Trois mille chevaux-vapeur d’ Antonin Varenne


Antonin Varenne sera présent au salon de Saint Maur en poche

les 24 et 25 juin prochain.

Aussi je vous propose de découvrir son roman d’aventure

Trois mille chevaux-vapeur

 

Trois mille chevaux-vapeur d_ Antonin VarenneLe livre : Trois mille chevaux-vapeur d’ Antonin Varenne Paru en poche le 30 septembre 2015 chez Le Livre de poche. 8€30 ; (689 p.) ; 18 x 11 cm

L’histoire

Le sergent Bowman appartient à cette race des héros crépusculaires qui traversent les livres de Conrad, Kipling, Stevenson… Ces soldats perdus qui ont plongé au coeur des ténèbres, massacré, connu l’enfer, couru le monde à la recherche d’une vengeance impossible, d’une improbable rédemption.

De la jungle birmane aux bas-fonds de Londres, des rives de l’Irrawaddy à la conquête de l’Ouest, ce roman plein de bruit et de fureur nous mène sans répit au terme d’un voyage envoûtant, magnifique et sombre.

 

varenneL’auteur : Né à Paris en 1973, Antonin Varenne est diplômé de philosophie. Il a parcouru le monde avant de revenir en France pour se consacrer à l’écriture. Ses romans Fakirs, Le Mur, le Kabyle et le Marin et Le Gâteau mexicain sont aussi disponibles en Poche.

Avec Trois mille chevaux-vapeur, Antonin Varenne,  renoue avec la lignée disparue des grands écrivains d’aventures et d’action. Une réussite qui marquera.

 

Extrait : « Au lever du jour ils étaient entrés dans un désert. John Doe se dirigeait à la façon d’un animal, suivant un itinéraire inscrit dans une mémoire plus vieille que la sienne, sans repères visible pour Bowman. Quand Arthur commençait à savoir soif et s’inquiétait de ne voir que les cailloux à perte de vue, John s’arrêtait au pied d’un rocher où coulait un filet d’eau, à côté duquel n’importe qui serait mort sans savoir qu’il était sauvé. Pour les bêtes il trouvait toujours un coin où poussaient des arbustes aussi secs que des pierres, sur lesquels les bêtes se jetaient. Leur course avait quelque chose d’erratique et de nécessaire, suivant des détours incompréhensibles qui les menaient le soir jusqu’à une petite source surgissant d’une fissure, disparaissant un mètre plus loin sous la roche. »

Résumé et avis :

Birmanie, 1852. Arthur Bowman doit accomplir une mission secrète avec ses  hommes, mais l’expédition tourne mal. Ils sont capturés et torturés pendant plusieurs mois, seuls dix d’entre eux s’en sortiront vivants. Londres, 1858. Alors qu’Arthur tente d’oublier, il découvre un cadavre ayant subi les mêmes tortures que lui. Il décide d’enquêter pour comprendre le comportement de certains de ses hommes.

Une plongée crépusculaire dans la second moitié du 19e siècle. Une traversée troublante, nous menant de la jungle birmane à la naissance de la démocratie américaine en passant par le Londres conservateur de la reine Victoria. Une rencontre avec des personnages étonnants. Un héros brut de décoffrage, un dur à cuire qui ne laisse rien entrevoir de ses blessures, de ses souffrances, de ses errements. Le homme rude, brutal parfois violent qui est en quête de rédemption.

Un magnifique roman d’aventure. Une fresque au souffle épique remarquable.  Un roman plein de bruit et de fureur nous mène sans répit au terme d’un voyage envoûtant, magnifique et sombre.

Un nouveau coup de cœur.

Encore un, allez vous dire …?…

 

 

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Retour à Montechiarro de Vincent Engel


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97822136089070-52060Le livre : Retour à Montechiarro de Vincent Engel. Paru le 3 avril 2001 chez Fayard. 28€ ; (763 p.) ; 24 x 16 cm.

97822531546240-147957Réédité en poche en 2007 par Le Livre de poche. 9€10 ; (727 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Retour à Montechiarro

1855. Adriano Lungo, un jeune orphelin, arrive dans la propriété du comte Della Rocca, à Montechiarro, en Toscane. Sous sa protection, Adriano va faire des études et s’impliquer dans le destin collectif d’une Italie en pleine unification.

1919. Agnese, la petite-fille du comte Della Rocca, se voit contrainte, pour sauver la propriété familiale, d’épouser le riche Salvatore Coniglio, aux sympathies fascistes déclarées.

1978. Laetitia revient à Montechiarro. Dans l’Italie des « années de plomb », elle ne sait rien des espoirs, des combats et des déchirements qui ont fait le destin de la petite cité.

