L’assassin des ruines de Cay Rademacher.


 

Le livre : L’assassin des ruines  de Cay Rademacher. Traduit de l’allemand par Georges Sturm. Paru le 8 février 2017 aux Ed. du Masque dans la collection Grands Formats. 20€90 ; (331 p.) ; 23 x 14 cm
4e de couv :
Hambourg, 1947. Une ville en ruines, occupée par les Britanniques et confrontée à l’hiver le plus froid du siècle. Les réfugiés et les sans-logis se retrouvent suite aux bombardements à aménager des trous de cave, à vivre dans la promiscuité des bunkers et des baraques. Les aliments sont rationnés, le marché noir est florissant.
Lorsque le cadavre d’une jeune fille nue est retrouvé parmi les décombres sans aucun indice sur son identité, l’inspecteur Frank Stave ouvre une enquête. Dans cette période d’occupation, la population hambourgeoise ne doit en aucun cas apprendre qu’un tueur menace la paix. Les enjeux sont élevés et l’administration britannique insiste pour que l’inspecteur allemand soit accompagné par Lothar Maschke de la Brigade des moeurs et par le lieutenant McDonald pour élucider l’affaire. Mais d’autres morts sans identité sont vite découverts et Stave, hanté par les souvenirs de sa femme décédée pendant la guerre et de son fils porté disparu, doit surmonter ses propres souffrances pour traquer l’assassin qui rôde sur les sentiers des ruines…

Inspiré d’une véritable affaire toujours non élucidée à ce jour, L’Assassin des ruines dresse le portrait glaçant d’une ville ravagée en proie à un serial killer sans pitié.

 

« Notre société est dévastée, se dit l’inspecteur Stave. Nous, les flics, pouvons seulement déblayer les ruines. »

L’auteur : Cay Rademacher est né à  Flensbourg , en 1965. Il a étudié l’histoire anglo-américaine et la philosophie à Cologne et à Washington avant de devenir journaliste et écrivain. Il a écrit, entre autres, pour GEO et Die Zeit et il est le cofondateur du journal GEO Epoche. Ses romans et documents sont publiés dans huit pays.
Il a vécu à Hambourg avant de s’installer avec sa famille en Provence.

Le Post-it de votre bibliothécaire

 

Extrait : 
Plus vite ils parlent, plus vite nous les renvoyons chez eux. Nous ne sommes pas des barbares. Nous n’avons pas besoin d’utiliser les méthodes de la Gestapo. Nous attendons. La plupart du temps, nos candidats collaborent dès le premier jour et nous confessent tout ce qu’ils savent. Ils sont fiers de leurs inventions, comme des gamins pleins d’ambition. Même quand il s’agit des armes les plus meurtrières. Surtout là, d’ailleurs.

Hambourg, 1947. La ville en ruines est occupée par les Britanniques. Lorsque le cadavre d’une femme nue est retrouvé dans les décombres, l’enquête est confiée à l’inspecteur Franck Stave, qui doit agir en toute discrétion pour ne pas menacer la paix. Or, Stave, hanté par les souvenirs de sa femme et de son fils disparus, doit surmonter ses souffrances pour traquer le meurtrier. Premier roman.

 Tiré d’une véritable affaire jamais résolue (une série de meurtres perpétrés à Hambourg) juste après la chute du reich, ce roman historique nous plonge dans une ville dévastée par les bombes et le quotidien des allemands en proie aux conditions extrêmes, froid intense, rationnement, dénazification… le mal est représenté dans ces meurtres dans des quartiers ouvriers détruits. On suit ces hommes et ces femmes qui tentent de survivre au chaos laissé par la guerre et à leurs tentatives de retrouver un peu d’humanité, qu’un tueur entend détruire par ces cadavres laissés dans les décombres.

Une nouvelle belle découverte de la littérature policière allemande qui nous réserve décidément de fort belle surprise. Une histoire et une lecture marquante à découvrir de toute urgence.

MHF

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Germania de Harald Gilbers


Mes petites lectures

9782366581430,0-25566269782264066480,0-3168089Le livre : Germania  de Harald Gilbers.Traduit de l’allemand par Joël Falcoz.Paru le 19 mars 2015 chez Kero. 19€90 ; (421 p.) ; 24 x 16 cm.

Réédité en poche le 3 mars 2016 chez 10/18 dans la collection Grands détectives. 8€80 ; 480 p.) ; 18 x 11 cm.

 

Quatrième de couverture

Berlin, été 1944. De jeunes femmes sont retrouvées mortes, nues et mutilées, devant des monuments aux morts de la Première Guerre mondiale. Contre toute attente, le SS-Hauptsturmführer Vogler fait appel à Richard Oppenheimer, l’ancien enquêteur star. Pourtant Oppenheimer est juif et donc officiellement interdit d’exercer…

Tiraillé entre son quotidien misérable dans une «maison juive» et le confort que lui offre son nouveau statut, Oppenheimer est de plus en plus inquiet. Tous les indices pointent vers un assassin appartenant à l’élite nazie, si Oppenheimer échoue, son destin est scellé. Mais n’est-il pas encore plus dangereux de démasquer le coupable ?

