Morwenna de Jo Walton


 Le livre Morwenna de Jo Walton. Traduit de l’anglais (Pays de Galles) par Luc Carissimo. Paru le 10/04/2014 chez Denoël dans la collection Lunes d’encre.  (334 p.) ; 21 cm.
4e de couv :

Morwenna Phelps, qui préfère qu’on l’appelle Mori, est placée par son père dans l’école privée d’Arlinghurst, où elle se remet du terrible accident qui l’a laissée handicapée et l’a privée à jamais de sa soeur jumelle, Morganna. Là, Mori pourrait dépérir, mais elle découvre le pouvoir des livres de science-fiction. Delany, Zelazny, Le Guin et Silverberg peuplent ses journées, la passionnent.

Un jour, elle reçoit par la poste une photo qui la bouleverse, où sa silhouette a été brûlée. Que peut faire une adolescente de seize ans quand son pire ennemi, potentiellement mortel, est une sorcière, sa propre mère qui plus est ? Elle peut chercher dans les livres le courage de combattre.

Ode à la différence, journal intime d’une adolescente qui parle aux fées, Morwenna est aussi une plongée inquiétante dans le folklore gallois. Un roman touchant et bouleversant.

Ce livre a été réédité le 2 mai 2016 en poche chez Gallimard dans la collection Folio SF.   8€20 ; (417 p.) ; 18 x 11 cm

L’auteur : Jo Walton, née le 1 décembre 1964 à Aberdare au Pays de Galles, est une romancière britannique de science-fiction et de fantasy.  Jo Walton vit depuis 2002 au Canada avec son mari et son fils. Elle est l’auteure dune dizaine de romans remarqués. Bien que son roman Tooth and Claw, inédit en français, ait reçu le World Fantasy Award en 2004, il lui a fallu attendre la parution de Morwenna pour rencontrer le succès qu elle mérite.
Extrait :
« Puis, hier, j’ai trouvé la bibliothèque. J’ai obtenu la permission d’y passer le temps quand les filles sont sur le terrain de sport. Soudain, être estropiée commence à sembler un avantage. Ce n’est pas une bibliothèque extraordinaire, mais c’est tellement mieux que rien que je ne me plains pas. J’ai fini tous les livres que mon père m’a prêtés. (Il avait raison pour le roman accompagnant Empire Star, mais Empire Star lui-même est un des meilleurs livres que j’aie jamais lus.) Ici, j’ai trouvé Le Taureau sorti de la mer et un autre Mary Renault dont je n’avais jamais entendu parler, L’Aurige, plus trois romans de SF pour adultes de C. S. Lewis. Les murs de la bibliothèque sont recouverts de boiseries et les chaises sont en vieux cuir craquelé. Jusqu’ici elle semble désertée par tout le monde sauf moi et la bibliothécaire, Miss Carroll, avec qui je suis scrupuleusement polie.
Je vais avoir l’occasion de tenir mon journal intime. Une des pires choses, ici, c’est qu’il est impossible d’être tranquille et que les gens vous demandent tout le temps ce que vous faites. « J’écris un poème » ou « Je tiens mon journal » serait le baiser de la mort. Au bout de quelques jours, j’ai renoncé à essayer, même si j’en avais vraiment envie. Elles me trouvent déjà bizarre. Je dors dans un dortoir avec onze autres filles. Je ne suis même pas seule dans la salle de bains — il n’y a de portes ni aux toilettes ni aux douches, et bien sûr elles trouvent que l’humour scatologique est le comble de l’esprit. »

Le post-it du bibliothécaire

A 15 ans, Morwenna Phelps perd sa soeur jumelle dans un accident de voiture qui la laisse handicapée. Soupçonnant sa mère, une femme à moitié folle adepte de magie noire, elle se réfugie chez son père qui la place en pensionnat. Mais elle ne parvient pas à se libérer tout à fait des secrets qui entourent sa famille et puise du réconfort dans le pouvoir des livres.

Prix Hugo du meilleur roman 2012, Prix Nebula du meilleur roman 2011 et Prix British Fantasy du meilleur roman 2012… On ne peut pas dire que ce roman soit passé inaperçu dans le petit monde de la science-fiction !

Rédigé sous forme de journal intime, le récit retrace une période difficile de la vie de Morwenna, 15 ans, victime d’un accident qui a tué sa sœur jumelle et l’a laissé estropiée.

C’est par les livres et un peu de magie (Morwenna parle au Fées) que la jeune fille va parvenir à s’épanouir.

Jo Walton nous livre ici un magnifique portrait d’une adolescente différente, personnage fascinant dont on adore lire les confidences, et partager son regard sur le monde. C’est aussi une véritable déclaration d’amour aux livres et à tous ceux qui nous aident à les découvrir (notamment un hommage magnifique fait aux bibliothèques…)

 

J’ai lu ce titre dans le cadre du challenge  Printemps Elfique 2017 sur le blog de Stelphique

Mon Féérique Blog 

 

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Ces dames du Noir 11 : Conversation avec Perrine Savary (2)


Ces dames du Noir 11 : Conversation avec Perrine Savary (2) parrinee

Suite de notre conversation avec Perrine Savary

Sinon, pour retrouver notre premier échanges c’est …

Ici pour le 1er

Rappelez-vous ! Nous en étions restés là !

GVL : Ok, comment tu estimes ton projet de financement. Sur quels critères ?

Tu as donc un plan d’attaque, tu sais de quoi va être fait le programme de ton week-end ?

As-tu des obligations ? Travailler avec les écoles, les partenaires…

D’ailleurs quels sont tes partenaires ?

PS : Alors pour le financement la règle numéro un c’était quoi qu’il arrive rémunérer les auteurs et soigner leur accueil, et la communication.

Ensuite nous avançons avec plusieurs scénarios et on adapte en fonction des financements.

Bon le boulot m’appelle !

Faut que je te laisse, on reprend plus tard et je te réponds après.

GVL : Pas de souci. On reprend quand tu veux quand tu peux !

 

Perrine  revient vers moi, et alors nous reprenons notre conversation là où nous l’avions laissée la veille.

Je lui posais la question sur le financement du salon.

 

Pour les financements, c’est majoritairement la commune qui prend en charge, mais nous avons également des subventions publiques et du mécénat privé. L’accès au festival et les animations sont volontairement gratuites.

Pour la programmation, une fois qu’on avait la « formule » animations, tables rondes, interventions et rémunérations des auteurs », on s’est attaqué aux choix des thématiques des tables rondes.

On essaye de diversifier les sujets, généralement nos lectures nous donnent des idées. Parfois l’envie d’inviter un auteur en particulier déclenche une thématique, mais la plupart du temps c’est la thématique qui débouche sur le choix des auteurs.

Nous ne choisissons que des auteurs édités, qui ont une parution récente (2016-2017 pour cette édition voire fin 2015).

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Et bien sûr on se renseigne avant pour être sûrs qu’ils sont à l’aise en intervention, car écrire et intervenir sur un sujet n’est pas le même exercice !

Après seulement je décroche mon téléphone (tu vois je le décroche tard !) et d’ailleurs je dégaine plutôt le mail ou Facebook.

Et on construit comme ça le contenu des thématiques !

Pour les partenaires ce n’est pas une obligation en soi, mais c’est dans la culture de notre ville de travailler en réseau. Toutes les structures travaillent quasiment systématiquement ensemble, à petite ou grande échelle selon les projets. Nous sommes persuadés que le meilleur moyen de réussir c’est de mettre en commun nos compétences et de se soutenir les uns les autres en croisant nos publics. (Ça fait presque gnangnan mais ça fonctionne vraiment !)

C’est grâce à toutes les actions de médiation en amont avec les partenaires que nous touchons des publics qui spontanément ne viendraient pas à une manifestation littéraire.

Pour la (longue) liste de partenaires nous avons donc le centre socioculturel, le centre d’animation (y compris le projet jeunes et les Temps d’Activités Périscolaires), la ludothèque, les parents d’élèves, les écoles, les collèges, un lycée, l’Institut Médico Educatif, le réseau des bibliothèques de Caen la mer, la bibliothèque départementale, des bénévoles habitant fleury ou non, une association locale aussi l’UFAC qui propose des spectacles… et puis on est ouverts à plein d’autres (je ne reparle pas de Zonelivre ou de Fondu au noir mais ils comptent bien sûr énormément !)

En fait le festival c’est un vrai projet collaboratif, sans toutes ces initiatives on ne pourrait vraiment rien faire.

Et l’avantage c’est qu’ils n’ont pas tous un lien avec le livre, ils ont donc un regard très intéressant sur ce qu’on fait, ça nous permet de prendre du recul régulièrement.

Voilà euh j’espère avoir répondu ^^

Sinon après une fois la programmation établie (on en est là) il reste le budget à défendre et à tenir pour autant que possible arriver au scénario haut, la communication, la logistique, l’administratif (je suppose que ça ne surprendra personne si je dis que les auteurs et la paperasse ne font pas toujours bon ménage ^^ c’est une lutte de tous les instants !)

Ces aspects là sont nettement moins drôles il faut l’avouer, mais trouver comment loger, nourrir 40 auteurs sans en intoxiquer un allergique à la cacahuète c’est un défi que j’aime relever !

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GVL : Whaou t’es une nana super organisée

Visiblement tu t’éclates à faire tout cela ?

Racontes nous une peu dans quel état tu es avant le festival ? Ensuite pendant… Enfin après

PS :

Oh oui j’adore mon boulot ! Alors chronologiquement d’avril à mai je suis surexcitée, les idées fusent à cent à l’heure, On échange avec tout le monde, c’est très stimulant de voir le projet sortir de terre. De l’avis de mes collègues c’est une période où je suis dure à suivre parce que les choses bougent très vite et j’ai de nouvelles infos toutes les cinq minutes. En juin je suis moins enthousiaste, c’est la période dossiers de subventions. De juin à septembre je suis plutôt calme, Et après je commence à stresser ! A partir de décembre je suis intenable, entre excitation et angoisse. Et en février je suis une pile électrique ! Pour la première édition je n’ai rien vu passer, J’ai l’impression d’avoir couru un marathon et de ne pas avoir profité des auteurs en dehors du samedi soir. Cette année je me suis donné pour objectif de passer plus de temps avec eux et si possible de voir une ou deux conférences ! Et après j’ai ce qu’Ingrid desjours a appelé le « blues post festival » accompagné de la phase de bilan !