Trois volets, trois époques : ainsi revit toute l’histoire de l’Italie moderne, dans une saga puissante où les destins individuels s’entrecroisent avec les enjeux et les bouleversements de l’Histoire.

veL’auteur : Vincent Engel vit près de Bruxelles. Auteur d’une vingtaine de titres, dont le très remarqué Retour à Montechiarro (prix Rossel des jeunes et prix des Libraires du Livre de Poche), également dramaturge et scénariste, il collabore régulièrement avec Franco Dragone. Chroniqueur au Soir. Professeur de littérature à l’Université de Louvain et d’histoire à l’Ihecs (Bruxelles)  Son roman, Oubliez Adam Weinberger, vient de recevoir le prix Sander Pierron de l’Académie royale de langue et de littératures françaises de Belgique, et fait l’objet de plusieurs traductions.
 Extrait :
« A présent, sa famille prenait plus de place dans le cimetière que dans les rues de Montechiarro. Adriano suivit le père Baldassare et les quelques villageois qui les avaient accompagnés jusqu’à l’entrée où on l’embrassa encore, mais avec plus d’empressement qu’à l’annonce du décès de ses parents ; la vie, décidément, était impatiente, et il fallait être riche pour pouvoir s’adonner au malheur. »

 

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Le résumé et le petit avis

 En 1855, dans le petit village toscan de Montechiarro, le père Baldassare gravit le chemin de la prestigieuse villa Bosca en compagnie du tout jeune orphelin Adriano Lungo. Cet immense domaine est la propriété du comte Bonifacio Della Rocca, père d’un petit garçon et abandonné par la femme qu’il aimait éperdument : la princesse Lætitia Malcessati.
En 1919, la crise économique frappe l’Italie. Agnese, la petite-fille du comte Della Rocca, se voit contrainte d’épouser un fils de notable aussi obtus que violent, Salvatore Coniglio, afin de sauver la propriété familiale.
En 1978, Lætitia, l’arrière-arrière-petite-fille de la princesse Malcessati, revient à Montechiarro, ignorant tout des cinq générations de femmes qui s’y sont battues et y ont souffert le pouvoir absurde des hommes en quête de vaines révolutions.

Le Risorgimento, le fascisme, les années de plomb : chacune de ces trois périodes clés de l’histoire italienne sert de cadre à cette magnifique saga où les femmes cherchent à être heureuses et à rendre heureux, tandis que les hommes aspirent à conquérir le pouvoir et la gloire par la force, la ruse ou l’argent.

Au centre de ce triptyque dont le souffle et le charme nostalgique ne sont pas sans rappeler le grand roman de Tomaso di Lampedusa, Le Guépard, s’imposent les personnages d’Agnese Della Rocca et Sébastien Morgan, photographe et bourlingueur de l’histoire contemporaine, qui tenteront tous deux désespérément de mettre un terme à la malédiction qui semble peser sur ce pays et sur ses habitants.

Vincent Engel nous fait revivre toute l’histoire de l’Italie moderne depuis l’unification de la péninsule jusqu’aux années terribles, celles que l’on a nommées de plomb. A travers cette saga familiale nous allons aussi découvrir 5 générations de femmes qui y ont souffert le pouvoir absurde des hommes. Et c’est à travers les portraits de celles-ci que prendra forme la grande histoire. Celle d’ une Italie flamboyante, même si parfois cruelles mais toujours éternelle.

Une véritable fresque, Retour à Montéchiarro est à la fois un roman d’aventure , un roman historique mais aussi une aventure intérieure doublé d’une allégorie du XXe siècle

Ecouter le début : 

 Françoise Licourt lit en studio Retour à Montechiarro de Vincent Engel une oeuvre qui retrace l’épopée toscane d’une lignée de femmes à travers les siècles

Alexis Vassilkov ou la vie tumultueuse du fils de Maupassant de Bernard Prou


BP  Le livre :  Alexis Vassilkov ou la vie tumultueuse du fils de Maupassant de Bernard Prou Paru le 20 mai 2014 chez Brouette Editions . Postface de Fernando Arrabal. 18€ ; (362p) ; 148,5 x 210 mm

BP££Réédité en poche  le 11 mai 2016 par Le Livre de Poche. 7€60 ; (424 p.) ; 18 x 11 cm

Le Résumé du livre par un de mes libraire :

À la veille de sa mort, Guy de Maupassant connaît une ultime idylle avec la peintre Lioubov Andréievna Vassilkova. Les tribulations d’Alexis, leur fils irrévélé, le conduisent dans la Russie révolutionnaire. Bientôt le jeune médecin fait partie de l’entourage proche de Staline et se retrouve déporté au goulag de Mirny, en Sibérie, où il est initié à la franc-maçonnerie dans une loge clandestine. Ses engagements, sa bonne fortune, l’appui occulte d’un chamane yakoute et l’amour de la belle Ayami, lui rendent la liberté et la France de son enfance. En 1940, Alexis rejoint la Résistance dans le maquis de Haute-Loire.

