Ilya Kalinine de Jérôme Camut et Nathalie Hug.


Le livre : Ilya Kalinine de Jérôme Camut et Nathalie Hug. Paru le 3 mai 2017 chez Le Livre de Poche dans la collection Thriller.  6€60 ; (185 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv : 

Il y a Kalinine

On a raconté beaucoup de choses sur Ilya Kalinine. On a dit de lui que c’était un monstre, un assassin de la pire espèce qui tirait son plaisir de la souffrance de ses victimes. On a dit aussi qu’un seul homme ne pouvait pas avoir tué autant de gens et qu’il devait s’agir d’une légende derrière laquelle se cachait une organisation criminelle.

D’autres ont prétendu qu’il n’existait pas.

Et pourtant, Ilya Kalinine a existé.

Depuis cet endroit et ce jour où j’écris ces lignes, je suis sans doute la dernière à pouvoir raconter son histoire.

Je m’appelle Vera et je suis la mère d’Ilya Kalinine. Il est le fruit de notre époque. Il en a la dureté.

Je l’ai élevé, je l’ai aimé, il m’a aimé en retour.

Les monstres n’aiment pas, je peux vous le dire.

Ou alors, nous sommes tous des monstres.

 

Les auteurs : On ne présente plus ce couple d’auteur qui sont comme vous le savez mes chouchous. Mais ce n’est pas parce que je les adore que je suis complaisante avec eux ! Bien au contraire. Mon exigence est décuplée. Si je suis parfois indulgente avec des nouvelles plumes, plus avec Jérôme Camut et Nathalie Hug je ne leur passe rien. Il faut dire que leur premier polar à 4 mains m’a mis KO direct ! Prédation c’est juste le meilleur thriller que j’ai lu l’année de sa sortie. Donc maintenant mon niveau d’exigence est au max avec mes chouchous
En 2004, Jérôme Camut publie les deux premiers tomes de la tétralogie Malhorne aux Éditions Bragelonne. Nathalie Hug se les procure et contacte Jérôme sur Internet. Ils se rencontrent peu après. Ils ne se quitteront plus et commencent très vite à écrire ensemble. Ils ont publié aux Éditions Télémaque la trilogie Les Voies de l’ombre, rééditée au Livre de Poche.

 

Extrait :
Monter un réseau de prostitution pour contrer les réseaux de prostitution, c’est un peu comme lancer une guerre contre la guerre. Ça semble absurde. Et ça l’est peut-être, mais ce qui l’est plus encore, c’est l’inaction, considérer la prostitution comme un mal nécessaire tout en abandonnant des millions de femmes et d’enfants entre les mains de malades mentaux, des hommes privés d’empathie et de compassion qui n’hésitent pas à broyer ces vies pour s’enrichir. 

Mon avis :

Ils sont sympa tout de même Jérôme Camut  et Nathalie Hug, il nous offre comme cela un court roman de 185 pages, rien que pour notre plus grand plaisir et histoire de nous faire patienter avant le prochain qui devrait sortir en octobre chez Fleuve éditions. Et oui Nathalie et Jérôme intègre la collection Fleuve Noir.

Bon en attendant qu’est ce que je me suis régalée en découvrant l’enfance et l’adolescence de Kalinine. Car Nathalie et Jérôme, ou l’inverse peu importe, sont passés maître dans la création littéraire de vrais méchants. on se souvient tous de Kurtz, leur « méchant » de la série les Voies de l’ombre. Aussi avec Kalinine, il lui ont magiquement trouvé un remplaçant. Un putain de remplaçant ! Alors vous pensez, entrer dans l’intimité de celui-ci, cela ne ce refuse pas, surtout qu’on se doute qu’ils va y avoir des révélations.

Ilya Kalinine et sa soeur, Tania sont abandonnés à la naissance puis illégalement adoptés, Aussi, malheureusement ils sont placés à l’orphelinat . Après cinq ans de misère passés edans cet orphelinat, les enfants s’échappent.  Ils vont devoir se débrouiller pour survivre par leurs seuls et propres moyens. Plus tard…Le garçon infiltrera un réseau de prostitution, animé par son désir de vengeance. Le récit des origines d’un méchant de la série W3, assassin redoutable ou prête-nom d’une organisation criminelle.

