Un vent de cendres de Sandrine Collette


Un vent de cendres de Sandrine Collette : à nouveau le coup de coeur.

 Sandrine Collette sera avec nous au salon de Saint Maur en poche 2017

Les 24 et 25 juin

Et j’aurai le plaisir de la recevoir sur un plateau

Un vent de cendres est a été réédité le 21 janvier 2015 aux éditions Le livre de poche. 7€10 ; (286 p.) ; 18 x 11 cm.sandrine Collette vzent de cendres

 Extrait : « Une sorte de nausée le raidit. Le début de la colère. A l’intérieur ça sature, et sa gorge se noue de ne pas laisser sortir les insultes. Ce n’est pas tant le mépris qu’il a de ces gens, il le sait : c’est une vieille jalousie haineuse qui le charcute du dedans à les croire tous heureux, et même si ce n’est pas vrai, si certains sont au bout du rouleau, ils font semblant et rient aux éclats, la tête haute, ils font semblant et ça ne se voit pas. Au fond de lui, Octave n’a que violence et chagrin à présenter. Son visage ne ment pas, défait, livide. »

 

Un vent de cendres de Sandrine ColletteLe livre : Un vent de cendres de Sandrine Collette. Paru le 13 février 2014 chez Denoël, collection sueurs froides. 18,00€ (260 p.) ; 23 x 16 cm

4e de couv :

Un vent de cendres

Des années plus tôt, un accident l’a défiguré. Depuis, il vit reclus dans sa grande maison. Jusqu’au jour où surgit Camille…

Malo a un mauvais pressentiment. Depuis leur arrivée au domaine de Vaux pour faire les vendanges. Octave, le maître des lieux, regarde sa soeur Camille d’un oeil insistant. Le jeune homme voudrait quitter l’endroit au plus vite, partir loin de cette angoisse qui ne le lâche plus.

Camille trouve ses inquiétudes ridicules, mais Malo n’en démord pas. L’étrange fascination d’Octave pour Camille, pour ses cheveux d’un blond presque blanc, le met mal à l’aise. Camille, elle, oscille entre attirance et répulsion envers cet homme autrefois séduisant, au visage lacéré par une vieille blessure.

Ils se disputent et, le troisième jour, Malo n’est plus là. Personne ne semble s’en soucier, hormis Camille qui veut retrouver son frère à tout prix.

Mais leur reste-t-il une chance de sortir vivants de ce domaine, ou le piège est-il déjà refermé ?

L’auteur : Sandrine Collette est née en 1970. Elle est docteur en science politique. Son premier roman. Des noeuds d’acier, a reçu le Grand Prix de littérature policière 2013.
 « Envoûtée par l’attraction qu’exercent les monstres et qui fait qu’on ne peut pas s’empêcher de les regarder, ni de croire qu’ils pourraient se transformer en princes et être sauvés. »

 

Résumé et avis :

J’étais impatiente de lire ce deuxième roman de Sandrine Colette. Il faut dire que le précédent , des nœuds d’acier, avait été un coup de cœur absolu. Alors forcément je l’attendais au tournant. On sais tous qu’après un tel coup d’éclat avec le premier, le cap du deuxième roman est un épreuve à surmonter pour l’auteur.

 Alors je me suis précipitée chez mon libraire quand j’ai su que Mme Collette venait dédicacer son dernier titre en avant première, avant sa sortie nationale. Alors bien sur je me suis plongée dans l’histoire : Camille enquête sur la disparition mystérieuse de son frère Malo au cœur d’un domaine champenois où il travaillait en tant que vendangeur. Elle peut compter sur l’aide du maître de maison, un homme étrange, muré dans le silence depuis dix ans.

J’ai été totalement captivé et j’ai vécu cette semaine de vendange au rythme de cette saison. J’y ai retrouvé une partie de mon adolescence, oui j’ai fait les vendanges et en champagne de surcroît alors que j’étais lycéenne puis étudiante.  Et je ne vous parlerais même pas des fêtes, que dis-je des beuveries que cela engendrait.
Oui j’ai été captivée par les personnages, j’ai complètement accroché à l’écriture, j’ai adorée ce livre.
Je m’y suis totalement plongée comme envoûtée. La semaine de vendange est tellement bien décrite que j’ai eu l’impression d’y être. Et puis l’écriture sobre de Sandrine, moi, me touche toujours autant.
Tout est d’une justesse impeccable, pas un mot de trop. Ses personnages sont bouleversants. Et le mythe de la Belle et la Bête est remarquablement revisité. L’insouciance côtoie le drame. Peut-être même l’engendre-t-elle.

Alors, si vous n’avez jamais lu Sandrine Colette , précipitez vous sur ce titre et découvrez une nouvelle grande plume.
Ou, si comme moi, vous avez adorez son premier roman, alors ne cherchez pas à les comparer. Ils sont totalement différents aussi bien dans leur construction que dans leur façon d’aborder le drame et son intensité.
Mais, au final, il en reste deux œuvres magistrales.

 

Extrait : « Octave l’imagine comme une vague immense, avalant tout sur son passage, et qui comme toutes les vagues ira échouer sans force et sans avenir, vomissant ses violences, sur une plage inerte. Peut-être lui faut-il encore du temps pour apprendre la vie, ses compromis et ses demi-mesures. Il se trouvera bien un jour qui l’obligera à ça. Un jour si proche. »


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Morwenna de Jo Walton


 Le livre Morwenna de Jo Walton. Traduit de l’anglais (Pays de Galles) par Luc Carissimo. Paru le 10/04/2014 chez Denoël dans la collection Lunes d’encre.  (334 p.) ; 21 cm.
4e de couv :

Morwenna Phelps, qui préfère qu’on l’appelle Mori, est placée par son père dans l’école privée d’Arlinghurst, où elle se remet du terrible accident qui l’a laissée handicapée et l’a privée à jamais de sa soeur jumelle, Morganna. Là, Mori pourrait dépérir, mais elle découvre le pouvoir des livres de science-fiction. Delany, Zelazny, Le Guin et Silverberg peuplent ses journées, la passionnent.

Un jour, elle reçoit par la poste une photo qui la bouleverse, où sa silhouette a été brûlée. Que peut faire une adolescente de seize ans quand son pire ennemi, potentiellement mortel, est une sorcière, sa propre mère qui plus est ? Elle peut chercher dans les livres le courage de combattre.

Ode à la différence, journal intime d’une adolescente qui parle aux fées, Morwenna est aussi une plongée inquiétante dans le folklore gallois. Un roman touchant et bouleversant.

Ce livre a été réédité le 2 mai 2016 en poche chez Gallimard dans la collection Folio SF.   8€20 ; (417 p.) ; 18 x 11 cm

L’auteur : Jo Walton, née le 1 décembre 1964 à Aberdare au Pays de Galles, est une romancière britannique de science-fiction et de fantasy.  Jo Walton vit depuis 2002 au Canada avec son mari et son fils. Elle est l’auteure dune dizaine de romans remarqués. Bien que son roman Tooth and Claw, inédit en français, ait reçu le World Fantasy Award en 2004, il lui a fallu attendre la parution de Morwenna pour rencontrer le succès qu elle mérite.
Extrait :
« Puis, hier, j’ai trouvé la bibliothèque. J’ai obtenu la permission d’y passer le temps quand les filles sont sur le terrain de sport. Soudain, être estropiée commence à sembler un avantage. Ce n’est pas une bibliothèque extraordinaire, mais c’est tellement mieux que rien que je ne me plains pas. J’ai fini tous les livres que mon père m’a prêtés. (Il avait raison pour le roman accompagnant Empire Star, mais Empire Star lui-même est un des meilleurs livres que j’aie jamais lus.) Ici, j’ai trouvé Le Taureau sorti de la mer et un autre Mary Renault dont je n’avais jamais entendu parler, L’Aurige, plus trois romans de SF pour adultes de C. S. Lewis. Les murs de la bibliothèque sont recouverts de boiseries et les chaises sont en vieux cuir craquelé. Jusqu’ici elle semble désertée par tout le monde sauf moi et la bibliothécaire, Miss Carroll, avec qui je suis scrupuleusement polie.
Je vais avoir l’occasion de tenir mon journal intime. Une des pires choses, ici, c’est qu’il est impossible d’être tranquille et que les gens vous demandent tout le temps ce que vous faites. « J’écris un poème » ou « Je tiens mon journal » serait le baiser de la mort. Au bout de quelques jours, j’ai renoncé à essayer, même si j’en avais vraiment envie. Elles me trouvent déjà bizarre. Je dors dans un dortoir avec onze autres filles. Je ne suis même pas seule dans la salle de bains — il n’y a de portes ni aux toilettes ni aux douches, et bien sûr elles trouvent que l’humour scatologique est le comble de l’esprit. »

Le post-it du bibliothécaire

A 15 ans, Morwenna Phelps perd sa soeur jumelle dans un accident de voiture qui la laisse handicapée. Soupçonnant sa mère, une femme à moitié folle adepte de magie noire, elle se réfugie chez son père qui la place en pensionnat. Mais elle ne parvient pas à se libérer tout à fait des secrets qui entourent sa famille et puise du réconfort dans le pouvoir des livres.

Prix Hugo du meilleur roman 2012, Prix Nebula du meilleur roman 2011 et Prix British Fantasy du meilleur roman 2012… On ne peut pas dire que ce roman soit passé inaperçu dans le petit monde de la science-fiction !

Rédigé sous forme de journal intime, le récit retrace une période difficile de la vie de Morwenna, 15 ans, victime d’un accident qui a tué sa sœur jumelle et l’a laissé estropiée.

C’est par les livres et un peu de magie (Morwenna parle au Fées) que la jeune fille va parvenir à s’épanouir.

Jo Walton nous livre ici un magnifique portrait d’une adolescente différente, personnage fascinant dont on adore lire les confidences, et partager son regard sur le monde. C’est aussi une véritable déclaration d’amour aux livres et à tous ceux qui nous aident à les découvrir (notamment un hommage magnifique fait aux bibliothèques…)

 

J’ai lu ce titre dans le cadre du challenge  Printemps Elfique 2017 sur le blog de Stelphique

Mon Féérique Blog 

 

Récidive de Sonia Delzongle


Récidive de Sonia Delzongle, le chouchou du week-end

Le livre : Récidive de Sonia Delzongle. Paru le 6 avril 2017 chez Denoël dans la collection Sueurs froides.  20€90 ; (411 p.) ; 23 x 16 cm.

4ème de couv. :

Saint-Malo, hiver 2014. Du haut des remparts, sorti de prison, Erwan Kardec contemple la mer en savourant sa liberté. Il y a trente ans, il a tué sa femme à mains nues, devant leur fille, Hanah. Jamais il n’aurait été démasqué si la fillette n’avait eu le courage de le dénoncer. Malade, nourri d’une profonde haine, il n’aura de cesse de la retrouver avant de mourir.

À New York, au même moment, Hanah, qui a appris la libération de l’assassin de sa mère, est hantée par le serment qu’il lui a fait de se venger. De cauchemars en insomnies, son angoisse croît de jour en jour. Pourquoi a-t-il tué sa mère? Quand surgira-t-il? Quels sont ces appels anonymes?

