Power – Michael Mention


Power de Michael MentionLe livre : Power de Michael Mention. Paru le 4 avril 2018 chez Stéphane Marsan. 20€ ; (455 p.) ; 22 x 15 cm.

4e de couv :

« Ici, comme dans les autres ghettos, pas d’artifice à la Marilyn, ni de mythe à la Kennedy. Ici, c’est la réalité. Celle qui macère, mendie et crève. »

  1. Enlisés au Vietnam, les États-Unis traversent une crise sans précédent : manifestations, émeutes, explosion des violences policières. Vingt millions d’Afro-Américains sont chaque jour livrés à eux-mêmes, discriminés, harcelés. Après l’assassinat de Malcolm X, la communauté noire se déchire entre la haine et la non-violence prônée par Martin Luther King, quand surgit le Black Panther Party : l’organisation défie l’Amérique raciste, armant ses milliers de militants et subvenant aux besoins des ghettos. Une véritable révolution se profile. Le gouvernement déclare alors la guerre aux Black Panthers, une guerre impitoyable qui va bouleverser les vies de Charlene, jeune militante, Neil, officier de police, et Tyrone, infiltré par le FBI. Personne ne sera épargné, à l’image du pays, happé par le chaos des sixties.

Un roman puissant et viscéral, plus que jamais d’actualité.

 

 Michael Mention - Auteur aux Quais du PolarL’auteur : Michaël Mention est né en 1979. Enfant, il se passionne pour le dessin. Adolescent, il réalise plusieurs bandes dessinées. Étudiant, il intègre un atelier d’écriture et rédige de nombreuses chroniques satiriques, avant d’écrire son premier roman. Passionné de rock, de cinéma et d’histoire, sa trilogie policière consacrée à l’Angleterre a été récompensée par le Grand Prix du roman noir au festival international de Beaune en 2013 et le Prix Transfuge meilleur espoir polar en 2015.
Power est son dixième roman.

Extrait :
11 août 1965
Local du SSAC, Oakland
 
Huey, Bobby, Artie, Calvin, Al, Shauna et son frère Jerry, tout le monde a répondu présent, apportant des bières et de la soul. Nouvelle réunion pour partager ses galères, ses envies, ses colères, et aussi quelques blagues adressées aux jeunes mariés. Ceux-ci répondent avec le sourire, si amoureux qu’ils semblent retombés en enfance.
Un temps, on a cru que le bonheur de Bobby l’avait calmé, mais il n’en est rien. Serein en couple, il reste surexcité en politique. Et ce soir, il y en a, des choses à débriefer. Contre toute attente, Johnson tient ses promesses puisqu’il a baissé les impôts et fait voter le Medicare pour les vieux. Bon, il a aussi envoyé plus de soldats au Vietnam.

 Le conseil de lecture de Fred

power Mention Fred

Power de Michael MENTION inaugure la nouvelle collection de Stéphane Marsan chez Bragelonne. Une couverture épurée pour un roman véritable coup de poing.

Je ne connaissais que très peu de choses sur l’histoire du Black Panther Party, le récit se partage en deux parties : historique et chorale avec trois personnages.

La première partie présente l’historique : 

Les Etats-Unis sont embourbés avec le conflit au Vietnam, manifestations et émeutes ( Watts 1965 ), Malcolm X est assassiné. Deux jeunes se rencontrent Huey et Bobby. Ils décident de créer le BBP et sortent un programme en 10 points. Ce programme s’inspire des préoccupations de la population et est aisément compréhensible par les moins instruits. Bobby en devient le président et Huey le ministre de la Défense. Munies de livre de Droit et en s’armant les patrouilles se servent du Deuxième Amendement de la Constitution pour rester dans la stricte légalité. Les BBP ont aussi offert de nombreux autres services gratuits tels que des cliniques, vêtements, repas, cours….

La seconde partie est le roman choral :

En septembre 1968 Edgar Hoover qualifie le BBP de menace sérieuse à la sécurité du pays et crée le programme COINTELPRO. Nos trois protagonistes sont mis en scène dans leur quotidien. Charlène jeune adolescente va militer, découvrir l’amour et la jalousie, Neil le flic traumatisé après la fusillade d’octobre 1967 ou il voit mourir son collègue, va aller de désillusions en désillusions et Tyrone l’infiltré qui pour sauver sa mère accepte d’infiltrer le mouvement.

Ce roman est un témoignage, il retrace l’histoire du BBP depuis l’origine jusqu’à sa fin en mettant en scène des personnages réels et fictionnels. Par son écriture percutante, saccader, saupoudrer de paroles de chanson ( voir la liste en fin d’ouvrage ) Michael nous tient en haleine, une seule envie tourner de la page, partager les rêves de Bobby et Huey, vivre avec Charlene, Neil et Tyrone. Personne n’est épargné même pas nous le lecteur happé par le chaos des sixties.

Michael m’avait déjà impressionné avec Jeudi Noir mais avec ce récit il a fait un bond de géant, par toutes ses recherches et mettre en place un récit qui se tient de bout en bout. Un grand romancier, un livre à lire avec un accès internet, tellement certaines scènes sont ubuesques.

Attention vous ne pourrez pas lâcher ce livre, C’EST UNE REUSSITE.

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Meurtre à la morgue – Olivier Kourilsky


Meurtre à la morgue Olivier KourilskyLe livre : Meurtre à la morgue – Suivi de La Fracture d’Olivier Kourilsky. Paru le 9 novembre 2005 , Réédité le 22 juin 2015 aux Editions Glyphe.  15€ ; (173 p.) ; 21 x 15 cm

4e de couv :

Faculté des Saints-Pères, 1963. Le corps d’une étudiante en médecine est retrouvé sur une table du pavillon d’anatomie, au milieu des cadavres en attente de dissection. Stupeur ! L’auteur présumé de ce crime horrible est rapidement arrêté, condamné et exécuté. Mais d’autres morts s’accumulent autour de la petite bande d’étudiants déjà durement frappée.

Ces drames ont-ils un rapport entre eux ? Un des carabins arrive à convaincre un inspecteur de police de reprendre l’enquête, à l’insu de sa hiérarchie.

Olivier-Kourilsky_8906L’auteur : Olivier Kourilsky, alias «Docteur K» est né en 1945. Il a publié 9 ouvrages, dont Meurtre pour de bonnes raisons, Prix Littré 2010, et Le Septième Péché, Prix du polar d’Aumale 2014,  son dernier opus, Marche ou greffe, sorti en janvier dernier
Ancien chef d’un service de néphrologie francilien, il est professeur honoraire au Collège de médecine des Hôpitaux de Paris, sociétaire de la Société des gens de lettres et membre de la Société des auteurs de Normandie.