Et bien ça te fait une sacrée année tout cela ! Et tu arrives à gérer ? Ça et le reste ?

Globalement j’ai l’impression. J’ai une équipe de choc sur qui je peux me reposer au boulot, Et un mari en or qui me soutient et gère mes enfants quand je ne suis pas dispo. Le plus dur c’est de décrocher, Ça je n’y arrive pas. Je suis branchée en permanence sur mon ordi ou mon portable et la plupart du temps quand je ne suis pas sur écran j’ai un polar dans les mains ! Mais je travaille là-dessus !

Ça je le comprends, le boulot à la maison c’est mon quotidien. Même et surtout le week-end ou encore les vacances. Ca va être dur de t’en défaire.

Mon plus gros défaut c’est que dès qu’un projet me paraît intéressant je fonce, du coup je me retrouve parfois avec beaucoup de choses en même temps. En ce moment par exemple je prépare le festival plus les tâches de la bibliothèque, mais on a aussi une rencontre d’auteur en septembre, Et une avec Olivier truc en novembre (la veille d’un concours que je passe), Et nous devons attaquer la programmation de la bibliothèque pour 2017…

Je ne pense pas que j’arriverai un jour à me tenir aux horaires de boulot, je crois que c’est impossible pour une bibliothécaire en fait !

Je me plains de mon programme de rentrée mais le tiens est pas mal non plus, punaise !

Je crois que je m’ennuierai si c’était plus calme Je suis une hyperactive refoulée ! Ou pas refoulée je ne sais pas…

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GVL : Dis moi, tu me donneras les dates des rencontres, toutes les rencontres pour que je relais les infos sur notre page comité polar ?

Mais je n’y manquerai pas ! Nous avons déjà annoncé le prix jeunesse avec les auteurs qui seront présents. Il ne me manque que deux confirmations et nous travaillons sur les intitulés des conférences. Si tout va bien d’ici la fin du mois vous saurez tout ! Nous essayons de communiquer assez tôt, Je trouve ça frustrant d’attendre le programme pour savoir si je me déplace ou pas sur un salon.

 

GVL : Et toi qui croyais t’ennuyer en bibliothèque.

Oui comme quoi il y a des idées reçues tenaces, On me demande encore souvent si à la bibliothèque je lis toute la journée !

GVL : Et oui, souvent aussi on me dit, tu as de la chance, tu es payée pour lire toute la journée.

Dis-moi, y-at-il encore des choses que je devrais connaitre sur toi ?

Perrine : Oh probablement plein de choses inavouables, mais je pense que c’est déjà pas mal ! Tu as de quoi faire quelques chapitres de ma biographie !

GVL : J’ai quand même une question !

Vas y je t’écoute.

Ok je te la pose et tu réponds dans le 3e opus de cet entretien !

Ok

Comment ce projet de festival est né ? Et te serais tu cru capable un jour de mettre tout ça en œuvre ?

Bon ben Perrine répondra à cette question et sans doute à d’autres la prochaine fois.

Alors à très vite !

Et voici les coordonnées du festival pour tous les renseignements complémentaires.

Bloody.fleurysurorne.fr

Bloody Fleury

Festival du polar à Fleury-sur-Orne

bloody.fleurysurorne.fr

Et la page Facebook

Aussi

https://www.facebook.com/bloodyfleury/

Ces Dames du noir : entretien entre une bibliothécaire et une autre bibliothécaire Perrine Savary (1)


 

Voilà ça a commencé comme cela par un simple Message Privé.

Perrine m’envoie le programme de son prochain salon polar « Bloody Fleury »  et me demande :

« -Juste pour le plaisir de partager en avant première avec une collègue !

Tu me diras ce que tu en penses ^^…

Notamment sur les intitulés des tables rondes ce sont des premiers jets je vais travailler encore dessus »

Et nous avons commencer à discuter. Il est parfait son programme, j’ai pas grand chose à lui apporter à la petite ( je dis petite mais n’y voyez pas une quelconque mépris de ma part, non c’est affectueux, c’est tout). Quelques intitulés à revoir, version percutant, c’est tout !


perrineGVL : Mais dis donc, Perrine !

Il va falloir quand même que tu trouves le temps de me raconter tout cela. Comment on monte un tel événement. Comment on arrive à concilier vie de la bib avec un festival à préparer !

Perrine  Savary : Quand tu veux ! Par téléphone si tu veux, je n’ai malheureusement pas spécialement l’occasion d’aller à Paris prochainement

GVL : Par écrit quand tu pourras !

Perrine S. : Si tu veux j’ai une bonne demie heure ^^

GVL : Là maintenant ?

Ben il te faut te présenter.

Comment tu es devenue bibliothécaire. Quelles études ?

Tu as choisi ce job par défaut ou par passion ou encore… ?

Ensuite où as tu travaillé ?

PS : Ah mais c’est carrément un interview que tu veux ! Ok allons y. Alors j’ai 30 ans, je travaille à la bibliothèque de Fleury-sur-Orne depuis 6 ans, et je suis coordinatrice du festival. Avant de nous lancer dans le projet j’aimais les thrillers et je lisais assez peu de romans noir, après deux ans à travailler sur le polar je suis maintenant noir noir !

GVL : Etre une dame du noir ça se mérite lol ! Tu crois quoi ! 

A quoi consiste ton job ?

Mais avant Fleury ?

PS : Mon job c’est en fait plusieurs job en même temps. Je suis bibliothécaire, je m’occupe de gérer le programme d’animations, le budget, les acquisitions et la communication, avec mes deux collègues. Je travaille également à la construction du réseau lecture publique de Caen la Mer dont nous faisons partie, cela consiste à échanger avec nos collègues de l’agglomération afin d’améliorer nos services, d’échanger nos pratiques, de monter des projets ensemble. J’accueille aussi du public et ponctuellement des classes, et il m’arrive encore parfois de ranger, de faire des animations et des activités périscolaires aussi !

 Avant Fleury j’ai travaillé à la bibliothèque de Caen ou j’ai effectué une vacation ou je nettoyais la base autorité auteurs (passionnant !)

GVL :  » la base autorité auteurs », je ne comprends pas. Enfin si, mais mes lecteurs, c’est du jargon pro pour eux !

PS : Comme je les comprends !

Cela consiste à enlever les doublons afin que lorsque l’on fait une recherche sur le catalogue de la bibliothèque tous les livres du même auteurs soient « rangés » au même endroit et sortent ensemble dans les résultats

GVL : Avant quand tu étais étudiante , ou avant d’être à Fleury.

Juste avant j’ai eu un bébé, et avant j’ai travaillé un peu au Havre, d’abord sur des vacations au service public, ensuite sur un remplacement de congé maternité.

Et avant j’ai fais un DUT métiers du livre et de la communication et une licence pro en communication

GVL : Tu m’as dit lire du thriller. Mais comment tu es venue à lire des polars ?

Et puis qu’elle était la place du livre dans ton milieu famillial ?

D’ailleurs qu’elle était ton milieu familial ? Si c’est pas trop indiscret !

PS : Alors dans l’ordre inverse, mon milieu familial. Ma mère est fonctionnaire, elle a fait des études et adore lire, mais pas forcément du policier, plutôt de la fantasy, des essais ou des documentaires, notamment tout ce qui touche à la psychologie. Mon père lui est commercial et n’a pas fait d’études, il ne lisais pas jusqu’à il y a peu en fait, il s’est d’ailleurs mis au noir lui aussi. Mes parents sont divorcés et mon père à été marié à une femme qui dévorait les livres. Enfant j’allais à la bibliothèque toutes les semaines, et je dévorais !

GVL : Quand tu t’es destinée au DUT métier du livre tu savais avant que tu voulais travailler en bibliothèque ?

Mais comment le polar ou le thriller si tu préfère est rentré dans ta vie ?

PS : Très rapidement j’ai donc compris que les livres feraient partie de ma vie, et c’est naturellement que j’ai suivi la filière L. Quand je suis arrivée en DUT je ne voulais surtout pas être bibliothécaire, je voulais être dans l’édition.

Je pensais qu’on s’ennuyait en bibliothèque.

J’ai toujours eu tendance à lire un peu de tout, par curiosité surtout.

Je suis venue au polar spécifiquement lorsque l’on m’a demandé de travailler sur un projet de salon du livre. Je me suis posée la question de quel genre intéressait le plus mes lecteurs.

GVL : Tu ne lisais pas de romans policiers avant de penser au salon ???

PS: Et en creusant la question je me suis rendue compte que le polar avait énormément d’amateurs, de profils très variés. Ce n’est pas par choix personnel que l’on s’est orienté vers ce genre mais vraiment parce que les lecteurs nous ont mis sur la voix.

MAis !

J’en lisais si !

Mais je ne lisais pas que ça !

Alors que depuis deux ans je ne lis rien d’autre

GVL : Hahaha ! on dirait moi ! lol

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PS : D’ailleurs les lecteurs nous l’ont fait remarqué ! Il paraît qu’il y a beaucoup de noir dans nos acquisitions ces derniers temps je ne comprends pas pourquoi ? ^^

Mais bref je lisais du thriller donc avec notamment Karine Giebel dont j’ai dévoré tous les romans (avec un gros bémol sur les deux derniers).

GVL : Je me souviens, il y a 2 ans, tu « tripais  » les auteurs comme Karine Giebel, Ingrid Desjours….

Tu en es revenue ?

PS : Oui, j’aime toujours Ingrid d’ailleurs, j’attends avec impatience le prochain, mais globalement sur les thrillers je commence à voir plus facilement les ficelles, à trouver ça trop facile, sauf quand les personnages sont vraiment réussis

GVL : C’est des rencontres qui ont influencé tes choix ? Choix de lectures, choix d’auteurs ?