Les aventures d’Alexis Vassilkov, personnage hors du commun que le dramaturge Fernando Arrabal a qualifié de héros strogoffien, épousent les turbulences du XXème siècle jusque bien après-guerre dans un même souffle épique et picaresque. Un livre qui vous emporte dans un tourbillon de sentiments et qui arrive avec une alchimie rare à mélanger ma passion pour la littérature, l’histoire et les grands espaces désertiques de la Sibérie. Maupassant et Tolstoï chez Sylvain Tesson.

Jean-Edgar Casel – La Griffe Noire

BP£L’auteur : Bernard Prou est diplômé à l’Ecole Nationale de Chimie Physique Biologie à Paris (1963-1967) et à l’Université de la Sorbonne Nouvelle : Paris III (1966-1969).
Il a enseigné les mathématiques et la physique à Vincennes et à Alfortville de 1972 à 2005. Marié et père de cinq enfants, il vit à Paris.
Extraits: 
« Sur cette terre de nulle part, sur cette île de naufragés médusés dans un océan de solitude, les corps abdiquaient et les esprits divaguaient, au cours des jours inachevés et des nuits avortées »
« Près du feu, sur un grand poteau sculpté, des chevaux étaient attachés. De ces petits chevaux trapus, sobres et robustes, à l’épaisse fourrure, animal totem des Yakoutes. Ils servaient à la monte, au bât et au trait et fournissaient aussi la nourriture et les vêtements. Centre de leur exsitence matérielle et spirituelle, ils vivaient en troupeaux de plus en plus clairsemés, dont les hommes prenaient le plus grand soin : il en allait de leur survie.
Tuspüt se pencha vers Alexis :
– écoute! Ecoute! répéta-t-il, tu vas entendre les chevaux qui chantent, depuis le pays de nos ancêtres. »

 

Résumé et petit avis :

Que voilà une belle découverte. Mais pourquoi je n’ai pas écouté plutôt mon ami Fredo qui n’en disait que du bien. Peut-être parce que ce n’était pas un polar. Peut-être aussi parce j’avais trop de romans policiers à lire à ce moment là !

Alors je suis passée à coté de la vie inventée du fils caché que Maupassant aurait eu à la fin de sa vie avec la peintre Lioubov Adréievna Vassilkova. Les aventures d’Alexis le conduisent dans la Russie révolutionnaire, où il fait partie de l’entourage de Staline, puis au goulag, où il est initié à la franc-maçonnerie, et enfin en France où il s’engage dans la Résistance.

Mais c’était inévitable, nous étions fait pour nous rencontrer Alexis et moi. Et ça a été encore mieux que ça… Et toujours grâce à mon ami Fredo.

Me voilà partie pour la Griffe Noire comme souvent un lundi, mais là c’est un peu spécial, je dois rejoindre Fredéric Fontes. Il a rendez-vous avec Jean Edgard Cassel, un des patrons de ma librairie. Nous sommes à quelques semaines de Saint Maur en Poche, et Jean et Fredo ont une table ronde à préparer ensemble. Monsieur Fontes, profite de sa venu (et comme les occasions sont rares)  pour passer l’aprem. avec moi ( oui, j’ai de la chance). Je sais qu’on va parler bouquins, entre autre, alors ça me va.

Ce qu’il ne m’avait as dit c’est qu’il avait rendez vous aussi avec Bernard Prou. Et effectivement, très vite je me retrouve comme une petite souris, à écouter ces trois bonhommes parler littérature. Bon, c’est vrai, je n’ai pas été que passive dans la discussion, je ne suis pas vraiment rester qu’ à écouter. Non je ne suis pas une femme potiche…vous me connaissez maintenant ! lol !

Forcément, j’avais l’auteur sous la main et j’étais à la Griffe Noire, je ne pouvais pas repartir sans son livre et une petite dédicace.

Alors nous sommes allés boire un verre ou deux avec Fredo et l’auteur d’Alexis Vassilkov ou la vie tumultueuse du fils de Maupassant. Et là j’ai voulu qu’il me raconte son bouquin, son parcours, la genèse, tout quoi. Et vous savez quoi ? Je suis tombée sous le charme de cet homme. Non seulement il est adorable mais il est passionnant et en plus passionné.

C’était plus un bel après-midi c’était un feu d’artifice.

Bernard Prou est parti, je lui promettais de lire son livre mais pas tout de suite car j’avais encore quelques polars à lire et à chroniquer avant Saint Maur en poche.

