jusqu’au sol, jusqu’à la flaque qui s’était répandue sur le carrelage.
À regarder fixement tout ce sang écoulé, Jens Holtan se dit que le noir et blanc n’empêchait pas de discerner les couleurs. Le gris foncé s’interprétait en rouge profond, les nuances plus claires du carrelage laissaient deviner les teintes terre de Sienne du dallage de la pièce.
Holtan se souvint avoir pris l’apéritif, une fois ou deux, c’était il y a quelques années, dans le vaste salon du docteur Lauga. Il se rappelait une vague discussion sur l’implication des sciences dans la pratique des autopsies et les révolutions auxquelles il fallait s’attendre. Il n’avait pas oublié les poutres de la charpente qui perce le plafond, les plantes discrètes et les toiles aux murs. Des œuvres abstraites, griffes noires, couleurs écartelées, collage tendances que le médecin, c’est ce qu’il avait précisé d’un air gourmand, dénichait au bout du monde, dans les galeries de Berlin ou de Nagasaki. Jens Holtan n’avait pas oublié non plus le fauteuil de grand confort dans lequel Lauga l’avait installé. Celui-ci suivait sans effort les mouvements de son corps, il avait eu alors cette sensation incroyable de flotter dans les airs… Lauga, lui, s’était installé, un verre de cristal à la main fleurant bon le scotch vingt ans d’âge, dans le canapé assorti. Un vaste salon d’angle, équipé d’une méridienne, comme un paquebot de croisière, un navire au cuir racé, aux lignes épurées…
Holtan sortit de sa rêverie. L’affaire qui s’annonçait n’était pas ordinaire. Qu’un médecin mette fin à ses jours, pourquoi pas. Qu’il choisisse de se trancher les veines, procédé des plus hasardeux pour mourir en un temps record, passe encore. Mais qu’un individu se positionne à moins d’un mètre du cadavre, fige ce cliché de profil et le lui envoie, à lui, Jens Holtan, sans même un commentaire, là, ça commençait à sentir l’embrouille.

Collectif Kris

Résumé et petit avis de Kris

Pau. Le commissaire Jens Holtan se lance dans une enquête après avoir ouvert une enveloppe contenant une photographie d’un notable du coin, assassiné et arrangé dans une posture étrange. Et si ce notable n’était pas le seul sur la liste ?

 UN, DEUX, TROIS SOMMEIL de  Gilles Vincent
Dommage qu’il soit si court … C’est ce qu’on se dit en tournant la dernière page. J’aurai bien fait un bout de route supplémentaire avec Gilles.

Une écriture toujours aussi précise et une intrigue bien fichue.

Espérons une suite …

Les ombres innocentes de Guillaume Audru : Les petits avis de Kris


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GALe livre : Les ombres innocentes de Guillaume Audru. Paru le 9 décembre 2015 aux Edétions du Caïman.  13$ ; (280 p.) ; 19 x 12 cm

4éme de Couv.
Massif central, été 2013. Un vieillard est retrouvé hagard sur une route de Corrèze. Il a été frappé mais refuse de dénoncer ses agresseurs. Dans une ferme du plateau de l’Aubrac, une femme âgée, pendue à un croc de boucher de sa propre ferme, est découverte par son fils. Dans une clinique psychiatrique proche de Clermont-Ferrand, une femme oubliée de tous hurle sa haine. Trois affaires sans lien apparent. Trois personnes dont la vie va basculer. Matthieu Géniès, journaliste dans un canard de Corrèze. Serge Limantour, gendarme revenu de tout. Jeanne Roussillon, aide-soignante qui, jour après jour, tente de comprendre le mal qui ronge sa patiente.

images (15)L’auteur : Guillaume Audru est né en 1979 à Poitiers. Fan de romans policiers, il est le créateur du célèbre blog Territoires Polars. Son premier ouvrage, L’Île des Hommes Perdus (éditions du Caïman) figurait dans la liste des quinze meilleurs polars francophones de la sélection du festival de Cognac 2014. Il travaille dans le secteur de la logistique pour un grand groupe privé et est vice-président de l’association poitevine L’Instant Polar.

Extrait :
«- Tu as pleuré ?
L’ancien commissaire d’Ussel approuve du menton puis retourne à ses écrits. Pendant ces quelques instants de complicité avec Mathilde, Elie a pris une décision. Celle de dévoiler toute la vérité à propos de Marcel Chauffour. Et, par la même occasion, celle de se racheter un peu aux yeux du monde. .»