 

Extrait:
Fernand Rabot termina son café. De sa petite table du Carabin, bourré de monde à cette heure, il ne pouvait voir d’autre paysage que la façade massive de la Faculté des Saints Pères. La lumière glauque de la journée d’hiver ajoutait encore à son aspect sinistre. Cette « Nouvelle Faculté » était encore une belle réussite architecturale qui n’aurait pas déplu de l’autre côté du Rideau de fer… Mais ses amphithéâtres et ses salles de travaux pratiques étaient quand même plus spacieux que ceux de la rue de l’École de Médecine : escalader les gradins d’un amphi de la « Vieille Fac » relevait de l’exploit sportif !
Fernand s’étira et regarda sa montre. Il était temps d’aller retrouver ses pensionnaires. Il salua en habitué le garçon et enfila son vieux manteau. Ignorant comme toujours le passage-piétons, il traversa directement vers l’entrée de la Faculté.

docteur K Eppy

Meurtre à la morgue – Suivi de La Fracture D’olivier Kourilsky Editions Glyphe

 La chronique d’Eppy Fanny·

Il est toujours intéressant de découvrir un auteur via l’un de ses 1ers romans. C’est chose faite (oui enfin Olivier).
J’ai rencontré l’auteur sur plusieurs salons, toujours avec plaisir. Il sait se rendre disponible et répond spontanément aux questions que des petites curieuses dans mon genre posent.
Olivier, alias le Docteur K (et son fameux badge clignotant), du fait de son parcours professionnel, situe ses récits dans l’univers hospitalier. Il est vrai que l’on parle mieux de ce que l’on connaît.

Meurtre à la morgue
L’histoire :
1963 (année exceptionnelle s’il en est). Le corps d’une étudiante en médecine est retrouvé sur une table du pavillon d’anatomie.
Ça jette un froid même si nous sommes au milieu d’autres cadavres en attente de dissection.
Un suspect tout désigné est rapidement arrêté. Et exécuté car dans les années 60 la guillotine est toujours d’actualité.
Les amis de la victime sont naturellement impactés et la petite bande désorientée.
D’autant que malgré l’exécution du coupable, les morts dans leur entourage continuent à pleuvoir. Un avocat, un professeur …
Et si Fernand Rabot n’était finalement pas coupable ? Un innocent serait-il mort pour rien ?
Puis que cache leur ami Alain ? Lui qui se braque dès que la conversation du groupe se porte sur ces évènements funestes.
Pierre s’interroge, la fille du professeur Malorgue aussi. Avec l’aide de l’inspecteur Buchot l’enquête va reprendre et le coupable sera enfin stoppé.
Des vérités éclateront, d’autres seront tues à jamais.
Un récit plus sur la nature humaine, ses mensonges et ses failles que du noir très noir.
Une jolie peinture d’une époque qu’il semblerait que l’auteur ait bien connue.
Une immersion en douceur dans le milieu médical, qui n’est pourtant pas ma tasse de thé. Je l’appréhendais et en fait les forceps n’ont pas été nécessaires. Un moment de détente agréable.

La Fracture
L’histoire :
Une nouvelle qui nous parle d’une sombre période de notre histoire puisqu’elle se situe en 1944. Les allemands qui recherchent des résistants. Un village en otage avec la mort qui plane. Puis le hasard et ses facéties. Et l’héroïsme pas toujours où on l’attend.

De la part d’Hannah – Laurent Malot


En ce jour de Saint Valentin, nous voulions vous proposer autre chose que du polar.

Aussi avons nous décidez je vous présenter deux romans de nos auteurs polar chouchous du moment mais qui écrire aussi de la blanche.

Le premier a être sur la sellette c’est Laurent Malot

Aussi je vous laisse découvrir son 1e roman


Le livre : De la part d’Hannah de Laurent Malot. Paru le 6 mars 2014chez Robert Laffont. 19€ ; (224 p.) ; 22 x 14 cm

4e de couv : Hannah a dix ans et un caractère bien trempé. Elle vient de passer trois ans dans un sanatorium, lorsque, du jour au lendemain, on décrète qu’elle n’est plus malade et doit rejoindre son petit village de Dordogne. À La Chapelle-Meyniac, les cancans des mégères vont bon train. Hannah s’en méfie. En 1961, en pleine guerre d’Algérie, les blessures de la Seconde Guerre mondiale ne sont pas cicatrisées. Rien de pire que les rumeurs, surtout lorsqu’elles concernent votre mère…

L’auteur : Depuis son enfance, Laurent Malot n’a qu’une envie, celle de raconter des histoires. Autodidacte, il a écrit des fictions pour France-Inter, des pièces de théâtre et trois romans : De la part d’Hannah (Robert Laffont, 2014) et les thriller L’Abbaye blanche et Sème la mort (Bragelonne, 2016 et 2017). Il a aussi sortie Lucky Losers (Albin Michel) , un premier roman jeunesse.

Extrait :
Ma mère est morte quand j’avais trois ans. J’étais trop petite et je m’en souviens pas. Il paraît qu’elle avait les mêmes cheveux que moi et les yeux encore plus clairs. Elle s’appelait Elsa, elle avait vingt-quatre ans et elle est morte dans un accident de train, un jour où elle allait voir ses parents dans l’Est. Eux, je sais même pas s’ils sont vivants ou morts, on en parle jamais. C’est à cette époque que Martha a acheté une autre maison à l’autre bout de La Chapelle-Meyniac, parce qu’avec Jimino, ça collait plus.

