Apéro-polar avec Michaël Mention


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Apéro-polar avec Michaël Mention

autour de son livre Jeudi noir

Depuis 4 ans maintenant, j’ai la chance de pouvoir organiser dans la bibliothèque où je travaille des rencontres autour du roman policier et du polar en général.

J’exerce ma profession dans le réseau des bibliothèques de la ville de Paris. Il y une soixantaine de bibliothèques dans ce réseau. Des petites, des moyennes, des grandes et des très grandes. Alors afin d’harmoniser la programmation culturelle de tous ces établissement, la ville par l’intermédiaire de notre direction nous propose des grands thèmes. 1 à 2 par semestre.

C’est comme cela que le trimestre dernier j’ai pu faire venir Jean Luc Bizien autour de la Corée.

Mais pour cette fin de semestre, la mairie n’a pas poussé très loin sa réflexion pour nous imposer un thème.  Puisque le sujet à mettre en avant c’est l’Euro Foot. Et croyez-moi il y a pas mal de bibliothécaires qui ne se sont pas senti concerné(e)s.

En fait c’est surtout les sections jeunesse qui se sont mobilisées. Des tas de babyfoot ont été distribués. Pour me démarquer mais aussi j’avoue pour prouver à mon directeur que j’avais de la ressource.

Il me disait :

– » Mais Geneviève vous ne trouverez pas toujours une amination polar à faire autour des thèmes imposés ! »

Et moi de lui rétorquer :

-« En cherchant bien, je suis certaine de vous proposer quelque chose d’original quelques soit le thème ou le sujet choisi. »

Pour le foot je n’ai pas hésité longtemps. Tout de suite Michaël Mention m’est apparu évident.

Alors dans une dizaine de jour, j’aurai le plaisir d’accueillir Michaël dans ma bibliothèque.

Ce sera le samedi 11 juin 2016 à 11h30 à la bibliothèque Parmentier dans le onzième arrondissement de Paris.

Et oui…

Dans le cadre de l’Euro Foot 2016 à Paris, j’organise un RDV original autour du football… Pour son livre Jeudi Noir, Michel Mention a décidé de s’intéresser au football. Enfin au football, pas tout à fait, mais à une rencontre en particulier, puisque son roman revient sur l’un des matchs du siècle, le fameux France-Allemagne de 1982.

Le 8 juillet 1982, au stade Sánchez Pizjuán de Séville (Espagne), devant 70 000 spectateurs, s’est jouée la demi-finale de la Coupe du monde de football de 1982 qui opposa la France à la RFA. Classique opposition de style entre la rigueur tactique et physique d’une part et le jeu technique et offensif d’autre part, ce match est devenu l’une des rencontres légendaires de l’histoire de la Coupe du monde, souvent simplement appelée la nuit de Séville (Nacht von Sevilla ) ou Séville 82

Rencontre avec un homme tombé amoureux d’un match 32 ans après. À travers ce sport, nous revisiterons aussi une époque et la culture populaire de celle-ci, musique, cinéma, politique… Nous parlerons culture au sens large, celle des années 80 en particulier.

Après la rencontre un verre de l’amitié vous sera offert, l’occasion de poursuivre de façon informelle la rencontre. Vous pourrez apporter vos livres de l’auteur, je suis certaine que Michaël  ce pliera au jeu d’une petite dédicace.

Vous trouverez ICI mon petit avis sur Jeudi Noir

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Qui veut la peau d’Andreï Mladin de George Arion


 

Mes petites lectures

9782930585642,0-2496289Le livre :Qui veut la peau d’Andreï Mladin de George Arion. Traduit du roumain par Sylvain Audet-Gainar ; préface de Claude Mesplède. Paru le 13 février 2015 chez Génèse Edition à Bruxelles. 22,50 EUR ; (214 p.) ; 21 x 14 cm.

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4e de couv

Publié en 1983, au coeur des années noires du totalitarisme,  il est encore aujourd’hui l’un des romans policiers les plus vendus en Roumanie.

Andreï Mladin, journaliste bucarestois, se réveille un matin avec une épouvantable gueule de bois, allongé sur le sol de sa bibliothèque sens dessus dessous, aux côtés d’un cadavre. Ayant totalement oublié ce qui s’est passé la nuit précédente et craignant d’être accusé d’assassinat, il décide de cacher le corps et de mener l’enquête.

