AUSTERLITZ 10.5 de Anne-Laure Beatrix et François-Xavier Dillard


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14022159_1186563588069621_8932566037653992466_nLe livre : Austerlitz 10.5 de Anne-Laure Beatrix et François-Xavier Dillard. Paru le 17 mars 2016 chez Belfond. 19€ ; (269 p.) ; 23 x 14 cm

4ème de couv
En 1910 la Seine avait atteint lors de la grande crue de Paris son niveau maximal : 8.62 mètres sur l’échelle hydrométrique du pont d’Austerlitz.
Aujourd’hui, la pluie tombe depuis trois jours dans la capitale. Les trois premiers jours les habitants de la grande ville ont râlé. Et puis, le soir du quatrième jour, l’alimentation électrique a été coupée. La plupart des arrondissements ont alors connu un black-out total faisant souffler un vent de panique sans précédent dans la population. Le métro a été fermé. L’ensemble du vaste réseau sous-terrain des transports publics s’étant retrouvé noyé par des hectolitres d’eau sombre et glacée. Lorsque les premiers immeubles se sont effondrés et que la grande vague de boue a déferlé sur la ville, une véritable hystérie collective s’est emparée des parisiens et les pires exactions ont été commises. Au nom de la survie… La peur, puis la violence ont déferlé sur la ville.
Paris est dévastée et la plupart des habitants, du moins ceux qui ont la chance d’avoir encore un toit, se terrent chez eux en attendant que cette pluie démentielle cesse enfin…
Sous le pont d’Austerlitz l’eau a atteint son record : 10.5.

Un an plus tard, on sait que Paris ne sera plus jamais la même. Pour François Mallarmé qui a tout perdu dans cette catastrophe, sa femme et son enfant, la vie n’est qu’un long cauchemar. Il continue tant bien que mal à faire son boulot de flic dans une ville où plus rien n’a de sens. Jusqu’au jour où une affaire de meurtres sordides le ramène à son cauchemar, au cœur même du Louvre, dans ce musée qui pour le monde entier était le symbole de ce qui fut la plus belle ville du monde, et où même la Joconde a disparu….

sdl2Les auteurs :


Né à Paris en 1971, François-Xavier Dillard est directeur de la communication dans un grand groupe énergétique français. Après
Un vrai jeu d’enfant et Fais-le pour maman (Fleuve noir, 2012, 2014), tous deux nommés pour le prix Polar de Cognac, Austerlitz 10.5 est son premier roman à paraître chez Belfond.
Née à Paris en 1974, Anne-Laure Béatrix est directrice des relations extérieures du musée du Louvre. Professeur agrégé d’histoire, elle signe avec Austerlitz 10.5 son premier roman.

 Collectif Kris

Le petit avis de Kris :

Dans un Paris apocalyptique, le policier François Mallarmé voit sa vie basculer quand il perd sa femme et sa fille lors de la submersion d’une rame de métro. Ecrasé par le chagrin il doit cependant faire face à une affaire de meurtres troublants et son enquête l’amène dans l’un des lieux les plus emblématiques de la capitale, le musée du Louvres.

Entre manipulations, chantage, rituels barbares et fêtes décadentes, Mallarmé va être plongé dans un univers sans règles ni morale, confronté à nouveau à la souffrance, à la folie et à la mort…

Sur fond de crue du siècle dans la capitale française, les 2 auteurs nous entraînent dans une course effrénée pour démasquer un sérial killer mais pas que … Et c’est là tout l’intérêt de ce livre qui nous fait découvrir les coulisses du Louvre où se livrent de bien drôles de soirées privées ainsi que dans les couloirs du métro abandonnés après la crue et où se déroulent de bien drôles de choses.
Au passage, quelques petits coups de griffes envers certains Hauts Fonctionnaires et soi-disant serviteurs de l’Etat sont finement assénés.
Bref une anticipation plutôt crédible qu’on ne souhaiterait pas voir se réaliser.
A nouveau une belle réussite pour FX Dillard et son acolyte du moment.

 Lire ICI le début d’Austerlitz 10.5

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En proie au temps / Sandrine Monfort


Mes petites lectures

en-proie-au-tempsLe livre : En proie au temps / Sandrine Monfort. Paru le 19 mai 2011 chez les Nouveaux Auteurs. 18,15 EUR ; (308 p.) ; 21 x 14 cm

4e de couv :

Un thriller humaniste qui ne laisse pas indifférent !

Alisson Ackensil, jeune pédiatre cancérologue, s’introduit illégalement dans un laboratoire nucléaire pour y dérober de l’astate-211 et tenter l’injection de la dernière chance auprès d’un de ses jeunes patients. Mais du jour au lendemain sa vie bascule dans l’horreur. Ses nuits sont peuplées de cauchemars des plus terrifiants et autour d’elle des meurtres aux mises en scène inquiétantes se multiplient. Tout semble désigner la jeune femme comme suspect numéro un.

