Guerilla de Laurent Obertone


Collectif polar Nadia
ntLe livre :  Guerilla : le jour où tout s’embrasa  de Laurent Obertone.  Paru le 22 septembre 2016 chez Ring. 9€95 ; (414 p.) ; 22 x 14 cm

4e de couv :

La guerre civile était inévitable.

Vivez l’apocalypse des trois derniers jours de la France.

Dans une France proche et obscure, une descente de police dans une cité sensible tourne au drame : un policier pris dans un guet-apens perd son sang-froid et tire aveuglément.

La cité s’embrase et tout le pays vacille. De villes en villes, le feu se propage et la République explose. Forces de l’ordre, voyous, terroristes, responsables, journalistes, citoyens, tous sont submergés par le raz-de-marée du chaos.

Rapidement, réseaux électriques et hydrauliques tombés, faute d’approvisionnements, d’ordre, de moyens de communication, de transports et de secours, la déferlante gagne la campagne, la société vole en éclats et les villes sont la proie de violences, de pillages et de gigantesques incendies. Des terroristes, dépassés par les troubles, déclenchent des actions de grande ampleur depuis les terres, la mer et le ciel. Privés de tout, livrés à eux-mêmes, les citoyens s’apprêtent à faire face au carnage.

Les événements décrits dans Guerilla reposent sur le travail d’écoute, de détection et les prévisions du renseignement français. Après deux ans d’immersion au contact d’agents des services spéciaux et de spécialistes de la terreur et des catastrophes, l’auteur d’Utøya (l’affaire Breivik) et de l’enquête La France Orange Mécanique livre un roman météore ultra-réaliste et nous plonge dans le récit paroxystique de la guerre civile.

L’auteur : Né en 1984, journaliste et écrivain. Laurent Obertone est diplômé de l’École supérieure de journalisme de Lille, d’histoire et d’anthropologie. Ses deux premiers ouvrages, La France Orange Mécanique et Utoya  sont paru chez Ring en 2013. Guerrilla est son premier roman.

L’avis de Nadia :

La Courneuve , une banlieue comme tant d’autres .. Les jeunes squattent les cages d’escalier .. Ce jour-là , des policiers  poussent la porte d’un immeuble et se retrouvent face à une bande d’individus et un chien .. C’est l’incident , et le début d’une « formidable » réaction en chaîne, qui va mettre la France à feu et a sang .

Une écriture punchy  , des phrases courtes avec de belles formules .Des chapitres  qui s’enchainent dans l’ordre chronologique des événements qui donnent un rythme soutenu . Si je devais rapprocher Guerilla d’une série , c’est l’excellent « 24H  » que je choisirai .

Au fil des chapitres ,nous faisons connaissance avec les différents protagonistes de cette histoire ; il n’y a pas de héros à proprement dit ,mais cette galerie de personnages qui va vivre chacun à son niveau cette Guerilla .De ce fait , j’ai trouvé leur portrait un peu superficiel , un peu caricatural , j’aurais aimé mieux comprendre leurs motivations . Mais cela aurait nui au rythme donné par Laurent Obertone.

On ne sort pas indemne , il y a une vie « avant » et une vie « après » la lecture de Guerilla . Laurent Obertone nous livre un portrait glaçant de la France d’aujourd’hui , j’ai aimé à penser au moment de ma lecture que c’était un peu exagéré , mais les évènements policiers d’octobre 2016 … Il y a des passages très durs et ma sensibilité n’a pas été épargnée. Il m’a fallu  plusieurs jours pour me détacher , et passer des nuits moins agitées. Même refermé , ce livre se loge  dans notre esprit , dans notre analyse  de l’actualité et des médias.

Et vous laisse un gout amer en bouche…

Publicités

Résilience de Yannick Monget


Collectif Isabelle

$CDCLe livre : Résilience de Yannick Monget . Paru le 18 février 2016 à  La Martinière. 22€60 ; (661 p.) ; 23 x 14 cm.

4e de Couv :

100 jours avant l’effondrement.

À Paris, en Chine, de curieux incidents se produisent à proximité de réacteurs nucléaires. Un virus informatique semble avoir réussi à prendre le contrôle de nombreuses centrales. Les services du renseignement français se mettent en alerte pour déjouer la plus grande menace jamais affrontée.

2 ans après l’effondrement.

