Apocryphe de René Manzor


Ce matin nous vous offrons une chronique duo

La chronique duo c’est un échange entre flingueuses.

Des Flingueuses qui papotent en nous donnant leur avis sur un même livre.

Aujourd’hui c’est Aline et Danièle qui nous disent tout le bien qu’elle pense du dernier polar de René Manzor


Le livre : Apocryphe  de René Manzor. Paru le 3 octobre 2018 chez Calmann-Levy dans la collection Calmann-Levy noir.  19€90 ; (400 p.) ; 24 x 16 cm

4e de couv : 

Jérusalem. An 30.
Un petit garçon regarde avec rage son père agoniser sur une croix.
Son nom est David de Nazareth,
et ceci est son histoire.

Une fresque épique, violente et émouvante, sur les traces d’un adolescent en quête de justice et de vérité.

Un thriller biblique à couper le souffle, relecture stupéfiante de l’histoire officielle

 

@Marie Manzor

L’auteur : René Manzor est réalisateur, scénariste et écrivain. En seulement trois romans, il s’est imposé comme un des nouveaux noms du thriller français, et a reçu pour Celui dont le nom n’est plus le prix Cognac du polar francophone.

 

Extraits :
« Les gens qu’on aime ne nous appartiennent pas, David. Aimer, c’est laisser choisir »
« La mort est une voisine qui pousse à la confidence, un sérum de vérité infaillible qui oblige les hommes à faire le tri dans leurs mensonges. Sa présence en temps de guerre impose un compte à rebours qui fait tomber les masques et les postures. David était-il prêt à faire tomber les siens ? »

 

La Chronique Duo de Miss Aline Et Mamie Danièle

Apocryphe de René Manzor

 

Aline : je l’ai terminé cette nuit !!!

Dany : Et alors ? Ca décoiffe !

Aline : Rien à voir avec sa trilogie précédente. C’est un Apocryphe dans sur tout les plans

Dany : Ben non justement quand j’ai vu la couverture j’ai été très surprise. Non, je veux dire ça ne ressemble pas aux trois autres
Mais c’est tout de même un thriller

Aline : oui. Au début j’ai eu du mal à situer tout le monde : beaucoup de personnages.

Dany : J’avais mon carnet magique à côté de moi aussi pour suivre … d’autant que les références bibliques chez moi sont rares, à part la Divine Comédie et ça date !

Aline : Moi aussi j’ai pris des notes au début pour bien former l’organigramme.

Dany : oui il faut identifier les clans !

Aline : complètement.

Dany : ensuite tu es prise par l’action. L’intrigue et l’époque où ça se déroule importent beaucoup moins

Aline : oui tout à fait. Bien que cela soit moins important, les paysages, les lieux etc. sont bien décrits, tu t’y vois.

Dany : je me suis fait la réflexion aussi, le souci du détail, la précision … du vrai Manzor quoi !

Aline : exactement. Tu ressens la chaleur du désert, le froid des montagnes (à la fin).

Dany : et la tempête m’a bluffée

Aline : oui aussi

Dany : je me suis dit qu’il avait dû en vivre une dans le désert, car ça ne s’invente pas

Aline : il est scénariste ça aide.

Dany : autre chose qui m’a interrogée, bien sûr certains personnages et certains faits sont « probablement » historiquement fondés, cependant dans la partie fiction (la vie de David) est-ce que l’incendie de Nazareth a bien eu lieu, avec toute cette atrocité ?

On a un vrai roman de cinéaste et quel péplum !

Aline : oui c »est le mot que je cherchais péplum.

Dany : oui mais péplum musclé !

Aline : oui complètement.

Dany : J’aime beaucoup le personnage de Longinus, il m’a fait penser à Obélix sans potion magique, quand il se bat avec les Romains.

Aline : Longinus est particulier, pour moi c’est le fil rouge du livre, le personnage central.

Dany : oui je confirme … celui qui avoue ses erreurs et les répare ou du moins essaye

Aline : dans tout le livre il est question de s’accepter avec ses erreurs, de changement. Chacun y passe pratiquement.

Dany : Il y a pourtant certains indécrottables qui courent après la promotion ! Très actuel en fait !

Aline : bien sur. A se demander qui sont vraiment les fanatiques !

Dany : Pour ma part je me suis dit que les situations étaient tout de même très contemporaines …

Aline : il dénonce quoi ? L’arrivisme ? Le pouvoir ? L’apparence ?

Dany : le racisme, les guerres de religions au sens large, la domination des puissances sur les pays pauvres. La pax romana c’est bien une mondialisation organisée pour la spoliation des ressources.
L’esclavage … Il y a aussi des petits malins qui voient dans la collaboration avec l’occupant un moyen de s’enrichir …

Aline : de tout temps il en a été ainsi. Que dire de David ?

Dany : donc on peut dire que ce roman est intemporel …

Aline : complètement

Dany : David est en quête de son père et se construit dans la pire des situations pour un ado. Il n’est pas le personnage le plus marquant dans cette histoire … pour moi !

Aline : pour moi non plus. Pour moi il s’agit de Longinus. C’est en quelque sorte par lui que tout arrive : s’il n’avait pas percé le flan de Yeshua, s’il n’avait pas trouvé la maison de Mariamne, s’il n’avait pas été romain…

Dany : Moi aussi ! Et que penses-tu des femmes ! Sacrées nanas les trois !

Aline : tu parles de Mariamne, de Farah  et de ?

Dany : Mia

Aline : ah oui ! Le pouvoir est aux femmes, bien qu’à cette époque elles n’aient aucun droit sinon d’être soumises.

Mariamne est « le plus aimé »
Farah une esclave libre qui a du répondant tant physiquement que moralement.
Mia tout pareil ne se laisse pas mener.

Dany : C’est bien pour ça (et plein d’autres choses) que ce roman va bien au-delà d’une fiction historique !

Aline : on est d’accord

Dany : La 4ème de couverture est réductrice

Aline : beaucoup trop !

Mais la couverture est parlante

Dany : Qu’est-ce que la vérité ?

Aline : Apocryphe… chacun peut donner sa vérité. Selon qui tu es, comment tu te places, ce que tu cherches… tu places, interprètes les faits comme tu l’entends, pour qu’ils aillent dans ton sens.

Dany : A chacun sa vérité, ses convictions, après il faut parler des valeurs communes …

Aline : loyauté, courage, persévérance,

Dany : Ne gagnent en sérénité que ceux qui placent l’humanité en premier rang, même s’ils font fausse route dans leur parcours, ils devraient se retrouver au bout du compte

Aline : on est d’accord

Dany : P… Quelle philosophie … Monsieur Manzor je ne m’attendais pas à ça en ouvrant un roman avec une couronne d’épines sur la couverture ...

Aline : moi si un peu. La question est de savoir quelle est la question ? Je m’explique …

Dany : Oui, tu peux développer ?

Aline : A Rosny, Monsieur Manzor en parlant de sa trilogie m’a expliqué que dans chaque roman il essaie de répondre à une question. Que voulait-il dire dans ce roman ?
On peut changer quoi que l’on ait fait ?