Alors oui…Quel pied de retrouver Illya Kalinine dans ce court roman. Le héros, ombre du mal de W3 nous revient et on ne peut que remercier Nathalie Hug et Jérôme Camut pour ce fabuleux cadeau.
Enfin on découvre l’enfance et l’adolescence de Ilya, on en apprend plus sur sa sœur Tania. On comprend mieux la force de caractère de ce personnage, on appréhende mieux ses faiblesses.
C’est toute la force de l’écriture des auteurs que de nous faire entrer en empathie avec un tel homme, tellement complexe et paradoxal. Un vrai criminel qui tue de sang froid mais pour lequel on ressent une forme d’amour. Car il est impossible de détesté Ilya Kalinine, et encore moins maintenant que l’on connait ses secrets.

Nathalie Hug et Jérôme Camut offrent un récit très sombre des origines d’Ilya Kalinine, le criminel qui hante la trilogie W3, dont le premier volet, Le Sourire des pendus, a obtenu le Prix des lecteurs policier du Livre de Poche.

Merci Jérôme, merci Nathalie vous êtes des amours.

 

Aussi comme vous l »aurez compris, ces deux là sont mes chouchous du week-end aussi pour l’occasion de jouer avec nous à à petit concours  flash afin de remporter ce titre dédicacé par nos auteurs lors du prochain festival Saint Maur en Poche les 24 et 25 juin prochain.

Alors retrouvez moi ICI pour découvrir ce petit jeu concours.

A tout de suite !

 

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Pickpocket de Fuminori Nakamura


Collectif polar.JLuc

9782809703931,0-1508793Le livre : Pickpocket de Fuminori Nakamura. Traduit du japonais par Myriam Dartois-Ako. Paru le 4 janvier 2013 chez P. Picquier. 17€50 ; (189 p.) ; 21 x 14 cm.

9782809710779,0-2499620Réédité le 6 février 2015 en poche chez le même éditeur dans la collection Picquier Poche. 7€50 ; (198 p.) ; 17 x 11 cm

4e de couv :

Il se faufile dans la foule de Tokyo, choisissant soigneusement ses cibles pour ne dévaliser que les plus riches, dérobant les portefeuilles si délicatement que parfois il ne se souvient même pas de l’avoir fait. C’est un homme solitaire, sans attaches comme sans illusions. Jusqu’au jour où il rencontre un enfant – et un chef yakuza qui le prend au piège d’un jeu dangereux et pervers. Le pickpocket va devoir faire appel à toutes les ressources de son art pour sauver sa vie, son destin, et peut-être même son âme.

Un thriller élégant et mélancolique qui a reçu en 2010 le prix Kenzaburô Oe.

« Fascinant. Je voudrais écrire quelque chose comme Pickpocket un jour. » Natsuo Kirino

« Une balade noire à l’intérieur de la conscience d’un voleur, fascinante jusqu’à la dernière ligne » (Page des Libraires).

fnL’auteur : Né en 1977 dans la préfecture d’Aichi, Nakamura Fuminori est diplômé en sciences  sociales appliquées de l’Université de Fukushima. Son premier roman, Revolver, a été couronné du prix Shinchôsha des jeunes auteurs ; en 2005, il a reçu le prix Akutagawa pour Tsuchi no naka no kodomo («L’enfant dans la terre»).

 

CM16

Résumé et L’avis de Jean Luc

La destinée d’un pickpocket professionnel, dans les rues de Tokyo. Son attachement à un enfant le précipite dans les griffes d’un mafieux qui lui propose un pacte impossible : réaliser trois missions pour sauver la vie du jeune garçon. Prix Zoom Japon 2013 (catégorie roman).

Pickpocket de Fuminori Nakamura est une découverte surprenante. Il s’agit d’un petit polar japonais qui se lit d’une traite mais que l’on oublie pas facilement. Le style de l’auteur est agréable à lire et l’idée de décrire le mode de vie d’un pickpocket plutôt séduisante.
Il y a des passages remarquables où l’auteur explique le modus operandi du pickpocket mais et il y aussi des scènes d’une grande humanité avec un jeune adolescent à l’abandon et sa maman paumée.
L’intrigue est plutôt bien construite et la fin n’est pas celle que l’on attends, l’auteur au passage aborde la notion du destin. A savoir, est ce que notre destin nous appartient ou bien peut-il appartenir à un autre ?
Au final, un petit bijoux avec des personnages remarquables, un livre dur, sans concession mais qui mérite le détour.

