Je servirai la liberté en silence de Patrick Amand


Le livre : Je servirai la liberté en silence de Patrick Amand. Paru le 19 juin 2017 aux Ed. du Caïman dans la collection Polar.13€ ;  (313 p.) ; 19 x 12 cm

Je servirai la liberté en silence

La veille du Festival International du Mime de Périgueux, son directeur artistique, Axel Blancard, est retrouvé sauvagement assassiné dans un jardin du centre-ville. Le monde artistique est en émoi et la police piétine. Il n’en fallait pas plus pour revigorer Gregorio Valmy, détective privé déprimé, en vacances dans la capitale périgourdine au moment des faits. Quelques discussions avec des érudits locaux et quelques rencontres insolites suffisent à l’enquêteur pour comprendre que cette affaire n’est pas banale. D’autant qu’Axel Blancard n’est autre que le petit-fils d’une des figures locales de la Résistance et frère du candidat socialiste à l’élection législative partielle : il n’en faut pas davantage pour qu’un passé douloureux ressurgisse…

L’auteur : Né en 1970 à Poitiers, Patrick Amand publie son premier polar en 2009. Passionné d’histoire il s’approprie ce genre littéraire pour évoquer des événements peu connus.
Humour et découvertes historiques caractérisent les aventures du détective Gregorio Valmy dont c’est ici la troisième après L’affaire du noyé de Poitiers et Gurs 10.39. Il est également directeur de la collection Noires nouvelles aux Éditions du Caïman qui compte deux titres : Omaha blues et autres nouvelles qu’il consacre au Débarquement de Normandie et Brigadistes !, recueil collectif de vingt auteurs et personnalités autour de la Guerre d’Espagne et des Brigades Internationales.
Extrait : 
« En fait ce sont les majuscules qui nous font chier. Tant qu’on nous laisse dans nos histoires avec « h » minuscule, nos trahisons avec « t » minuscule… Et aussi nos morts avec « m » minuscule, tout va bien pour tout le monde. Les majuscules sont posées par les clowns qui croient nous gouverner et qui pensent tirer les ficelles de la gigantesque farce qu’est le pouvoir. Mais le pouvoir, ce n’est pas une marionnette avec des fils même si c’est parfois Guignol à tous les étages. Tout ça pour la vitrine, pour faire rire et pleurer. En réalité le pouvoir c’est nous qui l’avons. »

La Kronik d’Eppy Fanny

JE SERVIRAI LA LIBERTE EN SILENCE DE PATRICK AMAND AUX EDITIONS DU CAIMAN

Je découvre cet auteur par ce livre qui est son troisième roman.

J’y fais la connaissance de son détective Grégorio Valmy originaire, comme l’auteur, de Poitiers.

L’histoire :

Grégorio Valmy, qui vient de se faire larguer par sa compagne, part se changer les idées chez son ami Jean-Paul Sitruc, journaliste au quotidien La Dordogne Libre et qui habite la jolie ville de Périgueux.

Jean-Paul doit couvrir pour son journal les festivités liées au Festival Mimos (festival international du Mime) et traîne avec lui Grégorio afin de lui changer les idées.

Notre détective croise une charmante Capitaine de Police qui lui fait bien vite oublier ses peines de cœur.

Jean-Paul étant occupé, et se refusant à laisser le déprimé seul, il le présente à son ami Laval

Palindrome, agrégé d’histoire, ancien professeur, devenu bouquiniste dans un cadre exceptionnel face à la superbe Cathédrale St Front.

Laval fait découvrir les produits régionaux d’exception au déprimé qui lui est confié et qui apprécie particulièrement les spécialités liquides de mon cher Périgord. Il faut dire que du Pécharmant, aux Bergerac, en passant par les Monbazillac il y a de quoi satisfaire tous les palais, même les plus exigeants.

Mais voilà qu’un meurtre est perpétré.

Axel Blancart, le conseiller artistique de Minos est la victime. Et du coup ça se complique car il est le frère de Simon Blancart. Simon est conseiller municipal de Razac S/L’Isle, commune voisine de Périgueux, et surtout candidat à l’élection partielle législative. De plus les frères sont les petits-fils d’une figure locale de la résistance. Et nous voilà replongés dans ce passé sombre et douloureux de notre histoire avec un grand H.

Ce meurtre donne l’occasion à Grégorio de revoir Claire St Martin, le Capitaine de Police qui lui a tapé dans l’œil et qui n’est pas insensible à son charme. Les voici qui enquêtent, chacun de leur côté, puis qui mutualisent leurs informations.

Grégorio, dans ses recherches, est aidé, en plus de Laval par des personnes rencontrées chez ce dernier : Léopold Turland, dit La Praline, anarchiste notoire, Léonce Carbona 92 hivers ex-résistant, ex-flic, la mémoire de ce passé qui ressurgit. Et Wlad, un polonais de passage plein de bonne volonté. Une sacrée équipe de pieds nickelés !

Saint-Martin pour sa part a deux fidèles lieutenants sur qui elle sait pouvoir s’appuyer : Levrault et Güleken, dits Teddy Ted et L’Apache.

L’enquête se complique encore un peu lorsque Simon Blancart disparaît à son tour.