Dany : Reconnaître ses erreurs et se racheter ?

Aline : oui

Dany : Mais … il faut faire ses preuves ou plutôt donner des preuves de sa bonne foi

Aline : oui en l’occurrence dans cette épopée biblique … Même si c’est un apocryphe, l’histoire est plausible pour tous les personnages.
Judas a trahi sur demande de Yeshua.
Le centurion clément pour la mise à mort
Caligula en empereur usurpateur et psychopathe.

Dany : Caligula c’est une réalité historique …

Dany : … Tu vois Aline, la confrontation des idées sur un roman amène des points de vue différents 

Aline : Je suis d’accord, je le dis toujours : autant de lecteur autant d’avis de ressenti
En tout cas dans le contexte actuel fallait avoir des couilles pour sortir un bouquin sur la religion même si c’est un apocryphe.

Dany : Certes. Au-delà de tout ça, Apocryphe reste un thriller, une fiction très agréable à lire. Le ton très actuel rend tout tellement plausible.

Aline : oui. Il y a du rythme. On est porté  par les scènes de batailles etc.

Dany : Des descriptions, on en a parlé mais remarquables.

Aline : exact

Dany : Pourquoi je dis « mais » ? Pas besoin …tout simplement remarquables !

Manzor parle de « comparution immédiate », « contre productif », « ses arguments qui faisaient sens » ça nous parle …

Aline : ouiii

Dany : Au bout des premières pages j’avais l’impression d’être devant une série TV dont j’aurai entendu parler des deux premières saisons et que je prendrai en marche au début de la troisième. Mais ensuite … un vrai plaisir de lectrice !

Aline : c’est ça un scénario comme tu disais tout à l’heure : péplum

Dany : Ben Aline on est d’accord sur ce coup ? Apocryphe à lire et Manzor à suivre …

Aline : complément d’accord. Il s’est sorti de sa zone de confort (polar classique) pour t’emmener là où tu ne pensais pas aller.

Dany : Ca c’est sûr … je ne m’y attendais pas du tout ! Il m’avait dit que son prochain (Apocryphe) ne se passait pas en Amérique, ni en Europe et que c’était un one-shot … en plus Manzor, il ne ment pas 
Il a dû sacrément se documenter pour arriver à ce niveau de précision … tu as vu ses sources ?

Aline : oui effectivement c’est un boulot titanesque

Dany : Tu avais lu les trois romans précédents ?

Aline : oui, adoré

Dany : Moi aussi !

Aline : le dernier te laisse sur le séant.

Dany : Je vais le voir en Décembre à Blaye et … tenter d’avoir des scoops pour la suite !

Aline : j’ai tenté à Rosny de savoir pour celui là. Il n’a rien lâché.

Dany : Pour le moment je digère celui-ci, je pense qu’avec le recul de nouveaux aspects vont m’apparaître ! C’est le pied de la lectrice !
Comment on procède pour cette chro ?

Aline : Si tu penses qu’on a fini, je fais la transcription cet après-midi au plus tard et te la passe pour validation

Dany : ben je pense qu’on est ok. Que pourrait-on ajouter de plus ?

Aline : Rien de mon côté !

Dany : ben moi non plus. Le mot de la fin pour fermer la discussion … à toi !

Aline : Remercier les Editions Calmann pour ce SP. Merci à Monsieur Manzor pour nous avoir fait voyagé et réfléchir.

Dany : Merci également  à Marie Manzor pour la photo de René …

Aline et Dany : Alors en bref : 

René Manzor signe avec Apocryphe, un thriller hors norme. Avec le pouvoir des mots il nous fait voyager. Pas seulement en nous entraînant au début de notre ère avec des paysages époustouflants dans leurs descriptions. Mais il nous livre également un voyage intérieur,une étincelle pour la conscience, une envie de voir, de chercher plus loin. Un regard sur l’humanité, sur sa capacité à se construire, se reconstruire. René Manzor un charmeur des mots qui vous entraîne là où vous ne pensez pas aller.

Publicités

Affinités de Sarah Waters


Le livres : Affinités de Sarah Waters . Traduit de l’anglais par Erika Abrams. Paru le 6 janvier 2005 cher Denoël. 25,35€ ; (521 p.) ; 21 x 14 cm

 4e de couv :

La prison de Millbank et ses voleuses, criminelles et faussaires, ses avorteuses et mères maquerelles. C’est dans l’inquiétant climat de l’une des geôles les plus lugubres de l’ère victorienne que Margaret Prior, dame patronnesse, rencontre la charismatique médium spirite Selina Dawes qui, bien qu’incarcérée, ne cesse de clamer son innocence. Au fil des visites, Selina dévoile son étrange histoire, et Margaret est irrésistiblement entraînée dans un monde crépusculaire de séances de spiritisme et d’apparitions, d’esprits insoumis et de passions incontrôlables…Récit de fantômes et thriller historique, Affinités nous plonge dans l’univers fascinant qui a fait le succès des précédents romans de Sarah Waters. En héritière virtuose de Dickens et de Wilkie Collins, l’auteur nous offre un roman envoûtant où le suspense monte sans répit jusqu’à un dénouement final étonnant.

L’auteur :Sarah Waters est née au pays de Galles en 1966. Égérie des milieux gay, elle en est devenue, à l’instar d’Armistead Maupin, l’un des auteurs emblématiques. Après un doctorat en littérature anglaise, elle se consacre à l’écriture et rencontre rapidement un large succès avec son premier roman, Caresser le velours, paru chez Denoël. Du bout des doigts, son troisième roman, a été finaliste de tous les grands prix littéraires d’outre-Manche, dont le Booker Prize et le Orange Prize, et a remporté le Somerset Maugham Prize. En 2003, Sarah Waters a fait partie de la liste des «vingt meilleurs jeunes romanciers anglais» établie par la revue Granta.
Extrait : « J’ai vingt-neuf ans. Dans trois mois je passerai le cap de la trentaine […] qu’adviendra-t-il de moi ? Je me dessécherai, je deviendrai cassante, décolorée – telle la feuille qu’on garde, pressée entre les pages d’un triste livre noir, jusqu’à ce que l’oubli la réclame.

Le post-it de Ge

Affinités de Sarah Waters : une lecture mémorable.

1873, Londres. Prison de Millbank. Pour tromper son ennui, c’est ce lieu inquiétant que Margaret Prior, demoiselle de la bonne société anglaise, décide de visiter régulièrement. Car à 30 ans, au grand dam de sa bourgeoise de mère, Margaret est devenu « Dame patronnesse ». Dans cette bâtisse sinistre croupissent les parias de l’ère victorienne, avorteuses, voleuses et autres criminelles, à qui elle veut apporter un peu de réconfort. Au fils de ses visites se dessinent la réalité des lieux et les condition de vie des prisonnières. Margaret discute avec ses dernières dans l’espoir de partager avec elles quelques instants d’humanité. Elle se lie plus particulièrement avec Sélina Dawes, une captive qui se pose en victime et proclame à tout va son innocence. Selina raconte à Margaret sa bien curieuse histoire et elle va bientôt l’initier au spiritisme. Margaret va être entraînée dans un univers de passions incontrôlables. Et cette amitié, qui se noue entre les deux femmes, va aboutir à une tentative d’évasion. Si elle réussit, pour la prisonnière, le résultat sera le retour à la liberté tandis que pour la dame patronnesse, la conséquence sera l’affirmation de son identité.