Le OFF de OPH

oph et Laurent MalotLaurent Malot , je crois que c’est la première fois que je cherche autant mes mots pour exprimer un retour de lecture. D’ailleurs « retour » n’est déjà pas le terme adéquat tant c’est une boule d’émotions qui enserre mon cœur de petite fille du peuple juif qui s’exprime…
Je suis née catholique mais née Cohen, avec toute l’histoire de ma famille. Nombre d’entre vous s’en fiche, mais si je parle de « de la part d’Hannah » avec tant d’émotions, ce n’est pas anodin. C’est sûr, les paroles d’Hannah trouvent un écho chez moi, plus que chez d’autres je pense…
Qu’est ce qu’être juif? Tu l’exprimes tellement bien Laurent. Aujourd’hui nul ne peut en donner une définition acceptée de tous. Être de religion juive? Être né d’un parent juif et se sentir lié à ce peuple qui, depuis la nuit des temps, est persécuté? Tant de questions qu’Hannah se pose et que je me suis posées… parce que même en 2018 l’antisémitisme a de beaux jours devant lui, parce qu’être juif est indéfinissable.
Au travers des mots d’Hannah tu as évoqué les conséquences de la rumeur, de ces bruits de village qui existaient à l’époque mais qui existent encore… les dégâts que peuvent causer les « on dit »… la pression de conformité… la peur de la différence.
À travers ses mots innocents (ceux d’Hannah) mais desquels transpirent une maturité qu’on ne devrait pas avoir à 10 ans, tu m’as bouleversée.
Qui sommes nous? D’où venons nous? Notre histoire est essentielle pour nous construire et les secrets de famille nuisent à notre épanouissement.
J’ai peur d’en dire trop et je vais donc m’arrêter. Une chronique très courte parce que je n’ai pas les mots pour exprimer ce que je ressens à la fin de ton roman.
Mes émotions m’appartiennent, elles sont très fortes et ne valent que pour la femme que je suis.
Néanmoins, à vous qui me lisez, « de la part d’Hannah » est un roman qui devrait être lu au collège… dur parfois, avec des mots qu’il faudra expliquer à nos enfants, il est le reflet de ce qu’il s’est passé et de ce qu’il se passe encore dans notre pays. Un hymne à la tolérance et à l’amour de son prochain, un pamphlet contre l’étroitesse d’esprit.
Laurent ce roman est un bijou, et je pousserai mon fils à le lire quitte à le relire avec lui.
Tu m’as bouleversée avec Hannah.
Merci à toi.
Je ne mettrais ni la quatrième de couverture, ni aucune citation (malgré le fait que j’en ai marqué plusieurs). Pour une fois les mots me manquent tant l’émotion est intense.
Faites moi confiance, ne cherchez pas à en savoir plus et juste « lisez ».
Rien ne sert de tout analyser, il faut juste parfois se laisser porter par les émotions.

Ne pensez pas qu’il s’agit d’un énième roman victimisant le peuple juif (si si j’entends déjà certaines critiques), regardez au delà… voyez ce qu’il se passe au delà du miroir et de l’histoire… Laurent appelle juste, à mon sens, au respect de son prochain, quelque soit son origine. Ce roman n’est nullement moralisateur, il rappelle juste que nous sommes tous « humains »

Quant à toi mon cher Laurent, tu m’as fait pleurer… beaucoup… et nous en avons depuis parlé à Noeux les Mines dimanche dernier…

ophélie et Laurent

Magic Time de Doug Marlette.


Je suis heureuse aujourd’hui de vous donner à lire la toute première chronique de notre nouvelle flingueuse, j’ai nommé Cécile.

Et en plus, elle nous parle d’un livre que j’ai beaucoup aimé, puisque c’est un de mes coups de coeur 2016.

Ce livre c’est : …

Le livre : Magic Time de Doug Marlette. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Karine Lalechère. rééditer en poche le 6 avril 2017 chez 10/18.  9€60 ; (667 p.) ; 18 x 11 cm

 Initialement paru le 7 janvier 2016 aux Cherche Midi dans la collection Thriller. 22€ ; (669 p.) ; 22 x 15 cm
4e de couv : 

Mars 1965. Alors que le Mouvement des droits civiques porté par Martin Luther King s’étend dans tous les États-Unis, le pays a les yeux fixés sur Troy, une petite localité du Mississippi. Quatre jeunes activistes y ont péri dans l’incendie d’une église. Deux membres du Ku Klux Klan sont arrêtés et condamnés à perpétuité.

1990. L’un des condamnés libère sa conscience en désignant le vrai responsable du crime. Un nouveau procès se prépare donc à Troy. De retour dans sa ville natale, Carter Ransom, ancien sympathisant dans la lutte pour les droits civiques et journaliste au New York Examiner, est aux avant-postes. Son premier amour, Sarah Solomon, faisait partie des victimes et son père, le tout-puissant juge Mitchell Ransom, avait conduit le premier procès. Carter veut faire toute la lumière sur cette période qui l’a marqué à jamais. Et c’est dans le passé qu’il va devoir fouiller pour mettre au jour une vérité aussi terrible qu’inattendue.

L’auteur : Né en Caroline du Nord le 06 décembre 1949,. il est mort dans un accident de voiture le 10 juillet 2007 dans le Mississippi. Magic Time, paru aux États-Unis en 2006, est son premier roman publié en France. Doug Marlette  était un dessinateur de presse, auteur de bande dessinée et romancier américain. Lauréat du prix Pulitzer du dessin de presse en 1988 pour ses dessins publiés dans The Charlotte Observer et The Atlanta Journal-Constitution en 1987, il est également de 1981 à son décès l’auteur du comic strip familial humoristique Kudzu1.
Il retrace ici toute une époque, trouble, pleine de non-dits, de soupçons et de positions ambiguës, mais aussi de courage, de droiture et de passion. Celle de la lutte pour les droits civiques. Avec une intrigue haletante et des personnages d’une rare humanité, Doug Marlette signe un chef-d’oeuvre, à classer entre les romans de John Grisham et de Tom Wolfe.
Extrait : 
« Emily regarda Carter en fronçant les sourcils tandis que tout le monde se levait. Elle savait qu’il avait reçu des courriers haineux et des menaces de mort au début de sa carrière pour avoir pris des positions impopulaires dans le Sud. Cependant, il n’avait jamais évoqué sa jeunesse dans le Mississippi, du moins pas en lien direct avec ces événements historiques. Carter vit à son expression qu’elle venait de comprendre qu’il lui avait caché quelque chose. Il n’avait pourtant jamais eu l’intention de dissimuler quoi que ce soit. Mais comme beaucoup de journalistes, il ne savait pas raconter une histoire quand elle le concernait. »

Les emotion livre Cécile

 Les émotions livresque de Cécile

Magic Time de Doug Marlette.

