Les 10 livres qui vous ont marqué d’une façon ou d’une autre : Le double Top 10 de Dame Belette


Pour ses deux ans, Collectif Polar organise un concours auquel je ne participe pas, enfin, si, mais juste par amitié !

Alors, puisqu’elle veut un Top 10 de mes livres qui m’ont marqué, elle va l’avoir, mais elle doit garder à l’esprit que je casse les règles !!

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Je distinguerai donc deux listes.

  • La première concernera des romans lus durant ma scolarité et qui m’ont marqué. Je ne me souviens plus trop des détails, juste qu’ils m’avaient émotionnés fortement, durablement. Le numéro devant les titres n’indique pas leur position dans mon coeur ou mon esprit.
  • La seconde concernera mes lectures marquantes après ma scolarité obligée, ou les livres lus hors cadre scolaire (même si j’usais toujours mes fonds de culotte sur les bancs)… Idem en ce qui concerne la numérotation.

1. Un sac de billes de Joseph Joffo – Première incursion dans les horreurs de la Seconde Guerre Mondiale. J’étais jeune et l’histoire vraie de ce petit garçon m’avait fait découvrir le Monde tel qu’il était. J’étais jeune et innocente encore (lecture scolaire).

La Seconde Guerre Mondiale, on n’en parlait pas de trop et découvrir une partie de l’Horreur me fit prendre conscience qu’il y avait sans doute pire encore qui s’était passé durant cette période… Certains livres ont fini au freezer tant ils étaient horribles à lire.

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A Paris en 1941, dans le pays occupé par les nazis, Joseph et Maurice doivent porter l’étoile jaune. Le racisme de leurs camarades se déchaîne. Un des amis de Joseph, Zérati, lui propose un marché, un sac de billes contre l’étoile jaune. S’ensuit une fuite des deux frères. Il tentent, dans un bien étonnant voyage , de franchir la ligne de démarcation sans papiers, pour gagner la zone libre et peut-être la vie…
« Ce livre qui est celui de la peur, de l’angoisse, de la souffrance aurait pu être aussi le livre de la haine, mais il est, en fin de compte, un cri d’espoir et d’amour. » Bernard Clavel

« Parmi les témoignages sans nombre consacrés aux temps maudits, celui-là est unique, par la nature de l’expérience, l’émotion, la gaieté, la douleur enfantine. Et conté de telle manière que l’aventure saisit, entraîne, porte le lecteur de page en page et jusqu’à la dernière ligne. »  Joseph Kessel

« Un humour à la Chaplin, des souvenirs déchirants et cocasses. Il faut lire, en ce moment surtout, Un sac de billes. » François Nourissier

2. Mon bel oranger de José Mauro de Vasconcelos – Il ne me reste plus beaucoup de souvenirs de l’histoire, juste l’émotion ressentie durant ma lecture et mes larmes à la fin. La preuve que l’on peut avoir oublié des détails important, la trame de l’histoire, mais se souvenir des rivières coulant des yeux au moment de refermer le livre (lecture scolaire).

mon-bel-oranger-jose-mauro-de-vasconcelosDirectement inspiré de l’enfance très difficile de l’auteur, un livre réaliste et pur.

A cinq ans, tout le monde bat Zézé et lui dit qu’il est le diable… Mais, ange ou démon, Zézé a un secret : un pied d’oranges douces, le seul confident de ses rêves, qui l’écoute et lui répond.

L’auteur puise dans ses souvenirs d’enfance pour écrire ce roman mythique. Il met en scène la vie d’un jeune garçon brésilien Zézé issu d’une famille pauvre et ouvrière. Avec beaucoup de réalisme, mais aussi de tendresse, ce roman conte l’apprentissage douloureux de la vie.

3. À l’ouest, rien de  nouveau de Erich Maria Remarque – La claque ! La putain de claque ! Jeune, je voyais un monde en dichotomie et je pensais que les Allemands étaient TOUS des Méchants vilains pas beaux et les autres, des Gentils tout plein. Ben non, les soldats allemands étaient dans la même merde que les autres en face, ils souffraient eux aussi et jamais je n’aurais cru percevoir de l’empathie pour eux. Un roman magnifique sur la Première Guerre Mondiale, vu des tranchées de ceux d’en face (lecture scolaire).

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«Quand nous partons, nous ne sommes que de vulgaires soldats, maussades ou de bonne humeur et, quand nous arrivons dans la zone où commence le front, nous sommes devenus des hommes-bêtes…»

Témoignage d’un jeune soldat allemand de la guerre de 1914-1918, À l’ouest rien de nouveau, roman pacifiste, réaliste et bouleversant, connut, dès sa parution en 1928, un succès mondial retentissant qui ne s’est jamais démenti depuis. Il reste l’un des ouvrages les plus forts dans la dénonciation de la monstruosité de la guerre.

4. Mon ami Frédéric de Hans Peter Richter TRAUMATISÉE par cette lecture et par la découverte des pogroms. J’en ai gardé des sueurs froides durant des lustres ! Voir les voisins et d’autres saccager tout dans l’appart des parents de Frédéric (et dans ceux des autres juifs) fut un véritable traumatisme pour la jeune fille que j’étais (lecture scolaire).

mon-ami-frederic-hans-peter-richterEn Allemagne, avant la guerre, deux enfants sont inséparables. L’un d’eux s’appelle Frédéric. Il est Juif. Lorsque Hitler prend le pouvoir en 1933, la situation de la famille de Frédéric devient de plus en plus difficile. Jusqu’à ce que le dictateur durcisse encore les lois à l’égard des Juifs : on les insulte, on les chasse, et bientôt Frédéric est renvoyé de l’école…

5. Dix petits nègres d’Agatha Christie – Un huis clos pesant au possible, une île où le maître de maison n’apparaît pas, des convives qui ont l’air d’avoir tous un truc à cacher, les morts, au fur et à mesure, de ces personnes, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus que deux, que une… que zéro ! Et puis la claque dans ma gueule ! Magnifique !!! Impossible d’arrêter de lire, je voulais savoir, je voulais même le garder pour le lire à table mais ma mère n’a pas voulu… (lu hors cadre scolaire).

1-dix-petitsEn a-t-on parlé de l’Île du Nègre ! Elle avait, selon certains, été achetée par une star de Hollywood. Des journaux avaient insinué que l’Amirauté britannique s’y livrait à des expériences ultrasecrètes. Bref, quand ils reçurent – sans savoir de qui – cette invitation à passer des vacances à l’Île du Nègre, tous les dix accoururent .Les dix invités sont arrivés sur l’île du Nègre, mais rien ne semble normal : leur hôte est absent et quelqu’un a déposé dans leur chambre une comptine intitulée Les dix petits Nègres. Tout bascule quand une voix accuse chacun des invités d’un crime.

6. Misery de Stephen King – Encore un huis clos oppressant, Paul Sheldon, un auteur pris au piège de la terrible infirmière Annie Wilkes. J’ai tremblé de tous mes membres devant tant de sadisme, de folie pure ! Un roman que je n’oublierai jamais tant il m’a procuré des frissons et le King est le roi de mes frissons !! Si « La ligne verte » m’avait fait pleurer, Misery m’a fait trembler de terreur pure ! Le tout sans monstre sous le lit (Lu pour mon plaisir propre).

1-miseryAnnie Wilkes est cinglée, mais Paul Sheldon, l’auteur à succès des aventures de Misery Chastain, a besoin d’elle depuis son accident de voiture. Car Annie l’a ramassé sur le bord de la route, puis séquestré et mutilé. Une occasion inespérée pour elle de manipuler son écrivain fétiche à sa guise. Ressusciter Misery qu’il a fait mourir dans un épisode précédent, ou être exécuté par sa geôlière : voilà à quel dilemme Paul est désormais confronté.

Mais ce n’est pas tout. S’il redonne trop vite corps à son héroïne préférée, Annie sera tentée de se débarrasser de lui dès qu’il aura achevé le manuscrit. Et s’il fait traîner l’intrigue, de rage, elle pourrait le supprimer ! Un huis clos insoutenable où l’imagination, la folie et l’absurde cohabitent à merveille.

7. Une étude en rouge de Sir Arthur Conan Doyle – Je venais de lire « Le chien des Baskerville » et même si Sherlock Holmes était peu présent dans le Chien, j’étais déjà folle de lui et je voulais en savoir le plus possible. Le Net n’existait pas, donc, lors de ma lecture de ce roman, je notais avec avidité les passages qui m’éclairaient le plus possible sur la personnalité de Sherlock Holmes. Un truc de fou, je ne me sentais plus… 30 ans après (presque), je suis toujours à lui courir après.

1-etude-en-rouge-signe-des-4Un homme est trouvé mort dans une maison inhabitée, au coeur d’un des plus sinistres quartiers de Londres.

Autour de lui, des traces de sang, bien que le cadavre n’ait aucune blessure. De quoi laisser perplexes Lestrade et Gregson, les limiers de Scotland Yard.

Parue en 1887, cette Étude en rouge est la première des enquêtes de Sherlock Holmes. Nous y faisons la connaissance de l’extraordinaire détective à travers les yeux du bon Dr Watson.

Nous y apprenons le « raisonnement analytique » et l’art de faire parler les indices.

Ce classique du roman policier est aussi un roman d’aventures qui nous conduit dans le Nevada des mormons et de la ruée vers l’or, où s’enracine le mystère…

8. La plupart en reviendront pas – Vingt-huit jours dans une poche du front russe, hiver 1942-1943 de Eugenio Corti. Dieu tout puissant, comment est-ce possible d’en arriver là ? Le front Russe, les allemands et les italiens qui reculent, les russes qui avancent et la mort à petit feu qui guette tout ces soldats à cause du froid intense qu’il régnait. Horrible, troublant, émouvant, dur pour le coeur.

Un livre que je lisais dans le train, un vendredi, de retour chez mes parents pour un coucou… Mon chien se lève, s’étire et je me dis « Pourquoi il se lève, lui ?? » et puis je vois le paysage… Putain, on arrivait en gare (je n’ai jamais su comment mon chien faisait pour savoir quand on arrivait à destination avec le train) !

1-la-plupart-ne-reviendront-pas1941 : les forces de l’Axe lancent des centaines de divisions dans la gigantesque campagne de Russie. Mobilisé par l’armée italienne en 1942, Eugenio Corti prend part, comme jeune officier d’artillerie, à l’épopée du Front de l’Est. Brisée aux portes de Stalingrad, l’avancée foudroyante des envahisseurs va se transformer en une épouvantable débâcle. Encerclées dans une poche aux côtés de la 298e division allemande, plusieurs divisions italiennes, désemparées, vont être anéanties par un ennemi féroce et un froid polaire. Seule une poignée des quelque 30 000 compagnons du jeune écrivain retrouveront leur patrie, l’Italie.

La plupart ne reviendront pas, paru en 1947, bouleversa les Italiens. De ce fourvoiement honteux que l’on s’efforçait d’oublier – l’alliance avec l’Allemagne -, la campagne de Russie était l’épisode le plus douloureux. Une génération entière avait été engloutie dans cette guerre qui n’était pas la sienne, absorbée à jamais par l’immensité russe et les camps. L’un des rares survivants de cet enfer en avait rapporté un récit minutieux, insoutenable de précision, et pourtant porté par une inextinguible espérance.