Extrait p.149 – 150 : « La famille Blancart a un passif assez impressionnant dans l’histoire du Département. Les morts non naturelles du grand-père, du père et du fils interrogent. La thèse du tueur, le malfrat du coin, qui s’y prend à deux fois, on a du mal à y croire. Après la récupération d’une partie des archives familiales, Laval Palindrome pense qu’elles sont incomplètes. Ginette Blancart l’avait contacté quelques jours avant sa mort pour lui transmettre ces documents. Ce qu’il avait vu était plus consistant. »

Le meurtre, pour être compris et élucidé, va mettre en lumière des pages peu glorieuses de notre histoire. Plus particulièrement la période de fin de guerre et la sinistre BNA qui a tant fait souffrir le Périgord et dont mon Grand-père m’avait beaucoup parlé lorsque j’avais la chance de l’avoir encore.

Puis le meurtre élucidé, la raison d’Etat mettra un joli couvercle sur la vérité… Et présentera à la presse une version toute personnelle comme conclusion à l’affaire.

Ce roman nous replonge dans l’ambiance puante du 93 de la rue Lauriston. Nous permet de revoir à l’œuvre Henri Lafont et sa bande de voyous. De découvrir le parcours d’Alexandre Villaplane, qui de Capitaine de l’équipe de France de football est devenu l’un des pires collabos, membre actif de la BNA. La BNA (Brigade Nord-Africaine), créée par Lafont, est un ramassis de voyous de la pire espèce ayant rejoint la Gestapo pour leur enrichissement personnel. Ce roman nous fait découvrir les exactions commises en cette fin de guerre par cette troupe d’hommes sanguinaires et sans moral qui ont tué et torturé femmes, enfants et vieillards en plus des résistants.

Nous allons constater que le communisme très présent en France, et en particulier dans ce Périgord « rouge » surnommé la Petite Russie en 1944, inquiète et est sous surveillance.

Cette montée du communisme conduira le gouvernement français à lancer le 7 septembre 1950 l’opération « Boléro-Paprika » visant à arrêter les principaux dirigeants communistes espagnols établis en France et les communistes d’autres nationalités, membres supposés de la cinquième colonne.

Nous allons également découvrir, sans surprise, que les méchants ne sont pas tous punis et que l’Etat français, lorsque le nouvel ennemi est devenu de couleur rouge et que la paranoïa était à son comble pendant la guerre froide, en a recruté bon nombre.

Pour ma part j’ai découvert ce qu’étaient les réseaux Stay-behind *.

En revanche je dois avouer que j’ai eu du mal à rentrer dans ce roman. La période contemporaine du début, les descriptifs d’une ville que je connais par cœur, tout comme la Région, étaient pour moi trop longs je m’y perdais et m’y ennuyais. Je pense que c’est dû justement au fait que le roman se déroule « chez moi ».

En revanche j’ai été passionnée par toute la partie historique remarquablement documentée qui a fait écho à mes souvenirs personnels pour partie, mes deux grands-pères ayant vécu cette période, mes grand-mères également, qui ont pris des risques fous pour nourrir les maquisards qui se terraient dans les bois…

J’y ai également appris beaucoup sur cette période et ce qui en a découlé*.

Je vous suggère, à la lecture de ce roman qui mêle personnages fictifs et réalité, de pousser vos recherches personnelles. Des notes de l’auteur en fin de roman vous donnent de bonnes pistes à approfondir. Il y en a bcp d’autres lorsque l’on creuse.

Pour conclure, et c’est personnel, j’aurais préféré un roman purement historique. J’ai eu du mal à adhérer aux personnages contemporains du récit.

Mais comme toujours cet avis n’engage que moi et il me semble judicieux que vous vous fassiez le vôtre.

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Droit dans le mur – Nick Gardel


La double chronique

Aujourd’hui Julie et Dany vous donnent leur avis sur un même livre.

C’est Julie, notre jeune chroniqueuse qui a ouvert le bal ce matin.

Et maintenant c’est au tour de Dany notre mamie Flingueuse de vous proposer sa chronique.

Le livre c’est :

Le livre : Droit dans le mur de Nick Gardel. Paru le 10 novembre 2017 chez Caïman dans la collection Polar.  13€ ; (229 p.) ; 19 x 12 cm

4e de couv :

Ancien vigile, Michel Marchandeau a cru au rêve campagnard : il s’est installé dans une maison des contreforts vosgiens. Mais le voisinage peut vous pourrir la vie bien plus vite qu’on ne le croit.

Entre une congrégation d’illuminés aux prétentions territoriales envahissantes et un Anglais chercheur de trésor, le retraité va devoir jouer des poings. Rapidement les cadavres commencent à s’entasser et cette histoire pourrait bien finir… droit dans le mur !

L’auteur : Enseignant dans les parties les plus complexes des méandres de l’éducation nationale et rattrapé par une quarantaine qui ne va pas en s’arrangeant, il a bien fallu que Nicolas Juan trouve une échappatoire. Il a finalement mis la main sur Nick Gardel pour se cacher derrière et pouvoir écrire des bêtises.
Extrait : 
 « Je l’ai déjà dit, chez les mecs, le point d’impact optimal se situe au niveau de leur entrejambe. On peut s’entraîner à massacrer du poteau de bus avec les tibias, à défoncer de la planche de douze à la main, mais personne ne résiste à un coup ajusté dans les glaouis. 
Mon cuistot s’est plié en deux, pile au-dessus de l’acier qui l’attendait en obélisque. La pointe est rentrée par le menton, a traversé la langue et j’ai dû pousser pour qu’elle perfore le plancher du palais. Le gros a gigoté un peu, pour faire croire à une dernière volonté. Mais il avait clairement la tête ailleurs. Il s’est écroulé d’un coup, en tas amorphe et l’oeil vitreux, commençant le décompte de sa date limite de fraîcheur. »

La chronique jubilatoire de Dany

Michel Marchandeau, veuf retraité, vit dans dans les Vosges dans une maison isolée dont avait hérité sa femme. Son voisin le plus proche David Waters s’est lancé à la recherche d’un trésor qu’auraient caché ses ancêtres, mais une communauté, ayant tout de la secte, insiste pour racheter ses terres.