Qui peut en vouloir à Andreï Mladin au point de lui coller un meurtre sur le dos ? La belle et orgueilleuse violoniste Mihaela ? Son père, le revêche docteur Comnoiu ? L’acteur bellâtre Marian Sulcer ? Ou l’étrange ingénieur Ion Parfenie ? Le journaliste plonge dans une enquête mêlant amour, argent et pouvoir, dans une course contre la montre avec la police des années Ceausescu, observées ici avec une ironie féroce.

George_ArionL’auteur : 

Romancier célèbre en Roumanie, George Arion est également poète, essayiste et journaliste. Il est actuellement directeur des Éditions Flacãra, président du Prix Flacãra et du Romanian Crime Writers Club.
Né en 1946, il débute en littérature dès 1966, par la publication de recueils de poésies. Mais c’est en 1983, avec Attaque dans la bibliothèque  ( Qui veut la peau d’Andrei Mladin ? ), que George Arion ouvre la voie au renouveau du polar roumain, l’éloignant de l’utilisation propagandiste qui en était faite à l’époque.
Sa redoutable ironie et un langage coloré sont ses marques de fabrique. Auteur de plus d’une douzaine de romans, il est considéré comme l’une des figures de proue du roman policier en Roumanie. 
Il est président du Romanian Crime Writers Club, et depuis prépare un doctorat en littérature intitulé « Repères dans la littérature mystery & thriller »…

Résumé et avis :

Aarion1Dans la Roumanie communiste, Andreï Mladin, un journaliste, se réveille chez lui à côté d’un cadavre et ne garde aucun souvenir de la veille. Il décide de cacher le corps dans sa cave et de mener lui-même l’enquête pour découvrir qui lui en veut au point d’ourdir une machination contre lui. Un roman policier qui se double d’une observation de la vie quotidienne du pays à l’époque de Ceausescu.

Se déroulant dans les années quatre-vingts, ce polar fait aussi la part belle à l’observation critique de la vie quotidienne de l’époque en Roumanie : coupures d’électricité, files d’attente devant les magasins, privilèges de la Nomenklatura…Écrit avec humour et suspense, il présente une perspective réprobatrice subtile sur le régime communiste . C’est un parfait pamphlet des années Ceausescu. Et le sylve vif et direct voire incisif de l’auteur y sont pour beaucoup. Son personnage central aussi. On s’attache à Andreï Mladin, même si parfois on peut le trouver naïf. C’est surtout parce qu’il abuse énormément de l’autodérision. D’ailleurs de la dérision et de l’humour caustique, l’auteur d’en manque pas non plus. C’est un des point fort de ce polar. L’humour noir, l’humour sous toutes ses formes participe à la réprobation et la condamnation du totalitarisme ambiant.

Rebondissements en chaîne, humour et autodérision sont, sans contexte, les marque de fabrique des romans de George Arion, figure de proue du nouveau polar roumain

Abusez de ce roman, c’est rafraîchissant et subversif.

Personnellement j’espère retrouver Andrei Mladin sous la plume de George Arion dans d’autres aventures.

Jeudi noir de Michaël Mention


9782290078815,0-2703810 9782081348295,0-2463855Le livre : Jeudi noir de Michaël Mention. Paru le 5 novembre 2014 chez Ombres Noire.17€ ; (187 p.) ; 21 x 14 cm

Réédité en poche chez J’ai lu le 16 mars 2016 dans la collection thriller. 6€ ;1 vol. (185 p.) ; 18 x 11 cm

Quatrième de couverture

Ombres noires

Jeudi noir

8 juillet 1982, Séville. Coupe du monde de football, demi-finale France-R.F.A.

L’ambition contre l’expérience. L’espoir porté par Mitterrand contre le fatalisme du mur de Berlin. Et pour les deux équipes, une même obsession : gagner sa place en finale.

Face aux puissants Allemands, Platini, Rocheteau, Giresse… une équipe de France redoutable. Mais le pire s’invite : les coups pleuvent, le sport devient guerre, et la mort arbitre.