Délires ? Folie ? Hallucinations ? Non, bien pire que cela…

$zL’auteur : Sandrine Monfort est née en 1966 Elle est Ingénieur. Ses références littéraires sont Zola, Flaubert, Stendhal, Jules Verne… Et récemment, la littérature anglaise de Noah Gordon, Michael Crichton. Très sensible au style d’écriture d’un livre qu’elle découvre, Sandrine recherche avant tout à étancher sa soif de connaissances. Elle apprécie particulièrement les Techno-thrillers de M. Crichton qui suscitent la réflexion sur des futurs possibles et font prendre conscience des dérives à éviter. Portée par les challenges et en recherche d’adrénaline, Sandrine a attrapé le virus de l’écriture de Techno-thrillers.

Lecture d’avant

Résumé et petit avis :

En cinq jours, la vie du docteur Alisson Ackensil, brillant médecin en oncologie pédiatrique, bascule dans l’horreur. Autour d’elle, des meurtres aux mises en scène étranges se multiplient…

L’auteur nous propose ici un « Thrillosophie », un genre dans lequel extrapolation scientifique flirte avec fiction, questionnement technique avec réflexion philosophique. Elle y crée des personnages évoluant dans un monde troublant de réalisme.

Des personnages fouillés, une intrigue bien menée . On se sent de suite en empathie avec Alisson, et le flic est très attachant également.

L’écriture est fluide.

Un polar original alliant suspense, aventure et action, c’est vif et efficace. Nous sommes tenus en haleine tout au long de cette lecture agréable.

De plus au delà du thriller scientifique, ce roman policier est un prétexte à un questionnement spirituel, à une réflexion plus profonde sur le temps, le destin, le sens de la vie, le hasard…Ainsi, ce titre aborde des thèmes comme  l’éthique, le dualisme et le déterminisme scientifique.

Un premier roman très prometteur.

Un thriller qui ne laisse pas indifférent parce qu’il est empreint d’un humanisme sincère.

Le tueur de l’ombre de Claire Favan


Chronique de lecteurs
Pour compléter la Chronique de Bruno sur le premier roman de Claire Favan  ICI, voici l’avis d’un lecteur un peu particulier puisqu’il s’agit d’un comité de lecture de bibliothécaires.
9782819500742,0-11723519782266250016,0-1992179Le livre : Le tueur de l’ombre de Claire Favan. Paru le 3 mars 2011 aux Nouveaux Auteurs.   20€20 ; (535 p.) ; 22 x 14 cm
Réedité en poche le 12 juin 2014 e chez Pocket.  7,90€ ; (550 p.) ; 18 x 11 cm
4e de couv :

Aux limites de l’insoutenable, une plongée dans les profondeurs abyssales de l’esprit du plus terrible des assassins où même le lecteur est manipulé !

Will Edwards, tueur en série de la pire espèce, parvient à s’évader grâce à un mystérieux complice. RJ Scanlon, profiler et chef d’une équipe d’enquêteurs du FBI qui l’avait lui-même mis sous les verrous, part à nouveau sur les traces de son ennemi le plus intime. Intime au point que cette évasion perturbe le couple que l’enquêteur forme désormais avec Samantha, qui n’est rien moins que… l’ex-épouse du criminel qu’elle a livré à la police. Nul doute que Will Edwards veut sa vengeance. Inexplicablement, l’assassin reste inactif et les mois s’écoulent. RJ Scanlon est dans l’impasse. Mais, lorsque les meurtres reprennent, plus cruels que jamais, Edwards frappe au plus juste avec une telle évidence que le doute s’installe. De subtiles variations dans la signature du dément sont perceptibles. Ont-ils affaire à un imitateur ? Non, bien pire…

Un thriller glaçant plébiscité par un comité de lecture grand public*

*Comité composé de lectrices et lecteurs indépendants.

« Magnétique, envoûtant ! J’ai apprécié le suspense permanent, les retournements de situation inattendus, l’approfondissement psychologique des personnages, le souffle du livre. L’auteure sait lier monstruosité et tendresse : on est sur un fil tout du long du roman ! Ecriture parfaite, rythme fantastique alliant moments de calme et moments explosifs : c’est tumultueux et tendre à la fois ! Merci Claire Favan ! » Jean, 65 ans, Paris.

« Un revirement bluffant, aux deux tiers du livre, laisse le lecteur pantois. » Nicolas, 47 ans, Tarn.

« Intrigue très prenante, j’aime beaucoup ce thème «dans la tête du tueur» qui n’est pas souvent abordé dans les thrillers. » Hélène, 29 ans, Oise.