Pendant les derniers jours du Reich, les tensions sont à leur comble…

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L’auteur :

Après des études de lettres anglaises et d’histoire, Harald Gilbers a travaillé comme journaliste pour les pages culturelles d’un magazine puis comme metteur en scène indépendant. Il vit près de Munich. Germania, son premier roman, a reçu l’un des plus prestigieux prix de littérature policière, le prix Friedrich Glauser. Harald Gilbers vient de faire paraître son deuxième roman.

 

Résumé et avis

Berlin, 1944, le 7 mai pour être précise, à la veille de l’armistice. Mais ça les protagoniste ne le savent pas encore.

Les corps de jeunes femmes sont retrouvés nus et mutilés,  devant les monuments aux morts de la Première Guerre mondiale. Le SS Vogler fait appel à Richard Oppenheimer, un célèbre enquêteur. Mais celui-ci, d’origine juive, n’a officiellement pas le droit d’exercer. Découvrir le coupable pourrait s’avérer dangereux pour Oppenheimer. Tout indique qu’un officiel haut gradé pourrait être derrière tout cela. Notamment que les jeunes femmes aient été abusé sexuellement post mortem. Et que le sérial killer est particulièrement retors.

Quand on démarre la lecture de ce roman on ne peut pas s’empêcher de penser à la Trilogie Berlinoise de Philipp Kerr.

Harald Gilbers,  avec Germania, fait une entrée particulièrement impressionnante dans le polar.

Il a inventé une histoire extrêmement captivante et la raconte avec passion. Le roman est captivant dès le début et maintient la tension jusqu’à la dernière ligne.

J’ai vraiment eu le sentiment de remonter le temps et de mettre rendu à Berlin à cette époque.

De plus, son flic, le commissaire Oppenheimer est très sympathique et on aimerait en savoir plus sur son histoire personnelle.

Et surtout on aimerait le retrouver très vite dans d’autres aventures.

 

Pour info  Avec Germania,  Harald Gilbert a été lauréat du prestigieux prix littéraire Glauser du meilleur premier roman policier en Allemagne.

Lire le début

 

9782366581904,0-3169209La suite des aventures de Richard oppenheimer sortent en ce début mars.

Ce deuxième volet à pour nom Les fils d’Odin.

Et voilà l’intrigue : Berlin, début 1945. Tandis que la chute du Reich semble inévitable, Richard Oppenheimer, un ancien commissaire juif, craignant encore la déportation, mène une existence discrète. Lorsque son amie Hilde, une opposante au régime, est accusée du meurtre de son ex-mari, un SS impliqué dans les expériences humaines menées à Auschwitz, il se lance dans une enquête pour l’innocenter.

 

 

Sorry / Zoran Drvenkar


Mes petites lectures

9782355840807,0-11734809782253162490,0-1353471Le livre : Sorry de Zoran Drvenkar. Traduit de l’allemand par Corinna Gepner.Paru le 17 mars 2011 chez Sonatine. 21€;  (449 p.) ; 22 x 14 cm.
Réédité enpoche le 30 mai 2012 aux Livres de poche. 7€60 ; (497 p.) ; 18 x 12 cm

4e de couv :

Berlin. Tamara, Frauke, Kris et Wolf se sont connus au lycée. Dix ans plus tard, après une succession de petits boulots, de drames personnels, de défaites diverses et de blessures secrètes, c’est sans trop d’illusions qu’ils abordent la trentaine. Les choses changent néanmoins très vite quand ils ont l’idée de créer une agence nommée Sorry, dont l’objet est de s’excuser à la place des autres. Le succès est immédiat, ils aident des hommes d’affaires qui s’estiment s’être mal comportés envers un salarié, un associé ou une entreprise à alléger leurs remords en allant chercher à leur place le pardon auprès de leurs victimes.

Tout va pour le mieux jusqu’au jour où un mystérieux assassin désireux de soulager sa conscience décide de recourir aux services de Sorry.

C’est le début d’une longue descente aux enfers pour les quatre amis. Pris dans un piège infernal et mortel, ils n’auront d’autre solution que de découvrir au plus vite l’identité et les mobiles de ce tueur qui les manipule et semble parfaitement les connaître.

Avec ce roman à la construction exceptionnelle et au style remarquable, Zoran Drvenkar rompt d’emblée avec toutes les conventions du thriller. Il déjoue toutes les attentes du lecteur, le surprend sans cesse et le captive jusqu’à la dernière page.

«Vous avez aimé Stieg Larsson ? Vous aimez les thrillers à l’intrigue complexe, qui sortent de l’ordinaire ? Sorry est fait pour vous.» Der Spiegel

 

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L’auteur : Né en 1967 en Croatie, Zoran Drvenkar a trois ans lorsque ses parents s’installent en Allemagne. Il réside dans la région de Berlin. Il est romancier, dramaturge et scénariste. Sorry est son premier thriller publié en France.

