Cannibal tour d’ Anouk Langaney


Cannibal tour d’ Anouk Langaney : un délicieux périple

Le livre :Cannibal tour d’Anouk Langaney. Paru le 19 novembre 2014 chez Albiana. 15€ ; (290 p.) ; 22 x 14 cm.

29 décembre 2014, 06:05

4e de couv :

Dans une île aux antécédents cannibales, deux corps sont retrouvés. Leurs meilleurs morceaux ont été découpés et cuisinés avec une application certaine.

À la stupéfaction succède bientôt le grand tamtam médiatique. Tout cynisme bu, voici que certains en viennent à espérer voir déferler des foules de touristes, mues par l’appétit du sang et le théâtre de la sauvagerie. Un coup de fouet inespéré à l’économie locale… Le crime n’est-il pas un spectacle de choix ?

Mais voilà que les meurtres et les sacrifices traditionnels, d’une haute tenue gastronomique, commencent à se multiplier… Les enquêteurs auront bien du mal à s’orienter dans la jungle du crime insulaire, fertile en non-dits et en faux-semblants.

Geeks, rastas, collégiens, universitaires, pêcheurs, professionnels du tourisme, hommes d’affaires surfant sur la vague du revival identitaire : les âmes damnées de la micro-société insulaire, prêtes à tout « avaler » pour exister aux yeux du monde, se bousculent en une sarabande ironique et macabre…

 

L’auteur : Anouk Langaney est l’auteur de Même pas morte (Albiana, 2012), déjà remarqué pour son humour et la virtuosité avec laquelle l’intrigue est menée. Son deuxième opus est tout aussi drôle et inquiétant…

 

 

Ma petite lecture

Cannibal tour d’ Anouk Langaney : un délicieux périple

C’est rare que je fasse 2 petites chroniques de 2 titres d’un même auteur. Sauf pour mais chouchous !

Mais là, j’avoue, je ne peux pas résister. Je suis fan absolue. Et oui…

… Anouk Langaney nous offre une île paradisiaque, enfin à première vue, car le monde qu’elle crée n’est pas tout à fait comme sur les cartes postales…

Car dans cette île, la population a des coutumes singulières et surtout des antécédents cannibales. Et si le cannibalisme a été interdit, il n’est pas dit que sa pratique soit tout à fait éteinte. Et un jour, deux corps sont retrouvés et leurs meilleurs morceaux ont été découpés et cuisinés avec application.

À la stupéfaction succède bientôt le grand frisson annonciateur de foules de touristes mues par les instincts les plus bas et par un certain voyeurisme de bon goût. Le crime est un spectacle et il profite, quoi qu’on en pense…Il flotte un air de fête macabre qui semble animer la micro-société insulaire prête à tout pour exister malgré tout…

Mais voilà, les meurtres et les sacrifices à visée culinaire commencent à se multiplier et les enquêteurs se donneront bien du mal pour démêler le vrai du faux.

Un polar comédie à l’humour grinçant, à croquer à pleines dents !!! Je l’ai dévoré. Je vous l’ai dit je suis fan.

J’aime réellement la façon ,dont l’auteur a, de me pas se prendre au sérieux tout en dénonçant ou plus exactement en montrant quelques dysfonctionnements de notre société. Un humour qui se déguste avec délectation.

Alors vite, embarquez pour les Centaurides

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Un Corse à Lille de Elena Piacentini


Le livre :  Un Corse à Lille : une enquête du commandant Léoni de Eléna Piacentini. Paru le 1er juin 2017 aux éditions Au-delà du raisonnable.  18€ ;  (300 p.) ; 20 x 14 cm

Leoni, le commandant de police corse créé par Elena Piacentini en 2008, débarque à Lille avec une réputation de dur-à-cuire, sa grand-mère et ses dossiers. Sa nouvelle équipe n’en saura pas plus avant que le cadavre d’une jeune prostituée et celui d’un chef d’entreprise au management brutal propulsent le groupe d’enquêteurs sur le terrain. C’est là que les flics se jugeront. Et le Corse préfère ça à de longs discours.