Oui énormément, quand on a commencé à parler du festival, j’ai contacté par hasard Sophie Peugnez qui écris dans le côté caen sans savoir qu’elle étais spécialisée polar (aujourd’hui je me demande comment j’ai pu rater une info pareille !)

On a tout de suite énormément sympathisé et échangé et elle m’a contaminée à la vitesse de la lumière !

Depuis je suis les conseils de Zonelivre et suis rarement déçue.

Et en cherchant des animations je suis tombée sur les docteurs polar, c’est comme cela que j’ai rencontré les « Fondu au noir » et Caroline, qui m’a elle plus convertie au roman noir d’ailleurs.

Enfin j’ai commencé avec le festival à travailler avec la librairie Eureka Street, et j’ai ainsi fait connaissance de Pierre Thomine, qui est (avec Bénédicte bien sûr), devenu mon libraire préféré ! Lui aussi est plus roman noir, je suppose que ça a joué aussi sur les découvertes

GVL : Fais gaffe tu vas devenir dinguo, ça fait 25 ans que je suis les conseilles de spécialistes et je ne m’en suis pas remise.

PS : J’ai bien peur d’être sur une pente glissante oui !

GVL :Tu n’as pas peur avec le temps de devenir trop élitiste ?

Ne plus avoir un regard de profane et choisir pour le plus grand nombre de lecteurs

J’adore ce que font les fondus au noir mais je les trouve trop exigeants parfois avec certains auteurs, avec certains titres !

PS : Je ne trouve pas que le roman noir soit spécialement élitiste personnellement. Il y en a bien sûr mais quand je lis du Cloé Mehdi ou du Benoît Severac par exemple je ne trouve vraiment pas que ce soit élitiste. Et dans le cas du festival je fais très attention à ne pas sélectionner uniquement des auteurs que j’aime.

GVL : Tu fais un vrai travail de bibliothécaire en sommes !

Et pour Cloé et Benoît je suis d’accord avec toi, j’ai adoré leur derniers bouquins.bsbscaclohe 

Tu sélectionnes mais tu penses à tous tes publics, tous tes différents publics.

PS : C’est exactement ça

et je suis très très vigilante à ne pas enfermer la programmation dans un style

GVL : C’est tout à ton honneur.

PS : Pour cela je visite d’autres festivals et je suis différents blogs (dont le tien bien sûr), cela me permet de dénicher des pépites même dans des genres que je n’affectionne pas particulièrement. Et je fais confiance aux lecteurs

GVL : Même avec les fôtes d’ortografe ?

PS : Même ^^ j’ai même tendance à en faire de plus en plus, je crois que mes neurones grillent avec les réseaux sociaux

GVL : Oui il est important de rester un simple lecteur même si c’est un grand lecteur § Ou lectrice pour nous !

PS : Par exemple pour le choix des auteurs qui parleront de la thématique « jusqu’où faut-il aller dans l’horreur », j’ai invité David Coulon et Gilles Caillot, mais je leur ai dit que je n’avais pas pu lire leurs livres. L’horreur me fiche la trouille !

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Par contre j’ai des retours de lecteurs, de blogueurs et de bibliothécaires qui m’ont aidé à les choisir !

GVL !: Le premier de David est un roman noir !

PS : Je t’avoue que ma PAL est tellement monstrueuse que je me concentre sur les derniers ! ^^ mais je vais regarder ça de plus prêt !

GVL : Oui toujours être à l’écoute et avoir la curiosité affûtée !

c’est la clé je crois !

Oui il nous faut aussi se faire une opinion par nous même.

Mais les retours de lecteurs c’est un bon moyen de voir ce qui a la cote ou pas !

Comme diversifié les sources !

C’est toi qui as choisi de monter un festival, ou ça vient d’une volonté d’un elu par exemple ?

11053119_1465249507101841_2990665066206793785_nPS : C’est le maire qui a souhaité monter un festival

L’idée du polar vient de moi

GVL : Alors comment on s’y prends pour monter un tel projet ?

PS : Par quoi commence-t-on quand on part de rien sauf de ses connaissance de l’édition?

Des envies

GVL : Des envies ?

PS : De celles du public d’abord, Et de celles des structures du territoire

GVL : Concraitement tu fais une sorte de sondage ?

PS : On ne voulait rien imposer aux partenaires du coup on s’est réunis autour d’une table et on a expliqué ce qu’on avait envie de faire. Chacun ensuite a donné ses idées

En même temps nous avons fais le tour de plusieurs salons pour s’inspirer

Les quais du polar ont été une source d’inspiration

GVL : QDP, tu m’étonnes !

Et une fois que tu as défini le contexte, tu décroches ton teléphone et c’est parti ?

PS : Ouh la non après nous avons rencontré des structures qui pourraient nous financer

Drac, région, crl, bdp, cnl…

GVL : Ok, comment tu estimes ton projet de financement. Sur quels critères ?

Tu as donc un plan d’attaque, tu sais de quoi va être fait le programme de ton week end ?

As-tu des obligations ? travailler avec les écoles, les partenaires….

D’ailleurs quels sont tes partenaires ?

PS : Alors pour le financement la règle numéro un c’était quoi qu’il arrive rémunérer les auteurs et soigner leur accueil, Et la communication

Ensuite nous avançons avec plusieurs scénarios et on adapte en fonction des financements.

Bon le boulot m’appelle

Faut que je te laisse, on reprend plus tard et je te réponds après

GVL : Pas de souci. On reprend quand tu veux quand tu peux !

Et merci déjà pour tout ça !

Tu l’as compris je veux tout savoir.

Belle fin de journée à toi !

Voilà ça à débuter comme cela. Mais c’est pas fini. On retrouve Perrine très vite pour la suite de cette conversation passionnante.

En attendant je vous laisse avec les coordonnées du salon Bloody Fleury…

Bloody Fleury

Festival du polar à Fleury-sur-Orne

bloody.fleurysurorne.fr

Et la page Facebook

Aussi

https://www.facebook.com/bloodyfleury/

Et pour vous faire patienter avant le prochain salon , Perrine vous propose un belle rencontre à Fleury sur Orne. Si vous êtes dans le coin mercredi prochain

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Le comité de lecture polar des bibliothèques de la ville de Paris : qu’est que c’est ?


On m’a souvent posé la question. Le comité de lecture polar des bibliothèques de la ville de Paris : qu’est que c’est ? Et bien aujourd’hui je tente d’y répondre.

Le comité de lecture polar des bibliothèques de la ville de Paris est un collectif de veille et d’analyse.

Les collectifs de veille et d’analyse évaluent les documents de la production éditoriale de leur secteur thématique pour les bibliothèques du réseau de la Ville de Paris. Ils proposent des sélections et apportent leurs conseils aux acquisitions des établissements.

Le collectif LIPO, LIttératures POlicières, est constitué de membres, tous bibliothécaires, passionnés par la littérature policière. Ils suivent l‘actualité éditoriale du domaine policier constituée principalement de romans et de quelques rares essais.

Et les réunions du Comité Littératures Policières sont le mardi matin,toutes les deux semaines.

Nous travaillons à partir de la base bibliographique Electre. Un titre qui ne sera pas référencé dans Electre ne sera pas vu par les collectifs. Donc pas traité.

La sélection des romans policiers dans les bibliothèques de la Ville de Paris

Le réseau des bibliothèques et médiathèques de la Ville de Paris est un réseau unique en France de par le nombre d’établissements (60), l’ancienneté mais aussi la taille de ses collections (nombre d’exemplaires et de titres). L’importance et l’originalité de ce réseau nécessitent un fonctionnement particulier au niveau de la sélection des ouvrages.

C’est dans ce cadre que s’inscrit la démarche du comité de lecture polar. En effet ce comité a pour mission d’une part de répertorier l’ensemble de la production éditoriale « romans policiers » et d’autre part de sélectionner bimensuellement un certain nombre de titres qui sont proposés à l’ensemble des établissements du réseau parisien. Sélection à partir de laquelle les bibliothèques effectuent leurs commandes. Chaque ouvrage fait l’objet d’une analyse critique.

La production dans le domaine du roman policier est de plus en plus importante. Chaque maison d’édition a désormais sa collection policière et nombreux sont les éditeurs, essentiellement régionaux, qui ne publient que du policier. L’objectif du collectif est de sélectionner les romans qui lui ont paru les meilleurs tout en prenant en compte la grande diversité éditoriale de ce genre. Il lui faut essayer de ne pas succomber aux modes et aux engouements qui font que l’on publie tout et n’importe quoi dans les domaines qui ont du succès (policier nordique, ésotérique, histoires de tueurs en série etc.) tout en ne perdant pas de vue que les titres sélectionnés sont destinés à des collections construites pour le public.

Si l’essentiel du travail et de la sélection se font sur des titres inédits il nous paraît toutefois important de signaler, en les passant sur Liste ou en les recommandant simplement, certaines rééditions. Soit parce que ce sont de nouvelles traductions (les premières traductions de certains livres étant parfois très limites) ; soit parce que ce sont des éditions d’œuvres complètes qui reprennent des titres qui ne sont souvent plus disponibles depuis longtemps.

Le comité de lecture polar des bibliothèque de la ville de Paris s’efforce de lire un maximum de 1e roman. Le travail de découverte est un des axes de notre travail qui est sans doute le plus gratifiant.

Aussi pour effectuer celui-ci nous disposons d’un service d’offices.

Malheureusement souvent les offices que nous demandons ne nous sont pas fournis, par nos libraires prestataires, quand il s’agit de petites maisons d’éditions.

Dans ce cas, il nous arrive de demander des services de presse (SP) aux éditeurs en question.

Pour autant, un SP ne signifie pas un achat en bibliothèque. Seul les romans policiers qui nous semblerons les meilleurs, sortant du lot, ceux qui nous aurons surpris, étonnés ,questionnés se verront proposés pour achat aux 60 bibliothèques parisiennes. Nous sommes l’outil de sélection de ces dernières.

Voilà donc défini la mission première du comité polar.

Mais depuis la rentrée 2012-2013, celui ci propose aussi un certains nombres d’autres activités.