Chronique sur le blanchiment de bijoux sales et autres biens mal acquis … Dans ce thriller nous retrouvons la gouaille de « Fourbi étourdi » et une galerie de personnages incomparables. Nick Gardel m’a fait penser à René Fallet et ses « chroniques villageoises et beaujolaises » mais dans le cas présent, ça se passe en Alsace, sur ces terres ballottées entre l’Allemagne et la France au grès des guerres et petits arrangements qui s’en suivent.

Les fidèles lecteurs retrouveront aussi Estéban et sa divine Renault 5 …
Quelle vie de retraité pour le narrateur ! Il n’arrive pas à mener à bien la réfection de son volet, perturbé et interrompu par des meurtres de ses voisins et un gendarme qui lui en veut. Il mènera néanmoins l’enquête et une fois face au mur devra faire des choix cruciaux pour sa tranquillité et son volet !

Même avec un nombre de morts conséquent, le lecteur sort du roman avec le sourire … jubilatoire n’est-il pas ?

L’auteur, pour les accrocs, a eu la bonne idée de faire RE-paraître  Fourbi étourdi avec bonus …

Droit dans le mur de Nick Gardel


 La double chronique

Aujourd’hui Julie et Dany vous donnent leur avis sur un même livre.

C’est Julie, notre jeune chroniqueuse qui ouvre le bal.

Et Dany notre mamie Flingueuse qui le clôturera.

Le livre c’est :

Le livre : Droit dans le mur de Nick Gardel. Paru le 10 novembre 2017 chez Caïman dans la collection Polar.  13€ ; (229 p.) ; 19 x 12 cm

4e de couv :

Ancien vigile, Michel Marchandeau a cru au rêve campagnard : il s’est installé dans une maison des contreforts vosgiens. Mais le voisinage peut vous pourrir la vie bien plus vite qu’on ne le croit.

Entre une congrégation d’illuminés aux prétentions territoriales envahissantes et un Anglais chercheur de trésor, le retraité va devoir jouer des poings. Rapidement les cadavres commencent à s’entasser et cette histoire pourrait bien finir… droit dans le mur !

L’auteur : Enseignant dans les parties les plus complexes des méandres de l’éducation nationale et rattrapé par une quarantaine qui ne va pas en s’arrangeant, il a bien fallu que Nicolas Juan trouve une échappatoire. Il a finalement mis la main sur Nick Gardel pour se cacher derrière et pouvoir écrire des bêtises.
Extrait: 
« Comment font les gens qui n’ont que ça comme horizon ? Sans cesse un truc à démonter, plâtrer, poncer, enduire, tailler, remonter. Un festival d’infinitif pour une sinécure qui ne s’arrêtait jamais. L’infinitif à l’infini. »

Le compte rendu de Julie

Voilà ma 4ème chronique sur « droit dans le mur » de Nick Gardel.

                                                                                                                                               

 « Droit dans le mur » de Nick Gardel

Un polar sous fond de secte 

 Vous voulez lire un polar sous fond de secte, alors ce livre est fait pour vous. Michel Marchandeau va découvrir cette secte à ses dépens. Comment va t-il s’en sortir?

 La 1ère partie, on découvre avant tout un meurtre d’une vieille dame dont tout accuse le voisin David Waters mais Michel Marchandeau croit en l’innocence de David dont il s’est lié d’amitié. Ensuite, la 2ème partie, on entre dans la secte. Ainsi, il vous faudra vous montrer patient même si le roman souffre de quelques longueurs mais je pense le relire car je n’ai pas tout compris. De plus, chaque chapitre est entrecoupé de conseils de menuiserie qui peuvent s’avérer utiles comme « comment repeindre des volets en bois » pour ceux qui n’y connaissent rien comme moi.

 Le seul problème du livre pour moi réside dans la distinction des personnages: l’histoire est racontée à la 1ère personne « je » et à la troisième personne en « il », il m’a fallu du temps pour comprendre que le « je » est raconté par Michel Marchandeau le personnage principal. Du coup, j’avais du mal à m’attacher au personnage bien que c’est venu ensuite.

 Si vous avez du mal à retenir des noms étrangers comme moi lorsqu’il y a pas mal de personnages, alors il vous sera difficile de vous plonger totalement dans le livre. En effet, il y aura des personnages aux noms allemands et de nombreux personnages dedans, il m’a été difficile de distinguer les différents personnages et leurs rôles.

 En conclusion:

Si vous recherchez un polar sous fond de secte, je vous le conseille mais attention à ceux qui n’aiment pas beaucoup qu’il y ait de nombreux personnages car il y en aura.

Je remercie Geneviève du Collectif Polar d’avoir reçu ce livre en cadeau lors d’un concours.

 L’île des hommes déchus de Guillaume Audru


Aujourd’hui avec Kris, par deux fois  nous venons vous parler d’un jeune auteur français, Guillaume Audru.

D’abord Kris vous a présenté ce matin son dernier roman, Les chiens de Cairngorms. 

Et comme Les chiens de Cairngorms est un titre qui  fait suite à  L’île des hommes déchus, Je vous présente à mon tour ce premier roman que j’ai lu il y a quelques année lors de sa publication et que j’avais beaucoup aimé.