Le premier sang de Sire Cédric


Mes petites lectures

9782842284688,0-1329446Le livre : Le premier sang / Sire Cédric. Paru le 15 mars 2012 au Pré-aux-clercs. 19€50 ; (511 p.) ; 24 x 16 cm
9782266243193,0-1705717Réédité en poche chez Pocket le 7 novembre 2013.8€ ; (655 p.) ; 18 x 11 cm

Quatrième de couverture

Les plus grandes terreurs naissent dans l’enfance et prennent racine au plus profond de nous.

Qu’est-ce qui les fait resurgir ? Sommes-nous capables de les surmonter ?

Par une nuit d’hiver glacée, deux flics de la criminelle, partis pour surveiller un parrain de la drogue en banlieue parisienne, mettent les pieds dans une étrange affaire. Leur principal suspect est mort brûlé vif dans son appartement et les méthodes employées ne ressemblent pas à un règlement de compte. Eva Svärta, la policière albinos, dominée par le désir obsessionnel de retrouver le meurtrier de sa mère et de sa soeur jumelle, pressent un danger imminent. Et si les fantômes du passé se mettaient à reprendre vie ? Hallucination ou réalité ?

imagesLauréat du Prix Polar de Cognac 2010 et du Prix CinéCinéma Frisson 2011 pour son roman De fièvre et de sang, Sire Cédric construit une oeuvre originale, mariant habilement fantastique et suspense. Il a également reçu en 2010 le prix Masterton pour L’Enfant des cimetières.

 

 

Extrait :
Le sang se mit à suinter de cette seconde plaie, tout doucement, au début, comme il l’avait fait pour la première blessure. Puis l’inéluctable douleur déferla. Elle explosa littéralement dans sa tête. Un éclair rouge, éblouissant, effaçant le monde.
Madeleine sut qu’elle ne pouvait rien faire.
Elle ferma les yeux, serra le lavabo plus fort, se plia en deux.
Quand la peau céda, elle poussa un terrible cri suraigu.

Lecture d’avant

Résumé et avis :

Cité les Ruisseaux. Surveillance de nuit. Eva Svärta et Erwan Leroy espèrent enfin faire tomber Ismaël Constantin. Mais le feu ravage son appartement et le caïd meurt brûlé vif.

Neuilly-sur-Seine. L’argent, le pouvoir, la beauté… Madeleine Reich avait presque oublié qu’il y avait un prix à payer. Ce soir, les anciennes blessures se rouvrent, et l’heure est venue d’affronter sa peur. Eva, la policière albinos, ne le sait que trop bien : le temps n’a pas de prise sur les liens tissés dans le sang. Surgis de l’ombre, les fantômes du passé réclament leur dû.

Eva Svart, étrange flic albino, enquête sur son père, l’assassin de sa mère et de sa soeur jumelle ; tout cela sans avoir l’autorisation de sa hiérarchie. La découverte du corps profané et incendié d’un gros dealer de banlieue déclenche une enquête officielle à laquelle elle va prendre part. L’auteur ramène son héroïne aux origines du mal qui l’empoisonne, impitoyablement, terriblement…

 Les œuvres de Sire Cédric mélangent thriller, surnaturel et personnages décalés.

On retrouve ici Eva Svarta, la profileuse albinos déjà rencontrée dans « De fièvre et de sang » . Personnage excentrique et hors-norme, Eva a un véritable sixième sens qui fait d’elle une redoutable traqueuse de l’ombre.

A travers ce nouveau roman étonnant de maturité, l’auteur ramène son héroïne aux origines du mal qui la tourmente depuis toujours. Le vertige qui la submerge progresse tout au long de l’intrigue,  implacablement,effroyablement et affreusement.

Attention nuits blanches garanties

 Lire le début ICI

Romans Policiers de Sébastien Japrisot


Lecture d’avant&
Lecture d’avant
Lecture d’avant

Je profite de la sortie du film de Joann Sfar pour vous présenter quelques uns des textes que j’ai aimé de Sébastien Japrisot.