-Présence sur les salons et festivals pour mieux percevoir les tendances qui se dégagent dans notre domaine de prédilection.

-Participations à des débats et des colloques.

-Publications de bibliographie à destinations du public des bibliothèques parisiennes et au-delà.

-Mise en place de rencontres ou de débats autour du polar dans les établissements parisiens.

-Présence sur les réseaux sociaux. Page facebook très active.

Voilà, vous savez tout sur mon activité autour du comité de lecture polar. C’est une des parties de mon boulot. 20% environ de mon temps de travail. Bien plus en réalité sur mon temps personnel.

Du reste, j’aurai aimé un blog pour notre comité de lecture; le projet a été déposé il y a plusieurs années déjà. Mais le blog n’ayant toujours pas vu le jour, j’ai créé le mien, mais vous le connaissez non ? Mais si Collectif Polar : Chronique de Nuit

Vous l’aurez compris, pour ce job, je suis obligée de travailler avec la base de donnée bibliographique Electre. Aussi, si votre polar n’est pas référencé dans cette base bibliographique, je ne le lirai pas. Je le regrette, mais mon temps n’est pas extensible.

Normalement, le référencement dans Electre est gratuit, c’est à vous mais surtout à votre éditeur, même si c’est une petite maison d’édition, de prendre contacte avec Electre et de proposer vos titres afin qu’il les enregistre

Pour nos amis auto-édités c’est sans doute un peu plus compliqué. Quoique certains d’entre vous êtes étiquetés sur cette base bibliographique.

Et  là, je voudrais pousser un petit coup de gueule.

Car, non, je n’ai rien contre l’autoédition, comme le prétendent certains.  Je ne suis pas, enfin je crois, le suppôt des éditeurs patentés. Pour autant, je ne ferai pas les démarches administratives à votre place. A vous de mettre tout en place pour vous faire connaître auprès des libraires et des bibliothécaires.

Je n’ai pas d’actions chez Electre, je trouve même qu’ils font payer leurs services un peu chers aux médiathèques et aux librairies qui souhaitent travailler avec cet outil. Mais c’est un outil précieux et utile à notre travail. Et puis, je n’ai pas le choix, pour mon boulot, je travaille avec les outils que me fournit mon employeur.

Encore une fois je le répète, dans le cadre de mes lectures, je préfère faire d’une pierre deux coups. Et pour moi et pour le comité de lecture. Mon temps de lecture se fait uniquement sur mon temps perso de repos et… Mon temps aussi est précieux !

Allez, j’y retourne, j’ai encore 5-6 romans à lire pour mardi prochain.

Bonne lecture à vous aussi.

 

 

Ces dames du noir 10 : Dialogue entre bibliothécaires


CONVERSATION ENTRE UNE BIBLIOTHÉCAIRE ET UNE AUTRE BIBLIOTHÉCAIRE.

J’ai la chance aujourd’hui d’accueillir une bibliothécaire qui se démène dans sa petite ville pour faire vivre sa bibliothèque.

Surtout qu’au printemps dernier celle-ci a été inondée lors de la grande crue de la Seine.

Mais Florence Couvreur Neu n’est pas femme à se laisser abattre. Elle s’est retroussé les manches et tout est reparti.

Allez, je vous laisse la découvrir.

  floGVL :  Bonjour Florence, pourrais-tu te présenter brièvement.

Florence : 49 ans – bibliothécaire – 1 homme, 1 fils, 1 chat

GVL OK et doù viens-tu ?

FCN : Seine et Marnaise pur jus de betterave ! mais avec un morceau de mon cœur à Noirmoutier

GVL : Quelle place avait la lecture dans ton milieu familial.

FCN : Importante ! Tout le monde lit, beaucoup et dans la variété

GVL Et…  Comment appréhendait-on le livre chez toi ?

C’était naturel et ça le reste. Les livres font partie du quotidien

GVL :   Qu’elle a été ta formation ?

Etudes de lettres + CAFB Jeunesse. Un détour par une boite d’informatique pour bibliothèque pendant 5 ans…+ une formation continue INSET/INET

GVL : pour les non initiés le CAFB c’est « Le Certificat d’aptitude aux fonctions de bibliothécaire », C’était un diplôme professionnel d’État, délivré par le ministre de l’Éducation nationale et accessible aux bacheliers. le diplôme vise à sanctionner « la formation professionnelle des candidats qui se destinent à la gestion des bibliothèques de moyenne importance. Le CAFB n’a pas survécu aux grandes réformes statutaires de l’après-décentralisation. Il n’en a pas moins joué un rôle historique dans la professionnalisation des bibliothécaires français.

Heu INET, INSET , kézako ?

FCN : INET c’estun institut du Centre national de la fonction publique territoriale (CNFP), et sa mission est de former les cadres de direction des grandes collectivités …Les INSET : Instituts nationaux spécialisés d’études territoriales. L’institut national des études territoriales est une grande école du service public.

GVL : Merci pour ces précisions…Bon revenant à toi Florence. Ton boulot, vocation ou bien ?

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Florence et ses collègues sauvant ce qui peut l’être lors de l’inondation de la bibliothèque de Nemours

FCN  : Vocation pas de doute.

GVL : Bon ok, il n’y a pas de doute là  ! Alors pourquoi le polar ?

Parce qu’il y a TOUT dedans


GVL Et, tu lis tous les jours du polar ? 

FCN : Non. D’ailleurs je ne lis plus assez hélas. Je lis de tout même si polar, BD et fantasy sont mes hits

GVL Du coup… Combien par semaine, par moi, par ans.

FCN : Finalement, je lis entre 30 et 50 livres par an sans compter BD et livres pour enfants

GVL : Dis moi Florence, comment on décide de devenir bibliothécaire ?

FCN : Pur hasard (merci les filles !) et c’est devenu évident dès le premier jour de cours au CAFB

GVL :   Qu’est-ce que tu préfères dans ton métier

FCN : L’Eclectisme

GVL : Tiens oui…moi je dis souvent « curiosité » 

FCN : C’est, aussi,  un mot qui définie bien notre métier

 

GVL : Bon, Florence, que pense-tu de l’évolution du roman noir / policier et thrillers en ce moment ?

FCN : C’est super : riche, de qualité, varié, abondant (trop ?). Ce n’est plus du tout un « mauvais genre »

GVL : J’aime te l’entendre dire ! 

Maintenant …Ton écrivain préféré et cinq romans que tu nous conseilles !

FCN : Écrivain de polar préféré ? Joker y’en a tellement et 5 titres, difficile de choisir, donc les 1ers qui me viennent :

Nécropolis de Lieberman. La glace noire de Connelly. Tatouage de Montalban.

Les 10/18 grands détectives (presque tous ! Je triche ? Naaan),

L’affaire du pendu de Aspe…

Et des tas d’autres…

floNew York, la «cité des morts», regorge de crimes atroces et de fous dangereux. Paul Konig, médecin légiste, règne sur une morgue où défilent cadavres, enquêteurs et familles en deuil. Autopsiant, disséquant, analysant chaque indice sur les macabres dépouilles qui lui sont confiées, il observe la terreur qui baigne la ville… Une ville dans laquelle sa fille, Lolly, a mystérieusement disparu depuis quelques mois.

«On amène des civières; on sort des sacs de grosse toile. La «tournée du boucher», comme disent les flics.»

Herbert Lieberman atteint le sommet du roman noir – âmes sensibles s’abstenir. Auteur de nombreux polars publiés en Points, Herbert Lieberman obtient le Grand Prix de littérature policière en 1978, pour Nécropolis.

 

floDans la chambre de motel où l’officier des Narcotics, Cal Moore, est retrouvé mort, l’inspecteur du LAPD Harry Bosch se fait éconduire par sa hiérarchie : l’homme s’est suicidé, affaire classée. Mais Bosch n’y croit pas une seconde : certes, les faits sont bel et bien là mais, pour l’inspecteur, seul le lien entre eux compte. Détail troublant, on découvre dans la voiture de Moore un mot que celui-ci lui a clairement destiné. Et les choses se corsent rapidement : Harry Bosch se retrouve face à des meurtres liés à un trafic de drogue qui court d’Hollywood Boulevard jusqu’à de lugubres contre-allées au sud de la frontière avec le Mexique. Se noue alors un dialogue fascinant entre Moore et Bosch, avec pour fil conducteur la «glace noire», une drogue nouvelle et très recherchée. Bosch comprend vite qu’il risque gros.

«Ils t’ont parlé de la black ice, la glace noire ?»

Né en 1957, Michael Connelly, maître incontesté du polar américain, est notamment l’auteur du Poète et de Créance de sang, porté à l’écran par Clint Eastwood. Avec ce deuxième ouvrage, Michael Connelly confirme le talent qui lui a valu le prestigieux Edgar du premier roman policier pour Les Égouts de Los Angeles.

floLe noyé est sans visage : les poissons le lui ont dévoré. Seul signe distinctif, ce tatouage : «Né pour révolutionner l’enfer.» La phrase sonne comme un avertissement. Le détective Pepe Carvalho aurait dû y prendre garde. À la recherche de l’identité du cadavre anonyme, son enquête le mène des rues de Barcelone au quartier rouge d’Amsterdam… où il va peu à peu comprendre le sens du message.

Né en 1939 à Barcelone et mort en 2003, Manuel Vázquez Montalbán fut journaliste, critique gastronomique, poète, essayiste et romancier. Tatouage est la première aventure du détective catalan Pepe Carvalho ; ce dernier apparaît dans une vingtaine de romans

«Quand il n’était encore qu’un poète admirateur d’Ezra Pound et de T. S. Eliot, Manuel Vázquez Montalbán fit un jour le pari d’écrire en quinze jours un polar à l’américaine. Pari gagné : la première aventure de Pépé Carvalho venait de naître. C’est aussi la plus simple et la plus belle. Parce qu’il tire son nom d’une vieille complainte de marin et qu’il nous parle d’un jeune homme mort d’avoir tatoué sur son dos « Né pour révolutionner l’enfer », Tatouage fait planer un peu de Stevenson sur Barcelone. Superbe.» Patrick Raynal, Le Monde

floLa canicule qui s’abat sur Bruges invite ses habitants au farniente. Même le commissaire Van In et sa compagne Hannelore, juge d’instruction de son état, aspirent au repos. La découverte d’un carnage dans une villa des quartiers huppés va bousculer leurs plans. Une mère et ses deux enfants ont été sauvagement assassinés. Le mari, principal suspect, est retrouvé… au bout d’une corde ! Un drame familial, à première vue, mais Van In, qui a connu le présumé coupable, a des doutes… et des sueurs froides, malgré la chaleur.

