Un coin de paradis de Isabelle Micaleff


IM  le livre : Un coin de paradis  de Isabelle Micaleff. Paru le 11 décembre 2015 chez Sixto éditions dans la collection le Cercle.  16€ ;  (197 p.) ; 21 x 14 cm

4e de couv :

Un coin de paradis

Quoi de mieux pour apaiser un coeur brisé que des vacances en bord de mer ? C’est animé de cet espoir que Paul Tribot quitte Paris, en ce mois d’avril 1990. Il a dans les poches les clefs d’un coin de paradis, une petite maison tranquille et isolée, sur la côte bretonne.

Grisé par l’audace de ce voyage improvisé, il accueille à bord de sa voiture une jeune femme dont il croise la route. Un moment d’égarement qu’il va amèrement regretter. Elle aussi a besoin de se mettre au vert, et la destination de Paul lui apparaît comme une planque idéale. Tribot, qui n’a pas l’étoffe d’un héros, se retrouve pris au piège. La route des vacances ne mène pas toujours au paradis.

C’était clair maintenant : ils allaient mourir, tous les deux. Commença pour Paul Tribot un remue-méninges effréné. Il devait trouver une issue pour échapper à la mort.

IM&&&L’auteur :

Isabelle Micaleff a créé en 2011 les éditions En cours dédiées aux livres d’artistes. Par ailleurs, elle a depuis ouvert un café culturel collectif, Le Lieu commun à Jugon-les-Lacs, qu’elle anime tout en poursuivant son travail d’écriture.

Extrait : 
 » La mer brumait dans le soleil et l’on ne pouvait distinguer la ligne séparant la terre des eaux happée par cette atmosphère sauvage, Nathalie sentait qu’elle aurait pu rester ici un bout d’éternité. »

Résumé et petit avis :

Après une rupture difficile, Paul Tribot décide de quitter Paris pour aller se ressourcer en Bretagne, dans une maison en bord de mer. Pendant son trajet, il croise la route d’une jeune femme qui éprouve les mêmes besoins de changer d’air. Paul l’invite à l’accompagner en Bretagne mais il regrette amèrement sa proposition.

Nous allons suivre ici un quatuor de personnages qui n’ont rien à voir les uns avec les autres. Enfin presque.

Il y a Paul Tribot, bien entendu, un soir de blues, a eu le malheur de s’arrêter prendre une auto-stoppeuse. Il y a cette auto-stoppeuse, Nathalie Nelson par qui tous les malheur de Paul arrivent . Nathalie, qui en route, braque une station service et contraint Paul a la suivre dans sa fuite. Il y a  l’ami d’enfance de Nathalie, que Paul va être contraint de récupérer. Et puis il y aura cette jeune fille, Marie Fressier, qui cherche une voiture pour la mener de Rennes à Lorient.

Et il y a aussi la Bretagne, véritable personnage central de ce roman. Ce bout du monde qui aurait du être un coin de paradis. Cette maison isolée, entre l’océan et l’étang qui la borde, cet ancien corps de ferme rénové avec goût si chaleureux et agréable pour oublier ses soucis, se ressourcer ou encore se planquer.

La Bretagne comme décor pour suivre cette confrontation. Où les personnalités des uns et des autres vont se révéler. La cohabitation forcée va même les exacerber. La promiscuité n’arrangeant rien à l’affaire !

A un récit, qui, une fois commencé, vous est impossible de lâcher jusqu’à sa conclusion. Car
Isabelle Micareff aime les mots et ça se sent. Son écriture est subtile, délicate. Elle tranche franchement avec la noirceur du récit.

Avec Un coin de paradis, elle signe un premier roman entre road trip et huis clos angoissant.

Une très belle découverte.

