Majestic Murder de Armelle Carbonel


Le livre : Majestic Murder d’ Armelle Carbonnel.  Paru le 19 janvier 2017 aux Editions Fleur Sauvage. 18€ ;  (226 p.) ; 23 x 14 cm

4e de couv :

Une écorchée vive qui rêve de brûler les planches.
Un squat à fuir, un homme secret et tourmenté.
Et une audition menée par une troupe étrange dans un théâtre abandonné… Le Majestic.
Serez-vous prêts pour la première ?

Après un « Criminal Loft » encensé par la critique, « Majestic Murder » est un thriller sombre et original, asseyant définitivement son auteure parmi les plumes majeures de la littérature noire.

Résumé :
 Dans l’Illinois, Seamus, un jeune homme introverti, aide Lillian à fuir le squat où elle vivait. Ils se rendent ensemble à une audition au Majestic, un théâtre abandonné, où une étrange troupe les accueille. Les répétitions s’enchaînent au moyen de tortures psychologiques et physiques, en attendant la première et unique représentation.
L’auteur :  Armelle Carbonel est une jeune auteure née le 16 juillet 1975 à Paris. C’est dès l’âge de huit ans qu’elle commence par écrire des poèmes, puis viendra roman fantastique et pièce de théâtre. Le thriller va suivre rapidement, exutoire de ses propres démons et blessures d’enfance. La Nécromancière était née…

 

 

Extrait : 
Je brillerai bientôt dans le Tout Hollywood ! Les producteurs s’arracheront mon talent et je figurerai parmi les plus grandes distributions ! Je vous ai parlé du rôle que m’a offert David Selznick ? J’ai interprété Hazel Clay Cousins dans Treize femmes, vous connaissez ? Celle qui assassine son amant avant d’être emprisonnée, eh bien… C’était moi ! La critique est impitoyable parfois. Hollywood est impitoyable ! Et tellement imprévisible… Vous pensez que je m’abaisse à me dénuder devant vous parce que je doute de mon talent d’actrice ? Méfiez-vous des apparences… Elles sont trompeuses, monsieur ! Il faut bien gagner sa croûte…

Le off de OPH

« Majestic Murder » d’Armelle Carbonel

Une écorchée vive qui rêve de brûler les planches… un squat à fuir… un homme providentiel et une audition qui changera sa vie…

c’est l’histoire de Lillian, c’est Shakespeare en fil rouge, c’est une pièce en rouge et noir avec une intrigue surprenante et un dernier acte magistral…

Majestic Murder est particulier, singulier… J’avoue avoir eu du mal au démarrage parce que je sortais de « Nous rêvions juste de liberté » et qu’il s’agit de deux styles totalement différents!
Après l’écriture « naïve », j’ai découvert une écriture que je qualifierais de « lyrique ». Comme le métal symphonique que j’aime tant, on retrouve dans ce roman la force et la puissance du métal au travers de l’intrigue, noire, percutante, dure aussi, et la douceur, la symphonie dans la mise en musique des mots et des phrases, leur poésie. L’équilibre parfait entre la force et la douceur, un ying et yang en rouge et noir.

Armelle nous livre un thriller très métaphorique et très sombre. Passé la surprise et après un temps d’adaptation j’ai été happée dans ce monde et me suis régalée de ce style aussi théâtral que l’intrigue.

Je suis passée par plusieurs émotions mais j’avoue que la dominante a été le malaise… Malaise face à « no name », sa personnalité, son histoire, sa présence rampante et furtive, malaise face à la « crasse », la puanteur du squat dans lequel vit Lilian au début du roman.

Enfin, j’ai retrouvé dans ce roman en rouge et noir, outre Shakespeare, une ambiance proche des films de Baz Lurhmann (Moulin Rouge, Gatsby le magnifique, Roméo + Juliet ), réalisateur que j’admire et dont je suis fan.

C’est une oeuvre d’un genre vraiment particulier et pour lequel je pense qu’il faut avoir une « expérience littéraire » pour accrocher, un novice risquerait de se perdre ou être trop surpris au risque d’abandonner sa lecture.

Si vous aimez la poésie, le noir, les nouvelles expériences et la langue française (largement mise en valeur dans toutes les nuances dont a usé Armelle), je vous recommande de tenter l’expérience « Majestic Murder » et de ne pas lâcher ce roman du lever au tomber de rideau, une fois la surprise passée, vous vous régalerez!