Un des meilleurs suspenses de Pieter Aspe, maître du polar flamand et père du désormais célèbre commissaire Van In, dont les nouvelles aventures mêlent humour, sexe et bonne chère sur fond de secrets politiques.

«Après Hercule Poirot et Jules Maigret, Wallons perspicaces, félicitons l’inspecteur Van In, Flamand malin, pour porter haut les couleurs de la Belgique, ainsi réunifiée par la grâce du roman policier.» L’Express

GVL : Dis moi !  Comment vois-tu l’avenir de ton métier en général ? Quelles évolutions ?

FCN : Ouh la la…. Vaste programme y’a débat, mais on devient des animateurs, des médiateurs, et des gestionnaires/concepteurs de projets culturels.

Je n’arrête là  et je ne rentre pas dans la polémique,car pour bien répondre à ta question il nous faudrait au moins 3 heures devant nous.

GVL : Et  comment vois -tu l’avenir du livre en particulier ?

FNC : J’ai confiance. Bizarrement

GVL : Qu’elle est ta position par rapport au numérique ?

FNC : Et bien, je suis Pour.

Le papier et le numérique cohabiteront longtemps car ils sont complémentaires

J’en suis persuadée.

GVL : As-tu participé à des concours, des prix ; à organisation d’un salon? As-tu étais jurée ? Participé à des émissions radio, TV, interview …Si oui pour qui, pour quel prix, quel média …et pourquoi ?

FCN : J’ai organisé le 1er salon du Livre de Nemours « Autour du polar » en 2016 et on recommence début 2017. Entre commande de la ville et défi personnel, une belle aventure

GVL:  Comment on en vient à organiser un Salon du polar. Et comment ça s’organise ?

14517564_1118034608261948_4331789475246228871_nFCN : Alors organiser un salon, surtout un premier avec un budget limité et pas la main sur la comm. c’est assez acrobatique. Dieu merci, on active le réseau, les adresses d’auteurs, les auteurs qu’on connait et qui, MERCI Jacques Saussey,  te ramène leurs amis et un certain Franck Thilliez, petit mec du nord qui ira loin. Comme on est bibliothécaires, on connait aussi tous les auteurs locaux, on part sur tous les salons de la région et d’ailleurs (Cosnes sur Loire, Vendée, etc…) faire la retape sans aucun dossier de presse et pour cause c’est le premier, mais avec une note d’intention et un grand sourire et le courage au coeur

On connait aussi les libraires indépendant qui eux aussi ont des réseaux et on s’appuie les uns sur les autres

On diffuse sur les réseaux sociaux, on tanne Livres Hebdo, 813 et la bilipo

On fait la connaissance des readers.

GVL : Je vois le genre. La communauté du petit monde du polar…

FCN : Oui c’est important les réseaux mais ça ne suffit pas. Alors on compte et on recompte les sous, les hébergements possibles, la restauration, les tables, les chaises… on ne peut pas rester à aménager la salle après 18h, on revient dès qu’on peut

et pis le must, ton équipe, toute nouvellement constituée (2 sur 6 arrivée depuis 1 semaine) te suit, t’épaule t’aide, et ça roule ! et là, c’est génial.

GVL : ça doit effectivement être un projet génial à porter.

FCN : Oui, je te le confirme. ET…Comme on est bibliothécaire, un salon pour un salon, c’est pas suffisant, alors en plus on programme des conférences, un spectacle, bref notre quotidien pour faire vivre le livre, la lecture et les lecteurs.

Là, avec le dossier de presse et le bilan chiffré, financier et qualité du 1er, je suis en train de monter des dossiers de demande de mécénats pour les entreprises locales : le buffet, les boissons, les nappes, la communication.

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GVL : Mais tu sais que tu es géniale, toi ! Tu nous prépares donc un deuxième opus ?

FCN : Oui, je t’en reparlerai d’ici peu.

GVL : Juste la date et le parrain ? Une petite indiscrétion ?

FCN : Bon la date oui, ça va arriver vite puisque c’est mi janvier, le 14 , notez la date.

Le parrain, ça c’est tout neuf, mais tu le sais déjà. J’aimerai que ce soit Ian Manook. Et il se peut que ce soit Ian Manook.

GVL :Je prends ! Rhaaa, cool, je savais qu’il allait accepter.   Mais en attendant, tu peux diffuser, enfin me donner quelques chiffres !

Le nombre d’auteurs ? Les partenaires ?

La fréquentation ?

FCN : Alors de mémoire :56 auteurs 7 editeurs 1 libraire partenaire radio locale partenaire et plus de 1000 entrées 90 personnes pour les conférences 45 chaque et 80 personnes à la contée de clôture.

Budget 6000 euros tout compris

Dont 3300 de moments :créa graphique impression foyers affiche et sac à baguette. Comm, Flyers…

Le reste  a été pour les repas ; l’hébergement, les fournitures diverses,  contée conférence et  la rétribution de l’invite d’honneur. Ah oui, le transports pour certains…

Enfin tout cela, tout cela.

  GVL : Une anecdote à nous raconter ?

Oh, il y en a tellement, avant, pendant et même après. Alors, non… Je ne peux pas choisir.

GVL : Du coup…Un coup de gueule à lancer ?

Non, je râle tout le temps, mais je suis de bonne composition.

GVL : C’est ton dernier mot ?

FCN : Oui

GVL : Je ne t’embête plus et te libère et te rend à tes diverses tâches. Mais tu es sûre. Tu n’as rien à rajouter ?

FCN : Si

LISEZ !

Vous pouvez aussi lire ici mon petit compte rendu du salon polar  organisé par Florence ICI

Bloody Fleury, un 1er salon du polar à surveiller de prés


bf&Aujourd’hui c’est lundi et pour certains d’entre vous c’est le jour de la reprise. Une nouvelle semaine commence. Et vous n’avez pas forcément envie d’aller au taf. Ou vous y aller en reculant. Je peux comprendre, ça m’arrive parfois mais pas le lundi. Ben, non pour nous bibliothécaires, le lundi c’est jour de repos. Pour autant certains mardi je suis un peu comme vous !

Alors j’ai une solution pour vous faire retrouver la pêche. Pensez à votre prochain week-end. Et surtout pensez à un week-end rencontres d’auteurs, salon du livre, festival polar. Il y en a forcément un près de chez vous.

Et justement, je voulais vous parler d’un 1er festival qui me tient particulièrement à cœur.  C’est le salon BLOODY FLEURY.

Ce 1er salon a la particularité d’être consacré à notre genre de prédilection, le roman policier.

bfEn plus cerise sur le gâteau, il est organisé par une bibliothèque, celle de Fleury sur Orne. Et c’est une super bibliothécaire passionnée qui en est la coordinatrice. J’ai nommé Perrine Savary.

D’ailleurs je vous laisse découvrir Perrine à travers l’interview réalisé par Yvan mon ami du Blog Emotions.

C’est ICI: Perrine organisatrice du salon

 

12377530_10208465028806161_8468434142074873687_oAlors quelques infos sur ce Bloody Fleury :

C’est du 4 au 7 février à l’Espace Nicolas Oresme à Fleury-sur-Orne

Une vingtaine d’auteurs présents pour intervenir à tour de rôle sur différentes thématiques, des dédicaces après chacun de leurs passages, une exposition, les pictos, les docteurs polars, une enquête judiciaire grandeur nature et des lectures musicales, et encore d’autres surprises !

Deux  lectures  musicales  ainsi  qu’une  enquête  judiciaire  grandeur nature  se  dérouleront  pendant  le  festival.

L’espace  Nicolas  Oresme  accueillera également les résultats des nombreux projets menés en amont du festival, notamment avec le public scolaire : remise du concours de nouvelles, prix des jeunes    lecteurs, exposition de boîtes sonores…

L’ambition de ce festival est de mettre en valeur toutes les facettes du polar, qu’il soit littéraire, cinématographique ou lié au jeu, dans une ambiance conviviale et détendue, que les visiteurs soient amateurs de polar, lecteurs, ou simplement curieux.

Toutes les animations à l’exception de la lecture musicale du 4 février sont gratuites.
Contrairement  à  de  nombreux  salons  du  livre,  les organisateurs ont choisi de favoriser les échanges entre les auteurs invités et le public plus que des séances de dédicaces.

La vingtaine d’auteurs   présents  le samedi 6 et dimanche  7  février seront là pour discuter à tour de rôle autour de différents sujets liés au polar.
Ecrire  un  scénario  est-il  différent  de  l’écriture  d’un  roman ?                                      Le  polar historique  doit-il  être  fidèle  à  l’histoire  ?                                                          A  quoi  cela sert-il  de  raconter  des histoires qui font peur aux enfants?

Aux côtés des auteurs seront invités des forces publiques et un psychologue, afin de confronter la fiction au réel.

Chaque auteur interviendra  sur  une  ou  plusieurs  thématiques  et  dédicacera  ses  ouvrages  à  la suite de son intervention sur les stands des librairies partenaires.
bf&&En  permanence  sur  le  festival,  le  public  sera  invité  à  participer  à  différentes animations : stand de photographes, exposition interactive, jeux…

Retrouvez le programme complet sur bloody.fleurysurorne.fr ou ici le programme

J’allais oublier les auteur présents !