Et plus le salon approchait, plus j’avais envie de mettre le nez dans ce bouquin. Déjà le titre, vous avouerez que c’est un appel au voyage. Alors j’ai fait comme d’hab, j’ai lu une bonne cinquantaine de pages pour me faire une première petite idée. Et là j’ai été conquise et je savais que j’y reviendrai très vite.

J’ai revu Bernard Prou le soir de l’inauguration du Festival du livre de poche de Saint Maur. Je lui ai dit tout cela., ça a semblé lui faire plaisir.

Et puis ça a été 48 heures de folie, je n’ai qu’un seul regret, c’est de ne pas être aller voir Bernard sur son stand. Oh, je l’ai aperçu, j’ai même assister à son tête à tête avec Gérard Collard, le dimanche matin. Surtout que dans la nuit du samedi ou dimanche, n’arrivant pas à dormir, j’ai avalé Alexis Vassilkov ou la vie tumultueuse du fils de Maupassant, entre autre. Alors le lendemain matin, je le conseillais à tout le monde. J’avais l’air fine dans le coin polar de renvoyer les lecteurs vers la littérature blanche. Cela fait tellement d’années que je fais le contraire !

Il faut dire que ce roman m’a totalement emportée. C’est de la vraie, de la pure littérature populaire comme je l’aime. C’est un livre avec un souffle épique comme j’aimais en lire adolescente. C’est Michel Strogoff, c’est 2 ans de vacances c’est Jules Verne, C’est Robinson Crusoé, c’est Daniel Defoe. C’est une invitation au voyage, au rêve, à l’imaginaire. C’est une exaltation de l’esprit. C’est irrévérencieux, non conformiste, impertinent et audacieux, j’adore

Et puis quelle formidable idée de raconter cette vie tumultueuse du fils illégitime de Maupassant. Maupassant justement, un de mes auteurs préférés. Une vraie vie dans une vraie fiction. Un mélange savoureux entre réalité historique et inventions littéraires. Une allégorie en somme !

Bernard Prou nous fait traverser la fin du XIXe et le début du XXe siècle.  Il nous plonge dans l’histoire de l’Europe avant l’Europe. Nous parcourons un monde en plein bouleversement. Sillonner une Europe dévastée par des idées totalitaires. Nous allons être des explorateurs de notre histoire passée.  Nous allons devenir un des protagonistes de cette histoire .

Et justement, je ne vous ai même pas parlé de la galerie de personnages qu’il nous propose de rencontrer. Des hommes et quelques femmes de toutes acabits, des hommes fait de chairs et de sang. Du  pire des salauds au héros malgré lui.

Alexis Vassilkov ou la vie tumultueuse du fils de Maupassant c’est un hymne à la vie, à l’amitié, à l’engagement. C’est un plaidoyer au bonheur d’être sur cette terre, d’être dans ce pays qui prône quelques valeurs humanistes, fraternelles pour ne pas dire universelles.

Et ce Bernard Prou quel conteur !

Bon voilà, vous l’aurez compris c’est un putain de coup de coeur.

Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai ma petite idée…, je sens que mon aventure avec cet auteur ne fais que commencer ! Je ne vois bien l’inviter à venir nous parler de tout cela à ma bibliothèque…

Il faut qu’il nous raconte aussi l’histoire de ce livre, son épopée. Car après le refus de nombreuse maisons d’édition, piqué au vif il a décidé d’éditer son ouvrage lui-même. Aujourd’hui, il en a vendu près de 8 000 exemplaires ! Et je ne parle que du « grand format ».

Un petit apéro polar autour de Bernard et d’Alexis ça vous tente ?

 

Seule contre la loi de de W. Wilkie Collins


Mes petites lectures
9782752907998,0-1484948Le livre : Seule contre la loi de William. Wilkie Collins. Traduit de l’anglais par Éric Chédaille. Réédité le 22 mai 2012 chez Libretto. .12€80 ; (499 p.) ; 19 x 12 cm
4e de couv : 

Que faire lorsque l’homme que vous aimez et qui vient de vous épouser se révèle porter un autre nom ? Comment réagir, bien qu’unie pour le meilleur et pour le pire, à la découverte que tout l’accuse du meurtre de sa première épouse ? Si l’amour rend aveugle, il donne également des forces insoupçonnées ! Intimement persuadée de l’innocence de son mari, Valeria va remonter l’écheveau d’une histoire bien différente de celle souhaitée par toute la bonne société mortellement sournoise…

« À Wilkie Collins revient le mérite d’avoir introduit dans l’espace romanesque les plus mystérieux des mystères : ceux qui se cachent derrière nos propres portes. »
Henry James

AVT_William-Wilkie-Collins_9580L’auteur : Né à Londres en 1824 et mort en 1889,William Wilkie Collins (1824-1889) n’est pas seulement l’auteur de somptueux romans victoriens et le père du roman policier britannique. Nouvelliste de talent, il est aussi journaliste à ses heures. Et fin observateur de ses contemporains. Inventeur du thriller contemporain, William Wilkie Collins influença jusqu’à Borges qui voyait dans ses romans la première expression de la fiction moderne. 