Notre auteure et notre chroniqueuse à Saint Maur en poche le 25 juin 2017

Publicités

Dynamique du chaos de Ghislain Gilberti


Le livre : Dynamique du chaos  de Ghislain Gilberti. Paru le 19 janvier 2017 chez Ring dans la collection Ring noir

4e de couv :

Gys, un jeune homme au passé agité, va jusqu’à l’impensable pour oublier sa séparation. Rapidement, il cède à l’ivresse nerveuse des transgressions aux côtés de ses trois amis de la « Génération Nada » : avec eux, il écumera bars et clubs de tous les excès, traquant le chaos qui lui permettra de mieux voir le monde. Il ignore qu’au loin, un train fou fonce déjà sur lui. Le monstre d’acier s’appelle Séverine.

Dynamique du Chaos fait l’effet d’un coup de tonnerre lors de sa mise en ligne sur Internet en 2007, avec plus de 100 000 téléchargements et un torrent de commentaires de lecteurs jetés à corps perdus dans cette aventure radicale. Aujourd’hui publié pour la première fois sans censure et en édition papier, ce texte sauvage raconte la chute libre d’un homme sur fond de drogues, de sexe, d’abus en tout genre et l’amour passionnel, irrationnel, d’un homme pour une femme. Dans son art de la torsion, le virtuose Gilberti repousse les limites du soutenable par une obsession suprême inavouée : tenter de retrouver une forme originelle de pureté métaphysique et romanesque.

L’auteur : Héritier français de William Burroughs, Ghislain Gilberti a connu l’enfer de la polytoxicomanie lourde avant de devenir tireur de précision pour l’armée de terre. Auteur des best-sellers Le Festin du Serpent , Le Baptème des ténèbres et Le bal des ardentes , guéri, il est aujourd’hui père de deux enfants. Né en 1977, Ghislain Gilberti est originaire et vit à Belfort.
 Extrait :
La jouissance offerte par le Speed Ball est miraculeuse. Nous sommes tombés dans les bras l’un de l’autre et nos corps se sont serrés à s’en étouffer. D’abord les frissons, des pieds à la tête, ensuite la chaleur orgasmique sous laquelle il est impossible de ne pas râler de plaisir. Puis la décharge d’énergie, la déflagration de la coke, juste après, voire en légère superposition. Le rythme cardiaque qui s’accélère, le sang qui afflue comme un torrent et qui sème l’extase de l’héro dans chaque centimètre cube de chair. Un vertige indescriptible, au-delà de tous les mots. 

Mon avis  :

Je n’aurai jamais du lire ce livre, en tout cas pas dans cette version. Dieu que j’ai aimé la plume de cet auteur dans ces thrillers. J’ai aimé  le réalisme  qui s’en dégage mais aussi cette noirceur omniprésente qui la caractériseJe sais que Ghislain peut-être émouvant. Il a su me toucher à de nombreuses reprises. J’ai aimé son coté fragile, à fleur de peau.
Mais j’avoue ne pas avoir du tout aimé sa nouvelle version de la Dynamique du chaos.

Je ne pense pas être quelqu’un que l’on choque facilement, Je pense aussi être quelqu’un d’ouvert et de tolérant. Cependant j’ai reçu ce texte comme une provocation. Même si ce n’était pas l’intention de l’auteur, la surenchère de violence, de sexe, de drogue, etc, a eu du mal à passer et elle a occulté chez moi ce qu’il y avait de beau dans ce texte.
Je n’ai pas retrouvé la sensibilité que la plume de l’auteur peut avoir ! Non juste de la rage et une rage destructrice où rien de bon ne pouvait en sortir.
Un rage malsaine qui m’a mise mal à l’aise.
J’aime pourtant quand un livre me bouscule, voire me dérange. Qu’il soit un choc, une émotion, qu’il malmène mes convictions.
Ici, j’ai juste eu un trop plein, un début de nausée.
J’ai trouvé que l’auteur prenait, comment dire, des postures. Qu’il surjouait ses personnages. Qu’il en faisait trop en somme.
Dommage, j’aurai tant aimé percevoir la fêlure derrière toute cette surenchère.
J’aurai aimé que cette Dynamique du chaos soit pour moi un récit viscéral. j’aurai aimé percevoir la pudeur de l’auteur derrière ce texte hardcore.
Je n’y ai vu qu’un déferlement d’excès.
Trop agressif et intrusif peut-être

Ghislain ne n’en veut pas ! Tu as un putain de talent ! S’il te plait ne le gâche pas  dans cette débauche et cette escalade de démesures exagérées.