La série policière des enquêtes de Pierre-Arsène Leoni compte 7 romans. Les trois premiers (parus chez Ravet-Anceau) étaient introuvables depuis plusieurs années. Les éditions Au-delà du raisonnable en propose une nouvelle édition, revue, afin de réunir toute la saga. Voici le premier, Un Corse à Lille. Les tomes 2 et 3 paraîtront fin 2017 et en 2018. Les enquêtes de Leoni peuvent se lire dans n’importe quel ordre.
« Leoni, un flic qui tranche » Christine Ferniot, Cercle Polar-Télérama
« Elena Piacentini a inventé un sacré personnage » Yann Plougastel, Le Monde

 

L’auteur : Elena Piacentini est née en 1969 à Bastia et vit à Lille depuis vingt ans. Elle a créé Pierre-Arsène Leoni,un Corse qui dirige la section homicide de la PJ lilloise. Elle orchestre avec psychologie une humanité malmenée et excelle dans la construction narrative complexe de destins croisés.Elena Piacentini est également scénariste (Albertine Productions,France TV, Image & Cie-Lagardère). On se souvient de Tensions sur le Cap Corse diffusé le 8 avril dernier sur France 3. Elena est aussi novélistes, elle a participé à de nombreux recueils de nouvelles et souvent pour de belle causes. Elle est l’une des voix émergentes du polar français.

 

Extrait :
«Pierre-Arsène était convaincu que Stanislas Bailleul avait été retenu prisonnier de cinq à sept jours, par la personne qui avait fini par le tuer. Sa mort n’avait pas été douloureuse, puisqu’elle avait été provoquée par une overdose de morphine. Quant aux blessures en forme de croix sur le torse, elles avaient été infligées post mortem, vraisemblablement par un scalpel. Tout cela ne militait pas en faveur de la thèse de la vengeance, et la mise en scène du meurtre semblait trop élaborée pour quelqu’un qui aurait simplement voulu égarer la police…»

Le Post-it de la bibliothécaire :

Le commandant Pierre-Arsène Léoni n’a guère le temps de s’habituer au climat du Nord. À peine arrivé à la P.J. de Lille, ce flic d’élite, spécialiste des homicides, doit faire face à une vague d’enlèvements de chefs d’entreprise dont on retrouve ensuite les cadavres, le torse marqué d’une croix. Racket, crimes mystiques ou règlements de comptes ? Léoni et son équipe traquent un ennemi qui rend sa propre justice.

Qu’elle plaisir de retrouver le commandant Léoni dans cette enquête qui est sa toute première enquête lilloise. On remonte au source, et le voir s’intégrer à son équipe et prendre ses marques, c’est un vrai régal.

Redécouvrir Mémé Angéle et son affection, ses petits plats, ses proverbes corses. Un pour chaque moment de la vie. C’est qu’elle est philosophe et aimante notre mémé Angèle. Nous aimerions l’avoir pour grand mère, nous aussi.

En plus de ça la réécriture de ce 1er roman par son auteur lui apporte une profondeur et une épaisseur qui lui confère toutes les qualités d’un excellent polar. Une véritable humanité se dégage de ces personnages et de ces dialogues, un roman à ne surtout pas manquer. Et que j’ai relu avec un plaisir non dissimulé.

GVL

Le temps est assassin de Michel Bussi


Collectif Kris
9782258136700,0-3240655Le livre : Le temps est assassin de Michel Bussi. Paru le 4 mai 2016 Aux Presse de la Cité dans la collection Domaine français.  21€50 ; (531 p.) ; 23 x 14 cm

4ème de couv :

Votre été sera corsé !

Eté 1989 La Corse, presqu’île de la Revellata, entre mer et montagne. Une route en corniche, un ravin de vingt mètres, unevoiture qui roule trop vite… et bascule dans le vide. Une seule survivante : Clotilde, quinze ans. Ses parents et son frère sont morts sous ses yeux.

Eté 2016 Clotilde revient pour la première fois sur les lieux de l’accident, avec son mari et sa fille ado, en vacances, pour exorciser le passé. A l’endroit même où elle a passé son dernier été avec ses parents, elle reçoit une lettre. Une lettre signée de sa mère. Vivante ?

