L’Unité Alphabet – Jussi Adler-Olsen


Il y a quelques jour Ophélie nous livrait son avis sur L’Unité Alphabet de Jussi Adler-Olsen.

Aujourd’hui c’est Jean Paul qui nous fait partager son ressenti

Le voici…


Le livre : L’Unité Alphabet de Jussi Adler-Olsen. Paru le 29 août 2018 aux Éditions, Albin Michel. 8,30 € ; 480 p. ; 10,8 x 17,8 cm.

4ème de couverture :

L’Unité Alphabet est le service psychiatrique d’un hôpital militaire où, pendant la Seconde Guerre mondiale, les médecins allemands infligeaient d’atroces traitements à leurs cobayes, pour la plupart des officiers SS blessés sur le front de l’Est.

Bryan, pilote de la RAF, y a survécu sous une identité allemande en simulant la folie. Trente ans ont passé mais, chaque jour, il revit ce cauchemar et repense à James, son ami et copilote, qu’il a abandonné à l’Unité Alphabet et qu’il n’a jamais retrouvé. En 1972, à l’occasion des jeux Olympiques de Munich, Bryan décide de repartir sur ses traces. Sans imaginer que sa quête va réveiller les démons d’un passé plus présent que jamais.

Le premier roman de Jussi Adler Olsen, l’auteur de la célèbre série du Département V, où éclatait déjà le talent de ce maître du thriller scandinave.

 

L’auteur : Abonné aux premières places des listes de best-sellers dans le monde entier, on ne présente plus le Danois Jussi Adler-Olsen : lauréat du dernier Ripper Award (prix européen du polar), du Prix Boréales du polar nordique 2014 pour l’ensemble de la série du Département V, Grand prix polar des lectrices de Elle 2012 pour Miséricorde, prix « Laurier d’or » des libraires au Danemark et prix Clé de verre (meilleur polar scandinave) pour Délivrance.

 

Extrait :
« James commençait à synthétiser les renseignements. Quelques informations par-ci, une bribe d’anecdotes par-là et des heures de vantardise qui, ensemble, composaient l’histoire des trois simulateurs qui partageaient son quotidien.
Dieter Schmidt, le Chétif, celui qui était dans le lit le plus éloigné, parlait très bas et il n’était pas facile d’entendre ce qu’il disait. James ne savait pas s’il était d’une nature discrète ou si c’était la peur d’être découvert qui lui donnait une voix aussi tenue. Les gens changent en fonction de leur environnement. Leur morphologie peut également avoir une incidence. James avait remarqué par exemple que plus Dieter Schmidt avançait dans ses séances d’électrochocs, plus il paraissait effacé, alors que ni Kröner ni Lankau ne semblait en être affectés. Quoi qu’il en soit, leur situation actuelle ne les empêchait pas d’échanger leurs souvenirs avec jubilation. James priait pour qu’un jour une infirmière les surprenne, que c’est trois monstres soient démasqués et que son cauchemar se termine.
En attendant, il devait se méfier deux et s’assurer qu’il n’aient aucun soupçon à son égard.»

 

Le ressenti de Jean-Paul

 

Bonjour à toutes et à tous…

 L’Unité Alphabet est le premier roman de Jussi Adler-Olsen, qui est devenu un best-seller dès sa sortie dans de nombreux pays.

Comme l’indique l’auteur à la fin de son ouvrage, “Ce livre n’est pas un roman de guerre.”

Malgré certaines longueurs au début (justifiées par le sujet du récit), ce roman est incroyable !

 C’est le récit sur une véritable amitié masculine, sur l’amour, sur la folie aussi, mais surtout, c’est le récit d’une trahison…

 Nous sommes dans l’univers des hôpitaux psychiatriques durant la seconde Guerre Mondiale.

Mais ici, ce ne sont pas des juifs qui sont traités en cobayes par des médecins allemands mais bel et bien des officiers SS !

 La première partie du roman qui se déroule en 1944 est très visuelle.

Il n’y a quasiment pas de dialogues obligeant l’auteur à utiliser une écriture détaillée et pointue.

C’est une histoire très pesante, effrayante, cruelle et terrifiante. Mais surtout, terriblement vrai. C’est avec des recherches très approfondies que Jussi nous fait revivre avec maestria les heures sombres d’une certaine forme de cette guerre que j’ignorai totalement.

Des asiles où sont parqués des officiers SS qui sont de véritables mouroirs.

