Ces dames du Noir 11 : Conversation avec Perrine Savary (3)


Allez, on retrouve notre bibliothécaire passionnée

Souvenez-vous, notre précédent entretien se terminait ainsi :

 

GVL : Dis-moi, y-a-t-il encore des choses que je devrais connaitre sur toi ?

Perrine : Oh probablement plein de choses inavouables, mais je pense que c’est déjà pas mal ! Tu as de quoi faire quelques chapitres de ma biographie ! 

GVL : J’ai quand même une question !

PS : Vas-y je t’écoute.

GVL Ok je te la pose et tu réponds dans le 3e opus de cet entretien !

 PS : OK

 

Pour retrouver nos premiers échanges c’est …

Ici pour le 1er

Là pour le 2ème

Voilà c’est déjà le 3e opus de notre entrevue

Donc je repose ma question

 

GVL  : Comment ce projet de festival est né ? Et te serais tu crue capable un jour de mettre tout ça en œuvre ?

 : A l’origine c’est le maire qui tenait à organiser un salon du livre. Il a commencé à m’en parler il y a quatre ans. A l’époque je travaillais seule à la bibliothèque je ne pouvais vraiment pas prendre en charge un tel projet. Mais le maire y tenait beaucoup et les élus ont renforcé l’équipe de la bibliothèque, je n’avais plus d’excuse ! J’ai quand même mis le bémol que si nous nous lancions il fallait être original et se démarquer des 45 autres salons normands et dans le respect des travailleurs du livre quels qu’ils soient.

Ça impliquait un investissement conséquent en budget mais aussi en personnel et en implication des élus.

C’était capital et le maire est non seulement à l’origine du projet mais aussi très investi dedans.

 : J’ai toujours rêvé de mener à bien de tels projets en fait. Mon stage de DUT c’était au salon du livre de Caen et j’étais comme un poisson dans l’eau. J’ai adoré ça !

Aujourd’hui je me dis que c’est le domaine pour lequel je suis faite et je m’oriente soit dans la gestion de projet soit dans l’accompagnement de structures qui souhaitent en monter.

 

GVL : Quand je vois la somme de travail que ça représente, tu n’as pas eu un moment de panique ? Tu as dit banco, tout de suite ou chouette enfin un défi à ma hauteur ?

 : Oh si j’ai eu des tas de moments de panique !

D’abord au tout début devant la masse de travail, après dans l’inconnu du budget, ensuite quand des auteurs annulent, quand des grèves de transport ou de la neige sont annoncées…

 GVL : Pour autant rien n’a pu t’arrêter !

 : Mais j’essaye de prendre un problème après l’autre et je suis soutenue et puis objectivement parlant je n’ai pas le choix ! C’est mon boulot c’est un projet municipal et c’est de l’argent public il faut quoi qu’il arrive que ça fonctionne et que ce soit réussi

GVL : Maintenant peux-tu tirer un bilan du premier salon ?

La municipalité est-elle satisfaite du résultat et des retombées ?

D’ailleurs qu’elles sont ces retombées ou ces bénéfices ?

 :  Le premier bilan est très positif autant en quantitatif qu’en qualitatif.

Les élus étaient très satisfaits d’ailleurs à l’origine on avait pensé le festival comme une biennale et finalement nous revoilà pour 2017 avec des objectifs encore plus ambitieux !

Nous sommes surtout très heureux des réactions des habitants adultes comme enfants que nous n’avions pas parmi nos lecteurs, Et qui ont découvert le polar et nous par la même occasion !

Le festival a aussi donné une image dynamique de la commune sur l’agglomération, je croise très régulièrement des gens qui connaissent le festival et qui s’y sont amusés (c’est extrêmement motivant) !

 : Et puis les auteurs étaient heureux d’être venus et pour cette année de nombreux auteurs avaient entendu parler de nous quand je les ai invités. Nous recevons aussi de plus en plus de sollicitations d’auteurs directement.

D’ailleurs les auteurs de 2016 étaient tous prêts à revenir, mais nous essayons de varier d’une année sur l’autre.

(Je dis cette année tout le temps en parlant de l’édition 2017, Je suis en avance de quelques mois !)

GVL : C’est vachement gratifiant et motivant tout cela ! 

 : Très Oui, le meilleur c’est d’avoir vu des hordes d’enfants débarquer à la bibliothèque pour avoir les autres tomes des séries proposées dans le prix jeunesse

Et là lorsqu’on leur parle du Bloody 2017…. Ils sont tous hyper contents !

J’ai été très touchée par les réactions des scolaires vraiment, on s’est dit que c’était là tout l’intérêt de ce type de projet, allumer des étincelles chez des jeunes lecteurs et œuvrer après pour qu’elle ne s’éteigne pas.

Et pour les adultes on milite pour casser les idées reçues, une bibliothécaire passe sa vie à lire, lire c’est long et ennuyeux, c’est compliqué, c’est élitiste, il y a rien dans les bibliothèques, un salon du livre c’est un bon somnifère, les auteurs sont chauves vieux et soporifiques…

GVL : Remarque c’est pas faux !

Non je rigole là 

 : Et bien sûr tous ceux du polar, c’est de la littérature bas de gamme, c’est angoissant et sinistre, c’est gore, c’est comme Maigret, le roman noir c’est élitiste… 

Certaines sont vraies parfois, mais le message qu’on essaye de faire passer c’est qu’il n’y a pas de « le polar c’est ça » le polar c’est une multitude de genre, de styles, de plumes… du social, du distrayant, et surtout ce sont beaucoup d’auteurs de grand talent, et énormément d’émotions

Mais là je ne t’apprends rien 

GVL : Ben alors le polar ce ne serait pas juste de la littérature en définitive !

Mais toi, tu es devenu accro, passionnée ou spécialiste voire un peu de tout cela ! 😀

  : Exactement sauf que c’est de la littérature plus abordable je trouve, il y a un côté « filou » Dans le polar que j’adore. C’est de la littérature sans prétention qui sous couvert de distraire nous amène à de vraies réflexions. Alors que dans la littérature générale on est plus souvent dans soit du très cérébral et sérieux, soit dans du 100% détente (à quelques exceptions près je ne veux pas me mettre à stigmatiser la blanche non plus !)

GVL : Mdr !

 : Accro et passionnée Oui, spécialiste j’ai encore beaucoup beaucoup de chemin et de découvertes

Plus que le livre en soi ce sont les émotions et les échanges qu’il suscite qui me passionnent

GVL : ça je comprends, c’est comme cela je,  j’ai aimais partager mes avis de lecture.

 : C’est d’ailleurs pour ça que je me désintéresse complètement des questions de catalogue ou de rangement de nos rayons ! Des aspects plus techniques du travail de bibliothécaire, ce qui m’importe c’est la médiation.

Heureusement que j’ai des collègues qui elles s’en préoccupent parce que c’est bien sûr indispensable pour faire de la médiation !

GVL : Bibliothécaire c’est un tout. L’aménagement de l’espace et des rayons fait aussi parti de l’accueil du public.

Et comme tu dis, ça participe à la médiation !

 Sinon tu n’as rien à rajouter sur le festival ? Son nom Bloody Fleury par exemple il vient d’où ?

Et j’ai aussi entendu parler d’un cocktail ! ???

 : Ah le nom du festival, ça a été épique ! 😀

On cherchait quelque chose d’original, et en lien avec la ville évidemment.

Après moult brainstorming (on est passés par festival du polar à Fleury-sur-Orne, L’orne noire, Fleury noir, L’île noire…) C’est un ami de ma collègue Morgane qui a trouvé l’idée autour d’un apéro (c’était prédestiné pour le cocktail)

Ça fait bien sûr référence au Bloody Mary, au côté meurtre et sang, et puis au côté cocktail de partenaires et d’animations !

  : Nous avons donc décidé de pousser jusqu’au bout en demandant à notre restaurant partenaire La cave des tontons de nous inventer un cocktail

Il y a dedans des ingrédients normands bien sûr, et c’est à boire avec modération (surtout quand on est stressée, qu’on a rien mangé et qu’on court partout ! Demande à Sophie Peugnez  )

 Le projet jeunes à créé une version sans alcool vendue à la buvette du festival qui a eu un succès monstre (demande à Samuel Delage il n’a bu que ça !)

GVL : D’autres anecdotes sur le premier Bloody Fleury ?

A partager avec nous !

Alors alors…

 : Les pictos nous adorent parce que Xavier a trouvé une madeleine de Proust dans le restaurant, du rhum Zacapa le meilleur de tous les rhums !

Aurélien Masson a failli faire rater son train à Benoît Minville parce qu’il ne voulait plus partir.

Ingrid Desjours a été sollicitée pour une dédicace jusque dans les toilettes !

Séverine Vidal a vendu tellement vite tous ses livres qu’elle est finalement repartie un peu plus tôt (on aura plus de stock cette année, nous n’avions pas assez de livres pour plusieurs des auteurs présents !) 😀

 

 : Nous avons eu un énorme débat (en off) sur la différence entre pornographie et érotisme avec Dominique Forma

GVL : Je t’envie là et pourtant c’est pas mon genre. Mais Dominique Forma est un auteur que j’aime énormément et qui m’impressionne énormément. J’ai mis quelques années avant d’aller à sa rencontre en avril dernier. Bon c’est un premier contact et ça c’est bien passé ! 

Autre chose à me confier ?

 : Il faut venir en 2017 !

C’est déjà pas mal ! je garde quelques secrets juste pour moi !

GVL : Sinon j’ai entendu parler d’un concours en bibliothèque que tu prépares. On peut en parler ?

 : On prépare un concours de nouvelles et de photos sur le thème du changement d’identité.

Il sera lancé cette semaine et les participants ont jusqu’au 19 décembre pour envoyer leur participation

GVL : Heu, je parler d’un examen que tu bosses actuellement ! 

Mais c’est très intéressant le concours de photos.

 : Ah pardon ! 😀

Alors je prépare un concours de Bibliothécaires

Sinon pour THE concours, il prépare à des postes de responsable de bibliothèques principalement.

GVL : En bibliothèque toujours ?

Pas forcément, je peux rester en bibliothèque comme chef de service ou responsable de projet, en bibliothèque départementale par exemple ou dans de grosses structures, mais je peux aussi intégrer des services culturels avec ce type de concours.

GVL : Bref encore de beaux projets à venir !

 : Je pense oui, j’ai aussi dans un petit coin de ma tête l’idée peut-être de créer une structure d’accompagnement de projets culturels.

Mais ce n’est qu’une idée, je ne sais pas si je resterais fonctionnaire toute ma vie !

(oui je sais il faut être un peu dingue pour envisager de quitter la fonction publique !) 😉

GVL : Un peu oui !

 : Ce qui est sûr c’est que le jour où il me faudra voguer vers d’autres horizons, ce sera douloureux d’abandonner le festival, mais bon je n’en suis pas là !

GVL : Et c’est pas donné à tout le monde

Bon je te laisse conclure. Profite, c’est ton dernier ou tes derniers mots !

 : Non, disons que c’est une idée, un projet un peu fou, qui aboutira ou pas !

C’est dommage qu’il soit interdit de cumuler dans la fonction publique en fait 😉

(je ne suis pas sûre que mon devoir de réserve me permette de dire ça lol)

GVL : Le culturel on y a droit , non ?

 : Pas si c’est sur le même champ d’activité que ta profession d’après ce que j’ai lu

 

GVL : Allez, ton derniers mots et je te libère !

