Magic Time de Doug Marlette.


Je suis heureuse aujourd’hui de vous donner à lire la toute première chronique de notre nouvelle flingueuse, j’ai nommé Cécile.

Et en plus, elle nous parle d’un livre que j’ai beaucoup aimé, puisque c’est un de mes coups de coeur 2016.

Ce livre c’est : …

Le livre : Magic Time de Doug Marlette. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Karine Lalechère. rééditer en poche le 6 avril 2017 chez 10/18.  9€60 ; (667 p.) ; 18 x 11 cm

 Initialement paru le 7 janvier 2016 aux Cherche Midi dans la collection Thriller. 22€ ; (669 p.) ; 22 x 15 cm
4e de couv : 

Mars 1965. Alors que le Mouvement des droits civiques porté par Martin Luther King s’étend dans tous les États-Unis, le pays a les yeux fixés sur Troy, une petite localité du Mississippi. Quatre jeunes activistes y ont péri dans l’incendie d’une église. Deux membres du Ku Klux Klan sont arrêtés et condamnés à perpétuité.

1990. L’un des condamnés libère sa conscience en désignant le vrai responsable du crime. Un nouveau procès se prépare donc à Troy. De retour dans sa ville natale, Carter Ransom, ancien sympathisant dans la lutte pour les droits civiques et journaliste au New York Examiner, est aux avant-postes. Son premier amour, Sarah Solomon, faisait partie des victimes et son père, le tout-puissant juge Mitchell Ransom, avait conduit le premier procès. Carter veut faire toute la lumière sur cette période qui l’a marqué à jamais. Et c’est dans le passé qu’il va devoir fouiller pour mettre au jour une vérité aussi terrible qu’inattendue.

L’auteur : Né en Caroline du Nord le 06 décembre 1949,. il est mort dans un accident de voiture le 10 juillet 2007 dans le Mississippi. Magic Time, paru aux États-Unis en 2006, est son premier roman publié en France. Doug Marlette  était un dessinateur de presse, auteur de bande dessinée et romancier américain. Lauréat du prix Pulitzer du dessin de presse en 1988 pour ses dessins publiés dans The Charlotte Observer et The Atlanta Journal-Constitution en 1987, il est également de 1981 à son décès l’auteur du comic strip familial humoristique Kudzu1.
Il retrace ici toute une époque, trouble, pleine de non-dits, de soupçons et de positions ambiguës, mais aussi de courage, de droiture et de passion. Celle de la lutte pour les droits civiques. Avec une intrigue haletante et des personnages d’une rare humanité, Doug Marlette signe un chef-d’oeuvre, à classer entre les romans de John Grisham et de Tom Wolfe.
Extrait : 
« Emily regarda Carter en fronçant les sourcils tandis que tout le monde se levait. Elle savait qu’il avait reçu des courriers haineux et des menaces de mort au début de sa carrière pour avoir pris des positions impopulaires dans le Sud. Cependant, il n’avait jamais évoqué sa jeunesse dans le Mississippi, du moins pas en lien direct avec ces événements historiques. Carter vit à son expression qu’elle venait de comprendre qu’il lui avait caché quelque chose. Il n’avait pourtant jamais eu l’intention de dissimuler quoi que ce soit. Mais comme beaucoup de journalistes, il ne savait pas raconter une histoire quand elle le concernait. »

Les emotion livre Cécile

 Les émotions livresque de Cécile

Magic Time de Doug Marlette.

 

Inspirée d’un fait réel, cette enquête haletante maquillée en thriller plonge dans l’histoire politique violente et ségrégationniste de l’Amérique pour en tirer une poignante leçon d’humanité…
1990, à Troy, Mississippi. Le journaliste Carter Ramson revient dans sa ville natale où, en 1964, il a perdu son premier amour, Sarah, victime du Ku Klux Klan. Son père, le juge Mitchell Ransom, avait conduit le procès et obtenu la condamnation à perpétuité de deux membres du clan. Lorsque l’un des deux prisonniers finit par parler et désigner les vrais responsables, Carter décide d’enquêter.

J’ai découvert les Etats-Unis, il y a 20 ans, dans le cadre d’un programme d’échanges. Enfin pour être plus précise le Mississippi, et les étudiants, que nous étions, étaient effarés par la séparation entre les communautés et par le racisme de tout part ambiant même dans le milieu universitaire … A travers l’histoire d’un procès dans les années 90  d’un meurtre de militants des droits civiques, Magic Time nous donne à comprendre ce Mississipi.  Magic Time, ce sont aussi les amitiés, les amours, l’éveil des esprits sur fond de violence et de terreur qui vous embarquent dans le Mississippi sur une période de 20 ans.

Magic Time explique malheureusement aussi  le Charlottesville aujourd’hui, le bras de fer de Trump et des sportifs de la NFL et l’incapacité des USA à tourner les pages douloureuses de son passé dont les combattants semblent ne jamais pouvoir baisser les armes. Les étudiants que nous étions alors ne pensaient pas que 1967 résonnerait encore si vivement en 2017. Lire Magic Time, c’est amorcer une compréhension grâce à une « petite » histoire qui raconte la grande.

« Carter prit une profonde inspiration. Troy avait vu naître au moins deux champions de renommée internationale (…). Mais ces enfants du pays couronnés de succès représentaient l’inconvénient d’être afro-américains. La ville avait attendu plusieurs décennies avant de donner leur nom à des rues et encore dans le quartier historique noir. Et quand elle avait décidé d’ériger une statue à l’un de ses habitants, elle leur avait préférée un idiot patenté qui se trouvait être blanc. Bienvenue à Troy, Mississippi »

 

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Back up de Paul Colize


Mes petites lecturesLecture d’avant

 9782070449682,0-1513914Le livre :  BACK UP de Paul Colize Paru le 1er mars 2012 à La Manufacture de livres. 19€90 ; (256 p.) ; 23 x 15 cm.  Réédité en poche chez Pocket ; Prix : 8€ ;  256 pages

 

4e de couv :

Quel rapport entre la mort en 1967 des musiciens du groupe de rock Pearl Harbor et un SDF renversé par une voiture à Bruxelles en 2010 ? Lorsque l’homme se réveille sur un lit d’hôpital, il est victime du Locked-in Syndrome, incapable de bouger et de communiquer. Pour comprendre ce qui lui est arrivé, il tente de reconstituer le puzzle de sa vie. Des caves enfumées de Paris, Londres et Berlin, où se croisent les Beatles, les Stones, Clapton et les Who, à l’enfer du Vietnam, il se souvient de l’effervescence et de la folie des années 1960, quand tout a commencé…

Paul_ColizeL’auteur : Paul Colize est né en 1953 et vit près de Bruxelles. Quand il n’écrit pas, il est consultant, amateur de badminton et joue du piano.

 

Extrait :
« J’avais une dizaine d’années lorsque j’ai entendu prononcer le mot rock’n’roll pour la première fois.
La disquaire à chignon chez qui nous allions de temps à autre l’avait lâché avec dédain en me tendant le disque de Chuck Berry. Les lèvres pincées, elle avait déclaré que c’était nouveau, qu’on appelait cela du rock’n’roll.
Je n’ai jamais su qui a été le premier vrai rocker ou quelle a été la première chanson rock. Je ne me suis jamais mêlé à ce genre de débat.
Pour moi, le premier rock, c’est Chuck Berry et Maybellene.
Et c’est tout. »

Le post-it de la bibliothécaire

A Bruxelles, en 2010, devant la gare de Midi, un sans-papiers est renversé par une voiture et transporté dans un état grave dans une clinique où il est déclaré atteint du locked-in syndrom. Il ne peut plus communiquer que par le mouvement des paupières.