Le rapport ? Et bien  La dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil , le film de Sfar est tiré du livre éponyme de Japrisot !

Le voilà le rapport

9782070129195,0-1183257 (1)9782207254332,0-134918Le livre : Romans policiers de Sébastien Japrisot. .Paru le 21 avril 2011 chez Gallimard dans la collection Quarto.  25€40 ; (1026 p.) ; illustrations en noir et blanc ; 21 x 14 cm. Edition établie et annotée par Jean-Marie David-Lebret.
En 2003 Dénoël publié déjà dans un recueil ses mêmes titres. 
Réunit
Compartiments tueurs
Piège pour Cendrillon
La dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil
Adieu l’ami
Le passager de la pluie
La course du lièvre à travers les champs
L’été meurtrier
 

 4e de Couv :

¤ Vie & oeuvre illustré ¤

Ce volume contient :

Compartiment tueurs (1962) ¤ Piège pour Cendrillon (1963) ¤ La Dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil (1966) ¤ Adieu l’ami (1968) ¤ Le Passager de la pluie (1969) ¤ La Course du lièvre à travers les champs (1972) ¤ L’Été meurtrier (1977) ¤

« J’aime beaucoup qu’il y ait un mécanisme policier. Je ne suis pas du tout humble en cela. Je crois que cela demande beaucoup de courage, beaucoup d’astuce. On peut être très fier. Ce n’est pas un genre mineur. Sûrement pas. Vous connaissez la phrase de Chesterton ? Elle est un peu exagérée mais révèle quelque chose de vrai comme toutes les choses exagérées :  » L’essence du roman policier consiste en la présence de phénomènes visibles dont l’explication est cachée.  » Et c’est là, si l’on y réfléchit, l’essence de toutes les philosophies. »
Sébastien Japrisot, Ellery Queen Mystère Magazine, janvier 1972

Lire le début 
 L’auteur :

téléchargement (1)Né à Marseille  le 04 Juillet 1931 , Jean-Baptiste Rossi, plus connu sous le pseudonyme de Sébastien Japrisot, Il a fait ses études chez les Jésuites, puis en Sorbonne

Installé à Paris, Jean-Baptiste Rossi publie d’abord en 1950, à dix-neuf ans, un roman sulfureux Les Mal Partis qui relate une liaison amoureuse entre un jeune homme et une religieuse dans la débâcle de 1940.. Si le roman est ignoré en France, il est bien accueilli dans sa traduction aux États-Unis. Introduit dans le milieu cinématographique et littéraire, J.B. Rossi traduit en 1953 L’Attrape-cœurs de J. D. Salinger qui ne rencontre pas le succès : il travaille alors dans la publicité pour gagner sa vie. Ce roman, Les Mal Partis, fini par obtenir en 1966 le prix de l’Unanimité (décerné par un jury qui comprend Sartre, Aragon, Elsa Triolet, Adamov, J.-L. Bory, Robert Merle)

Poussé par son ami Robert Kanters, il écrit sous le pseudonyme de Sébastien Japrisot son premier roman policier Compartiment tueurs en 1962. Le succès est grand et le roman est adapté au cinéma. Il en ira de même pour les romans suivants comme Piège pour Cendrillon (1963) ou L’Été meurtrier (1978). Il travaille aussi comme scénariste sur Adieu l’ami (1968 ), La Course du lièvre à travers les champs (1972) ou Le Passager de la pluie (1992) dont il publie les réécritures romanesques.

Cherchant à revenir à la littérature, il publie en 1991 Un long dimanche de fiançailles, histoire d’amour durant la guerre de 14-18 qui se transforme en une véritable enquête policière et que couronne le Prix Interallié et que Jean-Pierre Jeunet adaptera au cinéma en 2003.

Cette même année, Japrisot s’éteindra dans la ville de  Vichy , le 04 Mars 2003 précisément.

 Résumé et avis :

Quelle merveilleuse idées de regrouper quelques uns des titres de Sébastien Japrisot car quelques uns, malheureusement, étaient depuis un certain temps plus disponible en librairie.

J’ai découvert Japrisot en 1983 avec l’été meurtrier,. J’avais 17 ans et le film venait de sortir, çà a été pour moi une révélation. Une vraie onde de choc. J’ai tout de suite voulu lire le roman. J’ai eu du mal à le trouver dans la bibliothèque de mon lycée. Du coup j’ai fait une demande à la documentaliste qui l’a gentiment acheté.