Allez repartons pour l’Ecosse avec Guillaume Audru


 L’île des hommes déchus de Guillaume Audru. Paru le 4 décembre 2013 aux éditions Caïman dans la collection Polars. 12€ ; (237 p.) ; 19 x 12 cm

4e de couv :

Eddie Grist, ancien policier à Inverness, est de retour sur Stroma, son île natale, au nord de l’Ecosse. Il y retrouve ses parents, avec qui il a noué des relations difficiles, ainsi que ses rares amis. Mais à peine a-t-il pris ses marques qu’un squelette est découvert sur le chantier d’une résidence secondaire. Malgré son père, notable influent de l’île, Eddie ne pourra s’empêcher de se mêler à l’enquête… enquête officiellement confiée à Moira Holm, amour de jeunesse d’Eddie, qui a, elle aussi, quelques comptes à régler avec la communauté silencieuse de Stroma…

 

L’auteur : Guillaume Audru est né en 1979 à Poitiers, soit la même année que The Wall ou Highway To Hell. Il est tombé dans la marmite du polar dès sa prime jeunesse, préférant lire Agatha Christie ou Maurice Leblanc plutôt que Oui-Oui. Et ses études dans le domaine de la logistique où il a ingurgité Ellroy plutôt que les lectures obligatoires de Maupassant, n’y ont rien changé. C’est à cette époque qu’il commence l’écriture de ses premiers textes, en dilettante. Le polar était devenu pour lui une telle religion qu’il a créé un blog qui a eu un certain succès : Territoires Polars. De fil en aiguille, il s’est attelé avec bonheur à l’écriture de son premier polar, L’île des hommes déchus et enchaîné avec succès avec Les ombres innocentes. Il travaille pour un grand groupe privé et est aussi vice-président de l’association L’Instant polar.

 

Extrait : 
« Du coin de l’oeil, je scrute les moindres faits et geste de Moira. Je la connais bien ; elle fait tout pour cacher la sphère d’angoisse tapie au fond de son ventre. À la crispation qui dévaste son corps, je sais que sa mémoire lui renvoie toute sa jeunesse. Il va lui falloir suffisamment de caractère pour faire face à la violence de ses sentiments.
Je m’approche, histoire de la sonder. Sentant ma présence, elle se retourne vivement. Moira expose un pâle sourire derrière lequel se dissimule son inquiétude, à la fois nuancée et prégnante.
– Ça va aller, glisse-t-elle entre deux bourrasques.
– Inutile de te le cacher. Tu en frissonnes presque.
Moira contemple rapidement ses mains tremblantes.
– J’ai froid.
– À d’autres, Moira ! Tu as peur, c’est tout. »
 

Le post-it de la bibliothécaire

Lecture d’Avant

Dans l’île écossaise de Stroma, Moira Holm est chargée d’enquêter sur un squelette découvert sur un chantier de construction. Eddie Grist, ancien de la police d’Inverness, de retour depuis peu dans son île natale, lui vient en aide.

 Voici une belle découverte et un bon premier roman

Un roman policier sombre et inquiétant avec, en toile de fond, une mystérieuse et pittoresque île écossaise.

D’abord le décor. Oui parlons du décor, l’Ecosse, mieux une île écossaise. Une île de 3 km² où tout le monde se connait. Une ïle repliée sur elle même sans véritable activité économique.

Oui il y a le pub, la distillerie aussi, j’allais dire forcément !

Il y a les familles qui habitent là, presque recluses sur elle-même.

Il y en a qui travaille à la conserverie; il y a la pêche, l’atelier de lainage.

Il y a aussi la pluie et le brouillard, la grisaille du paysage, les rochers mais aussi la tourbe.

Il y a cette ambiance lourde propre au milieu insulaire.

Guillaume Audru nous enferme dans cette atmosphère oppressante et il ne nous lâche plus.

On évolue à travers ces paysages avec ses personnages.

Il y a là le père, un vrai îlien attaché à son bout de terre, son bout de caillou devrais-je dire. Rude comme il peut l’être le vieux.  Il y a la mère discrète, trop peut-être presque absente. Et puis la frère et la famille, les cousins, les voisins. Ici tout le monde se connait. Et pourtant ici il y a bien des secrets enfouis. Il y a le curé aussi …Et puis il y a Moïra, la flic restée sur son île et il y a surtout Eddie, l’autre flic qui revient au pays pour mener cette enquête. l y a la les non-dits…

Voilà tout est planté, tout est campé.

Reste une intrigue bien vue et on se laisse emporter au large par ce huis clos angoissant, par ce roman choral judicieusement construit.

Bravo monsieur Audru, maintenant j’attends la suite !

Interview de Guillaume Audru lors du Salon Coup de Polar(2) à La Médiathèque de Nogent Sur Oise (12/04/14).

Les chiens de Cairngorms de Guillaume Audru


Aujourd’hui avec Kris, je vous propose non pas un mais deux avis.

Par deux fois aujourd’hui, nous viendrons vous parler d’un jeune auteur français, Guillaume Audru.

D’abord Kris vous présentera son dernier roman, Les chiens de Cairngorms. 

Et comme Les chiens de Cairngorms. est un titre qui  fait suite à  L’île des hommes déchus, Je vous présenterai à mon tour ce premier roman que j’ai lu il y a quelques année lors de sa publication et que j’avais beaucoup aimé.