Un roman sur les débuts du rock’n’roll des années 1960 et les dérives narcotiques des années 1970.

Paul Colize mène un récit à plusieurs voix et à plusieurs époques qui s’entrecroisent en chapitres courts. Une construction méticuleuse qui laisse peu de place au hasard. Comme toujours, c’est très précis, très documenté, et remarquablement agencé.

A la fin du roman, vous trouverez la playlist de tous les morceaux qui accompagnent la vie du héros.

Un excellent roman noir à découvrir immédiatement si ce n’est pas déjà fait !

 

22/11/63 de Stephen King : Une lecture bicéphale, chapitre 2


22/11/63 de Stephen King : Une lecture bicéphale.

Avec mon ami Frédérique nous vous proposons une lecture commune.

Et oui nous avons osé. Et sur un des grand titre de Stephen King encore.

Aussi, aujourd’hui et demain nous partagerons avec vous nos deux avis.

Hier c’était Frédérique qui ouvre le bal !

Aujourd’hui j’essaie moi aussi de vous faire danser !

Le livre: : 22/11/63 de Stephen King. Paru le 27 février 2013 chez Albin Michel. 25,90€; (936 p.) ; 24 x 16 cm.

4e de couv :

Extra

Samedi, 23 novembre 1963

Dallas : JFK et Jackie, sains et saufs.

Moment de panique au cours d’une visite à Dallas.

Page 3

Les américains ont eu très peur

Dallas (envoyé spécial) La ville a rarement vécu un choc d’une telle ampleur ! Alors que le retenti, semant la panique.

Les gens ne cachaient pas leur soulagement : « Quand je pense à ce qui aurait pu se passer, j’en tremble encore. L’assassinat du président aurait marqué d’une tâche .

Imaginez que vous puissiez remonter le temps, changer le cours de l’histoire. Le 22 novembre 1963, le président Kennedy était assassiné à Dallas. À moins que…

Jake Epping, professeur d’anglais à Lisbon Falls, n’a pu refuser d’accéder à la requête d’un ami mourant : empêcher l’assassinat de Kennedy. Une fissure dans le temps va l’entraîner dans un fascinant voyage dans le passé, en 1958, l’époque d’Elvis et de JFK, des Plymouth Fury et des Everly Brothers, d’un taré solitaire nommé Lee Harvey Oswald et d’une jolie bibliothécaire qui deviendra le grand amour de Jake, un amour qui transgresse toutes les lois du temps.

Avec une extraordinaire énergie créatrice, King revisite au travers d’un suspense vertigineux l’Amérique du baby-boom, des « happy days » et du rock and roll.

« L’oeuvre d’un génie ! »Time Magazine

« Un véritable magicien du roman… Une des plus formidables histoires de voyage dans le temps depuis H.G. Wells. »New York Times

« Colossal, généreux, passionnant… La quintessence du talent de King. »Miami Herald

 

L’auteur : Stephen King est né le 21 septembre 1947 à Portland, dans le Maine Auteur de plus de cinquante romans et deux cents nouvelles, couronné par de nombreux prix prestigieux, Stephen King est un mythe vivant de la littérature américaine, le maître absolu du fantastique et du suspense

L’avis de Geneviève:

Vous avez lu la quatrième de couverture ? Et bien tout est dit. Nombreuses sont les éloges autour de ce roman de monsieur King. Beaucoup ont crié au chef d’oeuvre. Alors, bien sur, il me fallait le lire.

De plus, Catherine, une camarade du comité de lecture polar, m’en avait elle aussi fait une chronique extra.

Et puis le 22/11/63, c’est sa date de naissance. Alors elle ne pouvait que le lire.

 Et puis encore, il est paru le jour de mes 47 ans, je ne pouvais, moi aussi, que le lire.

Il n’y a pas de coïncidences qui tiennent, le hasard fait souvent bien les choses.

Il faut dire aussi que le sujet me plaisait. L’assassinat de John Fitzgérald Kennedy a tout du fait divers qui passionne les foules. Refaire l’enquête sur cet assassinat, repartir à Dallas, le jour de celui-ci, tout cela ne tenter bien. Surtout avec Stephen King au commande.

Alors je me suis engouffrée dans la vie de Jake Epping, professeur d’anglais à Lisbon et de Al Templeton, spécialiste du Fat Burger. Et pendant les 2 première partie et plus de 250 pages, j’ai gentiment appris à les connaître. J’avais avalé plus du quart de ce pavé et toujours rien ne se passait. La lecture était plaisante certes mais pas d’émotions à l’horizon. J’en parlais autour de moi et nombreux étaient ceux qui me conseillaient de poursuivre ma lecture. Et puis comme je ne suis pas du genre à laisser tomber au premier obstacle venu, je continuais donc.

Et là je suis entré directement dans le passé. J’ai suivi Jake Eping, devenu George Amberson pour l’occasion. Avec lui j’ai remonté le temps. Comme lui je suis entrée de plein pied dans les États Unis d’Amérique de la fin des années 50. Je l’ai regardé changer 2-3 petits trucs du passé, empêcher un père de famille de tuer tout sa petit famille, éviter un accident de chasse à une jeune fille innocente. Tout cela pendant que le passé, lui, essayait de se défendre contre ses changements. Car le passé est tenace et c’est un monstre particulièrement retors.

 Mais malgré les coups du sort, George tenait bon. Il n’oubliait surtout pas son objectif de départ, empêcher l’assassinat de JFK pour faire de demain un avenir meilleur.

Et à partir de là, j’ai commencé à adhérer à l’histoire que me raconter Stephen King. L’enquête sur l’assassinat de JFK bien que servant de canevas passe au second plan. King nous fait un portrait saisissant de l’Amérique de l’après guerre. Cette Amérique triomphante où règne pourtant la pauvreté, le racisme , l’antisémitisme, la bigoterie religieuse., la ségrégation, une indifférence générale pour la condition féminine…

 King n’est pas nostalgique. Ici point de » c’était mieux avant ». Il dissèque cette Amérique et joue le parallèle avec celle de notre époque.

D’ailleurs se n’est pas le seul parallèle que King induit dans ce livre. Comme lui George Amberson devient écrivain, sans doute pour passer le temps. Mais cette mise en abyme est aussi un prétexte pour lancer quelques clins d’oeil aux lecteurs tout au long de ce livre. Ces clins d’œil sont autant de références à ces autres bouquins. Et l’auteur les glisse ,insidieusement et avec malice, ça et là dans ce roman.

  

Extrait: « Le soir, je travaillais sur un roman que j’appelai provisoirement La Ville assassine. La ville en question était Derry, évidemment, bien que je l’aie renommée Dawson dans mon livre. Je l’ai commencé en guise de camouflage, pour avoir quelque chose à montrer au cas où je me ferais des amis et que l’un d’eux demande à voir sur quoi je travaillais. […] Finalement, le texte de La Ville assassine est devenu plus qu’un camouflage. J’ai commencé à le trouver bon et à rêver qu’un jour il puisse être publié ».