La confrontation est inévitable.

Quand on est traqué, mieux vaut-il se cacher, ou regarder la mort dans les yeux?

L’auteur : Sonja Delzongle est née le 28 août 1967 à Troyes dans l’Aube d’un père français et d’une mère serbe, Sonja Delzongle a grandi entre Dijon et la Serbie. Elle a mené une vie de bohème, entre emplois divers (les plus marquants ayant été le commerce artisanal africain-asiatique et la tenue d’un bar de nuit) et écriture. C’est en 2011 qu’elle commence l’écriture de Dust. Sa passion pour l’Afrique, qui remonte à sa petite enfance, l’a amenée à y faire de multiples séjours. Sonja Delzongle, dont la jeunesse a été marquée par la guerre en Serbie, a été confrontée en Afrique à une autre vision de la violence et de la misère, et a voulu l’explorer dans ce thriller très réaliste. Elle partage aujourd’hui sa vie entre Lyon et la Drôme.
Extrait : 
Contre ses cuisses, entre ses mollets que protègent des chaps en cuir, ondulent à chaque foulée dans le sable les muscles gonflés sous la robe havane luisante de sueur. Il perçoit le moindre frémissement du cheval auquel il est soudé dans une course silencieuse. Seul le roulement feutré des sabots sur le sable, mêlé au souffle régulier de la jument, lui parvient. L’accord parfait entre le cavalier et sa monture. Ensemble, ils sont un tout.

 

Mon petit avis :

Les chouchous du week-end reviennent sur Collectif Polar et de la plus belle des manières puisque c’est le dernier opus de Sonja Delzongle qui ré-ouvre le bal après plusieurs semaines de suspension. Et Récidive est la titre parfait pour le retour de mes chouchous.

Erwan Kardec vient d’être libéré après vingt-cinq ans de prison. Condamné pour le meurtre de sa femme, il avait été dénoncé par sa fille. Sa santé se dégrade mais, avant de mourir, il veut la retrouver pour la tuer. Hanah Baxter, profileuse, vit dans l’angoisse. Elle sait que son père a été libéré et, même si elle a changé d’identité, elle est certaine qu’il va la trouver.

Voilà la toile de fond est posé. Sonja Delzongle revient avec Récidive, le troisième opus des aventures d’Hanah Baxter. Si vous avez suivi celles-ci vous savez déjà qu’Hanah porte en elle un lourd secret. Aussi en ce premier semestre 2014, sa vie risque-t-elle bien de basculer, elle le sais et elle va devoir affronter ses peurs. Elle si prépare mais est-elle vraiment prête. N’est-on jamais prêt à affronter nos pires cauchemars m^me quand on veut, comme Hanah, à tout prix connaître et apprendre la vérité.

Vous l’aurez compris dans cet opus, Sonja Delzogle nous entraîne avec elle dans le passé de son héroïne. Elle a décidé de nous dévoiler une partie de l’histoire d’Hanah. Elle la met au coeur de son intrigue pour mieux nous la révéler. Nous montrer ses forces mais aussi ses faiblesses et ses failles. Car si Baxter est dans une profileuse de renommée internationale, si elle a parfaitement réussi sa vie professionnelle, Hanah a quant à elle plus de mal à stabiliser sa vie sentimentale. Car en effet si Hannah Baxter peut sembler être droite dans ses bottes, on sent bien que ça et là il y a des fragilités. C’est ce qui la rend si touchante, si attachante, si complexe aussi. C’est ce qui lui confère sans charisme. Car Hanah Baxter est un personnage que l’on aime. Et que l’on aime retrouver aussi.

Aussi quand j’ai su que ce titre allait sortir, je savais que j’allais le lire et je n’ai pas pu résister à la tentation de filer l’acheter chez mon libraire dès le jour de sa parution. Il me le fallait coûte que coûte. Et je sais déjà que je lirai le prochain car j’avoue je suis devenue une fan inconditionnelle de Sonja Delzongle.

Il faut dire que Sonja, si elle a décidé de garder son personnage central, d’en faire un personnage récurrent que l’on aime retrouver d’un livre à l’autre, n’écrit jamais la même histoire. Elle ne reprend jamais les mêmes schémas.

Mais il y a une constance dans ses bouquins. C’est celle qu’elle met à défendre les différences. Et ici encore il y est question d’homosexualité, d’acceptation de soi, du regard des autres. De se construire malgré l’homophobie de ces proches, de sa propre famille, de la société dans laquelle en vit, du milieu dans lequel on travaille. Il est, encore aujourd’hui plus facile d’être gay quand on évolue dans un milieu culturel plutôt qu’au sein de l’armée ou la police. Plus facile de le dire à son entourage professionnel, à le vivre au grand jour, sans se soucier du qu’en dira t’en et du jugement culpabilisant cassant et blessant voire méprisant et humiliant des autres.

Alors merci pour tout cela Sonja et pour le reste aussi. Car si ta plume est au top et plus affûtée que jamais, tu nous gratifies en plus d’une belle histoire d’amour et d’amitié naissance, une parfait suspense et d’un twist surprenant. Tu nous offre une histoire sensible, humaine et sensuelle à la fois.

Un énorme coup de coeur.

Mais…Dis-moi, Sonja, c’est quand que tu reviens nous enchanter à nouveau ?

Bon moi en attendant je vais me faire un plateau d’huître.

 

 

Le maître des insectes de Stuart Prebble


 Collectif polar.biblio
 97822071239420-2575036Le livre : Le maître des insectes de Stuart Prebble. Traduit de l’anglais par Caroline Bouet.   Paru le 12 mars 2015 chez Denoël dans la collection Suspense. 20,50 € .  (349 p.) ; 23 x 16 cm

97820704671290-3166713Réédité en poche le 15 avril 2016 chez Gallimard dans la collection Folio Policier.  8€20  ; (381 p.) ; 18 x 11 cm

 

Quatrième de couverture

Le maître des insectes

Londres, années 1960. Quand Jonathan Maguire émerge d’un mauvais sommeil sur le sol du salon, il a les mains couvertes de sang et le corps de sa femme Harriet gît à ses côtés. Seule lui revient à l’esprit une violente dispute avec cette dernière, qu’il soupçonnait d’infidélité.

Jonathan est le tuteur de son grand frère Roger, dont le handicap mental l’empêche d’être autonome et qui consacre tout son temps libre à un étrange et spectaculaire élevage d’insectes.

Anéanti par la mort de sa jeune épouse, Jonathan est néanmoins déterminé à échapper à la police, terrifié à l’idée que s’il était arrêté pour meurtre, Roger serait placé dans une institution. Jonathan a sacrifié trop de choses, y compris son mariage, pour accepter cette éventualité. Lui seul peut protéger Roger, à la fois incapable d’exprimer sa pensée et terriblement lucide quand il s’occupe de ses milliers de créatures grouillantes.

indexL’auteur : Stuart Prebble est né en 1951. Il a travaillé à la télévision britannique en tant que journaliste et producteur pendant plus de trente-cinq ans. Il dirige maintenant sa propre société de production. Le Maître des insectes est son premier roman traduit en France

Extrait :

Si vous avez eu la chance de pouvoir dire la vérité pendant presque toute votre existence, il vous sera probablement impossible d’imaginer à quel point vivre sans cesse dans le mensonge est éreintant. A quel point il est usant de devoir toujours veiller à combler le gouffre entre ce que vous pensez et ce que vos mots, vos actions et votre regard renvoie au monde extérieur.

Résumé et avis des bibliothécaires : Pierre et Geneviève

imagesDans le Londres des années 1960, après l’incendie qui a coûté la vie à leurs parents, Jonathan  Maguire devient responsable de Roger, son jeune frère handicapé mental, et doit laisser tomber la fac pour gagner sa vie. Il peut heureusement compter sur le soutien de sa femme Harriet, une musicienne de talent. Quant à Roger, apparemment indifférent à ce qui l’entoure, il se passionne pour les insectes qu’il élève dans une cabane au fond du jardin. Les années passent et les insectes se multiplient… Mais envers et contre tous, Jonathan  protège son jeune frère, Roger, ce garçon réputé simple d’esprit, qui consacre tout son temps libre à l’élevage d’insectes. Malgré ses difficultés de
concentration, Roger maîtrise cet univers peuplé de milliers de créatures avec une aisance déconcertante. A tel point que son entourage commence à douter de ce dont il est réellement capable.

Un polar riche en rebondissements, où l’auteur prend le temps de mettre soigneusement en place tous les éléments complexes et les personnages qui forgeront la trame de l’histoire et où chaque recoin sera exploré au fil de nos doutes et incertitudes de lecteur. Tel le grand frère handicapé du narrateur, il reste en retrait, en témoin attentif et extérieur, nous regardant errer d’une hypothèse à l’autre jusqu’à la toute fin du roman. Un suspense psychologique captivant.

Les larmes noires sur la terre de Sandrine Collette


chouchous-du-week-end

Les larmes noires sur la terre de Sandrine Collette, le chouchou du week end !

Comment pouvait-il en être autrement !

jusLe livre :  Les larmes noires sur la terre de Sandrine Collette. Paru le 2 février 2017 chez Denoël dans le collection Sueurs Froides. 19€90 ;  (333 p.) ; 21 x 14 cm.

4e de couv :

Il a suffi d’une fois. Une seule mauvaise décision, partir, suivre un homme à Paris. Moe n’avait que vingt ans. Six ans après, hagarde, épuisée, avec pour unique trésor un nourrisson qui l’accroche à la vie, elle est amenée de force dans un centre d’accueil pour déshérités, surnommé « la Casse ».
La Casse, c’est une ville de miséreux logés dans des carcasses de voitures brisées et posées sur cales, des rues entières bordées d’automobiles embouties.
Chaque épave est attribuée à une personne. Pour Moe, ce sera une 306 grise. Plus de sièges arrière, deux couvertures, et voilà leur logement, à elle et au petit. Un désespoir.
Et puis, au milieu de l’effondrement de sa vie, un coup de chance, enfin : dans sa ruelle, cinq femmes s’épaulent pour affronter ensemble la violence et la noirceur du quartier.
Elles vont adopter Moe et son fils. Il y a là Ada, la vieille, puissante parce qu’elle sait les secrets des herbes, Jaja la guerrière, Poule la survivante, Marie-Thé la douce, et Nini, celle qui veut quand même être jolie et danser.
Leur force, c’est leur cohésion, leur entraide, leur lucidité. Si une seule y croit encore, alors il leur reste à toutes une chance de s’en sortir. Mais à quel prix ?

Après le magistral Il reste la poussière, Prix Landerneau Polar 2016, Sandrine Collette nous livre un roman bouleversant, planté dans le décor dantesque de la Casse.

jussL’auteur : Sandrine Collette  née à Paris dans le courant de l’année 70. Elle passe un bac littéraire puis un master en philosophie et un doctorat en science politique.

Elle devient chargée de cours à l’Université de Nanterre, travaille à mi-temps comme consultante dans un bureau de conseil en ressources humaines et restaure des maisons en Champagne puis dans le Morvan.

Aujourd’hui la vie de Sandrine Collette est rythmé par l’écriture à laquelle elle se consacre entièrement.