J’aime ton impétuosité pas ton animosité. Parce que c’est cette sensation que j’ai ressenti en lisant cette version non censuré de ton texte. Du coup je n’ai pas été touchée mais écœurée.

Nous avions parler ensemble de l’excès de violence que l’on trouvait déjà dans Le baptême des ténèbres. Cette violence que certains de tes lecteurs trouvaient déjà trop crue. Tu me connais  Ghislain, je  suis une personne plutôt excessive même si avec l’âge j’ai appris à modérer mes abus, alors crois moi quand je te dis « Qu’à trop tirer sur la corde celle-ci finit par lâcher » et qu’il nous devient trop difficile de te suivre dans tes délires même fictionnels.

Ici je pense qu’il manque une chose importante, c’est les émotions. Celles que notre auteur sait pourtant si bien  faire ressentir à ses lecteurs. Ghislain, c’est un cri du coeur que je te lance, s’il te plait ne va pas perdre ton âme dans cette outrancière cruauté.

Mais vous, amis lecteur, lisez Ghislain Gilberti, lisez ses autres bouquins ! Il a une plume qui sait vous prendre aux tripes. Et qui sait, peut-être que  contrairement à moi, celle-ci saura aussi vous toucher avec ce titre-ci. Car c’est certain, lire ce titre ne peut laisser indifférent. Et je suis sans doute minoritaire dans mon ressenti, car autour de moi, nombreux sont ceux qui l’ont aimé.

Rouge écarlate de Jacques Bablon


Le livre : Rouge écarlate de Jacques Bablon. Paru le 20 février 2016 chez Jigal dans la collection Polar.  17€50 ;  (190 p.) ; 20 x 13 cm

4e de couv : Elle mange une fraise. Un délice ! N’aurait pas dû. Un piège tendu par une ordure.

Salma, trentenaire canon et forte tête, s’en tire avec quelques côtes et le nez cassés. Un avertissement. Courir comme une dératée lui suffira-t-il à échapper au pire ?

Joseph, son père, est assailli par une envie de flinguer le mec d’à côté et d’étrangler Rosy qui ne le fait plus bander. Pourrait être amené à changer de cible.

Marcus, le voisin, faux expert-comptable et vrai salaud, fait dans l’import-export de produits prohibés, un milieu difficile où l’on ne peut espérer vivre vieux. À ses côtés, la fameuse Rosy, maman dévouée, pas aimée comme elle devrait. Leur petit garçon s’appelle Angelo, mais personne n’a dit qu’avoir quelque chose d’un ange protégeait des balles.

À chacun sa petite maison…

Un matin, ça canarde à la chevrotine dans l’une, l’autre est ravagée par les flammes. Pour les rescapés, le début de la cavale…

« Avec cette maîtrise stylistique qui dégage une énergie vivifiante, Jacques Bablon joue dans la cour des grands. » Le Nouvel Obs.

L’auteur : Sa mère est née à Saint-Pétersbourg, lui à Paris en 1946. Il passe son enfance dans le 93 à taper dans un ballon sur un terrain vague triangulaire… Ado, il décide de devenir guitariste et de chanter du Dylan pour pouvoir draguer les filles… Mais devant le peu de succès récolté il préfère s’acheter une pile de disques (les Stones, Mozart, les Beatles et compagnie…) et un Teppaz. Plus tard l’exaltation artistique lui tombe dessus par hasard grâce à la peinture. Après avoir dessiné des bols, des cafetières, des pommes et des femmes nues, il devient professeur à l’École supérieur des arts appliqués. Parallèlement à sa carrière officielle d’enseignant heureux, il publie des BD chez Casterman et devient scénariste dialoguiste de courts et longs métrages. Il a toujours eu besoin de voir loin pour survivre, c’est pourquoi il habite en haut d’une tour. Mais le pire, c’est que des années après, il ne sait toujours pas où est passé son Teppaz…

 

La chronique de Pierre

 

Rouge écarlate de Jacques Bablon

Editeur : Jigal – 2016

Trait bleu avait fait fort en nous faisant découvrir un nouvel auteur avec un vrai style et un scenario mené de façon original. Restait à transformer l’essai avec un titre tout en couleur, comme le premier.