Extrait : Je détournai les yeux. L’amertume du premier instant commençait à faire place à de l’appréhension. Je me souvenais du rire de Selina: elle n’avait jamais souri dans les premiers temps, je l’avais trouvée toujours triste et maussade. Je me souvenais de ce qu’elle avait dit de l’impatience avec laquelle elle attendait mes visites, au dépit qu’elle éprouvait lorsque je restais loin de Millbank où le temps paraissait tellement plus long qu’ailleurs. Je me disais: m’interdire de la voir maintenant, autant vaudrait l’enfermer à perpétuité dans le cachot obscur!

Sarah Waters nous propose ici un roman épistolaire. En effet deux journaux écrits à deux année d’intervalle se répondent et chacun d’eux apporte son propre éclairage sur cette histoire envoûtante. Affinités ménage un formidable suspense réservant au lecteur une chute pour le moins déroutante.

Un merveilleux roman magnifiquement écrit. Une auteure qui m’a marquée et donc je vous recommande vivement la lecture. Suspense, atmosphères étouffées, passions défendues et trahison, aucun des ingrédients qui font l’univers de Sarah Waters ne manque dans ce roman magistralement orchestré.

Extrait : « Je suis hantée au contraire par la banalité de l’endroit; par le fait même qu’il soit là où il est, à moins d’une lieue de Chelsea et de la maison, qu’il suffise d’une petite course en fiacre pour se rendre dans cet immense et sinistre séjour des ombres où des êtres humains ont enfermé quinze cents de leurs semblables, hommes et femmes, en leur imposant un régime de silence et de soumission perpétuels. C’est dans les gestes simples de la vie que mon esprit m’y ramène – en buvant une tasse de thé pour étancher ma soif; en prenant en main un livre pour me distraire ou un châle parce que j’ai froid; en récitant à haute voix quelques vers, pour la beauté des mots et le plaisir de les entendre. J’ai accompli ces choses, comme mille fois par le passé; et j’ai pensé aux prisonniers qui ne peuvent rien faire de tout cela. »

L’affaire Rose Keller – Ludovic Miserole.


Après Ophélie ce matin c’est au tout de clémence de nous révéler son avis sur sa lecture  de L’affaire Rose Keller

Voici donc la seconde partie de…

La double Chronique

Le livre : L’affaire Rose Keller, de Ludovic Miserole. Paru le 13 septembre 2018 aux éditions French Pulp. 18€ ; (410 p.) ; 14,2 x 21,1 cm.
4ème de couverture :
Rose Keller est au chômage depuis plus d’un mois. Elle est réduite, en ce dimanche de Pâques du 3 avril 1768, à mendier sur la Place des Victoires à Paris.
En acceptant de suivre, pour un écu, un jeune homme soigneusement habillé qui a besoin de quelqu’un pour un peu de ménage dans sa maison d’Arcueil, elle ne peut se douter qu’elle se dirige tout droit vers l’enfer.
Elle ne sait pas encore que l’homme qui vient de l’engager n’est autre que Donatien Alphonse François de Sade, celui qu’on surnommera  » le divin marquis « , qui lui fera subir les pires outrages imaginables.
L’auteur : Après le succès de son premier ouvrage Rosalie Lamorlière, dernière servante de Marie-Antoinette, Ludovic Miserole nous invite à nouveau à rencontrer un personnage méconnu de notre histoire.
Avec un talent indéniable, il combine la vérité historique, puisée minutieusement dans les sources, et l’invention, autrement dit, il marie subtilement histoire et fiction pour mettre en scène un passé révolu. Derrière le portrait de Zamor se dessine, en filigrane, celui des héros – les grands, que nous connaissons, comme les anonymes, les « humbles » qui ont œuvré dans l’ombre – d’une France révolutionnaire et post-révolutionnaire.
L’extrait :
« Il était revenu comme il le lui avait dit. Environ une heure après l’avoir laissée dans cette chambre des Halles avec des questions, des doutes et cette peur qui peu à peu l’avait envahie durant ces longues et interminables minutes. Une première torture mentale avant bien d’autres qui ne manqueraient pas de survenir. Avant aussi toutes ces tortures physiques dont elle serait victime. Mais cela, elle ne le savait pas encore.
Avec un sourire carnassier, il l’avait fait monter dans un fiacre dont il avait très vite monté les petits volets de bois pour en occulter les glaces. La peur, elle, n’avait que décuplé. La voiture s’ébranla dans un noir d’encre. Pas un mot n’avait été échangé durant le trajet à l’exception d’une fois, environ à mi parcours.
– Savez-vous où je vous mène ?
– Comment le saurais je ? Vous ne m’avez point dit et je n’y vois goutte, lui avait elle répondu avec un certain aplomb.
Il n’avait pas daigné répondre. Le silence était lourd. Une arme facile, à la portée de tous et qui, bien gérée comme elle l’était par cet homme, pouvait faire bien des ravages. Et en effet, Rose se liquéfiait. Lui, n’ayant que peu de considération pour sa compagne de voyage, fit mine de dormir. »

L’avis de Clémence, de la page Les lectures de Clémence :

L’affaire Rose Keller, de Ludovic Miserole.

Première plongée pour moi dans l’univers de l’auteur. Je ne suis pas une adepte des romans avec un fond historique car j’ai tendance à m’ennuyer. Mais là l’auteur m’a fait changer d’avis…

L’auteur a su me captiver en m’emmenant avec lui dans une époque bien lointaine où il m’a fait vivre aux côtés de personnages bien particuliers.

Je vous avoue que ces personnages ayant existé m’avaient jusque là peu intéressés , et quelle grossière erreur !

Ce livre vous emmènera dans les tréfonds de l’être humain. Obscurité, cris, pleurs, souffrances morales et physiques seront vos compagnons de lecture.

Vous ferez connaissance avec Rose et son tortionnaire, le légendaire Marquis de Sade. On essaye alors de trouver des circonstances pour comprendre cet homme pour qui le plaisir est la douleur des autres… mais en vain.

Il vous fera aller au-delà des quelques pages sombres du livre pour tenter d’y trouver la lumière…J’ai adoré visiter cette époque où la guerre des classes faisait rage où la richesse ne devait en aucun cas se mélanger à la pauvreté…

Alors si comme moi , le personnage du Marquis de Sade vous intrigue, n’hésitez pas foncez chez votre libraire ! Tous ces petits secrets seront dévoilés au grand jour.

Je ne regrette absolument pas d’avoir osé changer de style de lecture et de m’être tournée vers la fiction historique. Ce premier volet signé le commencement d’une trilogie que je suivrai avec beaucoup de plaisir .