Extrait : 
« Le ciel, déjà couvert ce matin-là, s’est encore assombri pendant que nous étions dans l’église et une forte pluie se met à tomber. Les badauds, abrités sous une forêt de parapluies, l’air maussade, nous regardent passer entre les rangs pour nous engouffrer dans la voiture. Point d’acclamations ni de rayon de soleil, pas de fleurs lancées sur notre passage, de banquet suivi de discours chaleureux, pas de demoiselles d’honneur, pas de voeux de bonheur adressés par nos pères et mères respectifs. Un bien triste mariage – force est de le reconnaître – , doublé, si ma tante Starkweather a dit vrai, d’un mauvais départ ! »

Lecture d’avant

Lecture d’avant :

Au lendemain de ses noces avec Eustace Woodville, Valeria découvre qu’elle a épousé un homme riche en mystère. Tout d’abord, son vrai nom est Macallan. Cette révélation pique la curiosité de la jeune mariée… qui n’est pas au bout de ses surprises. Il s’avère que le nom de Macallan est entaché de scandales, l’homme ayant été soupçonné d’avoir assassiné sa première épouse. Les poursuites abandonnées faute de preuves, Eustace a tenté de se faire oublier.

Convaincue de l’innocence de son mari, l’impétueuse  décide de mener l’enquête. Contre l’avis de tous, et bientôt en opposition violente avec son entourage, elle va s’employer, dans une angoissante solitude, à lever l’un après l’autre les masques supposés protéger la bonne société victorienne. Soucieuse de dissimuler ses propres turpitudes – meurtre, chantage, extorsion -, cette dernière semble avoir fait main basse sur la Loi.

Thriller labyrinthique, âpre réflexion sur les faux-semblants, vibrant portrait d’une héroïne libre et intraitable, Seule contre la loi passe pour le premier roman policier dont le détective est une femme. A la lecture de cet opus, on comprend l’admiration sans borne que Borges et Hitchcock vouèrent au maître W. W. Collins (1824-1889), ami et rival de Dickens en son temps.

Révélé aux lecteurs de langue française en 1999 – (soit plus d’un siècle après sa parution en anglais)  Seule contre la loi montre clairement qu’il reste encore, parmi les inédits de Wilkie Collins, quelques grands livres à découvrir.

Lire le début ici

Barcelona de Daniel Sanchez Pardos


9782258133983,0-3294613Le livre : Barcelona de Daniel Sanchez Pardos. Traduit de l’espagnol par Marianne Million. Paru le 2 juin 2016 aux Presses de la Cité. 23€; (535 p.) ; 23 x 15 cm

4e de couv :

Après plusieurs années d’exil en Angleterre avec sa famille, Gabriel Camarasa regagne l’Espagne alors consumée par les luttes de pouvoir. Étudiant en architecture à Barcelone, il se lie d’amitié avec un élève un peu plus âgé que lui : Antoni Gaudí. Une personnalité insaisissable, d’une érudition étonnante, et qui a un penchant pour les disciplines ésotériques. Les deux jeunes gens deviennent vite inséparables.

Mais quand la vie tranquille de Gabriel se voit perturbée par un assassinat – dont on accuse son père, le directeur du journal tapageur Les Nouvelles illustrées -, le jeune homme en vient à douter de tout son entourage. À commencer par Fiona, la femme qu’il aime, et Gaudí. Pourquoi son ami connaît-il si bien les bas-fonds de Barcelone et ses habitants peu recommandables ? Que fait-il la nuit parmi eux ? Peut-il vraiment se fier à lui ?

Daniel Sánchez Pardos signe un thriller historique passionnant qui nous plonge dans le Barcelone bouillonnant de la fin du XIXe siècle et nous fait découvrir celui qui allait devenir l’un des architectes les plus inventifs de tous les temps, Antoni Gaudí. Fascinant.

 

 

daniel-sanchez-pardos-ante-iglesia-santa-maria-del-mar-1442593567516L’auteur : Né en 1979, l’Espagnol Daniel Sánchez Pardos a été bibliothécaire pendant quinze ans. D Diplômé de l’Université de Barcelone, ce jeune écrivain espagnol se consacre désormais à l’écriture. Il a reçu de nombreuses récompenses parmi lesquelles en 2011, le Prix de la Tormenta du meilleur nouvel auteur pour son roman « Le quatuor Whitechapel » (2010).Barcelona est le premier de ses romans à être traduit en français.