OLYMPUS DIGITAL CAMERAL’auteur : Troisième auteur français le plus lu en 2015, Michel Bussi séduit aussi les lecteurs du monde entier (« Impressionnant » pour le New York Times). Professeur de géographie à l’université de Rouen, il a publié aux Presses de la Cité Nymphéas noirs (polar le plus récompensé en 2011 ), Un avion sans elle (Prix Maison de la Presse 2012),Ne lâche pas ma main, N’oublier jamais, Gravé dans le sable et Maman a tort.
Extrait : 
La vendetta ? Mon Dieu, qui vous parle de ça ? (Soupir.) Qui parle encore de ça, à part vous, les journalistes ? Les meurtres dont vos colonnes font la publicité sont commis par des bandits, des voyous, des mafieux, pour quelques billets de banque, quelques grammes de drogue, quelques voitures volées. En quoi cela me concernerait ? En quoi cela concernerait un retraité isolé dans sa bergerie, qui ne sait même pas à quoi peuvent ressembler une barrette de cannabis, une prostituée yougoslave ou un carton de minitels tombé d’un conteneur sur le port d’Ajaccio ? La vendetta, mon Dieu, c’est bon pour les touristes qui lisent « Colomba ». (Retour du sourire.) Tout est beaucoup plus simple. Ne touchez pas à ma terre. Ne touchez pas à ma famille. Et alors, je serai le berger le plus pacifique, le plus inoffensif du monde.

Résumé et petit avis de Kris

Le temps est assassin – Michel BUSSI

Corse, 2015. Pour exorciser le passé, une femme revient sur les lieux d’un accident de voiture qui a eu lieu en 1989 et dans lequel elle était la seule survivante. Elle croyait avoir vu sa mère mourir sous ses yeux. Mais aujourd’hui, elle a des preuves qu’elle est bien vivante car elle a trouvé une lettre de celle-ci à l’endroit même où elle passait son dernier été avec ses parents.

Du pur Bussi !

Malgré une action qui peine à démarrer (ce n’est que mon avis) la seconde partie du livre s’emballe pour un final comme seul cet auteur sait les orchestrer.

Un imbroglio dont on se demande comment il va s’en sortir, mais Michel Bussi a plus d’un tour dans son sac !!

Et puis il y a la Corse…

La Corse et ses paysage, la corse et sa beauté sauvage, la Corse et son identité. La Corse personnage à part entière de ce magnifique roman.

 

Lire ICI le début

Les bouches de Nicolas Feuz


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Les bouches  de  Nicolas Feuz. Paru chez The Bookédition en 2015, 9€99 ; 289 p. ; 11×17 cm

$$$&&&ob_65a613_les-bouchesLes Bouches de Bonifacio. Corse-du-Sud. Détroit maritime international séparant l’Ile de Beauté de la Sardaigne.

Résumé :

Septembre 1943. Hitler projette d’y faire remonter ses troupes en direction de Bastia, suite à la capitulation de l’Italie. Pour contrecarrer les plans du Führer, un petit groupe de résistants oeuvre dans l’ombre de l’Opération Vésuve lancée par de Gaulle, visant la libération de l’île.

Juillet 2015. Un cadavre est retrouvé, flottant au pied des falaises de calcaire blanc. A la place de ses yeux, les gendarmes découvrent d’étranges débris de coquillages. Bientôt, d’autres morts similaires surviennent, contraignant l’adjudant-chef Eric Beaussant, fraîchement revenu sur l’île de son enfance, à affronter les fantômes du passé.

$$$&&&ob_19418L’auteur : Nationalité : Suisse, né à : Neuchâtel , 1971. 

Procureur de la République suisse et auteur de thrillers, Nicolas Feuz a étudié le droit à l’Université et obtenu le brevet d’avocat, avant d’être élu en 1999 comme juge d’instruction, puis en 2008 comme président du collège des juges d’instruction, et enfin en 2011 comme procureur de la République helvétique. Il s’est lancé dans l’écriture de romans noirs en 2010.

 

 

Extrait :
Sur l’étroit chemin creusé à même la roche des falaises, à moins de deux mètres des eaux transparentes, la silhouette vêtue de blanc s’était mêlée innocemment à la masse des touristes. A l’aide de jumelles, elle observait la côte à l’est de la cité. Un discret rictus apparut sur ses lèvres lorsqu’elle repéra enfin l’endroit, à mi-chemin en Bonifacio et le cap Pertusato.
Elle avait veillé à donner un faux nom à la réceptionniste, lorsqu’elle avait prévenu la gendarmerie de la présence de ce corps flottant au large des rochers. Elle avait ensuite patienté et assisté à l’arrivée assez rapide des deux premiers hommes.
Le troisième, le grand noiraud qui regardait au large dans les eaux du détroit, devait être le nouveau chef de la brigade de proximité. La presse locale s’en était fait l’écho. Un homme droit, d’une grande expérience. Un adversaire dont elle devait se méfier.

 

L’avis de Marie-Nöelle :

Je me suis laissée transportée par cette sombre histoire qui nous emmène en Corse île chère à mon cœur, par un auteur suisse, pays cher à mon cœur aussi, ça fait beaucoup !