Enfin en plus d’être un roman de science fiction, une satire sociale, un roman d’action, policier et d’espionnage , 22/11/63 et aussi une grande histoire d’amour. Et ,tout au long de la seconde partie du roman on tremble pour l’aventure de Jake Epping/George Amberson et Sadie Dunhill.

Pourtant j’ai quelques réticences persistantes à la lecture de ce livre. D’abord, j’ai trouve quelques longueurs surtout au départ de l’histoire. J’avais beau essayer de me convaincre que cela servait à mettre en place l’intrigue et à faire monter progressivement la tension, l’ennui était palpable.

 Et puis j’ai trouvé quelques incohérence dans cette uchronie. Un exemple : L’histoire du cancer d Al ne tient pas la route. Comment en moins de 24h cet homme en parfaite santé ce retrouve-t-il en soin palliatif avec une infirmière à domicile à son service depuis des mois? Et tout cela se serait mis en place durant les 2 minutes de décalage qui suit son dernier saut dans le temps et son retour dans le présent… Non, non, non cela ne tient pas debout.

Et enfin; le final est à mon goût un peu trop convenu. J’aimais le chaos général. Ce chaos qui résulté d’un effet papillon pré-supposé. Il faut savoir assumer ses actes.

Mais bon, 22/11/63 reste un très bon livre. Et Stephen King un excellent conteur.

Alors je n’ai qu’une chose à vous dire : lisez le.

 Et comme le héros vous apprendrez à vos dépens qu’on ne peut impunément corriger ce qui a été accompli.

27 septembre 2013, 17:44

22/11/63 de Stephen King : Une lecture bicéphale, chapitre 1


22/11/63 de Stephen King : Une lecture bicéphale.

Avec mon ami Frédérique nous vous proposons une lecture commune.

Et oui nous avons osé. Et sur un des grand titre de Stephen King encore.

Aussi, aujourd’hui et demain nous partagerons avec vous nos deux avis.

Et c’est Frédérique qui ouvre le bal !

Le livre: : 22/11/63 de Stephen King. Paru le 27 février 2013 chez Albin Michel. 25,90€; (936 p.) ; 24 x 16 cm.

4e de couv :

Extra

Samedi, 23 novembre 1963

Dallas : JFK et Jackie, sains et saufs

Moment de panique au cours d’une visite à Dallas.

Page 3

Les américains ont eu très peur

Dallas (envoyé spécial) La ville a rarement vécu un choc d’une telle ampleur ! Alors que le retenti, semant la panique.

Les gens ne cachaient pas leur soulagement : « Quand je pense à ce qui aurait pu se passer, j’en tremble encore. L’assassinat du président aurait marqué d’une tâche .

Imaginez que vous puissiez remonter le temps, changer le cours de l’histoire. Le 22 novembre 1963, le président Kennedy était assassiné à Dallas. À moins que…

Jake Epping, professeur d’anglais à Lisbon Falls, n’a pu refuser d’accéder à la requête d’un ami mourant : empêcher l’assassinat de Kennedy. Une fissure dans le temps va l’entraîner dans un fascinant voyage dans le passé, en 1958, l’époque d’Elvis et de JFK, des Plymouth Fury et des Everly Brothers, d’un taré solitaire nommé Lee Harvey Oswald et d’une jolie bibliothécaire qui deviendra le grand amour de Jake, un amour qui transgresse toutes les lois du temps.

Avec une extraordinaire énergie créatrice, King revisite au travers d’un suspense vertigineux l’Amérique du baby-boom, des « happy days » et du rock and roll.

« L’oeuvre d’un génie ! »Time Magazine

« Un véritable magicien du roman… Une des plus formidables histoires de voyage dans le temps depuis H.G. Wells. »New York Times

« Colossal, généreux, passionnant… La quintessence du talent de King. »Miami Herald

L’auteur :Stephen King est né le 21 septembre 1947 à Portland, dans le Maine Auteur de plus de cinquante romans et deux cents nouvelles, couronné par de nombreux prix prestigieux, Stephen King est un mythe vivant de la littérature américaine, le maître absolu du fantastique et du suspense

 

 

Avis de Frédérique :

2011. Al, propriétaire d’un restaurant au fond duquel se trouve une fissure temporelle permettant de se transporter en 1958, cherche à trouver un moyen d’empêcher l’assassinat du président Kennedy. Sur le point de mourir, il décide de passer le flambeau à son ami Jake. Ce dernier va alors se retrouver dans les années 1960 et découvrir qu’altérer l’histoire peut avoir de graves conséquences.

Parce qu’on se souvient toujours de son premier Stephen King, à la fin de ce livre j’ai eu l’impression de retrouver le Grand maître. Oui je le reconnais j’ai arrêté d’acheter vos œuvres je ne retrouvais plus la patte de l’auteur. Mais ce texte où on imagine que l’on peut remonter le temps pour changer le cours de l’histoire est génial.

Jake Eppimg professeur d’anglais va accepter la requête d’un ami mourant Al Templeton, empêcher l’assassinant de JFK le 22/11/63. Mais le passé est tenace. Il ne veut pas être changé. Notre héros va être confronté à toutes les questionnements du voyageur dans le passé. Car après son premier passage dans le trou du terrier il se rend compte des changements apportés au passé.

Jake Epping devenu Georges Amberson va tomber amoureux d’une jeune bibliothécaire Sadie. Mais entre sa mission d’arrêter Lee Harvey Oswald, vérifier qu’il était le seul tireur et son idylle, il emploie des expressions que personnes d’autres n’emploie et là chapeau à Stephen King car une personne voyageant dans le passé ne peut-être au point surtout sans préparation . On retrouve l’ambiance de cette époque ( l’auteur a eu l’idée de ce roman 8 ans après l’assassinat de JFK mais il ne se jugeait pas près à l’écrire, cette attente a été profitable ). Tout le long du récit des petits cailloux nous rappellent des romans de Stephen KIng, cette musique de Glenn Miller In the Mood lui en donne le tempo et n’oublions pas les résonances harmoniques des évènements.

Je me pose la question et nous quel est l’évènement que nous aimerions changer dans notre histoire. POur l’instant aucune idée et vous ?

Pour la première fois le maitre m’ a fait lire d’autres ouvrages :

Replay de Grimwood, Caroline, oh Caroline de Paul Van Herck ou encore Oswald : un mystère américain de Norman Mailer.

Je me suis réconciliée avec Stephen King, et quel plaisir de l’avoir vu au Grand Rex. Le passé est peut-être tenace mais l’avenir est fragile, un vrai château de cartes.

Et pour ceux qui n’ont pas encore lu ce grand roman bienvenue en Terrain d’Antan.

Le Français de Roseville de Ahmed Tiab : Le petit conseil d’Isabelle


chronique-de-lecteurs

FRLe livre: Le Français de Roseville de  Ahmed Tiab. Paru le 8 janvier 2016 aux Ed. de l’aube dans la collection L’Aube Noire. 18,90 euro ; (245 p.) ; illustrations en noir et blanc, cartes ; 23 x 15 cm

4e de couv:

Oran, Algérie. Le commissaire Kémal Fadil est appelé sur un chantier de rénovation du quartier de la Marine, où viennent d’être retrouvés des restes humains datant vraisemblablement des années 1960. Il semble qu’il s’agisse d’un enfant qui portait autour du cou un crucifix. L’enquête ne s’annonce pas simple ! En réalité, elle avait été commencée bien plus tôt, menée par des policiers français… Cinquante ans plus tard, la vérité historique est toujours aussi compliquée à dire.