Je remercie Kim des éditions French Pulp pour sa confiance, encore et toujours…

 Sadorski et l’ange du pêché de Romain Slocombe  


Le livre :Sadorski et l’ange du démon  de Romain Slocombe…. Paru le 23 août 2018 aux éditions Robert Laffont dans la collection La Bête Noir –  23 €  ; (685 p.) ;  23×14 cm

 – epub 14.99 € ;  (704 pages)

 4ème de couverture :

«Le pire des salauds, le meilleur des enquêteurs.
Paris, mars 1943. Une femme est arrêtée dans un bistrot du 10e arrondissement. Elle aurait franchi la ligne de démarcation munie de faux papiers, pour un trafic de métaux précieux. L’inspecteur principal adjoint Léon Sadorski voit dans cette enquête une parfaite occasion de s’enrichir. Mais il a d’autres soucis, notamment protéger Julie, la lycéenne juive réfugiée chez lui depuis la rafle du Vél’d’Hiv.
C’est alors qu’une affaire de lettre anonyme et d’adultère le conduit sur les plateaux du cinéma français de l’Occupation : parmi les jeunes actrices d’un drame tourné dans un couvent de dominicaines, l’inspecteur va rencontrer son  » Ange du péché  » et se transformer en criminel… . »

L’auteur :  Romain Slocombe est né à Paris le 25/03/1953
Après des études d’art, Romain Slocombe participe à l’aventure artistique du groupe Bazooka, notamment au tout début de celle du magazine Métal Hurlant (années 70), pour lequel il produit des œuvres naviguant entre bande dessinée et illustration. Ses thèmes de prédilection se focalisent rapidement autour du Japon, auquel il s’est intéressé dès sa prime jeunesse, et le bondage, avec des jeunes femmes (infirmières et japonaises) attachées (auquel et auxquelles il s’est intéressé plus tard).
Ses modes d’expression sont multiples: bande dessinée, dessin, peinture, illustration, photographie, cinéma, essais et roman, ce dernier que cela soit pour la jeunesse ou pour un public plus large. Romain Slocombe a exposé ses œuvres graphiques en France comme à l’étranger (New York, Londres, Stockholm, Tokyo, Bologne…).
L’expression romanesque semble avoir occupé une proportion importante de son énergie créative dès 2000 avec la parution de quatre romans – formant une tétralogie nommée La Crucifixion en jaune – jusqu’en 2006, avec comme (personnages et) éléments principaux :
– un photographe britannique (que l’on espère ne pas ressembler trop à son géniteur), Gilbert Woodbrooke, spécialisé dans la photographie érotique de jeunes japonaises dans des costumes militaires,
– le Japon : certains aspects controversés de son histoire moderne, sa culture alternative, ainsi que les yakuzas,
– de jeunes japonaises, objet des fantasmes artistiques et sexuels de Woodbrooke, victimes désignées de la fatalité et de la maladresse,
– les catastrophes inévitables, relatives à l’agrégat des trois éléments précédents.
Ces livres mêlent avec talent une intrigue de type roman noir avec, à chaque fois, des pans de chapitres dédiés à une approche de type historique, d’ailleurs documentée : la secte Aum, l’Histoire du Japon, en particulier ses exactions en Chine à partir de 1937 et pendant la Seconde Guerre mondiale. …

 

 Extraits :

« — Mets-toi contre le mur, là, en me tournant le dos. Sous le portrait du Maréchal. Écarte les jambes, une trentaine de centimètres. Les bras le long du corps. La tête droite, le menton levé. N’aie pas peur (il rit), ce n’est pas aujourd’hui que tu passes à la casserole ! La police française n’est pas composée de brutes. Et puis c’est pas les Brigades spéciales, ici. Faut pas confondre…
Il retourne s’asseoir derrière ses piles de dossiers. Et consulte son bracelet-montre. 14 h 25.
— J’ai du travail, poupoule. Une pièce à conviction à étudier, que m’ont confiée les Boches. Une pièce très longue. Écrite par une de tes coreligionnaires. Pendant ce temps, interdiction absolue de faire un mouvement ! Le dos droit, les yeux collés sur le mur. Si tu bouges, tu auras droit au nerf de bœuf qui est dans mon tiroir. Pour l’instant, ta position n’est pas spécialement inconfortable. Ça va devenir pénible seulement petit à petit. Dans une vingtaine de minutes… Alors, quand tu en auras marre, que ça deviendra vraiment difficile à supporter, que la sueur te coulera dans les yeux, que tes cuisses auront chopé la tremblote, que les vertèbres te donneront la sensation de grincer sous la scie du menuisier, tu m’appelles. Tu dis poliment : « Monsieur l’inspecteur… j’ai retrouvé la mémoire. J’ai très envie de vous expliquer ce que je fricotais avec Alberte Poissonnier, la tenancière du café du Palais… » Je t’autoriserai à poser ta paire de fesses sur cette putain de chaise. Et, si tu as envie de pisser, à te rendre aux gogues. Je t’accompagnerai moi-même, ça vaut mieux : si mon collègue y va, c’est sûr qu’il matera par le trou de la serrure… »

  

La chronique jubilatoire de Dany

Sadorski et l’ange du pêché de Romain Slocombe

Qui est-il vraiment ce Léon Sadorski ? Un être méprisable assurément et chaque fois que le lecteur est heureux de le voir essayer de s’amender, comment dire … ça dérape !

Ses relations avec les femmes, quelles qu’elles soient … la sienne, celles des autres, les juives et celles qui ne le sont pas, les jeunes et les moins jeunes, sont tout simplement inexcusables.

Son attitude avec les juifs, dans le contexte, connait peu d’excuses aussi mais l’époque nourrit l’ambigüité.

Les plus crédules ne peuvent cependant pas ignorer les exactions perpétrées au nom de la pureté de la race aryenne.

Tout est humiliations et exactions … mais attention ça n’est pas l’exclusivité de Léon Sadorski.

C’est le « jeu » de tous ceux qui détiennent une autorité et entretiennent un lien de domination avec de plus faibles qu’eux, renforcé quand ils sont minables car c’est le seul moyen pour eux d’exister, alors dans le contexte des années 42-43 en France occupée, dans l’ex-capitale tout prend une importante vitale.

C’est le « jeu » de ceux qui choisissent la collaboration et l’enrichissement personnel à la résistance et la solidarité.

C’est le « jeu » de ceux qui font « semblant » et de ceux qui font « comme si ».

Rien ne plaide donc en la faveur de Sado dans ce troisième et dernier volet de ses aventures malsaines et l’auteur distille le venin au fil des pages avec un suspense mêlé aux références historiques, politiques, littéraires, cinématographiques … une ambiance réaliste et un récit qui en apprend aux plus documentés sur l’époque. La précision des référence peut sembler parfois superflue mais avec le recul rien n’est gratuit.

Déroutante la façon dont Romain Slocombe mêle les intrigues au point où le lecteur ne sait plus qui sont les héros principaux, l’intrigue majeure, les détails superflus. Cependant il lit, dévore, tourne les pages avec ardeur, surpris et envouté qu’il est par ce style incomparable, en espérant que les méchants seront punis … et qu’ils souffrent aussi !