 : Aïe le dernier mot c’est toujours difficile, je n’arrive pas à être originale…

Je dirai 3 au 5 février 2017, à côté de Caen, 2 heures de Paris, Gare SNCF bien desservie puis bus jusqu’à nous ! C’est une jolie ville, c’est un super festival, on aura une quarantaine d’auteurs et des animations géniales, et puis de toute façon faut avouer qu’il n’y a rien à faire en février profitez-en ! (j’ai l’impression de faire une réclame publicitaire !)

GVL : Un dernier verre pour la route ou bien je te remercie pour toutes ces confidences ?

 : C’est moi qui te remercie pour toutes ces questions ! C’est toujours agréable de partager son travail surtout quand on l’aime autant.

Pour le verre il est encore un peu tôt pour moi ! 

Mais j’espère te faire goûter le Bloody Fleury bientôt !

(il y a une journée pro ^^) 😉

GVL : Si tu m’envoies ça de façon officielle ça pourrait se faire !

Et…

Le micro t’est toujours ouvert si tu veux remettre ça !

 : Avec plaisir, je te parlerai de la programmation en décembre janvier si tu veux, normalement nous aurons des sorties toutes toutes fraîches de Jacques Saussey et Claire Favan par exemple, je pourrais t’en parler

GVL : Cool, on peut faire un point régulièrement dans mon blog pour présenter le festival,par exemple.

 : Avec plaisir 😉

 

GVL : Alors à très vite de te retrouver Perrine ! 

Et entre merci pour cet ITW Dame du noir. 

 : C’était un plaisir s’il te faut des photos tu me dis sinon il y en a sur le site

GVL : Je vais essayer de me débrouiller mais donnes moi, nous, l’adresse du site.

 

Bloody Fleury : Festival du polar à Fleury-sur-Orne

bloody.fleurysurorne.fr

 GVL : Et la page Facebook. Aussi

https://www.facebook.com/bloodyfleury/

GVL : Merci Perrine et on va suivre l’actualité de ton salon 

Aussi je vous invite tous à aller en février du coté de Caen au Bloody Fleury.

 🙂
🙂
😉
😀

bloody2017-1INDICES PRATIQUES

Horaires d’ouverture

Le festival ouvrira ses portes :
Vendredi 3 février
: Ouverture à partir de 16h30 (pour la remise du Prix des Jeunes Lecteurs et le mini concert de l’Espace Musical Jacques Higelin). Attention, toutes les animations ne seront pas ouvertes. 
Samedi 4 et Dimanche 5 février
: Ouverture de 10h à 19h.

L’entrée du festival ainsi que l’intégralité des animations sont libres et gratuites.

Vous pouvez faire dédicacer des livres déjà en votre possession (à condition de les faire identifier à l’entrée afin d’éviter toute confusion).

Le lieu du crime

Salle Auguste Delaune
rue François Mitterrand
14123 Fleury-sur-Orne (14)

En train : Gare de Caen

En bus : Lianes 4 – Direction Normandika – Arrêt Château d’eau (au pied du gymnase !)

En voiture : Parking de l’école élémentaire Jean Goueslard, stationnement route d’Harcourt, parking du stade.

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Le chouchou du Week end : Cabossé de Benoît Philippon


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rlfLe livre : Cabossé  de Benoît Philippon Paru le 8 septembre 2016 chez Gallimard dans la collection Série Noire.18€ ; (272 p.) ; 23 x 16 cm

4e de couv :

Quand Roy est né, il s’appelait Raymond. C’était à Clermont. Il y a quarante-deux ans. Il avait une sale tronche. Bâti comme un Minotaure, il s’est taillé son chemin dans sa chienne de vie à coups de poing : une vie de boxeur ratée et d’homme de main à peine plus glorieuse. Jusqu’au jour où il rencontre Guillemette, une luciole fêlée qui succombe à son charme, malgré son visage de « tomate écrasée »…
Et jusqu’au soir où il croise Xavier, l’ex jaloux et arrogant de la belle – lequel ne s’en relèvera pas…
Roy et Guillemette prennent alors la fuite sur une route sans but.
Une cavale jalonnée de révélations noires, de souvenirs amers, d’obstacles sanglants et de rencontres lumineuses.

avt_benoit-philippon_3916L’auteur : Benoit Philippon,né 30 novembre1978. est un réalisateur franco-québecois. Il étudie les lettres modernes à la Sorbonne Nouvelle, puis débute sa carrière en occupant diverses fonctions sur les plateaux de tournage. Le futur réalisateur se spécialise ensuite dans les effets visuels.
Benoit Philippon intègre au début des années 2000 la société de production Mac Guff. Cette société est l’un des principaux studios de création d’effets visuels numériques en Europe. Il étend sa pratique de l’industrie cinématographique à la publicité, des programmes télévisé aux clips musicaux. Philippon participe à la réalisation d’un certain nombre de publicités et de longs-métrages. C’est ainsi qu’il supervise les effets visuels pour des marques comme Guerlain ou Cochonou.
Benoit Philippon se met aussi à l’écriture, avec le film Sueurs, sorti en 2002, en collaboration avec Michael Cooper et Louis-Pascal Couvelaire. On retrouve Jean-Hugues Anglade en tête d’affiche. Ce film relate l’histoire de quatre hommes, partis à la poursuite d’un gisement de minerai d’or. Cette aventure les emmènera jusqu’en Afrique du Nord.
Parallèlement, le réalisateur s’occupe des effets visuels pour des films que la société Mac Guff produit, avec une participation dans Largo Winch.
Le cinéaste parvient à écrire et réaliser son premier film en 2009, Lullaby for Pi, qui réunit un casting assez prestigieux. On retrouve Clémence Poésy, remarquée dans Harry Potter et la Coupe de feu, Forest Whitaker et Rupert Friend, dans une comédie dramatique teintée de Jazz.
Extrait :
Guillemette le regarde avec les yeux qui brillent. C’est pas juste les bougies qui se reflètent en dansant, c’est une image de cinéma, quand on se dit : « Ça existe pas dans la vraie vie. » Pourtant, Guillemette est bien réelle et elle se tient en face de Roy. Elle joue nerveusement avec le pied de son verre rempli d’un petit crozes-hermitage pas trop dégueu pour le prix et le standing en rade d’étoiles du resto où il l’a emmenée. La Tour d’Argent, il a pas tenté, elle l’aurait grillé direct. Un mec comme Roy, il va pas à la Tour d’Argent. Il va au Quai Numéro 5, troquet gentiment glauque vers gare de l’Est qui fait une entrecôte-frites pour un prix défiant la crise et une fraîcheur défiant la flore intestinale. Mais la soupe aux cafards au premier rendez-vous, faut éviter. C’est noble, la franchise, mais vaut mieux l’enrober d’un minimum de glamour. Les femmes se maquillent bien, elles aussi, pour arranger la nature. Pareil pour Roy. Il a préféré trouver un resto simplement présentable où oser dîner avec Guillemette à visage découvert.
— Alors Roy, maintenant qu’on a bien baisé et que t’as pu cacher ton mutisme derrière des caresses fort agréables au demeurant, va falloir que tu me dises des choses.
— Des choses ?
— Ben oui, on va pas dîner en silence.
— Ben non.
— Ben non. Et on va pas baiser en dînant.
— Ben non.
— Ben non. Alors va falloir que tu me dises des choses.
Roy sourit. Elle l’éblouit de plus en plus, cette meuf.

Résumé et petit avis :

Les pérégrinations de Raymond, surnommé Roy, un homme de 42 ans au visage ingrat et malmené par la vie, entre ses expériences de boxeur et d’homme de main. Quand il trouve l’amour en la personne de Guillemette, il croise aussi Xavier, son ex-fiancé. La rencontre entre les deux hommes tourne au drame et entraîne les amoureux dans une cavale riche en rebondissements.

Que voilà un premier roman remarquable de sensibilité et intelligence. 

Cabossé nous entraîne pour une cavale où la sensualité se mêle à l’aventure.

Des personnages à fleur de peau et émouvants auxquels on s’attache vite, qui nous font passer du rire aux larmes et ça fait du bien.

Un road trip troublant Lui Roy est taciturne, elle Guillemette est lumineuse. Il est bourru, elle est pétillante. Il est taiseux, elle est volubile !

Servi par une écriture concise, très « parlée ». Une écriture au cordeau, ciselée et rythmée, qui restitue le parlé de la rue et du quotidien et qui rend cette histoire bouleversante de vérité !

Un récit qui donne vie à deux personnages cabossés par les aléas de la vie.

Par leurs aventures, leurs histoires d’amour, ces cabossés nous touchent en plein cœur.

 Un roman inoubliable à découvrir de toute urgence !

De mon coté, j’ai surtout hâte de retrouver les mot (Les maux) de Benoit.

Tiens je l’appelle par son simple prénom, comme si nous étions familier. Pourtant je ne le connais pas. Mais là aussi je suis impatiente de le rencontrer et d’échanger avec lui !

Ces dames du Noir 11 : Conversation avec Perrine Savary (2)


Ces dames du Noir 11 : Conversation avec Perrine Savary (2) parrinee

Suite de notre conversation avec Perrine Savary

Sinon, pour retrouver notre premier échanges c’est …

Ici pour le 1er

Rappelez-vous ! Nous en étions restés là !

GVL : Ok, comment tu estimes ton projet de financement. Sur quels critères ?

Tu as donc un plan d’attaque, tu sais de quoi va être fait le programme de ton week-end ?

As-tu des obligations ? Travailler avec les écoles, les partenaires…

D’ailleurs quels sont tes partenaires ?

PS : Alors pour le financement la règle numéro un c’était quoi qu’il arrive rémunérer les auteurs et soigner leur accueil, et la communication.

Ensuite nous avançons avec plusieurs scénarios et on adapte en fonction des financements.

Bon le boulot m’appelle !

Faut que je te laisse, on reprend plus tard et je te réponds après.

GVL : Pas de souci. On reprend quand tu veux quand tu peux !

 

Perrine  revient vers moi, et alors nous reprenons notre conversation là où nous l’avions laissée la veille.

Je lui posais la question sur le financement du salon.

 

Pour les financements, c’est majoritairement la commune qui prend en charge, mais nous avons également des subventions publiques et du mécénat privé. L’accès au festival et les animations sont volontairement gratuites.

Pour la programmation, une fois qu’on avait la « formule » animations, tables rondes, interventions et rémunérations des auteurs », on s’est attaqué aux choix des thématiques des tables rondes.

On essaye de diversifier les sujets, généralement nos lectures nous donnent des idées. Parfois l’envie d’inviter un auteur en particulier déclenche une thématique, mais la plupart du temps c’est la thématique qui débouche sur le choix des auteurs.

Nous ne choisissons que des auteurs édités, qui ont une parution récente (2016-2017 pour cette édition voire fin 2015).

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Et bien sûr on se renseigne avant pour être sûrs qu’ils sont à l’aise en intervention, car écrire et intervenir sur un sujet n’est pas le même exercice !

Après seulement je décroche mon téléphone (tu vois je le décroche tard !) et d’ailleurs je dégaine plutôt le mail ou Facebook.

Et on construit comme ça le contenu des thématiques !

Pour les partenaires ce n’est pas une obligation en soi, mais c’est dans la culture de notre ville de travailler en réseau. Toutes les structures travaillent quasiment systématiquement ensemble, à petite ou grande échelle selon les projets. Nous sommes persuadés que le meilleur moyen de réussir c’est de mettre en commun nos compétences et de se soutenir les uns les autres en croisant nos publics. (Ça fait presque gnangnan mais ça fonctionne vraiment !)