En Antarctique, des survivants s’organisent dans des bases de haute technologie abritant un écosystème reconstitué. La surface du globe est ravagée par la radioactivité et la résurgence du virus noir, qui a décimé la plus grande partie de l’humanité. Que feront-ils de cette dernière chance ?

ym

Ultra-documenté, ce thriller aux accents de blockbuster américain enchaîne de façon implacable les chapitres avant et après la catastrophe. L’auteur parsème son livre de références à de véritables incidents, comme le virus Stuxnet, conçu en 2010 par les États-Unis pour prendre le contrôle des centrales iraniennes. Entre jeux de lobbies, dessous du nucléaire civil et pressions politiques, cette course contre la montre révèle comment l’irresponsabilité et l’aveuglement de certains menacent le destin de la planète tout entière.

 ymL’auteur : Yannick Monget a 36 ans. Il est le président fondateur du groupe Symbiom, qui développe des projets de sensibilisation, de recherche et de développement pour l’environnement. Son roman a été salué par de nombreux experts dont l’ancienne ministre et avocate spécialisé dans le droit environnemental, Corinne Lepage, pour qui «le lecteur ne sortira pas indemne de réflexion sur cette aventure.» Yannick Monget est également l’auteur du thrillerGaïa.

 

 

Lire le début de Résilience

 

cm16

 

Résumé et petit avis de notre lectrice :

A Paris, en Chine, de curieux incidents se produisent à proximité de réacteurs nucléaires. Un virus informatique semble avoir réussi à prendre le contrôle de nombreuses centrales. Les services du renseignement français se mettent en alerte pour déjouer la plus grande menace jamais affrontée.

Résilience de Yannick Monget, un roman exceptionnel dont personne ne ressortira indemne… Les connaisseurs du nucléaire seront confortés dans leurs idées et les profanes se poseront de nombreuses questions…

Une écriture fluide, aux chapitres cours terminant sans cesse par des rebondissement, l’art d’orienter le lecteur vers une fin qui parait évidente et qui pourtant… à lire impérativement !

Un fantastique roman d’anticipation mais qui au final nous fait toucher « la réalité qui pourrait être » de très prés…

Cette décennie, pour moi, aura connu « Pilgrim » et « Résilience »

     Mon petit avis sur Pilgrim ICI

 

 

Lux de Maud Mayeras , le chouchou du week end.


chouchous-du-week-end
mmtLe livre : Lux de Maud Mayeras.  Paru le 6 octobre 2016 chez Anne Carrière. Disponible, Broché 19€ ; (252 p) ; 24 x 16 cm

 

4e de couv : 

Lux

C’est l’histoire d’un retour, d’une sentence et d’une vague qui monte à l’horizon.

  1. Antoine Harelde débarque à Ceduna, dans les terres arides du sud de l’Australie.

Vingt ans auparavant, il a passé un été dans cette petite ville perdue et, en l’espace de trois mois qui l’ont vu quitter l’adolescence, il a connu la joie, l’amitié, l’amour et l’horreur.

Aujourd’hui il est un homme. Il n’a pas oublié, il n’a rien pardonné. Mais la justice prend d’étranges et inquiétantes couleurs à la lumière de l’apocalypse.

Ballade meurtrière sur fond de fin des temps, Lux est le roman de la confirmation d’une jeune auteure au sommet de son art.

anomaud-mayerasL’auteur : On sait peu de chose de Maud Mayera,. Elle se livre peu. Maud  est née en 1981. Lux est son troisième roman.  Elle vit aujourd’hui à Limoges.

Après le succès de Reflex (Anne Carrière, 2013 ; Pocket, 2015), ce nouveau thriller est très attendu.

Extrait :
Et puis il les tuera tous les deux. Il ne se posera pas la moindre question. Il laissera peut-être le vieil homme épauler son deux-coups, lui concédera l’espoir furtif de s’en sortir, puis il retournera l’arme contre le couple, apprivoisera la sueur sur la gâchette glissante. Il les regardera supplier, écoutera leurs plaintes et leurs cris, sentira leur peur couler sur lui. Il ne sourira pas et fera feu. Il tirera à travers les peaux durcies. Une fois dans chaque corps. Le front, le cœur, le ventre, il ne sait pas encore. Deux cadavres, c’est tout ce qui restera. Il les emportera loin d’ici, au fond de ce terrain en friche, ce champ recouvert chaque jour de l’année par des tonnes de feuilles sèches, tremblantes sous la brise légère ou collant à vos semelles. Au fond de ce terrain, il y a un trou, un trou dans lequel il pourra entreposer les deux cadavres. Il cachera leurs chairs et leur puanteur à l’abri des regards. Il attendra patiemment que les corps pourrissent et, quand il ne restera plus que des os cassants, il y mettra le feu. Un beau et grand brasier pétaradant au milieu des branches. Antoine contemplera les flammes jusqu’à ce que ses yeux ne soient plus que deux fentes noires, humides et douloureuses. Il respirera l’odeur des chairs cuites jusqu’à ce qu’elle fasse un peu partie de lui. Alors il se sentira mieux. Accompli, entier.