 

Extrait :
« Sous sa joue, la terre est chaude, une argile rouge et brune avec laquelle joue l’enfant quand elle ne le voit pas, collée à ses mains minuscules, ne se détachant qu’au moment où il verse dans une flaque en riant, pull taché et pantalon trempé, elle le gronde, il continue, et à cet instant allongée sur le sol elle supplie en silence, l’entendre rire encore une fois, rien qu’une seule, alors cela vaudrait la peine de griffer la marne de ses doigts sans ongles, de faire un effort inhumain pour ouvrir ces yeux déjà éteints et qui pleurent par avance, la chaleur, juste, l’étouffante brûlure. »

Mon petit avis :

Six ans après avoir quitté son île natale pour suivre un homme à Paris, Moe tente de survivre avec son nourrisson. Elle est conduite par les autorités à la Casse, une ville pour miséreux logés dans des voitures brisées. Au milieu de ce cauchemar, elle fait la connaissance de Jaja, Marie-Thé, Nini, Ada et Poule, cinq femmes qui s’épaulent pour affronter la violence du quartier.

Non de dieu, est ce possible mais Sandrine Collette a écrit ce livre pour moi.

Tout ici est fait pour me plaire.

D’abord les mots de Sandrine, que je reconnaîtrais entre mille. Je me fout que ce livre ne soit pas un polar. Sandrine arriverait à me faire lire de l’auto-fiction rien que pour le plaisir de lire sa prose. Mais heureusement il n’en est. La plume de l’auteur est désormais noir ! C’est ce qu’elle a envie d’écrire, du noir, et j’avoue que tout cela me va bien.

Et puis il y a l’histoire, celle de ces femmes, mise à mal dans une société ou rien ne doit déborder.

Sandrine Collette nous propose un roman d’anticipation rien de moins. Dans ce futur proche, les marginaux, les SDF, les indigents, les cas sociaux sont mis au rebut. Ils vivent entre eux, recréent un semblant de société. Ils ont leur ville.Une Ville Casse. Un no man land  loin de la société bien pensante. Un vaste terrain vague entouré de barbelé d’où on ne ressort pas ou alors les pied devant.

On va suivre l’histoire de Moe qui pour vivre son rêve va suivre un homme en métropole. Loin de son île elle va vite déchanter. Moe, seule dans la grisaille de la campagne francilienne va devenir la bonne à tout faire de cet homme aigri, alcoolique et violent. Mais Moe est maligne, et elle va tout mettre en oeuvre pour s’en sortir. Jusqu’au jour où tout bascule Et que Moe est son nourrisson sont conduit dans ce foyer social ( enfin social il ne l’ai plus depuis longtemps) à ciel ouvert.

Heureusement dans sa déchéance, sa descente aux enfer Moe va faire la connaissance de cinq femmes qui pour survivre pratiquent l’entraide et la solidarité dans ce monde égoïste et violent. Et qui ensemble forme une famille unie.

Et à travers les portraits de ces femmes que nous découvrons au fil des pages , l’auteur nous donne à voir les dérèglements de notre société. Une société de plus en plus régie par l’argent, le profit où l’humain est totalement oublié. Et quand tout va mal, le premier être humain à morfler c’est la femme. Partout ou l’humanité souffre, la femme est mise à mal.

Comment vous dire que ce roman m’a bouleversée, chaque phrase martelant son rythme en moi ! La puissance des mots de Sandrine Collette, le souffle qu’elle leur insuffle, m’ont traversée de part en part.

Sandrine je te le redis, tu es faite pour le noir, tu es une grande dame de noir,  une sacrée grande dame du noir même. Merci pour ce magnifique cadeau que sont Les larmes noires sur la terre.

Quand la neige danse de Sonia Delzongle : L’ABCdaire de deux nanas fondues de


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Bonjour à tous,

Nous sommes de retour !! Les motordus d’Anne-Ju et Collectif Polar sont heureuses de vous retrouver pour cette nouvelle lecture commune. Le choix s’est porté sur :

Quand la neige danse  de Sonia Delzongle.

Le principe est simple, avec Anne Ju, on se partage les 26 lettres de l’alphabet. Chacune met un mot sur chacune des  13 lettres qui lui ont été attribuées. Ces mots définissent, un sentiment, un ressenti, une impression que nous a laissé cette lecture. Ensuite, chaque mot sera expliqué par nous deux.

Ainsi vous retrouverez l’alphabet complet à travers nos deux blog.

Le challenge c’est aussi de parler du livre à travers des mots qui ne sont pas de notre propre ressenti.

9782207132845,0-3184173Le livre : Quand la neige danse  de Sonia Delzongle.Paru le 1er avril 2016 chez Denoël dans le collection Sueurs froides.. 20€90; (429 p.) ; 23 x 16 cm.

4e de couv :

Dans cet hiver polaire, quel esprit mauvais a imaginé d’échanger des petites filles contre des poupées ?

Février 2014, au nord de Chicago. La neige et le blizzard semblent avoir pétrifié la petite ville de Crystal Lake. Un matin, le médecin Joe Lasko reçoit un paquet. Y repose une magnifique poupée aux cheveux longs et roux, sosie de sa fille Lieserl disparue depuis plusieurs semaines. Comble de l’horreur : la poupée est vêtue exactement comme Lieserl le jour où elle s’est volatilisée.

Ce n’est pas tout. Depuis un mois, quatre fillettes ont été enlevées, et chacune des familles va recevoir une poupée. Joe, jeune divorcé, décide de mener sa propre enquête, aidé par une détective privée dont il était secrètement amoureux des années plus tôt. Conscients que l’affaire les dépasse, tous deux appellent à l’aide Hanah Baxter, la célèbre profileuse, et son inséparable pendule. Quelque part dans Crystal Lake, depuis très longtemps, quelqu’un s’en prend aux enfants. Les détient-il prisonnières ? Sont-elles encore en vie ?

 

DELZONGLE-Sonja-200x200L’auteur : Née en 1967 d’un père français et d’une mère serbe, Sonja Delzongle a grandi entre Dijon et la Serbie. Elle a mené une vie de bohème, entre emplois divers (les plus marquants ayant été le commerce artisanal africain-asiatique et la tenue d’un bar de nuit) et écriture. C’est en 2011 qu’elle commence l’écriture de Dust. Sa passion pour l’Afrique, qui remonte à sa petite enfance, l’a amenée à y faire de multiples séjours. Sonja Delzongle, dont la jeunesse a été marquée par la guerre en Serbie, a été confrontée en Afrique à une autre vision de la violence et de la misère, et a voulu l’explorer dans ce thriller très réaliste. Elle partage aujourd’hui sa vie entre Lyon et la Drôme.

 

Pour cette nouvelle lecture commune nous nous sommes partagé simplement l’alphabet, une lettre sur deux. Anne Ju commençant par le A…

Voici donc mon Abécédaire de B à Z

B

comme Baxter

 

GVL : Si vous ne connaissez pas encore Hanah Baxter c’est le moment de vous rattraper. Si au contraire vous la connaissez déjà, vous serez heureux de la retrouver. Egale à elle-même avec ses doutes et ses certitudes.

 

AJC : Hanah Baxter est une profileuse, d’origine française, qui a décidé de vivre aux Etats-Unis. Elle a une manière assez originale d’aider les forces de l’ordre à résoudre les enquêtes. Je ne peux pas trop vous parler d’elle, je ne veux pas spoiler. Mais il est intéressant de la découvrir dans Dust où elle est plus en avant. Dans cette nouvelle enquête, j’ai trouvé qu’elle était plus en retrait. Je ne suis pas déçue bien au contraire. Je trouve cela judicieux de la part de l’auteure car ça laisse les autres personnages à trouver leur place dans l’histoire.

D

comme Destination :

 

GVL : Après le continent africain avec Dust son premier roman, l’auteur nous embarque en Amérique du nord, au fin fond de l’Illinois .Cette fois-ci, après la chaleur étouffante du Kenya, c’est le climat glacial des hivers rigoureux du  nord des Etats Unis que nous allons découvrir.

 

AJC : On est un peu des globetrotters. On part avec notre sac à dos à la découverte de continents comme tu dis. Bon, l’Afrique n’est pas le continent qui m’attire vue sa chaleur et ses petites bêtes rampantes, les serpents. Je préfère m’emmitoufler dans un bon anorak et mettre mon bonnet. Après, c’est orignal de passer de la chaleur étouffante au froid extrême. Un sacré contraste mais réussi. Car comme tu le dis Geneviève, je n’ai eu aucune difficulté à me projeter dans cette ville bien tranquille, sur le papier !
 

F

comme Froid :

 

GVL : Oui, avec, nous allons avoir froid. Froid d’abord parce que du côté de Cristal Lake au nord de l’Illinois, à la Frontière du Wisconsin, les hivers sont plus que frisquets. Les températures en hiver battent souvent des records.  Mais nous allons avoir froid car l’intrigue que nous propose l’auteure va littéralement vous geler sur place. Mais je ne vous en dis pas plus, j’ai encore quelques lettres à développer.

 

AJC : On arrive en Eté, et nous on lit un livre où le -10° règne ! On est vraiment tordue !!
Je crois que la lettre suivante, j’ai un peu copié sur toi sans le savoir ;-).

 

H

comme Horreur :

 

GVL : Oui ce titre va nous glacer, car nous allons vivre l’horreur. L’horreur notamment de la perte d’un enfant. Car l’intrigue ici porte sur la disparition non pas d’un enfant mais de 4 petites filles. D’ailleurs y a-t-il pire horreur que de craindre qu’il ne soit arrivé le pire à son enfant ? De penser qu’un enfoiré de pédophile puisse lui faire du mal ? Qu’un malade lui fasse connaître les pires horreurs ?

Sonia Delzongle n’a pas besoin de sombrer dans le gore et les descriptions graveleuses pour nous monter l’horreur. Non, sa sobriété dans la description est à elle seule suffisante pour nous montrer l’horreur de la situation.

AJC : Il est vrai que ce livre traite d’un sujet sensible et hélas récurrent. Ce genre d’atrocité existe depuis la nuit des temps. C’est toujours un bon sujet de thriller. Car on touche à une corde sensible : les enfants.
Comment réagir à une pareille situation ? Tout le monde devient accusé. On se dit « que si on avait si.. ». On imagine le pire. On veut y croire ou s’y résoudre. Bref une horreur dans tous les sens du terme.

 

J

comme  J’espère :

 

GVL : Oui j’espère qu’à mi-temps de cet abécédaire vous avoir déjà convaincu que Quand la neige danse est un des livres que vous devez lire cette année.

Bon c’est vrai il nous reste encore pas mal de mots pour vous faire changer d’avis. Mais là personnellement, je foncerai déjà dessus.

Vous avez déjà un des personnages central, vous connaissez la destination, vous entrevoyez le décor et en plus vous savez que vous allez entrer dans l’horreur.

Tous les ingrédients pour une bonne histoire.

Bon OK, on poursuit et on détaille. Mais c’est bien parce que c’est vous !