9. Jane Eyre de Charlotte Brontë. Je n’ai jamais lu des tonnes de Classiques, alors, pour découvrir, j’avais pris ce roman, pensant que je n’allais pas aimer ou que ce serait neuneu, larmoyant… Ben non ! J’ai pris une claque monumentale, adoré les personnages, souffert avec eux, prié pour que ça finisse bien. Une immersion pareille dans le Classique, ça laisse des traces durables.

Jane Eyre - Brontë CharlotteJane Eyre, jeune orpheline pauvre, a été placée par sa tante dans un pensionnat à la discipline de fer. À dix-huit ans, elle accepte un emploi de gouvernante au château de Thornfield Hall, chez l’ombrageux Mr Rochester. Tandis que d’étranges événements se produisent la nuit, Jane se découvre des sentiments pour son riche employeur…

Une héroïne inoubliable, volontaire et indépendante, dont le destin romantique a bouleversé des générations de lecteurs.

10. Le chemin des âmes de Joseph Boyden. Le retour de la Grande Guerre, le traumatisme des tranchées, les souvenirs de ces indiens du Canada quand les Hommes Blancs sont venus, l’Horreur de la guerre et l’Horreur de notre comportement envers ces gens. Une lecture avec le regard brouillé, une profondeur inimaginable, un roman qui m’a marqué au fer rouge.

Chemin des âmes - Boyden1919. Nord de l’Ontario. Niska. une vieille Indienne, attend sur un quai de gare le retour d’Elijah, un soldat qui a survécu à la guerre.

À sa grande surprise, l’homme qui descend du train est son neveu Xavier qu’elle croyait mort, ou plutôt son ombre, méconnaissable. Pendant trois jours, à bord du canoë qui les ramène chez eux, et tandis que sa tante essaie de le maintenir en vie, Xavier revit les heures sombres de son passé : l’engagement dans l’armée canadienne avec Elijah, son meilleur ami, et l’enfer des champs de bataille en France…

« Un roman lumineux et sombre à la fois. II vous fera peut-être souffrir, mais ça en vaut véritablement la peine. Irrésistible. »
Jim Harrison.

11. Pottsville, 1280 habitants de Jim Thompson est un véritable roman noir, un roman qui m’a marqué parce que lorsque je l’ai lu la première fois, j’ai ri à gorge déployée. Un shérif niais, du moins en apparence et avec un sang-froid à faire pâlir les serial-killer. On rit, mais on devrait frémir devant l’hécatombe. Un assassin aussi effroyable que celui de « L’assassin qui est en moi » du même auteur.

Pottsville 1280 habitants - Jim ThompsonShérif de Pottsville, 1280 habitants, au début du vingtième siècle, Nick Corey évite de trop se fatiguer à se mêler des affaires de ses administrés. Débonnaire, apparemment pas très malin, il se laisse même contester et humilier en public. Comme si ça ne suffisait pas, il est cocu et pourrait bien perdre son poste aux prochaines élections. Il décide donc de commencer à faire le ménage…

Première traduction intégrale du plus célèbre roman de Jim Thompson, un classique incontournable précédemment édité à la Série Noire sous le titre 1275 âmes

« Un roman toujours cité, jamais égalé. »
Jean-Patrick Manchette

12. Une journée d’Yvan Dennisovitch d’Alexandre Soljenitsyne ou comment parler du goulag sans se faire censurer. Pari réussi, l’auteur, au travers d’Ivan, nous parle d’une journée au goulag et présenté ainsi, on dirait que ce n’est pas si effroyable que ça. Pourtant, ça l’est et ce court roman m’a aussi marqué au fer rouge, plus que s’il avait décrit l’horreur qui y régnait en se moquant de la censure. C’est beau, mais éprouvant.

Journée d'Ivan Denissovitch

Prisonnier depuis huit ans dans un camp de travaux forcés en Asie centrale sous le régime stalinien, Choukhov, petit homme bon et débrouillard, est un zek, un détenu dans le langage administratif soviétique.

Harcelé par ses bourreaux, le froid et la faim, il s’adapte pour survivre avec dignité dans un univers inhumain. Avec Ivan Denissovitch, Alexandre Soljenitsyne nous plonge dans le quotidien d’une victime parmi d’autres du système concentrationnaire soviétique. Au fil de cette journée, c’est toute l’horreur de ce monde «hors la vie» qui nous saute au visage, mais c’est aussi et surtout la résistance d’un homme face à la terrible entreprise de dépersonnalisation du Goulag. En 1962, avec ce texte inoubliable écrit en deux mois dans une langue vive, truculente et lyrique qui recrée l’argot des camps, Soljenitsyne et le monde du Goulag entraient en littérature.

13. Une terre d’ombre de Ron Rash où la Grande Guerre vu des États-Unis et ses dommages collatéraux… Un portrait d’une famille qui vit en retrait de tout, une vallée où le soleil ne brille que très peu, l’agressivité des hommes face à des habitants d’origine allemande ou envers ceux qui ne sont pas parti à la guerre.

De l’émotion brute, une écriture qui claque comme un coup de fusil dans la nuit, des larmes à la fin, un cœur éprouvé (le mien) et un roman qui restera dans mes annales (avec 2 « n » !!) car il est tout en finesse, sans mièvrerie.

1-une-terre-dombre-ron-rashLaurel Shelton est vouée à une vie isolée avec son frère — revenu de la Première Guerre mondiale amputé d’une main —, dans la ferme héritée de leurs parents, au fond d’un vallon encaissé que les habitants de la ville considèrent comme maudit : rien n’y pousse et les malheurs s’y accumulent. Marquée par ce lieu, et par une tache de naissance qui oblitère sa beauté, la jeune femme est considérée par tous comme rien moins qu’une sorcière. Sa vie bascule lorsqu’elle rencontre au bord de la rivière un mystérieux inconnu, muet, qui joue divinement d’une flûte en argent. L’action va inexorablement glisser de l’émerveillement de la rencontre au drame, imputable exclusivement à l’ignorance et à la peur d’une population nourrie de préjugés et ébranlée par les échos de la guerre.La splendeur de la nature, le silence et la musique apportent un contrepoint sensible à l’intolérance, à la xénophobie et à un patriotisme buté qui tourne à la violence aveugle.Après Le Monde à l’endroit (Seuil, 2012), Une terre d’ombre prolonge une réflexion engagée par l’auteur sur la folie guerrière des hommes, tout en développant pour la première fois dans son œuvre romanesque une histoire d’amour tragique qui donne à ce récit poignant sa dimension universelle.

14. Le diable tout le temps de Donald Ray Pollock est un roman noir que j’ai dévoré sans plus savoir m’arriver, découvrant les différents portraits qui parsèment ce livre avec un air horrifié. Un roman noir d’encre, violent, sans concession, éprouvant pour les nerfs, une traversée de l’Enfer sur terre et une plongée dans des âmes noires de chez noires. Un livre qui restera aussi dans ma tête jusqu’à mon Alzheimer définitif.

Diable tout le temps - PollockDès les premières lignes, Donald Ray Pollock nous entraîne dans une odyssée inoubliable, dont on ne sort pas indemne.

De l’Ohio à la Virginie-Occidentale, de la fin de la Seconde Guerre mondiale aux années 60, les destins de plusieurs personnages se mêlent et s’entrechoquent. Williard Russell, rescapé de l’enfer du Pacifique, revient au pays hanté par des visions d’horreur. Lorsque sa femme Charlotte tombe gravement malade, il est prêt à tout pour la sauver, même s’il ne doit rien épargner à son fils, Arvin. Carl et Sandy Henderson forment un couple étrange qui écume les routes et enlève de jeunes auto-stoppeurs qui connaîtront un sort funeste. Roy, un prédicateur convaincu qu’il a le pouvoir de réveiller les morts, et son acolyte Théodore, un musicien en fauteuil roulant, vont de ville en ville, fuyant la loi et leur passé.

Toute d’ombre et de lumière, la prose somptueuse de Pollock contraste avec les actes terribles de ses personnages violents et malgré tout attachants. Le Diable, tout le temps n’est pas sans rappeler l’univers d’écrivains tels que Flannery O’Connor, Jim Thompson ou Cormac Mc Carthy.

15. Seuls les vautour de Nicolas Zeimet où la preuve que les français peuvent faire du roman noir aussi bien que les américains. Un roman magistral qui se déroule dans le trou du cul de l’Utah, une ambiance sombre, des personnages torturés ou attachants, et de l’émotion à l’état brut. Addictif ce genre de roman.

1-seuls-les-vautoursDans une petite bourgade de l’Utah, un soir de l’année 1985, une fillette de cinq ans disparaît brutalement. Toute la communauté se mobilise : les quelques policiers du poste local, le médecin, un journaliste mais aussi les enfants du village. Des enfants qui ont l’imagination fertile et qui racontent d’étranges histoires. En suivant les destins croisés des habitants de Duncan’s Creek, l’enquête progresse, puis les haines et les attirances se cristallisent alors que des découvertes bien réelles mènent à des événements qu’on croyait définitivement sortis des mémoires. Certains, en tout cas, auraient bien voulu les oublier…

Un roman noir atmosphérique baigné de littérature américaine qui marque le début d’un jeune et talentueux écrivain français.

16. Le garçon de Marcus Malte est avant tout une écriture superbe, des paragraphes qu’on relit doucement pour être sûr de bien les avoir dégusté, un personnage principal improbable mais ô combien attachant, une histoire d’amour, la Grande Guerre qui, sous la plume de Marcus, devient prégnante, angoissante, comme si nous y étions. Un véritable coup de coeur et un récit qui m’a marqué, oui.

Il n’a pas de nom. Il ne parle pas. Le garçon est un être quasi sauvage, né dans une contrée aride du sud de la France. Du monde, il ne connaît que sa mère et les alentours de leur cabane. Nous sommes en 1908 quand il se met en chemin – d’instinct. Alors commence la rencontre avec les hommes : les habitants d’un hameau perdu, Brabek l’ogre des Carpates, philosophe et lutteur de foire, l’amour combien charnel avec Emma, mélomane lumineuse, à la fois sœur, amante, mère. « C’est un temps où le garçon commence à entrevoir de quoi pourrait bien être, hélas, constituée l’existence : nombre de ravages et quelques ravissements. » Puis la guerre, l’effroyable carnage, paroxysme de la folie des hommes et de ce que l’on nomme la civilisation. Itinéraire d’une âme neuve qui s’éveille à la conscience au gré du hasard et de quelques nécessités, ponctué des petits et grands soubresauts de l’Histoire, le Garçon est à sa façon singulière, radicale, drôle, grave, l’immense roman de l’épreuve du monde. Marcus Malte est né en 1967 à la Seyne-sur-Mer. Il est l’auteur de plusieurs romans et recueils de nouvelles dont Garden of Love (récompensé par une dizaine de prix littéraires, notamment le Grand Prix des lectrices de Elle, catégorie policier) et, plus récemment, les Harmoniques.

17. Le village de Dan Smith. Ukraine, 1930, un petit village perdu au fin fond du fin fond du trou du cul du monde. Le contexte social du livre en fait un roman noir et l’aspect politique est fort présent avec le communisme et toute la puissance de son illogisme. Des personnages charismatiques oscillant souvent entre leurs côtés humaniste et leur part sombre qui peut faire d’eux des assassins; un récit à la fois humain et barbare. Ici, rien n’est ni tout blanc ni tout noir, mais entre gris clair et gris foncé. C’est tout ça, ce roman… avec des larmes et du sang.