 

DOROTHEE LIZION ; SEVERINE VIDAL ; MIKA MUNDSEN ; AURÉLIEN MASSON ; JEAN-BLAISE DJIAN ; GUILLAUME LEBEAU ; CATHERINE SEVESTRE-LOQUET ; INGRID DESJOURS ; PATRICIA OSGANIAN ; BENOIT MINVILLE ;  DOMINIQUE FORMA ; NICOLAS MATHIEU  ; NIKO TACKIAN ; MICHEL MONTHEILLET et SAMUEL DELAGE

Mais aussi la présence des Docteurs Polar, de Sophie Peugnez de Zonelivre et de Caroline De Benedetti de Fondu au Noir qui seront les deux principales médiatrices des rencontres.

On peut dire que Perrine sait s’entourer !

Lien vers le site internet du salon

Lien vers la page Facebook du salon

Contact : Perrine Savary
Coordinatrice du festival Bloody Fleury
02 31 84 31 94 – perrine.savary@fleurysurorne.fr

 

Apéro Polar du 19/12/15 : Rencontre CONTAGIEUSE avec Nicolas Lebel et Martine Nougué !


Aujourd’hui la parole est à Nicolas Lebel et Martine Nougué.
Et c’est David de l’excellent Blog C’est Contagieux qui en fait un super condensé.
Nos auteurs ont été soumis à la question durant une heure et demi et j’avoue que j’aurai bien passé encore plus de temps avez eux tellement ils étaient passionnant.
Aller je vous laisse découvrir le beau résumé de cet Apéro Polar que nous propose notre David international en lecteur assidu qu’il est. 🙂

Cest Contagieux!

apero_polar_lebel_nougue ApéroPolar Lebel / Nougué – Copyright Ko Ma

UNE MATINÉE LUMINEUSE

Un ApéroPolar, c’est toujours un moment magique et rare. Un instant privilégié partagé avec des auteurs. Une parenthèse enchantée orchestrée par la grande prêtresse du polar, Geneviève Van Landuyt, patronne de l’excellent Blog  de référence « Collectif Polar Bibliothèque » que je vous invite vivement à fréquenter quotidiennement. Elle nous avait donné rendez-vous à la Bibliothèque Parmentier (20bis rue Parmentier – 75011 Paris).

apero_polar_lebel_nougue ApéroPolar Lebel / Nougué – Copyright Ko Ma

Aujourd’hui, elle recevait à l’apéritif deux auteurs de polar parmi les plus talentueux : Nicolas Lebel et Martine Nougué.

Beaucoup de monde s’était déplacé au vu de cette alléchante affiche. Y aura-t-il assez d’alcool, s’inquiète Nicolas Lebel ? Mais oui, l’organisatrice a tout prévu.

Santé Geneviève !

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Q : Parlez-nous un peu de vous…

MN : J’ai fait des études en sciences…

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Ces dames du noir 2 : Dialogue entre bibliothécaires


Conversation entre une bibliothécaire et une autre bibliothécaire.

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 Laure Bertrand est bibliothécaire à Marseille . Pour la bibliothécaire parisienne que je suis c’était juste une aubaine…

 Alors comment ne pas provoquer l’affrontement ?


GVL : Laure peux-tu te présenter en quelques mots ?
 536479_3734616293931_718369441_nLaure :  En quelques mots : Laure Bertrand, née le 11 septembre 1964… mariée avec le même bonhomme depuis 25 ans (et je veux bien signer pour les 50 prochaines années), 2 enfants.
 GVL :  OK, moi ce que j’aimerai c’est que tu me parles de toi et de tes lectures? Petite, tu lisais beaucoup ?

Laure B : Enfant, j’étais pas une grande lectrice.. Fallait bien que je me démarque de cette famille de dévoreurs. Ma mère était bibliothécaire bénévole pour lancer, avec quelques copines, la bibliothèque de notre ville. Quand la BM a été lancée et qu’une professionnelle a été engagée,  elles se sont elles désengagées. Par respect pour le métier.

A l’époque, j’étais complètement réfractaire à la prescription (surtout celle de mes parents). Je me suis régalée pendant des années à lire et re-lire tous mes “Oui-oui”, puis les romans de la comtesse de Ségur, puis les Alice de Caroline Quine… Où j’ai attendu en vain que Ned, il lui fasse son affaire, à la petite Alice.

GVL : Ah on a au moins un point commun nous n’étions pas vraiment de grandes lectrices à l’époque .
Mais le roman policier là-dedans ?

LB : Premières lectures de romans policiers : schéma classique avec Agatha Christie. C’était pas les aventures d’Hercule Poirot qui me plaisaient le plus, mais “L’homme au complet marron”, “Rendez vous à Bagdad”, “Meurtre au champagne”. Sûrement parce qu’il y avait quand même une histoire d’amour aussi. Je me souviens aussi du “Train de 16h 50” et de ce meurtre dans un train dont est témoin une vieille dame qui elle est dans un autre train qui va dans le même sens. J’avais trouvé cette intrigue très maline.. Maintenant encore, c’est à ce livre que je pense quand je me retrouve aussi dans la même situation (euh.. sans le meurtre, hein ?). Ah et puis aussi, nuit blanche absolue en dévorant “10 petits nègres” en vacances, dans une vieille maison qui craquait de partout. De trouille, j’ai fini ce qu’il restait de nuit dans le lit de ma soeur.

GVL : Une histoire de famille donc ?

-Oui

Mon grand-père était un homme érudit (normalien), mais il aimait aussi les mauvais genres. J’ai rapidement trouvé dans ses collections des merveilles de recueils de nouvelles policières, noires et américaines..

Papa m’a mis dans les mains les romans noirs de James Hadley Chase.. , j’ai tenté Manchette, mais c’était pas trop mon truc… C’était un peu duraille comme lecture.. J’étais sans doute trop jeune.

 GVL : Et après ?

-Après, j’ai dû me mettre au thriller. Parallèlement, j’ai découvert les romans de Patricia Wentworth, de Dorothy B. Hugues. Toujours dans les bibliothèques familiales. Et puis les premiers Mary Higgins Clark, et puis les thrillers médicaux de Robin Cook, et puis “le silence des agneaux”. Et puis j’en ai eu marre de ces auteurs qui inventaient tous les moyens possibles et imaginables de découper les bonnes femmes en 15, en ayant pris soin avant de les enfermer dans une cave, avec la rigole de sang, les chaines et les menottes.

Adulte, je me suis délectée avec la collection “Grands détectives” chez 10/18. Les Anne Perry (plutot Monk que Pitt) ; puis les Japp (plutôt les “Gloria Parker-Simmons” que les “Kay Scarpetta”), les Vargas (plutôt les “4 évangélistes” que les “Adamsberg”), les Donna Leon, aussi.., et puis petit à petit doucettement, je me suis installée dans le noir, les noirs.. Tony Hillerman, Arthur Upfield.

GVL : Quelque a été ton parcours  ?

. J’ai fait un bac musique, et après ça, j’avais pas du tout envie de me lancer dans une carrière de … prof de musique, avec le passage obligé  par la case  “dépression nerveuse.” Par manque d’idées, j’ai suivi le chemin de ma soeur aînée, et j’ai fait … droit… J’ai quand même décroché une licence mais j’ai capitulé à la Maîtrise…. Et là non plus je me voyais pas du tout faire carrière là dedans… Déja mes con-disciples m’avaient sérieusement chauffée.. Je me voyais plutôt dans des carrière sociales, parce que j’aime les gens..

GVL : Peut-on dire Laure qu’à ce moment là, tu voulais devenir bibliothécaire ?
  • Heu, non

  • On peut dire que j’y suis tombée par hasard

En fait j’ai eu beaucoup de bol. Dans ma ville natale, ils avaient besoin d’une employée de bibliothèque, et voilà, ça a été moi. J’ai eu aussi un bol énorme de tomber sur une responsable de section (adultes), qui était une vraie pro, et qui avait un sens de l’accueil hyper développé. En fait, je me suis calquée sur elle : sa bonne humeur, son sens de l’écoute. Elle restait pas bêtement assise sur sa chaise : elle accompagnait les nouveaux inscrits pour leur présenter les lieux… ça a l’air bête, mais c’est tellement important…

GVL : Tu as raison , l’accueil c’est la base, le sourire et l’amabilité aussi (rire)
Tu as travaillé longtemps dans cet Bibliothèque Municipale ?

LB : Je suis restée dans cette BM de 1988 à 1999, avec une sale période de 1995 à 1999, avec le FN à la mairie.

GVL : ah oui çà a du être une sale période là ?

LB : Sale période, mais qui m’a beaucoup appris sur moi, sur le métier, sur les humains capables de faire des trucs minables. On dit que c’est dans les moments de merde qu’on apprend le plus..

GVL : Tu peux nous expliquer cette experience qui a du être douloureuse ?
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(Photo Arthur De Pins)

LB : Y’avait d’Abord une sale ambiance de délation entre collègue, de suspicions; À l’époque du FN, moi,j’étais en discothèque .. C’était moyen niveau déontologie. J’ai dû feinter pour acquérir certaines musiques :  le maire m’ avait interdit d’ acheter du Rap, du Raï, du Reggae.. J’ en achetais quand même .

 GVL : Perso je trouve que c’est un actes de résistance.
 Peux tu aussi parler justement des vétos que mettait la mairie et le directeur nommé par la mairie je suppose ?

Ni rap ni raï ni Reggae (les 3 R).. C’est le maire en personne qui est venu dans MA discothèque pour me le dire. C’était en 1995 (ou 1996)

  GVL : On peut dire que tu trouvais des subterfuge pour quand même acheté les doc et les disques blacklistés ? Comment s’exprimer les vétos de la mairie en question ? Y avait-il des artiste des genres interdits ?

 Oui.. Jusqu’à ce que je me rende compte que c’était pas possible de travailler dans ces conditions : soit j’obéissais et c était pas possible .. Soit j’obéissais pas.., et mes usagers voyaient des titres, des artistes engagés ou n’obéissant pas à la ligne du FN , savaient pas mes stratégies de détournement et pouvaient donc penser que le FN était un parti Open.. Et donc pas possible non plus…

  Il m’avait dit qu’il m’interdisait de les acheter.. Pas décrits

GVL : Pas d’écrits ?