C’est grâce à toutes les actions de médiation en amont avec les partenaires que nous touchons des publics qui spontanément ne viendraient pas à une manifestation littéraire.

Pour la (longue) liste de partenaires nous avons donc le centre socioculturel, le centre d’animation (y compris le projet jeunes et les Temps d’Activités Périscolaires), la ludothèque, les parents d’élèves, les écoles, les collèges, un lycée, l’Institut Médico Educatif, le réseau des bibliothèques de Caen la mer, la bibliothèque départementale, des bénévoles habitant fleury ou non, une association locale aussi l’UFAC qui propose des spectacles… et puis on est ouverts à plein d’autres (je ne reparle pas de Zonelivre ou de Fondu au noir mais ils comptent bien sûr énormément !)

En fait le festival c’est un vrai projet collaboratif, sans toutes ces initiatives on ne pourrait vraiment rien faire.

Et l’avantage c’est qu’ils n’ont pas tous un lien avec le livre, ils ont donc un regard très intéressant sur ce qu’on fait, ça nous permet de prendre du recul régulièrement.

Voilà euh j’espère avoir répondu ^^

Sinon après une fois la programmation établie (on en est là) il reste le budget à défendre et à tenir pour autant que possible arriver au scénario haut, la communication, la logistique, l’administratif (je suppose que ça ne surprendra personne si je dis que les auteurs et la paperasse ne font pas toujours bon ménage ^^ c’est une lutte de tous les instants !)

Ces aspects là sont nettement moins drôles il faut l’avouer, mais trouver comment loger, nourrir 40 auteurs sans en intoxiquer un allergique à la cacahuète c’est un défi que j’aime relever !

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GVL : Whaou t’es une nana super organisée

Visiblement tu t’éclates à faire tout cela ?

Racontes nous une peu dans quel état tu es avant le festival ? Ensuite pendant… Enfin après

PS :

Oh oui j’adore mon boulot ! Alors chronologiquement d’avril à mai je suis surexcitée, les idées fusent à cent à l’heure, On échange avec tout le monde, c’est très stimulant de voir le projet sortir de terre. De l’avis de mes collègues c’est une période où je suis dure à suivre parce que les choses bougent très vite et j’ai de nouvelles infos toutes les cinq minutes. En juin je suis moins enthousiaste, c’est la période dossiers de subventions. De juin à septembre je suis plutôt calme, Et après je commence à stresser ! A partir de décembre je suis intenable, entre excitation et angoisse. Et en février je suis une pile électrique ! Pour la première édition je n’ai rien vu passer, J’ai l’impression d’avoir couru un marathon et de ne pas avoir profité des auteurs en dehors du samedi soir. Cette année je me suis donné pour objectif de passer plus de temps avec eux et si possible de voir une ou deux conférences ! Et après j’ai ce qu’Ingrid desjours a appelé le « blues post festival » accompagné de la phase de bilan !

Et bien ça te fait une sacrée année tout cela ! Et tu arrives à gérer ? Ça et le reste ?

Globalement j’ai l’impression. J’ai une équipe de choc sur qui je peux me reposer au boulot, Et un mari en or qui me soutient et gère mes enfants quand je ne suis pas dispo. Le plus dur c’est de décrocher, Ça je n’y arrive pas. Je suis branchée en permanence sur mon ordi ou mon portable et la plupart du temps quand je ne suis pas sur écran j’ai un polar dans les mains ! Mais je travaille là-dessus !

Ça je le comprends, le boulot à la maison c’est mon quotidien. Même et surtout le week-end ou encore les vacances. Ca va être dur de t’en défaire.

Mon plus gros défaut c’est que dès qu’un projet me paraît intéressant je fonce, du coup je me retrouve parfois avec beaucoup de choses en même temps. En ce moment par exemple je prépare le festival plus les tâches de la bibliothèque, mais on a aussi une rencontre d’auteur en septembre, Et une avec Olivier truc en novembre (la veille d’un concours que je passe), Et nous devons attaquer la programmation de la bibliothèque pour 2017…

Je ne pense pas que j’arriverai un jour à me tenir aux horaires de boulot, je crois que c’est impossible pour une bibliothécaire en fait !

Je me plains de mon programme de rentrée mais le tiens est pas mal non plus, punaise !

Je crois que je m’ennuierai si c’était plus calme Je suis une hyperactive refoulée ! Ou pas refoulée je ne sais pas…

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GVL : Dis moi, tu me donneras les dates des rencontres, toutes les rencontres pour que je relais les infos sur notre page comité polar ?

Mais je n’y manquerai pas ! Nous avons déjà annoncé le prix jeunesse avec les auteurs qui seront présents. Il ne me manque que deux confirmations et nous travaillons sur les intitulés des conférences. Si tout va bien d’ici la fin du mois vous saurez tout ! Nous essayons de communiquer assez tôt, Je trouve ça frustrant d’attendre le programme pour savoir si je me déplace ou pas sur un salon.

 

GVL : Et toi qui croyais t’ennuyer en bibliothèque.

Oui comme quoi il y a des idées reçues tenaces, On me demande encore souvent si à la bibliothèque je lis toute la journée !

GVL : Et oui, souvent aussi on me dit, tu as de la chance, tu es payée pour lire toute la journée.

Dis-moi, y-at-il encore des choses que je devrais connaitre sur toi ?

Perrine : Oh probablement plein de choses inavouables, mais je pense que c’est déjà pas mal ! Tu as de quoi faire quelques chapitres de ma biographie !

GVL : J’ai quand même une question !

Vas y je t’écoute.

Ok je te la pose et tu réponds dans le 3e opus de cet entretien !

Ok

Comment ce projet de festival est né ? Et te serais tu cru capable un jour de mettre tout ça en œuvre ?

Bon ben Perrine répondra à cette question et sans doute à d’autres la prochaine fois.

Alors à très vite !

Et voici les coordonnées du festival pour tous les renseignements complémentaires.

Bloody.fleurysurorne.fr

Bloody Fleury

Festival du polar à Fleury-sur-Orne

bloody.fleurysurorne.fr

Et la page Facebook

Aussi

https://www.facebook.com/bloodyfleury/

Ces Dames du noir : entretien entre une bibliothécaire et une autre bibliothécaire Perrine Savary (1)


 

Voilà ça a commencé comme cela par un simple Message Privé.

Perrine m’envoie le programme de son prochain salon polar « Bloody Fleury »  et me demande :

« -Juste pour le plaisir de partager en avant première avec une collègue !

Tu me diras ce que tu en penses ^^…

Notamment sur les intitulés des tables rondes ce sont des premiers jets je vais travailler encore dessus »

Et nous avons commencer à discuter. Il est parfait son programme, j’ai pas grand chose à lui apporter à la petite ( je dis petite mais n’y voyez pas une quelconque mépris de ma part, non c’est affectueux, c’est tout). Quelques intitulés à revoir, version percutant, c’est tout !


perrineGVL : Mais dis donc, Perrine !

Il va falloir quand même que tu trouves le temps de me raconter tout cela. Comment on monte un tel événement. Comment on arrive à concilier vie de la bib avec un festival à préparer !

Perrine  Savary : Quand tu veux ! Par téléphone si tu veux, je n’ai malheureusement pas spécialement l’occasion d’aller à Paris prochainement

GVL : Par écrit quand tu pourras !

Perrine S. : Si tu veux j’ai une bonne demie heure ^^

GVL : Là maintenant ?

Ben il te faut te présenter.

Comment tu es devenue bibliothécaire. Quelles études ?

Tu as choisi ce job par défaut ou par passion ou encore… ?

Ensuite où as tu travaillé ?

PS : Ah mais c’est carrément un interview que tu veux ! Ok allons y. Alors j’ai 30 ans, je travaille à la bibliothèque de Fleury-sur-Orne depuis 6 ans, et je suis coordinatrice du festival. Avant de nous lancer dans le projet j’aimais les thrillers et je lisais assez peu de romans noir, après deux ans à travailler sur le polar je suis maintenant noir noir !

GVL : Etre une dame du noir ça se mérite lol ! Tu crois quoi ! 

A quoi consiste ton job ?

Mais avant Fleury ?

PS : Mon job c’est en fait plusieurs job en même temps. Je suis bibliothécaire, je m’occupe de gérer le programme d’animations, le budget, les acquisitions et la communication, avec mes deux collègues. Je travaille également à la construction du réseau lecture publique de Caen la Mer dont nous faisons partie, cela consiste à échanger avec nos collègues de l’agglomération afin d’améliorer nos services, d’échanger nos pratiques, de monter des projets ensemble. J’accueille aussi du public et ponctuellement des classes, et il m’arrive encore parfois de ranger, de faire des animations et des activités périscolaires aussi !

 Avant Fleury j’ai travaillé à la bibliothèque de Caen ou j’ai effectué une vacation ou je nettoyais la base autorité auteurs (passionnant !)

GVL :  » la base autorité auteurs », je ne comprends pas. Enfin si, mais mes lecteurs, c’est du jargon pro pour eux !

PS : Comme je les comprends !

Cela consiste à enlever les doublons afin que lorsque l’on fait une recherche sur le catalogue de la bibliothèque tous les livres du même auteurs soient « rangés » au même endroit et sortent ensemble dans les résultats

GVL : Avant quand tu étais étudiante , ou avant d’être à Fleury.

Juste avant j’ai eu un bébé, et avant j’ai travaillé un peu au Havre, d’abord sur des vacations au service public, ensuite sur un remplacement de congé maternité.

Et avant j’ai fais un DUT métiers du livre et de la communication et une licence pro en communication

GVL : Tu m’as dit lire du thriller. Mais comment tu es venue à lire des polars ?

Et puis qu’elle était la place du livre dans ton milieu famillial ?

D’ailleurs qu’elle était ton milieu familial ? Si c’est pas trop indiscret !

PS : Alors dans l’ordre inverse, mon milieu familial. Ma mère est fonctionnaire, elle a fait des études et adore lire, mais pas forcément du policier, plutôt de la fantasy, des essais ou des documentaires, notamment tout ce qui touche à la psychologie. Mon père lui est commercial et n’a pas fait d’études, il ne lisais pas jusqu’à il y a peu en fait, il s’est d’ailleurs mis au noir lui aussi. Mes parents sont divorcés et mon père à été marié à une femme qui dévorait les livres. Enfant j’allais à la bibliothèque toutes les semaines, et je dévorais !

GVL : Quand tu t’es destinée au DUT métier du livre tu savais avant que tu voulais travailler en bibliothèque ?

Mais comment le polar ou le thriller si tu préfère est rentré dans ta vie ?

PS : Très rapidement j’ai donc compris que les livres feraient partie de ma vie, et c’est naturellement que j’ai suivi la filière L. Quand je suis arrivée en DUT je ne voulais surtout pas être bibliothécaire, je voulais être dans l’édition.

Je pensais qu’on s’ennuyait en bibliothèque.

J’ai toujours eu tendance à lire un peu de tout, par curiosité surtout.

Je suis venue au polar spécifiquement lorsque l’on m’a demandé de travailler sur un projet de salon du livre. Je me suis posée la question de quel genre intéressait le plus mes lecteurs.

GVL : Tu ne lisais pas de romans policiers avant de penser au salon ???

PS: Et en creusant la question je me suis rendue compte que le polar avait énormément d’amateurs, de profils très variés. Ce n’est pas par choix personnel que l’on s’est orienté vers ce genre mais vraiment parce que les lecteurs nous ont mis sur la voix.