Un deuxième roman magistral qui vous mène par le bout du nez.

téléchargement (6)L’auteur : Claire Favan : 34 ans, mère de famille, parisienne, Claire travaille dans la finance. Son premier livre, Le Tueur intime, a remporté le Grand Prix VSD du polar 2010.

Extrait
Avec un brusque sursaut de lucidité orgueilleuse, il réalisa que RJ le comprendrait. Il lui était encore pénible d’admettre que le profiler avait lu les coprs de Deby Mc Dermott et Mona Esteves comme des livres. Il avait compris à travers son changement infime de méthode, qu’il avait traversé un passage à vide.
Résumé et avis du comité des bibliothèques de la ville de Paris.
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Le comité de lecture de Littératures policières est composé de bibliothécaires du réseau des bibliothèques de prêt de la Ville de Paris, tous aussi férus de polars, thrillers, et autres romans noirs ou à suspense. J’en suis la coordinatrice et l’animatrice.

Le tueur en série Will Edwards est parvenu à s’évader grâce à un complice. L’enquêteur RJ Scanlon part une nouvelle fois sur les traces de son ennemi, qui n’est rien moins que l’ex-époux de sa femme, Samantha. Le criminel souhaite plus que tout se venger, pourtant il se fait silencieux jusqu’à ce que les meurtres reprennent.

Un de nos 10 coups de coeur 2011

.Un coup de téléphone, en pleine nuit. Et le cauchemar qui recommence…

R.J. Scanlon, profiler au FBI, croyait en avoir fini avec Will Edwards. Mais en quittant la route, le fourgon qui transportait le plus terrible serial killer de ces dernières années a libéré la bête…

R.J. en est certain : Samantha – qui partageait jadis la vie de Will – et lui seront les prochains sur la liste. Mais quand les meurtres reprennent, plus cruels que jamais, de subtiles variations dans la signature du dément sont perceptibles.

Ont-ils affaire à un imitateur ? Non, bien pire...

Ce deuxième roman d’une jeune auteure française fait suite « au tueur intime« . Pour autant il peut se lire sans que vous ayez besoin de lire le premier. Mais nous vous recommandons de lire ce diptyque, vous on aurait encore plus froid dans le dos.

Il faut savoir que ce second opus est beaucoup moins sanglant que le premier. Il est aussi très bien construit et parfaitement abouti. Sa force repose sur l’art de l’auteur de ménager les coups de théâtre et donc le suspense. Elle parvient à surprendre son lecteur voire à le manipuler. Magnétique, envoûtante, la tension est permanente. Les retournements inattendus de situation ainsi que l’approfondissement de la psychologies des personnes sont autant d’atouts majeurs qui servent l’intrigue de cet excellent polar.

Une auteure à découvrir et à suivre.

Lire le début du  le tueur de l’ombre

Lecture d’avant&

Reflex de Maud Mayeras : un roman qui m’a mise KO.


 imagesLe livre : Reflex de Maud Mayeras. Paru le 05/10/2013 chez Anne Carrière. 21€

4e de couv : Iris, photographe de l’Identité Judiciaire, shoote comme d’autres boivent. Pour apaiser la douleur. Pour oublier la mort de son fils, Swan, sauvagement assassiné onze ans auparavant. Lorsque la canicule assèche la ville, lorsqu’elle détrempe les corps et échauffe les esprits, alors, les monstres se révèlent.

Extrait :
« Perdre un enfant est une maladie que l’on a peur de contracter. C’est une contagion dont on évite soigneusement les infectés. On change de trottoir, on les fuit à toutes jambes. De ces gens-là, je suis la peste et le choléra. Je suis leur faucheuse, leur cancer, leur 22 long rifle. »

images&L’auteur : Maud Mayeras vit à Limoges.Elle est née le 6 octobre 1981. Hématome, son premier roman écrit avant ses 25 ans, fut très remarqué par la critique(Prix Polars des Limbes Pourpres 2006, finaliste du Prix SNCF du Polar 2007…).

Résumé et avis :

51pApnQivRL__AA160_J’ai eu la chance de rencontrer Maud Mayéras, il y a quelques années lors de la sortie de son premier bouquin. Elle avait fait une très brève apparition au Salon Saint Maur en poche. C’est une autre auteur, Laura Sadowski, pour ne pas la citer, qui m’a alors conseillé Hématome. « Toi qui aime les nouvelles plumes, les premiers romans, il faut que tu découvres Maud Mayéras. Elle est hallucinante et son polar est tout aussi poignant. »

J’ai donc suivi le conseille et effectivement, ce premier polar était déjà choc. (d’ailleurs, il faudra qu’un jour je vous en parle…je sais pas où je vais trouver le temps mais il va falloir) Alors pensez , j’attendais avec anxiété le deuxième. Et il m’a fallu être patiente, 7ans 1/2, avant de pouvoir lire à nouveau Maud Mayeras. Et puis Reflex est sorti, je me suis précipitée dessus.