Laure : Pas d’écrit, pas de note de service. Juste des paroles ? Oui  Mais très clair !

GVL :  Punaise je me vois mal travailler dans ces conditions.

 Il s’est deplacé avec le 1er adjoint. Une armoire à glace.. Qui faisait peur

GVL : De l’intimidation en quelque sorte ?

 Oui tout a fait

 Mais sur moi, ça ne marche pas

 Je me souviens.. On était abonné à une revue de rap « l’Affiche.. Et la revue était DANS la discothèque . J’avais qu’une peur, c est qu’ils la remarquent… Quand ils sont partis.. J’ai eu un gros soupir de soulagement ..

 Et pour les autres secteurs : en adultes, ils avaient l’obligation d’acheter des merdes publiées au club de l’horloge.. Des espèces de fascicules, même pas des livres.. C était agrafé au milieu, tu vois.. ADG, l’auteur de polars, était encensé (du coup, à la BDP, j en achète plus). En BD, c était les Éditions du Triomphe (pareil)

 GVL : Et maintenant, tu fais quoi ?

 logo BMMLB : Donc aujourd’hui : je travaille toujours à la BDP des Bouches-du-Rhône… Je suis responsable des acquisitions en “mauvais genres”… romans policiers, romans de SFFF (Science-fiction, Fantastique, Fantasy), et Bandes dessinées adultes.

GVL : Ah nous y voilà , on y revient …

 Les mauvais genres, c’est vraiment mon truc. J’adore découvrir des pays, des gens, des sociétés, par l’intermédiaire de ces lectures, sans me prendre la tête, sans avoir à me farcir un bouquin de sociologie que je ne lirai pas, écrit par un universitaire reconnu qui me laissera sur le carreau au bout de 2 lignes.

 Tu peux m’en dire plus sur ta Fonction actuelle ?  BDP ça veut dire quoi, nos lecteurs eux ne savent pas ?

11129865_10206965221358966_1218459683_nBibliothèque départemental de prêt .. On dépend des conseils départementaux (conseils généraux d’avant la réforme ).

 Les missions des BDP…. pfffou créées en 1945.. 1 par département.. chargées de maintenir une offre documentaires aux BM du réseau départemental (communes de – de 10000 ou 15000 h.) + formation des bénévoles et professionnels + aide et appui technique à la construction, l’aménagement, l’informatisation + …

http://www.adbdp.asso.fr/spip.php?article732

GVL : Super donc si je comprends bien tu choisis les polar et les mauvais genres pour la BDP donc pour toutes les bibliothèques municipales du départements des communes de – de 10 ou 15000 habitants?

Laure :  oui…

GVL : Ca fait combien de biblio, alors ?

 ouaip : le réseau = 95 bm ( Bibliothéque Municiple) , + des asso. (association). enfin plutôt une asso.. pas facile pour les bibthecaires bédépistes d’ingurgiter l’idée de travailler avec des asso

 les asso, c’est le MAL !!! enfin pas pour moi… j’ai beaucoup appris en travaillant avec cette asso justement

 GVL : bibthecaires bédépistes ? c’est quoi ?
Et que t’as apportée le partenariat avec ses assos justement. Et c’est quelle genre d’assos ?

 Laure :  1  bibliothécaires travaillant en BDP … on nous appelle, ou plutôt on s’auto appelle les bédépistes…

  1. l »asso en question, c’est l’ACELEM

 http://www.acelem.org/site/

   L B  : Association Culturelle d’Espaces Lecture et d’Ecriture en Méditerranée : 7 espaces lecture répartis sur le territoire marseillais.. au pied des cités HLM.. dans les « quartiers ».. leur but : donner aux enfants, aux grands, aux habitants le goût de lire et d’écrire

11354858_10206951778702908_1348987480_nLB : il faut savoir que le territoire marseillais est « pauvre » bibliothèques… il n’y en a que 8… et pas dans des « quartiers sensibles ».. A la suite d’un accord avec la mairie de Marseille, c’est donc l’asso qui a pris ça sous son aile…. et pourquoi je les aime ? parce qu’ ils font les choses avec intelligence, humanité, sans angélisme non plus.. mais sans catastrophisme.. Ils agissent et réfléchissent en même temps.. ils font pas de la théorie à la petite semaine.. Ils ont des résultats.. ils ont plein d’idées.. ils motivent tout le monde.. bref… je les kiffe grave

GVL : Chez nous un bibthécaire c’est un ou souvent une bibliothécaire avec des vues du métier plutôt étriquées … (rire)

LB : Ah ben Zut, moi, j’utilise le terme bibthécaire par contraction, pour pas avoir à taper bibliothécaire…

 GVL : Que lis tu aujourd’hui ?

L B : En tant que lectrice de polars : j’élimine directement (merci les 4ème de couv. ) : les viols, (sur enfants ou sur femmes), les séquestrations, les tortures, les rigoles de sang. Donc : plus de thrillers. Les auteurs de noir qui se complaisent dans ce genre de descriptions nauséabondes, j’évite aussi (au revoir, M. Férey). Suffit que je sache, en tant que bibliothécaires que ce genre / ces auteurs existent, sont lus, sont aimés.. Je les acquiers pour la bib, mais je les lis pas..

– dans les autres genres de polars que j’acquiers pour la bib mais que je ne lis pas : le polar ésothérique, les romans d’espionnage, les polars historiques, les polars “régionaux”, les polars sentimentaux (Nora Roberts et autres) …

 GVL :  Tu vois je suis plus éclectique que toi, je lis aussi des thrillers bien gore, de l’espionnage, du polar historique j’adore je suis “la référence du polar ésothérique” ( (rire)et parfois du romantic thriller, enfin si je peux eviter…Mais bon Revenons à nos moutons…Tu lis quoi alors ?

LB : – Je lis en priorité : les nouveaux éditeurs (mais pas tous les titres, sinon je m’en sors pas), les nouvelles collections, les polars où les SDF sont dans le coeur de l’action… C’est avec la thématique des SDF que je suis tombée sur l’Heure des fous / Nicolas Lebel. Ouche.. là, il m’a vraiment étonnée le bonhomme.. C’est le roman que j’ai le plus conseillé autour de moi, celui que j’ai le plus fait lire, et celui que j’ai le plus offert. Un an après l’avoir lu, je l’ai relu, histoire de voir si il tenait la route après une deuxième lecture. Et oui…

GVL : Alors si c’est Nicolas, je n’aurai rien à rajouter… Sinon tu me parles de nouveaux éditeurs, nouvelles collections, nouvels auteurs …Tu peux présicer ?

  LB : – Nouveaux éditeurs :

bmirJe suis tombée sous le charme des Editions Mirobole. Graphisme de la couverture qui se démarque adroitement des couleurs habituelles du genre (noir et jaune), audace des éditrices qui vont ds des territoires vierges (Pologne, Turquie…), et puis 2 collections “Horizons pourpres” pour le fantastique et “Horizons noirs” pour le polar… , et puis beaucoup d’humour dans les romans qu’elles choisissent de traduire (ou de faire traduire).

bs8J’ai fini de lire dernièrement “Dernier meurtre avant la fin du monde” / Ben H. Winters.. aux éditions Super 8. Roman noir, toujours, qui se situe dans un monde futur où on sait que la fin du monde, c’est prévu dans 6 mois (pour cause de collision entre une astéroïde et la Terre). Un suicide qui pourrait être un meurtre, et un flic qui veut quand même faire son boulot de flic, même si dans 6 mois, y’aura plus personne sur Terre, et une société qui se délite… bref la peinture d’une société..

GVL : Je suis comme toi, tombée en amour pour ces deux nouvelles maisons d’éditions

 LB : Je viens de finir “Le Chagrin des cordes” de François Weerts aux éditions Delpierre. C’est son 2ème roman, après “les sirènes d’Alexandrie”, paru en 2010, que j’avais beaucoup aimé.. Ce que j’ai aimé dans “le Chagrin”, c’est le style de l’auteur quand il décrit Bruxelles, l’usine, la forge, toutes les pages sur le rock, les Rolling Stones et les envolées de Mick Taylor (ça donne envie de réécouter les albums des Stones de l’époque), ce que j’ai moins aimé c’est le reste… J’ai un peu l’impression qu’il a voulu courir un peu trop de lièvres à la fois….Et en ce moment j’ai  romans sur le feu : Cannibal tour d’Anouk Langaney (un grand momont hylarant) ; Le mystère des livres de Ian Sansom. Trèzs drôle également et puis ça parle de bibliobus, alors je me trouve en terrain connu. Dernier roman : L’instinct du Troll de Jean-Claude Dunyach. C’est un roman de fantasy (je te rappelle que je ne m’occupe pas QUE de polars)

GVL Tiens un auteurs que tu me fais découvrir, habituellement c’est mon rôle ça … hihi.
D’autres auteurs donc tu voudrais me parler ?

LB : Ah ben oui…et comment !

bialot Car…Avec tout ça, voilà que je m’aperçois que j’ai pas parlé de Joseph Bialot. Exceptionnel, Bialot… D’abord, un type exceptionnel. L’était passé par les camps de la mort dans son jeune temps, et puis il a écrit des romans de littérature blanche, et des polars. Dans ses polars, on trouve toujours une scène qui évoque Auschwitz mais sans s’appesantir. Et puis beaucoup d’humour dans Bialot.. Oui parce que, j’adore quand il y a de l’humour dans les polars.

 BPOUYFaut aussi que je parle de Pouy. Il mériterait un Goncourt ce garçon. Un grand écrivain, Pouy. Non seulement il écrit des polars, des vrais polars avec des intrigues qui se tiennent, mais en plus, dans chacun de ses polars, il s’oblige à une contrainte littéraire. Je crois que Pouy fait (ou a fait) partie de l’Oulipo.. Pouy, on devrait l’étudier en classe..