Dans un quartier … Joseph Salkov a un défaut : parfois, il a des envies de meurtres. Cette nuit là, il a rêvé de flinguer Elvis. Ce matin au petit déjeuner, il irait bien tuer son voisin, Marcus Gulbis, sans raison, si ce n’est que ce Marcus à la con a écrasé son petit chien. Finalement, il ne mérite que ça, on pointe le canon, et BOUM ! Il avait bien baisé la femme de Marcus, Rosy, quelques fois, mais bon ! Et puis, leur gamin, Angelo n’est pas désagréable, si ce n’est qu’il balance son ballon chez lui !

Salma n’habite pas loin, elle fait son footing. Le long d’un champ de fraises, elle voit les femmes ramasser les fruits rouges et se penche pour en manger une. Un homme, le propriétaire du champ, lui propose de boire un verre et essaie de la violer. Après une violente altercation, Salma finit un peu amochée, le nez cassé.

Tout ce petit voisinage n’est pas ce qu’il prétend être. Derrière les haies bien taillées, des trafics se font jour, la violence couve. La course poursuite va s’engager entre les uns et les autres avec Angelo en plein milieu.

A propos du premier roman, j’avais écrit : « Ce qui est remarquable dans ce roman, dans ce premier roman, c’est surtout ce style sans concession, fait de phrases courtes, de style haché, de descriptions faites d’un seul adjectif, de ce choix judicieux de chaque mot, de cette volonté revendiquée de l’efficacité à tout prix. ». Je pourrais me répéter car c’est exactement la qualité que l’on retrouve dans ce roman mais pas seulement.

En passant d’un personnage à l’autre, Jacques Bablon construit un scenario sans réelle trame, en déconstruisant son scenario justement. Les événements se suivent et le lecteur subit ce qui s’y passe plus qu’il n’est acteur. En fait, l’auteur arrive à nous surprendre à chaque fois pour finir dans une scène de violence … mais sans que cela n’ait réellement une fin.

C’est un roman étonnant, qui va ravir les fans de James Sallis, tant l’efficacité du style fait mouche, tant Jacques Bablon arrive à dire et montrer tant de choses avec si peu de mots. Et il pourra déconcerter certains autres car je dois dire que j’ai eu un peu de mal à m’accrocher aux personnages. Il m’a manqué un petit quelque chose, quoi ! En tous cas, il y a une chose que l’on ne peut pas reprocher à cet auteur : Jacques Bablon est unique et à lire une de ses pages, on reconnait tout de suite sa patte d’auteur à part entière. En deux romans, Jacques Bablon est devenu un auteur original et unique dans le roman noir contemporain.

 

Les sept stigmates de Jean Dardi


 

jdLe livre :  Les sept stigmates de Jean Dardi. Paru le 7 septembre 2016 chez City dans la collection Thriller.18€50 ; (346 p.) ; 24 x 16 cm

4e de couv : 

Comment arrêter un tueur qui n’a rien à perdre ?

Paris connaît une vague de crimes sans précédent. Une jeune secrétaire, un imam, un rappeur, un assassin, un voleur…Tous retrouvés égorgés. Aucun lien apparent, si ce n’est ce mystérieux message reçu par chacune des victimes quelques jours avant leur mort.

La psychose s’installe. En haut-lieu on panique, on trépigne, on menace. Au 36 Quai des Orfèvres, en plein mois d’août, il ne reste guère que le commissaire Giovanni Dell’Orso, qui ne batifole pas sur les plages.

En pleine déprime, il hérite donc de cette affaire qui s’avère particulièrement délicate. D’autant que, des bas-fonds de Paris aux arrondissements les plus chics, le tueur franchit progressivement toutes les limites. Y compris celles de sa folie meurtrière…

L’auteur : Après avoir longtemps travaillé dans l’immobilier dans le Sud de la France, Jean Dardi se consacre désormais entièrement à l’écriture. Avec « Les sept stigmates » il signe son premier roman policier, dans un univers à la fois noir et très contemporain.