 

Résumé et petit avis  :

Barcelone, 1874. Antoni Gaudi, étudiant en architecture, sauve la vie de Gabriel Camarasa lors de l’incendie des locaux du journal La Gazette du soir. Les deux hommes se lient d’amitié. Mais, l’honnêteté de la famille de Gabriel est mise en doute. Le père de ce dernier, directeur d’un journal concurrent, pourrait être l’instigateur de l’incendie. Antoni Gaudi décide de mener l’enquête.

Barcelone, 1874 : ses mystères, ses conspirations politiques, son architecte surdoué…

La faune interlope du Barcelone de la fin de 19e. Un Barcelone sombre à la limite du gothique.

Une ville où les intrigues politiques semblent légion.  Une ville qui semble être en pleine mutation.

200px-Antoni_gaudiEt un Antoni Gaudi au mieux de sa forme. Dandy à souhait, jouant les détectives, usant de sa capacité de déduction tel Sherlock Holmes. Malmenant au passage le personnage central de ce roman Gabriel Camarasa.

Jouant avec un côté «Sidekick», Barcelona nous plonge dans une atmosphère barcelonaise fort bien documentée.

Action, mystère, histoire, humour, art et amour, il y a tout cela dans ce roman. Réalité et fiction se mélangent dans un Barcelone fascinant, plein de mystère et d intrigue.

C’est passionnant, foisonnant, fourmillant et populeux.

Un coup de cœur !

 

La liste des sept de Mark Frost


$$$&&&$z9782749118161,0-2084040    Le livre : La liste des sept de Mark Frost. Traduit de l’américain par Jean-Michel Dulac. Paru le 3 juillet 2014 chez le Cherche Midi dans la collection Néo. 22€ ; (484 p.) ; 22 x 14 cm.

$$$&&&$z9782264066411,0-3028155Rééditer en poche  le 18 février 2016 chez 10/18 dans la collection Grands Détectives. 9€10 ; (542 p.) ; 18 x 11 cm.

Imaginez Conan Doyle dans l’univers déstabilisant de Twin Peaks.
Par le cocréateur, avec David Lynch, de la série mythique.

Qui en veut à Conan Doyle ? En ce jour de Noël 1884, le jeune médecin participe, en tant que spécialiste des forces occultes, à une séance de spiritisme qui tourne mal. Il échappe de justesse à l’assassinat grâce à un mystérieux individu, Jack Sparks. De retour chez lui, Doyle retrouve son appartement incendié, sa voisine russe assassinée. Autant de faits qui dépassent l’entendement de Scotland Yard. C’est finalement Jack Sparks, à qui ces événements semblent très clairs,  » élémentaires  » même, qui va mettre Doyle sur la piste d’une conspiration qui menace le trône d’Angleterre. Leur seul indice : une liste de sept noms, les sept piliers d’une fraternité secrète aux desseins maléfiques. Mais Doyle peut-il vraiment faire confiance à Sparks, un individu qui sort d’un asile d’aliénés, consomme de la cocaïne et affirme recevoir ses ordres de la reine Victoria ?

 

$$$&&&téléchargement (5)L’auteur : Mark Frost est né en 1953 à New York. Il est romancier, producteur et scénariste. Publié une première fois par Plon en 1995, son premier roman, La Liste des Sept, est immédiatement devenu culte. On lui doit également Les Six Messies (Plon, 1997) et Le Second Objectif (First, 2008).

 

Citation :
« Avant de se replonger dans les élucubrations d’Elena Blavatsky, le docteur Doyle nota mentalement de nettoyer et recharger son revolver. »

Résumé et petit avis :

$$$&&&$zplon00331-1995Un jour de Noël 1884, à Londres, un jeune médecin nommé Arthur Conan Doyle est convoqué à une séance de spiritisme. Il est lui-même un spécialiste de l’occulte, ayant écrit un roman sur le sujet, inspiré des écrits très mystiques de Madame Blavatsky. A la suite de cette séance, Doyle est en danger de mort, son appartement est incendié, sa voisine russe assassinée !… Un agent très spécial de la Reine vient à son secours et lui explique que son propre frère, qui a tué père et mère, s’est ligué avec quelques personnages éminents pour placer sur le trône d’Angleterre une réincarnation du diable. Or ces 7 conjurés sont les membres du conseil d’administration de la maison d’édition qui doit publier le roman de Doyle.

Le cherche midi, et 10/18 ont eu l’excellente idée de republier 20 ans après sa première parution française chez Plon, ce sympathique polar qui nous plonge dans à l’atmosphère sombre et gothique mais qui pourtant n’est pas dénué d’humour.

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Un récit haletant dans l’atmosphère fantastique du Londres victorien. Une intrigue que l’auteur, scénariste de la série Twin Peaks., émaille de nombreuses allusions à l’oeuvre et à la vie de Conan Doyle.  Une histoire ébouriffante, pleine de violence, de visions effrayantes, de suspense, de rebondissements où l’auteur introduit le lecteur dans l’univers sombre du crime de l’Angleterre victorienne.