Une écriture cinématographique qui image à merveille les situations les plus atroces.

Enfin pour compléter, le lecteur ne peut échapper à la réflexion sur la xénophobie et au sort réservé aux migrants qu’ils soient économiques ou politiques ainsi qu’aux risques encourus d’une société qui épouserait les extrémismes en la matière.

J’ajoute que j’ai lu ce troisième volet sans avoir lu les deux premiers et que même si ça n’est sans doute pas le plus académique pour approcher la psychologie des personnages, ça n’est pas franchement un handicap.

Un noir plus que noir et dérangeant, qui laisse sans voix !

Extrait 2 :

« — Ja, ja. Nous sommes du même avis. Je vais vous raconter la première vraie Aktion à laquelle a participé mon unité de police, pour la Entjudung, la déjudaïsation. De mai 1941, où nous sommes retournés à Hambourg, à juin 1942, le 101e bataillon a été entièrement refondu et nous avons subi un entraînement intensif. Durant l’automne 1941, le 101e a fourni des effectifs pour la déportation des Juifs de Hambourg et de Brême, à destination de Litzmannstadt, Minsk, et Riga. On avait dit à nos Juifs allemands qu’on leur attribuerait un nouveau territoire de colonisation à l’est. Plus de cinquante-trois mille Juifs et cinq mille Tziganes du Reich sont partis ainsi, jusqu’à la fin de février 1942. J’ai fait partie de l’escorte du convoi du 8 novembre, qui transportait quatre cent huit Juifs de notre ville. On les a fait monter dans des voitures normales de passagers, accompagnées de deux wagons d’outils, de pelles, de haches… Notre commando voyageait dans une voiture de seconde classe, il n’y avait pas de gardes dans celles des Juifs eux-mêmes. Tout ça pour leur inspirer confiance, vous comprenez…

— Oui…

— Le train était gardé seulement pendant les arrêts, sur les deux côtés. Après quatre jours nous sommes arrivés à Minsk. Là, un commando SS attendait notre transport. On a fait monter les Juifs dans des camions. Leurs bagages devaient rester dans le train, on leur a expliqué qu’ils suivraient… On nous a logés dans une ancienne caserne russe, où était cantonné un bataillon du cadre actif de l’Ordnungspolizei, pas des réservistes comme nous. En parlant avec eux nous avons compris que nos Juifs allaient être fusillés dans la forêt près du village de Maly Trostenets, comme d’autres l’avaient été par les hommes du bataillon actif et par les SS quelques semaines auparavant. Notre commandant de compagnie, le lieutenant Gnade, ne voulait pas y être mêlé et il nous a ramenés à la gare, où nous avons quitté Minsk par le train de nuit. 

Sadorski s’étonne :

— Ça se résume à ça, votre « Aktion » ?

— Nein, sourit Pisk. Ces convois de Juifs, c’était de petits hors-d’œuvre. Avant que nous reprenions du service en Pologne, en juin 1942… »

 

 

 

L’étoile jaune de l’inspecteur Sadorski de Romain Slocombe


Le livre : L’étoile jaune de l’inspecteur Sadorski  de Romain Slocombe. Paru le 24 août 2017 chez Robert Laffont dans la collection La bête noire.  21€50 ; (583 p.) ; 23 x 14 cm.

Réédité en poche le 23 août 2018 aux Points dans la collection Point Policier.  8€70 ; (587 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Après le succès de l’affaire Léon Sadorski, une nouvelle enquête du sinistre et fascinant inspecteur des renseignements généraux.

Paris, 29 mai 1942 : une bombe explose devant le Palais de justice, dans un café fréquenté par les Brigades spéciales, faisant deux morts et plusieurs blessés. Quelques jours plus tard, le cadavre d’une inconnue est découvert en banlieue. Crime passionnel ou politique ?

Chargé d’enquêter sur ces deux affaires, l’inspecteur Léon Sadorski voit ses projets de vacances contrariés – d’autant plus qu’il doit bientôt participer à la grande rafle du Vél d’Hiv, exigée par les nazis et confiée à la police française. Un destin tragique menace désormais sa jeune voisine Julie Odwak, la lycéenne juive qu’il convoite en secret et dont il a fait interner la mère.

L’auteur : Slocombe, Romain est né en 1953 dans une famille franco-britannique. Romain Slocombe est l’auteur de plus de vingt romans, dont Monsieur le Commandant et L’Affaire Léon Sadorski (prix Libr’à Nous 2017 catégorie polar), tous deux sélectionnés pour le Goncourt et le Goncourt des lycéens.
Extrait :
« Tu sais comment ça se passe les exécutions à Suresnes? Moi, j’en ai déjà vu. Des otages juifs que j’ai fait fusiller parce que c’était des rouges! Des pourritures, des têtes de cons comme toi! On les fait partir à 6h30 du matin de Drancy ou du fort de Romainville. Chaque détenu est enchaîné et accompagné par deux SS. Les cercueils font le voyage avec eux. Pas de couvercle, ça fait gagner du temps. On les fabrique tous de la même taille, donc certains trop justes pour les macchabées qu’on y mettra. Ceux-là, on les fait rentrer entre les planches à coups de pied. Les otages ont le droit de formuler leurs dernières volontés, de fumer une cigarette, et pour ceux qui veulent, de demander l’assistance d’un aumônier. »

Le post-it du bibliothécaire,

Le post-it de Ge

 

Dans ce second tome de la trilogie Sadorski, Romain Slocombe nous invite à poursuivre les aventures de Léon Sardorski, « Le Caïd du Rayon juif « .

Chef de brigade de voie publique à la 3e section de la direction générale des Renseignements généraux et des Jeux, Sardorski est un policier français qui ne se pose pas de questions, il fait son boulot c’est tout. Certains diront avec un peu trop de zèle mais bon c’est l’époque qui veut ça. C’est vrai qu’il use et abuse souvent de ses prérogatives. Comme quand il fait interner sa voisine Raïssa Odwak en l’accusant de communisme comme si ça ne suffisait pas d’être juive. En l’envoyant à la prison des des Tourelles, il laisse seule à sa merci, la jeune Julie. Surtout  que Jacques son père lui est déjà interné à Pithiviers. Mais là encore Sadorski ne fait que son taf même s’il a des vues sur la demoiselle Odwad.

Vous l’aurez compris, Romain Slocombe nous offre là un salaud magnifique. Un salaud donc il fait le héros de sa trilogie. Il fallait oser. Mais notre auteur n’en ai pas à son coup d’essai il nous avait déjà fait le coup dans Monsieur le commandant (dont je vous recommande fort la lecture tellement ce petit livre est bouleversant et dérangeant). Oui il nous brosse le portrait d’un français ordinaire sous l’occupation. Léon Sadorski, est-il un antisémite convaincu ou alors un opportuniste de première ? Ce qui est certain c’est qu’il a bien compris le pouvoir que sa carte de police peut lui procurer en ses temps troubles où la France a basculé dans l’horreur et où la chasse aux juifs, aux cocos et aux parias de tous bords est devenue un sport national.