Extrait : 
C’est le cri persistant sortant de sa gorge qui le réveilla en sursaut. Un cri de panique, inhumain. Les yeux exorbités, il s’appuya à la tête de lit, pantelant, ruisselant d’une sueur malsaine.
Il mit près d’une minute à réaliser qu’il venait une fois de plus de subir le cauchemar atroce qui, inexorablement, le rendait fou.

 

Résumé et  petit avis :

A Paris, depuis quelques mois, cinq meurtres ont été commis sans aucun lien apparent, mis à part que les victimes ont toutes reçu un mystérieux message plusieurs jours avant leur mort. La psychose s’installe face à cette série d’assassinats. Le commissaire du 36, quai des Orfèvres Giovanni Dell’Orso est chargé de l’enquête.

Tout commence à Paris, au mois d’Août quand les parisiens sont en vacances et que les rues de Paris grouillent de touristes. Il fait chaud en cette fin d’été et la moiteur ramollit les corps et les esprit.

Au 36 tout est tranquille, le commissaire  Giovanni Dell’Orso garde les lieux. Toute son équipe est en vacances. Même le directeur à mis les voiles.

Pourtant même au mois d’août, alors que Paris vit au ralenti, le crime lui ne s’arrête pas. Et quand un imam est assassiné dans le 19e, la crim, elle se réveille et Dell Orso sort de sa torpeur.

Nous allons faire connaissance avec ce commissaire de 50 ans pas mal de sa personne, plutôt à l’ancienne, pas très féru des nouvelles technologies et pas très à cheval sur la procédure.

Voilà tout commence comme cela.

Jean Dardi nous propose ici une enquête policière classique et procédurale. Nous allons donc suivre pas à pas les avancées de l’enquête que le groupe Dell Orso va devoir mené tambour battant car mis sous pression par leur hiérarchie et par la presse.

On va découvrir un groupe d’homme et de femme, uni derrière leur chef. Une bande de flics bigarrée qui sous la houlette d’un meneur d’homme tel que Dell Orso arrive à des résultats surprenants.

On va parfois tiquer face aux réflexions de Maurice, le second du groupe. On va parfois sourire face à la bêtise humaine. On ne restera pas indifférent au propos des uns et des autres. Je me suis parfois poser des questions sur les intentions de l’auteur.

Mais ce qui est certain c’est que ce polar, ce premier polar, se lit facilement. L’écriture sobre, le style efficace de Jean Dardi nous entraîne à un rythme soutenu dans cette intrigue drôlement bien ficelée.

On va suivre à la trace un tueur en série pas banal. On va finir par comprendre ses motivations. On va se faire profileur et passé du roman d’enquête au thriller. Car c’est bien aussi un très bon thriller que nous propose l’auteur.

Bref, une lecture forte agréable au final qui n’a pas été sans me rappeler un certain Nicolas Lebel, la subtilité de l’humour en moins. C’est ce tout petit bémol qui fait que ce polar ne sera pas ma lecture préférée de la semaine. Mais Les sept stigmates a tout pour plaire  et plaira au plus grand nombre, foi de Collectif Polar.

Un très bon roman policier avec une galerie de protagonistes que l’on a envie de retrouver très vite.

Alors monsieur Dardi, à quand la deuxième enquête du groupe Dell Orso ?

 

Frank Sinatra dans un mixeur de Matthew McBride


9782351780909,0-2609310Le livre : Frank Sinatra dans un mixeur de Matthew McBride. Traduit de l’américain par Laurent Bury. Paru le 4 mai 2015 chez Gallmeister dans la collection Néonoir. 15,50€ ; (245 p.) ; 19 x 13 cm

Quatrième de couverture

Frank Sinatra dans un mixeur

Il faut une certaine dose de courage pour braquer une banque au volant d’une camionnette de boulangerie. Ou une certaine dose de bêtise. En tout cas, ça ne passe pas inaperçu. Et quand il s’agit de remettre la main sur le butin, flics et voyous se lancent dans la course. Pour Nick Valentine, ex-policier devenu détective privé, c’est l’occasion rêvée de se refaire. À chaque loi qu’il transgresse, à chaque bourbon qu’il descend, à chaque cachet d’Oxycontin qu’il avale, il s’approche un peu plus du jackpot. Ou de la noyade dans le Missouri.