 

 

Extrait :
Il y’a un truc qui manque aux chefs et aux décideurs, un truc dont ils ne peuvent pas se dépêtrer, qui plane comme une ombre menaçante sur leur vie…Ce truc là leur pourrit tellement la vie que ça se voit sur leurs figures…Ils ne savent pas s’excuser. Alors c’est pour ça qu’on va leur offrir. Des excuses à la pelle, à un prix sacrément juteux

Résumé et petit avis :

Berlin. Tamara, Frauke, Kris et Wolf se sont connus au lycée. Dix ans plus tard, c’est sans illusion qu’ils abordent la trentaine. Ils ont l’idée de créer une agence nommée Sorry, dont l’objet est de s’excuser à la place des autres. Le succès est au rendez-vous. Mais un mystérieux interlocuteur les envoie dans un appartement berlinois, où les attend une femme torturée à mort…. Ce sera le début d’une longue descente aux enfers. Pris au piège, les quatre amis n’auront d’autre solution que de découvrir au plus vite l’identité et les mobiles de ce tueur qui les manipule et semble parfaitement les connaître.

Un roman construit comme un puzzle qui alterne les perspectives de narration et de rythme. Une intrigue retorse autour de la culpabilité sur les thèmes difficiles de la maltraitance des enfants, le viol et la pédophilie…Tout cela s’imbrique de façon magistrale et originale.

Le mythe d’Isaac Becker de Reed Farrel Coleman


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reed-farrel-coleman-le-mythe-disaac-beckerLe livre : Le mythe d’Isaac Becker  de Reed Farrel Coleman. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Pierre Brévignon. Paru le 04 novembre 2015 chez Ombres Noires. 8€ ;  (91 p.) ; 19 x 13 cm
Quatrième de couverture

Le mythe d’Isaac Becker

1944, camp de concentration de Birkenau. Les destins de Jacob et d’Isaac se trouvent scellés quand le carnet de ce dernier est confisqué par le sous-lieutenant Kleinmann. Chronique des activités criminelles du camp et des victimes des chambres à gaz, son Livre des Morts peut les conduire à leur perte. Les deux hommes tentent de récupérer le précieux objet mais, surpris par Kleinmann, Isaac est tué. Le carnet semble définitivement perdu.

Mais que sait-on réellement de Jacob et d’Isaac ? Sont-ils vraiment les héros que l’on croit ? Et si Le Livre des Morts venait à ressurgir, que dévoilerait-il ?

indexL’auteur : Reed Farrel Coleman est originaire de Brooklyn. Romancier et poète américain, il est l’auteur de plusieurs romans et a reçu de nombreuses récompenses. Ancien vice-président du club des Mystery Writers of America, il enseigne désormais l’écriture à l’université Hofstra.

 

 

Voici un petit livre dont la lecture m’a beaucoup touchée. Et mon ami Pierre de comité de lecture polar a lui aussi était pris par l’émotion. Alors il vous offre son impression de lecture.

Résumé et avis de Pierre

Isaac Becker, prisonnier du camp de concentration de Birkenau en 1944, rédige les histoires de ses codétenus dans un carnet appelé le Livre des spectres. Il meurt en tentant de le récupérer des mains d’un officier allemand qui l’avait confisqué. Mais Jacob Weisen parvient à faire sortir le livre du camp et à survivre. Il parcourt le monde pour témoigner de ce texte, introuvable après le conflit.

Il s’agit ici d’une novella sur un prétendu manuscrit sauvé d’un camp d’extermination mais pas seulement : c’est également une histoire de mensonge et de ses conséquences, de comportements humains dans des conditions inhumaines.

Ce petit et très court roman noir est un fabuleux vecteur d’émotion.

C’est rude, violent, douloureux et beau à la fois.

De plus, ce roman est suivi d’un court entretien avec l’auteur sur l’origine de son récit.

 

Lire le début ICI

Un long moment de silence / Paul Colize : un livre qui restera un long moment dans nos cœurs.


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Le livre : Un long moment de silence de Paul Colize. Paru le 14 mars 2013 à La Manufacture de livres. 20,90 EUR ; (469 p.) ; 23 x 14 cm.
Réédité en poche  dans la Collection Folio policier (n° 728), chez  Gallimard. Parution : 20-05-2014

4e de couv : 1920 Wladyslaw ouvre sa pharmacie à Lwów. 1948 Trois jeunes italiens attendent la sortie des élèves du Brooklyn collège devant leur coupé Hudson rouge. 1952 Un homme poursuit une fillette sur le parking enneigé de l’aéroport de Stuttgart. 1989 Une femme aborde trop vite une courbe sur le ring de Bruxelles. 2012 Stanislas déshabille une femme qu’il connaît à peine. Paul Colize est l’auteur de back up (folio policier-Gallimard). Il vit à Waterloo. Capture&&&&&&&&&&

L’auteur : Paul Colize est né en 1953, il est marié et est le père de trois enfants. En dehors de l’écriture, il exerce également la profession de consultant en management et consacre son temps libre au piano et au badmington. Ah et si j’osais, je dirai qu’il pratique un humour irrésistible.