De plus,  Les fans de Twin Peaks y retrouveront aussi l’univers déjanté et surréel de la série.

 

Lire ici le début

Duel en enfer de Bob Garcia par Bruno


chronique-de-lecteurs9782268066998,0-4726939782290018880,0-552733Le livre : Duel en enfer de Bob Garcia.

Paru le 14 novembre 2008 aux Éditions du Rocher dans la collection Grands Romans. 20€20 ; (440 p.) ; 24 x 15 cm

Réedité en poche chez J’ai lu le 10 février 2010. 8€ ; (666 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Londres, été 1888. Sous une chaleur suffocante, la ville est saisie d’horreur par les premiers meurtres de celui qu’on surnommera bientôt « Jack l’Eventreur ». Mais que fait donc à cette époque le célèbre Sherlock Holmes ? Pourquoi aucune de ses enquêtes ne mentionne-t-elle la plus fameuse affaire criminelle qu’ait connue l’Angleterre de son temps ?

C’est ce que va découvrir George Newnes, l’éditeur du docteur Watson, lorsque ce dernier, bien des années plus tard, lui confie le journal de l’enquête qu’il mena aux côtés de Holmes sur l’insaisissable tueur en série -non sans l’avertir ; « Toutes les histoires ne sont pas bonnes à raconter… On n’invoque pas sans risque la mémoire de Jack l’Eventreur. »

Ce roman survolté, au suspense haletant, retrace la confrontation entre deux figures de légende. Une terrible plongée dans l’enfer des bas-fonds londoniens, sur les pas de Jack l’Éventreur, dont le spectre hantera longtemps les nuits du lecteur.

th (30)L’auteur :

Bob Garcia est ingénieur diplômé de l’École Centrale de Lyon. Après avoir mené pendant dix ans une carrière dans l’industrie des télécoms en parallèle avec ses multiples passions (jazz, littérature), il se tourne finalement vers une carrière artistique. Musicien de jazz (contrebasse, banjo, guitare), passionné de littérature populaire et spécialiste de Hergé mondialement reconnu, il partage aujourd’hui son temps entre l’écriture, les concerts de jazz, l’animation de conférences et tables rondes sur ses sujets de prédilection (le jazz, le polar, Sherlock Holmes, Hergé). Il tient aussi une chronique polar sur TSF – la radio du jazz (89.9).

Il est aussi l’auteur d’une première enquête apocryphe de Sherlock Holmes, Le Testament de Sherlock Holmes (prix Intramuros 2005).

Notre chroniqueur

444676431Bonjour, je m’appelle Bruno Chanson et j’ai 44 ans. Ma passion est bien évidemment la lecture particulièrement les polars, thrillers fantastiques. J’aime un peu tous les genres en fait mais principalement les polars noirs genre RJ ELLORY ou CLAIRE FAVAN dans le registre Thriller. Je ne passe jamais une journée sans tourner les pages d’un livre. J’adore aussi parler de mes lectures c’est pour ça que j’ai décidé de rejoindre le blog de ma copine Geneviève qui est tout à fait adapté.

 

 

« Je restai pétrifié,  la gorge sèche. Des images, comme on en voit parfois dans les rêves, me traversèrent l’esprit. Des personnages qui hurlent. Un couteau à la lame couverte de sang qui plonge dans des entrailles tremblantes. La face livide qui me fixait toujours. Pas de bouche. Pas d’eux.  J’étais incapable de mettre des mots sur ce qui se tenait devant moi. Juste une succession d’images incompréhensibles. L’horreur échappée des ténèbres et des profondeurs de la mort. Des alignements de visages sans regard, pétrifiés dans un silence éternel.
Mon Indes appuya sur la détente
La balle partit.
Mon crane explosa dans un tonnerre d’éclairs rouges. »
 
Résumé:

Londres, été 1888. Sous le poids d’une chaleur suffocante, la ville est saisie d’horreur par les premiers meurtres de celui qu’on nommera bientôt « Jack l’Eventreur ». Pourtant, aucune des enquêtes du célèbre Sherlock Holmes ne mentionne la plus fameuse des affaires qui ait agité ses contemporains. Bien des années plus tard, le docteur Watson confie à son éditeur le journal de l’investigation qu’il mena aux côtés du détective sur l’insaisissable tueur en série. Une terrible plongée dans l’enfer des bas-fonds londoniens, sur les pas du meurtrier le plus sanguinaire et le plus énigmatique que l’Angleterre ait connu

L’avis de Bruno :

Lorsque je suis arrivé à Saint – Maur le 20 juin au matin mon regard fut attiré par un livre à la couverture et au titre attirant: Duel en enfer. Quant à la couverture, on y voit la pendule de Big Ben avec en guise d’aiguilles la pipe de Sherlock Holmes et le couteau de Jack l’Eventreur. Symbole du duel au sommet entre le plus grand détective du monde et le tueur en série le plus célèbre de tous les temps. Je ne pouvais passer à côté de ce livre étant fasciné par ces deux personnages.