Matthew McBride fait passer Mickey Spillane pour du Barbara Cartland. Si vous essayez d’arrêter le café et les cigarettes mais que vous n’êtes pas encore prêt à arrêter l’oxy, ce livre est pour vous.

mcbride1-stephanie-j-mcclain-54ae6fcfedaf2L’auteur : Matthew McBride a longtemps vécu dans une ferme dans le Missouri avec un taureau nommé Hemingway. Il s’est mis à écrire au cours des treize années qu’il a passées à travailler à la chaîne pour Chrysler.

Extrait :
Alors que j’accueillais à bras ouverts les premiers signes d’ivresse, je commençai à remarquer que mes pensées devenaient plus lucides à chaque cocktail que je préparais. Comme frappé d’un éclair venu du ciel, je compris la vérité qui était au cœur de ma vie : boire plus faisait de moi un meilleur détective.
Je mettais tout en ordre et je remplissais les blancs. Un jour, le monde s’émerveillerait de mon génie en matière d’investigation. Et mon héritage aurait beau être jonché de canettes de bière vides, je laisserais au moins une trace.

Résumé et avis :

Une nouvelle lecture à deux voix mais c’est véronique qui vous donne son avis moi je ne fais que le complété par mon petit ressenti.

Ex-policier devenu détective privé, Nick Valentine tente, entre deux cachets d’Oxycontin, de mettre la main sur le butin d’un braquage de banque.

Un polar bien noir à l’atmosphère pulp, et qui ne manque pas d’humour. Un récit qu’on suit pris dans les vapeurs d’alcool et de drogue qu’ingère à longueur de temps et à trop fortes doses Nick Valentine. Ce privé dépressif s’attire jusqu’au regard désapprobateur des caïds de la drogue qu’il côtoie. Le récit alterne entre deux points de vue : celui du privé en question, rédigé à la première personne, et celui plus distancié du narrateur classique qui décrit la course-poursuite rocambolesque des criminels. Un second point de vue moins embrumé alors qu’on aurait parfois aimé voir de façon un peu moins claire certaines scènes de torture à tendance « bouchère »…

Bon perso,( ma petite contribution), toute cette violence ne m’a pas gênée. Presque parfois cette ultraviolence servait le rythme du récit. Parce qu’il faut dire que c’est mené tambour battant. Et puis il y a un petit coté amorale dans tout cela, et ça aussi ça m’a paru plutôt indispensable pour faire ressortir le second degré de ce titre, parce que ce titre il faut  lui rendre justice, il est hilarant et purement politiquement incorrecte.

Matthew McBride est bel et bien une nouvelle plume du roman noir américain. La couleur qu’il donne à son roman décrit parfaitement cette Amérique en déliquescence.

Citation :
« L’alcool peut être le pire ennemi d’un homme,
Mais la Bible nous dit d’aimer nos ennemis. »
Frank Sinatra

Extrait 2 :

Agitant la queue de gauche à droite, Frank émit quelques
grognements joyeux. Il était prêt pour son petit déjeuner.
Pour puiser ses croquettes dans le sac, je me servais d’une
canette de Bud Light dont j’avais découpé le haut. J’eus
beau chercher des yeux, je ne voyais pas sa gamelle. Il aimait
la cacher dans son coin. Parfois, je me contentais de déposer
sa bouffe dans sa chaussure.
Ses quatre pattes s’agitèrent et ses griffes cliquetèrent.
Puis il produisit son aboiement sérieux, celui des grandes
occasions. Frank partait en mission croquettes et son ventre
gargouillait. Il aurait voulu avoir déjà le nez dedans. Je lui
déposai simplement sa pitance par terre, au même endroit
que d’habitude quand il n’apportait pas sa chaussure.
Complètement surexcité, il fonça tête baissée et la nourriture
s’éparpilla dans tous les sens, comme si une grenade à
main pleine de croquettes pour chien venait d’éclater. Puis
il ramassa quelques beaux morceaux et se dirigea vers son
lieu favori de l’autre côté de mon bureau, là où le carrelage
rencontrait la vieille moquette usée et sale qui n’avait pas vu
l’aspirateur depuis le jour où j’avais commencé à payer le loyer.

Déchirés de Peter Stenson.


 téléchargement (42) Le livre :

Déchirés  de Peter Stenson. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Pierre Szczeciner
Paru le 28 août 2014 chez Super 8 éditions ; 21,00 € ; (314 p.) ; 20 x 14 cm.