Pour la première fois, le match mythique vécu en direct, sur le terrain. Une expérience radicale, entre exaltation et violence.

77643436 Michaël Mention, 37 ans, romancier et scénariste, est passionné de rock et de cinéma. Il publie son premier roman en 2008 et devient une voix montante du polar avec notamment Sale temps pour le pays (Grand Prix du roman noir français au Festival international du film policier de Beaune 2013) et Fils de Sam. Jeudi noir est son premier roman aux éditions Ombres Noires. Et justice pour tous (Prix Transfuge du meilleur espoir polar 2015) et Le carnaval des hyènes.

Extrait :
À ma droite, des journalistes jouent des coudes en vue d’obtenir la meilleure photo. Avec l’évacuation de Patrick, ils n’ont pas raté leur soirée. Ces hyènes ne vivent que pour le scoop, si possible le plus macabre. Ce sont eux qui ont tué Romy. Notre meilleure actrice, la femme ultime. Son gosse empalé sur la grille, ça ne suffisait pas, alors ils ont poussé le vice jusqu’à se déguiser en infirmiers pour le photographier sur son lit de mort. Pourritures.

Résumé et petit avis :

La demi-finale de la Coupe du monde de football de 1982, lors de laquelle la France affronte l’Allemagne de l’Ouest, vue de l’intérieur à travers le regard d’un joueur fictif de l’équipe de France et racontée à la manière d’un thriller. Une allégorie des situations française et allemande de l’époque, des tensions politiques et des contradictions qui les traversent…

9791091447157,0-1908711Quel talent, mais quel talent…Déjà, Mention, m’avait bluffée avec son « fils de Sam » et sa vision de la vie de David Berkowitz, tueur en série de la fin des années 70. Avec ce roman, nous allons faire un voyage dans le temps, plus précisément le 8 juillet 1982, jour de la 1/2 finale de coupe du monde France-RFA, à Séville. Michaël Mention nous propose de vivre le match en direct, sur le terrain, entre exaltation et violence. L’auteur nous fait vivre ce match légendaire de façon unique, avec en trame de fond les contextes politique, économique, social et culturel des années 1980. Je n’ai jamais vécu un match d’une aussi intense façon. Pourtant, j’étais devant mon poste de TV en ce jeudi noir. Avec toutes une bande de potes, et oui c’était les vacances scolaires et les adolescents, que nous étions, vivions en meute. Cette demi-finale nous a fait vibrer et même les moins intéressés par le foot étaient de la partie. Mais revivre ce match de l’intérieur, minute par minute, avec les mots de Mickaël Mention, c’est une expérience d’une incroyable intensité. J’ai été captivé, je suis passée par tout un tas d’émotions. J’ai même eu l’impression d’être sur le terrain et de jouer le match, d’être un des héros malheureux de ce duel fratricide. J’étais l’âme de cette fabuleuse équipe de France. J’étais l’humeur de celle-ci, ses espoirs et ses doutes. Son unité, sa solidarité. Je jouais tel un dieu du stade brésilien. Les mots plus forts que les images. Si, si, c’est possible, si c’est sous la plume exceptionnelle de cet auteur de talent.

Le retour du gang de la clef à molette de Edward Abbey


Lecture d’avant&

9782351780077,0-354319 9782351780640,0-1616300 Le livre : Le retour du gang de la clef à molette de Edward Abbey. Traduit de l’américain par Jacques Mailhos. Paru le 4 janvier 2007 chez Gallmeister collection Noire. 25€50 ;  (401 p.) ; 21 x 14 cm

Réédité toujours chez Gallmeister mais cette fois dans la collection « Nature Writing »  le 5 avril 2013.  24€50 ; (425 p.) ; 21 x 14 cm

4e de couv :

« Quiconque prendra ce livre au sérieux sera immédiatement abattu. Quiconque ne le prendra pas au sérieux sera enterré vivant par un bulldozer Mitsubishi. » Edward Abbey

Le monstre est en marche : le super-excavateur géant Goliath, le plus terrifiant engin jamais construit par l’homme, menace les déserts de l’Ouest.