 AJC :« L’espoir fait vivre ! »
Moi je veux : « L’espoir fait lire ! ». Je sais elle était un peu facile et je sors ;-).
Non je rentre, en disant, que j’’espère clairement que ce livre se retrouvera dans votre PAL. Mais on espère surtout avoir votre retour aussi positif que négatif. Car on ne peut pas tout aimer.

 

L

comme Lesbienne :

 

GVL : Revenant à Hanah Baxter, notre héroïne est ouvertement homosexuelle. Elle l’assume parfaitement. L’auteure ne cherche pas à faire juste un effet ou un coup marketing en prenant ce parti. Non, elle a décidé sciemment une femme lesbienne comme personnage central de ses romans. Personnellement je trouve ça assez gonflé. Car même si aujourd’hui, l’homosexualité est plutôt bien acceptée, j’ai eu, en discutant du précédent livre de l’auteure avec quelques lectrices et lecteurs, des remarques assez étranges.

Dans Dust, il y a une scène de sexe assez soft, à mon avis, Trop hot pour d’autres. Certaines ont été choquées. « Oui quand même deux femmes ensemble, c’est peu probable ». Ah bon ? Ou encore « ça n’avait rien à faire là, ça apporte rien à l’histoire »…OK, mais alors si on retire toutes les scènes de cul des romans, il va y en avoir un paquet qui vont se retrouver raccourci. Et sans vilain jeu de mot. J’ai même entendu « oui mais on n’arrive pas à se projeter dans ce personnage, à s’identifier ». Pourquoi, chère Madame, tu t’identifies mieux dans un Jules Maigret ou un Kurt Wallander ?

Ici c’est un postulat de départ, à point c’est tout. Et c’est très bien comme ça !

AJC : Effectivement, notre profileuse est lesbienne ! Et alors ? Franchement, c’est un choix propre à l’auteure. Elle casse les codes et elle a raison. Moi, je l’ai vu sur un plan complètement secondaire. Je m’en moque de l’identité sexuelle des individus. Bon je calme !
Dominique Sylvain a été une des premières à utiliser une femme comme héros de ses polars avec Louise Morvan. Et niveau sexualité, Louise est totalement libérée. Hey je dis : il était temps ! Alors que Sonja Delzongle est choisi une femme lesbienne qui aime la coke qui drague quand une femme lui plait, qui s’assume et qui le vit pleinement, je dis YES !!!
Je rigole en imaginant que ces personnes qui t’ont fait ses réflexions, Geneviève, ont certainement lu des scènes de viols pires que la scène super soft dans Dust !!

 GVL : Oui, Anne Ju. Chacun place le curseur de sa tolérance où il peut, mais là, j’ai là j’avoue je n’ai pas vraiment compris en quoi ça pouvait être un obstacle à la lecture.

 

N

comme Neige :

 

GVL : La neige ici est omniprésente. La neige qui recouvre tout de son épais manteau blanc. La neige qui d’habitude est si apaisante, toute ses étendus immaculées qui pourraient nous rappelé la pureté. Ici, elle empêche de progresser, elle met un frein en recouvrant certaine piste….Une neige angoissante en somme ! Comme l’ai la lecture de ce bouquin !

 AJC : On aura vraiment revu tous les termes climatiques pour ce livre ;-). Comme tu dis la neige a un côté apaisant, doux. J’adore regarder la neige tomber . Elle danse, c’est vrai. De plus, les paysages sous  la neige sont souvent à couper le souffle. De toute façon, je suis plus neige que chaleur !

P

comme Profilage :

 

GVL : J’ai hésité avec Pendule !

On vous a parlé d’Hanah Baxter, c’est même avec ce personnage qu’on a voulu vous présenter ce livre. Comme de dit Anne-Ju dans sa définition de la lettre B, Baxter est profileuse ou psycho- criminologue. Comme vous préférez. Et si elle possède toutes les techniques et les sciences de cet art, c’est qu’elle a un petit quelque chose en plus. Un don qui la singularise, un don qui lui vient de son enfance. Mais là non plus je ne vous en dit pas plus, je vous laisse le plaisir de le découvrir par vous-même.

 

AJC : Bon moi j’en ai déjà un peu parlé dans le complément de tes définitions mais je pense que l’on en dira pas plus sur ce personnage. En tout cas, les thrillers, américains ou autres, aiment bien utiliser des profileurs un peu hors du commun comme dans L’écorchée de Donato Carrisi.

 

GVL : Mais Carrisi, il n’est pas américain ! lol

 

R

comme Rigoureux.

 

GVL : Non je ne vais pas vous parler encore des frimas de l’hiver. Quoi que la saison et son climat tiennent une grande place dans cette enquête.

Non, je vais vous parler de la rigueur de l’écriture et du style de l’auteure. Une écriture simple, sans fioriture qui rend le style alerte et lui insuffle un rythme soutenu embarquant le lecteur sans lui laisser de répit jusqu’à la chute finale.

Sonja Delzongle est aussi très rigoureuse quand il s’agit de décrire la psychologie de ses personnages. Chacun a ses traits propres. Chaque caractère est parfaitement défini. Chaque protagoniste a sa propre personnalité et elle est  totalement crédible avec ses actes. Chacun d’eux révèle ses parts d’ombres et de lumière, ses failles, ses faiblesses et ses forces.

 

AJC : Bref Soja Delzongle a bien bossé pour nous rendre tout ceci le plus crédible possible, le plus réel. Réussi. Vivement un troisième roman.

 

 

Tcomme Thriller

 

GVL :En situant son action aux États-Unis, Sonja Delzongle envoie un signal fort au lecteur. Comme Claire Favan et bien avant elle, Maud Tabachnik, les auteures françaises aiment ce pays pour jouer sur les terres des maitres du thriller. Et nos frenchies y jouent parfaitement leur partition. Elles jouent jeu égal voire surpassent les américains sur leur propre plat de bande.

De plus, Sonja Delzongle partage un autre point commun avec Maud Tabachnik. Elles sont toutes les deux pour héroïne, une femme homosexuelle. Et ça il fallait aussi l’oser.

 

AJC : Bon choix pour cette lettre. Il est vrai que l’auteure se lance un sacré défi en jouant dans la cour des grands avec ce thriller « américain ». Après, comme tu dis, elle n’est pas la première mais ll faut bien essayer. L’essai est même très concluant. Elle a bien fait de se lancer car elle a dû être attendue au tournant.

V

comme Vengeance

 

GVL : Et oui la vengeance, avec l’argent et le sexe, est un des mobiles les plus courants du crime.

Cette action par laquelle une personne offensée, outragée ou lésée, inflige en retour à l’offenseur  afin de le punir. Souvent le résultat de cette action est dû à un simple ressentiment.

Un infime ressentiment qui prend une ampleur démesuré et qui devient un mobile de rancœur et de vengeance entraînant des représailles et un châtiment démesurés par rapport à l’offense.

 

AJC : Ah la vengeance ! Si elle n’existait pas, il aurait fallu l’inventer. Ce motif a donné naissance à des chefs d’œuvre aussi bien littéraires que cinématographiques et hélas fait aussi de sacrés faits divers bien sordides. Mais l’auteure se nourrit de tous ces faits divers pour écrire ses romans. C’est utile nous direz-vous ?  Disons que cela est rentré dans les mœurs. Qui n’a jamais rêvé de se venger de quelqu’un ou de quelque chose ? Personne !

X comme Xanax

 

GVL : Oui je sais, vous vous demandez bien ce que vient faire ici un médicament à base de benzodiazépine.

Les benzodiazépines sont des molécules employées comme tranquillisant, possédant d’autre part des propriétés sédatives, hypnotiques (facilitant le sommeil), anticonvulsivantes et amnésiantes (inhibant la mémoire).

Et bien vous allez continuer à vous le demander jusqu’à ce que vous lisiez ce bouquin.

Moi aussi je sais faire monter la tension à son paroxysme. MdR

 

AJC : Geneviève, tu as trouvé un remède miracle ! Si tous les gens mélancoliques ou dépressifs, lisaient un livre au lieu de prendre du xanax. Le monde se portrait mieux.
Un concept à développer !

 

GVL : Et oui, même les thrillers sont mieux pour s’endormir que ces petites pilules. Les insomnies sont plus agréables avec un bon livre.

Z

comme Zoom :

 

GVL : Oui pour conclure cet Abécédaire j’aimerais faire un gros zoom. Enfin un, c’est façon de parler.

D’abord j’aimerai remercier Anne Ju, sans qui cette ABCdaire n’aurait jamais vu le jour. Même si j’en suis à l’origine, c’est elle qui m’a aidé, tellement j’étais à la ramasse. Alors Merci Petit Padawan.

Ensuite je voudrais remercier Sonja Delzongle et avec elle Caroline Lépée qui me l’a fait découvrir. Surtout mesdames ne changeaient rien, vous êtes une équipe qui gagne.

Et vous chères lectrices zé lecteurs, surtout ne passez pas à coté de cette auteure.

Perso je l’attendais au tournant, ayant adoré son précédent roman, je voulais être surprise. Et là, Sonja a fait fort, plus fort même encore ! Mêlant polar, thriller et roman psychologique !

 Alors merci à vous de suivre mes conseil de lecture J

Et Quand la neige danse est un gros coup de cœur

AJC : Alors pour ma part, vous reprenez les mêmes phrases que Geneviève mais vous changez le « je » par «nous » car je pense pareil.
Sauf au début où je ne vais pas me remercier ….quoique si je pourrais vu que c’est validé par Geneviève ;-). Donc je me remercie d’avoir été au bout de cet exercice beaucoup plus épuisant qu’une chronique « classique » même si rien n’est classique avec moi.
Mais c’est, Geneviève, oui toi qui te caches derrière ta tablette de chocolat noir au sésame, que je remercie de m’avoir permise de rencontrer Sonja Delzongle et Caroline Lépéé lors d’un petit déjeuner au QDP. Je suis repartie avec les deux livres et une envie forte de la découvrir. Aucun regret ! C’est un essai transformé pour tout le monde.

GVL : C’est aussi le rôle d’un maitre Jedi que de partager. Alors…

Je suis là, aussi, pour te faire profiter de mes réseaux cher Petit Padawan.

Surtout quand il s’agit de partager des rencontres, des échanges et des lectures de cette qualité.

 

L’Abécédaire d’Anne JU c’est ICI

Et retrouvez nos premiers ABCdaires ICI :

Nicolas Lebel ; Marie Vindy ; Laura Sadowski ; Sarah Waters ; Sandrine Collette et Philippe Cavalier

Ainsi que notre Lecture commune de Gipsy Paladini.

A vous de jouer maintenant, laisser nous vos impressions. Parlez nous de vos ressentis sur ce 4e roman de Sandrine Collette, sur ses autres roman aussi, sur l’auteur bien sur. Mais aussi sur cet Abécédaire. Donnez nous, donnez moi vos avis, vos critiques, vos remarques.

On peut en parler !

 

Il reste la poussière de Sandrine Collette : L’ABCdaire de deux nanas fondues de Collette


L'ABCdaire de deux nanas fondues de Colette

Bonjour à tous,

Nous sommes de retour !! Les motordus d’Anne-Ju et Collectif Polar sont heureuses de vous retrouver pour cette nouvelle lecture commune. Le choix s’est porté sur :

Il reste la poussière de Sandrine Collette

 

Le principe est simple, avec Anne Ju, on se partage les 26 lettres de l’alphabet. Chacune met un mot sur chacune des  13 lettres qui lui ont été attribuées. Ces mots définissent, un sentiment, un ressenti, une impression que nous a laissé cette lecture. Ensuite, chaque mot sera expliqué par nous deux.