Des médecins et des infirmières qui tentent bien que mal de conserver leurs blessés en vie, alors que la guerre est aux portes de l’hôpital.

 Vers la seconde moitié du livre, l’action se déroule en Angleterre, en 1972.

Mais très vite l’intrigue se retrouve de nouveau en Allemagne.

Le jeu du chat et de la souris commence alors avec de nombreux rebondissements inattendus.

L’écriture de cette partie est superbe !

Chaque chapitre se déroule avec la mise en avant d’un narrateur différent, avec son mode de pensée et ses émotions, donnant ainsi pour chaque personnage/chapitre un rendu particulièrement vivant et rythmé !

 L’Unité Alphabet, ou l’histoire du destin passionnant sous la forme d’un thriller oppressant, de deux pilotes, Bryan et James…

 

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La Vague – Todd Strasser


Le livre  : La Vague de Todd Strasser. Traduit de l’anglais par (Etats-Unis) Aude Carlier, avant-propos Harriet Harvey Coffin. Paru le 19 février 2009 chez Pocket dans la collection Pocket Best. 6€40 ; (221 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv : 

Cette histoire est basée sur une expérience réelle qui a eu lieu aux États-Unis dans les années 1970. Pour faire comprendre les mécanismes du nazisme à ses élèves, Ben Ross, professeur d’histoire, crée un mouvement expérimental au slogan fort : «La Force par la Discipline, la Force par la Communauté, la Force par l’Action.» En l’espace de quelques jours, l’atmosphère du paisible lycée californien se transforme en microcosme totalitaire : avec une docilité effrayante, les élèves abandonnent leur libre arbitre pour répondre aux ordres de leur nouveau leader, lui-même totalement pris par son personnage.

Quel choc pourra être assez violent pour réveiller leurs consciences et mettre fin à la démonstration ?

«Ce best-seller, qui est devenu un manuel d’histoire en Allemagne et bientôt un film, souligne qu’il est facile de se transformer en petit fasciste du jour au lendemain.» Philippe Vallet – France Info

L’auteur : Todd Strasser est né en 1950 à New York et a grandi à Long Island. Il a vécu quelques années en Europe, avant de revenir aux Etats-Unis étudier la littérature et l’écriture. Il travaille ensuite pour plusieurs journaux, écrit notamment des articles et nouvelles pour The New Yorker, The New York Times, Esquire. En 1978, il publie son premier roman Angel Dust blue. C’est en 1981 qu’il publie son La Vague (The Wave) sous le pseudonymes Morton Rhue. Il a depuis publié de nombreux romans, certains sous l’alias de T. S. Rue, qui ont été traduits dans plus d’une douzaine de langues.
Extrait :
Dans la classe où il enseignait l’histoire, Ben Ross était penché au-dessus d’un vidéo-projecteur, essayant désespérément d’insérer un film dans le labyrinthe complexe de molettes et de lentilles de l’appareil. Au bout de la quatrième tentative, il n’avait toujours pas compris comment s’y prendre. Frustré, il se passa la main dans ses cheveux châtains ondulés. Toute sa vie, il avait été démuni devant les machines – les vidéo-projecteurs, les voitures… même la pompe en self-service à la station à essence du coin le rendait fou.

Le post-it de Ge

Roman fondé sur une histoire vraie. Au lycée Palo Alto, en Californie, Ben Ross s’interroge avec ses élèves sur la facilité avec laquelle le peuple allemand a suivi Hitler et les nazis. L’enseignant décide de tenter une expérience, la vague. Il choisit sans le signaler à ses élèves d’appliquer certains principes du nazisme. Au fur et à mesure, les élèves se prennent au jeu.

La vague

L’Histoire est-elle destinée à se répéter ?

L’Histoire est-elle un éternel recommencement ?

C’est à ces questions que Todd Strasser essaie de répondre dans La Vague.

Pour faire comprendre à ses élèves l’horreur nazie, un professeur d’histoire tente dans sa classe une expérience terrifiante : la Vague.

« Si l’histoire est condamnée à se répéter, alors vous aussi, vous voudrez tous nier ce qui vous est arrivé dans la Vague. »

La Vague est basé sur une expérience qui s’est réellement passée aux États-Unis dans les années 70.

Pour faire comprendre les mécanismes du nazisme à ses élèves, Ben Ross, professeur d’histoire, crée un mouvement expérimental au slogan fort :

« La Force par la Discipline, la Force par la Communauté, la Force par l’Action ».