C’est compter sans le farouche Hayduke et ses amis, bien décidés à enrayer la course du titan. Le Gang de la Clef à Molette est de retour ! S’engage alors un combat désespéré contre la « Machine » industrielle. Les usines explosent, les bulldozers s’évanouissent dans la nature… Contre l’asservissement des esprits, tous les coups sont permis !

Quinze ans après Le Gang de la Clef à Molette, Le Retour du Gang est l’ultime roman d’Edward Abbey. Ce livre tout à la fois outrancier et nostalgique est une dénonciation cinglante de l’ordre établi et un chant d’amour aux espaces sauvages.

téléchargement (40)L’auteur : Edward Abbey(1927-1989), personnage emblématique et contestataire, est le plus célèbre des écrivains de l’Ouest américain. Le succès  de Désert solitaire et du Gang de la Clef à Molette, paru en 1975, a fait de lui une icône de la contre-culture et le pionnier d’une prise de conscience écologique aux États-Unis.A l’âge de 21 ans, il traverse les Etats-Unis d’est en ouest en auto-stop et découvre l’Ouest et les grands espaces. Gang de la clef à molette (The Monkey Wrench Gang) inspira la création de l’organisation environnementale Earth First. À sa mort, il demanda à être enterré dans le désert. Aujourd’hui encore, personne ne sait où se trouve sa tombe.

Extrait : 
– Pour résumer tout ce que nous avons dit jusque-là : le guerrier de l’écologie ne doit jamais, absolument jamais, faire de mal à aucune chose vivante, et il évite de se faire capturer, pour faire peser tous les coûts sur eux, sur l’Ennemi. Le but de son travail est de leur faire augmenter leurs coûts, de les pousser au déficit, à la faillite, de les forcer à battre en retraite, de les forcer à mettre un terme à leur invasion de nos terres à tous, de nos terres publiques, de nos terres sauvages, de notre foyer originel et primordial…

Résumé et avis :

cvt_Desert-solitaire_2620La région des canyons est sur le point d’être défigurée par des promoteurs et autres spéculateurs. On y a découvert des mines d’uranium.

Révoltée par cette situation, une poignée d’écologiste se mobilise. Parmi eux, se trouve George Washimton Hayduke, fondateur du déjà célèbre « gang de la clef à molette », tenu pour mort alors qu’il se terrait dans une grotte de la région.

cvt_Le-gang-de-la-clef-a-molette_3457Considérant qu’un cap vient d’être franchi par la « Machine », George sort de sa retraite. Et avec ses anciens complices, ils décident d’agir à visage découvert. Le gang reprend donc du service et bénéficie du soutien du Cavalier solitaire. Avec ses cinq-là, on peut s’attendre à bien des surprises.

Entre road story et épopée, Le Retour du gang de la clef à molette est un hymne aux grands espace, un thriller écologisque écrit avec beaucoup d’humour et de férocité. Personne n’est épargné, qu’il s’agisse des grandes firmes industrielles, des instances gouvernementales ou des associations de défense de la nature elles-mêmes.

téléchargement (41)L’écriture d’Abbey est acerbe et inventive, son style est brillant et vibrant.  Ce livre est drôle, truculent, féroce cette histoire est totalement déjanté et jouissive. Un moment de lecture incomparable et incontournable.

Edward Abbey est politiquement incorrect et c’est assurément ce qui fait son charme.

Ah oui, coup de chapeau aussi au traducteur qui a du faire un formidable travail pour rendre tout l’humour subtil qui ce dégage de ce titre.

Extrait 2 :
Doc n’est pas là, parti à l’aube à l’usine à trauma pour une greffe de moelle osseuse. Encore une pauvre enfant, une fillette de même pas dix ans, de la région de St. George. Encore une leucémie aiguë. Doublée d’un cancer des ganglions lymphatiques. Plutôt courant dans ce coin, le Sud de l’État, par rapport à la population humaine relativement peu nombreuse. Cas insuffisants en nombre, bien sûr, pour prouver quoi que ce soit, bien que cette région se trouve ous le vent des terrains d’essai militaires. Le gouvernement fédéral nie toute responsabilité et les juges fédéraux, nommés à vie sur leurs postes à 89 500 $ par an par le gouvernement fédéral tranchent – systématiquement – en faveur du gouvernement fédéral. Personne ne sait pourquoi.