 

Petit avis :

Voilà, comme toi j’aime retrouver Maud ! Comme toi je trouve que ce roman me fais que confirmer son talent. Comme je disais à l’époque « Elle a tout d’une grande, cette petite », d’ailleurs aujourd’hui c’est une grande que dis-je une immense auteur. Comme toi j’ai adoré ces roman précédents.

Hématome m’a fait un bleu au coeur.

Reflex m’a assommé debout.

Vous pouvez le vérifier ICI

Et Lux in tenebris.

Lux m’a…Ben je n’ai même pas de mots tellement j’ai été stupéfaite par l’ampleur et de l’étendu du talent de cette jeune auteure totalement inconsciente de celui-ci.

Elle est beaucoup trop modeste et trop humble surtout pour penser un seul instant qu’elle le possède.

Quoi, tu ne vois pas de qui je parle ?  Tu ne connais pas cette auteure ? Pas encore alors ! Tu n’as pas encore lu de Maud Mayeras ? Oui je sais il y a des tas de bouquins qui sortent et elle n’en est qu’à son troisième titre ! OK !

Alors…
Ben je vais quand même défendre ce titre car Maud mérite qu’on la découvre à sa juste valeur.
Alors…Comment te dire Maud est un auteur unique.

Elle est mure pour passer la ligne imaginaire qui sépare littérature noire et littérature blanche.

En fait, elle a pas de ligne du tout, elle propose une prose unique bien qu’elle conçoive des histoires noires.

Il y a quelque de brut, de sauvage, d’instinctif dans l’écriture de Maud. Quelques chose qui parle à notre part animale. Quelque chose qui nous bouscule, qui nous chavire.

Et vous savez comme j’ai du mal à parler d’un bouquin quand il a réveillé en moi de vieux souvenirs.  Alors ne m’en veuillez pas si cette chronique est bancale. Elle est à mon image quand j’ai eu quitté l’histoire que m’a proposé Maud à lire. Oui j’ai été secouée.

J’ai perdue mes repaires. Il y a tant de sentiments contradictoires qui ont émergé lors de cette lecture que j’ai parfois eu envie de crier en lisant.  « Mais merde pourquoi elle me fait ça  »  C’est tous vos sens qui sont en éveil avec Maud.  Elle déclenche le chaos en vous.

On vit les choses différemment à travers ses mots. On perçoit les choses différemment. En fait, on ressent plus les choses qu’on ne les intellectualise dans les livres de Maud.  A travers ses mots, on perçoit les couleurs, on discerne les odeurs, on éprouve les failles.

Et justement  c’est à travers ces failles que passe la lumière.

Alors oui, je me suis laissée porter par l’écriture tout en sensation de Maud. J’ai aimé puis détesté ses personnages. J’ai souffert avec eux, j’ai été en empathie et je les ai honnis tour à tour.

J’ai respiré l’air chaud du sud de l’Australie, j’ai pris conscience de ce décor de fin du monde.

J’ai vu apocalypse s’insinuer en moi et mes émotions s’embrasser.

Et tel un Phenix, Maud Mayeras m’a fait renaître de mes centres. Plus lumineuse encore.

 

Lux umbram praebet, mysteria autem veritas.

 

 

mme

Cette après-midi Maud sera à la Griffe Noire.
Et j’irai même avec 40 de fièvre, m^me en me traînant, jusqu’à ma librairie rien que pour lui dire tout le bien que je pense de son livre.
 mmz
Extrait 2 :
Puis la platine avait diffusé de la musique française qu’ils avaient écoutée, allongés tête-bêche sur le tapis du salon. Hunter s’était imprégné des notes et des mots, ils étaient entrés en lui et l’avaient fait frissonner. Le piano-boucle, la voix de fumeur, les paroles douces qu’il ne comprenait pas. « c’est beau », il avait dit.
Tu n’es plus qu’une pauvre épave,
Chienne crevée au fil de l’eau
Mais je reste ton esclave
Et plonge dans le ruisseau
Quand le souvenir s’arrête
Et l’océan de l’oubli,
Brisant nos coeurs et nos têtes,
A jamais, nous réunit…
« C’est triste », avait répondu Antoine.
Sa mère lui avait appris cela, le désespoir terrible de la musique
-« On ne devrait pas chanter sur le bonheur, il n’y a rien de plus accablant que la joie des autres. » Et elle poussait le volume à fond en pompant voracement ses cigarettes.mma

 

Déchirés de Peter Stenson.


 téléchargement (42) Le livre :

Déchirés  de Peter Stenson. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Pierre Szczeciner
Paru le 28 août 2014 chez Super 8 éditions ; 21,00 € ; (314 p.) ; 20 x 14 cm.