IM&

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Paris la nuit / Jérémie Guez


Mes petites lectures

Jérémie Guez pendant le salon du polar de Montigny les Cormeilles en 2012

$$ $Le livre : Paris la nuit / Jérémie Guez. Paru le 9 février 2011chez la Tengo Editions. 12€50; (108 p.) ; 19 x 14 cm

Réédité en poche chez J’ai Lu le 7 mars 2012. 4€70 ; (125 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Paris la nuit

Abraham est un fils de la rue. Avec Goran, son ami d’enfance, il partage défonces, embrouilles et petites combines. Dealer à l’occasion pour assouvir ses propres besoins, il erre dans les rues de la Goutte d’Or à Paris, conscient que sa vie s’enfuit dans une direction toujours plus sombre, sans issue. À l’occasion d’une de leurs nombreuses virées dans un bar de la capitale, ils découvrent une salle de jeu clandestine qu’ils décident de braquer. Mais les truands ne vont pas les laisser s’en sortir indemnes. Vient alors le temps de la fuite de la planque, puis de la traque…

Paris la nuit est le premier roman de Jérémie Guez et le premier opus de sa trilogie parisienne.

Jérémie Guez pendant le salon du polar de Montigny les Cormeilles en 2012L’auteur :

Jérémie Guez est né au Sables d’Olonne , le 17/05/1988 .

Il grandit à Nantes avant de rejoindre Paris pour suivre ses études et terminer son roman. A l’âge de 16 ans, il commence à écrire « Paris la nuit ».
Fasciné par le Nord de Paris – Pigalle, Barbès, Belleville – de cinéma et de littérature noire américaine, Jérémie Guez mêle écriture documentaire et références fictionnelles.
Les droits d’adaptation au cinéma de ses œuvres ont été achetés par des producteurs français.
« Balancé dans les cordes » a reçu le Prix SNCF du polar 2013.
Il a participé à l’écriture du film biographique français « Yves Saint Laurent » réalisé par Jalil Lespert, sorti le 8 janvier 2014.
Jeune auteur de talent, il pose avec Paris la nuit, la première pierre d’un triptyque, dont Paris est le personnage central : de Barbès à Belleville en passant par le XVIe arrondissement. Le deuxième opus, Balancé dans les cordes, est publié aux Éditions La Tengo.

Extrait :

« – Je veux qu’on braque les types du bar. Je suis sûr que c’est un coup facile a organiser et qu’on peut récolter un maximum d’oseille sans prendre trop de risques. Ces types, ils ne vont pas porter plainte, tu comprends, et puis cet argent c’est pas grand chose pour eux. Il suffira de partir quelques semaines et puis tout va se tasser et on reviendra comme si de rien n’était
– Je sais déjà tout ça, Abe… je ne sais juste pas si on doit le faire.
– T’es con ou quoi, cet argent nous tend les bras… fais ce que tu veux, moi je vais en parler aux autres.
– Je ne te parle pas d’argent là, je veux juste savoir si tu es vraiment prêt a rentrer dans un bar cagoulé avec une arme à la main. Tu te souviens de mon frère, du bonhomme que c’était, je l’ai vu vomir avant de monter ses coups.
– Bien sûr que j’ai peur…
– Ce n’est pas seulement une question de peur… si on réussit à obtenir de I’argent avec des armes, nos vies vont changer.
– Mais non, il n’y aura pas de changements, on ne sera même pas recherchés par la police. On entre et on sort, ça ne va pas plus loin que ça.
– Abraham, tu ne le sais pas encore, mais si tu sors d’ici indemne, tu banderas tellement que tu recommenceras. »

Résumé et avis

Abraham, un petit dealer du quartier de Belleville où il a grandi, passe le plus clair de son temps à la recherche de clients et traîne le soir dans les bars. Un jour, il voit une occasion unique de s’émanciper de son quotidien en braquant une salle de jeux illégale. Il décide de monter le coup avec ses amis du quartier.

Dans ce court roman sans fioriture, Jérémy Guez nous décrit la descente aux enfers de deux petites frappes parisiennes. A vouloir jouer dans la cour des grands, ils vont se brûler les ailes. Et c?est sans complaisance et sans misérabilisme que l?auteur raconte cette histoire abrupte dans un style direct qui colle parfaitement à cette chronique noire et sociale. Un jeune auteur à découvrir.