1-le-village-dan-smithHiver 1930. Vyriv, un petit village isolé de l’ouest de l’Ukraine. Dans la steppe enneigée, Luka, vétéran de la guerre de Crimée, recueille un homme inconscient. Dans son traîneau, deux corps d’enfants atrocement mutilés. Lorsque Luka revient au village, les habitants s’affolent. Avec l’arrivée au pouvoir de Staline, la paranoïa règne. Dans cette petite communauté jusqu’ici préservée, tout le monde craint l’arrivée de l’Armée rouge et des activistes. La venue de cet étranger n’annonce-t-elle pas un péril plus grave encore ? Luka n’aurait-il pas fait entrer un monstre dans le village, un assassin d’enfants, l’incarnation du mal ? Quand une fillette du village disparaît, Luka promet solennellement de la retrouver. À travers les étendues gelées de cette région hostile déchirée par la guerre et la brutalité, où la survie est un souci de chaque instant, il se lance alors à la poursuite d’un prédateur particulièrement retors.

Un héros d’une humanité rare, un sens du réalisme et de l’authenticité quasi documentaire, une traque impitoyable dans des conditions extrêmes : avec Le Village, Dan Smith nous entraîne au coeur des ténèbres de l’âme humaine. Dressant un portrait aussi juste qu’effrayant des débuts du stalinisme, il atteint avec une force d’émotion et une tension permanentes une maîtrise romanesque qui fait de ce thriller inouï, déjà salué par une critique unanime, un classique immédiat.

18. Papillon de nuit de R.J Ellory. Cet auteur m’a souvent des coups de cœurs mais ici, on est au-dessus du lot niveau émotions ressenties durant la lecture. Un récit fort, puissant, magnifique, addictif, de l’émotion à l’état brut, sans jamais plonger dans le pathos gratuit. L’auteur nous sert là un plat de résistance gargantuesque sans avoir besoin de nous servir un pavé. Un roman que j’ai dévoré, ne laissant aucune miette, me pourléchant les babines tout en le finissant sur les genoux, tant l’émotion m’avait saisie à la gorge, au cœur, dans mes tripes. Un peu comme « En ce lieu enchanté » de Rene Denfeld.

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Assassinat de Kennedy, guerre du Vietnam, luttes pour les droits civiques, Ku Klux Klan : c’est dans cette Amérique en crise des sixties que Daniel Ford a grandi. Et c’est là, en Caroline du Sud, qu’il a été accusé d’avoir tué Nathan Verney, son meilleur ami.

1982. Daniel est dans le couloir de la mort. Peu de temps avant son exécution, un prêtre vient recueillir ses dernières confessions.

Bien vite, il apparaît que les choses sont loin d’être aussi simples qu’elles en ont l’air.

Papillon de nuit, premier roman publié de R. J. Ellory, nous emporte là où rôdent la folie et le complot.

19. Que ta volonté soit faite de Maxime Chattam est aussi un roman bourré d’émotions que j’ai dévoré en peu de temps, où j’ai souffert, où j’ai eu les larmes aux yeux. Le premier chapitre est sans concession et je l’ai terminé en fermant les yeux, avalant difficilement ma salive. Sombre, violent, dérangeant, angoissant, avec un contexte social d’une petite ville en toile de fond.

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Bienvenue à Carson Mills, petite bourgade du Midwest avec ses champs de coquelicots, ses forêts, ses maisons pimpantes, ses habitants qui se connaissent tous. Un véritable petit coin de paradis… S’il n’y avait Jon Petersen.

Il est ce que l’humanité a fait de pire, même le Diable en a peur. Pourtant, un jour, vous croiserez son chemin.

Et là… sans doute réveillera-t-il l’envie de tuer qui sommeille en vous.

Maxime Chattam nous manipule tout au long de ce récit troublant dont le dénouement, aussi inattendu que spectaculaire, constitue l’essence même du roman noir : la vérité et le crime.

20. Nous rêvions juste de liberté de Henri Loevenbruck m’a emporté loin, loin, dans un magnifique voyage éprouvant et émouvant. Lorsque je suis revenue sur terre, j’étais amputée car le livre était fini. Mais dans ma tête, Bohem roule toujours et son pote est à ses côtés. Oui, un roman émouvant et marquant.

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« Nous avions à peine vingt ans et nous rêvions juste de liberté. » Ce rêve, la bande d’Hugo va l’exaucer en fuyant la petite ville de Providence pour traverser le pays à moto. Ensemble, ils vont former un clan où l’indépendance et l’amitié règnent en maîtres. Ensemble ils vont, pour le meilleur et pour le pire, découvrir que la liberté se paie cher.

Nous rêvions juste de liberté réussit le tour de force d’être à la fois un roman initiatique, une fable sur l’amitié en même temps que le récit d’une aventure. Avec ce livre d’un nouveau genre, Henri Loevenbruck met toute la vitalité de son écriture au service de ce road-movie fraternel et exalté.

Voilà, double ration de romans marquants, j’aurais encore pu en ajouter, vous avez sans doute remarqué que j’en avais glissé subrepticement dans la description du pourquoi du comment j’avais trouvé ce livre marquant.

Bon anniversaire de blog, Collectif et j’espère qu’on en fêtera encore beaucoup !
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Les 10 livres qui vous ont marqué d’une façon ou d’une autre : Le Top 10 de Stef


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Pour les 2 ans de notre blog, je me suis faite curieuse. Oui je sais c’est chez moi une seconde nature dès qu’il s’agit de bouquins.

Alors je vous ai demandé quels étaient pour vous les 10 livres qui vous ont marqué(e) d’une façon ou d’une autre.

Vous avez accepté de jouez le jeu et j’en suis ravie

Voici donc quelques-unes de vos réponses.

Aujourd’hui c’est celle de notre Stef

Place à son TOP 10

top10

Coucou,

Encore heureux que j’avais déjà un support avec ton tag 😉 Du coup hop premier concours fait !

– Le ventre de Paris, d’Emile Zola.

Parce que j’ai toujours aimé Zola. Qu’il est pour moi l’auteur d’une époque . Que d’un point de vu sociologique (un sujet qui me passionne et qui me pousse vers l’histoire, les diverses cultures et à voyager) je ne peux rêver mieux pour visualiser le monde du XIXe siècle . Et si je dois choisir 1 roman parmi les siens alors c’est celui-là car je me souviens encore des odeurs de ces Halles …

 

C’est dans les Halles centrales de Paris récemment construites par Baltard que Zola situe le troisième épisode des Rougon Macquart. Après «la course aux millions» décrite dans La Curée, ce sera la fête breughelienne du Ventre de Paris, sa foule fiévreuse, tourbillonnante et bigarrée, ses amoncellements de victuailles, ses flamboiements de couleurs, ses odeurs puissantes de fermes, de jardins et de marées.

Florent, arrêté par erreur après le coup d’Etat du 2-décembre 1851, s’est évadé du bagne de Cayenne après 7 ans d’épreuves. Il retrouve à Paris son demi-frère qui, marié à la belle Lïsa Macquart fait prospérer l’opulente charcuterie Quenu Gradelle. Mais la place de Florent est-elle à leurs côtés ? A-t-il renoncé à ses rêves de justice ? Car si l’Empire a su procurer au «ventre boutiquier, au ventre de l’honnête moyenne,… le consentement large et solide de la bête broyant le foin au râtelier», il n’a guère contenté les affamés. Et la grande kermesse flamande va réveiller bientôt l’éternel affrontement des Maigres et des Gras.

Nulle part peut-être, mieux que dans Le Ventre de Paris, n’éclate ce don épique qui s’appuie sur le réel pour le déborder bientôt et le transfigurer dans une lumière nouvelle.

– Le Parfum de Patrick Süskind.

Un roman qui m’avait bouleversé à l’époque (un peu comme L’homme sans douleur de Andrew Miller que je conseille également pour sa rencontre avec le marquis de Sade ). Un livre que l’on m’avait conseillé de lire pour découvrir la chimie enfin comprendre la distillation, l’enfleurage etc…Cela me rappelle également que j’ai lu L’île mystérieuse car mon prof de Chimie m’avait dit : Lisez-le et vous comprendrez les bases de la chimie générale et organique! J’ai aimé le livre mais je n’ai jamais vu le rapport avec mes cours :p  

Au XVIIIe siècle vécut en France un homme qui compta parmi les personnages les plus géniaux et les plus horribles de son époque. Il s’appelait Jean-Baptiste Grenouille. Sa naissance, son enfance furent épouvantables et tout autre que lui n’aurait pas survécu. Mais Grenouille n’avait besoin que d’un minimum de nourriture et de vêtements, et son âme n’avait besoin de rien. Or ce monstre de Grenouille avait un don, ou plutôt un nez unique au monde, et il entendait bien devenir, même par les moyens les plus atroces, le Dieu tout-puissant de l’univers, car « qui maîtrisait les odeurs maîtrisait le coeur des hommes ».

C’est son histoire, abominable… et drolatique, qui nous est racontée dans Le Parfum, un best-seller mondial, porté à l’écran.


– L’Aliéniste de Calebb Carr.

Un roman prenant, terrifiant et qui est fabuleux pour sa découverte des techniques d’investigations. Non seulement l’intrigue est magistrale mais il y a une richesse de l’époque (on revient sur mon attrait pour l’histoire sociale 😉 ) l’immigration, le milieu de vie, les ghettos …L’auteur est historien et cela se sent ! Et puis toute il développe sans lourdeur les techniques et avancées d’investigations policières du monde entier. 

New York 1896… Un meurtrier auprès duquel Jack l’Eventreur fait piètre figure sème aux quatre coins du Lower East Side les cadavres d’adolescents atrocement mutilés sans provoquer la moindre réaction des pouvoirs publics…

Révolté par tant d’indifférence, Théodore Roosevelt, alors préfet, fait appel à ses amis John Schuyler Moore, chroniqueur criminel et Laszlo Kreizler, aliéniste – spécialiste des maladies mentales – pour élucider cette énigme terrifiante.

Leurs procédés sont révolutionnaires ! En étudiant les crimes, ils pensent pouvoir brosser le portrait psychologique de l’assassin, l’identifier et l’arrêter. Ils ont peu de temps. Le meurtrier continue à frapper. Les obstacles se multiplient mais rien ne pourra les arrêter…

New-yorkais de naissance et d’esprit, fils de Lucien Carr, qui faisait partie du cercle de Jack Kerouac, avec William Burroughs et Allen Ginsberg, Caleb Carr, 38 ans, signe ici un chef-d’œuvre brillant, plein d’humour et de fantaisie.


– Ensemble c’est Tout d’Anna Gavalda.

Le seul roman de cette auteure qui m’ai transporté mais puté qu’il était chouette. Mon côté midinette enfin :p Mais j’ai adoré ces trois personnages cabossés, totalement différent. Ce regard aussi sur la vieillesse avec pudeur et poésie. 

Camille dessine. Dessinait plutôt, maintenant elle fait des ménages, la nuit. Philibert, aristo pur jus, héberge Franck, cuisinier de son état, dont l’existence tourne autour des filles, de la moto et de Paulette, sa grand-mère. Paulette vit seule, tombe beaucoup et cache ses bleus, paniquée à l’idée de mourir loin de son jardin.