Je me suis ruée dessus et j’ai découvert les mots de Japrisot. J’avais encore en tête les images du film de Becker. Mais là, l’écriture de Japrisot a tout effacé.A la place c’est mes propres images qui se sont imposées. même si je l’avoue, Eliane a gardé les trait d’Adjani. Je crois me souvenir que l’émotion m’a submergée. L’auteur a l’art de l’amener tranquillement, ses mots sont pesés, son style est simple, précis. Le ton est toujours d’une justesse époustouflante qu’elle que soit le personnage qui intervient dans ces pages.

Et puis j’ai enchaîné avec deux autres titres de cet auteur que j’ai réussi à dégoter. Compartiment tueurs et Piège pour Cendrillon. Dans ce derniers Japrisot renoue avec les héroïne malmenées par la vie. Des jeunes femmes qui glisse lentement le désespoir ou la folie. C’est deux titres sont mais préférés, pas de doute. Il y a une rigueur de la construction et une telle poésie dans les mots de Japrisot.

Et puis j’ai attendu quelques années pour renouer avec l’auteur. J’ai attendu la sortie d’Un long dimanche de fiançailles en 1991 pour relire Japrisot. Une nouvelle fois la magie a opéré et au début des années 2000, en 2003 ou 4 j’ai lu la suite de ses romans policiers car Denoël nous offrait une sélection regroupant 7 de ses titres. Et ma surprise à été total quand je ne suis aperçu que je connaissais déjà ces histoire mais à travers le grand écran, une fois encore. la boucle était bouclée.

 Compartiment tueurs

9782070455997,0-1968043

Compartiment tueurs Sébastien Japrisot présenté par Paul Colize Paru le 13 mars 2014 ; 8€

Une femme est retrouvée étranglée dans un compartiment de train. Ses voisins sont tous assassinés les uns après les autres.

Quand vous prenez une couchette dans un train de nuit, méfiez- vous des rencontres. Quand on retrouve une femme étranglée dans votre compartiment, méfiez-vous de vos voisins. Quand on supprime un à un tous vos voisins, méfiez-vous tout court. Si vous n’êtes pas vous-même l’assassin, c’est embêtant !

Un voyage au bout de l’angoisse.

Ce titre a longtemps été épuisé. Puis l’an dernier Folio l’a réédité avec en plus une présentation de Paul Colize pour ne rien gâcher à l’affaire.

Piège pour Cendrillon

9782070408160,0-621818Mon nom est Michèle Isola. J’ai vingt ans. L’histoire que je raconte est l’histoire d’un meurtre.Je suis l’enquêteur. Je suis le témoin. Je suis la victime. Je suis l’assassin. Je suis les quatre ensemble, mais qui suis-je ? Un piège inattendu pour le lecteur. Dans ce titre la narration est au service du suspens. Japrisot fait ici un travail digne d’un orfèvre. Son livre est juste parfait.

Grand Prix de la Littérature Policière – Français – 1963

La Dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil

téléchargementElle est la plus blonde, la plus belle, la plus myope, la plus sentimentale, la plus menteuse, la plus vraie, la plus déroutante, la plus obstinée, la plus inquiétante des héroïnes. La dame dans l’auto n’a jamais vu la mer, elle fuit la police et se répète sans cesse qu’elle n’est pas folle… Pourtant… Ce qui lui arrive est à n’y rien comprendre. On lui a cassé la main, dans une station-service. Juste la main, sans lui prendre l’argent. Comme pour lui dire que partout, où qu’elle soit, on pourra lui faire mal, par petits bouts, jusqu’à la fin, que jamais, quelle que soit la fuite, elle ne pourra être seule, libérée de ce qu’elle sait, du passé et de ce qu’elle cache…Ignorant ce qu’elle fuit, la jeune femme continue sa route.

 Ce titre a fait l’objet de plusieurs adaptations cinématographiques. La dernière par Joann Sfar vient juste de sortir sur nos écran. Retrouvez ICI la chronique de mon ami David sur ce film. Elle aura au moins le mérite de faire rééditer ce titre magnifique.