En Lisant les premières pages, j’ai été étonné car Bob Garcia a su retranscrire sur le papier l’ambiance du Londres de la fin du 19eme siècle. Un véritable voyage dans le temps. J’avais presque l’impression de lire du Conan Doyle. Très belle plume. Dynamique et fluide.

Alors, évidemment, l’intrigue n’est pas originale. Bah oui!!! Un policier qui enquête sur un meurtrier en série particulièrement sauvage. Au cinéma, à la télévision ou alors en livre on en a vu et lu des centaines. Mais comme je le dis toujours la vrai originalité vient de la façon dont on traite le sujet. Et opposer ces deux personnages emblématiques, la voilà l’originalité.

Bob Clark les avait déjà réunis dans son chef d’oeuvre Meurtres par decret.

Dan le livre de Bob Garcia, Sherlock Holmes ressemblait beaucoup à l’acteur Jeremy Brett. Acteur incroyable du détective londonien.

Une enquête captivante malgré la grande épaisseur de ce livre ( plus de 600p ). Une histoire que Sir Arthur Conan Doyle aurait sûrement aimé écrire.

Un grand bravo à Bob Garcia qui m’a ramené à mon adolescence quand j’ai lu mon premier Holmes: Le chien des Bakerville.

Petits Meurtres à Mangles Street de M.R.C. Kasasian


417r00qJPoL._SX316_BO1,204,203,200_   Petits Meurtres à Mangle Street de M.R.C. KASASIAN Traduit de l’anglais par Hélène Tordo. Paru le 27 mai 2015 chez City Editions. 18€90 ;  (350 p.) ; 24 x 16 cm

4e de couv :

Londres 1892. Une femme est sauvagement assassinée dans le quartier pauvre de Whitechapel. Désemparée par l’inefficacité de la police, la mère de la victime engage Sidney Grice, le plus célèbre détective privé de Londres.

D’une intelligence acérée, pointilleux et exigeant, l’homme est d’une efficacité redoutable. Il pense que le «sexe faible» n’a pas sa place dans un cabinet de détective, mais il fait tout de même appel à March Middleton, une jeune femme excentrique un peu trop portée sur le gin, pour l’assister dans cette affaire.

L’irrésistible duo mène l’enquête et découvre que le mystérieux meurtre n’était que le premier d’une sinistre série. Dans un Londres où planent des ombres terrifiantes, le danger rôde à chaque coin de rue…

téléchargement (35)L’auteur : M.R.C. Kasasian partage sa vie entre le Suffolk et l’île de Malte. Ce fier sujet de Sa Majesté connaît un immense succès avec cette série mettant en scène un duo de détectives incomparables.

Citation : 
L’œil droit de Sydney Grice disparut, ses paupières tombant en une cavité rouge sang de bœuf. Je ne pus retenir un cri et le vis ramasser son œil pour le remettre en place

Résumé et avis :

images (19)Londres, 1882. Le détective privé Sydney Grice et sa pupille March Middleton enquêtent sur un étrange assassinat dans les faubourgs sombres de la capitale anglaise.. dans ce premier opus d’une série qui devrait voir le jour; l’auteur nous présente ces deux protagoniste. Lui, Sysney Grice est un pur esprit à l’intelligence acérée, il ne s’encombre guère de sentiments. Elle March Middleton est altruiste, tournée vers les autres. Si lui est cartésien, elle plus farfelue. Mais leur duo si dissemblable est parfaitement complémentaire quand il s’agit de résoudre une affaire.  Voilà donc bien une paire de choc. Et ces deux là, si tout les oppose, vont unir leurs forces et leurs faiblesses pour réussir à remonter la piste d’un tueur qui n’en est pas à son coup d’essai.

Ces deux là sont pas sont nous rappeler leurs célèbres confrères du 221b Baker Street. Ici c’est March Middelton qui se fera la biographe de Sydney Grice. Et tout au long de 350 pages, nous allons les suivre avec bonheur. Car ici les chapitres courts et les nombreux dialogues participent à cette attrayante lecture.

images (20)Et puis il y a Londres, le Londres des années 1880, ces beaux quartiers et ceux plus malfamés. Il y a le parfum du thé anglais, des scones, les fiacres, les parc….Le Londres que l’on aime, personnage principal de ce titre aussi.

Bref un premier roman.original et plaisant, avec un humour so british, un duo de détectives dans le Londres victorien, ce titre à décidément tout pour plaire.

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