Ces quatre-là n’auraient jamais dû se rencontrer. Trop perdus, trop seuls, trop cabossés… Et pourtant, le destin, ou bien la vie, le hasard, l’amour – appelez ça comme vous voulez -, va se charger de les bousculer un peu.

Ce livre ne raconte rien d’autre qu’une histoire d’amour. Une histoire d’amour entre quatre éclopés de la vie. Camille, Franck, Philibert et Paulette. Des bons à rien, des cabossés, des coeurs purs. Quatre allumettes placées ensemble au-dessus d’une flamme. Et, pfiou… Tout s’embrase.


– Beignets de tomates vertes de Fannie Flagg.

Pour sa légèreté et son message beaucoup plus sérieux. Autre époque, autre lieu .. Mais encore un regard sur les autres ! Ici la différence, les blancs et les noirs, l’homosexualité .. Des personnes qui ne rentrent pas dans des cases et qui font un bien fou !

«Un sacré numéro, Idgie ! La première fois qu’elle a vu Ruth, elle a piqué un fard et elle a filé à l’étage pour se laver et se mettre de la gomina. Par la suite, elles ont ouvert le café et ne se sont plus jamais quittées. Ah ! les beignets de tomates vertes du Whistle Stop Café… J’en salive encore !»

Au sud de l’Amérique profonde, en Alabama, un café au bord d’une voie ferrée… Ninny, quatre-vingt-six ans, se souvient et raconte à Evelyn les histoires incroyables de Whistle Stop. Et Evelyn, qui vit très mal l’approche de la cinquantaine et sa condition de femme rangée, découvre un autre monde. Grâce à l’adorable vieille dame, elle peut enfin se révéler, s’affirmer…

Une chronique nostalgique et tendre, généreuse et colorée, pleine de saveur et d’humour. Un baume au coeur, chaud et sucré.

– Mauriac (avec une préférence pour Génitrix ).

Parce que j’ai tout lu de cet auteur et que cela ne s’explique pas …Il y a des auteurs que je ne peux pas lire Giono, Sartre … Mais Mauriac et sa Génitrix en particulier ma parle.

Mathilde Cazenave morte, sa belle-mère jubile ; elle va pouvoir reconquérir totalement son fils bien-aimé. Félicité a tort de se réjouir trop vite car sur le visage apaisé de la jeune morte, Fernand entrevoit ce qu’aurait pu être le bonheur avec Mathilde. Qui l’a empêché de s’entendre avec elle sinon sa mère ? Vieil enfant égoïste et gâté, il se retourne alors contre cette «genitrix» coupable de l’avoir trop choyé. Défaite temporaire dont François Mauriac analyse les phases avec une lucidité sans complaisance dans ce roman âpre et poignant, une de ses œuvres les plus célèbres.

 

 


– Dix petits nègres d’Agatha Christie …

Un de mes premiers romans policier. Il est indémodable. 

Ils sont dix à avoir reçu l’invitation : des vacances d’été sur l’île du Nègre ! Voilà une proposition à laquelle personne ne saurait résister. Non seulement c’est gratuit, mais l’île a tant fait parler d’elle ! Chacun se demande qui est son nouveau propriétaire – une star d’Hollywood, un milliardaire américain, ou l’Amirauté britannique qui s’y livrerait à des expériences ultrasecrètes ? Aussi, sans vraiment connaître leur hôte, ils accourent volontiers : le médecin, le play-boy, la jeune prof de gym, le juge à la retraite, le général bardé de décorations, la vieille fille grincheuse, le sémillant capitaine, le majordome et sa femme, et M. Davis qui ne s’appelle pas Davis… Qu’ont-ils donc en commun ?

 


– Les temps maudits de Jack London

parce que London quoi ! Le cri contre le capitalisme …Un peu de politique pour changer un peu, en cette période :p 

les-temps-maudits-102808-264-432Situées en des temps et lieux aussi divers que l’époque du quaternaire et un avenir lointain, en Amérique, à Tahiti ou au Mexique, ces huit nouvelles portent l’écho d’une seule et même plainte. Celle de l’homme écrasé par un système économique implacable.
Hommes préhistoriques déjà victimes de ce qui sera le capitalisme, chinois guillotiné par erreur et pour l’exemple, vieux boxeur en quête d’un bifteck avant un match décisif, jeune mexicain offrant la douleur de son corps à la révolution, vengeurs fantômes exterminant les maîtres de la finance, ouvriers de San Francisco proclamant la grève générale. Autant de portraits vigoureux et traumatisants, révélateurs d’un aspect inconnu de l’oeuvre de Jack London.


– Arrive un vagabond de Robert Goolrick.

La plume de cet auteur est juste une merveille. je viens de le comparer à Franck Bouysse. D’une simple phrase, ils vous décrivent un monde ! 

97822640682620-3024487C’est au cours de l’été 1948 que Charlie Beale arriva à Brownsburg. Il était chargé de deux valises – l’une contenait quelques affaires et des couteaux de boucher, l’autre une importante somme d’argent. Charlie y tomba deux fois amoureux. D’abord, il s’éprit de cette ville paisible de Virginie dont les habitants semblaient vivre dignement, dans la crainte supportable d’un Dieu qu’ils avaient toutes les raisons de trouver plutôt bienveillant à leur égard. Une preuve parmi d’autres : il n’y avait encore jamais eu de crime à Brownsburg. La deuxième fois que Charlie tomba amoureux fut le jour où il rencontra la belle Sylvan Glass.

Après Féroces et Une femme simple et honnête, Robert Goolrick nous offre un roman d’une intensité surprenante tant la part de fiction semble se dissoudre en chacun de ces hommes et femmes simples, emplis de bonté mais aussi de désirs et de peurs, ce pays de terre et de rêves, et cette histoire sortie tout droit des contes de notre enfance, lorsque les songes se mêlent encore à la réalité. Arrive un vagabond a reçu le Prix Virgin Megastore 2012.

Les 10 livres qui vous ont marqué d’une façon ou d’une autre : Le Top 10 de Marjorie


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Pour les 2 ans de notre blog, je me suis faite curieuse. Oui je sais c’est chez moi une seconde nature dès qu’il s’agit de bouquins.

Alors je vous ai demandé quels étaient pour vous les 10 livres qui vous ont marqué(e) d’une façon ou d’une autre.

Vous avez accepté de jouez le jeu et j’en suis ravie

Voici donc quelques-unes de vos réponses.

Aujourd’hui c’est celle de Marjorie

Place à son TOP 10

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Bonjour

Voilà les livres qui m’ont marqué

-1/ BARJAVEL la nuit des temps.

Dans l’immense paysage gelé, les membres des Expéditions Polaires françaises font un relevé du relief sous-glaciaire. Un incroyable phénomène se produit : les appareils sondeurs enregistrent un signal. Il y a un émetteur sous la glace…

Que vont découvrir les savants et les techniciens venus du monde entier qui creusent la glace à la rencontre du mystère ?

« La nuit des temps », c’est à la fois un reportage, une épopée mêlant présent et futur, et un grand chant d’amour passionné. Traversant le drame universel comme un trait de feu, le destin d’Elea et de Païkan les emmène vers le grand mythe des amants légendaires.

 

 Le 1er livre qui m’a marqué

-2/KARINE GIEBEL meurtres pour rédemption.

Marianne, vingt ans. Les miradors comme unique perspective, les barreaux pour seul horizon. Perpétuité pour cette meurtrière. Une vie entière à écouter les grilles s’ouvrir puis se refermer. Indomptable, incapable de maîtriser la violence qui est en elle, Marianne refuse de se soumettre, de se laisser briser par l’univers carcéral sans pitié où elle affronte la haine, les coups, les humiliations. Aucun espoir de fuir cet enfer. Ou seulement dans ses rêves les plus fous. Elle qui s’évade parfois, grâce à la drogue, aux livres, au bruit des trains. Grâce à l’amitié et à la passion qui l’atteignent en plein cœur de l’enfermement. Pourtant, un jour, l’inimaginable se produit. Une porte s’ouvre. On lui propose une libération… conditionnelle.  » La liberté Marianne, tu dois en rêver chaque jour, chaque minute, non ?  » Oui. Mais le prix à payer est terrifiant. Pour elle qui n’aspire qu’à la rédemption…

Le  1er livre qui m’a fait pleurer, il m’a pris aux tripes

-3/BRUSSOLO enfer vertical

C’était une prison sans barreaux, sans geôliers. On n’y rencontrait qu’un seul interlocuteur: un distributeur de sandwiches blindé comme un coffre-fort et plus intelligent qu’un ordinateur.

Un distributeur de sandwiches qui n’acceptait de vous donner à manger qu’en échange d’un petit sacrifice: recevoir une décharge électrique à travers le corps, par exemple.

C’était une curieuse machine, à la fois dieu et diable, conçue pour vous rendre la vie impossible et la mort insupportable. Une saleté de distributeur, qui finissait par régner en tyran sur ce bagne des plus moderne, et vous forçait à pratiquer l’autopunition à outrance.

Certains décidèrent de lui faire la guerre… Ils ne tardèrent pas à s’en repentir!

Seul le diable lui-même pouvait avoir construit cette prison, cet édifice cylindrique de deux étages, entièrement automatisé : une prison verticale.

La découverte du monde de BRUSSOLO. J’aime son côté touche a tout, polar, sf,  historique

-4/STEINBECK a l’est d’eden

Dans cette grande fresque, les personnages représentent le bien et le mal avec leurs rapports complexes.

Adam Trask, épris de calme, Charles, son demi-frère dur et violent, Cathy, la femme d’Adam, un monstre camoußé derrière sa beauté, leurs enfants, les jumeaux Caleb et Aaron.

En suivant de génération en génération les familles Trask et Hamilton, l’auteur nous raconte l’histoire de son pays, la vallée de la Salinas, en Californie du Nord.
John Steinbeck a reçu le prix Nobel de littérature pour l’ensemble de son œuvre.

Après avoir vu le film j’ai eu envie de lire le livre dont le film était l’adaptation. J’ai découvert un de mes auteurs favoris

-5/MAXIME CHATTAM

J’ai envie de répondre tous car je suis une inconditionnelle de CHATTAM ……….mais s’il faut choisir je dirais la série Autre monde

Personne ne l’a vue venir.La Grande Tempête : un ouragan de vent et de neige qui plonge le pays dans l’obscurité et l’effroi.D’étranges éclairs bleus rampent le long des immeubles, les palpent, à la recherche de leurs proies … Quand les enfants se sont éveillés, la Terre n’était plus la même. Désormais seuls, ils vont devoir s’organiser. Pour comprendre. Pour survivre. À cet Autre-Monde.

Matt et Tobias vivent à New York et sont amateurs de jeux de rôles. Lorsque la ville est balayée par une tempête qui décime les hommes ou les transforme en mutants, ils fuient sur une île et rejoignent une communauté de 77 survivants, appelés les Pans. Leurs ennemis sont les Gloutons ou les Cyniks. Avec Ambre, ils forment l’Alliance des trois et cherchent à comprendre leurs dons surnaturels.

Après Le Seigneur des anneaux, La Croisée des mondes, Harry Potter …, la naissance d’un nouvel univers : Autre-Monde. Entre roman d’aventure et fantasy, une série totalement originale que les adultes aimeront faire découvrir aux plus jeunes.