Ahmed Tiab nous propose une immersion dans l’Algérie d’avant l’Indépendance, mais aussi dans l’Oran d’aujourd’hui, et conduira son enquêteur jusqu’à Marseille.

Cette série est une belle découverte, efficace et prometteuse.

FR&L’auteur : Ahmed Tiab né à Oran (Algérie) en 1965, vit et enseigne aujourd’hui à Nyons, en France, depuis le début des années 1990. Le Français de Roseville est son premier roman.
Extrait :
« Tu as l’air très préoccupé par cette affaire, reprend Léla en s’adressant à Kemal ; pourtant il y aurait prescription vu que les ossements paraissent anciens. Tu as plus à faire avec les morts récentes ou les vivants qu’avec les fossiles, tu ne trouves pas ?
– Oui, je sais, mais ce ne sont pas des fossiles, Maman. Moss est à peu près sûr maintenant : la mort date du début des années soixante. Je trouve que ce n’est pas banal d’exhumer des restes humains en plein centre-ville aujourd’hui dans un pays comme le nôtre.
– Pourquoi pas, finalement
– Mais… Tu imagines la question historique et les enjeux politiques que ça sous-tend ? Et puis il y a le point de vue religieux de l’affaire.
– Ah, nous y voilà ! J’imagine qu’un de tes bigots de chefs t’a donné l’ordre de traiter l’affaire avec doigté pour ne pas choquer nos chers compatriotes islamisés de frais.
– Maman, arrête avec ça ! Personne ne m’a rien demandé. De toute façon, on a pas les moyens adéquats poue ce genre d’enquêtes. Les trucs de séries américaines ne fonctionnent pas chez nous ; les analyses ADN, ici, on les fait à l’oeil nu. Nous sommes des experts en approximations, des pros de l’à-peu-près. Seules des techniques de police scientifique avancées, que nous ne possédons pas encore, permettraient de retrouver les propriétaires de ces ossements. Pour le moment, on est plus près des tiroirs marqués « oubliettes » que d’un début d’enquête sérieuse. »

Collectif Isabelle

Résumé et avis d’Isabelle

Oran, 2013 : des restes humains, dont ceux d’un enfant portant un crucifix en or, sont retrouvés dans le quartier de la Marine. Il semble qu’ils soient enterrés là depuis le début des années 1960 et qu’une enquête ait été commencée à leur sujet avant l’indépendance de l’Algérie par des policiers français, parmi lesquels Arthur Guillot, un Breton installé à Oran. Premier roman.

Hello Geneviève ! je ne suis pas très douée pour parler des livres que je lis, je les aime un peu beaucoup ou à la folie . Bon, je n’ai pas encore fini celui-ci mais pour l’instant, j’adore ! très bien écrit, avec une construction originale qui passe d’un protagoniste à l’autre avec la première personne pour le tueur et la troisième pour les autres, on suit les protagonistes dans leur vie et leurs réflexions tout au long de paragraphes dont le ton change selon le personnage. Impossible de ne pas accrocher dès la première page d’autant plus que nous connaissons le tueur d’entrée de jeu !

Allez…Je me replonge dans les rues tourmentées de la ville rose….

ça y est ! je l’ai fini ! Et je le regrette car je me suis régalée !

Je confirme mes premières impressions !

Personnages atypiques que l’on suit tout au long des pages et qui s’entrechoquent à la fin, un tueur en série que nous avons l’impression d’accompagner totalement ! et surtout, un rythme, un vocabulaire et un ton qui changent chaque fois que nous passons d’un personnage à l’autre !

 « Le Français de Roseville » d’Ahmed TIAB, un petit bijou de « calmitude » simple, efficace, offrant le voyage dans les années 60 en Algérie.

Les ombres innocentes de Guillaume Audru : Les petits avis de Kris


chronique-de-lecteurs

GALe livre : Les ombres innocentes de Guillaume Audru. Paru le 9 décembre 2015 aux Edétions du Caïman.  13$ ; (280 p.) ; 19 x 12 cm

4éme de Couv.
Massif central, été 2013. Un vieillard est retrouvé hagard sur une route de Corrèze. Il a été frappé mais refuse de dénoncer ses agresseurs. Dans une ferme du plateau de l’Aubrac, une femme âgée, pendue à un croc de boucher de sa propre ferme, est découverte par son fils. Dans une clinique psychiatrique proche de Clermont-Ferrand, une femme oubliée de tous hurle sa haine. Trois affaires sans lien apparent. Trois personnes dont la vie va basculer. Matthieu Géniès, journaliste dans un canard de Corrèze. Serge Limantour, gendarme revenu de tout. Jeanne Roussillon, aide-soignante qui, jour après jour, tente de comprendre le mal qui ronge sa patiente.

images (15)L’auteur : Guillaume Audru est né en 1979 à Poitiers. Fan de romans policiers, il est le créateur du célèbre blog Territoires Polars. Son premier ouvrage, L’Île des Hommes Perdus (éditions du Caïman) figurait dans la liste des quinze meilleurs polars francophones de la sélection du festival de Cognac 2014. Il travaille dans le secteur de la logistique pour un grand groupe privé et est vice-président de l’association poitevine L’Instant Polar.

Extrait :
«- Tu as pleuré ?
L’ancien commissaire d’Ussel approuve du menton puis retourne à ses écrits. Pendant ces quelques instants de complicité avec Mathilde, Elie a pris une décision. Celle de dévoiler toute la vérité à propos de Marcel Chauffour. Et, par la même occasion, celle de se racheter un peu aux yeux du monde. .»

Le petit avis de Kris

Bon, ben je me coucherai moins sotte ce soir !! Si vous voulez, vous aussi, vous enrichir eh bien lisez Guillaume !!
Sous couvert d’un polar, fort captivant du reste, l’auteur aborde un sujet dont on a peu entendu parler, enfin pour ma part. Un sujet pourtant contemporain.
Entre un ancien commissaire poursuivi par une affaire qui le hante, un crime commis dans une ferme isolée, une aide soignante qui veut trop bien faire, un journaleux un peu effacé, ces personnages ne se connaissant point bien sur, on se demande bien où va nous entraîner l’auteur. Mais celui-ci est un conteur et un fin conteur. Tous les personnages sont bien léchés et l’intrigue finement menée.

Après « L’ile des hommes déchus », franc succès, une belle réussite que ce thriller.