 

Inspirée d’un fait réel, cette enquête haletante maquillée en thriller plonge dans l’histoire politique violente et ségrégationniste de l’Amérique pour en tirer une poignante leçon d’humanité…
1990, à Troy, Mississippi. Le journaliste Carter Ramson revient dans sa ville natale où, en 1964, il a perdu son premier amour, Sarah, victime du Ku Klux Klan. Son père, le juge Mitchell Ransom, avait conduit le procès et obtenu la condamnation à perpétuité de deux membres du clan. Lorsque l’un des deux prisonniers finit par parler et désigner les vrais responsables, Carter décide d’enquêter.

J’ai découvert les Etats-Unis, il y a 20 ans, dans le cadre d’un programme d’échanges. Enfin pour être plus précise le Mississippi, et les étudiants, que nous étions, étaient effarés par la séparation entre les communautés et par le racisme de tout part ambiant même dans le milieu universitaire … A travers l’histoire d’un procès dans les années 90  d’un meurtre de militants des droits civiques, Magic Time nous donne à comprendre ce Mississipi.  Magic Time, ce sont aussi les amitiés, les amours, l’éveil des esprits sur fond de violence et de terreur qui vous embarquent dans le Mississippi sur une période de 20 ans.

Magic Time explique malheureusement aussi  le Charlottesville aujourd’hui, le bras de fer de Trump et des sportifs de la NFL et l’incapacité des USA à tourner les pages douloureuses de son passé dont les combattants semblent ne jamais pouvoir baisser les armes. Les étudiants que nous étions alors ne pensaient pas que 1967 résonnerait encore si vivement en 2017. Lire Magic Time, c’est amorcer une compréhension grâce à une « petite » histoire qui raconte la grande.

« Carter prit une profonde inspiration. Troy avait vu naître au moins deux champions de renommée internationale (…). Mais ces enfants du pays couronnés de succès représentaient l’inconvénient d’être afro-américains. La ville avait attendu plusieurs décennies avant de donner leur nom à des rues et encore dans le quartier historique noir. Et quand elle avait décidé d’ériger une statue à l’un de ses habitants, elle leur avait préférée un idiot patenté qui se trouvait être blanc. Bienvenue à Troy, Mississippi »

 

Back up de Paul Colize


Mes petites lecturesLecture d’avant

 9782070449682,0-1513914Le livre :  BACK UP de Paul Colize Paru le 1er mars 2012 à La Manufacture de livres. 19€90 ; (256 p.) ; 23 x 15 cm.  Réédité en poche chez Pocket ; Prix : 8€ ;  256 pages

 

4e de couv :

Quel rapport entre la mort en 1967 des musiciens du groupe de rock Pearl Harbor et un SDF renversé par une voiture à Bruxelles en 2010 ? Lorsque l’homme se réveille sur un lit d’hôpital, il est victime du Locked-in Syndrome, incapable de bouger et de communiquer. Pour comprendre ce qui lui est arrivé, il tente de reconstituer le puzzle de sa vie. Des caves enfumées de Paris, Londres et Berlin, où se croisent les Beatles, les Stones, Clapton et les Who, à l’enfer du Vietnam, il se souvient de l’effervescence et de la folie des années 1960, quand tout a commencé…

Paul_ColizeL’auteur : Paul Colize est né en 1953 et vit près de Bruxelles. Quand il n’écrit pas, il est consultant, amateur de badminton et joue du piano.

 

Extrait :
« J’avais une dizaine d’années lorsque j’ai entendu prononcer le mot rock’n’roll pour la première fois.
La disquaire à chignon chez qui nous allions de temps à autre l’avait lâché avec dédain en me tendant le disque de Chuck Berry. Les lèvres pincées, elle avait déclaré que c’était nouveau, qu’on appelait cela du rock’n’roll.
Je n’ai jamais su qui a été le premier vrai rocker ou quelle a été la première chanson rock. Je ne me suis jamais mêlé à ce genre de débat.
Pour moi, le premier rock, c’est Chuck Berry et Maybellene.
Et c’est tout. »

Le post-it de la bibliothécaire

A Bruxelles, en 2010, devant la gare de Midi, un sans-papiers est renversé par une voiture et transporté dans un état grave dans une clinique où il est déclaré atteint du locked-in syndrom. Il ne peut plus communiquer que par le mouvement des paupières.

Un roman sur les débuts du rock’n’roll des années 1960 et les dérives narcotiques des années 1970.

Paul Colize mène un récit à plusieurs voix et à plusieurs époques qui s’entrecroisent en chapitres courts. Une construction méticuleuse qui laisse peu de place au hasard. Comme toujours, c’est très précis, très documenté, et remarquablement agencé.

A la fin du roman, vous trouverez la playlist de tous les morceaux qui accompagnent la vie du héros.

Un excellent roman noir à découvrir immédiatement si ce n’est pas déjà fait !

 

22/11/63 de Stephen King : Une lecture bicéphale, chapitre 2


22/11/63 de Stephen King : Une lecture bicéphale.

Avec mon ami Frédérique nous vous proposons une lecture commune.

Et oui nous avons osé. Et sur un des grand titre de Stephen King encore.

Aussi, aujourd’hui et demain nous partagerons avec vous nos deux avis.

Hier c’était Frédérique qui ouvre le bal !

Aujourd’hui j’essaie moi aussi de vous faire danser !

Le livre: : 22/11/63 de Stephen King. Paru le 27 février 2013 chez Albin Michel. 25,90€; (936 p.) ; 24 x 16 cm.

4e de couv :

Extra

Samedi, 23 novembre 1963

Dallas : JFK et Jackie, sains et saufs.

Moment de panique au cours d’une visite à Dallas.

Page 3

Les américains ont eu très peur

Dallas (envoyé spécial) La ville a rarement vécu un choc d’une telle ampleur ! Alors que le retenti, semant la panique.

Les gens ne cachaient pas leur soulagement : « Quand je pense à ce qui aurait pu se passer, j’en tremble encore. L’assassinat du président aurait marqué d’une tâche .

Imaginez que vous puissiez remonter le temps, changer le cours de l’histoire. Le 22 novembre 1963, le président Kennedy était assassiné à Dallas. À moins que…

Jake Epping, professeur d’anglais à Lisbon Falls, n’a pu refuser d’accéder à la requête d’un ami mourant : empêcher l’assassinat de Kennedy. Une fissure dans le temps va l’entraîner dans un fascinant voyage dans le passé, en 1958, l’époque d’Elvis et de JFK, des Plymouth Fury et des Everly Brothers, d’un taré solitaire nommé Lee Harvey Oswald et d’une jolie bibliothécaire qui deviendra le grand amour de Jake, un amour qui transgresse toutes les lois du temps.