Skeud de Dominique Forma


9782213632322,0-4225139782743631871,0-2559725Le livre :  Skeud  de Dominique Forma. Paru le 30 janvier 2008 chez Fayard dans la collection Fayard noir.  23€ ;  (360 p.) ; 22 x 14 cm 

  
Réédité en poche le 8 avril 2015 chez Rivage dans la collection Rivage Noir.  8,00€ ; (327 p.) ; 17 x 11 cm
4e de couv : 

Skeud

Johnny Trouble est le meilleur. Tout simplement. Il règne en seigneur sur le marché des disques pirates. D’Eddie Cochran aux Rolling Stones en passant par David Bowie ou les Clash, cet amoureux transi, ce fétichiste des trois accords électriques enregistre, presse et vend ses galettes vêtues de sublimes pochettes.

Le disque vinyle est alors une institution, un signe de reconnaissance, une école d’esthétique et de maintien. Bonne gueule, malin en affaires et débrouillard, Johnny gagne de petites fortunes de Londres à Paris, via Amsterdam. Mais son succès dérange. En une nuit, la compétition l’élimine : sa vie est saccagée, sa mère tuée. Détruit, Johnny part à la dérive pour trois longues années. A son retour, accompagné de Patrick, son candide partenaire, il va régler ses comptes.

Un retour « vintage » aux grandes années du vinyle par l’auteur de Hollywood zéro, prix lire en poche 2014.

« Ce banlieusard prouve ses talents d’écrivain avec un roman noir gouailleur situé dans le Paris des années 1980. »
Lire

th (11)L’auteur : 
Dominique Forma devait naître à Paris, il vit le jour en banlieue le 03 mars 1964.. Une vie qui s’annonçait sous la contrariété.
Après une adolescente immergée dans la musique (dans les années 1970 nous avions le choix entre faire de la politique et écouter du rock), on le pousse à travailler dans un bureau.
Il résiste, un peu, pas assez. Les journées sont longues et lui permettent de rêver à un avenir plus excitant.
Il fréquente les producteurs de films X, les fabricants de disques pirates et se met à la photo.
Sur un coup de tête, il part pour la Californie au début des années 1990. Réapprendre l’anglais, décrypter Los Angeles, éviter les Français locaux, découvrir le cinéma en tant qu’industrie.
Après plusieurs années, il se met à l’écriture de scénarios, puis à la réalisation pour enfin, au début des années 2000 écrire et réaliser un long-métrage avec Jeff Bridges, Scenes of the Crime ou en VF La loi des armes Une belle carrière américaine se profile…
Mais après quelques soucis personnels et plusieurs déceptions professionnelles, il rentre à Paris qu’il a quitté quinze ans auparavant. Ne connaissant personne, il redécouvre la ville et ses coutumes.
De l’écriture de scénarios, il passe à celle de romans noirs.
Un chez Fayard, un autre chez Syros, un troisième chez Rivages…
Il vit aujourd’hui à Paris.

Extrait : 
« Évidemment, les avocats, dont la définition génétique les situe entre le vautour et l’hyène, parlaient d’un énorme braquage. A leurs yeux, nous étions d’immondes barbares, nous pillions le patrimoine artistique dont ils étaient les défenseurs. J’étais le premier à reconnaître qu’un skeud était un disque illégal de chansons enregistrées de manière illégale, pressé et vendu illégalement. Les éditeurs musicaux, les interprètes, les représentants des labels, les auteurs compositeurs, leurs manageurs, leurs avocats, leurs maîtresses et leurs dealers ne touchaient pas un centime du bénéfice des ventes. »

Résumé et avis

Les édition Rivage ont la très bonne idée de réediter le premier roman de Dominique Format  » Skeud » qpublié à l’origine chez Fayard est qui était introuvable depuis plusieurs années.