Extrait 2 :
« Café. Clope. Cafés. Clopes. Le régime quotidien de Serge Limantour. Des habitudes acquises depuis qu’il a endossé l’uniforme. Son médecin, qu’il omet souvent de fréquenter, lui a recommandé à maintes reprises de ralentir l’allure. Voire de tout arrêter du jour au lendemain. Serge n’en a cure. ET ce ne sont pas les remarques naïvement assénées par Boulmerka qui le convaincront d’arrêter. Sous le regard stoïque de Nicolas Jansac, plusieurs mégots maculent déjà la terre sèche de la ferme des Gerles.
Autour d’eux, ça s’agite, ça brasse. On s’active, on prélève. Quantités de combinaisons blanches ont investi les lieux. Avec un rictus de dégoût, Limantour pense à une bande de charognards puis reporte son attention sur Jansac. Serge le dévisage puis se ravise. Jamais il ne s’est montré aussi empathique avec un témoin. Mille précautions pour éviter que Nicolas ne sombre, même si celui-ci continue de se tenir fier et droit, évitant au possible de laisser paraître la moindre émotion. Une petite tape sur l’épaule ou un sourire bien appuyé, Jansac a choisi de ne pas s’offusquer de ce rapprochement. »

La Bellarosa connection de Saul Bellow


Lecture d’avant
   
03904189782221132067,0-1551094Le livre : La Bellarosa connection de Saul Bellow. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Robert Pépin. Paru en 1991 chez Julliard.
Rééditer en poche le 14 mars 2013 chez Robert Laffont dans la collection pavillons de poche.  7€90 ;  (152 p.) ; 19 x 13 cm
4e de couv :
La virtuosité de l’écrivain Saul Bellow, Prix Nobel de littérature en 1976, éclate dans ce court roman que l’auteur a souhaité voir publié directement en édition de poche, sans doute parce qu’il tenait à lui donner la plus large audience possible. On y retrouve une thématique récurrente dans son oeuvre : quels rapports les juifs des États-Unis peuvent-ils (doivent-ils) entretenir avec la Shoah ? Bellow aborde ce sujet délicat à travers l’odyssée d’Harry Fonstein, cousin du narrateur et réfugié d’Europe centrale. Fonstein est sauvé des griffes nazies grâce à Billy Rose, un personnage haut en couleur, imprésario du Tout-Hollywood, qui a mis sur pied un réseau quelque peu abracadabrant (la «connexion» du titre). Lorsque Fonstein a passé la sélection à Ellis Island, on lui fait comprendre que Rose souhaite qu’il n’entreprenne rien pour le voir ni même le remercier ! Fonstein partira pour Cuba où il épousera une femme obèse et aura un fils génie des mathématiques, sans jamais réussir à oublier l’homme qui lui a sauvé la vie… Sur un sujet tragique et comique à la fois, Bellow a écrit un chef-d’oeuvre d’humour caustique et de lucidité désenchantée.
.L’auteur :
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Saul Bellow est né à Lachine, au Québec, en banlieue de Montréal, en 1915, et a grandi à Chicago. Il a fréquenté l’Université de Chicago, a reçu son diplôme de baccalauréat de l’Université Northwestern en 1937, avec les honneurs en sociologie et anthropologie, fait des études supérieures à l’Université du Wisconsin, et a servi dans la marine marchande pendant la Seconde Guerre mondiale.

Son premier roman a été publié en 1944, et son second, la victime, en 1947. En 1948, il a reçu une bourse Guggenheim et a passé deux ans à Paris et les voyages en Europe. Il a remporté le National Book Award en 1954. Il a enseigné au Bard College, Université de Princeton et l’Université du Minnesota, et a été membre de la commission de la pensée sociale de l’Université de Chicago.

Il reçoit le Prix Nobel de littérature en 1976
Il est mort en 2005.
 Extrait : 
« Si le sommeil est oubli, l’oubli est aussi sommeil, et le sommeil est à la conscience ce que la mort est à la vie. Tant et si bien que même à Dieu les juifs demandent de se souvenir – Yiskor Elohim. »

Résumé et avis :

Harry Fonstein, rescapé des camps nazis grâce à une opération secrète dirigée par un producteur juif de Broadway, Billy Rose, arrive aux USA, et n’a qu’un désir : remercier Billy. Mais ce dernier refuse de le rencontrer..

C’est donc l’histoire de Harry Fostein et celle de Billy Rose que va nous conter Saul Bellow.

Le premier est un juif d’Europe de l’Est très imprégné par cette culture européen, il connait parfaitement l’antisémitisme qui conduit parfois au pogrom. Il a fuit la Pologne,où il est né du coté de Dantzig. avec sa mère. Il se retrouve à Zagreb avant de finir à Ravenne en Italie. C’est là que la mère d’Harry mourut. L’adolescent se retrouve seul à Milan où il apprend dare-dare l’italien. Il fait des tas de petits boulots et arrive enfin à Rome. Là il se fait arrêter par la police italienne, emprisonné il sait qu’il va être déporté. Pourtant il est sauvé par un nommé Bellarosa qui lui procure papier passeport et un billet de bateau pour Lisbonne. Et de là, il pourra gagner New York, porte ouverte sur les Etats Unis. Mais là encore, il va se retrouver dans un camp de réfugier puis envoyé à Cuba. A Cuba il épouse la nièce de son employeur, Sorella. Marié il revient au State où il monte sa boite et gagne confortablement sa vie. De son union avec Sorella naîtra un fils brillantissime, un génie des sciences mathématiques et physiques.

Mais  il ne pourra jamais oublier l’homme qui lui avait autrefois sauvé la vie. Et c’est justement Sorella qui essayera de l’aider à son insu en organisant un rendez-vous entre les deux hommes, à l’occasion d’un voyage en Israël. Au moyen d’un dossier complet de tous ses méfaits, obtenu de l’ancienne assistante de Billy Rose, elle tentera de le faire chanter pour qu’il rencontre son cher Harry…

Voilà donc qui est Harry Fostein. Et c’est à travers le regard de son cousin américain, le narrateur de cette histoire que nous allons suivre son histoire.

A travers ce regard croisé, l’auteur nous propose une réflexion sur la Shoa. Sur le rapport qu’entretiennent les juif d’Europe touchés au premier plan par l’horreur et le regard que porte les juifs américains sur ce génocide. Les premiers vivent dans le souvenirs de l’Holocoste, les autres ne voient que leur avenir et ce que peut représenter pour eux le rêve américain.

Mais sur ce sujet grave Bellow nous propose une partition à 3 et 4 voix, le récit prends souvent la forme de dialogue, ce qui le rend alerte. Et le ton de Below est souvent enjoué et l’humour est toujours présent.

L’auteur s’interroge sur la judéité, sur la création de l’état d’Israël, sur la politique des vainqueurs du conflit mondial. Il s’interroge sur l’âme humaine, sur la quête de vérité, la quête d’identité et sur le devoir de mémoire. Et tout cela avec une belle ironie mordante et un brin de mélancolie. Car Bellow fait preuve d’un humour caustique, incisif, qui met en relief les aspects absurdes de l’existence, jusque dans les moments les plus tragiques.

C’est noir, lucide et désenchanté mais jamais plombant.

Les ombres de la famille de Hélène Amalric


9782501096270,0-2588271Le livre :  Les ombres de la famille : une enquête de Camille Dantès, généalogiste  de Hélène Amalric.  Paru le 9 juin 2015 chez Marabout dans la collections MaraBooks.  12€90 ; (285 p.) ; 20 x 14 cm

4e de couv : 

Une petite île bretonne battue par les vents et les embruns… Drôle d’endroit pour un rendez-vous professionnel. Mais c’est bien là que Lucienne Lamblé, l’héritière très âgée d’une des plus grosses fortunes françaises, a convoqué Camille Dantès, généalogiste.