Extrait 1 : « Par un bienfait de la nature, j’ai échappé à la calvitie, aux traits avachis, aux érections fastidieuses et à l’embonpoint qui frappent la plupart des hommes de mon âge. »

Résumé et avis : La 4e de couv est succincte et il est difficile de résumer ce roman policier tellement il est foisonnant. Ce thriller historique, qui se déploie de 1920 à nos jours, met en scène une organisation clandestine, The Owl. Celle ci est chargée de poursuivre la traque des criminels nazis abandonnée par Israël après 1960. Nous suivons donc Nathan Katz dans sa quête de justice. Mais c’est aussi l’histoire de Stanislas Lejeune, l’un des héros, qui verra son destin s’accomplir au travers de cette aventure. Je crois que Paul Colize aime à dire qu’il écrit « du polar artisanal ». Mais depuis 5 ans que je le suis maintenant ,je peux affirmer que ses polars artisanaux sont écrits de façon très professionnelle. Je disais donc qu’il y a 5 ans je lisais mon 1e Paul Colize. Il venait de sortir un roman aux éditions Krakoën. (Une petite maison d’édition associative que j’affectionne tout particulièrement. Et qui m’a fait découvrir pas mal d’auteurs talentueux.) Capture&&&&&&&&&&& Ce roman donc, La troisième vague, parlé déjà d’attaques brutales, bestiales , sauvages tout comme dans le roman qui nous intéresse aujourd’hui. L’enquête de La troisième vague dévoilera les dessous d’une affaire criminelle sans précédent qui suscite encore et toujours des interrogations. Tout comme celle d’un long moment de silence. Dans la première il est question des tueurs du Brabant dans la seconde de la tuerie du Caire. Si le premier est un fait divers réel, le second imaginaire est tout aussi sanglant. Dans les deux, on ne connait rien sur l’identité des tueurs, ni sur leurs mobiles . Gangsters aux méthodes expéditives pour les uns, terroristes en service commandé pour les autres. Et pour servir quels sombres intérêts ? Nul ne le sait aujourd’hui encore. Malgré des moyens d’investigation exceptionnels, ces énigmes demeurent entières. Mais c’est compter sans Paul Colize. Car ici il mélange la réalité et la fiction avec un tel talent qu’il arrive à nous embarquer dans deux histoires complexes qui nous dévoilent peu à peu sa vérité sur les évènements tragiques qu’il nous expose. De plus , Paul Colize a pris le pari audacieux de faire d’un sale type, pour ne pas dire un être abject, l’un des héros de ce roman. Et il insiste en nous racontant son parcours à la première personne du singulier. Le reste du récit vous l’aurez compris étant à la 3e personne. Et chez Paul Colize la documentation accumulée pour étoffer ces intrigues et l’humour qu’il distille pour les raconter font de ce titre un pur et long moment de bonheur livresque. Un véritable coup de cœur pour cette histoire qui a su m’émouvoir bien plus que je ne l’aurai imaginé.

Extrait : Une grande boîte à biscuits métallique était coincée au bout d’une étagère chargée d’albums photos. J’ai rapidement parcouru les albums pour m’assurer de ne rien louper, mais ils ne contenaient que les clichés habituels : naissances, fêtes, vacances, mariages. En une quinzaine de minutes, j’ai parcouru un demi-siècle en Bavière.

Un long moment de silence est déjà Prix Landerneau polar 2013 ; prix du Boulevard de l’imaginaire 2013 ; Prix Polars Pourpres 2013.

Pour lire le début c’est ici

Oui j’aime bien ces photos avec mes amis . Ici Carine Capture&&&&&&&&&&&& Capture&&&&&&&&&&&&& Et là Richard notre concierge masqué préféré.

L’affaire Kustermann de Roberto Ampuero


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9782264036858,0-164849Le livre :  L’affaire Kustermann  de Roberto Ampuero. Traduit de l’espagnol par Bernard Cucchi.  Paru le 4 septembre 2003 chez 10/18. 7,40€ ; (269 p.) ; 18 x 12 cm

4e de couv : 

Querelle d’amoureux qui a mal tourné ? Règlement de compte entre contrebandiers ? Vengeance de trafiquants de drogue contre ceux qui trahissent le cartel ? Pour quelles raisons a-t-on assassiné Cristián Kustermann alors qu’il dînait dans un petit restaurant de Vina del Mar, station balnéaire chilienne ? Après quelques mois de recherches, les autorités n’ont toujours pas trouvé le coupable. Découragé, Carlos Kustermann, son père, demande à Cayetano Brulé, détective privé, de reprendre l’enquête. Pour cet exilé cubain vivant au Chili, habitué des affaires politico-mafieuses les plus louches de la planète, les clients se font rares et la demande de ce riche homme d’affaires est une aubaine. Son enquête le mènera d’abord à Bonn, en Allemagne, où Cristián Kustermann travaillait comme journaliste, puis à La Havane, où il apprend que le fils de l’homme d’affaires appartenait à un réseau de guérilleros…

téléchargement (9)L’auteur : Roberto Ampuero est né le 20 février 1953 à Valparaíso au Chili.
Suite à la prise de pouvoir d’Augusto Pinochet le 11 septembre 1973, Roberto Ampuero, alors étudiant en lettre, s’exile à Cuba.
Il y terminera ses études et y résidera jusqu’en 1979.
Après avoir vécu successivement en Allemagne et en Suisse, il s’installe aux États-Unis en 2000.
Il enseigne la littérature à l’université de l’Iowa.