Pour autant Romain Slocombe ne fait pas ici l’apologie du régime de Vichy. Non il se pose là et nous donne à voir ce que l’humain porte en lui de pire dés que les conditions historiques, politiques, économiques voire sociales sont réunies. Si il a choisi un sale type pour héros, il ne le juge pas, il le laisse vivre dans son époque.

Une époque que notre auteur reconstitue à merveille. Le Paris de l’occupation comme si nous y étions. Il appuie son propos à grande aide de documentations historiques qui vient étayer et étoffer son intrigue. Slocombe fait ici oeuvre d’historien, mais il fait aussi un travail de mémoire salutaire. Car si aujourd’hui avec mon œil aiguisé de femme française du 21e siècle je lis ce livre en éprouvant fort dégoût pour les protagonistes de cette histoire qu’on aurait-il était si j’avais moi même vécu l’occupation. Aurais-je  baissé ou fermé les yeux devant les exactions de tous poils. Je ne suis pas certaine d’avoir pu avoir une once d’héroïsme ou d’abnégation tels ses résistants prêts à sacrifier leur vie pour combattre la barbarie. Alors oui j’ai détesté Léon Sardowski et les gens de son espèce. J’ai condamné les exactions commissent par la police française, j’ai été indigné face aux humiliations que l’on faisait vivre aux juifs quotidiennement sans parler de la peur qu’on leur a fait subir. Oui je ne comprends pas la population parisienne qui ne s’est pas révoltée lors des rafles. Mais qui suis-je pour tous les juger.

Juste peut-être puis-je essayer de faire en sorte que de telles atrocités ne soient plus possible et que l’ignominie ne passe pas en France et partout en Europe. Mais là je doute quand je vois la montée des populismes et autres extrémistes autour de nous.

Alors lisez ce livre, lisez cette trilogie, c’est vraiment pour moi une énorme coup de cœur et une lecture salutaire.

Et si vous êtes passé à coté, hier Maud vous a fait part de son ressenti sur le premier opus de cette saga : L’affaire Léon Sadorski

Et demain c’est Danièle qui vous dira ce qu’elle pense du troisième et dernier opus, Sadorski et l’ange du péché.

Et oui nous nous sommes mis à trois flingueuses pour vous parler de ce super triptyque.
Mais attention chaque livre peut se lire indépendamment des autres.

L’Affaire Léon Sadorski – Romain Slocombe


Le livre : L’Affaire Léon Sadorski de Romain Slocombe. Paru le 25 Août 2016 aux Editions Robert Laffont, collection La bête Noire. 21.00 euros. 512 pages. 14,2 x 3,6 x 22,6 cm.

 Réédité en poche le 24 Août 2011 aux Editions Points, collection PST Policiers. 8€50 ; 480 pages ; 11×18 cm.

4ème de couverture :
Depuis que les nazis occupent Paris, l’inspecteur Léon Sadorski coffre les Juifs pour les expédier à Drancy tout en empochant des pots-de-vin. La Gestapo l’arrête et le transfert à Berlin pour une série d’interrogatoires dignes de Kafka. Le but des Allemands en le terrorisant : en faire leur agent et lui confier une mission  » spéciale « . Mais à son retour en France, quand une jeune femme est assassinée et que la police SS confisque l’enquête, Sadorski décide de faire justice lui-même, en dépit de tous les dangers…

L’auteur : Né en 1953 dans une famille franco-britannique, Romain Slocombe est l’auteur d’une vingtaine de romans, dont Monsieur le Commandant sélectionné pour le Goncourt et le Goncourt des lycéens 2011.

Après des études d’art, Romain Slocombe participe à l’aventure artistique du groupe Bazooka, notamment au tout début de celle du magazine Métal Hurlant (années 70), pour lequel il produit des œuvres naviguant entre bande dessinée et illustration. Ses thèmes de prédilection se focalisent rapidement autour du Japon, auquel il s’est intéressé dès sa prime jeunesse, et le bondage, avec des jeunes femmes (infirmières et japonaises) attachées (auquel et auxquelles il s’est intéressé plus tard).

Ses modes d’expression sont multiples : bande dessinée, dessin, peinture, illustration, photographie, cinéma, essais et roman, ce dernier que cela soit pour la jeunesse ou pour un public plus large. Romain Slocombe a exposé ses œuvres graphiques en France comme à l’étranger (New York, Londres, Stockholm, Tokyo, Bologne…).

L’expression romanesque semble avoir occupé une proportion importante de son énergie créative dès 2000 avec la parution de quatre romans – formant une tétralogie nommée La Crucifixion en jaune – jusqu’en 2006, avec comme (personnages et) éléments principaux :

Ces livres mêlent avec talent une intrigue de type roman noir avec, à chaque fois, des pans de chapitres dédiés à une approche de type historique, d’ailleurs documentée : la secte Aum, l’Histoire du Japon, en particulier ses exactions en Chine à partir de 1937 et pendant la Seconde Guerre mondiale. 

Extraits :
« Notre informateur avait aussi rédigé un long mémorandum sur le soutien occulte du patronat français aux éléments de la droite extrême et à la politique allemande. Il citait MM. Peugeot et Scheller, qui est le directeur de L’Oréal et de Monsavon, comme financiers du CSAR, mouvement surnommé la Cagoule, notait que M. Albert-Buisson, président de Rhône-Poulenc, était un vieil ami de Pierre Laval… Ostniski avait copié une liste une liste de tous les donateurs de la Cagoule: autant que je me rappelle il y avait la société Michelin, les huiles Lesieur, un groupe de soyeux lyonnais, les chantiers de Saint-Nazaire, Pont-à-Mousson, les peintures Ripolin, le syndicat de l’industrie lyonnaise, Saint-Gobain, Cointreau, Lemaigre-Dubreuil, et des banquiers, notamment la banque Words…Les souscripteurs étaient recrutés par le Polytechnicien Eugène Deloncle, fondateur du MSR. Vous comprenez, nos grands patrons avaient connus une sale frayeur en 1936 avec la Front Populaire… Alors dans ces milieux-là, l’expression courante était « Vivement qu’Hitler vienne mettre de l’ordre ! »

Les Lectures de Maud :


Cette lecture nous plonge à Paris, sous l’occupation allemande pendant la seconde guerre mondiale. Les décors et atmosphères envoutent le lecteur. La peur, le manque, les négociations et autres arrangements sont très présents et réalistes.

De très nombreux protagonistes entourent cette première enquête de l’inspecteur Léon Sadorski. La surpopulation de personnages peut parfois perdre un peu le lecteur, certains évoqués n’apportent pas vraiment quelque chose à l’histoire. Un personnage principal que l’on peut aimer et haïr à la fois. Au fur et à mesure, il va aller de retours en déconvenues, en voulant mener cette enquête à bien et pourtant les entraves et barrières vont s’enchaîner.

Je suis très heureuse de découvrir l’écriture fluide de l’auteur à travers ce premier tome. Pendant ma lecture, j’ai pourtant rencontré quelques longueurs et lourdeurs. L’axe politique choisi dans ce livre rend cette œuvre originale. Je regrette pourtant que l’enquête sur l’assassinat soit placée au 3ème plan, mais c’est un choix que je respecte amplement.