Adieu L’ami

9782070413942,0-14585Je ne suis pas seul. Il est avec moi. Lui est américain, moi français. Nous parlons la même langue : celle des rats. Nous sommes enfermés dans un labyrinthe. Sans eau, sans montre, sans lumière, sans rien d’autre que notre volonté de forcer un coffre-fort avec nos mains nues. Pas pour y prendre de l’argent : pour en mettre. De toute manière, si le coffre s’ouvre, nous nous entre-tuerons.

Adieu l’ami a lui aussi fait l’objet d’une adaptation cinématographique : Adieu l’ami est un film franco-italien réalisé par Jean Herman et sorti en 1968.

Le passager de la pluie

9782070406555,0-1044246Une petite station balnéaire en automne. Une jeune femme sage, mariée à un navigateur aérien : Mellie. Un soir de pluie, toute sa vie bascule : le passager d’un autocar qui n’amène plus personne la surprend chez elle, l’attache sur son lit et la violente. Le passager de la pluie a connu à l’écran un succès considérable dans le monde entier. Novellisation du scénario de Japrisot et du film, remarquablement mis en scène par René Clément, est interprété par Marlène Jobert et Charles Bronson.

Le duel sans merci d’un homme et d’une femme pour un impossible aveu.


La Course du lièvre à travers les champs  

9782070377817,0-717822« Ils ont trouvé un lit-cage et ils m’ont mis dedans. Ils m’ont attaché les mains, ils m’ont empêché de manger, ils ont creusé ma tombe pour me faire peur.
Mais je ne leur ai pas rendu leurs billes.
Alors, ils m’ont pris avec eux. Ils avaient des fusils et un canif et un camion de pompiers et même une poupée qui parle.
On était sur une île, en Amérique. On avait chacun notre nom. On voulait attaquer un gratte-ciel et tous les policiers du monde étaient contre nous.
Et on essayait de ne pas entendre nos mères qui nous appelaient. »

 

L’été meurtrier : 

9782070406548,0-1044243 Dans L’été meurtrier, Eliane s’installe dans le Sud de la France. Elle est le fruit du viol de sa mère par trois inconnus. Croyant que le père de Florimond, surnommé Pin-Pon, est l’un des violeurs, elle met au point une machination vengeresse et se fait épouser par Florimond. Lorsqu’elle apprend de son père adoptif qu’il a autrefois abattu les trois violeurs, elle sombre dans la folie.

Tout le monde se souvient aussi de l’interprétation magistral d’Isabelle Adjani dans le film éponyme de Jean Becker.

 Extrait : « Quand je suis né, notre mère voulait m’appeler Baptistin. C’était le nom de son frère, Baptistin Desrameaux, qui s’est noyé dans un canal en portant secours à quelqu’un. Elle dit toujours que quand on voit quelqu’un qui se noie, il faut regarder ailleurs. Quand je suis devenu pompier volontaire, elle était tellement furieuse qu’elle a donné des coups de pied à mon casque, elle s’est même fait mal. En tout cas, elle s’est laissé convaincre par notre père de m’appeler Fiorimondo. C’était le nom de son frère à lui et, au moins, il était mort dans son lit. »

9782070129195,0-1183257

La vérité sur Frankie de Tina Uebel


9782081277977,0-1505913 9782290078662,0-1849600Le livre : La vérité sur Frankie de Tina Uebel.  Traduit de l’allemand par Stéphanie Lux. Paru le 23 janvier 2013 chez Ombres Noires. 19,00 € ; (376 p.) ; 21 x 14 cm
Paru en poche chez J’ai lu le 22 janvier 2014. 7,60 €   ;(379 p.) ; 18 x 11 cm
 
La vérité sur Frankie de Tina Uebel est arrivée dans ma boite à lettre en janvier 2013. On peut dire que j’ai eu de la chance de recevoir en cadeau ce titre. D’ailleurs j’en profite pour remercie ici à la fois les éditions Ombres Noires et l’association des amis de la littérature policière 813.
Ce roman d’une auteure allemande s’inspire d’un fait divers réel .Robert Freegard un anglais  réussi à se faire passer pour un agent du MI-5 pourchassé par l’IRA . Il réussi à convaincre quelques uns de ses compatriotes du bien fondé de sa mission et ainsi il les tient sous sa coupe. De plus il leur a extorqué l‘équivalent de presqu’un million et demi d’euros.