17131565932_dfed8bfa50 (1)Et puis faut que je parle de Jeanne Desaubry. Cet été j’ai lu “Poubelles girls”. Et c’était un concentré de tout ce que j’aime trouver quand j’attaque un polar : le regard tendre d’un auteur, des personnages atypiques qui n’auraient jamais dû se croiser, de l’humour, de l’amour, de la joie et des larmes… Jeanne Desaubry tiens aussi un blog.. Mais elle est trop gentille.. Elle aime tout..

Ma petite chronique de Poubelles Girls ICI : 9782370470522,0-2144471
GVL : Ben tu me fais Plaisir là, quelle fougue à défendre nos genres de prédilections.
Sinon d’autres choses à rajouter ? Un coup de gueule, un coup de Coeur…

LB : Mes coups de gueules… je n’aime pas du tout (du tout) les polars « écrits avec les pieds »… : incohérences, « lourdeurs de styles », les foutages de gueules, peut-être, ou bien des manques de relecture.. Ex des incohérence, dans un polar que vous avez beaucoup aimé : le Marpeau « Et ils oublieront la colère ».. A un moment.. je crois que c’est dans le dernier 1/3 : t’as l’auteur qui se plante dans les prénoms.. (c’était une histoire d’usurpation d’identités), et du coup qui s’auto-spoile.. j’ai dû relire la page 3 ou 4 fois pour être sûre.. : on était censée parler du comportement du personnage principal (la petite fille de la tondue), le prénom utilisé, c’est celui de la grand-mère (la tondue) censée être morte depuis des années.. ça m’a foutu le reste de la lecture à l’eau.. Donc j’aime pas. Surtout pour un bouquin édité chez Gallimard, merde..

Dans le chapitre « lourdeurs de style » : j’aime pas quand les chapitres des bouquins sont TOUS écrits de la même manière.. Comme dans « la compassion du diable ».. à la fin de chaque chapitre, bing, un cliffhanger… Et puis sur le sujet du serial killer Dahmer, j’avais lu BEAUCOUP MIEUX avec cette BD là :

 http://www.pearltrees.com/t/bd-reportage-documentaire/a-propos-mon-ami-dahmer/id13747304

Dernier coup de gueule en date : Retour à Watersbridge.. C’est un mauvais polar, et un mauvais western.. n’est pas Elmore Leonard qui veut

 sinon en polar, mes derniers coups de cœur lus en 2015, c’est : ça : http://www.pearltrees.com/laurebertrand/mention-tres-bien/id13900754#item145525107

 et ça : http://www.pearltrees.com/laurebertrand/mention-tres-bien/id13900754#item141056837

En 2014, ça a été ça : http://www.pearltrees.com/laurebertrand/mention-tres-bien/id13901961#item141077112

 En 2013 : « Des Nœuds d’acier », « Etranges rivages », « L’Heure des fous » (++++), « En revenant de Tiananmen »….. en 2012 : bon cru, 2012 : notamment grâce à « Mortelles voyelles » et à l’excellent « L’enfer commence maintenant »

Et puis je veux  évoquer la thématique SDF. Elle me tient à cœur !! En fait, je suis très touchée quand nos auteurs polar évoquent les SDF, les clochards. Le SDF, c’ est un personnage emblématique de nos sociétés. On les croise partout dans les villes et justement on les croise. C est des ombres. On en oublie leur humanité. Des hommes en lambeaux, pleins de trous. Les auteurs de polars n’ en font pas leurs personnages principaux, mais ils sont des personnages clés dans les histoires. Le premier que j’ai « croisé », c’était le crieur de rue dans « Pars vite et reviens tard » de Fred Vargas. A un moment, j’ai eu l’ impression que le personnage échappait à l’auteur.. Ou plutôt que l’auteur était séduite par ce personnage, jusqu’à ce qu’il prenne bcp de place , jusqu’à ce que Vargas s’aperçoive, aux 3/4 du bouquin que zut elle était entrain d’écrire un polar.. Très curieux comme sensation de lecteur. Le deuxième, c était le clochard de « un bateau plein de riz » de Alicia Gimenez Bartlett où le rêve du clochard, c’ est de s’offrir un bateau, un gros, de le remplir de riz et de partir pour nourrir tous les peuples de la terre. Elle est pas belle cette image ? Le troisième, c’est le / les SDF de l’Heure des fous de Nicolas Lebel. Terrible cette évocation de ce type recalé à La Sorbonne pour cause de passe-droits.. Terrible aussi cette évocation du « Debout les damnés de la Terre ». Le quatrième roman dont je veux parler, c’ est Mortelles voyelles / Gilles Schlaesser. C’ est dans un camp de SDF que commence l’enquête du journaliste. C’est par l’intermédiaire de l’un d’entre eux et de son improbable valise que se jouera l épisode clé de l’histoire (la découverte d’un curieux cahier ).. Le reste de l’histoire est une aventure littéraire dans le monde des mots, des figures de rhétorique, de la littérature .

 Pour les coups de gueule encore : je n’aime pas les romans « biphasés » : une partie très bonne, l’autre partie très mauvaise… pas encore lu de polars franchement biphasés.. Mes exemples en littérature blanche : Au revoir la-haut / Lemaître : 1ère partie (1ère guerre mondiale) : très bonne. 2ème partie (l’après guerre) : outrancière, caricaturale, mélo.. nulle, quoi.. 2ème exemple : la vérité sur l’affaire Harry Québert / Dicker.. : tout ce qui concerne la vie à l’université : très bon (on retrouve le style, les atmosphères de John Irving).. tout le reste : au mieux lourdingue, au pire ; à fuir.. J’aime pas quand les auteurs font « genre polar » parce qu ils savent que ça plait le polar, parce qu’ ils pensent que comme c’est une littérature « de genre », ça doit être fastoche, et ils se plantent et ils écrivent de la merde (mais y’a que les lecteurs de polar qui s’en rendent compte)

Quelque chose me dit que je t’ai assassinée… C’ est pas bien de ma part.. T’avais l’air sympa comme tout et je te tue à coups de mots .. (Rire sardonique)

GVL : Non, non, ça va, je suis encore vivante, bien que ! (rire, mais jaune cette fois, non je rigole)
Ben dis-moi…Tu as des avis très tranchés, je t’imagine au comité de lecture polar. Whaou, là, tout de suite, je crois qu’on s’égosille à essayer de se convaincre ou alors qu’on se zigouille …
Aller…J’avais une dernière question. Comment vois-tu l’avenir de notre beau métier ?

 Laure : J’ai des avis très tranché en tant que lectrice .. En tant que bib.. Je suis trèeeeees à l’écoute … Mais j’ai pas de blog. Justement parce que je sais pas quelle casquette je devrais prendre

L’avenir de notre métier …

On est entrain de se décloisonner.. De prendre enfin des uns et des autres.  Alors l’avenir des bibliothèques ,, pffffffou.. J’ en sais rien, moi, j’ai pas ma boule de cristal sous la main.. Mes craintes, c est que les super manager prennent le pouvoir ds les bib, et qu’ils arrivent à nous persuader que nos collections, nos savoirs de la collection, notre connaissances des
publics, notre bienveillance à l égard des publics, nos efforts pour mettre ces collections à disposition des publics, nos animations … sont des activités « chronophages », de peu de rendement, qu’il faut donc les réduire, ou mieux les supprimer… Mon espoir, c est quand je vois les jeunes générations de bibliothécaires (à mon âge -50 ans- et après + de 25 ans de carrière, je peux dire que ceux qui arrivent sont des « petits jeunes ») pleins d’enthousiasme, got_light_5pleins d’idées neuves (les  grainothèque (2), les fablab (1), les playlist), pleins de bonne volonté pour multiplier les chemins vers la connaissance, le partage, le « vivre ensemble « .

Mon espoir, c’est aussi ce groupe Facebook « tu sais que tu es bibliothécaire quand …  » qui est une belle agora de tout ce qui se fait dans les bibliothèques d’aujourd’hui. Dans toutes les bibliothèques, quel que soit son type ( Bm BDM, BU, classées, CDI  BPI…), avec toutes les catégories de personnel et dans les pays froncophones. C est un groupe qui accueille en son sein, qui écoute, conseille tout le monde des bibliothécaires : de l’étudiant qui aimerait bien un jour faire partie de la communauté, au bibliothécaire retraité, en passant par ceux qui passent les concours et qui ont besoin de savoir à quel type de questions ils peuvent s’attendre.. Je fais partie de ce groupe depuis un an. Je me demande aujourd’hui comment j’ai pu me prétendre bibliothécaire avant…

GVL : On a fait le tour de la question, non ?

 Laure : C’est pas trop lyrique ? Des fois je m’emporte.,,

GVL : C’est parfait chère Laure. Bon j’espère que notre entretien ne sera pas trop long…Qu’il n’a pas lassé nos lecteurs…Mais moi j’adore.
Juste. Quel est ton mot de la fin. Un mot, un seul !  Ou une expression tout au plus.
Pour conclure quoi !

 Laure : Ma PAL croule.. Si je fais un blog un jour, il s’appellera « ma PAL croule »

 Mauvais genres for ever..

 C est mieux peut être (le mauvais genre for ever)

 GVL : Merci Laure pour toutes ces confidences. Je suis heureuse d’avoir fait ta connaissance. 

    Ben moi aussi ma p’tite Geneviève !!

NDLR : (1) : Un fab lab (contraction de l’anglais fabrication laboratory,« laboratoire de fabrication ») est un lieu ouvert au public où il est mis à sa disposition toutes sortes d’outils.

NDLR : (2) Une grainothèque ? Mais qu’est-ce que c’est ? Une boîte remplie de petits sachets de graines biologiques, de variétés reproductibles, accessible à tous gratuitement… Vous êtes invités à y déposer un sachet de quelques graines de légumes, de fleurs ou d’aromates, sur lequel vous inscrivez le nom et la variété, la provenance, ainsi que la date de récolte des graines. En retour, vous en choisissez un pour vos plantations. Troc utile et riche de découverte ! Ainsi, en laissant quelques plants monter en graines, vous refaites vos semences d’année en année et vous les échangez à nouveau pour que ces variétés perdurent ! Afin de favoriser les échanges de graines biologiques, locales, reproductibles et non hybrides, et pour préserver des variétés menacées.

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