L’Unité Alphabet – Jussi Adler-Olsen


Il y a quelques jour Ophélie nous livrait son avis sur L’Unité Alphabet de Jussi Adler-Olsen.

Aujourd’hui c’est Jean Paul qui nous fait partager son ressenti

Le voici…


Le livre : L’Unité Alphabet de Jussi Adler-Olsen. Paru le 29 août 2018 aux Éditions, Albin Michel. 8,30 € ; 480 p. ; 10,8 x 17,8 cm.

4ème de couverture :

L’Unité Alphabet est le service psychiatrique d’un hôpital militaire où, pendant la Seconde Guerre mondiale, les médecins allemands infligeaient d’atroces traitements à leurs cobayes, pour la plupart des officiers SS blessés sur le front de l’Est.

Bryan, pilote de la RAF, y a survécu sous une identité allemande en simulant la folie. Trente ans ont passé mais, chaque jour, il revit ce cauchemar et repense à James, son ami et copilote, qu’il a abandonné à l’Unité Alphabet et qu’il n’a jamais retrouvé. En 1972, à l’occasion des jeux Olympiques de Munich, Bryan décide de repartir sur ses traces. Sans imaginer que sa quête va réveiller les démons d’un passé plus présent que jamais.

Le premier roman de Jussi Adler Olsen, l’auteur de la célèbre série du Département V, où éclatait déjà le talent de ce maître du thriller scandinave.

 

L’auteur : Abonné aux premières places des listes de best-sellers dans le monde entier, on ne présente plus le Danois Jussi Adler-Olsen : lauréat du dernier Ripper Award (prix européen du polar), du Prix Boréales du polar nordique 2014 pour l’ensemble de la série du Département V, Grand prix polar des lectrices de Elle 2012 pour Miséricorde, prix « Laurier d’or » des libraires au Danemark et prix Clé de verre (meilleur polar scandinave) pour Délivrance.

 

Extrait :
« James commençait à synthétiser les renseignements. Quelques informations par-ci, une bribe d’anecdotes par-là et des heures de vantardise qui, ensemble, composaient l’histoire des trois simulateurs qui partageaient son quotidien.
Dieter Schmidt, le Chétif, celui qui était dans le lit le plus éloigné, parlait très bas et il n’était pas facile d’entendre ce qu’il disait. James ne savait pas s’il était d’une nature discrète ou si c’était la peur d’être découvert qui lui donnait une voix aussi tenue. Les gens changent en fonction de leur environnement. Leur morphologie peut également avoir une incidence. James avait remarqué par exemple que plus Dieter Schmidt avançait dans ses séances d’électrochocs, plus il paraissait effacé, alors que ni Kröner ni Lankau ne semblait en être affectés. Quoi qu’il en soit, leur situation actuelle ne les empêchait pas d’échanger leurs souvenirs avec jubilation. James priait pour qu’un jour une infirmière les surprenne, que c’est trois monstres soient démasqués et que son cauchemar se termine.
En attendant, il devait se méfier deux et s’assurer qu’il n’aient aucun soupçon à son égard.»

 

Le ressenti de Jean-Paul

 

Bonjour à toutes et à tous…

 L’Unité Alphabet est le premier roman de Jussi Adler-Olsen, qui est devenu un best-seller dès sa sortie dans de nombreux pays.

Comme l’indique l’auteur à la fin de son ouvrage, “Ce livre n’est pas un roman de guerre.”

Malgré certaines longueurs au début (justifiées par le sujet du récit), ce roman est incroyable !

 C’est le récit sur une véritable amitié masculine, sur l’amour, sur la folie aussi, mais surtout, c’est le récit d’une trahison…

 Nous sommes dans l’univers des hôpitaux psychiatriques durant la seconde Guerre Mondiale.

Mais ici, ce ne sont pas des juifs qui sont traités en cobayes par des médecins allemands mais bel et bien des officiers SS !

 La première partie du roman qui se déroule en 1944 est très visuelle.

Il n’y a quasiment pas de dialogues obligeant l’auteur à utiliser une écriture détaillée et pointue.

C’est une histoire très pesante, effrayante, cruelle et terrifiante. Mais surtout, terriblement vrai. C’est avec des recherches très approfondies que Jussi nous fait revivre avec maestria les heures sombres d’une certaine forme de cette guerre que j’ignorai totalement.

Des asiles où sont parqués des officiers SS qui sont de véritables mouroirs.

Des médecins et des infirmières qui tentent bien que mal de conserver leurs blessés en vie, alors que la guerre est aux portes de l’hôpital.

 Vers la seconde moitié du livre, l’action se déroule en Angleterre, en 1972.

Mais très vite l’intrigue se retrouve de nouveau en Allemagne.

Le jeu du chat et de la souris commence alors avec de nombreux rebondissements inattendus.

L’écriture de cette partie est superbe !

Chaque chapitre se déroule avec la mise en avant d’un narrateur différent, avec son mode de pensée et ses émotions, donnant ainsi pour chaque personnage/chapitre un rendu particulièrement vivant et rythmé !

 L’Unité Alphabet, ou l’histoire du destin passionnant sous la forme d’un thriller oppressant, de deux pilotes, Bryan et James…

 

La vengeance de Gaïa de Jean-Luc Aubarbier 


Le livre :  La vengeance de Gaïa de Jean-Luc Aubardier –  Paru le 04/01/2017 aux éditions City dans la collection Thriller. 17.90 € ; (288 p.) ; 24 x 16 cm

Réédité en poche le 20/06/2018 dans la collection City Poche. 7.60 €  ; 308 pages ; 18 x 11 cm

4ème de couverture :

«Un archéologue est retrouvé assassiné, une lance plantée en plein cœur. Quelques semaines plus tôt, il avait mis au jour une incroyable grotte préhistorique près de Lascaux, en Périgord. Cette découverte pourrait bien révolutionner toutes les connaissances sur l’histoire de l’humanité. Les peintures rupestres racontent en effet la destruction, il y a 11 000 ans, de la civilisation des Cro-Magnon par un gigantesque réchauffement climatique, Un cataclysme qui aurait donné naissance aux légendes du Déluge et de l’Atlantide. Pierre Cavaignac et Marjolaine Karadec, qui participaient à l’expédition archéologique, se lancent sur la piste du tueur. Alors que les cadavres s’accumulent, ils découvrent les milieux les plus secrets de la franc-maçonnerie et de l’extrémisme écologiste… . »

L’auteur : Romancier, historien des religions, libraire dans le Sud-Ouest, Jean-Luc Aubarbier est membre d’une obédience maçonnique française de rite écossais. Dans la série d’enquêtes de Cavaignac et Karadec, il a déjà publié L’échiquier du Temple, Le Testament Noir et Le complot de l’aube dorée (City).  