Allez top départ pour l’Ecosse avec Guillaume Audru


 Le livre Les chiens de Cairngorms – Guillaume Audru.  Paru le 21 décembre 2017 aux Éditions Le Caïman. 13€ (205 p.) ; 19 x 12 cm

4ème de couv

Les éditions du Caïman

Dans « L’île des hommes déchus », Guilllaume Audru mettait en scène des hommes rudes, se débattant avec leurs démons dans l’île de Stroma,au nord de L’Ecosse.

Quatre ans ont passé depuis ces événements.

Que se passe-t-il quand deux petits vieux sont libérés de prison pour bonne conduite et cherchent à se venger ?

Que se passe-t-il quand deux frères que tout oppose décident de travailler ensemble dans un commerce illégal mais très lucratif ?

Que se passe-t-il quand une inspectrice de police, têtue et déçue par ces hommes, se lance sur leur piste ? Réponse dans LES CHIENS DES CAIRNGORMS.

ISBN 9782919066667

L’auteur : Guillaume Audru est né en 1979 à Poitiers, soit la même année que The Wall ou Highway To Hell. Il est tombé dans la marmite du polar dès sa prime jeunesse, préférant lire Agatha Christie ou Maurice Leblanc plutôt que Oui-Oui. Et ses études dans le domaine de la logistique où il a ingurgité Ellroy plutôt que les lectures obligatoires de Maupassant, n’y ont rien changé. C’est à cette époque qu’il commence l’écriture de ses premiers textes, en dilettante. Le polar était devenu pour lui une telle religion qu’il a créé un blog qui a eu un certain succès : Territoires Polars. De fil en aiguille, il s’est attelé avec bonheur à l’écriture de son premier polar, L’île des hommes déchus et enchaîné avec succès avec Les ombres innocentes. Il travaille pour un grand groupe privé et est aussi vice-président de l’association L’Instant polar.
Extrait :
« Je m’adosse à l’angle du chalet, un peu à l’abri du vent, le cul sur le sol dur et froid. Quatre lampées de Nikka pour réchauffer mon corps et ma conscience. Deux autres pour tenter de raisonner. Une dernière pour chasser la lassitude qui me gagne.
Pour un peu, j’en voudrais à la terre entière. À mes parents, incapables de m’éduquer. À mon frère et ma sœur, tellement effacés par rapport à ma personnalité. Au père Linley, dont les sermons n’ont fait qu’accentuer la colère qui sommeille en moi.
Cette forêt, cette montagne n’ont plus rien à m’offrir. J’ai envie de quitter cet endroit. De m’installer dans un lieu un peu plus civilisé. De retrouver mes anciens camarades. Mais je sais que je suis seul. Duncan et Alisdair sont au trou et pour un certain temps. C’est en les dénonçant aux flics que j’ai assuré ma fuite au cœur des Cairngorms. »

Le Petit Avis de Kris

Même si au début j’étais un peu perdue avec les personnages, Guillaume leur redonne vie avec brio. On entre très vite dans l’histoire et plus j’avançais plus elle me captivait !
C’est original, enlevé (240 pages moi ça me va très bien) la fin un peu rapide sera mon seul regret.

Et puis Guillaume connaît par coeur les Whiskies écossais … 😉😉 Il commence même à nous guider vers les japonais …. 😁😁

Un 3eme opus largement aussi réussi que les précédents. Et puis les remerciements … sympa !!

Merci Guillaume j’ai vraiment passé un excellent moment. …

 

 

Fourbi Etourdi de Nick Gardel


Collectif Polar vous offre deux avis pour le prix d’un.

Mais…Vous en avez maintenant l’habitude !

Alors le premier ce matin, c’est le Off de Oph

Et ce soir, la Chronique jubilatoire de Dany.

Reste à savoir si nos deux flingueuses seront d’accord  !

Le livre : Fourbi Étourdi de Nick Gardel.  Fourbi étourdi Suivi de Maintenant et à l’heure de notre mort . Paru le 23 mars 2017 chez Caïman. 12€ ; (167 p.) ; 19 x 12 cm.

4e de couv :

Fourbi étourdi

Voler cette antique DS dans un parking souterrain n’était peut-être pas la meilleure idée qu’ait eue Jean-Édouard. Mais c’était pour la bonne cause. Seulement, il y a cette sacoche remplie de petites coupures dans le coffre. Et puis, il va falloir compter avec cet encombrant cadavre qui l’accompagne. Un gars en chien de fusil, portant un col romain sur une veste noire stricte, mais qui a perdu son pantalon dans l’aventure. Alors entre les deux furieux qui l’ont pris on chasse, le début des pèlerinages vers Compostelle et la bénédiction du nouveau Pape, il se peut que cette année Pâques soit moins conventionnel qu’à l’accoutumée…

Une promenade joyeuse et meurtrière, parsemée de sirène électrifiée, de gorgone nymphomane, de dieu nordique peroxydé avec une touche de sadisme italien.