MAis !

J’en lisais si !

Mais je ne lisais pas que ça !

Alors que depuis deux ans je ne lis rien d’autre

GVL : Hahaha ! on dirait moi ! lol

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PS : D’ailleurs les lecteurs nous l’ont fait remarqué ! Il paraît qu’il y a beaucoup de noir dans nos acquisitions ces derniers temps je ne comprends pas pourquoi ? ^^

Mais bref je lisais du thriller donc avec notamment Karine Giebel dont j’ai dévoré tous les romans (avec un gros bémol sur les deux derniers).

GVL : Je me souviens, il y a 2 ans, tu « tripais  » les auteurs comme Karine Giebel, Ingrid Desjours….

Tu en es revenue ?

PS : Oui, j’aime toujours Ingrid d’ailleurs, j’attends avec impatience le prochain, mais globalement sur les thrillers je commence à voir plus facilement les ficelles, à trouver ça trop facile, sauf quand les personnages sont vraiment réussis

GVL : C’est des rencontres qui ont influencé tes choix ? Choix de lectures, choix d’auteurs ?

Oui énormément, quand on a commencé à parler du festival, j’ai contacté par hasard Sophie Peugnez qui écris dans le côté caen sans savoir qu’elle étais spécialisée polar (aujourd’hui je me demande comment j’ai pu rater une info pareille !)

On a tout de suite énormément sympathisé et échangé et elle m’a contaminée à la vitesse de la lumière !

Depuis je suis les conseils de Zonelivre et suis rarement déçue.

Et en cherchant des animations je suis tombée sur les docteurs polar, c’est comme cela que j’ai rencontré les « Fondu au noir » et Caroline, qui m’a elle plus convertie au roman noir d’ailleurs.

Enfin j’ai commencé avec le festival à travailler avec la librairie Eureka Street, et j’ai ainsi fait connaissance de Pierre Thomine, qui est (avec Bénédicte bien sûr), devenu mon libraire préféré ! Lui aussi est plus roman noir, je suppose que ça a joué aussi sur les découvertes

GVL : Fais gaffe tu vas devenir dinguo, ça fait 25 ans que je suis les conseilles de spécialistes et je ne m’en suis pas remise.

PS : J’ai bien peur d’être sur une pente glissante oui !

GVL :Tu n’as pas peur avec le temps de devenir trop élitiste ?

Ne plus avoir un regard de profane et choisir pour le plus grand nombre de lecteurs

J’adore ce que font les fondus au noir mais je les trouve trop exigeants parfois avec certains auteurs, avec certains titres !

PS : Je ne trouve pas que le roman noir soit spécialement élitiste personnellement. Il y en a bien sûr mais quand je lis du Cloé Mehdi ou du Benoît Severac par exemple je ne trouve vraiment pas que ce soit élitiste. Et dans le cas du festival je fais très attention à ne pas sélectionner uniquement des auteurs que j’aime.

GVL : Tu fais un vrai travail de bibliothécaire en sommes !

Et pour Cloé et Benoît je suis d’accord avec toi, j’ai adoré leur derniers bouquins.bsbscaclohe 

Tu sélectionnes mais tu penses à tous tes publics, tous tes différents publics.

PS : C’est exactement ça

et je suis très très vigilante à ne pas enfermer la programmation dans un style

GVL : C’est tout à ton honneur.

PS : Pour cela je visite d’autres festivals et je suis différents blogs (dont le tien bien sûr), cela me permet de dénicher des pépites même dans des genres que je n’affectionne pas particulièrement. Et je fais confiance aux lecteurs

GVL : Même avec les fôtes d’ortografe ?

PS : Même ^^ j’ai même tendance à en faire de plus en plus, je crois que mes neurones grillent avec les réseaux sociaux

GVL : Oui il est important de rester un simple lecteur même si c’est un grand lecteur § Ou lectrice pour nous !

PS : Par exemple pour le choix des auteurs qui parleront de la thématique « jusqu’où faut-il aller dans l’horreur », j’ai invité David Coulon et Gilles Caillot, mais je leur ai dit que je n’avais pas pu lire leurs livres. L’horreur me fiche la trouille !

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Par contre j’ai des retours de lecteurs, de blogueurs et de bibliothécaires qui m’ont aidé à les choisir !

GVL !: Le premier de David est un roman noir !

PS : Je t’avoue que ma PAL est tellement monstrueuse que je me concentre sur les derniers ! ^^ mais je vais regarder ça de plus prêt !

GVL : Oui toujours être à l’écoute et avoir la curiosité affûtée !

c’est la clé je crois !

Oui il nous faut aussi se faire une opinion par nous même.

Mais les retours de lecteurs c’est un bon moyen de voir ce qui a la cote ou pas !

Comme diversifié les sources !

C’est toi qui as choisi de monter un festival, ou ça vient d’une volonté d’un elu par exemple ?

11053119_1465249507101841_2990665066206793785_nPS : C’est le maire qui a souhaité monter un festival

L’idée du polar vient de moi

GVL : Alors comment on s’y prends pour monter un tel projet ?

PS : Par quoi commence-t-on quand on part de rien sauf de ses connaissance de l’édition?

Des envies

GVL : Des envies ?

PS : De celles du public d’abord, Et de celles des structures du territoire

GVL : Concraitement tu fais une sorte de sondage ?

PS : On ne voulait rien imposer aux partenaires du coup on s’est réunis autour d’une table et on a expliqué ce qu’on avait envie de faire. Chacun ensuite a donné ses idées

En même temps nous avons fais le tour de plusieurs salons pour s’inspirer

Les quais du polar ont été une source d’inspiration

GVL : QDP, tu m’étonnes !

Et une fois que tu as défini le contexte, tu décroches ton teléphone et c’est parti ?

PS : Ouh la non après nous avons rencontré des structures qui pourraient nous financer

Drac, région, crl, bdp, cnl…

GVL : Ok, comment tu estimes ton projet de financement. Sur quels critères ?

Tu as donc un plan d’attaque, tu sais de quoi va être fait le programme de ton week end ?

As-tu des obligations ? travailler avec les écoles, les partenaires….

D’ailleurs quels sont tes partenaires ?

PS : Alors pour le financement la règle numéro un c’était quoi qu’il arrive rémunérer les auteurs et soigner leur accueil, Et la communication

Ensuite nous avançons avec plusieurs scénarios et on adapte en fonction des financements.

Bon le boulot m’appelle

Faut que je te laisse, on reprend plus tard et je te réponds après

GVL : Pas de souci. On reprend quand tu veux quand tu peux !

Et merci déjà pour tout ça !

Tu l’as compris je veux tout savoir.

Belle fin de journée à toi !

Voilà ça à débuter comme cela. Mais c’est pas fini. On retrouve Perrine très vite pour la suite de cette conversation passionnante.

En attendant je vous laisse avec les coordonnées du salon Bloody Fleury…

Bloody Fleury

Festival du polar à Fleury-sur-Orne

bloody.fleurysurorne.fr

Et la page Facebook

Aussi

https://www.facebook.com/bloodyfleury/

Et pour vous faire patienter avant le prochain salon , Perrine vous propose un belle rencontre à Fleury sur Orne. Si vous êtes dans le coin mercredi prochain

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Quelque part avant l’enfer de Niko Tackian


 97823674020550-2540614 Le livre : Quelque part avant l’enfer de Niko Tackian. Paru le 5 mars 2015 chez Scrinéo. 20€ ; (317 p.) ; 22 x 13 cm

4e de couv :

Anna est miraculée.

Après un accident et deux semaines de coma, elle est toujours en vie. Est-ce la promesse d’un nouveau départ ? Une chance avec son fils et son mari de tout recommencer ?

Mais de l’autre côté, l’espace d’une infime seconde, alors que sa vie était suspendue à un fil, elle a vu le tunnel… une lumière noire, et un homme lui promettant de la tuer…

Il la poursuit encore.

Pourquoi l’a-t-il choisie comme témoin de ses crimes ?

Parfois, il vaut mieux ne pas revenir…

nicoL’auteur : De l’écriture à la réalisation, Niko Tackian s’exprime avec le même engouement au cinéma, en bande dessinée, à la télévision et dans les jeux vidéo. Il a écrit une vingtaine de films et réalisé Azad, primé dans de nombreux festivals à travers le monde. Après une minutieuse enquête sur le phénomène de la mort imminente, il écrit Quelque part avant l’enfer, son premier roman.
Extrait :
Le coma avait entre autres effets celui de vous faire perdre pied avec le réel. Soumis à une dose de stress colossale, l’esprit pouvait se fissurer, laissant passer toutes sortes de phantasmes inconscients entre les strates de la rationalité objective. Des blessures psychologiques dont la convalescence était bien plus longue que celle du corps…
Petits résumés et avis

Suite à un accident de voiture et après deux semaines de coma, Anna Rénucci , mariée et mère d’un petit garçon, échappe au pire. Mais son expérience de mort imminente ne lui apporte pas le réconfort d’être en vie. Au contraire, elle a la certitude d’être en danger, menacée par un mystérieux homme en noir qu’elle a aperçu de l’autre côté. Un être maléfique qu’elle a croisé dans son inconscient et qui lui a promis de la tuer. Sortie du coma elle devra livrer une lutte quotidienne contre les démons qui la poursuivent.

Un thriller psychologique prenant qui traite avec brio le thème de la mort imminente. Car l’auteur a su parfaitement nous décrire et nous expliquer l’EMI sans que cela nuise en quoique ce soit à l’histoire.
Il nous propose un très bon polar au rythme haletant et soutenu. Il nous entraîne  sur des fausses pistes. Nous embarquons dans une  l’ambiance  noire, très noire, une atmosphère poisseuse presque malsaine.

A travers les différentes Expériences de Mort Imminente que l’auteur nous décrit, il nous plonge dans celle particulièrement douloureuse de notre héroïne. Et il nous retranscrit à la perfection ses angoisses. Angoisses que nous partageons et qui fait monter crescendo la tension en même temps que notre rythme cardiaque.

De plus Niko Tackian a émaillé son roman de scènes de crimes monstrueuses. Il lui fait prendre des allures surnaturelles aux limites du fantastique. Pour autant il a particulièrement soigné la psychologie de ses personnages.

Et tout ses ingrédients mêlés, nous prennent aux tripes. Ils nous poussent à vouloir connaitre la suite, à découvrir le coupable. Et à la fin ils rendent le dénouement hallucinant.

Un titre qui devrait plaire aux amateurs de purs thrillers.

 

Lire le début de Quelque part avant l’enfer

97823674020480-2478831Avec une préface de Franck Thilliez

J’aime, de temps en temps, lire le premier roman d’un auteur, sans doute parce cela me rend quelque peu nostalgique d’une époque qui s’éloigne chaque année un peu plus, mais aussi, simplement, parce que j’aime découvrir une plume et l’homme qui se cache derrière. Quelque part avant l’enferfut une magnifique découverte.
J’ai immédiatement ressenti, à sa lecture, cette atmosphère qui me plaît tant, faite de mystère, de suspense, avec l’impression que petit à petit, les pièces se mettent en place pour nous révéler une histoire surprenante.
Le thème principal du livre, les fameuses EMI (Expériences de Mort Imminentes) m’intéresse également beaucoup. Que se passe-t-il sur la frontière entre la vie et la mort ? Qu’ont vu ceux qui ont franchi la frontière et sont revenus ? Le voyage de l’autre côté peut-il transformer notre existence dans le monde des vivants ? C’est sur ce thème passionnant que Nicolas  Tackian construit sa trame et nous entraîne dans l’univers d’un personnage attachant, Anna, qui survit à un terrible accident de la route et va être entraînée dans une spirale infernale. L’auteur, scénariste, sait raconter des histoires et maîtrise à la perfection les codes du genre, ce qui nous donne l’envie irrésistible de tourner les pages. C’est ce que j’aime dans un roman, prendre du plaisir à la lecture avant tout. Quelque part avant l’enfer est un premier roman abouti,
une belle réussite et j’espère que Nicolas Tackian ne nous privera pas de nouvelles histoires que j’attends déjà avec
grande impatience !
Franck Thilliez

Ces dames du noir 2 : Dialogue entre bibliothécaires


Conversation entre une bibliothécaire et une autre bibliothécaire.