Extrait : 
Dans celui-ci, comme chez la mamie, de nouveaux locataires s’installeraient avec leurs meubles et le lieu résonnerait du bruit de leurs voix, serait témoin de leurs rêves et de leurs amours, de leurs disputes aussi, qui effaceraient, comme sur l’ardoise de l’école, le passé des occupants précédents. Plus tard, d’autres leur succéderaient, qui à leur tour seraient remplacés par des gens indifférents à l’existence de ceux dont ils prendraient la place.

Résumé et avis :

Quatre mois après l’assassinat de son fils, Cristian, dans sa pizzeria d’une station balnéaire chilienne, Carlos Kustermann, riche industriel, demande à Cayetano Brulé de retrouver les coupables.Le compte en banque de Cayetano étant proche du néant le détective privé cynique et séducteur, spécialiste des affaires politiques, accepte l’offre très généreuse de Kustermann.

Cette enquêtes de Cayetano Brulé, privé d’origine cubaine, exilé au Chili et vivant du coté de Valparaiso va le conduire à Bonn l’ancienne capitale de la RFA (République fédérale Allemande) pour ce poursuivre à Cuba. Brulé aidé de son secrétaire d’origine Japonaise, Bernardo Susiki, il va mené une enquête mouvementée.

Cette histoire bien construite va au delà de la simple enqu^te policière. Roberto Ampuero nous parle bien sur de l’histoire du Chili au sortir des années noires de la dictature. Il nous éclaire à travers le destins individuels de ses protagoniste sur l’histoire contemporaine d’un pays meurtri.

Et le personnage de son privé bien que cynique apporte un peu de gaieté à tout cela tant il  nous devient attachant de part son penchant pour la bonne chair et le bon vin.

Une lecture intéressante.

Le démon du vitrail de Helen Grant


9782749917733,0-1527011GRANT, Helen : Le démon du vitrail. . Traduit par Pascal Loubet. Paru le 17 janvier 2013 chez M. Lafon. 19€ ; (394 p.) ; 23 x 14 cm

Quatrième de couverture: 

Une malédiction ancestrale.
Un vitrail médiéval hanté par un démon.
Et une série de meurtre effroyables…
Pour la jeune Lin Fox, pas question d’être la prochaine victime.

Lin à 17 ans. Son père, un universitaire anglais, décide de s’installer avec sa famille dans un village allemand pour mener des recherches : retrouver les célèbres vitraux médiévaux d’Allerheiligen. Selon la légende, quiconque s’en approche serait condamné à mort. Et c’est Lin qui découvre le premier corps, entouré de verre brisé…
Bientôt, les cadavres s’accumulent. Aidé par son jeune voisin, Lin veut éclaircir ce mystère avant que la mort ne frappe de nouveau. Mais pourra-t-elle arrêter la malédiction?

images (6)L’auteur :
Née à : Londres , 1964, Helen Grant s’est passionnée très tôt pour art. Elle écrivait de courtes histoires pendant ses cours de mathématiques. Elle z fait ses études supérieures à Oxford en lettres classiques, puis a travaillé une dizaine d’années dans la marketing. Ce travail lui a permis de financer de nombreux voyages notamment en Syrie et en Inde.
En 2001, elle s’installe avec sa famille en Allemagne à Bad Müenstereifel. Elle en profite pour explorer l’histoire de cette ville. C’est de celle-ci qu’elle tire l’inspiration de son premier roman : »The Vanishing of Katharina Linden »
Helen vit maintenant en Belgique, dans les alentours de Bruxelles avec son mari et ses deux enfants.

Citation :
« A cet instant…..Je ne me doutait pas que dans six heures, cette journée allait devenir la pire de ma vie. »

Résumé et avis :

Lin Fox, 17 ans, emménage dans un village allemand, Baumgarten. Son père, universitaire anglais spécialiste du Moyen Age, pense y trouver les célèbres vitraux d’Allerheiligen, disparus depuis des siècles. La découverte lui assurerait fortune et gloire. Mais les habitants ne partagent pas son enthousiasme : pour eux, les vitraux sont maudits. Selon une légende, ces vitraux seraient hantés par le démon Bonschariant. Il tuerait ceux qui s’en approchent.

Superstition ? Pourtant, dès le jour de leur arrivée, Lin découvre le corps d’un vieil homme entouré d’éclats de verre… Bientôt les cadavres s’accumulent, et la vie de la jeune fille vire au cauchemar. Elle se lance à son tour, aidé par son jeune voisin dans la quête aux vitraux, persuadée qu’ils la mèneront au tueur. Mais ce n’est pas sans danger, et Lin danse avec le diable. Pourra-t-elle arrêter la malédiction et sauver sa famille ?