Iris Baudry est photographe de l’identité judiciaire. Disponible nuit et jour, elle est appelée sur des
scènes de crime pour immortaliser les corps martyrisés des victimes. Iris est discrète, obsessionnelle, déterminée. Elle shoote en rafale des cadavres pour oublier celui de son fils, sauvagement assassiné, onze ans auparavant.Mais une nouvelle affaire va la ramener au cœur de son cauchemar : dans cette ville maudite où son fils a disparu, là où son croquemitaine de mère garde quelques hideux secrets enfouis dans sa démence, là ou sévit un tueur en série dont la façon d’écorcher ses victimes en imagesLJT1XSVDrappelle une autre.La canicule assèche la ville, détrempe les corps et échauffe les esprits, les monstres se révèlent et le brasier qu’Iris croyait éteint va s’enflammer à nouveau dans l’objectif de son reflex.

Et je l’ai dévoré. Et puis plus rien. Ce roman m’a mise KO.

Du coup voici un livre que je n’arrive pas à chroniquer. Et pourtant je l’ai adoré.

Je me suis dit, attends un peu…Que le choc soit passé….prends un peu de recul. Tout cela va se décanter. Et, si cela se trouve, tu le trouveras moins génial dans quelques semaines. Mais bon, il faut se rendre à l’évidence, cela fait 3 mois que je l’ai lu et il est toujours bien là, toujours aussi présent. Presque, me hantant.

Pour autant je n’arrive pas à trouver de mots pour le décrire. et surtout pour vous parler de mon ressenti. C’est trop puissant pour moi. Ou peut être que c’est un « Reflex », un reflex de conservation. imagesUQK14BOAJ’ai sans doute peur de vous révéler trop de choses, de dévoiler trop d’intime, tellement ce titre m’a chavirée. Peur de me mettre à nu. Je repousse le moment où je vais vous laisser rentrer dans mon cerveau et dans mon être le plus profond. Ce polar m’a pris aux entrailles. C’est, comment dire?  Viscéral. Venimeux. Sombre bien sur. Mais alors c’est bon, oui c’est bon et on se demande pourquoi toute cette noirceur nous fait « triper ».

Car c’est un pur moment de lecture que m’a offert, que nous offre, Maud Mayeras. Les phrases sont courtes, simples, précises, concises je dirais même. Le style est direct, fort, brut voir brutal.

Les personnages sont bouleversants de vérité . Pas forcément attachants. D’ailleurs je ne me suis pas identifiée à Iris, elle m’était même étrangère. C’est là aussi, que l’auteur est douée, car même sans empathie; je me suis laissée malmenée par le bouquin. C’est avec énergie que ce titre vous renverse, vous jette à terre. Maud Mayeras mêle les différentes histoires de ses héros de façon à ce qu’elles s’entrechoquent, que le passé et le présent se bousculent puis se rejoignent. Tout cela pour encore et encore dénoncer les violences qui sont faites aux femmes.

Fred_Coiffe2Car c’est bien là qu’est le sujet du livre. C’est là qu’est le nœud du problème. L’auteur se place du coté des victimes même si celles ci parfois deviennent bourreaux. Elles restent des victimes au yeux de leur créatrice. Car aujourd’hui, comme hier, les femmes ont toujours été et sont encore malheureusement victime de violences.

Alors merci Maud pour ce magnifique roman noir qui restera pour moi un formidable plaidoyer.

Citations, extraits – Reflex – Maud Mayeras 
  • (…) »Je n’aime pas l’autorité. Cette forme de toute-puissance qu’une voix seule peut exercer sur vous. Ces mots simples qui vous tordent le ventre et que vous n’avez pas envie d’écouter. Ces ordres que vous suivez malgré vous, parce que vous n’avez jamais su faire autrement. « (…)
  • (…) »Je n’aime pas les retrouvailles. Ces moments de silence que vous avez toujours fantasmés, gâchés par la gêne et la promiscuité. Ces instants que vous avez tant attendus et qui, lorsqu’ils arrivent enfin, vous font l’effet d’une bière tiède que vous n’avez plus vraiment envie de boire, ni de partager »(…)
  • (…) »Je n’aime pas les surprises, votre quotidien rôdé qu’on décide de sortir des rails. Ce que l’on n’attend pas n’arrive jamais au bon moment. Je n’aime pas les surprises, et dans le fond, vous non plus.(…)
  • (…) »Je n’aime pas le souffle des fantômes. Souvent prisonniers des murs que je visite, ils caressent mes épaules. Ils m’invitent à rester. Ils tirent sur mes manches et mendient mon temps. »(…)