Ces dames du noir-haida

 Laure Bertrand est bibliothécaire à Marseille . Pour la bibliothécaire parisienne que je suis c’était juste une aubaine…

 Alors comment ne pas provoquer l’affrontement ?


GVL : Laure peux-tu te présenter en quelques mots ?
 536479_3734616293931_718369441_nLaure :  En quelques mots : Laure Bertrand, née le 11 septembre 1964… mariée avec le même bonhomme depuis 25 ans (et je veux bien signer pour les 50 prochaines années), 2 enfants.
 GVL :  OK, moi ce que j’aimerai c’est que tu me parles de toi et de tes lectures? Petite, tu lisais beaucoup ?

Laure B : Enfant, j’étais pas une grande lectrice.. Fallait bien que je me démarque de cette famille de dévoreurs. Ma mère était bibliothécaire bénévole pour lancer, avec quelques copines, la bibliothèque de notre ville. Quand la BM a été lancée et qu’une professionnelle a été engagée,  elles se sont elles désengagées. Par respect pour le métier.

A l’époque, j’étais complètement réfractaire à la prescription (surtout celle de mes parents). Je me suis régalée pendant des années à lire et re-lire tous mes “Oui-oui”, puis les romans de la comtesse de Ségur, puis les Alice de Caroline Quine… Où j’ai attendu en vain que Ned, il lui fasse son affaire, à la petite Alice.

GVL : Ah on a au moins un point commun nous n’étions pas vraiment de grandes lectrices à l’époque .
Mais le roman policier là-dedans ?

LB : Premières lectures de romans policiers : schéma classique avec Agatha Christie. C’était pas les aventures d’Hercule Poirot qui me plaisaient le plus, mais “L’homme au complet marron”, “Rendez vous à Bagdad”, “Meurtre au champagne”. Sûrement parce qu’il y avait quand même une histoire d’amour aussi. Je me souviens aussi du “Train de 16h 50” et de ce meurtre dans un train dont est témoin une vieille dame qui elle est dans un autre train qui va dans le même sens. J’avais trouvé cette intrigue très maline.. Maintenant encore, c’est à ce livre que je pense quand je me retrouve aussi dans la même situation (euh.. sans le meurtre, hein ?). Ah et puis aussi, nuit blanche absolue en dévorant “10 petits nègres” en vacances, dans une vieille maison qui craquait de partout. De trouille, j’ai fini ce qu’il restait de nuit dans le lit de ma soeur.

GVL : Une histoire de famille donc ?

-Oui

Mon grand-père était un homme érudit (normalien), mais il aimait aussi les mauvais genres. J’ai rapidement trouvé dans ses collections des merveilles de recueils de nouvelles policières, noires et américaines..

Papa m’a mis dans les mains les romans noirs de James Hadley Chase.. , j’ai tenté Manchette, mais c’était pas trop mon truc… C’était un peu duraille comme lecture.. J’étais sans doute trop jeune.

 GVL : Et après ?

-Après, j’ai dû me mettre au thriller. Parallèlement, j’ai découvert les romans de Patricia Wentworth, de Dorothy B. Hugues. Toujours dans les bibliothèques familiales. Et puis les premiers Mary Higgins Clark, et puis les thrillers médicaux de Robin Cook, et puis “le silence des agneaux”. Et puis j’en ai eu marre de ces auteurs qui inventaient tous les moyens possibles et imaginables de découper les bonnes femmes en 15, en ayant pris soin avant de les enfermer dans une cave, avec la rigole de sang, les chaines et les menottes.

Adulte, je me suis délectée avec la collection “Grands détectives” chez 10/18. Les Anne Perry (plutot Monk que Pitt) ; puis les Japp (plutôt les “Gloria Parker-Simmons” que les “Kay Scarpetta”), les Vargas (plutôt les “4 évangélistes” que les “Adamsberg”), les Donna Leon, aussi.., et puis petit à petit doucettement, je me suis installée dans le noir, les noirs.. Tony Hillerman, Arthur Upfield.

GVL : Quelque a été ton parcours  ?

. J’ai fait un bac musique, et après ça, j’avais pas du tout envie de me lancer dans une carrière de … prof de musique, avec le passage obligé  par la case  “dépression nerveuse.” Par manque d’idées, j’ai suivi le chemin de ma soeur aînée, et j’ai fait … droit… J’ai quand même décroché une licence mais j’ai capitulé à la Maîtrise…. Et là non plus je me voyais pas du tout faire carrière là dedans… Déja mes con-disciples m’avaient sérieusement chauffée.. Je me voyais plutôt dans des carrière sociales, parce que j’aime les gens..

GVL : Peut-on dire Laure qu’à ce moment là, tu voulais devenir bibliothécaire ?
  • Heu, non

  • On peut dire que j’y suis tombée par hasard

En fait j’ai eu beaucoup de bol. Dans ma ville natale, ils avaient besoin d’une employée de bibliothèque, et voilà, ça a été moi. J’ai eu aussi un bol énorme de tomber sur une responsable de section (adultes), qui était une vraie pro, et qui avait un sens de l’accueil hyper développé. En fait, je me suis calquée sur elle : sa bonne humeur, son sens de l’écoute. Elle restait pas bêtement assise sur sa chaise : elle accompagnait les nouveaux inscrits pour leur présenter les lieux… ça a l’air bête, mais c’est tellement important…

GVL : Tu as raison , l’accueil c’est la base, le sourire et l’amabilité aussi (rire)
Tu as travaillé longtemps dans cet Bibliothèque Municipale ?

LB : Je suis restée dans cette BM de 1988 à 1999, avec une sale période de 1995 à 1999, avec le FN à la mairie.

GVL : ah oui çà a du être une sale période là ?

LB : Sale période, mais qui m’a beaucoup appris sur moi, sur le métier, sur les humains capables de faire des trucs minables. On dit que c’est dans les moments de merde qu’on apprend le plus..

GVL : Tu peux nous expliquer cette experience qui a du être douloureuse ?
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(Photo Arthur De Pins)

LB : Y’avait d’Abord une sale ambiance de délation entre collègue, de suspicions; À l’époque du FN, moi,j’étais en discothèque .. C’était moyen niveau déontologie. J’ai dû feinter pour acquérir certaines musiques :  le maire m’ avait interdit d’ acheter du Rap, du Raï, du Reggae.. J’ en achetais quand même .

 GVL : Perso je trouve que c’est un actes de résistance.
 Peux tu aussi parler justement des vétos que mettait la mairie et le directeur nommé par la mairie je suppose ?

Ni rap ni raï ni Reggae (les 3 R).. C’est le maire en personne qui est venu dans MA discothèque pour me le dire. C’était en 1995 (ou 1996)

  GVL : On peut dire que tu trouvais des subterfuge pour quand même acheté les doc et les disques blacklistés ? Comment s’exprimer les vétos de la mairie en question ? Y avait-il des artiste des genres interdits ?

 Oui.. Jusqu’à ce que je me rende compte que c’était pas possible de travailler dans ces conditions : soit j’obéissais et c était pas possible .. Soit j’obéissais pas.., et mes usagers voyaient des titres, des artistes engagés ou n’obéissant pas à la ligne du FN , savaient pas mes stratégies de détournement et pouvaient donc penser que le FN était un parti Open.. Et donc pas possible non plus…

  Il m’avait dit qu’il m’interdisait de les acheter.. Pas décrits

GVL : Pas d’écrits ?

Laure : Pas d’écrit, pas de note de service. Juste des paroles ? Oui  Mais très clair !

GVL :  Punaise je me vois mal travailler dans ces conditions.

 Il s’est deplacé avec le 1er adjoint. Une armoire à glace.. Qui faisait peur

GVL : De l’intimidation en quelque sorte ?

 Oui tout a fait

 Mais sur moi, ça ne marche pas

 Je me souviens.. On était abonné à une revue de rap « l’Affiche.. Et la revue était DANS la discothèque . J’avais qu’une peur, c est qu’ils la remarquent… Quand ils sont partis.. J’ai eu un gros soupir de soulagement ..

 Et pour les autres secteurs : en adultes, ils avaient l’obligation d’acheter des merdes publiées au club de l’horloge.. Des espèces de fascicules, même pas des livres.. C était agrafé au milieu, tu vois.. ADG, l’auteur de polars, était encensé (du coup, à la BDP, j en achète plus). En BD, c était les Éditions du Triomphe (pareil)

 GVL : Et maintenant, tu fais quoi ?

 logo BMMLB : Donc aujourd’hui : je travaille toujours à la BDP des Bouches-du-Rhône… Je suis responsable des acquisitions en “mauvais genres”… romans policiers, romans de SFFF (Science-fiction, Fantastique, Fantasy), et Bandes dessinées adultes.

GVL : Ah nous y voilà , on y revient …

 Les mauvais genres, c’est vraiment mon truc. J’adore découvrir des pays, des gens, des sociétés, par l’intermédiaire de ces lectures, sans me prendre la tête, sans avoir à me farcir un bouquin de sociologie que je ne lirai pas, écrit par un universitaire reconnu qui me laissera sur le carreau au bout de 2 lignes.

 Tu peux m’en dire plus sur ta Fonction actuelle ?  BDP ça veut dire quoi, nos lecteurs eux ne savent pas ?

11129865_10206965221358966_1218459683_nBibliothèque départemental de prêt .. On dépend des conseils départementaux (conseils généraux d’avant la réforme ).

 Les missions des BDP…. pfffou créées en 1945.. 1 par département.. chargées de maintenir une offre documentaires aux BM du réseau départemental (communes de – de 10000 ou 15000 h.) + formation des bénévoles et professionnels + aide et appui technique à la construction, l’aménagement, l’informatisation + …

http://www.adbdp.asso.fr/spip.php?article732

GVL : Super donc si je comprends bien tu choisis les polar et les mauvais genres pour la BDP donc pour toutes les bibliothèques municipales du départements des communes de – de 10 ou 15000 habitants?

Laure :  oui…

GVL : Ca fait combien de biblio, alors ?

 ouaip : le réseau = 95 bm ( Bibliothéque Municiple) , + des asso. (association). enfin plutôt une asso.. pas facile pour les bibthecaires bédépistes d’ingurgiter l’idée de travailler avec des asso

 les asso, c’est le MAL !!! enfin pas pour moi… j’ai beaucoup appris en travaillant avec cette asso justement

 GVL : bibthecaires bédépistes ? c’est quoi ?
Et que t’as apportée le partenariat avec ses assos justement. Et c’est quelle genre d’assos ?