En l’espace de quelques jours, l’atmosphère du paisible lycée californien se transforme en microcosme totalitaire : avec une docilité effrayante, les élèves abandonnent leur libre arbitre pour répondre aux ordres de leur nouveau leader, lui-même totalement pris par son personnage.

Quel choc pourra être assez violent pour réveiller leurs consciences ?

Au lycée Gordon, il y aura un avant et un après la Vague.

La Vague est le récit hallucinant de cette expérience qui rappelle les heures les plus sombres de notre Histoire.

Oui mais  cette histoire a un écho particulier aussi aujourd’hui. Nous vivons aussi des temps troubles. Une période où l’obscurantisme rôde. Et c’est assez incroyable de voir comment notre jeunesse peut se laisser berner et se voir adhérer à des idées nauséabondes. Comment un seul individu peut les pervertir . On comprend aussi mieux les mécanismes qui aujourd’hui encore fonctionnent sur nos jeunes qui s’engagent dans le djihad ! Perso j’avoue ça m’effraie et je me sens impuissante !

Ce roman a été publié aux Etats-Unis en 1981. Il a été vendu à plus d’un million d’exemplaires en Europe, et a été  porté à l’écran en Allemagne, adapté au cinéma par Dennis Gansel. Publié en France il y a 10 ans, il entre directement dans les meilleures ventes. La Vague a également été adapté en roman graphique aux Éditions Jean-Claude Gawsewitch malheureusement, il est maintenant indisponible chez l’éditeur.

 

Ecoutez la première page

Aby, une histoire de LC haloweenesque : Acte 3 Marinèt Bwa Chech


Aby, une histoire de LC haloweenesque : Acte 3 Marinèt Bwa Chech

Une fois de plus

Avec la Fée Stelphique nous  vous entraînons à nouveau dans cette opéra grandiose qu’est Aby !

Mais attention Aby a bien changé

 

Quand nos sommes remonter de la cave avec Aby, nous avons vu cette jeune femme brisée devenir  Marinette Bras Sec. Elle qui petite a perdue son bras, incarne aujourd’hui l’une des plus dangereux, des plus cruels, et des plus imprévisibles des loas du vaudou

 

Abigail Richardson est au crépuscule de sa vie. Le cérémonial du Desounien vient de s’achever dans son appartement new-yorkais du numéro 19 de la 129ème rue ouest. Au moment où elle s’apprête à se confesser à toi, les fantômes de son passé reviennent la hanter…

Nous sommes à Harlen. Harlem la noire. Abandonnée de tous.

L’Amérique est en guerre, celle du Vietnam. Elle s’embourbe dans un conflit compliqué qui devient une impasse. La jeunesse se révolte. Mais à Harlem, la communauté noire que l’on tient à l’écart, la ségrégation fait toujours rage, la jeunesse noire servira bien de chair à canon là-bas en Asie du sud-est.

A Harlem, les  Black Panther Party sont partout, ils sont sans conteste une des voix les plus écoutées  par la jeunesse noire des ghettos. Le quartier vit une crise sociale et politique sans précédent

Mais a Harlem, Marinèt Bwa Chech est la voix et l’autorité de sa rue. Elle tient ses sujets sous grande influence. Elle les aide, leur donne de quoi subvenir à leur besoin. Elle est là auprès des familles endeuillées qui ont perdu un enfant dans la jungle vietnamienne. Elle prodigue les derniers sacrement, prie pour l’âme du défunt . Elle la petite fille méprisée du ghetto. Ignorée de tous. Elle que l’on a jamais aidé, a qui l’on a jamais tendu la main. Elle, de qui on se moquait.

Aby a eu mal, Aby a souffert dans sa chair, dans son âme

Aujourd’hui Abigail Richardson, lwa Chabine, celle que l’on a repoussée puisque Métisse est devenu Marinèt Bwa Chech.

Aujourd’hui a sonné l’heure de la vengeance.

Alors vous n’avez plus qu’une chose à faire.

Tremblez, car les forces du mal sont en marche.

Tremblez car l’heure des comptes à sonner

Personne ne sera épargné

Même pas vous chers lecteurs

Je vous avais promis un acte 3 dantesque.

Marinet bwa chech va vous l’offrir

Alors

Tremblez et n’y descendez jamais !

Et si vous avez bien suivi nos conseils, nous la Fée Stelphique et la magicienne Ge, on promet de vous protéger et de vous faire vivre le dernier acte de cette histoire dont vous ne ressortirez pas totalement indemnes.