Frank Sinatra dans un mixeur de Matthew McBride


9782351780909,0-2609310Le livre : Frank Sinatra dans un mixeur de Matthew McBride. Traduit de l’américain par Laurent Bury. Paru le 4 mai 2015 chez Gallmeister dans la collection Néonoir. 15,50€ ; (245 p.) ; 19 x 13 cm

Quatrième de couverture

Frank Sinatra dans un mixeur

Il faut une certaine dose de courage pour braquer une banque au volant d’une camionnette de boulangerie. Ou une certaine dose de bêtise. En tout cas, ça ne passe pas inaperçu. Et quand il s’agit de remettre la main sur le butin, flics et voyous se lancent dans la course. Pour Nick Valentine, ex-policier devenu détective privé, c’est l’occasion rêvée de se refaire. À chaque loi qu’il transgresse, à chaque bourbon qu’il descend, à chaque cachet d’Oxycontin qu’il avale, il s’approche un peu plus du jackpot. Ou de la noyade dans le Missouri.

Matthew McBride fait passer Mickey Spillane pour du Barbara Cartland. Si vous essayez d’arrêter le café et les cigarettes mais que vous n’êtes pas encore prêt à arrêter l’oxy, ce livre est pour vous.

mcbride1-stephanie-j-mcclain-54ae6fcfedaf2L’auteur : Matthew McBride a longtemps vécu dans une ferme dans le Missouri avec un taureau nommé Hemingway. Il s’est mis à écrire au cours des treize années qu’il a passées à travailler à la chaîne pour Chrysler.

Extrait :
Alors que j’accueillais à bras ouverts les premiers signes d’ivresse, je commençai à remarquer que mes pensées devenaient plus lucides à chaque cocktail que je préparais. Comme frappé d’un éclair venu du ciel, je compris la vérité qui était au cœur de ma vie : boire plus faisait de moi un meilleur détective.
Je mettais tout en ordre et je remplissais les blancs. Un jour, le monde s’émerveillerait de mon génie en matière d’investigation. Et mon héritage aurait beau être jonché de canettes de bière vides, je laisserais au moins une trace.

Résumé et avis :

Une nouvelle lecture à deux voix mais c’est véronique qui vous donne son avis moi je ne fais que le complété par mon petit ressenti.

Ex-policier devenu détective privé, Nick Valentine tente, entre deux cachets d’Oxycontin, de mettre la main sur le butin d’un braquage de banque.

Un polar bien noir à l’atmosphère pulp, et qui ne manque pas d’humour. Un récit qu’on suit pris dans les vapeurs d’alcool et de drogue qu’ingère à longueur de temps et à trop fortes doses Nick Valentine. Ce privé dépressif s’attire jusqu’au regard désapprobateur des caïds de la drogue qu’il côtoie. Le récit alterne entre deux points de vue : celui du privé en question, rédigé à la première personne, et celui plus distancié du narrateur classique qui décrit la course-poursuite rocambolesque des criminels. Un second point de vue moins embrumé alors qu’on aurait parfois aimé voir de façon un peu moins claire certaines scènes de torture à tendance « bouchère »…

Bon perso,( ma petite contribution), toute cette violence ne m’a pas gênée. Presque parfois cette ultraviolence servait le rythme du récit. Parce qu’il faut dire que c’est mené tambour battant. Et puis il y a un petit coté amorale dans tout cela, et ça aussi ça m’a paru plutôt indispensable pour faire ressortir le second degré de ce titre, parce que ce titre il faut  lui rendre justice, il est hilarant et purement politiquement incorrecte.

Matthew McBride est bel et bien une nouvelle plume du roman noir américain. La couleur qu’il donne à son roman décrit parfaitement cette Amérique en déliquescence.