L’auteur : Natif du 92, transplanté puis réenraciné en Alsace. Nick Gardel garde un amour sans faille pour la Capitale et le goût des voyages en train. Ayant toujours essayé de transformer ses loisirs en travail, il a été tour à tour, vendeur de disques d’occasion, d’informatique grand public, pour finir dans l’Education Nationale. Depuis, cette grande institution lui confie les adolescents les plus en marge du système scolaire, voire de la société.
Mais la marge, c’est ce qui fait tenir les pages du cahier…
Enseignant dans les parties les plus complexes des méandres de l’éducation nationale et rattrapé par une quarantaine qui ne va pas en s’arrangeant, il a bien fallu que Nicolas Juan née en 1971 trouve une échappatoire. Il a finalement mis la main sur Nick Gardel pour se cacher derrière et pouvoir écrire des bêtises.
Extrait : 
« Jed salua Siegfried qui enroula la corde le reliant au molosse autour de son poignet. Bien que ce fut son bras droit, longuement entraîné par une pratique intensive de la pornographie internet, le contraste était saisissant entre la maigreur sèche du tatoué et les muscles placides qui jouaient sous le pelage. D’un bond, le mâtin aurait arraché l’épaule de celui qui se prétendait son maître. Précaution inutile pour l’heure, car il s’extasiait du moelleux raffiné d’un Firestone millésimé qu’il couvrait copieusement de bave. »

 

Le Off de OPH

Fourbi Nick Gaedel Oph

Dans quel fourbi me suis-je fourrée en me lançant dans la lecture de ce roman de Nick Gardel!

Une DS volée, un curé DCD, une sirène ramassée au bord de la route… JED ne savait pas quoi inventer pour pimenter un peu sa vie, alors il s’est lancé dans un périple routier pour aller sauver son ami Paul, grenouille de bénitier en grande difficulté!

Il y a du level chez Nick! Des jeux de mots à s’en contracter les sphincters et le périnée pour éviter toute fuite intempestive…

A ne pas mettre entre toutes les mains, ce polar amusant demande un minimum de concentration pour en saisir toutes les subtilités. Les critiques de la société y sont acerbes mais tellement bien amenées:

« Une école unique, asphyxiée d’hétérogénéité, dépassée par cette génération revenue de tout, héritière des échecs des aînés, dépositaire d’une dette impayable et de promesses jamais tenues ».

Une intrigue simple et sympa, mais au final le dénouement est secondaire… ce que j’ai aimé dans ce livre au delà de l’écriture, ce sont les personnages décalés, et les dialogues fouillés. Un très bon moment de lecture!

Vous aimez les jeux de mots, Audiard, Devos ou encore Desproges? Alors « fourbi étourdi » est fait pour vous!

Aucun texte alternatif disponible.

Le vrai du faux, et même pire de Martine Nougué : Le chouchou du week-end


chouchous-du-week-end
mnLe livre : Le vrai du faux, et même pire de Martine Nougué. Paru en janvier 2017 chez Caïman Editions . 12 € ; 220 pages ; 12×19 cm

 

4e de couv :

La Pointe, un quartier pittoresque de Sète, petit port sur l’étang de Thau. Trois figures locales pas très recommandables ont disparu : le plus gros producteur d’huîtres du bassin, le patron proxénète du café de La Pointe et un petit malfrat coutumier des mauvais coups. La gendarmerie relie ces disparitions aux vols et trafics de coquillages qui se multiplient sur la lagune. Ce n’est pas l’avis de Marceline, vieille militante éco-féministe, qui oriente l’opinion sur les événements pour le moins bizarres qui surviennent depuis quelques temps dans le coin : morts suspectes d’animaux, pluies de pelotes de filaments, odeurs pestilentielles certains jours…
Qui empoisonne La Pointe, et à quelles fins? Qui tue sur le bassin et pourquoi? L’opinion s’enflamme et la rumeur court : des savants fous ? Des services secrets ? Des sociétés occultes ? Le capitaine Pénélope Cissé, chargée de l’enquête, va chercher à démêler le vrai du faux…
 L’auteur : Martine Nougué est née en 1957. Elle a vécu ses premières années en Afrique, au Cameroun et, depuis, n’a plus cessé de voyager, à la découverte des cultures du monde…
Après des études de sciences politiques et de sociologie, elle a mené sa carrière en entreprise, dans le conseil et la communication.
Passionnée par l’observation de ses contemporains et celle de l’évolution des sociétés, Martine Nougué voyage, rencontre, écrit…
Elle vit aujourd’hui entre Paris et son village du Languedoc où elle s’investit dans la promotion du livre et de la lecture.
 Extrait :
– T’es cette flic amie de Luigui, hein ? La mère de la petite Noire ? Viens à l’intérieur, y fait plus frais, y’a moins de monde et j’ai à te causer, lui lança-t-elle sans plus de formalités.
– Vous semblez être chez vous, ici ? contata la policière.
– Oui, je suis partout chez moi,  la Pointe. Et d’ici, dans ce bar, je veille au grain…T’en veux ? lui demanda-telle en saisissant la bouteille.
– Qu’est ce que c’est ?
– Tisane de thym. Avec du citron. C’est bon pour les bronches, et c’est bon tout court. Bon on va pas tourner autour pendant vingt ans, reprit Marcelline après avoir rempli les verres et commencé à se rouler une cigarette. Je sais que tu recherches les trois types qu’ont disparu. Luigi me l’a dit.
– Pas tout à fait, non… Je me renseigne juste. On a pas ouvert d’enquëte : Il n’y a ni plainte ni signalement de disparition.
– Ben y’en aura pas. Et c’est pas plus mal.  
…/…

Résumé et avis :

 Rhooo la la,  quel plaisir de retrouver Pénélope et Luigi. Enfin surtout Pénélope. Ben, quoi on a le droit d’avoir ses héros préférés, non ! Et pour moi ben, ça sera mes héroïnes. Quelqu’un a quelque chose à redire !

Bon je disait quel plaisir de retrouver les protagonistes de Martine Nougué déjà rencontré dans son premier roman Les belges reconnaissants. Nous nous y étions attachés. On avait envie de suivre leurs nouvelles aventures. Et ben voilà, Le vrai du faux, et même pire est arrivé. Et je me suis régalée.