Avec une extraordinaire énergie créatrice, King revisite au travers d’un suspense vertigineux l’Amérique du baby-boom, des « happy days » et du rock and roll.

« L’oeuvre d’un génie ! »Time Magazine

« Un véritable magicien du roman… Une des plus formidables histoires de voyage dans le temps depuis H.G. Wells. »New York Times

« Colossal, généreux, passionnant… La quintessence du talent de King. »Miami Herald

 

L’auteur : Stephen King est né le 21 septembre 1947 à Portland, dans le Maine Auteur de plus de cinquante romans et deux cents nouvelles, couronné par de nombreux prix prestigieux, Stephen King est un mythe vivant de la littérature américaine, le maître absolu du fantastique et du suspense

L’avis de Geneviève:

Vous avez lu la quatrième de couverture ? Et bien tout est dit. Nombreuses sont les éloges autour de ce roman de monsieur King. Beaucoup ont crié au chef d’oeuvre. Alors, bien sur, il me fallait le lire.

De plus, Catherine, une camarade du comité de lecture polar, m’en avait elle aussi fait une chronique extra.

Et puis le 22/11/63, c’est sa date de naissance. Alors elle ne pouvait que le lire.

 Et puis encore, il est paru le jour de mes 47 ans, je ne pouvais, moi aussi, que le lire.

Il n’y a pas de coïncidences qui tiennent, le hasard fait souvent bien les choses.

Il faut dire aussi que le sujet me plaisait. L’assassinat de John Fitzgérald Kennedy a tout du fait divers qui passionne les foules. Refaire l’enquête sur cet assassinat, repartir à Dallas, le jour de celui-ci, tout cela ne tenter bien. Surtout avec Stephen King au commande.

Alors je me suis engouffrée dans la vie de Jake Epping, professeur d’anglais à Lisbon et de Al Templeton, spécialiste du Fat Burger. Et pendant les 2 première partie et plus de 250 pages, j’ai gentiment appris à les connaître. J’avais avalé plus du quart de ce pavé et toujours rien ne se passait. La lecture était plaisante certes mais pas d’émotions à l’horizon. J’en parlais autour de moi et nombreux étaient ceux qui me conseillaient de poursuivre ma lecture. Et puis comme je ne suis pas du genre à laisser tomber au premier obstacle venu, je continuais donc.

Et là je suis entré directement dans le passé. J’ai suivi Jake Eping, devenu George Amberson pour l’occasion. Avec lui j’ai remonté le temps. Comme lui je suis entrée de plein pied dans les États Unis d’Amérique de la fin des années 50. Je l’ai regardé changer 2-3 petits trucs du passé, empêcher un père de famille de tuer tout sa petit famille, éviter un accident de chasse à une jeune fille innocente. Tout cela pendant que le passé, lui, essayait de se défendre contre ses changements. Car le passé est tenace et c’est un monstre particulièrement retors.

 Mais malgré les coups du sort, George tenait bon. Il n’oubliait surtout pas son objectif de départ, empêcher l’assassinat de JFK pour faire de demain un avenir meilleur.

Et à partir de là, j’ai commencé à adhérer à l’histoire que me raconter Stephen King. L’enquête sur l’assassinat de JFK bien que servant de canevas passe au second plan. King nous fait un portrait saisissant de l’Amérique de l’après guerre. Cette Amérique triomphante où règne pourtant la pauvreté, le racisme , l’antisémitisme, la bigoterie religieuse., la ségrégation, une indifférence générale pour la condition féminine…

 King n’est pas nostalgique. Ici point de » c’était mieux avant ». Il dissèque cette Amérique et joue le parallèle avec celle de notre époque.

D’ailleurs se n’est pas le seul parallèle que King induit dans ce livre. Comme lui George Amberson devient écrivain, sans doute pour passer le temps. Mais cette mise en abyme est aussi un prétexte pour lancer quelques clins d’oeil aux lecteurs tout au long de ce livre. Ces clins d’œil sont autant de références à ces autres bouquins. Et l’auteur les glisse ,insidieusement et avec malice, ça et là dans ce roman.

  

Extrait: « Le soir, je travaillais sur un roman que j’appelai provisoirement La Ville assassine. La ville en question était Derry, évidemment, bien que je l’aie renommée Dawson dans mon livre. Je l’ai commencé en guise de camouflage, pour avoir quelque chose à montrer au cas où je me ferais des amis et que l’un d’eux demande à voir sur quoi je travaillais. […] Finalement, le texte de La Ville assassine est devenu plus qu’un camouflage. J’ai commencé à le trouver bon et à rêver qu’un jour il puisse être publié ».

Enfin en plus d’être un roman de science fiction, une satire sociale, un roman d’action, policier et d’espionnage , 22/11/63 et aussi une grande histoire d’amour. Et ,tout au long de la seconde partie du roman on tremble pour l’aventure de Jake Epping/George Amberson et Sadie Dunhill.

Pourtant j’ai quelques réticences persistantes à la lecture de ce livre. D’abord, j’ai trouve quelques longueurs surtout au départ de l’histoire. J’avais beau essayer de me convaincre que cela servait à mettre en place l’intrigue et à faire monter progressivement la tension, l’ennui était palpable.

 Et puis j’ai trouvé quelques incohérence dans cette uchronie. Un exemple : L’histoire du cancer d Al ne tient pas la route. Comment en moins de 24h cet homme en parfaite santé ce retrouve-t-il en soin palliatif avec une infirmière à domicile à son service depuis des mois? Et tout cela se serait mis en place durant les 2 minutes de décalage qui suit son dernier saut dans le temps et son retour dans le présent… Non, non, non cela ne tient pas debout.

Et enfin; le final est à mon goût un peu trop convenu. J’aimais le chaos général. Ce chaos qui résulté d’un effet papillon pré-supposé. Il faut savoir assumer ses actes.

Mais bon, 22/11/63 reste un très bon livre. Et Stephen King un excellent conteur.

Alors je n’ai qu’une chose à vous dire : lisez le.

 Et comme le héros vous apprendrez à vos dépens qu’on ne peut impunément corriger ce qui a été accompli.

27 septembre 2013, 17:44

22/11/63 de Stephen King : Une lecture bicéphale, chapitre 1


22/11/63 de Stephen King : Une lecture bicéphale.

Avec mon ami Frédérique nous vous proposons une lecture commune.

Et oui nous avons osé. Et sur un des grand titre de Stephen King encore.