Genèse. Tome 7 de Autre Monde

Traqués par l’empereur et par Entropia, Matt, Tobias, Ambre et les leurs doivent fuir et rallier des terres inconnues pour s’emparer du dernier Coeur de la Terre avant qu’il ne soit détruit.

Mais le monde souterrain qu’ils découvrent ne grouille pas seulement de dangers. Il recèle d’incroyables révélations.

La guerre est proche. Les sacrifices nécessaires.

L’ultime course-poursuite est déclarée. Autre-Monde s’achève et livre enfin tous ses secrets.

La trilogie du mal . 

Réunit
L’âme du mal
In tenebris
Maléfices

Pocket

Le mal est partout. De Portland, Oregon, aux rues enneigées de Manhattan…Le mal est immortel. Quand l’un de ses serviteurs s’éteint, un autre s’éveille déjà…Le mal est insatiable, aveugle et protéiforme. Voilà l’unique certitude de Josh Brolin, profileur au FBI. Pour l’avoir frôlé, il le connaît mieux que personne. Il en porte la marque, les blessures, les stigmates. Il en connaît l’odeur de soufre, il a plongé dans ses flammes.L’enfer commence ici. Suivez le guide.

-6/ THILLIEZ vertige

Certains secrets sont inavouables, mais serions-nous prêts à mourir pour les cacher ?

Un homme se réveille au fond d’un gouffre, au cœur d’un environnement hostile, deux inconnus et son fidèle chien comme seuls compagnons d’infortune. Il est enchaîné au poignet, l’un des deux hommes à la cheville et le troisième est libre, mais sa tête est recouverte d’un masque effroyable, qui explosera s’il s’éloigne des deux autres. Qui les a emmenés là ? Pourquoi ? Bientôt, une autre question s’imposera, impérieuse : jusqu’où faut-il aller pour survivre ?

Pour son 10e roman, Franck Thilliez réussit un tour de force dans ce huis clos étouffant et glacial à la fois, où il joue à décortiquer l’âme humaine confrontée aux situations de l’extrême. Sans jamais épargner son lecteur, manipulé jusqu’à la dernière ligne, et, qui sait, peut-être plus encore…

Mon préféré de l’auteur pour son ambiance glauque et malsaine..j’adore

-7/DONATO CARRISI le chuchoteur

Cinq petites fosses ont été creusées dans la clairière. Au fond de chacune, un petit bras, le gauche.

Depuis le début de l’enquête, le criminologue Goran Gavila et son équipe ont l’impression d’être manipulés. Chaque découverte macabre les oriente vers un assassin différent. Lorsqu’ils découvrent un sixième bras, appartenant à une victime inconnue, ils appellent en renfort Mila Vasquez, experte en affaires d’enlèvement. Dans le huis clos d’un appartement, Gavila et ses agents vont échafauder une théorie à laquelle nul ne veut croire…

Un époustouflant thriller littéraire, inspiré de faits réels.

« Un roman policier italien effrayant, bien construit, dans lequel l’horreur n’est jamais traitée avec complaisance « Blaise de Chabalier, Le Figaro et vous.

Pour les mêmes raisons que vertige. J’ai eu beaucoup de mal a les lâcher avant de les avoir fini.

-8/MO HAYDER pig island

Une île perdue au large de l’Ecosse, une créature maléfique, une enquête qui tourne au cauchemar… Après l’inoubliable Tokyo, grand prix des lectrices de Elle en 2006, Mo Hayder nous livre une autre facette de son immense talent.

Joe Oakes est journaliste et gagne sa vie en démystifiant les prétendus phénomènes paranormaux. Ce sceptique-né n’a jamais eu qu’un seul credo : tout s’explique rationnellement. En débarquant sur Pig Island, un îlot perdu au large de l’Ecosse, il est fermement décidé à vérifier si la trentaine d’allumés qui y vivent en vase clos vénèrent le diable comme les en accusent les gens de la côte. Et, surtout, il veut tordre le cou au mythe du monstre de Pig Island – une mystérieuse créature filmée deux ans plus tôt sur le littoral désert de l’île par un touriste à moitié ivre. Mais rien, strictement rien ne se passe comme prévu. Joe Oakes va être confronté à des événements tels que son idée de la peur et du mal ne sera plus jamais la même…

Le seul de cet auteur que j’ai réellement aimé. Une fois de plus pour l’ambiance très particulière du livre

-9/STEPHEN KING misery

 

Misery, c’est le nom de l’héroïne populaire qui a rapporté des millions de dollars au romancier Paul Sheldon. Après quoi il en a eu assez et il a fait mourir Misery pour écrire enfin le « vrai » roman dont il rêvait.

Mais il suffit de quelques verres de trop et d’une route enneigée, dans un coin perdu, pour que tout bascule… Lorsqu’il reprend conscience, Paul est allongé sur un lit, les jambes broyées dans l’accident. Sauvé par une femme, Annie. Une admiratrice fervente. Qui ne lui pardonne pas d’avoir tué Misery. Et le supplice va commencer. Sans monstres ni fantômes, Stephen King, au sommet de sa puissance, nous enferme ici dans le plus terrifiant huis clos qu’on puisse imaginer.

Avec ce livre je me suis aperçue que les livres étaient très souvent mieux que leur adaptation au cinéma

-10/DENIS LEHANE gone baby gone

Patrick Kenzie et Angela Gennaro, les deux héros de Dennis Lehane, sont chargés de retrouver une petite fille de quatre ans, Amanda, mystérieusement disparue un soir d’automne. Curieusement, la mère d’Amanda paraît peu concernée par ce qui est arrivé à sa fille, qu’elle avait laissée seule le soir du drame pour aller dans un bar. Sa vie semble régie par la télévision, l’alcool et la drogue. Patrick et Angie découvrent d’ailleurs que la jeune femme Dealait pour le compte d’un dénommé Cheddar Olamon et qu’elle aurait détourné les deux cent mille dollars de sa dernière livraison. Olamon se serait-il vengé en kidnappant la fille de son « employée » ?

Cette quatrième aventure de Kenzie et Gennaro distille une petite musique déchirante et se termine par une chute aussi inattendue que bouleversante.

Gone, Baby, Gone vient d’être porté à l’écran par Ben Affleck avec Casey Affleck, Michelle Monaghan, Morgan Freeman et Ed. Harris.

Une fois de plus le film qui m’a amené a découvrir un auteur que j’affectionne particulièrement

-11/AGATHA CHRISTIE les 10 petits nègres

Certainement mon 1er polar

L’île du Nègre ! Elle est au cœur des histoires les plus folles… Selon certains elle viendrait d’être achetée par une star de Hollywood, l’Amirauté britannique y conduirait des expériences classées secret-défense… Aussi quand les dix invités d’un hôte mystérieux y sont conviés pour passer des vacances, tous s’y précipitent ! A peine sont-ils sont arrivés sur l’île du Nègre, que rien ne semble normal : leur hôte est absent et ils trouvent dans leur chambre une comptine intitulée Les dix petits nègres. Tout bascule quand une voix accuse chacun des invités d’un crime…Commence alors une ronde mortelle, rythmée par les couplets d’une étrange comptine…Le sinistre compte à rebours peut alors démarrer…

 

Voilà pour mon top 11

 

Merci Marjorie pour ce top 10 que je qualifierais de « Très Thriller ». Les amateurs de littératures de l’imaginaire, eux aussi, devraient y retrouver leur compte. Pour ma part j’étais très contente d’y voir figurer  Pierre Brussolo, avec un titre que j’ai lu il y a plus de 20 ans et qui a l’époque avait pour titre : Enfer vertical en approche rapide 

 

Les 10 livres qui vous ont marqué d’une façon ou d’une autre : Le Top 10 d’ Ingrid


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Pour les 2 ans de notre blog, je me suis faite curieuse. Oui je sais c’est chez moi une seconde nature dès qu’il s’agit de bouquins.

Alors je vous ai demandé quels étaient pour vous les 10 livres qui vous ont marqué(e) d’une façon ou d’une autre.

Vous avez accepté de jouez le jeu et j’en suis ravie

Voici donc quelques-unes de vos réponses.

Aujourd’hui c’est celle de Ingrid

Place à son TOP 10

top10

Allez puisqu’il n’est pas trop tard, je m’y colle!

 Concours n° 1 Mon top 10

1/ Dix Petits Nègres – Agatha Christie

 Premier livre d’adulte, trouvé dans la bibliothèque de la mère d’une amie lors d’un anniversaire auquel je m’ennuyais et dévoré en deux heures planquée dans une chambre. Je ne devais pas avoir plus de 8 ou 9 ans, et c’est l’univers du whodunit tout entier que j’ai découvert avec passion ce jour-là

L’île du Nègre ! Elle est au cœur des histoires les plus folles… Selon certains elle viendrait d’être achetée par une star de Hollywood, l’Amirauté britannique y conduirait des expériences classées secret-défense… Aussi quand les dix invités d’un hôte mystérieux y sont conviés pour passer des vacances, tous s’y précipitent ! A peine sont-ils sont arrivés sur l’île du Nègre, que rien ne semble normal : leur hôte est absent et ils trouvent dans leur chambre une comptine intitulée Les dix petits nègres. Tout bascule quand une voix accuse chacun des invités d’un crime…Commence alors une ronde mortelle, rythmée par les couplets d’une étrange comptine…Le sinistre compte à rebours peut alors démarrer…

 Avec la couverture de la première édition parue dans la collection en 1940.

2/ Christine – Stephen King

 Cette fois premier King autorisé vers 13 / 14 ans par mère, qui les dévorait à leur sortie mais m’interdisait formellement d’y toucher… Naissance d’une passion pour l’écrivain, pas aussi considéré à l’époque académiquement du moins, qui m’amènera des années plus tard à écrire mon premier mémoire de maîtrise sur son œuvre…

 

Libertyville (Pennsylvanie), un patelin tranquille jusqu’au jour où Arnie, un lycéen dans le bel âge ingrat, tombe amoureux de Christine. Christine est belle, racée, séduisante. Elle aime les sensations fortes, les virées nocturnes et le rock’n’roll des années héroïques. Depuis qu’elle connaît Arnie, elle est amoureuse.Signe particulier : Christine est une Plymouth « Fury », sortie en 1958 des ateliers automobiles de Detroit. Grâce aux talents de bricoleur d’Arnie, elle reprend vie et roule. Mais à sa guise : elle cale sans motif, puis bondit comme un fauve et fait des bruits bizarres. Une seule rivale en travers de sa route : Leigh, la petite amie d’Arnie…

Ce roman légendaire de Stephen King, rythmé par la musique de Chuck Berry et de Janis Joplin, a pris place parmi les classiques de l’épouvante.

3/ Belle du Seigneur – Albert Cohen

 Le plus beau livre du monde… Lu et relu sans cesse, compris, décompris, incompris, retrouvé sans cesse en fonction de mes âges, vingt ans, puis trente, puis… le sommet du style. Mon bijou.