Ainsi vous retrouverez l’alphabet complet à travers nos deux blog.

Le challenge c’est aussi de parler du livre à travers des mots qui ne sont pas de notre propre ressenti.

$$$&&&SColLe livre  Il reste la poussière de Sandrine Collette. Paru le 25 janvier 2016 chez Denoël dans la collection Sueurs Froides.  19,90 euro ; (301 p.) ; 23 x 16 cm.

4e de couv : 

Patagonie. Dans la steppe balayée de vents glacés, un tout petit garçon est poursuivi par trois cavaliers. Rattrapé, lancé de l’un à l’autre dans une course folle, il est jeté dans un buisson d’épineux.

Cet enfant, c’est Rafael, et les bourreaux sont ses frères aînés. Leur mère ne dit rien, murée dans un silence hostile depuis cette terrible nuit où leur ivrogne de père l’a frappée une fois de trop. Elle mène ses fils et son élevage d’une main inflexible, écrasant ses garçons de son indifférence. Alors, incroyablement seul, Rafael se réfugie auprès de son cheval et de son chien.

Dans ce monde qui meurt, où les petits élevages sont remplacés par d’immenses domaines, l’espoir semble hors de portée. Et pourtant, un jour, quelque chose va changer. Rafael parviendra-t-il à desserrer l’étau de terreur et de violence qui l’enchaîne à cette famille ?

Depuis son premier roman, Des noeuds d’acier, Grand Prix de littérature policière, Sandrine Collette «confirme avec éclat qu’elle a tout d’une romancière accomplie». (François Busnel, L’Express.)

$$$&&&collettes2016ph.matsasL’auteur : Sandrine Collette est née en 1970 à Paris. Elle passe un bac littéraire puis un master en philosophie et un doctorat en science politique. Elle devient chargée de cours à l’université de Nanterre, travaille à mi-temps comme consultante dans un bureau de conseil en ressources humaines et restaure des maisons en Champagne puis dans le Morvan.

Elle décide de composer une fiction et sur les conseils d’une amie, elle adresse son manuscrit aux éditions Denoël, décidées à relancer, après de longues années de silence, la collection « Sueurs froides » Des noeuds d’acier, son premier roman, paru  en 2013, a rencontré un vif succès critique et public. Il a reçu le Grand Prix de Littérature policière. Aujourd’hui, elle partage sa vie entre l’écriture et ses chevaux dans le Morvan.

Pour cette nouvelle lecture commune nous nous sommes partagé simplement l’alphabet, une lettre sur deux. Anne Ju commençant par le B…

Voici donc mon Abécédaire de A à Y

Acomme  Apreté :

GVL : C’est vraiment le premier mot qui m’est venu dès les premières pages de ce livre. Dès la vue de la couverture, même sans doute.

Apreté des sentiments, animosité des sentiments. Austérité du décor, cette steppe patagonienne, rudesse de cette terre. Dureté de ces espaces désertiques.

Rigueur du climat.

AJC : Ton mot est bien choisi car il peut avoir deux significations : celle que tu décris et aussi celle de quelqu’un qui poursuit quelque chose avec acharnement.  Je te rejoins totalement sur la 1ère définition. Ce livre assèche ! J’en avais presque du mal à déglutir.
Si on prend la seconde définition,  elle colle aussi parfaitement au roman. Les personnages ont tous une quête. Mais l’auteure aussi. Mais je pense que nous allons développer tout cela dans les autres lettres.

Ccomme Climat :

GVL : Oui, le climat est rude. Un climat qui vous forge un homme. Qui lui donne du caractère. Chaleur torride l’été, froidure extrême l’hiver. L’amplitude thermale ne laisse pas de place aux faibles. Pas plus aux hommes, qu’aux animaux. Les bêtes les plus résistantes passeront l’hiver. Ou mourront ! Leurs carcasses viendront se fondre dans le décor.

AJC : Il est vrai que le climat n’est pas tendre. Mais c’est un phénomène récurrent dans les romans de Sandrine Collette. Souviens-toi dans 6 fourmis blanches, le climat montagnard n’est pas des plus accueillant. Pour moi, c’est une des marques de l’auteure. A travers ce climat, elle nous fait passer des sensations allant souvent à l’extrême ! A la lecture de ce roman, j’avais le sentiment de sentir ce vent chaud balayant la poussière venant se coller sur moi.

Ecomme espace :

GVL : La Patagonie comme décor.

La Patagonie des steppes, celle des hauts plateaux. Des espaces désertiques et pelés à vue d’œil.  Des grands espaces que l’on voudrait synonyme de liberté mais qui souvent enferme les hommes à cause de la rudesse qui s’en dégage.

Des paysages à couper le souffle, des images qui évoquent l’évasion. Cette steppe qui court, qui s’allonge, qui s’élance jusqu’à la montagne pour horizon.

AJC : C’est vraiment une marque de fabrique de Sandrine Collette. Le Morvan doit l’inspirer ;-). On a connu la ferme, les vignes, la montagne et là la steppe. C’est grand étendue à perte de vue. Je ne connais pas la Patagonie. Je sais juste que  Florent Pagny y vit mais bon il ne m’a encore jamais invité. Le saligaud ! Je serai curieuse de savoir pourquoi elle a choisi ce décor si lointain.

GVL : Pour les grands espace très certainement petit padawan. Justement parce que cette terre de Patagonie offre des espace vierge de toute vie humaine. Pour permettre le huis clos et le roman initiatique à la fois. Mais…Je le lui demanderai, fais-moi confiance.

Gcomme Garçon :

GVL : Joaquin et Mauro les jumeaux. Steban le cadet un peu simplet et Rafael le petit dernier. Il ne reste que la poussière, c’est l’histoire de 4 garçons dans le vent. Oui dans le vent car du vent, il y en a sur ces grands plateaux patagoniens. Et le vent, ça les rends fous ces 4 garçons.

4 frères qui bossent comme des forcenés pour leur mère, la mère et son  l’Estancia. Ils vivent au rythme des saisons, s’occupant des terres, de bêtes, vaches et moutons. Ils réparent les dégâts de l’hiver, ils n’ont que peu de temps à eux. Et pourtant…

AJC : 4 garçons plein d’avenir ? On le souhaite car au début on se dit que la reprise de l’exploitation est logique. Mais non rien n’est logique dans tous les romans de Sandrine Collette. Elle nous surprend. J’avais envie de détester cette affreuse mère et au final, elle me touche. J’avais envie de câliner Rafael, mais maintenant, je veux lui mettre des claques.  Les personnages masculins sont souvent des personnages très complexes et piliers.

Icomme Intrigue :

GVL : L’intrigue chez Sandrine Collette tient souvent en un seul mot : l’atmosphère. Elle installe tranquillement son histoire, dans un décor, dans un contexte. Elle nous place savamment ses personnages. Et elle utilise tous les ingrédients séparément un peu comme un cuisinier qui cuit tous ses légumes à part pour qu’ils gardent toutes leurs saveurs. Rien n’est laissé au hasard. Chacun est à sa place. Et puis, tout s’imbrique parfaitement pour nous raconter une histoire que l’on ne pourra plus lâcher avant d’en connaître le dénouement.

Il reste la poussière, c’est tout cela. C’est la terre, le soleil, la chaleur écrasante, l’hiver rigoureux. La lenteur de la vie qui passe. Une tranche de vie en somme. C’est un roman psychologique, c’est un roman noir c’est un polar rural. C’est un roman initiatique et un huis clos comme l’auteur les affectionne. Il reste la poussière, c’est tout cela à la fois !

AJC : Je suis une fan inconditionnelle de Sandrine Collette. Tous lus, tous dévorés. Je rejoins totalement ce que tu dis. Sa force, ceux sont ces atmosphères toutes surprenantes les unes que les autres. Quand on commence, on n’arrive pas à le laisser de côté. Au fond de moi, tous ses romans m’ont interpellé : colère pour Nœuds d’Acier, survie pour 6 fourmis blanches. Mes sentiments étaient clairs. Pour celui-ci, l’intrigue m’a perturbé. J’étais un peu comme Steban perdu dans le vent poussiéreux de la steppe. Mais ça m’a fait du bien de ne pas trouver ma route tout de suite, comme tous ses personnages au final ! L’intrigue a déteint sur moi 😉 .

Kcomme KO :

GVL : A ce moment-là de mon Abécédaire, je suis déjà KO, comme je l’ai été dès le début du livre. Et je suis restée groggy tout au long de la lecture. Cette lecture  m’a tellement sonné que  les sentiments, qui en ressortaient, étaient puissants, terrifiants.

J’ai été sous l’emprise des mots de l’auteure. Je n’ai pas honte de le dire. Ils m’ont captivé, subjugué. Prise au piège à mon tour dans cette pièce qui se jouait sous mes yeux. J’aurai voulu être actrice, pouvoir intervenir, changer le cours des choses, mais j’étais paralyser par l’écriture tellement maîtrisée de l’auteure. Spectatrice, je suis restée. Et à la fin, j’ai applaudi des deux mains à en faire tout exploser.

AJC : Encore une fois, elle laisse une marque dans nos esprits quand on referme ses livres. On ne peut pas rester indifférente à ses écrits. Il y a une telle intensité dans le choix des mots, que je suis bluffée à chaque fois. Quand je commence un livre, je me dis toujours que je ne m’attends à rien. Et avec elle, c’est l’effet surprise garanti. Mais il y a souvent un second effet (Kiss Cool ;-)) qui m’arrive dessus. Je suis comme toi, Geneviève, je suis KO de chez KO. Et c’est rare car ça fait 4/4 !

GVL : Pareil ma Juju, et ce n’est pas le cas avec tous  les auteurs. Mais Sandrine Collette est de ceux-là. Ceux de qui on attend avec impatience, gourmandise et curiosité leur prochain roman.

Mcomme Mère :

GVL : Et oui, si, il y a un personnage central dans ce roman, c’est la Mère.

C’est par la mère que tout arrive. C’est elle qui tient les rênes de la ferme. C’est elle qui dirige cette exploitation agricole. C’est elle qui décide des bêtes que l’on va élever, ovni, bovin ? Ceux que l’on va vendre, ceux qui seront tués.

C’est elle qui nourrit, qui distribue les tâches journalières. C’est elle encore qui tient les cordons de la bourse.

C’est la Mère, une mère castratrice. Forcément avec ces 4 garçons. C’est elle qui divise pour mieux régner.

Elle a quelque chose de la Folcoche de Bazin. Dans vipère au poing, Paule Pluvignec se montre dénuée de tout sentiment maternel et de toute preuve d’amour pour ses enfants.

« La mère » ici est ainsi !