Voilà un polar bien décevant : écriture scolaire, vocabulaire « adulescent » qui finit par agacer, personnages inconsistants pour certains, caricaturaux pour d’autres ; tout y est ! L’idée de départ était bonne, pourtant. Quand Helen Grant emménage en Allemagne, elle tombe amoureuse des légendes locales et commence à écrire Le Démon du vitrail. Le roman s’inspire d’ailleurs d’une histoire vraie : la disparition d’un vitrail du Moyen Âge retrouvé un siècle plus tard intact en Angleterre et vendu pour 800 000 livres aux enchères.  Mais la « mayonnaise » ne prend pas. Les personnages subissent sans réfléchir, telles des marionnettes passives qu’on a de plus en plus envie de secouer. Les indices ne sont pas habilement distillés pour harponner la curiosité du lecteur, mais prennent plutôt la forme de dialogues (de « pavés » ?) indigestes. Et que dire des fins de chapitre avec ce suspense poussif et trop prévisible ? C’est un 1er roman, et malheureusement, ça se voit.

Mais peut-être que je n’ai pas su déceler le charme de cette histoire visant plutôt un public young-adult.

Pour lire le début c’est ICI.

Les roses noires de Jane Thynne


   9782709644891-GLe livre : Les roses noires de Jane Thynne. Traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Philippe Bonnet. Paru le 28 janvier 2015 chez Lat  tes. 22€ ; (509 p.) ; 23 x 14 cm
Quatrième de couverture

1933. Clara Vine, jeune et jolie actrice anglaise pleine d’ambition, décide de partir tenter sa chance à Berlin. Au coeur des studios mythiques de l’Ufa, elle se retrouve rapidement coincée dans le cercle des femmes des hauts dirigeants nazis, dont l’impressionnante Magda Goebbels.

Quand Leo Quinn, qui travaille pour le renseignement anglais, rencontre la jeune femme, il voit en elle la recrue idéale. Et Clara Vine n’hésitera pas longtemps à espionner ses nouvelles relations, jouant à merveille de ses dons d’actrice en dépit du danger.

Mais lorsque Magda Goebbels lui révèle un lourd secret et lui confie une mission des plus délicates, toutes ses certitudes basculent. Tiraillée entre son devoir, son affection grandissante pour Leo et le service que Magda lui demande, Clara va se voir confrontée à un choix difficile…


jane-thynneL’auteur : Jane Thynne est née au Venezuela en 1961. Écrivain, journaliste (BBC
, The Sunday Times, Daily Telegraph, The Independent), elle est passionnée par les romans historiques. Elle vit à Londres avec ses trois enfants et son mari, Philip Kerr. Les Roses noires est le premier tome d’une série baletante mettant en scène l’actrice et agent Clara Vine.

Extrait : 
– Monsieur Quinn, j’aime mon pays. Quelles que soient nos sympathies politiques, nous, les Allemands, nous ne sommes pas comme les Russes, vous savez. Nous sommes civilisés. Ni comme les Italiens. Jamais nous ne deviendrons fascistes. Vous verrez. C’est l’heure des nazis pour l’instant, mais ce sera notre tour ensuite.
Leo haussa les sourcils.
– Vous trouvez incroyable que je puisse dire ça après ce que je viens de vivre ? Peut-être. Mais ces voyous ne sont pas tout. Le coeur de ce pays est à présent assoupi. Les gens sont lents à réagir, mais ils se soulèveront. Je vous le promets.
Leo jeta machinalement un rapide regard à l’ivrogne solitaire affaissé sur le bar dont il avait noté la présence.
– Ainsi, vous n’avez pas peur ?
– Non. Ce n’est pas de la peur que je ressens. C’est de la honte. J’ai honte à l’idée que ce gang meurtrier pourrait ramener mon pays au XIVe siècle. Mais ça ne durera pas, cher Monsieur Quinn. ça ne durera pas.
Résumé et avis :

Ufa-logo-100panoramaSITE1933. Clara Vine, jeune actrice anglaise, décide de partir tenter sa chance à Berlin. Elle fait la rencontre de Leo Quinn, agent sous couverture travaillant pour le renseignement anglais qui lui propose d’espionner ses nouvelles relations, des femmes de hauts dirigeants nazis. Lorsque Magda Goebbels lui révèle un lourd secret et lui confie une mission, toutes ses certitudes basculent.

téléchargement8809Femme de Philip Kerr, Jane Thynne creuse le même terreau que son mari. Et dieu sait que l’on est fan de la triologie berlinois.

Du coup on retrouve un magnifique polar, de l’allemagne de 1933 aux débuts du fascisme et des accointances du cinéma de l’époque avec le nazisme montant.

 La psychologie des personnages est fouillée et les aspects historiques visiblement très documentés ce qui rend la lecture de ce roman d’espionnage d’autant plus passionnante.

Un premier volume qui met en place ce qui s’annonce comme une excellente fresque historique.

Extrait :
Il flottait sur la ville comme un gaz toxique, s’infiltrant à travers les portes fermées. Il y avait des arrestations, bien souvent sans aucune raison apparente, et l’on pouvait voir, à l’aube, des hommes encore abrutis de sommeil grimper en trébuchant dans des véhicules de police. Leo observait tout cela avec un désespoir croissant. C’était comme être prisonnier d’un rêve paralysant où vous regardiez la catastrophe vous engloutir peu à peu, sans pouvoir rien faire pour l’en empêcher.

3 minutes 33 secondes de Esi Edugyan


$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$Le livre : 3 minutes 33 secondes de Esi Edugyan.Traduit de l’anglais par Michelle Herpe-Voslinsky.Paru le 7 mars 2013 chez Liana Levi. 22€ ; (361 p.) ; 21 x 15 cm.