Aussi, aujourd’hui et demain nous partagerons avec vous nos deux avis.

Et c’est Frédérique qui ouvre le bal !

Le livre: : 22/11/63 de Stephen King. Paru le 27 février 2013 chez Albin Michel. 25,90€; (936 p.) ; 24 x 16 cm.

4e de couv :

Extra

Samedi, 23 novembre 1963

Dallas : JFK et Jackie, sains et saufs

Moment de panique au cours d’une visite à Dallas.

Page 3

Les américains ont eu très peur

Dallas (envoyé spécial) La ville a rarement vécu un choc d’une telle ampleur ! Alors que le retenti, semant la panique.

Les gens ne cachaient pas leur soulagement : « Quand je pense à ce qui aurait pu se passer, j’en tremble encore. L’assassinat du président aurait marqué d’une tâche .

Imaginez que vous puissiez remonter le temps, changer le cours de l’histoire. Le 22 novembre 1963, le président Kennedy était assassiné à Dallas. À moins que…

Jake Epping, professeur d’anglais à Lisbon Falls, n’a pu refuser d’accéder à la requête d’un ami mourant : empêcher l’assassinat de Kennedy. Une fissure dans le temps va l’entraîner dans un fascinant voyage dans le passé, en 1958, l’époque d’Elvis et de JFK, des Plymouth Fury et des Everly Brothers, d’un taré solitaire nommé Lee Harvey Oswald et d’une jolie bibliothécaire qui deviendra le grand amour de Jake, un amour qui transgresse toutes les lois du temps.

Avec une extraordinaire énergie créatrice, King revisite au travers d’un suspense vertigineux l’Amérique du baby-boom, des « happy days » et du rock and roll.

« L’oeuvre d’un génie ! »Time Magazine

« Un véritable magicien du roman… Une des plus formidables histoires de voyage dans le temps depuis H.G. Wells. »New York Times

« Colossal, généreux, passionnant… La quintessence du talent de King. »Miami Herald

L’auteur :Stephen King est né le 21 septembre 1947 à Portland, dans le Maine Auteur de plus de cinquante romans et deux cents nouvelles, couronné par de nombreux prix prestigieux, Stephen King est un mythe vivant de la littérature américaine, le maître absolu du fantastique et du suspense

 

 

Avis de Frédérique :

2011. Al, propriétaire d’un restaurant au fond duquel se trouve une fissure temporelle permettant de se transporter en 1958, cherche à trouver un moyen d’empêcher l’assassinat du président Kennedy. Sur le point de mourir, il décide de passer le flambeau à son ami Jake. Ce dernier va alors se retrouver dans les années 1960 et découvrir qu’altérer l’histoire peut avoir de graves conséquences.

Parce qu’on se souvient toujours de son premier Stephen King, à la fin de ce livre j’ai eu l’impression de retrouver le Grand maître. Oui je le reconnais j’ai arrêté d’acheter vos œuvres je ne retrouvais plus la patte de l’auteur. Mais ce texte où on imagine que l’on peut remonter le temps pour changer le cours de l’histoire est génial.

Jake Eppimg professeur d’anglais va accepter la requête d’un ami mourant Al Templeton, empêcher l’assassinant de JFK le 22/11/63. Mais le passé est tenace. Il ne veut pas être changé. Notre héros va être confronté à toutes les questionnements du voyageur dans le passé. Car après son premier passage dans le trou du terrier il se rend compte des changements apportés au passé.

Jake Epping devenu Georges Amberson va tomber amoureux d’une jeune bibliothécaire Sadie. Mais entre sa mission d’arrêter Lee Harvey Oswald, vérifier qu’il était le seul tireur et son idylle, il emploie des expressions que personnes d’autres n’emploie et là chapeau à Stephen King car une personne voyageant dans le passé ne peut-être au point surtout sans préparation . On retrouve l’ambiance de cette époque ( l’auteur a eu l’idée de ce roman 8 ans après l’assassinat de JFK mais il ne se jugeait pas près à l’écrire, cette attente a été profitable ). Tout le long du récit des petits cailloux nous rappellent des romans de Stephen KIng, cette musique de Glenn Miller In the Mood lui en donne le tempo et n’oublions pas les résonances harmoniques des évènements.

Je me pose la question et nous quel est l’évènement que nous aimerions changer dans notre histoire. POur l’instant aucune idée et vous ?

Pour la première fois le maitre m’ a fait lire d’autres ouvrages :

Replay de Grimwood, Caroline, oh Caroline de Paul Van Herck ou encore Oswald : un mystère américain de Norman Mailer.

Je me suis réconciliée avec Stephen King, et quel plaisir de l’avoir vu au Grand Rex. Le passé est peut-être tenace mais l’avenir est fragile, un vrai château de cartes.

Et pour ceux qui n’ont pas encore lu ce grand roman bienvenue en Terrain d’Antan.

Le Français de Roseville de Ahmed Tiab : Le petit conseil d’Isabelle


chronique-de-lecteurs

FRLe livre: Le Français de Roseville de  Ahmed Tiab. Paru le 8 janvier 2016 aux Ed. de l’aube dans la collection L’Aube Noire. 18,90 euro ; (245 p.) ; illustrations en noir et blanc, cartes ; 23 x 15 cm

4e de couv:

Oran, Algérie. Le commissaire Kémal Fadil est appelé sur un chantier de rénovation du quartier de la Marine, où viennent d’être retrouvés des restes humains datant vraisemblablement des années 1960. Il semble qu’il s’agisse d’un enfant qui portait autour du cou un crucifix. L’enquête ne s’annonce pas simple ! En réalité, elle avait été commencée bien plus tôt, menée par des policiers français… Cinquante ans plus tard, la vérité historique est toujours aussi compliquée à dire.

Ahmed Tiab nous propose une immersion dans l’Algérie d’avant l’Indépendance, mais aussi dans l’Oran d’aujourd’hui, et conduira son enquêteur jusqu’à Marseille.

Cette série est une belle découverte, efficace et prometteuse.