Vous l’aurez compris

Toujours en Lecture Commune, et tenant en nos mains, la soupe de citrouille, La Fée Stelphique et son amie La Magicienne Gé vous invite pour un spectacle spécial….

Troisième partie dans les profondeurs enténébrées de New-York : Harlem devient l’épicentre d’un tourbillon de folie générationnel…

Et si Marinet Bwa Chech renaissait des entrailles de son ancienne prophétie et vous invitait pour une danse endiablée avec des Loas, mélangeait un peu de son sang impur dans les gènes de sa descendance…Seriez vous prêt pour une ronde avec l’Ethéré, dans une cave où règne un monstre affamé? Parez vous de vos colliers, et laissez vous guider par Petro pour te mener sur le plancher boueux préparé avec soin par cette famille…

Quand le malheur frappe à ta porte, et que tu l’as laissé entrer, tu ne peux t’étonner de le voir toujours s’inviter par les fenêtres…Aby n’en a pas fini de souffrir, et on dirait bien que le destin de prêtresse entache son entourage…

La suite au chapitre 4….

Et si vous avez loupé le début, une séance de rattrapage est encore possible.
Vous trouverez ci desous la questions à vos réponses :

Aby, une histoire de LC haloweenesque

Aby, une histoire de LC haloweenesque :  L’Ouverture

Aby, une histoire de LC haloweenesque : Acte 1, Aby

Aby, une histoire de LC haloweenesque : Acte 2 Lwa Racine

Et… Bonne lecture à vous avec une fée elfique, une magicienne noire et une prêtresse vaudou.

Back up de Paul Colize


Mes petites lecturesLecture d’avant

 9782070449682,0-1513914Le livre :  BACK UP de Paul Colize Paru le 1er mars 2012 à La Manufacture de livres. 19€90 ; (256 p.) ; 23 x 15 cm.  Réédité en poche chez Pocket ; Prix : 8€ ;  256 pages

 

4e de couv :

Quel rapport entre la mort en 1967 des musiciens du groupe de rock Pearl Harbor et un SDF renversé par une voiture à Bruxelles en 2010 ? Lorsque l’homme se réveille sur un lit d’hôpital, il est victime du Locked-in Syndrome, incapable de bouger et de communiquer. Pour comprendre ce qui lui est arrivé, il tente de reconstituer le puzzle de sa vie. Des caves enfumées de Paris, Londres et Berlin, où se croisent les Beatles, les Stones, Clapton et les Who, à l’enfer du Vietnam, il se souvient de l’effervescence et de la folie des années 1960, quand tout a commencé…

Paul_ColizeL’auteur : Paul Colize est né en 1953 et vit près de Bruxelles. Quand il n’écrit pas, il est consultant, amateur de badminton et joue du piano.

 

Extrait :
« J’avais une dizaine d’années lorsque j’ai entendu prononcer le mot rock’n’roll pour la première fois.
La disquaire à chignon chez qui nous allions de temps à autre l’avait lâché avec dédain en me tendant le disque de Chuck Berry. Les lèvres pincées, elle avait déclaré que c’était nouveau, qu’on appelait cela du rock’n’roll.
Je n’ai jamais su qui a été le premier vrai rocker ou quelle a été la première chanson rock. Je ne me suis jamais mêlé à ce genre de débat.
Pour moi, le premier rock, c’est Chuck Berry et Maybellene.
Et c’est tout. »

Le post-it de la bibliothécaire

A Bruxelles, en 2010, devant la gare de Midi, un sans-papiers est renversé par une voiture et transporté dans un état grave dans une clinique où il est déclaré atteint du locked-in syndrom. Il ne peut plus communiquer que par le mouvement des paupières.

Un roman sur les débuts du rock’n’roll des années 1960 et les dérives narcotiques des années 1970.

Paul Colize mène un récit à plusieurs voix et à plusieurs époques qui s’entrecroisent en chapitres courts. Une construction méticuleuse qui laisse peu de place au hasard. Comme toujours, c’est très précis, très documenté, et remarquablement agencé.

A la fin du roman, vous trouverez la playlist de tous les morceaux qui accompagnent la vie du héros.

Un excellent roman noir à découvrir immédiatement si ce n’est pas déjà fait !