Citation :
« L’alcool peut être le pire ennemi d’un homme,
Mais la Bible nous dit d’aimer nos ennemis. »
Frank Sinatra

Extrait 2 :

Agitant la queue de gauche à droite, Frank émit quelques
grognements joyeux. Il était prêt pour son petit déjeuner.
Pour puiser ses croquettes dans le sac, je me servais d’une
canette de Bud Light dont j’avais découpé le haut. J’eus
beau chercher des yeux, je ne voyais pas sa gamelle. Il aimait
la cacher dans son coin. Parfois, je me contentais de déposer
sa bouffe dans sa chaussure.
Ses quatre pattes s’agitèrent et ses griffes cliquetèrent.
Puis il produisit son aboiement sérieux, celui des grandes
occasions. Frank partait en mission croquettes et son ventre
gargouillait. Il aurait voulu avoir déjà le nez dedans. Je lui
déposai simplement sa pitance par terre, au même endroit
que d’habitude quand il n’apportait pas sa chaussure.
Complètement surexcité, il fonça tête baissée et la nourriture
s’éparpilla dans tous les sens, comme si une grenade à
main pleine de croquettes pour chien venait d’éclater. Puis
il ramassa quelques beaux morceaux et se dirigea vers son
lieu favori de l’autre côté de mon bureau, là où le carrelage
rencontrait la vieille moquette usée et sale qui n’avait pas vu
l’aspirateur depuis le jour où j’avais commencé à payer le loyer.

Les loups blessés de Christophe Molmy


Les loups blessés  de Christophe Molmy.  téléchargement (68)Paru le 12 mars 2015 chez La Martinière. 19€ ;  (334 p.) ; 23 x 14 cm
4e de couv :

Ce sont deux loups blessés.

L’un par une vie de braquages, d’extorsions, d’années passées en prison : Matteo Astolfi, un criminel de haut rang.

Le second par son métier, la pression de sa hiérarchie, les trahisons de ses indics : Renan Pessac, commissaire à Paris.

Leurs deux destins vont se percuter. De braquages en filatures, ils vont se chercher, se traquer. Chercher tous deux à échapper à leur destin, pour connaître l’impossible rédemption. Jusqu’au grand chaos.

téléchargement (67)L’auteur : Christophe Molmy est chef de la BRI (Brigade de recherche et d’intervention, dite aussi Brigade antigang), à Paris.

Spécialiste du grand banditisme, il a commencé sa carrière dans la Police judiciaire à Marseille, et a longtemps travaillé à l’Office central pour la répression de banditisme (OCRB).

Il a 45 ans et c’est son premier roman.

Extrait : « Tout n’était que laideur. Cette bâtisse ressemblait à son monde, finalement, et tout était sa faute. Ses jambes faiblirent et il glissa lentement au sol. Il serra les dents pour ne pas se mettre à hurler. Son organisme ne secrétait plus d’endorphine, une souffrance atroce lui déchirait les entrailles à chaque respiration. La peau de ses mains avait pris une teinte blafarde qui l’effrayait. Prudemment, il glissa une main sous son teeshirt pour chercher la plaie du bout des doigts, mais la douleur le secoua de tremblements. Un goût métallique et salé inonda sa bouche, il cracha un peu de sang, considérant, vaguement hébété, la tâche brune qu’il venait de lâcher sur les carreaux de ciment défraîchis. Ses jambes étaient engourdies par l’humidité qui montait du sol. Quand tous ses membres furent paralysés par le froid, il cessa de lutter et se sentit flotter jusqu’à ce que la lumière s’éteigne. Plongé dans le noir, plus rien ne pouvait l’empêcher de se laisser couler. La pièce se mit à tourner autour de lui et il s’évanouit, enfin. Lorsqu’il reprit connaissance, le mur jaune pisseux était toujours là, en face de lui. Rien n’avait changé, ni ici ni dehors, et il sut qu’il allait devoir faire un choix. Il pouvait encore se battre, lutter pour se remettre debout et s’enfuir. Ou bien abandonner et mourir ici. »

Résumé et avis :

D’un côté, Matthéeo Astolfi, grand criminel. De l’autre, Renan Pessac, commissaire de police parisien. Deux hommes usés par une vie de hold-up et de prison pour l’un, de filatures, de pression et de trahisons pour l’autre. Entre braquages et planques, leurs destins se croisent avant de se télescoper. Premier roman.

téléchargement (66)Ça flingue chez les policiers. On connaissait Danièle Thiery, Jean Soubira , on a découvert Hervé Jourdain, Laurent Guillaume et dernièrement Olivier Norek et bien voilà le petit dernier, Christophe Molmy. Enfin petit c’est vite dit car chez les keufs c’est un cador. Il est l’actuel patron de la BRI, la Brigade de recherche et d’intervention de Paris.