Camille est pourtant habituée aux requêtes étranges. Mais celle de la milliardaire la met un peu mal à l’aise. Brouillée avec sa fille Marie-Jeanne, la vieille dame veut retrouver la trace de Marcel Arbogaste – un neveu ayant rompu tous liens avec sa famille dans les années 60 – pour lui léguer une partie de sa fortune.

La généalogiste entame à peine ses investigations qu’un meurtre vient bouleverser la donne. Même si la police – en la personne de Régis Bombard, inspecteur mal embouché – n’y croit pas, ce crime aurait-il un rapport avec la disparition de Marcel Arbogaste ? Le passé familial abrite-t-il des secrets enfouis dont les conséquences résonnent jusqu’à aujourd’hui ?

Camille ne s’attendait sans doute pas, lorsqu’elle a fondé le cabinet GénéaDantès avec son frère Benjamin, à se retrouver ainsi plongée au coeur d’événements dramatiques…

L’auteur :

AMALRICHélène Amalric est née en 1957. Après une enfance passée à l’étranger, elle exerce le métier de traductrice, puis celui d’éditrice. Longtemps aux Éditions Du Masque, où elle a publié Patricia Cornwell, Andrea Japp, Val Mc Dermid et Philip Kerr, et aux Éditions J’Ai Lu et Le Livre de Poche, elle a ensuite dirigé les Éditions Phébus de 2006 à 2010.

Elle conjugue depuis quelques années son amour du policier, de l’Histoire et du Cinéma dans l’écriture, notamment avec « Le guide des 100 polars incontournables » publié en 2008 aux Éditions J’Ai Lu et plus récemment, L’inconnue de la tranchée paru chez Marabout, premier opus d’une série ayant pour héros Augustin Lebeau, adjudant dans l’armée française pendant la Grande Guerre.

Extrait : 
Elle avait préféré prendre le train.
Le trajet durait un peu moins de quatre heures, et le confortable TGV Lyria lui permit d’entretenir l’illusion d’une parenthèse dans leur enquête. Même si elle passa une partie de trajet à consulter sur internet tout ce qu’elle put découvrir sur les mouvement d’extrême droite en France dans les années 60. Une sorte de cours d’histoire accéléré où voisinaient nostalgiques de Vichy, défenseurs de l’Algérie française et jeunes arrivistes adeptes de la barre de fer (…)

Résumé et avis :

Camille, après une carrière de trader rémunératrice mais guère satisfaisante sur le plan humain, a fondé avec son jeune frère Benjamin Génea Dantès, un cabinet de recherches généalogiques.
Leur objectif ? Aider les autres, ceux qui viennent leur apporter des bribes de leur passé, qui veulent remonter le temps pour élucider des questions, surmonter le poids des secrets de famille…
Pourtant habituée aux requêtes parfois étranges de ses clients, celle de Lucienne Lamblé, l’héritière très âgée d’une des plus grosses fortunes industrielles françaises, met la jeune femme mal à l’aise. Aux dires de la milliardaire, sa fille Marie-Jeanne est tombée sous la coupe d’une sorte de gourou sulfureux … Mère et fille sont fâchées, au point que Lucienne Lamblé veut retrouver la trace d’un neveu disparu pour lui léguer une partie de sa fortune. Celui-ci, Marcel Arbogaste, a rompu tous liens avec la famille à la fin des années 60… Alors que Camille effectue une visite à Porz-Gwint, l’ancien manoir de famille près de Morlaix, Marie-Jeanne Lamblé-Thoreau est assassinée sur les lieux. Retrouver Marcel devient alors impératif… Cet assassinat aurait-il un rapport avec les recherches qu’entamait la généalogiste dans les archives familiales ?
Ici, la petite histoire des destinées familiales croise la grande Histoire, celle des secrets enfouis de la Seconde Guerre Mondiale, dont les conséquences ricochent de façon dramatique jusqu’à aujourd’hui.

En nous faisant entrer dans les secrets de la familles Lamblé-Arbogaste, L’auteur évoque le passé douloureux de la France occupée et ici de la Bretagne, de l’influence des réseaux autonomistes en passant par celle de la collaboration et de la résistance. Elle éclaire son histoire aux lumière de la Grande Histoire et nous propose une intrigue parfaitement maîtrisée qui raviera à la fois les amateurs d’enquête classique et ceux de polar historique. L’écriture fluide de l’auteur participe à cet agréable moment de lecture. Je crois que cette première enquête de Camille Dantes en appellera une autre et que je la suivrais à nouveau avec plaisir.

Sous les pavés l’orage de Philippe Delepierre


Lecture d’avant&
9782867464782,0-443299Le livre : Sous les pavés l’orage de Philippe Delepierre.Paru le 3 avril 2008 chez Liana Levi. 15€ ; (293 p.) ; 21 x 14 cm.

4e de couv :

À l’heure du Grand Intelligent Général et des Shadoks, Mai 68 recrute à tout-va à Paris comme en province : barbouilleurs inspirés, étudiants ébouriffés, barricadeurs consciencieux, artificiers inventifs… et même un assassin «lettré». C’est avec application que celui-ci pimente ses meurtres de slogans dans l’air de ce joli mois de mai. Histoire de faire les travaux pratiques du mouvement ? Un vrai casse-tête pour le commissaire Thibaud, un vieux de la vieille, qui n’aime pas être mené en bateau…

654789932458L’auteur : Philippe Delepierre est professeur de lettres à Villeneuve-d’Ascq. Aux éditions Liana Levi, il a publié trois romans dont Fred Hamster et Madame Lilas, Prix RTL-Lire 2004. Il est aussi l’auteur d’un épisode du Poulpe et de plusieurs polars publiés chez Baleine.

Extrait :
« JOUISSEZ SANS ENTRAVE !
Le slogan peint à la va-vite balafrait la façade Empire du vieux bahut, juste sous la fenêtre de la loge. Autant dire au nez et à la barbe du concierge. Manière de narguer.
– Z’ont eu d’la chance que j’faisais un p’tit somme, maugréa Roger, le premier qu’j’attrape, j’lui casse les reins !
Deuxième jour que les gamins s’en prenaient au lycée Maxence-Van-der-Meersch, jusqu’ici miraculeusement épargné au milieu du grand bordel qui régnait sur le pays. Le comité des enragés avait dû décider en séance extraordinaire de mettre les bouchées doubles. Une sorte de défi à relever.
– Nos p’tits cons veulent pas être en reste, rapport à leurs copains de Faidherbe et Pasteur qui ont déjà investi les lieux et hissé le drapeau rouge ! Ah ça, l’chahut, quand ça commence…
Maintenant que les élèves s’étaient réveillés, fallait s’attendre à ce qu’il y ait surenchère dans le vandalisme et la provoc. Question orgueil teinté de chauvinisme, on peut faire aussi bien que les autres, y a pas de raison. Plutôt que de s’affronter sur des terrains de foot, ils allaient se défouler sur les murs à coups de graffitis, une sorte de championnat inter-lycées d’art brut et de violence poétique. Le solvant, on allait l’épuiser par bonbonnes, en espérant que l’intendance ait prévu le coup. Et que les boutiques ne soient pas en rupture de stock, évidemment. Et aussi que l’usine ne fasse pas relâche, que les chauffeurs livreurs n’aient pas saboté leurs camionnettes et qu’il y ait encore du carburant à la pompe. Ça faisait quand même beaucoup de conditions ! 
Une chance que le proviseur ait joué finement avec les meneurs soutenus par quelques profs qui se voyaient déjà occuper l’établissement, organiser des réunions pour se monter le bourrichon les uns les autres et augmenter la pression. Avant d’aller rejoindre ces bons à rien d’étudiants aux allures de clochards qui mettaient l’université sens dessus dessous. Au lieu de préparer leurs examens, ces fainéants discutaillaient à tort et à travers à longueur de journée. Des AG comme on disait maintenant, des espèces de réunions aux allures de foire où tout le monde avait voix au chapitre et où les grandes gueules finissaient par avoir le dernier mot, comme toujours. Il le savait, Roger, il était allé y voir, invité par son pote Fernand, chef d’entretien à la fac de lettres située rue Auguste-Angellier, à dix minutes à peine de Van-der-Meersch. Les braillards campaient à côté de leurs ronéos qui ne chômaient pas elles, rapport aux montagnes de tracts qu’il fallait imprimer pour aller instruire les masses salariales et décréter la révolution permanente. Sans parler des banderoles et des pancartes couvertes de slogans ravageurs et de magnifiques projets d’avenir pour cette société dont il était grand temps de faire un paradis. »