 

De cauchemar et de feu – Nicolas Lebel


De cauchemar et de feu – Nicolas Lebel

Le petit avis de Kris

 

Cette fois, l’auteur nous entraîne dans cet enfer qu’a été L’Irlande (et qui y est peut être toujours un peu) dans les années 70.
Le capitaine Mehrlicht, toujours égal à lui-même, bourru, pince sans rire, cachant ses sentiments et son cœur derrière des blagues potaches, mène une enquête très spéciale.
Qu’on ne s’y trompe pas, cet opus se lit avec délectation comme d’habitude mais il faut rester concentré pour saisir et comprendre toutes les ficelles de ces événements qui font l’étoffe des principaux personnages.
On sent bien la culture et le travail important qu’il y a derrière cette histoire. Malgré la légèreté du propos les faits sont là et très crédibles.

4ème de couv :


Paris, jeudi 24 mars 2016 : à quelques jours du dimanche de Pâques, le cadavre d’un homme d’une soixantaine d’années est retrouvé dans un pub parisien, une balle dans chaque genou, une troisième dans le front.
À l’autopsie, on découvre sur son corps une fresque d’entrelacs celtiques et de slogans nationalistes nord-irlandais. Trois lettres barrent ses épaules : IRA.
Le capitaine Mehrlicht fait la grimace. Enquêter sur un groupe terroriste irlandais en plein état d’urgence ne va pas être une partie de plaisir. D’autant que ce conflit irlandais remonte un peu.
Dans ce quatrième opus, Nicolas Lebel nous entraîne sur la piste d’un un assassin pyromane, un monstre né dans les années 70 de la violence des affrontements en Irlande du Nord, qui sème incendie, chaos et mort dans son sillage, et revient aujourd’hui rallumer les feux de la discorde à travers la capitale


L’auteur 
Nicolas Lebel est linguiste, traducteur et enseignant. 
Il est également auteur de romans policiers. Nicolas Lebel a fait des études de Lettres et d’anglais puis il s’est orienté vers la traduction. Il est parti en Irlande quelque temps avant de devenir professeur d’anglais. Il enseigne aujourd’hui dans un lycée parisien. Passionné de littérature et de linguistique, il publie en 2006 une première fiction, une épopée lyrique en alexandrins: « Les Frères du serment ».
En 2013, il publie aux Éditions Marabout « L’Heure des fous », en 2014, « Le Jour des morts », puis en 2015, « Sans pitié, ni remords », trois romans policiers caustiques où histoire, littérature et actualités se mêlent, des romans noirs qui interrogent et dépeignent la société française contemporaine avec humour et cynisme, dont le ton est souvent engagé, et le propos toujours humaniste. Ces quatre romans mettent en scène le capitaine Mehrlicht.

Le roi lézard de Dominique Sylvain


RL

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9782878585117,0-1327916Le livre : Le roi lézard de Dominique Sylvain. Paru le 14 mars 2012 chez Viviane Hamy dans la collection Chemins nocturnes. . 18€50 ; (298 p.) ; 20 x 13 cm
 4e de couv :

Louise Morvan, de Morvan Investigations, élucide enfin le mystère de l’assassinat de son oncle, Julian Eden, dont elle a hérité l’agence à la fin des années 70, alors qu’elle n’était qu’une toute jeune fille.

Son amant, le commissaire Serge Clémenti a retrouvé l’inspecteur Casadès qui était chargé de l’enquête sur le meurtre du détective. Sans raison apparente, il avait été rétrogradé et muté hors de Paris, après qu’on lui eut retiré le dossier. Tandis que le commissaire et ses lieutenants s’épuisent à débusquer le « killer des quais » qui trucide sans se lasser de malheureux SDF, Louise écoute Casadès conter l’après 68, et le Rock and Roll Circus que fréquentait notamment Jim Morrison, le chanteur des Doors. L’ex-flic distille ses informations, brouille les pistes, s’amuse au chat et à la souris… Pour contrer son manège, elle se coule dans la peau du personnage qu’il veut lui faire jouer, celui de la jeune Russe – assassinée elle aussi en 1979 – dont Julian Eden aurait été follement amoureux.

Machiavélique ! Le Roi Lézard évoque Guerre sale par la perversité et l’absence de scrupules des protagonistes. Au-dessus du marigot, flotte l’âme du Lizard King, amoureux de Paris, qui avait décidé de se faire enterrer au Père-Lachaise…

 

150px-Portrait_de_Dominique_SylvainL’auteur : Dominique Sylvain, née à Thionville le 30 septembre 1957, est un écrivain français de romans policiers et de romans noirs.