« Solennels parmi les couples sans amour, ils dansaient, d’eux seuls préoccupés, goûtaient l’un à l’autre, soigneux, profonds, perdus. Béate d’être tenue et guidée, elle ignorait le monde, écoutait le bonheur dans ses veines, parfois s’admirant dans les hautes glaces des murs, élégante, émouvante, exceptionnelle, femme aimée, parfois reculant la tête pour mieux le voir qui lui murmurait des merveilles point toujours comprises, car elle le regardait trop, mais toujours de toute son âme approuvées, qui lui murmurait qu’ils étaient amoureux, et elle avait alors un impalpable rire tremblé, voilà, oui, c’était cela, amoureux, et il lui murmurait qu’il se mourait de baiser et bénir les longs cils recourbés, mais non pas ici, plus tard, lorsqu’ils seraient seuls, et alors elle murmurait qu’ils avaient toute la vie, et soudain elle avait peur de lui avoir déplu, trop sûre d’elle, mais non, ô bonheur, il lui souriait et contre lui la gardait et murmurait que tous les soirs, oui, tous les soirs ils se verraient. »

Ariane devant son seigneur, son maître, son aimé Solal, tous deux entourés d’une foule de comparses : ce roman est le chef-d’oeuvre de la littérature amoureuse de notre époque.

4/ Basse Ville – Jacques Serena

 Roman déniché par hasard à la fac, et découverte d’un des auteurs les plus touchants, les plus bruts de ses contemporains, par cet auteur qui allait devenir par les hasards de la vie un mentor et un ami.

 

Deux êtres nous apparaissent peu à peu à travers leurs monologues alternés. L’un est emmuré dans la loge d’un vieux théâtre de la basse ville. L’autre semble en quarantaine sur la terrasse ensoleillée des beaux quartiers, entre des voisins qui l’épient et leurs chiens qui aboient.

Une rencontre imprévisible a lieu entre ces deux-là, qui va se poursuivre inexorablement jusqu’à son dénouement fatal.

5/ Les Chansons de Bilitis – Pierre Louÿs

 Livre offert par une maie chère et de bon goût pour mes 16 ans je crois, qui ne m’a jamais quitté depuis (et ça fait un bail). Découverte de la prose poétique, de la prose rythmée, d’une écriture incroyable qui a influencé mon style depuis toujours

 

Les Chansons de Bilitis

Elle entra, et passionnément, les yeux fermés, elle unit ses lèvres aux miennes et nos langues se connurent… Jamais il n’y eut dans ma vie un baiser comme celui-là.

Elle était debout contre moi, toute en amour et consentante. Un de mes genoux, peu à peu, montait entre ses cuisses chaudes qui cédaient comme pour un amant.

Ma main rampante sur sa tunique cherchait à deviner le corps dérobé, qui tour à tour onduleux se pliait, ou cambré se raidissait avec des frémissements de la peau.

Recueil qui fut publié en 1894 : il s’agit prétendument d’une traduction due à Pierre Louys de l’oeuvre d’une poétesse antique. L’ouvrage est précédé d’une Vie de Bilitis, retracée par le traducteur. Mais en fait, Pierre Lous est l’auteur de ce recueil de poèmes en prose.

6/ Les Chroniques Martiennes – Ray Bradbury

 Première grosse claque science-fiction, qui m’a fait comprendre que la poésie est partout, si elle le veut, et me dégager du snobisme universitaire des notions de genre, de sous-genre, de littérature « noble » ou roturière, et m’intéresser au fantastique et au polar autrement que comme « divertissements »

« J’ai toujours voulu voir un Martien, dit Michael. Où ils sont, p’pa ? Tu avais promis. – Les voilà », dit papa. Il hissa Michael sur son épaule et pointa un doigt vers le bas. Les Martiens étaient là. Timothy se mit à frissonner. Les Martiens étaient là – dans le canal – réfléchis dans l’eau. Timothy, Michael, Robert, papa et maman. Les Martiens leur retournèrent leurs regards durant un long, long moment de silence dans les rides de l’eau…

  1. Les Terriens débarquent enfin sur Mars, pour y découvrir des habitants aux yeux d’or et qui lisent dans les pensées. Une société fascinante qui a dressé de superbes cités sur l’horizon et a aménagé les célèbres canaux de Mars. Et si le rêve martien prenait la suite logique du rêve américain ? Ne serait-ce pas là le début d’un terrible cauchemar ?

Encensé de tout temps, étudié au lycée, Chroniques martiennes est un des romans les plus importants de la science-fiction. Né en 1920, Ray Bradbury s’est imposé à la fin des années 40 avec la parution d’une série de nouvelles oniriques et mélancoliques, plus tard réunies sous le titre de Chroniques martiennes.

7/ Le Pendule de Foucault

 Le second (mais pas le dernier !) Umberto Ecco lu dans ma vie, sans doute le roman le plus riche, technique, intelligent et divertissant tout à la fois que j’aie jamais lu… naissance de mon intérêt pour le thriller historique

Après l’immense succès du Nom de la rose, voici le second grand roman d’un géant incontesté de la littérature mondiale.

À Paris, au Conservatoire des Arts et Métiers où oscille le pendule de Foucault, Casaubon, le narrateur, attend le rendez-vous qui lui révélera pourquoi son ami Belbo se croit en danger de mort.

À Milan, trois amis passionnés d’ésotérisme et d’occultisme ont imaginé par jeu un gigantesque complot, ourdi au cours des siècles, pour la domination mondiale. Et voici qu’apparaissent en chair et en os les chevaliers de la vengeance…

Telles sont les données initiales de ce fabuleux thriller planétaire, incroyablement érudit et follement romanesque, regorgeant de passions et d’énigmes, qui est aussi une fascinante traversée de l’Histoire et de la culture occidentales, des parchemins aux computers, de Descartes aux nazis, de la kabbale à la science.

Un de ces romans que l’on n’oublie plus jamais. Et assurément un classique.

8/ Seigneurs et Nouvelles Créatures – Jim Morrison

Découverte du free-verse, et apothéose de la tendresse pour cet artiste dont on a fait une rock-star alors que c’était un poète – et encore un enfant…

 Jim Morrison qui ne concevait pas d’être Pop Star à trente ans, se voulait avant tout un écrivain.
Paradoxalement, c’est en « poète maudit » qu’il édita, à compte d’auteur, la première édition de son recueil de poèmes : The Lords and the New Creatures. Dans ces textes, traduits ici, c’est l’envers du décor Doors-Morrison et sans doute la face cachée des mythiques années soixante qui apparaît : l’aveu lucide de l’inhumanité de l’Amérique, de la solitude et du cauchemar. Le tout, vécu et restitué, au travers d’un sens privilégié des images et de la simplicité naïve des mots, dû à la formation cinématographique de Jim Morrison avec sans doute le rêve d’un grand film métaphorique et impitoyable sur le réel américain.

 

 

9/ American Death Trip – James Ellroy

 Un livre incroyable, deuxième tome d’une trilogie mais qui peut (devrait ?) se lire indépendamment (puisque je ne l’aurais sans doute pas lu si j’avais eu d’abord le tome précédent entre les mains). Un claque littéraire, moderne, originale, un style expérimental plus poussé encore que dans ses autres polars que cette incursion dans son univers m’a permis de découvrir et de dévorer durant des mois par la suite (à l’exception du premier tome de cette trilogie, qui est curieusement le seul de ses romans que je n’ai jamais réussi à finir)

Dallas, novembre 63. Le cœur du rêve américain explose.

Un jeune flic arrive de Las Vegas avec 6 000 dollars en liquide et un sale boulot à exécuter. Il ne sait pas qu’il va faire partie du complot visant à étouffer la vérité sur l’assassinat de Kennedy. Il s’appelle Wayne Tedrow.

Cinq années dans les coulisses de la politique vont le conduire de Dallas au Vietnam, en passant par le sud des Etats-Unis. Cinq années avec J. Edgar Hoover, Howard Hughes, la Mafia et le Ku Klux Klan.

Voici le deuxième volet de la trilogie underworld USA, commencée avec American Tabloid. Le cauchemar américain nourri des coïncidences de l’histoire des années 60 passées au crible par Ellroy.

10/ La Maison des Feuilles – Mark Danielexski

 On l’aura compris, les découvertes stylistiques font parties de mes obsessions… et celui-là bon sang… un livre objet. Un livre concept, un livre labyrinthe épouvantable et brillant qui se lit et se manipule et vous manipule et envahit votre perception du quotidien et vous bousille les neurones, en jouant sur la forme et le fond sans pitié. J’ai regardé différemment les murs de ma chambre pendant au moins deux ans et il m’arrive encore d’en rêver…

Roman où s’entrecroisent plusieurs récits : celui de Johnny Errand qui découvre le manuscrit de Zampano, vieil aveugle, celui de ce dernier analysant un film amateur culte, le Nadvidson Record, et celui du film lui-même. Au centre de tous ces récits, une maison, celle dans laquelle Will Navidson vient d’emménager avec sa famille, plus grande à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Que cache la maison ? Quel est ce grondement qu’elle émet de temps en temps ? Pourquoi Johnny a-t-il ces cicatrices ? Pourquoi le manuscrit de Zampanò semble-t-il le rendre fou ?

A la fois jeu de piste, récit fantastique, dérive personnelle, essai faussement académique, La Maison des feuilles a pour effet de changer progressivement le lecteur en apprenti sorcier, monteur de salle obscure, détective amateur, spectateur. Une lecture littéralement habitée. Livre subversif, livre défendu, le lecteur est prévenu… et bien entendu tenté.

 Et de un! Plus que deux…

 Bien à vous

 

Merci Ingrid pour ce beau Top 10 très éclectique ! Il est comme je les aime, diversifié et surprenant . Savant mélange des genres. Du polar bien sur mais aussi du noir, de la SF, du fantastique mais aussi de la poésie, un peu de blanche et du rock n’ roll.

Du plaisir en barre en somme

Les 10 livres qui vous ont marqué d’une façon ou d’une autre : Le Top 10 de Nathalie


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Pour les 2 ans de notre blog, je me suis faite curieuse. Oui je sais c’est chez moi une seconde nature dès qu’il s’agit de bouquins.

Alors je vous ai demandé quels étaient pour vous les 10 livres qui vous ont marqué(e) d’une façon ou d’une autre.

Vous avez accepté de jouez le jeu et j’en suis ravie

Voici donc quelques-unes de vos réponses.

Aujourd’hui c’est celle de Nathalie

Place à son TOP 10

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Bonjour et joyeux Blog’Anniversaire !

Voici mon top 10 :

  • Les 4 filles du Dr March, un livre que j’ai lu à de nombreuses reprises ! J’étais « Jo » bien sûr…

    Meg, Jo, Beth et Amy sont quatre soeurs qui s’entendent bien. En pleine guerre de Sécession, leur père part sur le front. Alors tout le monde doit se mettre au travail. Entre Meg la raisonnable, Jo l’impétueuse, Amy la raffinée et Beth la délicate, les discussions sont passionnées et la maison rarement silencieuse !

 

 

 

  • La série des « Alice », lue et relue à l’époque où il n’y avait pas autant de variété en littérature jeunesse.

 

Jeune détective de choc, Alice se lance dans des enquêtes toujours trépidantes… quitte à affronter des adversaires malhonnêtes et dangereux ! Sa passion ? Eclaircir les mystères !

« Un, deux, trois… Action ! » Voilà Alice et ses amies actrices dans un film d’horreur réalisé par Ned ! Mais le tournage tourne court quand un drame survient dans le ranch voisin : Étoile Filante, le pur-sang le plus rapide de la région, a été enlevé à son éleveur… Pour éclaircir ce mystère, Alice n’hésite pas à endosser son rôle de prédilection : celui de détective

 

 

  • La série des « Soeurs Parker » pour changer des « Alice » !!