 Laure :  1  bibliothécaires travaillant en BDP … on nous appelle, ou plutôt on s’auto appelle les bédépistes…

  1. l »asso en question, c’est l’ACELEM

 http://www.acelem.org/site/

   L B  : Association Culturelle d’Espaces Lecture et d’Ecriture en Méditerranée : 7 espaces lecture répartis sur le territoire marseillais.. au pied des cités HLM.. dans les « quartiers ».. leur but : donner aux enfants, aux grands, aux habitants le goût de lire et d’écrire

11354858_10206951778702908_1348987480_nLB : il faut savoir que le territoire marseillais est « pauvre » bibliothèques… il n’y en a que 8… et pas dans des « quartiers sensibles ».. A la suite d’un accord avec la mairie de Marseille, c’est donc l’asso qui a pris ça sous son aile…. et pourquoi je les aime ? parce qu’ ils font les choses avec intelligence, humanité, sans angélisme non plus.. mais sans catastrophisme.. Ils agissent et réfléchissent en même temps.. ils font pas de la théorie à la petite semaine.. Ils ont des résultats.. ils ont plein d’idées.. ils motivent tout le monde.. bref… je les kiffe grave

GVL : Chez nous un bibthécaire c’est un ou souvent une bibliothécaire avec des vues du métier plutôt étriquées … (rire)

LB : Ah ben Zut, moi, j’utilise le terme bibthécaire par contraction, pour pas avoir à taper bibliothécaire…

 GVL : Que lis tu aujourd’hui ?

L B : En tant que lectrice de polars : j’élimine directement (merci les 4ème de couv. ) : les viols, (sur enfants ou sur femmes), les séquestrations, les tortures, les rigoles de sang. Donc : plus de thrillers. Les auteurs de noir qui se complaisent dans ce genre de descriptions nauséabondes, j’évite aussi (au revoir, M. Férey). Suffit que je sache, en tant que bibliothécaires que ce genre / ces auteurs existent, sont lus, sont aimés.. Je les acquiers pour la bib, mais je les lis pas..

– dans les autres genres de polars que j’acquiers pour la bib mais que je ne lis pas : le polar ésothérique, les romans d’espionnage, les polars historiques, les polars “régionaux”, les polars sentimentaux (Nora Roberts et autres) …

 GVL :  Tu vois je suis plus éclectique que toi, je lis aussi des thrillers bien gore, de l’espionnage, du polar historique j’adore je suis “la référence du polar ésothérique” ( (rire)et parfois du romantic thriller, enfin si je peux eviter…Mais bon Revenons à nos moutons…Tu lis quoi alors ?

LB : – Je lis en priorité : les nouveaux éditeurs (mais pas tous les titres, sinon je m’en sors pas), les nouvelles collections, les polars où les SDF sont dans le coeur de l’action… C’est avec la thématique des SDF que je suis tombée sur l’Heure des fous / Nicolas Lebel. Ouche.. là, il m’a vraiment étonnée le bonhomme.. C’est le roman que j’ai le plus conseillé autour de moi, celui que j’ai le plus fait lire, et celui que j’ai le plus offert. Un an après l’avoir lu, je l’ai relu, histoire de voir si il tenait la route après une deuxième lecture. Et oui…

GVL : Alors si c’est Nicolas, je n’aurai rien à rajouter… Sinon tu me parles de nouveaux éditeurs, nouvelles collections, nouvels auteurs …Tu peux présicer ?

  LB : – Nouveaux éditeurs :

bmirJe suis tombée sous le charme des Editions Mirobole. Graphisme de la couverture qui se démarque adroitement des couleurs habituelles du genre (noir et jaune), audace des éditrices qui vont ds des territoires vierges (Pologne, Turquie…), et puis 2 collections “Horizons pourpres” pour le fantastique et “Horizons noirs” pour le polar… , et puis beaucoup d’humour dans les romans qu’elles choisissent de traduire (ou de faire traduire).

bs8J’ai fini de lire dernièrement “Dernier meurtre avant la fin du monde” / Ben H. Winters.. aux éditions Super 8. Roman noir, toujours, qui se situe dans un monde futur où on sait que la fin du monde, c’est prévu dans 6 mois (pour cause de collision entre une astéroïde et la Terre). Un suicide qui pourrait être un meurtre, et un flic qui veut quand même faire son boulot de flic, même si dans 6 mois, y’aura plus personne sur Terre, et une société qui se délite… bref la peinture d’une société..

GVL : Je suis comme toi, tombée en amour pour ces deux nouvelles maisons d’éditions

 LB : Je viens de finir “Le Chagrin des cordes” de François Weerts aux éditions Delpierre. C’est son 2ème roman, après “les sirènes d’Alexandrie”, paru en 2010, que j’avais beaucoup aimé.. Ce que j’ai aimé dans “le Chagrin”, c’est le style de l’auteur quand il décrit Bruxelles, l’usine, la forge, toutes les pages sur le rock, les Rolling Stones et les envolées de Mick Taylor (ça donne envie de réécouter les albums des Stones de l’époque), ce que j’ai moins aimé c’est le reste… J’ai un peu l’impression qu’il a voulu courir un peu trop de lièvres à la fois….Et en ce moment j’ai  romans sur le feu : Cannibal tour d’Anouk Langaney (un grand momont hylarant) ; Le mystère des livres de Ian Sansom. Trèzs drôle également et puis ça parle de bibliobus, alors je me trouve en terrain connu. Dernier roman : L’instinct du Troll de Jean-Claude Dunyach. C’est un roman de fantasy (je te rappelle que je ne m’occupe pas QUE de polars)

GVL Tiens un auteurs que tu me fais découvrir, habituellement c’est mon rôle ça … hihi.
D’autres auteurs donc tu voudrais me parler ?

LB : Ah ben oui…et comment !

bialot Car…Avec tout ça, voilà que je m’aperçois que j’ai pas parlé de Joseph Bialot. Exceptionnel, Bialot… D’abord, un type exceptionnel. L’était passé par les camps de la mort dans son jeune temps, et puis il a écrit des romans de littérature blanche, et des polars. Dans ses polars, on trouve toujours une scène qui évoque Auschwitz mais sans s’appesantir. Et puis beaucoup d’humour dans Bialot.. Oui parce que, j’adore quand il y a de l’humour dans les polars.

 BPOUYFaut aussi que je parle de Pouy. Il mériterait un Goncourt ce garçon. Un grand écrivain, Pouy. Non seulement il écrit des polars, des vrais polars avec des intrigues qui se tiennent, mais en plus, dans chacun de ses polars, il s’oblige à une contrainte littéraire. Je crois que Pouy fait (ou a fait) partie de l’Oulipo.. Pouy, on devrait l’étudier en classe..

17131565932_dfed8bfa50 (1)Et puis faut que je parle de Jeanne Desaubry. Cet été j’ai lu “Poubelles girls”. Et c’était un concentré de tout ce que j’aime trouver quand j’attaque un polar : le regard tendre d’un auteur, des personnages atypiques qui n’auraient jamais dû se croiser, de l’humour, de l’amour, de la joie et des larmes… Jeanne Desaubry tiens aussi un blog.. Mais elle est trop gentille.. Elle aime tout..

Ma petite chronique de Poubelles Girls ICI : 9782370470522,0-2144471
GVL : Ben tu me fais Plaisir là, quelle fougue à défendre nos genres de prédilections.
Sinon d’autres choses à rajouter ? Un coup de gueule, un coup de Coeur…

LB : Mes coups de gueules… je n’aime pas du tout (du tout) les polars « écrits avec les pieds »… : incohérences, « lourdeurs de styles », les foutages de gueules, peut-être, ou bien des manques de relecture.. Ex des incohérence, dans un polar que vous avez beaucoup aimé : le Marpeau « Et ils oublieront la colère ».. A un moment.. je crois que c’est dans le dernier 1/3 : t’as l’auteur qui se plante dans les prénoms.. (c’était une histoire d’usurpation d’identités), et du coup qui s’auto-spoile.. j’ai dû relire la page 3 ou 4 fois pour être sûre.. : on était censée parler du comportement du personnage principal (la petite fille de la tondue), le prénom utilisé, c’est celui de la grand-mère (la tondue) censée être morte depuis des années.. ça m’a foutu le reste de la lecture à l’eau.. Donc j’aime pas. Surtout pour un bouquin édité chez Gallimard, merde..

Dans le chapitre « lourdeurs de style » : j’aime pas quand les chapitres des bouquins sont TOUS écrits de la même manière.. Comme dans « la compassion du diable ».. à la fin de chaque chapitre, bing, un cliffhanger… Et puis sur le sujet du serial killer Dahmer, j’avais lu BEAUCOUP MIEUX avec cette BD là :

 http://www.pearltrees.com/t/bd-reportage-documentaire/a-propos-mon-ami-dahmer/id13747304

Dernier coup de gueule en date : Retour à Watersbridge.. C’est un mauvais polar, et un mauvais western.. n’est pas Elmore Leonard qui veut

 sinon en polar, mes derniers coups de cœur lus en 2015, c’est : ça : http://www.pearltrees.com/laurebertrand/mention-tres-bien/id13900754#item145525107

 et ça : http://www.pearltrees.com/laurebertrand/mention-tres-bien/id13900754#item141056837

En 2014, ça a été ça : http://www.pearltrees.com/laurebertrand/mention-tres-bien/id13901961#item141077112

 En 2013 : « Des Nœuds d’acier », « Etranges rivages », « L’Heure des fous » (++++), « En revenant de Tiananmen »….. en 2012 : bon cru, 2012 : notamment grâce à « Mortelles voyelles » et à l’excellent « L’enfer commence maintenant »

Et puis je veux  évoquer la thématique SDF. Elle me tient à cœur !! En fait, je suis très touchée quand nos auteurs polar évoquent les SDF, les clochards. Le SDF, c’ est un personnage emblématique de nos sociétés. On les croise partout dans les villes et justement on les croise. C est des ombres. On en oublie leur humanité. Des hommes en lambeaux, pleins de trous. Les auteurs de polars n’ en font pas leurs personnages principaux, mais ils sont des personnages clés dans les histoires. Le premier que j’ai « croisé », c’était le crieur de rue dans « Pars vite et reviens tard » de Fred Vargas. A un moment, j’ai eu l’ impression que le personnage échappait à l’auteur.. Ou plutôt que l’auteur était séduite par ce personnage, jusqu’à ce qu’il prenne bcp de place , jusqu’à ce que Vargas s’aperçoive, aux 3/4 du bouquin que zut elle était entrain d’écrire un polar.. Très curieux comme sensation de lecteur. Le deuxième, c était le clochard de « un bateau plein de riz » de Alicia Gimenez Bartlett où le rêve du clochard, c’ est de s’offrir un bateau, un gros, de le remplir de riz et de partir pour nourrir tous les peuples de la terre. Elle est pas belle cette image ? Le troisième, c’est le / les SDF de l’Heure des fous de Nicolas Lebel. Terrible cette évocation de ce type recalé à La Sorbonne pour cause de passe-droits.. Terrible aussi cette évocation du « Debout les damnés de la Terre ». Le quatrième roman dont je veux parler, c’ est Mortelles voyelles / Gilles Schlaesser. C’ est dans un camp de SDF que commence l’enquête du journaliste. C’est par l’intermédiaire de l’un d’entre eux et de son improbable valise que se jouera l épisode clé de l’histoire (la découverte d’un curieux cahier ).. Le reste de l’histoire est une aventure littéraire dans le monde des mots, des figures de rhétorique, de la littérature .