« La mère, c’est la mère. Ancrée et solide, d’une constance terrifiante, ils sont capables d’en rejouer les intonations, les menaces, les phrases qui vont suivre. Mais s’ils cherchent à en dessiner les traits, elle s’efface comme dans un rêve, floutée tel un fantôme, une silhouette sans contours, sans limites. La mère s’étend au-dessus de l’univers. »

AJC : Très bon choix pour cette lettre. Je ne voyais pas autre chose. La mère ! Tu as remarqué qu’elle n’a pas de prénom ? Cela peut paraître surprenant mais pas tant que cela. Ca la rend encore moins humaine. Elle devient un su statut et non un personnage physique. De toute façon, je ne voyais pas ses garçons l’appeler « ma petite maman d’amour » ou lui souhaiter sa fête. C’est la mère nourricière aussi bien pour ses enfants que pour sa terre. Elle nourrit le livre ;-). Oui je sais je ne suis pas allée loin pour la trouver celle-là !

Ocomme Oppressant : 

Oui je sais c’est original, O comme oppressant pour un polar ! Mais après tout ce que je vous ai déjà dit…Oppressant est un qualificatif qui va bien à ce titre.

La chaleur étouffante, l’air irrespirable parce que surchauffait par le soleil écrasant. L’atmosphère pesante. Un décor splendide mais suffocant. Une mère opprimante.

Oui cette lecture est oppressante. Elle est aussi accablante car très noire, stressante car il y a comme un sentiment d’enferment malgré les grands espace. Tout ici est poignant et angoissant à la fois.

Je vous l’ai dit elle m‘a laissé exsangue et KO.

AJC : C’est le but du huis clos, que l’on se sente opprimé. C’est tordu tout ça quand j’y repense. Une si petite chose, le livre, qui nous oppresse autant voir même plus qu’enfermé dans un caisson. Je file prendre l’air ;-).

GVL : Tu as une nouvelle fois raison, on peut en effet parler de Huis clos. Décidément, petit padawan, tu as bien cerné cette lecture commune. Wouah, impressionnée, je suis ! Quelle chance que de t’avoir en binôme.

Qcomme Qualité :

GVL : Tout ici est qualité.

La qualité de l’écriture, du style de l’auteur, du ton qu’elle impulse à son récit.

Du récit et de l’histoire même.

Sandrine Collette a cette qualité rare de se renouveler à chacun de ses livres. Les 4 romans qu’elle nous a présentés ces dernières années ne se ressemblent pas dans leur construction. Ils ne se ressemblent pas non plus par leur style ou leur rythme. Mais à chaque fois, l’écriture sobre et épurée de l’auteure colle parfaitement au ton que celle-ci veut donner à son récit.

Je sais que ça déconcerte le lecteur, que ça peut le perdre. Il s’attend à un thriller et tombe sur un roman noir. Il cherche à frissonner et il est juste surpris par d’autres sentiments plus intimes.

Quoiqu’il en soit, à chaque fois la qualité est là !

AJC : Pfff qu’est-ce que tu veux que je rajoute à cela ? J’ai fait aussi éloge de son talent dans les autres lettres. Je pense que si maintenant les lecteurs ont encore des doutes, je suis désespérée. Il est clair que ce n’est pas du thriller. Il faut s’attendre à plonger dans les abysses de l’être humain. Jusqu’où est-il capable d’aller pour survivre ? Où va-t-il chercher cette force ?
Pour tout savoir, lisez TOUS ses romans !!

Scomme Sentiments :

GVL : Ici tous les sentiments sont exacerbés.

On oscille  entre haine et répulsion.

Pas de demi-mesure.

Pas de politiquement correct, pas de place pour les bons sentiments. Insensibilité, sécheresse des cœurs. Pas la place pour la compassion, l’attachement, l’émoi. L’affectivité n’est pas de mise.

Non ici tout est violence, cruauté, bestialité, hostilité. Inhumanité sans doute aussi. Humanité aussi du coup.

Oui, tous ici ne sont que sentiments contraires et contrariés.

AJC : Je trouve qu’il y a aussi un peu d’amour. Certes, ce n’est pas dégoulinant et débordant. L’amour fraternel est quand même présent. Regardes les jumeaux. Ils sont soudés et s’aiment aussi. C’est peut-être le seul lien clairement visible dans les sentiments.  Après, on ne peut pas dire que ça soit pareil avec les autres frères. Mais mine de rien, ils pensant quand même aux uns et aux autres. Alors oui, tous les sentiments que tu décris, sont les premiers à nous exploser en pleine tronche à la lecture de ce 4ème roman.

GVL : Tu n’as pas tort, il y a effectivement quelque chose qui les relie tous. Mais de là à dire que c’est de l’amour. Je n’y crois pas trop. Peut-être juste pensent-ils que l’un sans l’autre, ils seront moins forts. Je vois ça plus comme une association de complémentarité que comme un véritable amour fraternel.

Ucomme Urgence :

GVL : Ce roman se déroule sous nos yeux dans une espèce d’urgence qui nous entraîne vers une fin que l’on devine inéducable.

Ce roman est impétueux. Il dégage une fougue sans retenu. Une force frénétique ravageuse.

AJC : Je pense que là où ils vivent, ils peuvent toujours attendre pour voir débarquer une ambulance 😉 ! Humour humour ! Bref, oui comme tu dis, on sent que cette famille est sur le point de partir en lambeau, même si elle est déjà pas mal amochée, et que nous sommes les spectateurs impuissants face à cette urgence.

GVL : Et oui, Anne Ju, nous sommes ici dans un roman noir. Une espèce de constat amère d’impuissance face au drame qui se joue sous nos yeux.

Comme le dit si bien Dominique Manoti en parlant de roman noir :

« Tous les personnages, et le lecteur avec eux, sont engagés « en un combat douteux ». La littérature noire n’est pas manichéenne. Et si, d’aventure, l’ordre est rétabli à la fin d’un roman noir, l’auteur et les lecteurs sont conscients qu’il ne s’agit que du rétablissement provisoire des apparences.  »

Le roman noir nous met dans un état d’urgence permanent puisqu’il n’est autre que le roman du désordre. Donc de l’urgence !

Wcomme Western :

GVL : Il reste la poussière pourrait être un Western. Un western transposé en Amérique du sud avec le  ranch remplacé par une estancia, les cowboys par des gauchos, les mustangs et autres quarters horses changés en criollos. Ces petits chevaux argentins sont réputés particulièrement frugaux, sains, robustes et endurants. Capables de supporter de très lourdes charges sur de longues distances et tous types de terrain. Que serait le gaucho sans son criollo ? Comment pourrait-il rassembler ses troupeaux éparpillés dans la steppe pour se nourrir ?  Monter sur son criollo, le cowboy argentin va conduire ses vaches ou ses moutons à travers la Meseta, ces vastes plateaux de la steppe argentine, aux paysages uniques et désertiques.

AJC : Pour une fois que c’est facile et flagrant de trouver le mot correspondant  à cette lettre ! Chapeau car c’est exactement ce que j’ai ressenti. Je me suis souvenue de ces films que je regardai A la conquête de l’ouest par exemple. Tout est hostile, aride. Tu mets ton chapeau et tu montes ton cheval. Bon moi, je te laisse le cheval et je prends un criollo. Bha oui, je suis petite donc petit cheval. C’est encore là que je tire mon chapeau (trop facile, je sais) à Sandrine Collette car niveau documentation, c’est juste bluffant. On s’y croit tellement ! Allez partons pour de nouvelles chevauchées.

Ycomme Yapuka :

GVL : J’espère avoir réussi à vous convaincre de vous précipiter sur ce quatrième roman de Sandrine Collette qui est un de mes grands coups de cœur 2016.

C’est un grand roman noir. Il reste la poussière met en scène Rafael, un petit garçon, poursuivi dans la steppe de Patagonie par trois cavaliers, qui ne sont rien d’autre que ses frères.

Ce titre vient d’être récompensé par le prix Landerneau du polar. Il ne reste que la poussière a devancé Ce qu’il nous faut, c’est un mort, d’Hervé Commère (Fleuve éditions), Trois jours et une vie, de Pierre Lemaitre (Albin Michel), Surtensions, d’Olivier Norek (Michel Lafon) et Le Français de Roseville, d’Ahmed Tiab (L’Aube), figurant dans la sélection établie par le jury présidé par Bernard Minier et composé de dix libraires.

Une sacrée sélection !

Sandrine Collette succède à Fred Vargas, lauréate du prix 2015 avec Temps glaciaires (Flammarion), Hervé Le Corre, lauréat 2014 avec Après la guerre (Rivages), Paul Colize, lauréat 2013 avec Un long moment de silence (La manufacture de livres) et Caryl Ferey, gagnant 2012 avec Mapuche (Gallimard, «Série noire»).

Un sacré palmarès

D’ailleurs Bernard Minier dit de ce roman « « Un tour de force littéraire, Giono et Faulker au pays des gauchos ».

C’est dire la qualité de ce texte.

Alors yapuka…. Le découvrir et le lire rapidement !

AJC : Je ne vois vraiment pas qui rajouter à cela. Je reconnais ton côté pro avec toutes ses précisions. Merci d’ailleurs.
Donc vous avez compris….Yapuka !
PS : Geneviève, gardes le au chaud ce mot, il va pouvoir nous resservir pour d’autres ABCdaires ;-).

GVL : Yapuka, là aussi. Mais avant, il va me falloir trouver du temps, car faire un abécédaire demande du temps, de l’énergie et aussi une bonne dose de dinguerie.

Et puis il va falloir laisser aussi un peu de temps à nos lecteurs pour qu’ils découvrent ce magnifique roman qu’est Il ne reste que la poussière.

Alors YAPUKA

Je ne sais pas si nous avons réussi à vous convaincre, mais si vous souhaitez en savoir plus…La suite de cette ABécédaire est chez Anne Ju et ses Modordus

L’Abécédaire d’Anne JU c’est ICI

Et retrouvez nos premiers ABCdaires ICI :

Nicolas Lebel ; Marie Vindy ; Laura Sadowski ; Sarah Waters et Philippe Cavalier

Ainsi que notre Lecture commune de Gipsy Paladini.

A vous de jouer maintenant, laisser nous vos impressions. Parlez nous de vos ressentis sur ce 4e roman de Sandrine Collette, sur ses autres roman aussi, sur l’auteur bien sur. Mais aussi sur cet Abécédaire. Donnez nous, donnez moi vos avis, vos critiques, vos remarques.

On peut en parler !

Lire ICI le début

 

 

Du bout des doigts de Sarah Waters : L’ABCdaire de deux nanas fondues de Waters.


 L'ABCdaire de deux nanas fondues de Waters

Bonjour à tous,

Nous sommes de retour !! Les motordus d’Anne-Ju et Collectif Polar sont heureuses de vous retrouver pour cette nouvelle lecture commune. Le choix s’est porté sur :

Du bout des doigts  de Sarah Waters

Le principe est simple, avec Anne Ju, on se partage les 26 lettres de l’alphabet. Chacune met un mot sur chacune des  13 lettres qui lui ont été attribuées. Ces mots définissent, un sentiment, un ressenti, une impression que nous a laissé cette lecture. Ensuite, chaque mot sera expliqué par nous deux.

Ainsi vous retrouverez l’alphabet complet à travers nos deux blog.

Le challenge c’est aussi de parler du livre à travers des mots qui ne sont pas de notre propre ressenti.