Skeud c’est l’histoire de  Johnny Trouble, figure de l’underground des années 1980, est le maître incontesté d’une industrie originale : le disque pirate.  Mais une nuit, sa vie est saccagée, sa mère tuée.la vie ne vaut la peine que si elle est vécue à cent à l’heure. Après trois ans de dérive, il est prêt à régler ses comptes.

th (12)Dominique Format nous dresse ici le portrait de Johnny Trouble, figure centrale et légendaire de l’underground  de la fin des années 70 et du début des année 80. Véritable encyclopédie musicale, Johnny règne sur le petit monde du skeud, le disque pirate ou comment faire connaître des artistes underground. Le Disque Conpact  commence à montrer le bout de son nez, mais pour les passionnés de  rock et de musique, rien ne vaut le bon vieux vinyle, avec ses pochettes conçues comme de vraies oeuvres d’art. Et pour Johnny comme pour les jeunes de cette génération, nouris au Punk et au Rock, la vie ne vaut la peine que si elle est vécue à plus de cent à l’heure.Argent facile, filles, drogue, Johnny parcourt l’Europe, il court et participe à tous les « live » possibles. De Londres à Paris ou Amsterdam, il enregistre en douce des concerts mythiques et habille ses vinyles piratés de pochettes sublimes. Les fans s’arrachent ses « Skeuds », cependant son succès fait des jaloux. Il faut dire que l’univers du piratage est un univers infernal. Des sommes considérables  passent de mains en mains pour obtenir le saint graal. Un enregistrement pirate du derniers concerts d’une idole de l’époque, introuvable par ailleurs, se vend à prix d’Or. Alors Johnny Presse, mixe, passent son temps sur sa table de mixage à retranscrire les bandes son piratées. Et ils sait que revendus sous le manteau, les fans seront là, prêts à mettre la main au porte monnaie. Surtout que les skeuds de Johnny sont les plus beaux. Du coup les concurrents, car il y a concurrence sur ce marché juteux, ne sont pas vraiment heureux de voir sa petite entreprise fleurissante. Et que dire des maisons de disques, ces majors, à qui  ce business fait de l’ombre.. Alors en une nuit, tout ce qui fait sa vie est saccagée.Détruit. Sa mère tuée. ll part se faire oublier pendant quelques années. Après trois ans de dérive, il  revient sur les lieux du crime. Et là il va consommer sa vengeance. Ne dit-on pas qu’elle se mange froide. Et… Elle sera sanglante.

Dominique Format nous offre un polar original, tant par l’histoire que par le sujet. Il nous fait enter de pleins pieds dans le monde interlope de Paris des année 80 , celui où la jeunesse se forgeait à coup de rock, de pop et de punk. Un monde souvent violent, parfois crasse. Un monde en perpétuel mouvement, où l’idole de la veille et aussi vite remplacé et oublié par celle de demain. L’écriture très visuelle de Dominique Format colle parfaitement à ce polar. Et le rythme soutenu voire époustouflant et échevellé de l’intrigue ajoute à la tension que sous-entend ce titre. Un roman noir comme le vinyle.

« le skeud doit être un bel objet, un diamant… Hendrix distribuant des volées de coups de poing à ses maîtresses les nuits de désespoir… Les yeux cernés de Brian Jones… Les après midis sous acide allongé sur les capots des voitures bloquées en bas de la rue Saint-Denis… La collection de fouets du timide Jimmy Page… Les polaroids pornographiques de Warhol… Les nuits qui durent des semaines… Les hécatombes pharmaceutiques… Les vedettes qui se fabriquent en un jour et se ramassent en deux saisons, laissant une poignée de 45 tours derrière eux… Les ascensions de demi-dieux s’écroulant le mois suivant… Un skeud se doit de raconter tout cela, plus encore… Il faudrait que tu déploies tes ailes, conclut-il d’un ton définitif.
J’avais tout à coup la réponse à la question que je ne m’étais pas encore posée. Que faire ?
Je ferai des skeuds.
Je choisirai les concerts inédits de groupes que j’aimais, d’autres que je découvrirai, je déciderai des pochettes, je dépenserai autant d’argent que je pourrais, je vendrai à qui je voudrai et comme bon me semblerait.
La Vérité s’offrait à moi. le Désir roulait des hanches, l’occasion ne se représenterait plus. Il n’y avait rien d’autre au monde que je ne voulais faire. Que cinq, dix, cent labels voient le jour. Je m’imaginais en feddayin électrique, en activiste vinylique… »

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