 Pour les coups de gueule encore : je n’aime pas les romans « biphasés » : une partie très bonne, l’autre partie très mauvaise… pas encore lu de polars franchement biphasés.. Mes exemples en littérature blanche : Au revoir la-haut / Lemaître : 1ère partie (1ère guerre mondiale) : très bonne. 2ème partie (l’après guerre) : outrancière, caricaturale, mélo.. nulle, quoi.. 2ème exemple : la vérité sur l’affaire Harry Québert / Dicker.. : tout ce qui concerne la vie à l’université : très bon (on retrouve le style, les atmosphères de John Irving).. tout le reste : au mieux lourdingue, au pire ; à fuir.. J’aime pas quand les auteurs font « genre polar » parce qu ils savent que ça plait le polar, parce qu’ ils pensent que comme c’est une littérature « de genre », ça doit être fastoche, et ils se plantent et ils écrivent de la merde (mais y’a que les lecteurs de polar qui s’en rendent compte)

Quelque chose me dit que je t’ai assassinée… C’ est pas bien de ma part.. T’avais l’air sympa comme tout et je te tue à coups de mots .. (Rire sardonique)

GVL : Non, non, ça va, je suis encore vivante, bien que ! (rire, mais jaune cette fois, non je rigole)
Ben dis-moi…Tu as des avis très tranchés, je t’imagine au comité de lecture polar. Whaou, là, tout de suite, je crois qu’on s’égosille à essayer de se convaincre ou alors qu’on se zigouille …
Aller…J’avais une dernière question. Comment vois-tu l’avenir de notre beau métier ?

 Laure : J’ai des avis très tranché en tant que lectrice .. En tant que bib.. Je suis trèeeeees à l’écoute … Mais j’ai pas de blog. Justement parce que je sais pas quelle casquette je devrais prendre

L’avenir de notre métier …

On est entrain de se décloisonner.. De prendre enfin des uns et des autres.  Alors l’avenir des bibliothèques ,, pffffffou.. J’ en sais rien, moi, j’ai pas ma boule de cristal sous la main.. Mes craintes, c est que les super manager prennent le pouvoir ds les bib, et qu’ils arrivent à nous persuader que nos collections, nos savoirs de la collection, notre connaissances des
publics, notre bienveillance à l égard des publics, nos efforts pour mettre ces collections à disposition des publics, nos animations … sont des activités « chronophages », de peu de rendement, qu’il faut donc les réduire, ou mieux les supprimer… Mon espoir, c est quand je vois les jeunes générations de bibliothécaires (à mon âge -50 ans- et après + de 25 ans de carrière, je peux dire que ceux qui arrivent sont des « petits jeunes ») pleins d’enthousiasme, got_light_5pleins d’idées neuves (les  grainothèque (2), les fablab (1), les playlist), pleins de bonne volonté pour multiplier les chemins vers la connaissance, le partage, le « vivre ensemble « .

Mon espoir, c’est aussi ce groupe Facebook « tu sais que tu es bibliothécaire quand …  » qui est une belle agora de tout ce qui se fait dans les bibliothèques d’aujourd’hui. Dans toutes les bibliothèques, quel que soit son type ( Bm BDM, BU, classées, CDI  BPI…), avec toutes les catégories de personnel et dans les pays froncophones. C est un groupe qui accueille en son sein, qui écoute, conseille tout le monde des bibliothécaires : de l’étudiant qui aimerait bien un jour faire partie de la communauté, au bibliothécaire retraité, en passant par ceux qui passent les concours et qui ont besoin de savoir à quel type de questions ils peuvent s’attendre.. Je fais partie de ce groupe depuis un an. Je me demande aujourd’hui comment j’ai pu me prétendre bibliothécaire avant…

GVL : On a fait le tour de la question, non ?

 Laure : C’est pas trop lyrique ? Des fois je m’emporte.,,

GVL : C’est parfait chère Laure. Bon j’espère que notre entretien ne sera pas trop long…Qu’il n’a pas lassé nos lecteurs…Mais moi j’adore.
Juste. Quel est ton mot de la fin. Un mot, un seul !  Ou une expression tout au plus.
Pour conclure quoi !

 Laure : Ma PAL croule.. Si je fais un blog un jour, il s’appellera « ma PAL croule »

 Mauvais genres for ever..

 C est mieux peut être (le mauvais genre for ever)

 GVL : Merci Laure pour toutes ces confidences. Je suis heureuse d’avoir fait ta connaissance. 

    Ben moi aussi ma p’tite Geneviève !!

NDLR : (1) : Un fab lab (contraction de l’anglais fabrication laboratory,« laboratoire de fabrication ») est un lieu ouvert au public où il est mis à sa disposition toutes sortes d’outils.

NDLR : (2) Une grainothèque ? Mais qu’est-ce que c’est ? Une boîte remplie de petits sachets de graines biologiques, de variétés reproductibles, accessible à tous gratuitement… Vous êtes invités à y déposer un sachet de quelques graines de légumes, de fleurs ou d’aromates, sur lequel vous inscrivez le nom et la variété, la provenance, ainsi que la date de récolte des graines. En retour, vous en choisissez un pour vos plantations. Troc utile et riche de découverte ! Ainsi, en laissant quelques plants monter en graines, vous refaites vos semences d’année en année et vous les échangez à nouveau pour que ces variétés perdurent ! Afin de favoriser les échanges de graines biologiques, locales, reproductibles et non hybrides, et pour préserver des variétés menacées.

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Ces dames du noir 1 : Conversation entre une libraire et une bibliothécaire.


Ces dames du noir-haida

Depuis trois mois je vous abreuve de retours de lecture. Certains, d’entre vous, trouvent que c’est trop. Ils n’arrivent pas à suivre…Mais cela fait tellement longtemps que je rêve ce blog.

Alors pour ne pas tous vous saturer, hein Vincent, je vous propose une nouvelle rubrique. Je vais essayer de vous présenter « ces dames et le polar ».

Conversation entre une libraire et une bibliothécaire

11216465_10206890763256882_1800935897_nEt pour la première c’est Lucie Merval qui a, gentiment, accepté de jouer les cobayes.

Lucie a tellement de casquettes que cela m’a paru une évidence : libraire, chroniqueuse, passionnée de roman policier, grandes lectrices…..

Lucie est Libraire depuis 2009 en Seine Maritime près de Rouen

Voilà, ça a commencé comme ça

-Salut ma belle. Tu serais partante pour une petite interview pour mon blog ? Des bises et bon dimanche

– Coucou ma Geneviève,

Rooohh mais c’est trop d’honneur ! Une interview rapport à quoi ? Oui, pourquoi pas
Merci .  J’attends de tes nouvelles.

Bon dimanche. Gros bisous

-Bien, comme fan de polar et un peu libraire quand même. Tu me raconteras comment tu es tombée dans la marmite

– Yeeessssssssss. J’attends tes questions
Merci !!!

-J’aimerai plutôt que ce soit un peu comme un dialogue, genre entre la libraire et la bibliothécaire …. Tu en penses  quoi ?  C’est moins figé que des questions déjà toutes prêtes auxquelles tu risques d’avoir déjà répondues à la question d’avant, non ?

– Oui, ça peut être intéressant. Dis-moi comment tu veux procéder. Je vais me refaire un café pour être au top hihihi.

Aller place à une …
Conversation entre une libraire et une bibliothécaire.

Geneviève ( GVL) : Alors Lucie, comment on décide de devenir libraire quand en est petite fille ?

Lucie (LM) : Petite fille, je ne pensais pas devenir libraire. J’ai toujours aimé les livres mais ce n’était pas encore devenu une évidence pour moi. J’avais d’autres projets… Une rencontre a changé ma vie quand j’étais étudiante et là, ça été la révélation !

 GVL :Mais avant de me raconter cette rencontre, les livres étaient-il présent dans ton enfance.

Lucie :

Oui, dès toute petite, ma mère m’a transmis son amour des livres. J’ai commencé à récupérer toutes ses livres et puis au fur et à mesure, avec les années, à faire mes propres choix littéraires. J’adorais les vides greniers pour trouver les club des cinq, les six compagnons qu’il manquait pour compléter ma collection…

GVL :

Club des 5, Les 6 compagnons, voilà des lectures que nous avons en commun. Donc tu baignes dans les bouquins, mais après, quelque direction prends-tu ? Que veux faire la Lucie adolescente ? Le livre a-t-il toujours aussi d’importance ?

Lucie :

Le Club des cinq, les six compagnons, ce sont des incontournables intemporels ! Le livre était toujours présent au quotidien, des classiques, des romans policiers, des essais… Mais il faut plancher sur les devoirs, sur l’avenir… Et puis d’autres loisirs… J’ai su assez vite dans quel domaine m’orienter même si comme tout ado, j’ai hésité quelques temps, et je crois…

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Une petite partie de la bibliothèque de Lucie… Elle ne nous mentait pas quand elle disait vouloir entrer dans la police, petite fille…

que ce que je vais dire ne va pas trop te surprendre chère Geneviève, je voulais passer les concours de police ou travailler dans les métiers de justice…

GVL :

Alors les études, tu as eu quoi comme parcours ? D’abord du droit sans doute ? Et puis, cette rencontre ? Cette mystérieuse rencontre?

Lucie :

En effet, des études de droit. Passionnant mais il faut s’accrocher, travailler sans relâche et je me suis peut être un peu trop relâchée par moments, hihi. Cette rencontre, elle s’est faite autour d’un livre (Bizarre, non ?). La lectrice que j’étais a rencontré la libraire de ses rêves, celle qui sait partager avec passion et émotion ses lectures. Tout est né autour de la passion des mots mais cette rencontre a évolué au fil des ans en amitié solide et durable. Rencontrer cette femme, entrer dans son univers, a changé le cours de ma vie…

GVL : Alors du coup, tes études tu les as fait changer de direction ? Elles ont pris laquelle ? Devient-on libraire juste par passion?

Lucie :

On ne peut pas dire que j’ai changé de direction mais j’ai commencé à travailler dans le commerce en parallèle de mes études. Le contact humain au quotidien m’a plu. De fil en aiguille, s’impose l’idée de conjuguer le commerce avec ma passion du livre. Une formation dans les métiers du livre s’imposait. Je pense que la passion est un bon moteur mais ne suffit pas. Il faut aussi avoir des connaissances sur le circuit du livre, la gestion… Je suis passée par le centre de formation aux métiers du livre, Profiile, dans le Calvados Il offre une formation professionnelle et continue qui s’inscrit dans des activités liées au livre. La formation théorique est émaillée de stage en librairie.

Le libraire qui passe sa journée à lire est un mythe !

 GVL : A mince, moi qui prévoyais une reconversion pour avoir du temps pour lire, c’est foutu, alors ? Le quotidien du libraire ressemblerait-il a celui du bibliothécaire ?

Lucie

Il semblerait que nous ayons beaucoup de points communs Je te retourne la question, Geneviève, pourquoi la bibliothèque et non pas la librairie ? Quel est ton parcours ?

GVL

Il est chaotique avant de me décider à passer un concours pour être bibliothécaire…

Sinon miss Lucie, tu fais des études « métier du livre », comment tu passes de la vente à la librairie ?

  Lucie :

Tu me raconteras un jour en privé … Cela fait plaisir de voir que nous sommes animées par la même passion, et que nous avons décidé de la transmettre chacune à notre manière !
Tout a été assez simple finalement. Ma formation en poche, j’ai postulé un peu partout en France, dans tous types de structures, je n’ai pas mis longtemps à décrocher l’emploi que j’occupe actuellement. Et cerise sur la gâteau, en obtenant la charge du rayon roman policier !