Vous l’aurez compris, ici, on a à faire à un roman policier pur jus, du polar façon « Braquo » ou « Engrenage ». De la fiction oui, mais réaliste. Peut-être même du réel, allez savoir.  Car il est clair que Christophe Molmy s’inspire de ses années de lutte contre le grand banditisme pour ficeler cette intrigue.

Et que dire de ses deux personnages centraux, le flic et le voyou, le voyou et le flic. Si proche parfois que c’en est troublant. Si proche mais pourtant chacun dans son camps. M^me si un lien complexe peut lié ses deux là.. L’intransigeant  commissaire Pessac et le sombre Mattéo…

téléchargement (69)Et puis, Molmy nous raconte sa police, celle de l’intérieur, les relations avec la hiérarchie, la difficulté à menée une équipe, essayer de souder les individualités. Transiger avec les indics, bosser avec la justice, faire bonne figure avec le code de procédure et les avocats… Bref, la vraie vie d’un flic de terrain, un meneur d’hommes, un mec pris par la paperasserie administrative, un policier qui veut mener à bien ses missions.

Voilà, un très bon polar estampiller « pour dur à cuire » mais qui saura  aussi satisfaire les amateurs de roman policier réaliste.

Pour lire le début c’est ici

Poubelle’s girls de Jeanne Desaubry


9782370470522,0-2144471Le livre :  Poubelle’s girls de Jeanne Desaubry. Paru le 5 juin 2014 chez Lajouanie éditions. 14,95 € ; (236 p.) ; 9 x 14 cm

4e de couv :

Poubelle’s Girls

Élisabeth peine à élever son fils et s’épuise en petits boulots. Paloma, en fin de droits, squatte les bancs publics. Les deux femmes se lient d’amitié et tentent d’oublier leur situation précaire dans le cocon apparemment rassurant d’une caravane déglinguée. La misère de leur quotidien les rattrape bientôt et les oblige à envisager de remédier à leurs soucis financiers en braquant à tout va… À l’autre bout de la ville, dans son cottage simili-hollywoodien, Blanche déprime sec et ne songe qu’à tuer son mari. Les deux pétroleuses vont fatalement croiser sa route dans des circonstances pour le moins dramatiques…

Jeanne Desaubry signe ici un roman d’une efficacité bouleversante mais irradié d’humour, d’émotion et de dialogues féroces. Paloma et Élisabeth sont assurément les cousines françaises de Thelma et Louise. Poubelle’s Girls est un roman noir, féministe (au sens le plus sympathique du terme) et revendicatif, diablement séduisant.

À propos de Hosto : « « Quelle habileté ! Quelle architecture, raffinée, ciselée, ornée de personnages travaillés avec adresse, tissant entre eux des noeuds subtils, mais évidents, jamais définitifs… » Joël Jégouzo(Noir Comme Polar).

« Vous ouvrez le roman de Jeanne Desaubry pour vous détendre avec une bonne histoire policière qui va vous éloigner des sordides tractations médico-mafieuses, et pas de chance, la guerre hospitalière vous aspire dans son vortex… un très bon roman… » Jan Thirion(Pol’art Noir).