 

Citation :
Et cette histoire de prescription était insupportable. On pouvait tuer en toute impunité et attendre que le temps passe, que la société oublie. Les victimes valaient moins cher que les vieux trente-trois tours des années psychédéliques.

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Extrait :
Il ne les avait pas oubliées, ces gazelles du Roch and Roll Circus, ces mômes longilignes et fraîches. Dans ces années dépourvues de sida, elles ne pensaient qu’à s’envoyer en l’air et à raconter des conneries sur l’équilibre cosmique et les portes de la perception. On arrivait toujours à en trouver une pour vous faire un massage karmique. Chouette époque.

Petit résumé et petit avis

Louise, une jeune détective, part sur les traces de l’inspecteur Casadès, l’inspecteur qui avait été dessaisi du dossier de l’enquête de la mort de son oncle, Julian Eden. En parallèle, les lieutenants N’Diop et Argenson tentent d’arrêter l’homme qui assassine les SDF dans le métro.

Dominique Sylvain effectue un tour de force en réécrivant un de ses anciens polars. Elle le rend plus dense, plus réaliste, plus abouti. Il prend de l’ampleur tout comme Louise, son personnage, tout en donnant envie de relire Travestis.

D’ailleurs c’est ce que j’ai fait. Et ça a été une expérience étonnante. Je comprends mieux l’idée de l’auteur de réécrire ces trois premiers roman. Sans doute avec le temps et l’expérience, la plume de Dominique s’est aguerrie. Elle pose un regard plus profond sur ces personnages. Son écriture est moins factuelle donc plus émotionnelle. Elle n’esquisse plus les choses, mais creuse et trouve ainsi des failles auxquelles le lecteur se raccroche.

Et puis, il y a Jim Morrison et la musique des Doors qui nous accompagne. Le Roi Lezard est bien là, dans ce Paris des année 70 que Dominique Sylvain nous fait traverser et revivre avec brio.

Deux histoires pour le prix d’une. Que du bonheur

Pour lire le début du Roi lézard

 

La constellation du lynx / Louis Hamelin


 

Mes petites lectures

9782764620397,1-99117805Le livre : La constellation du lynx de Louis Hamelin. Paru le 19 mai 2011 chez Boréal.

 9782764621714,1-232080Réedité en poche chez Boréal Compact.le 25 avril 2012.14€ ;600 pages.

4e de couv :

Des fois, Sam, j’ai l’impression que la lumière des faits nous parvient de très loin, comme celle des étoiles mortes. Et que nous nageons en plein arbitraire quand nous essayons de relier les points pour obtenir une figure plausible. Peut-être que les explications que nous cherchons ne sont jamais que des approximations, des esquisses chargées de sens, comme les constellations : nous dessinons des chiens et des chaudrons là ou règne la glace éternelle des soleils éteints.
En 2001, à la mort de son ancien professeur, l’éditeur-poète Chevalier Branlequeue (un nom de plume !), l’écrivain Samuel Nihilo décide de poursuivre les recherches de ce dernier sur la crise d’octobre 1970. Chevalier y a toujours vu l’aboutissement d’une conspiration politique. De Montréal, où commence son enquête, jusqu’au village mexicain de Zopilote, où les chemins de Nihilo et d’un ex-felquiste se croiseront, en passant par l’Abitibi des grands espaces – si somptueusement décrits –, les recherches de Samuel vont rapidement se concentrer sur le rôle joué en 70 par les services secrets, l’escouade antiterroriste et toute une panoplie de personnages pas nets, dont le spectre quasi shakespearien du ministre assassiné !

L’auteur : 42571365448977

Louis Hamelin, né à Proulxville le 9 juin 1959, est un romancier, chroniqueur et critique littéraire québécois.En 2010, il publie son premier roman en près d’une décennie, La Constellation du Lynx, roman inspiré de la Crise d’Octobre qui lui a demandé quatre années de recherche. Publié à la veille du quarantième anniversaire des événements, le roman est immédiatement salué comme un chef-d’œuvre.

Résumé et petit avis :

Dans cette extraordinaire fresque, premier grand roman sur la crise d’Octobre, Louis Hamelin réinvente l’histoire du terrorisme au Québec et fait le portrait, souvent très drôle, d’une société entre deux époques. Roman historique ? Polar ? Thriller politique ? Tout cela et bien plus encore!