Comme je le dis partout à propos de ce titre : J’ai Grave Kiffé Grave !!

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La plume féconde de Martine Nougué nous embarque dans ce sud

 On entend la gouaille des gars du coin, on imagine parfaitement les piliers de comptoir accoudés commentant la vie du quartier.

On se représente parfaitement tous ces petits coins autour de l’étang de Thau où nous entraîne l’auteur.

Il y a comme un parfum de vacances à travers ces lignes.

Que je vous situe sur une carte le lieu où va se déroule l’action de notre polar.

situation_etang_de_thau

Voilà nous sommes donc du coté du Sète, sur la lagune de Thau. Nous allons découvrir les petits ports typiques de l’étang, la pointe courte, quartier populaire par excellence, Bouzigues, le village ostréicole. Nous allons vivre au rythme de la lagune et découvrir la région Sètoise.

 Et oui Notre officier de Police Pénélope Cissé a été muté à Sète il y a tout juste un an. Et en un an elle est passée du grade de lieutenant à celui de capitaine. Et oui, elle a pris du galon, il faut dire que c’est un sacré flic notre Pénélope. Pas froid au yeux, non plus !

Mais là elle va se confronté à un sacré mystère. Mais notre belle n’est pas du genre à lâcher le morceau.

 Et puis, dans ce deuxième opus, on retrouve  notre Pénélope en mère de famille. Elle a avec elle pour les grandes vacances sa fille Lisa-Fatouth. A 10 ans, elle a déjà du caractère la petite, il faut dire qu’elle a de qui tenir. Et notre Pénélope va devoir tenir son rôle de mère face à cette enfant qui la voit sa maman comme un super héroïne belle et drôle.

Et puis il y a un autre personnage avec lequel nous allons faire connaissance. C’est la vieille Marcelline. Marcelline la sorcière de la pointe. Marcelline est son franc parlé, Marcelline militante écolo-féministe de la première heure et toujours indignée à 80 piges. Toujours à se battre pour que les choses changent. Une femme irrésistible La Marcelline. Une bonne-femme, et une sacré bonne-femme !

 Bref le deuxième opus des aventures de Pénélope Cissé tient toutes ses promesses et même mieux. Une nouvelle Fois Martine Nougué se fait l’observatrice de ses contemporains, elle contemple la marche du monde. Elle est, telle Marcelline ( Et là je sais qu’elle ne m’en voudra pas de cette comparaison), aux aguets de petits déraillements de notre société, des petits égoïsmes, des manquements des uns et des autres.  Aussi à  travers le petit trou de la lorgnette, elle regarde, montre et parle de sujets universels. Et ses fictions dénoncent le patriarcat, les violences faites au femmes, le profit à tout prix au dépend de l’humain mais aussi de la nature, les médias et la société spectacle, notre rapport à la justice et à la vérité. Et tout cela de façon enjoué, à travers une histoire jubilatoire, avec des personnages haut en couleurs parfaitement campés. Des dialogues taillés au couteau, où on se surprends à les lire avec l’accent de ce sud déjà un peu à l’ouest. Si, si je vous assure, en lisant les phrases de Martine, j’avais les dans la tête les mots qui chantaient.

Je vous avez prévenus, la lecture de ce titre, Le vrai faux et même pire, est jouissive.

Donc pas d’excuses possibles, vous devais lire Martine Nougué.

Et si vous ne la connaissez pas encore, découvrez son premier roman, Les belges reconnaissants ICI

Et aussi nos petits entretient croisés , là aussi et là encore.

Voilà, vous connaissez maintenant mon chouchou de la semaine

Un, deux, trois, sommeil ! de Gilles Vincent.


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$$$&&&z9782350684116,0-3272659Le livre : Un, deux, trois, sommeil ! de Gilles Vincent. Paru le 22 mars 2016 chez Caïrn éditions dans la collection Du noir au Sud.  9€50 ; (154 p.) ; 18 x 12 cm

4ème de couverture:

Dans son bureau du commissariat central de la rue O’Quin à Pau, le commissaire Jens Holtan peine à sortir de sa longue hibernation. Les affaires se suivent et se ressemblent, maussades et ennuyeuses comme les après-midi de pluie sur le Béarn.
Ce qu’il ne peut deviner, c’est que dans moins d’une minute, le lieutenant Inès Nieves va surgir dans son bureau.
Dans l’enveloppe qu’elle déposera, l’attend la photographie d’un corps inerte. Un notable du coin. Sans vie.
Un corps allongé dans une posture étrange, à même le cuir fauve de son canapé de standing.
Et s’il n’était que le premier de la liste…
Sur la ville prête à sombrer dans la torpeur de l’été, un vent de panique s’apprête à tout balayer.

$$$&&&z$L’auteur : Gilles VINCENT est né à Issy-les-Moulineaux le 11 septembre 1958. Après 33 ans dans le Nord et onze ans à Marseille, Gilles Vincent décide, en 2003, de poser valises et stylos dans le Béarn. Depuis quinze ans, il consacre le plus dense de sa vie à l’écriture. Il est aussi l’animateur d’ateliers d’écriture en milieu scolaire, en prison, à l’hôpital…
Les pages lues, écrites sont ses poumons, les mots, tout le sang qui l’habite...
Auteur de polars connu et reconnu, il a plusieurs fois été récompensé : prix Europolar 2014 pour 
Djebel, prix Cezam Inter-CE 2014 pour Beso de la Muerte et prix du Mauvais Genre 2015 du Val Vert du Clain pour Trois heures avant l’aube.