 GVL : Promis, je te raconterai…un jour. Et merci pour la transition; le roman policier, nous y voilà… Alors justement le polar, comment tu es tombée dedans ?

 Lucie : Comme je le disais précédemment, je crois que mes premières incursions dans le domaine sont les fameuses bibliothèques vertes et roses, qui ont accentué mon goût de l’aventure et du mystère. Après, il y a eu Madame Christie, la reine du crime. J’ai aussi beaucoup lu de M.Higgins Clark et de P.Cornwell. Et en 1998, le livre qui me fout une grosse claque, qui me fait découvrir le thriller : Les rivières pourpres de Jean-Christophe Grangé.

 GVL : C’est toi qui a choisi le rayon polar où c’est un pur hasard ? Tu lisais du polar pour le plaisir, maintenant tu es une passeuse d’émotion, jusqu’où t’a menée le polar ?

 LM : Je voulais absolument travailler en librairie. Si cela avait été un autre rayon, je n’étais pas contre. Disons que j’ai eu la chance, ils cherchaient quelqu’un qui avait des connaissances en roman policier donc il fallait saisir l’opportunité. A l’époque, je faisais déjà des chroniques sur Zonelivre.fr et tout s’est intensifié au fil des années, mes connaissances dans le domaine, les rencontres faites lors des salons, cette envie d’en découvrir encore plus et de transmettre des émotions à mon tour…

 C’est un travail au quotidien, et tous les jours réservent encore de nouvelles surprises, de nouvelles découvertes…On aura jamais assez d’une vie mais tant qu’il y a la volonté…

GVL : Ah c’est marrant ça, J’étais persuadée que ta fonction de chroniqueuse était arrivée après. Je sais que tu vis pleinement ton engagement. Même tes vacances sont consacrées au polar. Avoue ?

 LM :

Et non, j’étais chroniqueuse avant d’être libraire mais quand je regarde un peu dans le passé, mes articles actuels sont un peu plus constructifs que ceux postés il y a 5 ans, la maturité sans doute hihihi. J’avoue, je suis coupable ! Je suis une dingo qui adore bourlinguer aux quatre coins de la France pour aller à la rencontres des auteurs, éditeurs, libraires, blogueurs… Et puis, tu le sais aussi bien que moi Geneviève, on se marre bien !

 GVL : Oui, mais chut on nous écoute. Ta rencontre, non pardon tes rencontres les plus marquantes ? Auteurs et autres….

 LM :

Il y en a tellement, je ne peux pas toutes les citer. J’ai beaucoup de respect pour ces écrivains qui nous embarquent dans leurs histoires, dans leur monde… Derrière chaque auteur, il y a un homme ou une femme, et là ce sont parfois de belles rencontres humaines. Pareil pour les potes lecteurs que tu as plaisir à voir à chaque salon. Cela peut se transformer en belle amitié. Tu n’en sauras pas plus mais sache que ce salon du livre avec toi Geneviève, c’était vraiment trop cool !

 Allez, finalement, je vais t’en livrer une… Ma première rencontre avec Maxime Chattam, c’était en 2006, mon premier salon… J’étais rouge comme une tomate et je bafouillais, l’horreur… Je me suis soignée depuis

 GVL : Bon, tu me dis si cette conversation va trop loin. Profites-en pour répondre à une question que je ne t’aurais pas posée ?

 Lucie :

Non, ça va pas trop loin, c’est juste que c’est vrai qu’ils sont trop nombreux et je ne veux pas faire de jaloux hihihi, et puis je suis un peu pudique… Je crois qu’on a bien fait le tour mais n’hésites pas si tu as d’autres questions. Et puis, moi aussi, je peux t’en poser si tu veux.

 GVL : Allez tu as le droit à une, vas y ?

Bon sinon racontes nous aussi comment tu participes à un comité de lecture, enfin je crois d’une maison d’édition ?

Lucie :

Dis-moi Geneviève, comment trouves-tu le temps de faire tout ça ? Bibliothécaire, le blog, ton investissement auprès de Richard pour les balais d’or, les salons… Tu ne dors pas la nuit ? Je constate que toi aussi, tu es très engagée.

GVL : Je suis comme toi, Lucie « Passionnée ». Et effectivement ma journée n’est pas assez longue pour faire tout ce que je voudrais faire. Et j’ai longtemps très peu dormi. Et puis j’avoue j’adore mon rôle de prescriptrice

Mais alors ton incursion dans le monde de l’édition ?

 Lucie :

Les journées pas assez longues, comme je te comprends ! On doit vivre les choses à peu près de la même manière
Je fais aussi partie d’un comité de lecture, il s’agit de lire des manuscrits, juger leur qualité stylistique, l’intrigue, si cela peut coller à la ligne éditoriale ou à la collection. Chaque personne du comité vient avec son bagage personnel, ne va pas relever les mêmes points. On fait un compte rendu détaillé à la fin. C’est une activité que je pratique de manière aléatoire car les journées et soirées sont déjà bien remplies. Je suis plus branchée par l’aspect communication autour du livre que le travail sur le texte, il y a des personnes beaucoup plus compétentes que moi dans ce domaine.

 GVL : Mais ta passion de lectrice, de grandes lectrices te donne une certaine légitimité, non ?

LM : Peut-être… Donner son avis sur un livre, c’est subjectif, c’est du ressenti. Dans ce genre d’exercice, il y a un vrai côté technique, il faut tout décortiquer, les structures de phrases, la conjugaison… Il faut être super calé dans le domaine, c’est un métier à part entière. Je suis parfois la première à faire d’horribles fautes (hihi). Je fais donc au mieux avec ce que j’ai !

GVL : Et puis aussi comme cela : les  » derniers polars que tu es lus. Et 3 incontournables, et  » coups de coeur.

 Lucie : Pour les trois polars que j’ai beaucoup aimé (coups de coeur) ces derniers temps :

« Le gardien invisible » de Dolores Redondo,

« Le bourreau de Gaudi » de Aro Sainz de la Maza,

« Maman a tort » de Michel Bussi

Sans titre

Une petite partie de mon chez moi

GVL : 3 incontournables ?

Lucie :

« Les rivières pourpres » de Grangé (c’est obligatoire hihihi)

« in tenebris » de Maxime Chattam

En voilà 2

 « le silence des agneaux » de thomas Harris

 Sans titreo

GVL : Punaise le thriller te tient là ?

Lucie : C’est vrai. Mais je suis en train de muer, je vire roman noir, roman policier écrit par des flics en ce moment hihihi

Et puis des envies d’ailleurs, de découvrir d’autres pays, d’autres cultures…

GVL : Bref tu deviens moi, en mieux

Lucie : J’ai envie de goûter à toutes les formes de noir, de tous horizons mais les journées ne sont pas assez longues !

GVL : J’ai trouvé la parade, je lis surtout des premiers romans

Tu vois sur les 3 coups de coeur que tu me donnes il y a 2 premiers romans ou des premières traductions en français

Lucie : J’adore les premiers romans aussi ! Même si parfois il y a des maladresses, il y a des idées neuves. Et puis après, il y a des auteurs qu’on suit…

Je ne  m’en sortirai jamais mouaaaaaaaaaaaaaaahhhhhhh

GVL : ça c’est le plus dur, mais j’aime cette découverte.

Je serai passé à cote de Michel Bussi si je n’avais pas lu Omaha Crimes

 Lucie :

Honte sur moi, pas encore lu Ma PAL ne se vide jamais hihihi

 GVL : N’achètes que ce que tu es certaine de lire.

Lucie :  J’ai du mal à résister à la tentation hihi

 GVL : Comme je te comprends.

Bon tu es certaine que tu n’as plus rien à me dire sur toi et le polar ?

Même pas un petit mot de la fin ?

Lucie : Le mot de la fin mais bien sûr, quelle blonde je suis…

 Donc un grand, grand merci à toi pour cet échange et pour la passion qui t’anime. Bibliothécaire, libraire, même combat tant que le feu nous anime… et merci aux écrivains de nous fournir d’aussi noires matières !

  GVL : Merci Lucie pour ces 3 heures passée ensemble. Tu seras la première « dame du polar », on fêtera ensemble les 3 mois du blog. Un grand privilège pour moi

 Lucie :Un GRAND Merci à toi ! C’était super sympa. 3 mois, c’est génial et ça va continuer encore longtemps !!!

Fin de la conversation
Enfin presque…
GVL : Bon dis moi, on se revoit bientôt, hein ?
 LM :J’espère bien ! Tu viens à Polar à la Plage ?
GVL : Aïe, difficile pour moi de me rendre dans les salons, pourtant je l’adore celui-là
LM : Mince. On trouvera un autre moment. Je ne suis pas sans revenir en région parisienne

Interview de bibliothécaire 2015 – Perrine Savary – Fleury-Sur-Orne


A ces bibliothécaires, parfois, elles déménagent
Surtout quand elles sont pris de passion pour le genre polar
Découvrez l’interview passionnante de Perrine par le grand Yvan

EmOtionS - Blog littéraire et musical

logo Bibliothèque Fleury sur orne

J’aime donner la parole aux différents acteurs du monde du livre. Auteurs bien évidemment, mais également éditeurs, libraires ou encore blogueurs.

Voici un autre maillon indispensable dans la chaîne de l’amour de la lecture : le métier de bibliothécaire.

Je suis particulièrement heureux de pouvoir partager avec vous cet échange avec une bibliothécaire passionnée qui officie en Normandie, dans le département du Calvados, et ce d’autant plus qu’un nouvel événement s’y prépare. 

Si vous êtes dans le coin, notez vous les dates du 5 au 7 février 2016 pour la première édition du Bloody Fleury, festival consacré au polar.

Retouchée avec Lumia Selfie

Bonjour Perrine. En s’éloignant de la définition du dictionnaire, si vous deviez définir votre métier de bibliothécaire en trois mots…

Je risque de ne pas être très originale mais ce sera curiosité, partage et plaisir !

Curiosité pour deux raisons. La première est qu’il nous faut garder les yeux et les…

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Interview de bibliothécaire 2013 – Geneviève / Ville de Paris


J’ai eu la chance de rencontrer un blogueur qui s’est intéressé à mon job en tant que coordinatrice du Comité de lecture polar.
Voilà ce qu’à donner notre entrevue.
Une jolie façon de me connaitre un peu plus. 🙂

Grand merci à Yvan

EmOtionS - Blog littéraire et musical

409464_187517401393688_770625793_aJ’aime donner la parole aux différents acteurs du monde du livre. Auteurs bien évidemment, mais également éditeurs, libraires ou blogueurs.

Il me manquait une corde à mon arc d’entretiens : un (une) bibliothécaire, maillon indispensable dans la chaîne de l’amour de la lecture.

C’est chose faite grâce à Geneviève, grande passionnée de polars, et qui travaille au sein du réseau des bibliothèques et médiathèques de la Ville de Paris.

Un grand merci à elle pour nous faire partager son métier et surtout sa passion de si belle manière !

L’entretien :

En s’éloignant de la définition du dictionnaire, si tu devais définir ton métier de bibliothécaire en trois mots…

Tiens, je me demande si j’ai déjà regardé cette définition dans le dictionnaire. Non sans déconner, je vais répondre sérieusement à ta question. Ma définition…

Celle peut-être qui me définit : Souriante, curieuse, passionnée.

Mais tu ne vas pas t’en tirer…

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