Polar historique que l’auteur situe dans le Québec des années 70. Son intrigue s’appuie sur un fait réel : l’enlèvement et l’assassinat du ministre du travail de l’époque, Pierre Laporte. Louis Hamelin aura passé huit ans à mener ses recherches. Ce travail de longue haleine nous entraîne au cœur de l’histoire trouble et oubliée du Québec du Front de libération. Un roman puissant, remarquablement bien écrit.

En 2011, La Constellation du Lynx remporte successivement le Prix littéraire des collégiens, le Prix des libraires du Québec, le Grand Prix littéraire de la Presse québécoise et le prix Ringuet.

Skeud de Dominique Forma


9782213632322,0-4225139782743631871,0-2559725Le livre :  Skeud  de Dominique Forma. Paru le 30 janvier 2008 chez Fayard dans la collection Fayard noir.  23€ ;  (360 p.) ; 22 x 14 cm 

  
Réédité en poche le 8 avril 2015 chez Rivage dans la collection Rivage Noir.  8,00€ ; (327 p.) ; 17 x 11 cm
4e de couv : 

Skeud

Johnny Trouble est le meilleur. Tout simplement. Il règne en seigneur sur le marché des disques pirates. D’Eddie Cochran aux Rolling Stones en passant par David Bowie ou les Clash, cet amoureux transi, ce fétichiste des trois accords électriques enregistre, presse et vend ses galettes vêtues de sublimes pochettes.

Le disque vinyle est alors une institution, un signe de reconnaissance, une école d’esthétique et de maintien. Bonne gueule, malin en affaires et débrouillard, Johnny gagne de petites fortunes de Londres à Paris, via Amsterdam. Mais son succès dérange. En une nuit, la compétition l’élimine : sa vie est saccagée, sa mère tuée. Détruit, Johnny part à la dérive pour trois longues années. A son retour, accompagné de Patrick, son candide partenaire, il va régler ses comptes.

Un retour « vintage » aux grandes années du vinyle par l’auteur de Hollywood zéro, prix lire en poche 2014.

« Ce banlieusard prouve ses talents d’écrivain avec un roman noir gouailleur situé dans le Paris des années 1980. »
Lire

th (11)L’auteur : 
Dominique Forma devait naître à Paris, il vit le jour en banlieue le 03 mars 1964.. Une vie qui s’annonçait sous la contrariété.
Après une adolescente immergée dans la musique (dans les années 1970 nous avions le choix entre faire de la politique et écouter du rock), on le pousse à travailler dans un bureau.
Il résiste, un peu, pas assez. Les journées sont longues et lui permettent de rêver à un avenir plus excitant.
Il fréquente les producteurs de films X, les fabricants de disques pirates et se met à la photo.
Sur un coup de tête, il part pour la Californie au début des années 1990. Réapprendre l’anglais, décrypter Los Angeles, éviter les Français locaux, découvrir le cinéma en tant qu’industrie.
Après plusieurs années, il se met à l’écriture de scénarios, puis à la réalisation pour enfin, au début des années 2000 écrire et réaliser un long-métrage avec Jeff Bridges, Scenes of the Crime ou en VF La loi des armes Une belle carrière américaine se profile…
Mais après quelques soucis personnels et plusieurs déceptions professionnelles, il rentre à Paris qu’il a quitté quinze ans auparavant. Ne connaissant personne, il redécouvre la ville et ses coutumes.
De l’écriture de scénarios, il passe à celle de romans noirs.
Un chez Fayard, un autre chez Syros, un troisième chez Rivages…
Il vit aujourd’hui à Paris.

Extrait : 
« Évidemment, les avocats, dont la définition génétique les situe entre le vautour et l’hyène, parlaient d’un énorme braquage. A leurs yeux, nous étions d’immondes barbares, nous pillions le patrimoine artistique dont ils étaient les défenseurs. J’étais le premier à reconnaître qu’un skeud était un disque illégal de chansons enregistrées de manière illégale, pressé et vendu illégalement. Les éditeurs musicaux, les interprètes, les représentants des labels, les auteurs compositeurs, leurs manageurs, leurs avocats, leurs maîtresses et leurs dealers ne touchaient pas un centime du bénéfice des ventes. »

Résumé et avis

Les édition Rivage ont la très bonne idée de réediter le premier roman de Dominique Format  » Skeud » qpublié à l’origine chez Fayard est qui était introuvable depuis plusieurs années.