4e de couv :

Accro à la méth, Chase Daniels est un junkie minable sans cesse en quête d’une nouvelle dose. Quand il se réveille un matin pour voir une fillette déchiqueter un rottweiler à mains nues, c’est donc en toute logique qu’il pense à une hallucination. Il ne s’inquiète pas plus que ça. Peut-être qu’il devrait. Car le monde a changé – en une nuit. Désormais, les rues grouillent de zombies avides de chair humaine, et survivre est devenu un objectif à très court terme.

Cette malédiction en forme de virus qui semble toucher tout le monde sauf lui et son ami Sténo-John n’est-elle pas l’occasion rêvée de prendre un nouveau départ et d’accomplir enfin quelque chose de grand ?

Dans un monde livré au chaos et aux flammes, le «nouveau» Chase Daniels, perdu dans ses rêves de rédemption et d’amour fou, se met en tête de retrouver son ex-petite amie et de la sauver. Mais, hanté par les fantômes du passé, dévoré par le manque, Chase ne court-il pas au-devant de sa dernière désillusion ?

Comédie noire, thriller horrifique à la fois cruel et atrocement comique, Déchirés n’est pas seulement un grand roman de zombies porté par une écriture survoltée : c’est aussi, à mi-chemin entre The Walking Dead et Breaking Bad, Hubert Selby Jr et Hunter S. Thompson, une histoire d’amour extrême et déchirante absolument unique en son genre.

Citation : Tu crois qu’il y a des règles à l’apocalypse ? Mec, ce bordel qu’on est en train de vivre, je peux te garantir que c’est jamais arrivé. Ni au cinéma. Ni dans un bouquin. C’est comme les dinosaures, mon pote.

teléchargement (44)L’auteur : Peter Stenson écrit des nouvelles et vit dans le Colorado. Il a une femme, un chien, un chat – et tous sont vivants. Ancien accro à la « méth », il est clean depuis quinze ans. Il vit au pied des montagnes du Colorado. En cas d’attaque zombie, il a prévenu : il montera là-haut avec un flingue et il attendra.

téléchargement (43)

Résumé et avis : Accro à la méthamphétamine, Chase Daniels ne s’inquiète pas vraiment lorsqu’il voit une fillette déchiqueter un rottweiler. Il devrait, parce que cette scène est une des caractéristiques de ce qu’est devenu le monde : les rues grouillent de zombies. Au milieu de ce chaos, Chase souhaite fuir son addiction, retrouver la femme de sa vie et la sauver. Premier roman.

Ce titre est un pur produit des Editions Super 8, il entre parfaitement dans leur créneau. En effet, les Editions super 8 sont une réminiscence des Editions Sonatine.Car après avoir vendu la maison d’édition, François Verdoux et Arnaud Hofmarcher ont monté avec quelques complices cette nouvelle structure. Leur credo : inoculer à la littérature mainstream, la dose de surnaturel (fantastique, horreur, anticipation, galère post-apocalyptique, etc.) que cette dernière réclame sans le savoir.

Et Déchirés le premier roman de Perter Stenson c’est vraiment ça. C’est un vrai mélange des genres.

A la fois roman post-apocalyptique, comédie noire où thriller et horreur, humour et cynisme se mêlent habillement, cette histoire est aussi une histoire d’amour. Un amour désespéré car soumis et dépendant de la drogue et de son addiction. Mais un amour d’une telle intensité qu’il nous bouleverse profondément.

Et sous la plume crue de l’auteur, son écriture acerbe et tendue, on découvre des personnages d’une grande complexité et d’une grande intensité.

Un peu comme une fable apocalyptique, ce récit frénétique ne nous laisse aucun répit. Les sde fuite et de bagarres sont très réussies. On sort hagard de cette lecture. Comme si ,nous avions abusé de stupéfiant. Et on plus une question ne cesse de nous tarauder…

Et si l’avenir et la survie de l’humanité dépendait d’une bande d’hallucinés.

Extrait :

Marquer la peau pour ne jamais oublier d’où on vient. Comme Kay avec la date où elle a arrêté la drogue et les brûlures de cigarette. On essaie tous de garder une trace de nos échecs. Mais c’est aussi synonyme d’espoir. L’espoir qu’une partie de soi-même survive. Un soupçon d’humanité. Ce que j’essaie de sauver à tout prix.