Résumé et avis :

220px-La_Chienlit_c'est_lui_!En mai 1968, un slogan assassin balafre la façade du lycée Maxence Van der Meersch de Lille et le proviseur observe avec flegme cet acte de violence. Peu de temps après, il est assassiné et défenestré. Une série de meurtres sont commis par la suite et le commissaire Thibaut mène l’enquête. Les AG font salle comble de même que les concerts de rock local comme ceux des Bats.

Philippe Delepierre nous propose de vivre les évènements de mai 68 depuis la métropole lilloise. Un polar décapant, une plongée dans les manifestations estudiantines de mai 68. Alors que des rixes éclatent un peu partout, un mystérieux meurtrier s’en prend aux têtes pensantes des institutions remises en cause. Comme à  son l’habitude l’auteur y incorpore de belle touche d’humour ! Ici l’intrigue policier est plus un prétexte pour mettre à mal les maux de la France de ces années là. Les problème de la décolonisation, le problème des harkis, le vision de l’éducation de la jeunesse, les rapport homme femme… Ici on ai dans le politiquement incorrect, surtout que les points de vue de l’auteur sont plutôt à contre courant.  Pour autant tous le monde en prend pour son grade. Bref un  portrait au vitriol de la France de cette année-là, tous courants confondus.

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Un « des poulpes » de l’auteur

Homicide 69 de Sam Reaves


téléchargementLe livre : Homicide 69 de Sam Reaves ; traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Marie-France de Paloméra. Paru le 23 janvier 2013 chez Calmann-Levy  dans la Collection Robert Pepin Presente.  22,90 € ;  (549 p.) ; 22 x 15 cm

Quatrième de couverture

Robert Pépin, présente…

Chicago, un an après les émeutes de 68. Les États-Unis sont le théâtre d’événements retentissants : agitation des Black Panthers, festival de Woodstock, crimes de Charles Manson, tensions avec l’URSS et la Chine, premiers pas de l’homme sur la Lune, guerre du Vietnam… C’est dans ce climat tumultueux que l’inspecteur des Homicides Mike Dooley est un jour appelé sur une scène de crime, où gît le corps nu et affreusement torturé d’une ancienne Playboy Bunny girl. Persuadé que l’affaire est plus complexe qu’il n’y paraît, il se lance dans l’enquête et découvre vite que ses soupçons étaient justifiés : la victime était liée à un ponte de la Mafia. Et à Chicago, la pègre flirte avec les milieux politiques de la ville et de l’État. Les menaces commencent alors à tomber et la hiérarchie policière ne lui facilite guère la tâche. Dooley, qui tremble pour son fils Kevin, marine au Vietnam, n’avait certainement pas besoin de ça…

téléchargement (2)L’auteur : Naissance à Crawford le 15 mai 1954. Auteur de neuf romans, dont Le taxi mène l’enquête, Sam Reaves parle cinq langues, a travaillé comme traducteur et vit à Evanston, Illinois, avec sa femme et ses deux enfants. Il a beaucoup voyagé, a vécu à Cali, en Colombie, à Barcelone…Il a même habité à Avignon et à Strasbourg. Il écrit aussi sous le pseudo de Dominic Martell, des thriller qui se passe à Barcelone mais il est seulement publié en anglais.

 Citation

Les yeux étaient clos, gonflés, gros comme des prunes et à peu près de la même couleur, et le nez en bouillie partait en biais.

 

Résumé et avis :

Chicago :une ex th (4)Bunny Girl de Playboy est retrouvée assassinée sauvagement. Ce roman n’est pas juste l’occasion de suivre l’enquête de terrain minutieuse de l’Inspecteur Dooley, coincé entre Mafia, FBI et flics véreux. Non, ce roman est un véritable instantané sépia d’une année charnière de l’histoire contemporaine américaine. th (5)

th (7)L’agitation des Black Panthers, le premier homme sur la lune, la Guerre du Vietnam, Woodstock… sont le décor de cette plongée dans le Chicago d’hier, où Dooley, tout en suivant les affaires courantes de son District et en assurant comme il peut ses fonctions de chef de famille, se trouve aux premières loges du violent spectacle que donne l’Amérique en pleine mutation.

C’est le second roman de  Sam Reaves  a être traduit en France, le premier « Le Taxi mène l’enquête » date de 1992 et a été édité au Seuil . Mais  cette fois, l’auteur n’ a  pas de chance avec l’édition française. En effet, la qualité inégale de la traduction qui hache la lecture de ce roman de 550 pages, m’empêche de le placer en coup de cœur.