9782207253595,0-160992Le livre : Du bout des doigts  de Sarah Waters.Traduit de l’anglais par Erika Abrams. Paru le 25 août 2003 chez Denoël dans la collection Et D’ailleurs. 26€90 ; (749 p.) ; 21 x 15 cm

9782264041074,0-237220Réédité en poche chez 10/18 le 20 janvier 2005. 11€ ; (749 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

1862. Lant Street, Londres. Le rendez-vous des voleurs et des receleurs. Sue Trinder, orpheline, est confiée dès le berceau aux bons soins d’une trafiquante de nourrissons. À la veille de ses dix-huit ans, un élégant, surnommé Gentleman, lui propose d’escroquer une héritière, Maud Lilly. Orpheline elle aussi, cette dernière est élevée dans un lugubre manoir par son oncle, collectionneur de livres d’un genre tout particulier. Sue, en entrant au service de la riche jeune fille, tombe avec ingénuité dans un piège. Enveloppée par une atmosphère saturée de mystère et de passions souterraines, elle devra déjouer les complots les plus délicieusement cruels, afin de devenir, avec le concours de la belle demoiselle de Briar, une légende parmi les cercles interlopes de la bibliophilie érotique.Héritière moderne de Dickens, mais aussi de Sapho et des Libertins, Sarah Waters nous offre une vision clandestine de l’Angleterre victorienne, un envers du décor où les héroïnes, de mariages secrets en amours interdites, ne se conduisent jamais comme on l’attendrait. Un roman décadent, virtuose, où les ressorts les plus noirs de l’univers romanesque du XIXe se mêlent au réalisme incisif et décomplexé du XXIe siècle.

 

46785fdgdtfjL’auteur : Née au pays de Galles en 1966, Sarah Waters a été libraire puis enseignante. Depuis la parution de son premier roman, Caresser le velours (Denoël, 2002), sa notoriété n’a cessé de croître. La publication de Du bout des doigts marque sa consécration. Élue «auteur de l’année» par le Sunday Times, elle reçoit en 2003 le prix des Libraires et le British Book Awards.

 Extrait :
« En ce temps-là je m’appelais Susan Trinder. Les gens me disaient Sue. Je connais l’année de ma naissance, mais pendant longtemps, j’ai fêté mon anniversaire à Noël, faute de savoir le jour. Je suis orpheline de père et de mère, autant que je sache. Ma mère en tout cas est bien morte. Je ne l’ai jamais connue, je ne me souciais pas d’elle. J’étais la fille de Mme Sucksby, ou c’était tout comme, et pour me tenir lieu de père, il y avait M. Ibbs, serrurier à Land Street dans le Borough – le quartier, comme on disait – , sur la rive droite de la Tamise, au bord de l’eau.» 

Pour cette nouvelle lecture commune nous nous sommes partagé simplement l’alphabet, une lettre sur deux. Anne Ju commençant par le B…

Voici donc mon Abécédaire de A à Y

A comme Amour :

 GVL : Du bout des doigts est avant tout à mes yeux un magnifique roman d’amour. Des amours clandestines, des amours contrariées. Mais c’est à mon sens ce sentiment puissant qui est le moteur de cette formidable histoire.

 AJC : Quand tu m’as proposé ce livre, j’ai été surprise ! Toi la reine du polar, tu me plonges dans un roman d’amour. Mais quel roman d’amour !! Waouh, j’avoue c’est puissant comme tu dis ! J’ai adoré.

 C comme Confinement :

GVL : Oui c’est un mot qui définit bien ce roman.

Notre héroïne Maud vit confinée dans le manoir de son oncle. Elle a été recluse dix années dans un asile psychiatrique où est morte sa mère.

Nos héroïnes sont confinées à leur condition féminine, enfermées dans le carcan de la société victorienne.

 AJC : Je te rejoins tout à fait sur ce mot. Un moment donné, avec Maud, on étouffe tellement que c’est étriqué. Sue semble avoir plus de liberté mais c’est qu’une illusion. Car elle croit faire ses propres choix, mais non, elle aussi a son destin tout écrit !

E comme Erotisme :

 GVL : Après avoir vécu dix années dans un asile psychiatrique où est morte sa mère, Maud Lilly est recueillie par son oncle dans son sombre manoir où il collectionne avec soin des livres d’un genre tout à fait particulier.

Notre héroïne va devenir la secrétaire et lectrice de ce bibliophile, amoureux de littératures érotiques.

Une littérature qu’elle va se mettre à exécrer.

Mais l’érotisme n’est pas le sujet de ce roman même si à certain moment de celui-ci il apparait souvent sous forme de sous-entendus, de regards, de gestes esquissés.

 AJC : Tu as raison, Geneviève. Il y a un part d’érotisme dans ce roman qui se pose délicatement comme un voile (waouh que c’est joli ce que j’écris ;-)). Mais ce n’est pas la base du roman, mais il s’adapte tout à fait à l’histoire et au contexte.

 G comme Gothique :

GVL : Si du bout des doigts est vu comme un roman policier il a tout aussi du roman gothique. En ce sens Sarah Waters est aussi l’héritière de  Charlotte Smith cette auteure anglaise de 18e siècle qui publie des romans très populaire où  le thème de la persécution féminine est déjà présent. De plus Sarah Waters emprunte aussi au procédé narratif du roman gothique en insérant un récit dans le récit. De plus ici les décors en aussi leur importance, asile psychiatrique, manoir lugubre… Oui, pas de doute Sarah Waters rend ici hommage à ces illustres prédécesseurs que sont  Ann Radcliffe et Mary Shelley mais aussi aux nombreuses autres femmes auteures dont le nom a été oublié.

AJC : Alors, là je vois que tu es méga calé sur le sujet…Je ne vois pas trop quoi rajouter. Si ce n’est que j’ai envie de m’habiller en gothique ;-).

 I comme Inventif :

 GVL : Sarah Waters prend le parti de construire son histoire en trois parties.

La narration est d’abord prise en charge par Susan Trinder. C’est par elle que tout va arriver.

Ensuite Maud Lilly va rejouer sous nos yeux la partition. C’est de son point de vue que l’on va revivre toute cette aventure. Et c’est là que tout s’accélère.

La première partie pourrait se suffire à elle-même. Sarah Waters nous raconte une histoire, elle se déroule tranquillement sous nos yeux, elle a un début puis une fin.

Mais non, C’est là que c’est inventif car tout repart avec la 2e partie.

Et on plus l’auteure, pour ne pas faire les choses à moitié, nous propose à nouveau une troisième partie, forme de conclusion qui nous cueille pour de bon, si ce n’était déjà pas fait.

3 livres pour le prix d’un si ça ce n’est pas inventif.

 AJC : Cette construction a été une autre surprise pour moi. Je me disais « Mais où veut elle en venir ? ». C’était tordu comme défi mais réussi pour ma part. Ma curiosité était perplexe au début mais elle a vite était conquise.

K comme KO :

GVL : Chaque fois que je lis Sarah Waters je suis impressionnée par sa prose. Son talent de conteuse. Sa maitrise parfaire des intrigues. Chaque fois je me fais avoir même lorsque je connais déjà le nom du ou des coupables. Elle a cet art du retournement qui vous cueille à tous les coups. Perso, j’en reste KO.

 AJC : Pour ma part, c’était une découverte. Je n’avais encore jamais lu mais ça c’était avant ! Grâce à ton cadeau à mon anniversaire, j’ai pu me plonger dans son univers. Au début, j’avoue que je me suis demandée où elle allait m’emmener…mais après j’ai vite trouvé mon chemin. On ne me sème pas si facilement …non mais !

 M comme Manipulation

 GVL : Ici tout est manipulation !

La manipulation est au cœur de cette histoire. C’en est même le ressors.

Les protagonistes de cette histoire sont tous manipulés, manipulables et manipulateurs.

Mais attention cher lecteur,toi aussi tu risques de ne plus avoir ton libre arbitre durant la lecture de ce roman.

L’auteur aussi nous manipule à son gré.

 AJC : Mais dites-moi, Maître Jedi, m’auriez-vous manipulé aussi ? 😉

O comme Orpheline :

GVL : Si tout oppose Susan Triller à Maud Lilly c’est bien leur condition d’orpheline qui lie nos deux héroïne.

AJC : Je crois que c’était hélas de monnaie courante à cette époque. Il fallait naitre du bon côté de la Tamise…et encore !

 Q comme Quartier :

GVL : Dans ce roman nous allons visiter Lant Street, le quartier des voleurs et des receleurs. Nous allons parcourir Londres mais aussi rentrer dans des lieux insolites. Car les décors sont importants pour Sarah Waters. Elle les dépeint avec minutie. Elle les plante avec exactitude. Ces décors contribuent à l’ambiance du roman.

Quartier aussi comme division, car le roman de Sarah Waters est divisé en trois parts. La première partie est contée par Sue. Et cette première partie pourrait se suffire à elle-même. Elle pourrait être un et un seul roman. Sarah Waters nous raconte une histoire. Elle se déroule tranquillement sous nos yeux. Elle a un début puis une fin.

Mais non, Sarah Waters n’en reste pas là et elle nous offre la 2e partie.

Et en plus, pour ne pas faire les choses à moitié, l’auteure nous propose à nouveau une troisième partie, forme de conclusion qui nous cueille pour de bon, si ce n’était déjà pas fait.

3 livres pour le prix. Pas de quartier pour le lecteur !

AJC : Tout est dit !! Je te rejoins carrément sur ce mot ! Bravoooo

S comme Saphisme :

 GVL : Les amours lesbiennes tiennent une grande place dans les romans de Sarah Waters. D’ailleurs du Bout des doigts a reçu  le Prix Lambda Literary de la meilleure fiction lesbienne.

 Sarah Waters qualifie elle-même ses romans de lesbiens. Voilà ce qu’elle répondait en avril 2015 à Thomas Stélandre journaliste de Libé qui lui posait cette question :

« Vous dites «romans lesbiens» ?

Je crois que ça leur convient bien. On me demande souvent ce que je pense du label d’«auteure lesbienne». La vérité, c’est que ça ne me dérange pas. J’emploie moi-même ce terme, parce que j’ai un intérêt tellement fort pour les histoires de lesbiennes, les imaginer, les raconter. C’est là, c’est dans mes livres. Mais il semble que mes histoires de lesbiennes touchent un public qui n’est pas seulement lesbien car, fondamentalement, elles parlent d’amour, de désir, de trahison, tout le monde doit pouvoir s’y retrouver

 La littérature gay existe encore ?

Oui, je crois. Et c’est une part de mon histoire. J’ai commencé à écrire dans les années 90, à une époque où cette littérature était très politisée. Je faisais partie d’une communauté, avec ses livres, j’avais le sentiment de participer à un mouvement. Depuis, bien sûr, les choses ont évolué, le mariage, l’adoption… Pour les jeunes, ça semble peut-être dépassé. Mais pour quelqu’un de ma génération, c’est autre chose. Je ne peux pas abandonner ce combat-là. Après, je m’envisage en tant qu’écrivain avant de m’envisager en tant qu’auteure lesbienne. »

GVL : En effet ce titre est bien plus que ça, c’est un roman magistrale. 