FR&L’auteur : Ahmed Tiab né à Oran (Algérie) en 1965, vit et enseigne aujourd’hui à Nyons, en France, depuis le début des années 1990. Le Français de Roseville est son premier roman.
Extrait :
« Tu as l’air très préoccupé par cette affaire, reprend Léla en s’adressant à Kemal ; pourtant il y aurait prescription vu que les ossements paraissent anciens. Tu as plus à faire avec les morts récentes ou les vivants qu’avec les fossiles, tu ne trouves pas ?
– Oui, je sais, mais ce ne sont pas des fossiles, Maman. Moss est à peu près sûr maintenant : la mort date du début des années soixante. Je trouve que ce n’est pas banal d’exhumer des restes humains en plein centre-ville aujourd’hui dans un pays comme le nôtre.
– Pourquoi pas, finalement
– Mais… Tu imagines la question historique et les enjeux politiques que ça sous-tend ? Et puis il y a le point de vue religieux de l’affaire.
– Ah, nous y voilà ! J’imagine qu’un de tes bigots de chefs t’a donné l’ordre de traiter l’affaire avec doigté pour ne pas choquer nos chers compatriotes islamisés de frais.
– Maman, arrête avec ça ! Personne ne m’a rien demandé. De toute façon, on a pas les moyens adéquats poue ce genre d’enquêtes. Les trucs de séries américaines ne fonctionnent pas chez nous ; les analyses ADN, ici, on les fait à l’oeil nu. Nous sommes des experts en approximations, des pros de l’à-peu-près. Seules des techniques de police scientifique avancées, que nous ne possédons pas encore, permettraient de retrouver les propriétaires de ces ossements. Pour le moment, on est plus près des tiroirs marqués « oubliettes » que d’un début d’enquête sérieuse. »

Collectif Isabelle

Résumé et avis d’Isabelle

Oran, 2013 : des restes humains, dont ceux d’un enfant portant un crucifix en or, sont retrouvés dans le quartier de la Marine. Il semble qu’ils soient enterrés là depuis le début des années 1960 et qu’une enquête ait été commencée à leur sujet avant l’indépendance de l’Algérie par des policiers français, parmi lesquels Arthur Guillot, un Breton installé à Oran. Premier roman.

Hello Geneviève ! je ne suis pas très douée pour parler des livres que je lis, je les aime un peu beaucoup ou à la folie . Bon, je n’ai pas encore fini celui-ci mais pour l’instant, j’adore ! très bien écrit, avec une construction originale qui passe d’un protagoniste à l’autre avec la première personne pour le tueur et la troisième pour les autres, on suit les protagonistes dans leur vie et leurs réflexions tout au long de paragraphes dont le ton change selon le personnage. Impossible de ne pas accrocher dès la première page d’autant plus que nous connaissons le tueur d’entrée de jeu !

Allez…Je me replonge dans les rues tourmentées de la ville rose….

ça y est ! je l’ai fini ! Et je le regrette car je me suis régalée !

Je confirme mes premières impressions !

Personnages atypiques que l’on suit tout au long des pages et qui s’entrechoquent à la fin, un tueur en série que nous avons l’impression d’accompagner totalement ! et surtout, un rythme, un vocabulaire et un ton qui changent chaque fois que nous passons d’un personnage à l’autre !

 « Le Français de Roseville » d’Ahmed TIAB, un petit bijou de « calmitude » simple, efficace, offrant le voyage dans les années 60 en Algérie.

Les ombres innocentes de Guillaume Audru : Les petits avis de Kris


chronique-de-lecteurs

GALe livre : Les ombres innocentes de Guillaume Audru. Paru le 9 décembre 2015 aux Edétions du Caïman.  13$ ; (280 p.) ; 19 x 12 cm

4éme de Couv.
Massif central, été 2013. Un vieillard est retrouvé hagard sur une route de Corrèze. Il a été frappé mais refuse de dénoncer ses agresseurs. Dans une ferme du plateau de l’Aubrac, une femme âgée, pendue à un croc de boucher de sa propre ferme, est découverte par son fils. Dans une clinique psychiatrique proche de Clermont-Ferrand, une femme oubliée de tous hurle sa haine. Trois affaires sans lien apparent. Trois personnes dont la vie va basculer. Matthieu Géniès, journaliste dans un canard de Corrèze. Serge Limantour, gendarme revenu de tout. Jeanne Roussillon, aide-soignante qui, jour après jour, tente de comprendre le mal qui ronge sa patiente.

images (15)L’auteur : Guillaume Audru est né en 1979 à Poitiers. Fan de romans policiers, il est le créateur du célèbre blog Territoires Polars. Son premier ouvrage, L’Île des Hommes Perdus (éditions du Caïman) figurait dans la liste des quinze meilleurs polars francophones de la sélection du festival de Cognac 2014. Il travaille dans le secteur de la logistique pour un grand groupe privé et est vice-président de l’association poitevine L’Instant Polar.

Extrait :
«- Tu as pleuré ?
L’ancien commissaire d’Ussel approuve du menton puis retourne à ses écrits. Pendant ces quelques instants de complicité avec Mathilde, Elie a pris une décision. Celle de dévoiler toute la vérité à propos de Marcel Chauffour. Et, par la même occasion, celle de se racheter un peu aux yeux du monde. .»

Le petit avis de Kris

Bon, ben je me coucherai moins sotte ce soir !! Si vous voulez, vous aussi, vous enrichir eh bien lisez Guillaume !!
Sous couvert d’un polar, fort captivant du reste, l’auteur aborde un sujet dont on a peu entendu parler, enfin pour ma part. Un sujet pourtant contemporain.
Entre un ancien commissaire poursuivi par une affaire qui le hante, un crime commis dans une ferme isolée, une aide soignante qui veut trop bien faire, un journaleux un peu effacé, ces personnages ne se connaissant point bien sur, on se demande bien où va nous entraîner l’auteur. Mais celui-ci est un conteur et un fin conteur. Tous les personnages sont bien léchés et l’intrigue finement menée.

Après « L’ile des hommes déchus », franc succès, une belle réussite que ce thriller.