Le ton est donné dès la première page. Deux histoires parallèles qui, on se doute vont finir par se rejoindre.

Ce roman est bien construit et nous oblige à lire les chapitres à grande vitesse avec une issue bien menée.

Je ne suis pas forcément fan d’histoire en général mais à l’issue de ma lecture je suis allée m’informer , ce qui reste positif car ce livre a su attirer mon attention sur le sujet et donc pourquoi pas TOI !?

Par conséquent je vais faire court : je vous souhaite d’obscures vacances en Corse !

 

 

 

 

 

 

Nozze nere, Volume 1 de Jérôme Sublon


9782919066193,0-2519219Nozze nere, Volume 1 de Jérôme Sublon. Paru le 12 juin 2015 aux Ed. du Caïman. 13€ ; (248 p.) ; 19 x 12 cm.

4è de couverture

Contrairement à ce qu’annoncent les journaux, ces vieux ne sont pas morts dans un incendie accidentel…

On dérange Falcone un dimanche après-midi : normal on ne fait pas attendre un sénateur… même mort !

La commissaire parisienne Aglaëe Boulu et le lieutenant corse Francesco Falcone forment un tandem détonnant. Leur enquête les emmènera à travers une Corse fidèle à sa tradition, avec ses paysage, ses montagnes et ses villages perdus. Et ils croiseront des personnages attachants. Mais d’autres, aussi, qu’il aurait mieux valu éviter…

L’auteur :   jerome-sublonJérôme Sublon est né en 1953. D’abord ingénieur dans diverses compagnies indus­trielles, il est maintenant professeur des écoles.
Mais ce n’est pas tout : il est adepte des chemins de Grande Randonnée, guita­riste, théâtre d’impro… Et en plus… Il écrit  : Nozze nere est son premier roman, publié en deux tomes.
 Extrait
« Dimanche après-midi, le seul moment que le commandant Falcone possédait. Les autres jours de la semaine, sa vie ne lui appartenait pas. Les journées se culbutaient les unes contre les autres, avec à peine quelques heures de répit entre elles, l’envahissaient corps et biens, s’enfonçant toujours plus loin dans la nuit, parfois jusqu’à l’aurore. Lorsqu’il émergeait le dimanche, grâce à un café noir à casser à la masse, le soleil était déjà bien haut. Alors il prenait le large dans son petit canot motorisé, s’éloignant de la jetée de Pavellone, et jetait l’ancre au creux d’une petite baie abritée. Il n’utilisait le moteur qu’exceptionnellement, préférant les rames. Là, il mouillait la ligne, non pas que le poisson aux dimensions exceptionnelles le maintînt hors d’haleine, mais les gestes de la pêche lui occupaient les mains, tandis que son esprit glissait mollement sur les rondeurs de l’onde.
Il se raisonnait, échafaudait de nouvelles règles de conduite, décidait par exemple qu’il pourrait lâcher un peu de lest, rien ne l’obligeait à suivre toutes les enquêtes en cours avec autant de précision. Il était à la tête d’une équipe compétente, ses collaborateurs n’étaient pas faciles à traire, des caractères de cochon, mais terriblement efficaces. Lorsqu’ils étaient sur une affaire ils ne lâchaient pas le morceau, tels des pitbulls et ils ne comptaient pas leurs heures jusqu’à ce que l’os ait donné tout son jus. »

Résumé et avis

Le commissaire Aglaëe Boulu et le lieutenant Francesco Falcone, un duo remarquable, mènent l’enquête en Corse. Dans un cadre enchanteur fait de paysages montagneux et de villages isolés, leurs rencontres ne sont pas toujours chaleureuses.

hexa-1.generalDécidément les éditions du Caïman ont du flaire pour débusquer des nouveaux auteurs talentueux.  Après Guillaume Audru,  Martine Nougué, Patrick Caujolle, Annabelle Léna, autant d’auteur dont j’ai aimé les polars. Jérome Sublon est leur nouvelle révélation. Son livre nous happe dès les premières pages. Les intrigues sont parfaitement maitrisées. Ses personnages sont intrigants, troubles ou troublants et attachants à souhait . Un roman policier, mais pas que ! Jérôme Sublon nous balade entre paysages remarquable et psychologie des personnages.

L’auteur mêle deux histoires qui à priori n’en rien à voir l’une avec l’autre.

La première tourne autour du meurtre d’un jeune sénateur aux dents longues, Paul Terraré. Un personnage au combien public. Elle aura bien sur des conséquences politiques. N’oublions pas, nous sommes en Corse. Nous allons nous balader entre nationalisme et mafia.