AJC : Bah là….euh tu veux que je rajoute quoi à ça !!! Rien si ce n’est merci pour toutes ces infos 😉

 U comme Urgence :

 GVL : Oui il est urgent que vous découvriez ce livre chers lecteurs et chères lectrices.

 AJC : Très urgent ! Allez allez on s’active !!!

W comme Waters :

GVL : Vous l’aurez compris j’adore Sarah Waters, j’ai lu tous ses romans. J’ai même relu celui-ci pour cette lecture commune. J’ai englouti ces 750 pages.

 « Héritière moderne de Dickens, mais aussi de Sapho et des Libertins, Sarah Waters nous offre une vision clandestine de l’Angleterre victorienne, un envers du décor ou les héroïnes, de mariages secrets en amours interdites, ne se conduisent jamais comme on l’attendrait. Elle nous propose là un roman décadent et virtuose. »

 Je ne peux que vous conseiller de la découvrir. Ne commencer peut-être pas par son premier roman, Caresser le velours, il est sans doute trop personnel. Mais laissez-vous tentez par Affinité, par Du bout des doigts ou encore par son tout dernier Derrière la porte.

Sarah Waters c’est du romanesque à l’état pur. Sarah Waters c’est la promesse d’une lecture prenante et troublante, que du bonheur.

 AJC : J’ai Derrière la porte que je n’ai pas encore lu mais je pense qu’il va bientôt finir « entre mes mains » ;-). Car j’ai aimé le style et l’histoire. En plus, quand je te lis Geneviève, je ne peux me dire que le choix fut très judicieux ! Ma curiosité te remercie !

 Y comme Yes The End.

GVL :  Si j’ai adoré ce titre, j’ai vraiment eu beaucoup de mal à trouver les mots pour vous le présenter. Et je tiens à remercier Anne Ju qui m’a beaucoup aidé sur ce coup-là. J’espère qu’elle ne m’en voudra pas d’avoir pris quelques libertés et de n’avoir pas toujours suivi ses recommandations 😉

Anne Ju sans toi je n’aurai jamais vu la fin de cet Abécédaire

 AJC : Moi t’en vouloir pfff J’essaye mais je n’y arrive pas ;-). Pour mes recommandations, ce n’était que des pistes, donc libre à toi de choisir. C’est comme cela que fonctionne notre duo ! Ils déchirent !

Bon, là vous vous sentez un peu de trop mais non… on vous aime aussi !!!

Je ne sais pas si nous avons réussi à vous convaincre, mais si vous souhaitez en savoir plus…La suite de cette ABécédaire est chez Anne Ju et ses Modordus

L’Abécédaire d’Anne JU c’est ICI

Et retrouvez nos premiers ABCdaires ICI :

Nicolas Lebel ; Marie Vindy ; Laura Sadowski.

Ainsi que notre Lecture commune de Gipsy Paladini

 Extrait 2 :

« Je connais le monde et ses plaisirs aussi bien  que les pires débauchés de l’univers romanesque; pourtant je n’ai pas une seule fois franchi les murs du parc de mon oncle depuis qu’il m’a recueillie. Je sais tout sans rien savoir. Ceci sera essentiel pour la suite.  Il ne faudra pas oublier tout ce que je ne sais pas faire, tout ce que je n’ai pas vu.  Je ne sais ni monter à cheval ni danser. Je n’ai jamais eu  entre les mains de l’argent à dépenser. Je n’ai jamais mis les pieds dans un train ou un théâtre, jamais vu ni la mer  ni la montagne. Je n’ai jamais vu Londres mais j’ai l’impression de connaître la ville.  Elle m’est familière grâce aux livres de mon oncle. « 

 

Il reste la poussière de Sandrine Collette


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 SCLe livre : Il reste la poussière de Sandrine Collette. Paru le 25 janvier 2016 chez Denoël dans la collection Sueurs Froides. 19,90 EUR  ; (301 p.) ; 23 x 16 cm.

4e de couv : 

Patagonie. Dans la steppe balayée de vents glacés, un tout petit garçon est poursuivi par trois cavaliers. Rattrapé, lancé de l’un à l’autre dans une course folle, il est jeté dans un buisson d’épineux.

Cet enfant, c’est Rafael, et les bourreaux sont ses frères aînés. Leur mère ne dit rien, murée dans un silence hostile depuis cette terrible nuit où leur ivrogne de père l’a frappée une fois de trop. Elle mène ses fils et son élevage d’une main inflexible, écrasant ses garçons de son indifférence. Alors, incroyablement seul, Rafael se réfugie auprès de son cheval et de son chien.

Dans ce monde qui meurt, où les petits élevages sont remplacés par d’immenses domaines, l’espoir semble hors de portée. Et pourtant, un jour, quelque chose va changer. Rafael parviendra-t-il à desserrer l’étau de terreur et de violence qui l’enchaîne à cette famille ?

 

Depuis son premier roman, Des noeuds d’acier, Grand Prix de littérature policière, Sandrine Collette «confirme avec éclat qu’elle a tout d’une romancière accomplie». (François Busnel, L’Express.)

SC&&L’auteur : Sandrine Collette est née en 1970. Avant d’être l’auteur que l’on connais aujourd’hui, elle a été responsable des relations avec les entreprises à Paris 10, enseignante en formation continue d’ingénieurs et de cadres, elle collabore avec le cabinet Interface. Depuis la sortie de son premier roman, Des noeuds d’acier, elle se consacre pleinement à l’écriture…Et à ses chevaux et la restauration de sa vieille maison.

Pour lire le début c’est ICI

La Chronique de Catherine

Patagonie argentine. Une Estancia misérable dans la steppe. Une famille : la mère et ses quatre fils, qui se haïssent. Le père a disparu. Le petit dernier, Rafael, est persécuté par ses frères et ne trouve de réconfort qu’auprès de son chien et de son cheval.

Une vie aussi aride que la steppe, entre travail, humiliations quotidiennes et violence. Une vie qui va basculer le jour où le petit va revenir avec une sacoche qui va bouleverser cet équilibre instable.

On retrouve avec plaisir Sandrine Collette et son écriture sèche, précise, sans pathos, dans ce huis-clos étouffant au milieu des grands espaces qu’on parcourt sur les criollos des personnages.

Le jeune Rafael est au centre de ce roman choral, seul éclair d’humanité dont on se demande s’il sortira vivant de cet enfer.

Ce quatrième roman âpre confirme le grand talent de Sandrine Collette qui est devenue une auteure incontournable, à tel point que la bibliothécaire que je suis achète ses livres dès leur parution !

Présentation de notre chroniqueuse par elle même :
Catimini&Bonjour, je m’appelle Catherine et je suis une « jeune » bibliothécaire puisque je me suis reconvertie dans ce beau métier à l’âge de 45 ans. C’est ainsi que j’ai rencontré Geneviève et le Collectif Polar, dans lequel je suis arrivée un peu par hasard, parce que j’aimais bien les romans policiers, avec une prédilection pour les dames du crime que sont Patricia Highsmith, Ruth Rendell et Elizabeth George, mais je lisais – et lis toujours – bien d’autres choses, de la science-fiction au classique en passant par les auteurs contemporains. A mes heures perdues je suis également blogueuse, publiant nouvelles, poésie et haïkus.
Geneviève m’a tout appris du travail de veilleur et m’a fait découvrir plein d’auteurs, de premiers romans, avec une énergie et une passion communicatives. C’est donc avec un grand plaisir que j’ai répondu à son appel pour rédiger des chroniques sur ce blog, une façon de toujours faire partie du collectif polar à titre personnel et amical.

Retrouver les mots de Catherine sur son excellent blog : Catimini Plume

Piegé de Lisa Moore par Jean Luc


chronique-de-lecteurs

9782207116609,0-2191870Le livre : Piegé de Lisa Moore .Traduit de l’anglais (Canada) par Claudine Vivier. Paru le 11 septembre 2014 chez Denöel dans la collection Et d’ailleurs. 22€50 ; (409 p.) ; 21 x 14 cm.
4e de couv :

Piégé

Juin 1978. David Slaney s’évade de prison, En cavale, il n’a qu’un but : retrouver Brian Hearn, son ancien complice, pour monter la plus grande opération de contrebande de cannabis jamais vue au Canada. Monter une telle opération, cela veut dire traverser le pays en stop, s’embarquer sur un voilier et mettre le cap vers la Colombie. Cela veut dire l’horizon infini, les femmes, la liberté. Tout ce qui manque si cruellement à un homme enfermé entre les quatre, murs d’une cellule. D’abord étonné de la facilité avec laquelle les astres semblent favoriser son entreprise, Slaney se demande peu à peu à qui il doit cette chance qui lui sourit avec autant d’insistance.

Piégé est une histoire d’ambition démesurée et d’amour, d’innocence perdue, de courage et de trahison, de tempêtes en haute mer, de collusion entre le gouvernement et le crime organisé, et de centaines de ballots de marijuana. Lisa Moore a l’art de réconcilier une intrigue musclée avec une profonde compréhension de la psychologie humaine

Le style de Lisa Moore, dangereusement affûté, rappelle l’écriture de l’excellent Raymond Carver.
Independent on Sunday.

imagesL’auteur :  Lisa Moore est l’auteur du très acclamé Février (Plon, 2010, et 10-18, 2012), qui a remporté de nombreux prix, tel que le New York Best Book of the Year, et a figuré au Top 100 des meilleurs livres du Globe and Mail. Elle vit à Saint John’s sur l’île de Terre-Neuve

 

Pour lire le début

 

L’avis de Jean Luc

Piegé de Lisa Moore n’est pas ce que l’on peut appeler un thriller, mais il s’agit d’abord d’un roman sur la confiance.
De prime abord, on ne comprend pas, ou veut nous emmener Lisa Moore mais au fil du roman, avec le déroulé de l’histoire, on rentre dans la peau des différents personnages et subitement l’histoire se met en place.
J’ai eu beaucoup de mal au départ à accrocher avec le style de l’auteur, avec ses descriptions très précises, voire même de trop, mais petit à petit je me suis laissé embarquer dans cette histoire. Et je dois dire que ce livre, une fois les 50 premières pages passées est plutôt passionnant et il devient difficile de le lâcher.

 

11846633_10206875196469632_266161301404766410_nDans ce roman, il y a d’abord plusieurs personnages qui se cherchent, le personnage principal, un dénommé Slaney qui est prêt à faire un très gros coup avec son ami de longue date, le fameux Hearn. A côté d’eux il y a aussi un flic, un peu mal dans sa peau, à la recherche d’une promotion pour subvenir aux besoins de son frère, et il y a encore deux autres personnages qui seront très importants lors de la croisière, dont l’un qui scellera le destin de Slaney.

Ce sont tous des personnages très bien décrits, avec leur faiblesses, leurs forces et surtout ce sont tous des personnages qui m’ont marqué.

Pour la part, Piege est un grand roman, avant d’être un banal roman policier sur fond de Road trip. C’est du grand art, pour une histoire qui peut paraître trop simple, mais c’est avant tout, une étude minutieuse de la confiance entre les êtres humains.
Au final une très belle plume et un thème remarquablement exploité .