 

Les Soeurs Parker (Les Dana girls en anglais) sont comme leur nom l’indique deux soeurs. Liz (Louise) Parker une jolie brunette a 17 ans, Ann (Jean) , sa soeur cadette, a 16 ans et est blonde. Orphelines, elles vivent avec leur oncle Dick (Ned), commandant d’un bateau (le Balaska), et leur tante Harriet à Rockville, mais c’est au collège de Starhurst où elles sont pensionnaires qu’elles passent la plupart de leur temps, même si de nombreux voyages sont à leur actif ! De même qu’Alice sort de façon platonique avec Ned Nickerson,  Liz et Ann sortent avec Kenneth Scott (Ken Scott ) et Christopher Barton (Jim Barton), deux étudiants d’un collège aux alentours de Starhurst. A leur coté de nombreuses amies dont notamment Evelyne Starr, mais aussi une « ennemie » acharnée à leur jouer de mauvais tours Letty Barclay (Lettie Briggs).

 

  • Les romans d’Arsène Lupin, premiers livres « adulte » que j’ai lu, empruntés dans la bibliothèque de mes parents

 

« Vous allez pouvoir découvrir une oeuvre sensationnelle, appelée à un retentissement énorme : les surprenantes, mystérieuses, inattendues, originales et passionnantes aventures du génial escroc Arsène Lupin, dont l’habileté et la chance infernales dépassent tout ce que nous savons jusqu’ici des tours de force les plus extravagants des grands aventuriers. »

Recueil des aventures d’Arsène Lupin parues dans Je sais tout entre 1905 et 1913, avec 130 illustrations d’origine peu connues.

 

 

  • avec les « Agatha Christie »

Recueil des cinq premiers romans, parus entre 1920 et 1927, mettant en scène l’enquêteur belge Hercule Poirot.

Silhouette ronde et joviale, moustaches cirées, œil vif et cellules grises en activité constante, Hercule Poirot, réfugié en Angleterre pendant la guerre, décide de s’y établir et devient détective privé. Né de l’imagination d’Agatha Christie, il apparaît dès son premier roman en 1920 : La mystérieuse affaire de Styles, et traverse l’œuvre de l’auteur pour mourir dans le dernier : Poirot quitte la scène. Réunis dans ce volume, voici les cinq premiers romans et recueils de nouvelles qui permettent d’apprécier le talent et l’esprit d’analyse d’un détective pour lequel la meilleure façon de résoudre une énigme est de s’asseoir dans un fauteuil pour utiliser au mieux ses célèbres petites cellules grises. Maniaque, toujours tiré à quatre épingles et soucieux autant de la morale que de son confort, il apparaît souvent ridicule aux yeux de ses adversaires qui le sous-estiment. Il n’en déjoue pourtant pas moins, et avec quelle maestria, les mécaniques criminelles les plus subtiles.

  • « Bilbo le Hobbit » mon premier livre de Fantasy, prêté par mon oncle, grand fan de SFFF et de bandes dessinées

Bilbo, comme tous les hobbits, est un petit être paisible et sans histoire. Son quotidien est bouleversé un beau jour, lorsque Gandalf le magicien et treize nains barbus l’entraînent dans un voyage périlleux. C’est le début d’une grande aventure, d’une fantastique quête au trésor semée d’embûches et d’épreuves, qui mènera Bilbo jusqu’à la Montagne Solitaire gardée par le dragon Smaug…

 

 

 

 

 

  • « Dune » mon premier livre de SF

Il n’y a pas, dans tout l’Empire, de planète plus inhospitalière que Dune. Partout des sables à perte de vue. Une seule richesse: l’épice de longue vie, née du désert, et que tout l’univers achète à n’importe quel prix.

Richesse très convoitée: quand Leto Atréides reçoit Dune en fief, il flaire le piège. Il aura besoin des guerriers Fremen qui, réfugiés au fond du désert, se sont adaptés à une vie très dure en préservant leur liberté, leurs coutumes et leur foi mystique. Ils rêvent du prophète qui proclamera la guerre sainte et qui, à la tête des commandos de la mort, changera le cours de l’histoire.

Cependant les Révérendes Mères du Bene Gesserit poursuivent leur programme millénaire de sélection génétique; elles veulent créer un homme qui concrétisera tous les dons latents de l’espèce. Tout est fécond dans ce programme, y compris ses défaillances.

Le Messie des Fremen est-il déjà né dans l’Empire?

L’auteur a brossé une immense fresque, qui, par l’intensité dramatique, le foisonnement des personnages, la précision des détails, est digne des grands chefs-d’oeuvre du roman historique classique.

 

  • « Germinal » lu en une après-midi quand j’étais en 4ème ou en 3ème (c’était à lire pour le collège, beaucoup ont détesté, j’ai adoré !)

 

Dans la mine de charbon de Voreux dans le nord de la France, à la fin du XIXe siècle, Etienne Lantier trouve un travail après avoir été renvoyé des chemins de fer pour activité syndicale. Logé chez les Maheu, une famille de mineurs, il tombe amoureux de leur fille Catherine. Le travail est rude et mal payé, les payes sont misérables. Les conditions de travail effroyables : chaleur étouffante, obscurité, risques d’éboulement… les conditions de sécurité ne sont pas respectées . Quand la Compagnie décide de réduire encore les salaires, la colère gronde dans les corons. Lantier prend la tête de la révolte.

Germinal est la grande fresque de Zola sur le monde de la mine au XIXe siècle.

 

 

  • « Les raisins de la colère » lu à la même époque

 

Années 1930, Oklahoma. Tom Joad est libéré de prison suite à un homicide involontaire. Il retourne à la ferme familiale mais une mauvaise surprise l’attend : la ferme a été saisie par une banque et sa famille, totalement ruinée, est sur le départ. Elle s’apprête à partir en Californie, avec l’espoir de trouver un emploi et de vivre dignement.
La famille Joad, partagée entre la peine de devoir quitter « la terre de ses pères » et l’espoir d’une vie meilleure, entame donc un long périple sur la route 66, à travers les grandes plaines de l’ouest, en direction d’une Californie mythifiée. Mais le voyage ne se fait pas sans difficulté. La dislocation de la famille commence.
La famille Joad arrive finalement en Californie et réalise rapidement que, non seulement il n’ y a pas assez de travail pour tous les immigrants et qu’elle devra vivre dans des conditions de vie effroyables, mais également que les « Okies » sont craints et haïs par les autochtones qui ne voient en eux que des marginaux et des agitateurs potentiels.
Malgré les difficultés, la famille Joad ne perd pas espoir et, malgré la faim, la pauvreté et l’injustice, mobilise toute son énergie pour essayer de s’en sortir…

 

 

  • « L’oeuvre de Dieu, la part du Diable » ma découverte d’Irving !

«Ici à Saint Cloud’s, nous n’avons qu’un seul problème. Il se nomme Homer Wells. Nous sommes parvenus à faire de l’orphelinat son foyer, et c’est cela le problème.» Dans l’orphelinat de Saint Cloud’s, l’excentrique Dr Larch officie de manière très spéciale. Il assure «l’oeuvre de Dieu» en mettant au monde des enfants non désirés et réalise «la part du Diable» en pratiquant des avortements clandestins. Homer Wells, jeune orphelin et protégé de Wilbur Larch, ne se voit pas vivre ailleurs qu’à Saint Cloud’s. Auprès de ce dernier, il va apprendre le «métier», et peu à peu tracer son chemin en s’éloignant avec audace des plans du docteur.

 

Merci pour ce concours et bonne soirée !

Nathalie (Nath56)

 Merci à toi Nathalie d’avoir répondu à ce jeu et ainsi participer notre concours « 2 ans du blog ».

Les 10 livres qui vous ont marqué d’une façon ou d’une autre : Le top 10 d’Isabelle


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Pour les 2 ans de notre blog, je me suis faite curieuse. Oui je sais c’est chez moi une seconde nature dès qu’il s’agit de bouquins.

Alors je vous ai demandé quels étaient les 10 livres qui, d’une façon ou d’une autre, vous ont marqué(e)s !

Vous avez accepté de jouer le jeu et j’en suis ravie

Voici donc quelques-unes de vos réponses.

Aujourd’hui c’est celles d’Isabelle

Place à son TOP 10

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Présenter une dizaine de livres qui ont marqué notre vie : c’est un exercice très personnel que tu nous demandes là, Geneviève.

Non sans crainte, je me lance dans l’introspection. On verra bien où tout cela nous mène.

 

–          20000 lieux sous les mers, de Jules Verne.

je ne te ferai pas l’injure de te résumer ce célébrissime roman.  Ce livre, je l’ai découvert à l’école primaire. A l’époque, un peu avant la seconde guerre mondiale (je plaisante !), on recevait des prix sous forme de livres à choisir dans une liste. J’ai choisi celui-là parce que j’étais attirée par les sciences, et aussi parce que l’intrigue se passait au fond de l’océan. Je n’ai pas été déçue. Jules Verne n’a pas dû être un auteur facile à lire pour la petite fille que j’étais mais je me souviens juste d’avoir été embarquée dans une grande aventure romanesque, et d’avoir été confortée dans mes choix. Et si plus tard j’ai suivi des études d’océanographie, ce n’est pas par hasard (merci aussi au Commandant Cousteau, bien que je n’aie pas lu Le monde du silence…)

10iVingt mille lieues sous les mers /  Verne, Jules

Le Livre de poche.  Avec les illustrations de l’édition Hetzel

Des bateaux disparaissent mystérieusement, d’autres rentrent au port la coque défoncée. Quel est le monstre qui fait régner la terreur sur toutes les mers du monde ? Le professeur Aronnax et son domestique Conseil embarquent sur la frégate Abraham Lincoln. La mer était une passion pour Jules Verne ; c’est elle l’héroïne de Vingt mille lieues sous les mers, l’un de ses meilleurs et plus célèbres romans.

 

 

–          Le marchand de Venise, de Shakespeare.

Il y avait chez mes grands-parents un gros livre à la couverture rouge qui racontait les pièces de Shakespeare aux enfants. A chaque visite, je dévorais cet ouvrage. Il est d’ailleurs toujours dans la bibliothèque de ma grand-mère. Je ne me rappelle plus du titre mais il m’a donnée envie, plus tard, de lire l’œuvre originale. J’ai une préférence pour le Marchand de Venise et sa livre de chair (là encore, je te fais grâce du résumé), dont l’intensité dramatique provoquait chez moi un frisson de répulsion tout à fait délicieux.

isa-jpgLe marchand de Venise , The merchant of Venice / Shakespeare, William

Gallimard

A Venise, Bassiano s’efforce d’obtenir la main de Portia, riche héritière dont il est amoureux. Pour ce faire, il doit se rendre à Belmont. Pour l’aider, son ami Antonio emprunte 3.000 ducats à l’usurier juif Shylock, qui lui demande en cas de non-remboursement de la dette une livre de sa chair.

 

 

 

–          Au bonheur des dames, d’Emile Zola.