Communiqué de presse de l’éditeur :

Comment un homme peut-il entraîner trois jeunes gens à vivre dans la clandestinité pendant près de dix ans? Inspiré par un fait divers réel, ce roman est une réflexion sur la perte des repères des individus sous influence.

Christoph, Judith et Emma sont étudiants. La vie s’offre à eux… jusqu’à ce que leur route croise celle du charismatique Frankie. Ensemble, ils passent un été de rêve. Un jour, Frankie confie à Christoph qu’il appartient aux services de l’anti-terrorisme. Il a besoin de son aide. Crédule, Christoph accepte une première mission. L’engrenage est en place. C’est bientôt au tour de Judith et d’Emma de se laisser convaincre et de s’imaginer traquées. Disparaître et faire aveuglément confiance à Frankie devient la seule solution. Commencent alors des années de cavale, mais aussi de sévices physiques et psychologiques.

Le véritable Frankie, qui s’est fait passer pour un agent du MI5 (Grande-Bretagne), a été condamné à la prison à perpétuité. La police pense que toutes ses victimes n’ont pas été retrouvées.

L’auteur :

Tina Uebel est née en 1969 en Allemagne.

Ecrivain et journaliste indépendante, elle organise également des manifestations littéraires et parcourt le monde. Elle est l’auteur de plusieurs romans et recueil de nouvelles.

Extrait :
CHRISTOPH I / enregistrement original 32′ 46″
Vous devez vous dire que je suis un imbécile. C’est ce que je me dis moi-même quand je m’entends aujourd’hui. C’est difficile à expliquer, mais à l’époque, dans le contexte, ça m’a semblé plausible. Ça nous a semblé plausible à tous les trois. N’oubliez pas que je n’étais pas seul. Je crois que seul, j’aurais peut-être eu des doutes plus tôt. Ça ne veut pas dire que je n’en ai jamais eu, ça m’arrivait, mais il y avait les autres, et puis il y avait Frankie. Ça aussi, c’est peut-être difficile à imaginer quand vous voyez les photos du procès, on a du mal à voir comment il était, comment il est en réalité, peut-être que vous le trouvez ridicule, sûrement même, je comprends, ça me fait la même chose, maintenant, j’ai du mal à y croire moi-même. Que c’était moi, là, pendant toutes ces années.

Mon Avis

Livre choral à 3 voix et 4 personnages où une journaliste recueille les témoignages divergents de trois étudiants allemands qui pendant 10 ans ont vécu dans la clandestinité sous la coupe de Frankie, manipulateur se faisant passer pour un agent anti-terroriste. Chacun des 3 protagonistes relatant va propre vérité, son point de vue personnel. Chacun n’ayant vécu qu’une partie de l’intégralité de l’histoire. Alors oui, tous se contredisent, chacun à sa propre vérité sur Frankie.

 

Dés le commencement de ce livre, je me suis dis mais comment ces jeunes gens intelligents ont-il pu être aussi crédules ? Encore aujourd’hui je me pause cette question et je vais même plus loin : est ce qu’à leur place je me serais laissée avoir ?

Séduisants, sympathiques, parfois réservés, le manipulateur plaisent par leur côté charmeur et flatteur. Mais très vite, à leur contact, un malaise s’installe. Et leurs victimes entrent dans une spirale infernale de culpabilisation et de dévalorisation. Véritables dangers pour notre intégrité physique et mentale. Côtoyer l’un d’entre eux se révèle le plus souvent destructeur. Généralement difficiles à repérer, les manipulateurs, ou pervers narcissiques, sont des personnalités hautement toxiques.

En effet ces pervers narcissiques sont à la fois des experts en séduction, des comédiens nés, des personnes sans affect…et « Chacun de nous peut être victime d’un manipulateur » Moi aussi sans doute j’aurai pu tomber dans ses filets.

La voilà ma vérité sur Frankie.

Extrait :
«Je ne sais pas ce que vous voulez m’entendre dire. Que c’est un salaud ? Évidemment que c’est un salaud, un monstre, un fumier. Il m’a volé ma jeunesse, il a détruit ma vie, notre vie.»