Le petit avis de Kris

Bon, ben je me coucherai moins sotte ce soir !! Si vous voulez, vous aussi, vous enrichir eh bien lisez Guillaume !!
Sous couvert d’un polar, fort captivant du reste, l’auteur aborde un sujet dont on a peu entendu parler, enfin pour ma part. Un sujet pourtant contemporain.
Entre un ancien commissaire poursuivi par une affaire qui le hante, un crime commis dans une ferme isolée, une aide soignante qui veut trop bien faire, un journaleux un peu effacé, ces personnages ne se connaissant point bien sur, on se demande bien où va nous entraîner l’auteur. Mais celui-ci est un conteur et un fin conteur. Tous les personnages sont bien léchés et l’intrigue finement menée.

Après « L’ile des hommes déchus », franc succès, une belle réussite que ce thriller.

Extrait 2 :
« Café. Clope. Cafés. Clopes. Le régime quotidien de Serge Limantour. Des habitudes acquises depuis qu’il a endossé l’uniforme. Son médecin, qu’il omet souvent de fréquenter, lui a recommandé à maintes reprises de ralentir l’allure. Voire de tout arrêter du jour au lendemain. Serge n’en a cure. ET ce ne sont pas les remarques naïvement assénées par Boulmerka qui le convaincront d’arrêter. Sous le regard stoïque de Nicolas Jansac, plusieurs mégots maculent déjà la terre sèche de la ferme des Gerles.
Autour d’eux, ça s’agite, ça brasse. On s’active, on prélève. Quantités de combinaisons blanches ont investi les lieux. Avec un rictus de dégoût, Limantour pense à une bande de charognards puis reporte son attention sur Jansac. Serge le dévisage puis se ravise. Jamais il ne s’est montré aussi empathique avec un témoin. Mille précautions pour éviter que Nicolas ne sombre, même si celui-ci continue de se tenir fier et droit, évitant au possible de laisser paraître la moindre émotion. Une petite tape sur l’épaule ou un sourire bien appuyé, Jansac a choisi de ne pas s’offusquer de ce rapprochement. »

Les belges reconnaissants de Martine Nougué


les-belges-reconnaissantsLe livre : Les belges reconnaissants de Martine Nougué. Paru en janvier 2015 aux éditions du Caïman.

4e de couv :

Castellac était un village apparemment tranquille jusqu’au jour où son maire est retrouvé raide mort dans la garrigue. Pénélope Cissé, officier de police du commissariat de Sète, va devoir fouiller dans le passé trouble du village pour retrouver l’assassin de Monsieur le Maire.
Elle va être confrontée à quelques habitants pittoresques mais pas toujours très coopérants, protégeant leurs petits secrets et peu amènes à l’égard de ces « étrangers », les nouveaux habitants venus du nord, ou cette flic Africaine qui fouine dans leurs histoires.

téléchargement (17)L’auteur : Martine Nougué a vécu ses premières années en Afrique, au Cameroun et, depuis, n’a plus cessé de voyager, à la découverte des cultures du monde…
Après des études de sciences politiques et de sociologie, elle a mené sa carrière en entreprise, dans le conseil et la communication.
Passionnée par l’observation de ses contemporains et celle de l’évolution des sociétés, Martine Nougué voyage, rencontre, écrit…
Elle vit aujourd’hui entre Paris et son village du Languedoc où elle s’investit dans la promotion du livre et de la lecture. Les Belges reconnaissants est son premier roman publié.
Extrait :
« Le clan Gallieni tenait les affaires municipales d’une main ferme, n’hésitant pas à user de méthodes musclées à l’encontre des indociles et des éventuels opposants, pressions d’autant plus fortes que les récalcitrants avaient été marqués du sceau de « l’étranger » ou pire, du « néo ». Marianne Grangé, l’étrangère en terre castellacoise, avait subi les foudres de Gallieni lorsqu’elle avait oser le défier, lui et son système, lors des dernières élections. Elle s’était épanchée sur l’épaule de la policière, légitimant la violence de son combat par la colère et le dégoût que lui inspirait cette république bananière locale qu’avec ses amis elle avait entrepris de dénoncer en réveillant les consciences villageoises. Pénélope avait été impressionnée par l’idéalisme de la jeune militante. »

Résumé et avis :

Pénélope Cissé, officier de police au commissariat de Sète, est chargée d’enquêter sur l’assassinat du maire de Castellac. En s’intéressant au passé du village, elle se confronte à des habitants peu coopérants, enclins au racisme et à la xénophobie. Au fil de son enquête, elle croise des chasseurs, un noyau de militants écologistes et une journaliste qui, tous, épiaient les moeurs de la victime.

Martine Nougué , avec une dose parcimonieuse d’humour, insuffle un nouvel élan au roman policier. Mieux, elle le dépoussière.

Elle nous dresse un portrait sans concession d’un village français soumis à l’hégémonie d’une famille, d’un clan. Un bastion où l’élu local se comporte en seigneur des lieux ; distribuant ses faveurs ou faisant régner la terreur.

Tout en subtilité, l’auteur dénonce les fléaux de notre société. L’intolérance, la xénophobie, la cupidité, la bêtise humaine, le racisme ordinaire sont autant de thème qui font la richesse de cette intrigue.