 Réedité en poche chez le même éditeur le 5 mai 2014. 12,5€ ; (361 p.) ; 18 x 12 cm.

Quatrième de couverture

3 minutes 33 secondes

Un disque de 3 minutes 33 secondes, c’est tout ce qu’il reste de ce temps-là. De ce Paris occupé où trois jazzmen planqués pour échapper aux nazis tentaient malgré tout d’enregistrer un morceau. Sid, Chip, et Hiero, deux Noirs de Baltimore et un métis allemand, unis le temps d’un enregistrement frondeur, au nez et à la barbe de l’ennemi. Avant, c’est à Berlin qu’ils jouaient, quand l’Amérique marquait le tempo des folles nuits européennes. Avant que Goebbels n’interdise cette « musique nègre » et qu’eux trouvent refuge en France et rencontrent le grand Armstrong. Mais, parfois, il ne faut guère plus de trois minutes pour qu’un destin bascule. Un regard enjôleur, une ligne de basse qui dérape, des papiers qui n’arrivent pas… Alors restent les souvenirs, ces moments hors du temps qui font le sel de la vie.

Dans ce roman émouvant et drôle, où fiction et réalité se confondent, Esi Edugyan brosse le portrait d’une époque, d’un milieu, d’une amitié, retrouvant les accents savoureux et le langage des musiciens noirs américains.

« Une palpitante histoire de confiance et de trahison. Un roman brillant et alerte. » The Times

« Une évocation vraiment extraordinaire d’un moment et d’un lieu. » The Independent

$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$Esi Edugyan vit à Vancouver Island. Ses nouvelles ont paru dans de nombreuses anthologies. 3 minutes 33 secondes, son second roman, a gagné le prestigieux prix Giller au Canada et a figuré sur les sélections de l’Orange Prize et du Booker Prize. Il est en cours de traduction dans neuf pays européens.

Extrait :
Le jazz. Ici en Allemagne c’était devenu pire qu’un virus. On était tous comme des puces, nous les Nègres, les Juifs et les voyous de basse classe décidés à produire ce tintamarre vulgaire pour entraîner des mignonnes petites blondes dans le vice et le sexe. C’était pas une musique, c’était pas une mode. C’était un fléau envoyé par les hordes noirs maudites, fomenté par les Juifs. Nous les Nègres, voyez-vous, on ne pouvait nous le reprocher qu’à moitié, c’est tout bonnement plus fort que nous. Les sauvages ont un instinct naturel pour les rythmes dégradants, aucun self-control à proprement parler. Mais les Juifs, mon frère, eux il faisaient exprès de mijoter cette musique de la jungle. Tout ça faisait partie de leur plan démoniaque pour affaiblir la jeunesse aryenne, corrompre ses filles, diluer son sang.

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Résumé et avis :

A Paris en 1940. Trois musiciens de jazz, deux Noirs américains, Sid et Chip, et un métis allemand, Hiero, enregistrent le disque qu’ils auraient du faire avec Armstrong. Un matin, Hiero est arrêté par les nazis. Cinquante-deux ans plus tard, en 1992, Sid apprend à Berlin que Hiero ne serait pas mort et vivrait en Pologne. Les souvenirs ressurgissent, tandis que Chip l’accuse d’avoir livré Hiero.

Peu de temps après la chute du mur de Berlin, deux jazzmen octogénaires (Chip Jones et Sid Griffiths ) retournent en Allemagne pour participer à un festival en l’honneur de Hieronimus Falk, trompettiste légendaire avec qui ils ont joué juste avant qu’il soit arrêté par la Gestapo. Le deuxième roman du canadien Esy Edugyan (le premier n’a pas encore été traduit en français) est tout entier centré sur les circonstances de la disparition de Hieronimus et sur la vie qu’il menait avec les autres musiciens de son groupe avant son arrestation. Basé sur les souvenirs du personnage de Sid, le récit se déroule à deux époques et nous offre une plongée saisissante dans microcosme bouillonnant du jazz des années 30 à Berlin et à Paris. Edugyan entremêle réalité et fiction pour donner corps à ces musiciens qui brûlaient la chandelle par les deux bouts et tentaient d’entretenir le feu sacré des Années Folles malgré la montée du nazisme. On suit pas à pas le groupe tiraillé entre l’impérieux désir de jouer et les compromis nécessaires à leur survie. Restrictions, beuveries, discriminations (le groupe comprenait deux noirs-américains, un métis et un juif), peur des rafles, rétorsions contre le jazz que Goebbels qualifiait de « musique dégénérée », jalousies amoureuses, frustrations artistique, appétit inextinguible de célébrité _ tous ces éléments sont dépeints avec brio pour nous permettre de cerner les circonstances de la disparition du trompettiste. Ce mystère nous tient évidemment en haleine, mais le principal plaisir de la lecture de « 3 minutes 33 secondes » tient à la reconstitution d’une époque et surtout d’une ambiance particulière propre au jazz, ainsi qu’au plaisir qu’on a à croiser au fil des pages des légendes comme Louis Armstrong, Bill Coleman ou Marian Henderson.