La seconde est plus retors, nous allons avoir à faire à un tueur étrange et fanatique, qui sème la mort d’un bout à l’autre de l’île. Il se croit investi d’une mission divine, alors forcément.

Et puis, l’écriture de Sublon est directe et  juste, elle aussi. Juste subtile comme il faut avec une pointe d’humour. Une très belle découverte que ce premier titre d’un diptyque dont on attend la suite avec impatiente.

Lire le début ICI

La petite louve de Marie Van Moere.


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Le livre : La petite louve de Marie Van Moere. Paru le 16 janvier 2014 à la Manufacture de livre. 18.90€. (267 p.) ; 23 x 14 cm

4e de couv :

« – Regarde-moi.
Cheveux longs et légèrement ondulés, brillant et vaporeux, peau diaphane, lèvres roses et yeux verts d’eau, clavicules trop fines, seins malmenés, douze ans, une enfant mal grandie.
La mère lui caressa la joue.
– Je l’ai tué.
La petite comprit immédiatement. »

Une mère est confrontée au drame que chaque parent redoute. Elle décide de se faire justice et prend la fuite avec sa fille. Mais celui qu’elle croit être un monstre, c’est aussi un fils et un frère, issu d’une famille de Gitans sédentarisés « défavorablement connus des services de police », comme on dit pudiquement. Une famille, elle aussi, avec son histoire et ses drames, et à laquelle on ne s’attaque pas impunément.

Sur les routes de Corse, mère et fille vont se découvrir, tantôt proies, tantôt criminelles.

indexL’auteur : Marie Van Moere est née en 1977 à Pau. Son enfance a été marquée par de nombreux voyages. Elle a passé ses premières années à Saint-Laurent-du-Maroni en Guyane. Aujourd’hui, elle vit et écrit en Corse, à Ajaccio.

 Extrait : 

« La balle s’était logé dans l’os pariétal. Imprévu. Jamais elle n’aurait imaginé qu’il fut si physique d’ouvrir un crâne à la pioche. Celui-ci brisé, elle s’agenouilla derrière et y plongea les mains. La détermination ne tolérait guère le dégoût. »

 Agathe est médecin à Marseille et complètement ravagée par la colère et la douleur. Sa fille, adolescente, a été violée.
th (11)Suite au viol subi par sa fille adolescente, une mère de famille voit son couple voler en éclats. Lorsque le suspect de l’agression est libéré à cause d’un vice de procédure, elle décide de venger elle-même sa fille. Après le meurtre du jeune homme, la mère et la fille s’enfuient sur les routes de Corse, poursuivies par les frères de leur victime.
Difficile de parler de ce livre sans se laisser aller à ses sentiments.
th (10)Déjà la première scène est choc. Une femme assouvit sa vengeance, elle venge sa petite fille et dés lors elle devient la proie d’homme prêts à tout, eux aussi, pour venger leur frère. C’est la loi du talion. Œil pour œil, dent pour dent.
Et c’est vrai que l’écriture de Marie Van Moere ne simplifie pas les chose. Elle est, comment dire, hystérique, frénétique, échevelée. Elle nous percute, cogne. Et son lyrisme nous chavire.
En entre de plein fouet dans cette relation mère fille à la fois fusionnelle et anarchique. Parfois on se demande qui est la plus fragile de la mère ou de la fille.
Et puis, il y a les méchants, qui eux aussi ont une histoire, et une histoire pas si facile non plus. Parfois, je me suis demandée si l’auteur ne voulais pas que l’on ressente de l’empathie pour ses hommes, eux aussi frère ou fils.
th (8)Et enfin il y a la Corse, la beauté de l’île, un refuge pour nos héroïnes qui voient pourtant le piège se refermer sur elle. La Corse sauvage comme ce récit. Les paysages rudes et âpres comme la plume de l’auteur.
Une histoire qui ne peut vous laisser insensible.
Elle m’a chamboulé, retournée, émue. J’en ai pris plein la gueule.
Mais alors j’ai aimé la force de ses mots.
Dans son premier roman, l’auteur soulève des questions qui survivent à sa lecture. Jusqu’où peut-on s’affranchir du bien et du mal ? Qui sont les forts et qui sont les faibles ? Peut-on se faire justice ?
Des questions auxquelles j’ai plus tendance à répondre avec mes tripes qu’avec ma cervelle.th (9)