Extrait
Dès qu’il eut ouvert l’enveloppe, le commissaire Holtan sut que le jour avait changé de couleur. Sur sa nuque, un frisson, un tremblement des chairs, ténu. Et si l’hiver n’avait pas dit son dernier mot…
Dans le pli qu’il venait de décacheter, pas de courrier ni de mots écrits à la va-vite, pas d’écriture à déchiffrer. Juste une photo noir et blanc, format 10/15.
Sur le cliché, le docteur Jean-François Lauga, inerte sur un canapé. À voir l’homme étendu de tout son long, on pouvait croire qu’il s’était endormi. À l’apparente légèreté de ses paupières, on pouvait imaginer qu’il rêvait, que l’inertie de ses membres reflétait la simple décontraction de la sieste. À l’arrière-plan, une plante verte grimpait le long du mur et attirait le regard. Puis les yeux d’Holtan se fixèrent à nouveau sur le corps immobile, sur le bras qui pendait jusqu’au sol, jusqu’à la flaque qui s’était répandue sur le carrelage.
À regarder fixement tout ce sang écoulé, Jens Holtan se dit que le noir et blanc n’empêchait pas de discerner les couleurs. Le gris foncé s’interprétait en rouge profond, les nuances plus claires du carrelage laissaient deviner les teintes terre de Sienne du dallage de la pièce.
Holtan se souvint avoir pris l’apéritif, une fois ou deux, c’était il y a quelques années, dans le vaste salon du docteur Lauga. Il se rappelait une vague discussion sur l’implication des sciences dans la pratique des autopsies et les révolutions auxquelles il fallait s’attendre. Il n’avait pas oublié les poutres de la charpente qui perce le plafond, les plantes discrètes et les toiles aux murs. Des œuvres abstraites, griffes noires, couleurs écartelées, collage tendances que le médecin, c’est ce qu’il avait précisé d’un air gourmand, dénichait au bout du monde, dans les galeries de Berlin ou de Nagasaki. Jens Holtan n’avait pas oublié non plus le fauteuil de grand confort dans lequel Lauga l’avait installé. Celui-ci suivait sans effort les mouvements de son corps, il avait eu alors cette sensation incroyable de flotter dans les airs… Lauga, lui, s’était installé, un verre de cristal à la main fleurant bon le scotch vingt ans d’âge, dans le canapé assorti. Un vaste salon d’angle, équipé d’une méridienne, comme un paquebot de croisière, un navire au cuir racé, aux lignes épurées…
Holtan sortit de sa rêverie. L’affaire qui s’annonçait n’était pas ordinaire. Qu’un médecin mette fin à ses jours, pourquoi pas. Qu’il choisisse de se trancher les veines, procédé des plus hasardeux pour mourir en un temps record, passe encore. Mais qu’un individu se positionne à moins d’un mètre du cadavre, fige ce cliché de profil et le lui envoie, à lui, Jens Holtan, sans même un commentaire, là, ça commençait à sentir l’embrouille.

Collectif Kris

Résumé et petit avis de Kris

Pau. Le commissaire Jens Holtan se lance dans une enquête après avoir ouvert une enveloppe contenant une photographie d’un notable du coin, assassiné et arrangé dans une posture étrange. Et si ce notable n’était pas le seul sur la liste ?

 UN, DEUX, TROIS SOMMEIL de  Gilles Vincent
Dommage qu’il soit si court … C’est ce qu’on se dit en tournant la dernière page. J’aurai bien fait un bout de route supplémentaire avec Gilles.

Une écriture toujours aussi précise et une intrigue bien fichue.

Espérons une suite …

Apéro Polar du 19/12/15 : Rencontre CONTAGIEUSE avec Nicolas Lebel et Martine Nougué !


Aujourd’hui la parole est à Nicolas Lebel et Martine Nougué.
Et c’est David de l’excellent Blog C’est Contagieux qui en fait un super condensé.
Nos auteurs ont été soumis à la question durant une heure et demi et j’avoue que j’aurai bien passé encore plus de temps avez eux tellement ils étaient passionnant.
Aller je vous laisse découvrir le beau résumé de cet Apéro Polar que nous propose notre David international en lecteur assidu qu’il est. 🙂

Cest Contagieux!

apero_polar_lebel_nougue ApéroPolar Lebel / Nougué – Copyright Ko Ma

UNE MATINÉE LUMINEUSE

Un ApéroPolar, c’est toujours un moment magique et rare. Un instant privilégié partagé avec des auteurs. Une parenthèse enchantée orchestrée par la grande prêtresse du polar, Geneviève Van Landuyt, patronne de l’excellent Blog  de référence « Collectif Polar Bibliothèque » que je vous invite vivement à fréquenter quotidiennement. Elle nous avait donné rendez-vous à la Bibliothèque Parmentier (20bis rue Parmentier – 75011 Paris).

apero_polar_lebel_nougue ApéroPolar Lebel / Nougué – Copyright Ko Ma

Aujourd’hui, elle recevait à l’apéritif deux auteurs de polar parmi les plus talentueux : Nicolas Lebel et Martine Nougué.

Beaucoup de monde s’était déplacé au vu de cette alléchante affiche. Y aura-t-il assez d’alcool, s’inquiète Nicolas Lebel ? Mais oui, l’organisatrice a tout prévu.

Santé Geneviève !

apero_polar_lebel_nougue ApéroPolar Lebel / Nougué – Copyright Ko Ma

Q : Parlez-nous un peu de vous…

MN : J’ai fait des études en sciences…

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