$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$Pour lire le début c’est ICI

L’oiseleur de Max Bentow.


th (24)Le livre : L’oiseleur de Max Bentow. Traduit de l’allemand par Céline Hostiou. Paru le 06 novembre 2014 chez Denoël, 336 pages, 20,90 € 23 x 16 cm.

Extrait : Trojan huma l’air épicé du matin auquel se mêlait l’odeur persistante des poubelles de la cour. Il déverrouilla la serrure, poussa son vélo sous le porche étroit de la cage d’escalier et celui de l’immeuble donnant sur la rue, enfourcha la selle puis s’élança. Presque quotidiennement, il parcourait ainsi le trajet entre Kreuzberg et le Tiergarten ; il n’utilisait plus sa vieille Golf que pour les interventions nocturnes. Il aimait longer la rive du Landwehrkanal au matin, entre eau calme et métro aérien, avec au-dessus de lui le ciel, immense et clair, ce qui le mettait en train. Peu à peu il prenait de la vitesse ; il effectuait habituellement le chemin en une demi-heure, parfois même en vingt minutes. Sur le toit du Technikmuseum pendait le vieil avion à hélices au bout de ses haubans, et la rame de métro crissait dans le virage précédant Gleisdreieck ; les tours de la Potsdamer Platz apparaissaient ensuite ; il passait devant la Neue Nationalgalerie, atteignait la Lützowplatz et bifurquait juste avant Urania dans la Kurfürstenstrasse. De là, il ne restait que quelques centaines de mètres jusqu’au siège de la police judiciaire du Land, situé dans la Keithstrasse, une rue tranquille près du Tiergarten. Trojan attacha son vélo devant le bâtiment de service. Ses imposantes pierres naturelles couleur sable rappelaient un fort médiéval ; enfant, il en avait assemblé un de la sorte en Lego, un château miniature avec trappes, pont-levis et oubliettes. CRIMES CONTRE LES PERSONNES, signalait un écriteau, sous lequel l’ours de Berlin tirait la langue au visiteur. Il poussa la lourde porte d’entrée, salua le policier en faction et monta le large escalier en colimaçon jusqu’à l’étage supérieur. Ronnie Gerber rinçait sa tasse à café lorsque Trojan entra.

4e de couv :

Seul point commun de ses victimes : une abondante chevelure blonde qui semble rappeler les plumes d’oiseaux dont il couvre leur corps. L’inspecteur Nils Trojan traverse une phase difficile. Divorcé, père d’une fille unique, il consulte en secret une fois par semaine la psychologue Jana Michels car il souffre de crises d’angoisse. En tant qu’inspecteur de la brigade criminelle, il ne peut se permettre de montrer le moindre signe de faiblesse. Un jour, dans un quartier populaire de Berlin, il trouve le corps d’une jeune femme, violemment assassinée. Elle a le crâne rasé, recouvert de plumes, et un oiseau mort a été placé à l’intérieur de la plaie mortelle. Avant que Trojan n’ait le temps de comprendre ce qui s’est passé, l’Oiseleur frappe à nouveau, laissant la même signature macabre. L’inspecteur comprend très vite que l’Oiseleur est attiré par les femmes jeunes, blondes, à l’épaisse et ondoyante chevelure. Exactement le portrait de Jana. Dès lors, un duel à mort s’engage entre Nils Trojan et le dangereux psychopathe. Max Bentow plonge dans les tréfonds d’une âme en proie à la folie et nous livre le thriller le plus haletant de l’année.

th (27)L’auteur :

Max Bentow, médecin de formation, est né en 1966 et vit à Berlin. L’Oiseleur, qui marque son entrée en littérature policière, est son premier roman et le premier tome d’une série autour du lieutenant de police berlinois Nils Trojan.

Résumé et avis :

Un tueur en série sévit à Berlin. Ses victimes, dont le corps est retrouvé recouvert de plumes, ont pour point commun d’épais cheveux blonds. Le lieutenant Nils Trojan, qui traverse une phase difficile sur le plan personnel, est chargé de l’enquête sur ce tueur surnommé l’oiseleur.

th (25)Un nouveau venu dans le paysage littéraire policier mais pas vraiment un nouvel auteur puisque Max Benton a écrit de nombreuse pièce de théâtres pour lequel il a été honoré par des prix prestigieux. Il crée deux personnages récurrents commissaire Nils Trojan et la psychologue Jana Michels que l’on aura plaisir à retrouver dans de prochaines enquêtes. La force de l’auteur c’est les descriptions psychologiques de ses protagonistes. Il les campe avec précisions, rien n’est omis. Il soigne les détails et on entre en empathie avec ceux-ci. La psyché humaine n’a plus de secret pour lui et il en ressort un suspense psychologique intense qui s’insinue en nous et on en ressort secouer. Car l’auteur a une vision très noire et très violente du th (26)monde occidental dans lequel on vit. Une vision parfaitement illustrée par Berlin, la ville où se situe l’intrigue et qui elle aussi devient un personnage à part entière de ce très bon premier thriller psychologique.

Une lecture que je vous recommande vivement.

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