th (6)Extrait : PREMIÈRE PARTIE
QUELQUE CHOSE DE VRAIMENT MOCHE

1
– Notre macchabée va se faire tremper, dit Olson.
Le ciel avait la couleur d’une méchante ecchymose, une grave contusion ayant viré à un violet profond et malveillant un jour ou deux après une sérieuse raclée. Un passage à tabac de première, pensa Dooley.
– Allume tes phares.
Olson tendit la main vers le bouton.
– Ils ne pourront jamais terminer la partie. Ils ont déjà eu deux interruptions de jeu et le soir va bientôt tomber.
Dooley observa la lueur d’un éclair dans le vide au loin, de l’autre côté du lac.
– Ils jouent contre qui ?
– Les Astros. C’est Jenkins qui lance pour nous. S’ils gagnent aujourd’hui, ça en fera six d’affilée.
– De quoi sabrer le champagne.
– Ils sont dans une année faste. Invincibles. Ne me dis pas que les Cards vont les coincer ?
Dooley haussa les épaules.
– Qu’est- ce qu’il a dit ? Par Weed ?
– Weed et le fleuve. Juste au sud de North Avenue.
– Tu devrais prendre par Elston.
– Pourquoi ? Weed est de ce côté du fleuve.
– Oui, mais ça t’oblige à revenir en arrière dans North Avenue. D’Elston Avenue, tu arrives à l’est en traversant le fleuve et tu y es.
– Et ça change quoi ? N’importe comment, on y sera.
– C’est sûr, mais pas avant la pluie.
Le ciel avait de nouveau ouvert les vannes le temps qu’ils rejoignent les voitures de police garées au bout de Weed Street, là où elle conduisait au fleuve dans une zone industrielle et anonyme de voies de chemin de fer, clôtures grillagées et longues successions d’usines.
Personne n’avait envie de descendre et d’attendre sous la pluie, mais ils finirent tous par s’y résoudre, Dooley, Olson et les quatre policiers des voitures, puis ils se tassèrent à l’abri d’un entrepôt.
– C’est les deux jeunes Noirs qui l’ont découverte, expliqua un des gars en tenue en montrant la voiture radio la plus éloignée d’un signe de tête.
Dans la lumière de son gyrophare, Dooley aperçut deux petites formes noires sur la banquette, là, à travers la vitre ruisselante de pluie.
– Une femme, hein ? dit Olson.
Hochement de tête du policier. Sans plus.
– Je ne me suis pas trop approché. Mais je dirais que oui. De l’autre côté de la clôture là- bas.
Il y avait bien une clôture au bout de la rue, mais personne ne l’avait réparée là où le grillage s’était détaché du piquet. Le trou permettait de passer à condition de se courber un peu. Dooley jeta un regard à l’herbe piétinée autour de la brèche.
– Vous êtes allés de l’autre côté ? cria- t-il au policier le plus proche.
– Juste assez loin pour voir le corps. Il n’y avait pas d’empreintes ni rien.
Plus maintenant, bien sûr. Dooley se faufila dans la brèche en veillant à marcher sur l’herbe déjà foulée et s’immobilisa à l’endroit où la rive se perdait dans des buissons et des gravats au bas du talus, un peu plus d’un mètre au- dessus de l’eau. La pluie piquetait la surface plombée du fleuve. Les arbustes qui s’accrochaient à la rive offraient un maigre abri. La tête dans les épaules, les mains dans les poches de son imper, il étudia le problème. Tout ce qu’il
pouvait voir, c’était une portion de dos dénudé, blafard dans le crépuscule, et une masse de cheveux emmêlés.
– Je ne sais pas comment il peut l’affirmer, lui lança Olson de l’autre côté du grillage. T’as vu les tignasses des hippies ces derniers temps ?
– C’est une femme, dit Dooley.
– Si tu le dis…
Dooley se redressa et scruta longuement la pente en quête d’indices mais ne trouva que de petits ruisseaux qui se matérialisaient en rejoignant le fleuve. La pluie crépitait sur les feuilles au- dessus de sa tête. Il sortit un mouchoir d’une poche intérieure et essuya l’eau qui lui dégoulinait sur le front.
– Elle est enfouie dans les hautes herbes. Il n’y a pas de traces de pas.
– Mmm… On l’y aura balancée une fois morte.
– Ou alors, elle est descendue s’allonger là pour mourir.
– Sans ses vêtements ?
– Je n’ai pas dit que c’était probable. Qui c’est qui va se salir les chaussures ?
– Je viens de m’acheter des Florsheim toutes neuves, protesta Olson. Tu es déjà sur les lieux.
Dooley suivit la rive, s’éloignant du corps, cherchant un endroit où descendre sans polluer les preuves. Trois mètres plus loin, il posa le pied sur la pente, glissa et prit appui sur un genou pour se retenir.
– Rien à foutre de tes Florsheim ! s’exclama- t-il. Moi, mon costume sort de chez le teinturier !
Dooley reprit pied là où la pente s’aplanissait à la hauteur du talus et rebroussa chemin en suivant la rive vers le corps et en tâchant d’oublier la pluie qui chassait vers son visage. Il aperçut deux plantes de pied, souillées de noir, et vit le renflement d’une fesse nue audessus des herbes. Il s’agenouilla, appuyé sur une main, et chercha un coin de son esprit où il pourrait considérer ce pauvre corps massacré comme son gagne- pain et rien d’autre. Lorsqu’il l’eut trouvé, il se pencha plus bas et écarta les hautes herbes.

– Oh, merde…, lâcha- t-il doucement.
La femme gisait le visage tourné vers le fleuve, ses bras et ses jambes ramenés contre elle. Sous le fouillis des cheveux brun foncé, un visage subsistait. Mais personne n’allait dire « c’est bien ma chérie » en le regardant. Les yeux étaient clos, gonflés, gros comme des prunes et à peu près de la même couleur, et le nez en bouillie partait en biais. Les lèvres ressemblaient à du boudin, fendues à deux endroits. En dévisageant la morte, Dooley vit la couleur du ciel.
– Qu’est- ce qu’elle fait ? lui cria Olson d’en haut. Sa prière ?
– Elle est attachée. (Dooley tirailla doucement la ficelle tendue qui lui entourait les chevilles.) On l’a ligotée. Pieds et poings.
– Parlons- nous d’un homicide, professeur ?
– À mon avis, c’est clair comme de l’eau de roche. Demande une camionnette, fais venir le labo mobile, appelle le sergent.
– Reçu cinq sur cinq ! Ne tombe pas à l’eau parce que pas question que je t’en sorte !
Dooley entendit les pas pressés d’Olson qui filait s’abriter. Il s’agenouilla, l’eau gouttant à l’arrière de son cou, et parcourut du bout des doigts le dos de la morte. La peau était froide et glissante, la surface blanche et lisse piquetée de pastilles rondes de peau décolorée, râpeuses au toucher. Dooley changea son appui de pied et se redressa un peu tout en restant accroupi. Il saisit une branche pour assurer son équilibre, se pencha au- dessus de la femme et étudia les bigarrures de peau foncée qu’elle avait à l’épaule et à la hanche. Il
regarda de nouveau la pente et attendit en pariant que les scientifiques n’allaient pas relever grand- chose ce jour- là.
De retour au bas de la rue, il s’adressa au gars en tenue le plus proche.
– Allons dire un mot à vos témoins.
Sur la banquette arrière de la voiture de patrouille étaient assis deux gamins, dans les huit, dix ans. De gros yeux blancs dans de petits visages noirs. Ils paraissaient trempés et gelés. Et terrifiés ou alors terriblement excités. Difficile à dire. Dooley se glissa sur le siège passager à l’avant, passa un coude sur le dossier et s’essuya la figure d’un coup de mouchoir.
– Alors les garçons. Ça va ? (En guise de réponse, il obtint un O.K. et des yeux écarquillés.) Toi, petit. Comment t’appelles- tu ? demanda- t-il à celui qui avait réussi à répondre.
– Jerome.
– Jerome comment ?
– Jerome Hayes. On va pas avoir d’ennuis ?
– Non, aucun. J’ai juste besoin que vous me racontiez comment vous avez découvert la dame, en bas.
– Elle est morte, non ? lança soudain la voix fluette de celui qui n’avait dit mot jusque- là.
Dooley hocha la tête.
– J’ai bien peur que oui.
– Qu’est- ce qui lui est arrivé ?
Il passa en revue deux ou trois explications possibles tout en dévisageant le gamin.                                                                                             – Quelque chose de vraiment moche, répondit- il enfin.

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