Pour rappel (pardon, Geneviève, mais je me plie jusqu’au bout à l’exercice) il s’agit du récit très réaliste de l’ascension d’une jeune vendeuse dans un grand magasin parisien. Je l’ai lu à la fin de ma 6e. A l’époque, je lisais déjà tout ce qui passait à ma portée. Et voilà comment j’ai découvert en même temps Zola et le journal de Mickey. Bon, Mickey n’a pas changé ma vie, mais Zola m’a bien prise aux tripes. Avec Au bonheur…,  je fais la connaissance du roman naturaliste et de sa peinture bien sombre des inégalités sociale. Une initiation à la politique peut-être, à la vie sûrement.

isaAu bonheur des dames / Zola, Émile

Le Livre de poche

Un grand magasin parisien en 1883, Au Bonheur des Dames, connaît un immense succès mais provoque la fermeture des petits commerces du quartier.

 

 

 

 

 

–          Le meurtre de Roger Ackroyd, d’Agatha Christie.

C’est avec cette grande dame que je découvre le roman policier. Ô joie, la lecture peut aussi nourrir mon goût pour la logique, exercer mon raisonnement et développer mon sens de l’observation très déficient. Je m’aperçois alors à quel point j’adore les énigmes à résoudre, les indices à décrypter, les hypothèses à échafauder… J’ai dévoré l’intégralité de l’œuvre d’Agatha Christie durant mes années de collège. Mention spéciale pour Le meurtre de… car sans le spoiler, c’est un de ceux (avec Les dix petits nègres) où son inventivité et son art de la manipulation s’expriment le mieux.

10i2Le meurtre de Roger Ackroyd  / Christie, Agatha 

Ed. du Masque

Le Dr Sheppard, médecin de King’s Abbott, sait tout ce qui se passe au village, sa pratique lui fournissant un poste d’observation idéal… Aussi pouvons-nous le croire sur parole quand il nous dit que Mme Ferrars est morte, un an après son mari, pour avoir avalé quelques comprimés de véronal de trop. Et quand Roger Ackroyd, avec qui la veuve entretenait une relation plus qu’amicale, est poignardé dans son manoir, que penser ? Le bon docteur devient une sorte d’assistant pour Hercule Poirot, le fameux détective belge aux petites moustaches qui, retiré depuis peu au village, prend l’enquête en main à la demande de la famille du défunt. Et le récit du Dr Sheppard mérite d’être observé à la loupe, car il est plein de trous, de contradictions et de chausse-trappes, jusqu’au dénouement fracassant !

 

–          Don du poème, de Stéphane Mallarmé.

C’est au lycée, en préparant l’épreuve de français au bac que je découvre la poésie, avec ce poème tiré du recueil Vers et Prose. Tu me diras, mieux vaut tard que jamais. Mon prof de français de l’époque nous révèle la richesse des émotions et des sensations, le sens caché des mots sous leur hermétisme ou sous leur apparente sobriété. Une révélation… Je ne suis pas une grande lectrice de poésie mais j’en lis parfois avec plaisir. Et j’ai le sentiment d’y avoir un jour été initiée. On ne fait pas que bachoter au lycée !

isa-jpgVers et proses : morceaux choisis : Mallarmé, Stéphane

Castor astral

Ce recueil composé par Mallarmé en 1893 regroupe ses oeuvres les plus marquantes : l’essentiel de ses poèmes, un choix de traductions des poèmes de Poe (dont Le corbeau), un court résumé de Vathek, ce conte oriental du XVIIIe siècle de William Beckford, un extrait de la conférence sur Villiers de l’Isle-Adam prononcée en Belgique, et deux « divagations » qui résument sa pensée esthétique.

–          Les racines du ciel, de Romain Gary.

Il raconte le combat d’un idéaliste contre la chasse aux éléphants, en Afrique. C’est le récit d’un engagement en faveur de la protection de la nature, mais aussi des conflits d’intérêt qui l’entravent. Il dépeint aussi avec une grande précision la complexité de la nature humaine. Ce livre a contribué à éveiller, à la fin de l’adolescence, ma conscience vis-à-vis de l’environnement. Et puis il y a l’écriture de Romain Gary, si forte, si puissante…

isaLes racines du ciel / Gary, Romain

Gallimard

Morel, le personnage principal du récit, parcourt le Tchad, à la rencontre des gouverneurs, des missionnaires, etc., pour les convaincre de prendre en compte la cause des éléphants. La chasse menée contre ces animaux, aussi bien par les Occidentaux que par la population Oulès menace la survie de l’espèce.

–          Le nom de la rose, d’Umberto Eco.

Je t’épargne une nouvelle fois le résumé, car je suis sûre que toi aussi tu l’as dévoré. C’est un feu d’artifice, un éblouissement. Imagine ma surprise de découvrir réunis dans un même livre plusieurs genres que j’adore: enquête policière, roman d’aventure, roman historique, sous-tendus par une grande érudition mise entièrement au service de la fiction. Sa lecture fut et est toujours jubilatoire. Ce livre restera à mes côtés.

isaLe nom de la rose / Eco, Umberto

Le Livre de poche

En 1327, des bandes d’hérétiques rebelles à toute autorité sillonnent les royaumes chrétiens et font à leur insu le jeu des pouvoirs. Parvenu à une abbaye entre Provence et Ligurie, l’ex-inquisiteur Guillaume de Baskerville, accompagné de son secrétaire, est prié par l’abbé d’élucider la mort d’un des moines. En 7 jours, au rythme des heures canoniales, adviennent crimes, stupre, vice et hérésie.

 

 

–          Du côté de chez Swann, de Proust.

Résumé impossible à faire, même sous la torture. J’y suis venue sur le tard, à reculons, pour me faire ma propre opinion. Et ce fut un festin pour les sens : A la recherche du temps perdu me fait le même effet que déguster une liqueur très concentrée. Il faut la siroter à toute petites gorgées. Tremper d’abord le bout de sa langue, en laisser la saveur fleurir sur ses papilles, prélever d’autres infimes gouttelettes pour en napper son palais. Si l’on fonce tête baissée, le danger est de trouver l’œuvre trop sucrée, trop baroque, trop chargée et de se sentir vite écoeuré. Mais si on prend le temps de la savourer, cette dégustation est un pur moment de bonheur.


isaDu côté de chez Swann /  
Proust, Marcel

Gallimard

Premier tome de A la recherche du temps perdu, cycle romanesque inspiré par les souvenirs de l’auteur, dans lequel il fait le récit de ses années d’enfance à Combray, de la vie mondaine, de ses désillusions et de sa passion littéraire. Le dossier sur les thèmes de l’oeuvre met également le texte en perspective avec le tableau La terrasse de Vernon de Pierre Bonnard de 1928.

 

 

–          Comme un roman, de Daniel Pennac.

Ce n’est est justement pas un. Il s’agit en réalité d’une sorte de mode d’emploi pour mieux apprécier la lecture et pour inciter son entourage à lire. Ce livre est un ami. Il m’a donné des tas de précieux conseils pour encourager mes enfants à lire. Il m’a amenée à réfléchir sur l’acte en lui-même, sur la liberté et les droits des lecteurs. Un travail de désacralisation, de dédramatisation et en même temps un magnifique hommage à la lecture. Une œuvre salutaire qui m’a encouragée à partager les romans de mon fils et de ma fille. C’est ainsi que j’ai découvert Le Clan des Otori, de Lian Hearn, son atmosphère envoûtante, son écriture épurée, ou la série des Harry Potter, de J.K. Rowling. Que de souvenirs d’échanges d’avis, de commentaires… Et mine de rien j’ai réussi à caser trois livres pour le prix d’un.

isaComme un roman / Pennac, Daniel

Gallimard

Les jeunes n’aiment pas lire. Et si ce n’était pas vrai? S’il ne s’agissait que d’un amour égaré, facile à retrouver? Détendez-vous, ceci n’est pas une dissertation sur la lecture, mais un joyeux manifeste contre la peur de lire… et le roman du lecteur que nous sommes. Par l’auteur de La Petite marchande de prose.

 

 

 

 

–          Debout les morts, de Fred Vargas.

J’ai rarement eu un coup de cœur pour une œuvre entière. Mais c’est le cas avec Fred Vargas (et aussi dans un autre genre avec Tonino Benacquista). Quand je l’ai découverte avec Debout les morts, je commençais à écrire moi-même et j’ai été impressionnée par la sûreté de son trait, par son talent de conteuse et l’étoffe qu’elle donne à tous ses personnages. Pour moi, elle a renouvelé le genre policier en refusant d’emprunter les sentiers battus. Elle propose une alternative à la surenchère de violence, qu’elle soit physique ou psychologique, qui trouve son apogée dans le roman noir. Elle n’est pas tombée non plus dans le polar réaliste qui colle à la réalité policière jusqu’au numéro de casiers. Il y a de la magie dans ses histoires, et c’est ça qui me plaît.

isa-jpgDebout les morts / Vargas, Fred

J’ai lu

La cantatrice Sophia Siméonidis découvre un hêtre qu’elle ne connaissait pas au beau milieu de son jardin. Elle se renseigne auprès de son mari mais apparemment personne ne l’a planté. Trois chercheurs vont tenter de résoudre l’énigme : Mathias le préhistorien, Marc le médiéviste et Lucien le fou de la Grande Guerre, qui habitent chacun un étage d’une maison, rue Chasle.

 

 

 

–          Shutter Island, de Dennis Lehane.

Un policier mène l’enquête dans un hôpital psychiatrique pour patients ultra dangereux sur une île au large de Boston. Un putain de bouquin ! Bien contente de l’avoir lu avant d’avoir vu le film (leur fin diffère sensiblement). Un vrai électrochoc ! J’ai cogité longtemps après l’avoir refermé. Bien construit, bien écrit… mais surtout je crois qu’il entre en résonance avec mes peurs profondes liées à la folie, la part d’irrationnel qui est en chacun de nous et notre vision personnelle de la réalité.


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Shutter Island / 
Lehane, Dennis

Rivages

Au large de Boston se trouve l’île nommée Shutter Island. Dans les années 1950, on y trouve un hôpital psychiatrique qui accueille des pensionnaires au lourd passé de meurtrier sanguinaire. Le marshal Teddy Daniels et Chuck Aule, son coéquipier, ont été appelés là-bas car une dangereuse schizophrène a disparu… Prix Policier des lectrices de Elle 2004. Porté à l’écran en 2010.

 

 

–          Kafka sur le rivage, de Murakami.

Les parcours oniriques d’un adolescent et d’un vieillard. Parce que c’est à ma connaissance l’une des plus belles illustrations d’une fonction majeure de la lecture : nous faire rêver tout éveillé.

10i1Kafka sur le rivage

Murakami, Haruki

10-18

Au Japon, Kafka Tamura, un jeune Tokyoïte de 15 ans, s’enfuit de chez lui. Une nuit, il se réveille dans un bois couvert d’un sang qui n’est pas le sien. Il trouve refuge dans une bibliothèque. Parallèlement, un vieil homme simple d’esprit mais capable de deviser avec les chats, Nataka, rencontre un effroyable personnage. Il se met à la recherche de Kafka.

 

 

Et je n‘ai pas parlé de Marguerite Yourcenar ou de Stephen King, deux écrivains si proches qu’ils en seraient presque interchangeables, non ? Non. Bon d’accord…

Plein de bises et un joyeux anniversaire à ton blog!

Isabelle

 

9782370470669,0-3032266Je tiens à remercier Isabelle pour sa participation.  Mais,  j’aimerai que la découvriez aussi à travers son premier roman policier, Chasseurs d’Esprits de Isabelle Bourdial.

Ma petite chronique ICI