Mais pour autant la lecture de ce titre reste jubilatoire. Et que dire de son personnage de flic , la belle Pénélope Cissé! Iconoclaste cette jeune lieutenant d’origine sénégalaise croque la vie à pleines dents et ne s’en laisse pas compter.

On n’en redemande.

 

 

 

Nozze nere, Volume 1 de Jérôme Sublon


9782919066193,0-2519219Nozze nere, Volume 1 de Jérôme Sublon. Paru le 12 juin 2015 aux Ed. du Caïman. 13€ ; (248 p.) ; 19 x 12 cm.

4è de couverture

Contrairement à ce qu’annoncent les journaux, ces vieux ne sont pas morts dans un incendie accidentel…

On dérange Falcone un dimanche après-midi : normal on ne fait pas attendre un sénateur… même mort !

La commissaire parisienne Aglaëe Boulu et le lieutenant corse Francesco Falcone forment un tandem détonnant. Leur enquête les emmènera à travers une Corse fidèle à sa tradition, avec ses paysage, ses montagnes et ses villages perdus. Et ils croiseront des personnages attachants. Mais d’autres, aussi, qu’il aurait mieux valu éviter…

L’auteur :   jerome-sublonJérôme Sublon est né en 1953. D’abord ingénieur dans diverses compagnies indus­trielles, il est maintenant professeur des écoles.
Mais ce n’est pas tout : il est adepte des chemins de Grande Randonnée, guita­riste, théâtre d’impro… Et en plus… Il écrit  : Nozze nere est son premier roman, publié en deux tomes.
 Extrait
« Dimanche après-midi, le seul moment que le commandant Falcone possédait. Les autres jours de la semaine, sa vie ne lui appartenait pas. Les journées se culbutaient les unes contre les autres, avec à peine quelques heures de répit entre elles, l’envahissaient corps et biens, s’enfonçant toujours plus loin dans la nuit, parfois jusqu’à l’aurore. Lorsqu’il émergeait le dimanche, grâce à un café noir à casser à la masse, le soleil était déjà bien haut. Alors il prenait le large dans son petit canot motorisé, s’éloignant de la jetée de Pavellone, et jetait l’ancre au creux d’une petite baie abritée. Il n’utilisait le moteur qu’exceptionnellement, préférant les rames. Là, il mouillait la ligne, non pas que le poisson aux dimensions exceptionnelles le maintînt hors d’haleine, mais les gestes de la pêche lui occupaient les mains, tandis que son esprit glissait mollement sur les rondeurs de l’onde.
Il se raisonnait, échafaudait de nouvelles règles de conduite, décidait par exemple qu’il pourrait lâcher un peu de lest, rien ne l’obligeait à suivre toutes les enquêtes en cours avec autant de précision. Il était à la tête d’une équipe compétente, ses collaborateurs n’étaient pas faciles à traire, des caractères de cochon, mais terriblement efficaces. Lorsqu’ils étaient sur une affaire ils ne lâchaient pas le morceau, tels des pitbulls et ils ne comptaient pas leurs heures jusqu’à ce que l’os ait donné tout son jus. »

Résumé et avis

Le commissaire Aglaëe Boulu et le lieutenant Francesco Falcone, un duo remarquable, mènent l’enquête en Corse. Dans un cadre enchanteur fait de paysages montagneux et de villages isolés, leurs rencontres ne sont pas toujours chaleureuses.

hexa-1.generalDécidément les éditions du Caïman ont du flaire pour débusquer des nouveaux auteurs talentueux.  Après Guillaume Audru,  Martine Nougué, Patrick Caujolle, Annabelle Léna, autant d’auteur dont j’ai aimé les polars. Jérome Sublon est leur nouvelle révélation. Son livre nous happe dès les premières pages. Les intrigues sont parfaitement maitrisées. Ses personnages sont intrigants, troubles ou troublants et attachants à souhait . Un roman policier, mais pas que ! Jérôme Sublon nous balade entre paysages remarquable et psychologie des personnages.

L’auteur mêle deux histoires qui à priori n’en rien à voir l’une avec l’autre.

La première tourne autour du meurtre d’un jeune sénateur aux dents longues, Paul Terraré. Un personnage au combien public. Elle aura bien sur des conséquences politiques. N’oublions pas, nous sommes en Corse. Nous allons nous balader entre nationalisme et mafia.

La seconde est plus retors, nous allons avoir à faire à un tueur étrange et fanatique, qui sème la mort d’un bout à l’autre de l’île. Il se croit investi d’une mission divine, alors forcément.

Et puis, l’écriture de Sublon est directe et  juste, elle aussi. Juste subtile comme il faut avec une pointe d’humour. Une très belle découverte que ce premier titre d’un diptyque dont on attend la suite avec impatiente.

Lire le début ICI