4e de couv :

Accro à la méth, Chase Daniels est un junkie minable sans cesse en quête d’une nouvelle dose. Quand il se réveille un matin pour voir une fillette déchiqueter un rottweiler à mains nues, c’est donc en toute logique qu’il pense à une hallucination. Il ne s’inquiète pas plus que ça. Peut-être qu’il devrait. Car le monde a changé – en une nuit. Désormais, les rues grouillent de zombies avides de chair humaine, et survivre est devenu un objectif à très court terme.

Cette malédiction en forme de virus qui semble toucher tout le monde sauf lui et son ami Sténo-John n’est-elle pas l’occasion rêvée de prendre un nouveau départ et d’accomplir enfin quelque chose de grand ?

Dans un monde livré au chaos et aux flammes, le «nouveau» Chase Daniels, perdu dans ses rêves de rédemption et d’amour fou, se met en tête de retrouver son ex-petite amie et de la sauver. Mais, hanté par les fantômes du passé, dévoré par le manque, Chase ne court-il pas au-devant de sa dernière désillusion ?

Comédie noire, thriller horrifique à la fois cruel et atrocement comique, Déchirés n’est pas seulement un grand roman de zombies porté par une écriture survoltée : c’est aussi, à mi-chemin entre The Walking Dead et Breaking Bad, Hubert Selby Jr et Hunter S. Thompson, une histoire d’amour extrême et déchirante absolument unique en son genre.

Citation : Tu crois qu’il y a des règles à l’apocalypse ? Mec, ce bordel qu’on est en train de vivre, je peux te garantir que c’est jamais arrivé. Ni au cinéma. Ni dans un bouquin. C’est comme les dinosaures, mon pote.

teléchargement (44)L’auteur : Peter Stenson écrit des nouvelles et vit dans le Colorado. Il a une femme, un chien, un chat – et tous sont vivants. Ancien accro à la « méth », il est clean depuis quinze ans. Il vit au pied des montagnes du Colorado. En cas d’attaque zombie, il a prévenu : il montera là-haut avec un flingue et il attendra.

téléchargement (43)

Résumé et avis : Accro à la méthamphétamine, Chase Daniels ne s’inquiète pas vraiment lorsqu’il voit une fillette déchiqueter un rottweiler. Il devrait, parce que cette scène est une des caractéristiques de ce qu’est devenu le monde : les rues grouillent de zombies. Au milieu de ce chaos, Chase souhaite fuir son addiction, retrouver la femme de sa vie et la sauver. Premier roman.

Ce titre est un pur produit des Editions Super 8, il entre parfaitement dans leur créneau. En effet, les Editions super 8 sont une réminiscence des Editions Sonatine.Car après avoir vendu la maison d’édition, François Verdoux et Arnaud Hofmarcher ont monté avec quelques complices cette nouvelle structure. Leur credo : inoculer à la littérature mainstream, la dose de surnaturel (fantastique, horreur, anticipation, galère post-apocalyptique, etc.) que cette dernière réclame sans le savoir.

Et Déchirés le premier roman de Perter Stenson c’est vraiment ça. C’est un vrai mélange des genres.

A la fois roman post-apocalyptique, comédie noire où thriller et horreur, humour et cynisme se mêlent habillement, cette histoire est aussi une histoire d’amour. Un amour désespéré car soumis et dépendant de la drogue et de son addiction. Mais un amour d’une telle intensité qu’il nous bouleverse profondément.

Et sous la plume crue de l’auteur, son écriture acerbe et tendue, on découvre des personnages d’une grande complexité et d’une grande intensité.

Un peu comme une fable apocalyptique, ce récit frénétique ne nous laisse aucun répit. Les sde fuite et de bagarres sont très réussies. On sort hagard de cette lecture. Comme si ,nous avions abusé de stupéfiant. Et on plus une question ne cesse de nous tarauder…

Et si l’avenir et la survie de l’humanité dépendait d’une bande d’hallucinés.

Extrait :

Marquer la peau pour ne jamais oublier d’où on vient. Comme Kay avec la date où elle a arrêté la drogue et les brûlures de cigarette. On essaie tous de garder une trace de nos échecs. Mais c’est aussi synonyme d’espoir. L’espoir qu’une partie de soi-même survive. Un soupçon d’humanité. Ce que j’essaie de sauver à tout prix.