À propos de Dunes froides : « L’écriture est précise, factuelle, sans effets inutiles… La progression de l’affaire est maîtrisée en finesse et en détail. L’auteur mérite un prix d’excellence. » Claude Le Nocher(Action-suspense)

téléchargement (76)L’auteur : Née en 1958, élevée dans une ferme picarde, Jeanne Desaubry est devenue cadre hospitalière puis institutrice… Mais cette mère de quatre enfants a surtout opté pour le noir, après avoir découvert James Ellroy, « un choc total et définitif ». Blogueuse et romancière (Hosto, Dunes froides, etc.), elle signe avec Poubelle’s Girls son sixième livre, qu’elle publie aux éditions Lajouanie, créées en 2013

Extraits :

« Elle savait déjà, depuis longtemps, qu’elle ne l’aimait plus. Elle sait maintenant qu’elle veut le voir mourir.
Elle veut le tuer.
Elle va le tuer.
Il faut qu’elle le tue. »

« Mais aujourd’hui, tout est différent. Elles ont des armes, et Paloma se fait fort de décider Élisabeth à aller chercher le fric là où il est. »

« L’une des deux lui a explosé la tête quand il s’est précipité pour me défendre. Rex, c’était mon chien. Un berger allemand de huit ans, super affectueux. C’est trop cruel. Inhumain ! Ces femmes sont des assassins. »

Résumé et avis :

Le destin de trois femmes que rien ne prédestinait à se croiser sinon leur malchance dans la vie. Pour remédier à leurs soucis financiers, elles se mettent à braquer des commerces, cachées sous de curieux déguisements faits de sacs-poubelles. Toutes les complices de ce roman noir et féministe ne sortiront pas indemnes de cette rencontre.

téléchargement (75)Le sous titre de ce titre est « Roman policier mais pas que… », et effectivement c’est bien plus que ça. On va suivre Elisabeth, Paloma et puis viendra Blanche. La première tente d’élever seule Mathis, son adolescent de fils. Elle passe de petit boulot en job au black. Un jour elle rencontre la seconde, Paloma, elle aussi est en galère, pire elle est à la dérive. Cette femme vit dans la rue, elle a perdu son mari et du coup son logement. Et en plus elle est séropo. Galère je vous disais. Elisabeth qui est proche de la rupture elle aussi, tend la main à Paloma. Lui propose un abri et même sommaire celui-ci c’est mieux que la rue. Mais la situation financière de ces deux femmes, ne s’arrange pas, c’est la descente inexorable. Alors à force de partager les même galères, une complicité se fait réalité, peut-être même une amitié naissante. Ainsi naît le gang la plus improbable qui puisse exister,  le Poublelle’s girls. Elle vont aller chercher l’argent là où il est. Et à force de braquage, elle vont percuter la vie monotone de Blanche une grande bourgeoise qui s’ennuie dans son boulot de fiscaliste mais surtout dans sa vie de femme bafouée, trompée par Pierre son mari avocat, qu’elle rêve de tuer. A partir de là, en on est sûr, tout peut arriver.

Vous l’aurez compris, plus qu’un polar c’est un roman social que nous propose Jeanne Desaubry. On pense à Manchette ou  Elle pose son regard acéré sur notre société. elle en fait ressortir ces failles, ces travers. Elle nous donne à voir ces blessures. Et avec son style vif, alerte, ses dialogue cadencés, son ton décalé et humoristique, elle nous propose trois magnifiques portrait de femmes modernes. Et si son roman choral est un poil féministe c’est surtout une belle histoire criante de vérité et de réalisme.

C’est truculent, coloré et noir tout à la fois. C’est tout simplement excellent.

Citations :

  • « Tu veux quoi en échange ?Élisabeth secoue la tête. Rien, elle ne veut rien. Rendre service à plus mal barrée qu’elle. L’autre, avec ses galères, c’est elle, en pire. Oui, ça pourrait être elle, en pire. Oui, ça pourrait être elle, avec encore un peu moins de pot. Oui, elle, dans un an demain. Une femme comme elle, en galère, comme elle. Comme elle. »
  • « Des heures de chien, un mal de chien, une paie de chienne […] »

  • « Elle qui ne lisait que des classiques, du théâtre, s’est mise aux polars. »

  •  Elles sont dans la dèche, guère possible de descendre plus bas. »

    téléchargement (74) 

    Pour en savoir plus voici l’interview de Jeanne par mon ami Richard : ICI