Extrait 2 :
« Café. Clope. Cafés. Clopes. Le régime quotidien de Serge Limantour. Des habitudes acquises depuis qu’il a endossé l’uniforme. Son médecin, qu’il omet souvent de fréquenter, lui a recommandé à maintes reprises de ralentir l’allure. Voire de tout arrêter du jour au lendemain. Serge n’en a cure. ET ce ne sont pas les remarques naïvement assénées par Boulmerka qui le convaincront d’arrêter. Sous le regard stoïque de Nicolas Jansac, plusieurs mégots maculent déjà la terre sèche de la ferme des Gerles.
Autour d’eux, ça s’agite, ça brasse. On s’active, on prélève. Quantités de combinaisons blanches ont investi les lieux. Avec un rictus de dégoût, Limantour pense à une bande de charognards puis reporte son attention sur Jansac. Serge le dévisage puis se ravise. Jamais il ne s’est montré aussi empathique avec un témoin. Mille précautions pour éviter que Nicolas ne sombre, même si celui-ci continue de se tenir fier et droit, évitant au possible de laisser paraître la moindre émotion. Une petite tape sur l’épaule ou un sourire bien appuyé, Jansac a choisi de ne pas s’offusquer de ce rapprochement. »

La Bellarosa connection de Saul Bellow


Lecture d’avant
   
03904189782221132067,0-1551094Le livre : La Bellarosa connection de Saul Bellow. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Robert Pépin. Paru en 1991 chez Julliard.
Rééditer en poche le 14 mars 2013 chez Robert Laffont dans la collection pavillons de poche.  7€90 ;  (152 p.) ; 19 x 13 cm
4e de couv :
La virtuosité de l’écrivain Saul Bellow, Prix Nobel de littérature en 1976, éclate dans ce court roman que l’auteur a souhaité voir publié directement en édition de poche, sans doute parce qu’il tenait à lui donner la plus large audience possible. On y retrouve une thématique récurrente dans son oeuvre : quels rapports les juifs des États-Unis peuvent-ils (doivent-ils) entretenir avec la Shoah ? Bellow aborde ce sujet délicat à travers l’odyssée d’Harry Fonstein, cousin du narrateur et réfugié d’Europe centrale. Fonstein est sauvé des griffes nazies grâce à Billy Rose, un personnage haut en couleur, imprésario du Tout-Hollywood, qui a mis sur pied un réseau quelque peu abracadabrant (la «connexion» du titre). Lorsque Fonstein a passé la sélection à Ellis Island, on lui fait comprendre que Rose souhaite qu’il n’entreprenne rien pour le voir ni même le remercier ! Fonstein partira pour Cuba où il épousera une femme obèse et aura un fils génie des mathématiques, sans jamais réussir à oublier l’homme qui lui a sauvé la vie… Sur un sujet tragique et comique à la fois, Bellow a écrit un chef-d’oeuvre d’humour caustique et de lucidité désenchantée.
.L’auteur :
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Saul Bellow est né à Lachine, au Québec, en banlieue de Montréal, en 1915, et a grandi à Chicago. Il a fréquenté l’Université de Chicago, a reçu son diplôme de baccalauréat de l’Université Northwestern en 1937, avec les honneurs en sociologie et anthropologie, fait des études supérieures à l’Université du Wisconsin, et a servi dans la marine marchande pendant la Seconde Guerre mondiale.

Son premier roman a été publié en 1944, et son second, la victime, en 1947. En 1948, il a reçu une bourse Guggenheim et a passé deux ans à Paris et les voyages en Europe. Il a remporté le National Book Award en 1954. Il a enseigné au Bard College, Université de Princeton et l’Université du Minnesota, et a été membre de la commission de la pensée sociale de l’Université de Chicago.

Il reçoit le Prix Nobel de littérature en 1976
Il est mort en 2005.
 Extrait : 
« Si le sommeil est oubli, l’oubli est aussi sommeil, et le sommeil est à la conscience ce que la mort est à la vie. Tant et si bien que même à Dieu les juifs demandent de se souvenir – Yiskor Elohim. »

Résumé et avis :

Harry Fonstein, rescapé des camps nazis grâce à une opération secrète dirigée par un producteur juif de Broadway, Billy Rose, arrive aux USA, et n’a qu’un désir : remercier Billy. Mais ce dernier refuse de le rencontrer..

C’est donc l’histoire de Harry Fostein et celle de Billy Rose que va nous conter Saul Bellow.

Le premier est un juif d’Europe de l’Est très imprégné par cette culture européen, il connait parfaitement l’antisémitisme qui conduit parfois au pogrom. Il a fuit la Pologne,où il est né du coté de Dantzig. avec sa mère. Il se retrouve à Zagreb avant de finir à Ravenne en Italie. C’est là que la mère d’Harry mourut. L’adolescent se retrouve seul à Milan où il apprend dare-dare l’italien. Il fait des tas de petits boulots et arrive enfin à Rome. Là il se fait arrêter par la police italienne, emprisonné il sait qu’il va être déporté. Pourtant il est sauvé par un nommé Bellarosa qui lui procure papier passeport et un billet de bateau pour Lisbonne. Et de là, il pourra gagner New York, porte ouverte sur les Etats Unis. Mais là encore, il va se retrouver dans un camp de réfugier puis envoyé à Cuba. A Cuba il épouse la nièce de son employeur, Sorella. Marié il revient au State où il monte sa boite et gagne confortablement sa vie. De son union avec Sorella naîtra un fils brillantissime, un génie des sciences mathématiques et physiques.

Mais  il ne pourra jamais oublier l’homme qui lui avait autrefois sauvé la vie. Et c’est justement Sorella qui essayera de l’aider à son insu en organisant un rendez-vous entre les deux hommes, à l’occasion d’un voyage en Israël. Au moyen d’un dossier complet de tous ses méfaits, obtenu de l’ancienne assistante de Billy Rose, elle tentera de le faire chanter pour qu’il rencontre son cher Harry…

Voilà donc qui est Harry Fostein. Et c’est à travers le regard de son cousin américain, le narrateur de cette histoire que nous allons suivre son histoire.

A travers ce regard croisé, l’auteur nous propose une réflexion sur la Shoa. Sur le rapport qu’entretiennent les juif d’Europe touchés au premier plan par l’horreur et le regard que porte les juifs américains sur ce génocide. Les premiers vivent dans le souvenirs de l’Holocoste, les autres ne voient que leur avenir et ce que peut représenter pour eux le rêve américain.

Mais sur ce sujet grave Bellow nous propose une partition à 3 et 4 voix, le récit prends souvent la forme de dialogue, ce qui le rend alerte. Et le ton de Below est souvent enjoué et l’humour est toujours présent.

L’auteur s’interroge sur la judéité, sur la création de l’état d’Israël, sur la politique des vainqueurs du conflit mondial. Il s’interroge sur l’âme humaine, sur la quête de vérité, la quête d’identité et sur le devoir de mémoire. Et tout cela avec une belle ironie mordante et un brin de mélancolie. Car Bellow fait preuve d’un humour caustique, incisif, qui met en relief les aspects absurdes de l’existence, jusque dans les moments les plus tragiques.

C’est noir, lucide et désenchanté mais jamais plombant.