Skeud c’est l’histoire de  Johnny Trouble, figure de l’underground des années 1980, est le maître incontesté d’une industrie originale : le disque pirate.  Mais une nuit, sa vie est saccagée, sa mère tuée.la vie ne vaut la peine que si elle est vécue à cent à l’heure. Après trois ans de dérive, il est prêt à régler ses comptes.

th (12)Dominique Format nous dresse ici le portrait de Johnny Trouble, figure centrale et légendaire de l’underground  de la fin des années 70 et du début des année 80. Véritable encyclopédie musicale, Johnny règne sur le petit monde du skeud, le disque pirate ou comment faire connaître des artistes underground. Le Disque Conpact  commence à montrer le bout de son nez, mais pour les passionnés de  rock et de musique, rien ne vaut le bon vieux vinyle, avec ses pochettes conçues comme de vraies oeuvres d’art. Et pour Johnny comme pour les jeunes de cette génération, nouris au Punk et au Rock, la vie ne vaut la peine que si elle est vécue à plus de cent à l’heure.Argent facile, filles, drogue, Johnny parcourt l’Europe, il court et participe à tous les « live » possibles. De Londres à Paris ou Amsterdam, il enregistre en douce des concerts mythiques et habille ses vinyles piratés de pochettes sublimes. Les fans s’arrachent ses « Skeuds », cependant son succès fait des jaloux. Il faut dire que l’univers du piratage est un univers infernal. Des sommes considérables  passent de mains en mains pour obtenir le saint graal. Un enregistrement pirate du derniers concerts d’une idole de l’époque, introuvable par ailleurs, se vend à prix d’Or. Alors Johnny Presse, mixe, passent son temps sur sa table de mixage à retranscrire les bandes son piratées. Et ils sait que revendus sous le manteau, les fans seront là, prêts à mettre la main au porte monnaie. Surtout que les skeuds de Johnny sont les plus beaux. Du coup les concurrents, car il y a concurrence sur ce marché juteux, ne sont pas vraiment heureux de voir sa petite entreprise fleurissante. Et que dire des maisons de disques, ces majors, à qui  ce business fait de l’ombre.. Alors en une nuit, tout ce qui fait sa vie est saccagée.Détruit. Sa mère tuée. ll part se faire oublier pendant quelques années. Après trois ans de dérive, il  revient sur les lieux du crime. Et là il va consommer sa vengeance. Ne dit-on pas qu’elle se mange froide. Et… Elle sera sanglante.

Dominique Format nous offre un polar original, tant par l’histoire que par le sujet. Il nous fait enter de pleins pieds dans le monde interlope de Paris des année 80 , celui où la jeunesse se forgeait à coup de rock, de pop et de punk. Un monde souvent violent, parfois crasse. Un monde en perpétuel mouvement, où l’idole de la veille et aussi vite remplacé et oublié par celle de demain. L’écriture très visuelle de Dominique Format colle parfaitement à ce polar. Et le rythme soutenu voire époustouflant et échevellé de l’intrigue ajoute à la tension que sous-entend ce titre. Un roman noir comme le vinyle.

« le skeud doit être un bel objet, un diamant… Hendrix distribuant des volées de coups de poing à ses maîtresses les nuits de désespoir… Les yeux cernés de Brian Jones… Les après midis sous acide allongé sur les capots des voitures bloquées en bas de la rue Saint-Denis… La collection de fouets du timide Jimmy Page… Les polaroids pornographiques de Warhol… Les nuits qui durent des semaines… Les hécatombes pharmaceutiques… Les vedettes qui se fabriquent en un jour et se ramassent en deux saisons, laissant une poignée de 45 tours derrière eux… Les ascensions de demi-dieux s’écroulant le mois suivant… Un skeud se doit de raconter tout cela, plus encore… Il faudrait que tu déploies tes ailes, conclut-il d’un ton définitif.
J’avais tout à coup la réponse à la question que je ne m’étais pas encore posée. Que faire ?
Je ferai des skeuds.
Je choisirai les concerts inédits de groupes que j’aimais, d’autres que je découvrirai, je déciderai des pochettes, je dépenserai autant d’argent que je pourrais, je vendrai à qui je voudrai et comme bon me semblerait.
La Vérité s’offrait à moi. le Désir roulait des hanches, l’occasion ne se représenterait plus. Il n’y avait rien d’autre au monde que je ne voulais faire. Que cinq, dix, cent labels voient le jour. Je m’imaginais en feddayin électrique, en activiste vinylique… »

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