 « Je suis né à Sarlat, en Périgord, le 26 mai 1955, et j’y réside toujours, ne m’étant absenté de ma cité natale que le temps de mes études à Bordeaux, à l’INSEEC, une école supérieure de commerce bien éloignée de mes préoccupations littéraires, mais où j’ai appris le pragmatisme et rencontré des amis formidables. J’ai aussi beaucoup voyagé. Aujourd’hui, je partage mon temps entre Arcachon, où j’aime aussi écrire, et Sarlat. Après quatre années à travailler comme contrôleur de gestion dans une société commerciale, j’ai repris, avec ma sœur, Geneviève Binet, une librairie à Sarlat en 1983. Au cours de ma première année de libraire, j’ai eu la chance de décrocher un contrat, au culot, auprès des éditions Ouest-France. Il cherchait un auteur pour écrire sur la préhistoire en Périgord; j’ai dit: « je vous le fais ». Pendant vingt ans, j’ai assouvi ma passion pour l’histoire en rédigeant des guides touristiques et des ouvrages sur le catharisme et les Templiers. Je voulais être romancier, mais je ne me sentais pas prêt. Je connaissais aussi les difficultés d’être édité dans la ‘voie royale’ de la littérature. Puis avec l’an 2000, nouveau siècle et nouveau millénaire, je me suis lancé dans la rédaction de mon premier roman, comme on se jette à l’eau. « Les démons de sœur Philomène », publié par les éditions Jean-Claude Lattès, connurent un beau succès. L’ouvrage fut ensuite édité en poche, chez de Borée, et adapté au cinéma. J’avais trouvé ma voie (et ma voix) d’auteur de romans historiques. Travailler des sujets réels en les adaptant à l’univers de la fiction, faire de l’Histoire non pas un simple cadre, mais un personnage du roman, faire chanter une musique qui change avec les époques: « L’Honneur des Hautefort » se déroule au XVIIe siècle, « Le Talisman Cathare » au moyen-âge, « Le chemin de Jérusalem » entre 1920 et 1974. Pour ‘marraine’ de mes romans historiques, j’avais choisi Marguerite Yourcenar; je ne pouvais trouver mieux. »

Source …son site : http://www.aubarbier.fr/ 

Extrait :
« Nous avons provoqué par nos activités le réchauffement climatique qui nous desséchera, nous réduira à la misère, ou nous engloutira sous la puissance des eaux montantes. »
« Je crois que les Français ont beaucoup de retard dans ce domaine [l’écologie politique], reprit le Suédois, toujours prêt à donner un cours magistral. La nature est-elle sujet ou objet de droit ? La question a depuis longtemps été posée en Scandinavie et aux États-Unis. La planète Terre, Gaïa comme la nommaient les anciens Grecs, n’est-elle pas un être vivant à part entière ? Les arbres, les rivières, doivent avoir des droits au même titre que les humains. »

 

La chronique jubilatoire de Dany

La vengeance de Gaïa de Jean-Luc Aubarbier

Palpitante aventure à double détente … la parallèle entre notre époque contemporaine et ce qu’a vécu l’humanité il y a 11 000 ans, quand l’homme est passé de la cueillette et la chasse à l’élevage, est sidérante. Hier comme aujourd’hui, le réchauffement climatique et la remontée des eaux impliquent des migrations communautaires et les gourous imposent leurs religions. Dans cette fresque très réaliste, aujourd’hui des écologistes « intégristes » sont prêts à toutes les extrémités pour faire aboutir leurs idéaux et les archéologues Pierre et Marjolaine, tentent au nom des valeurs humanistes de la franc-maçonnerie de sauver ce qui peut encore l’être.

Extrêmement documenté, il s’agit d’un véritable thriller, sur deux époques qui se ressemblent, qu’on ne peut lâcher avant son dénouement. Est-ce pour autant fini à la page 308 ? Non sans aucun doute, car la réflexion est amorcée avec cette vision philosophique où se confrontent humanisme et humanité, où s’exprime le rôle que consentent les terriens à la nature, exploitée à leur bénéfice ou pas ! C’est bien la question fondamentale qui est posée ici.

Belle découverte que cet auteur rencontré récemment au Cap-Ferret.

Lu en poche

L’unité Alphabet de Jussi Adler-Olsen


unitéLe livre: L’unité Alphabet de Jussi Adler-Olsen. Parution le 03 septembre 2018 aux éditions Albin Michel. 22€90 ; (640 p.) ; 22,5×15,5

 

4ème de couverture:
L’Unité Alphabet est le service psychiatrique d’un hôpital militaire où, pendant la Seconde Guerre mondiale, les médecins allemands infligeaient d’atroces traitements à leurs cobayes, pour la plupart des officiers SS blessés sur le front de l’Est.
Bryan, pilote de la RAF, y a survécu sous une identité allemande en simulant la folie. Trente ans ont passé mais, chaque jour, il revit ce cauchemar et repense à James, son ami et copilote, qu’il a abandonné à l’Unité Alphabet et qu’il n’a jamais retrouvé. En 1972, à l’occasion des jeux Olympiques de Munich, Bryan décide de repartir sur ses traces. Sans imaginer que sa quête va réveiller les démons d’un passé plus présent que jamais.

Jussi_Adler-Olsen_389962xL’auteur: Jussi Adler-Olsen, de son vrai nom Carl Valdemar Jussi Adler-Olsen est un écrivain danois. Il est né le 2 août 1950 à Copenhague. Après avoir été le « bon » guitariste d’un groupe de musique pop, il s’essaie à la médecine puis aux sciences politiques, étudie le cinéma, mais aussi les mathématiques.
Plus tard, il transforme son appartement en boutique de BD d’occasion, monte une maison d’édition, joue les scénaristes et participe au Mouvement danois pour la paix.
Depuis 2007, Jussi Adler-Olsen s’est spécialisé dans une série de romans policiers. Il connaît un succès sans précédent avec Département V, sa série best-seller.
Cette série a été récompensée par les prix scandinaves les plus prestigieux : le Prix de la Clé de Verre du meilleur thriller scandinave, le Prix des Lauriers d’Or des Libraires et le Prix des Lecteurs du meilleur livre danois.
En France, Miséricorde a été récompensé par le Grand Prix des Lectrices de ELLE 2012 et le Prix des lecteurs du Livre de Poche 2013.
Son roman « Délivrance » (2013) a déjà reçu le Prix du meilleur Thriller scandinave ainsi que le Prix des libraires Danois.
Les deux premiers tomes de « Département V » ont été adaptés au cinéma au Danemark.
La série est traduite ou en cours de traduction dans plus de 40 pays, et s’est déjà vendue à plus de 10 millions d’exemplaires dans le monde.
Extrait:
« Ce travail avait été éprouvant pour le groupe d’inspection. Y compris quand il s’était agi de patients normaux souffrant seulement de blessures physiques. Le mépris des nazis pour les faibles n’avait même pas épargné leurs propres hommes. Il n’était pas rare de voir des patients nazis dont l’alimentation avait été si pauvre en graisses pendant les derniers mois de la guerre que leur système nerveux en était durablement affecté. Parmi tous les hôpitaux militaires qu’ils avaient visités, seuls quelques-uns, dans le sud de l’Allemagne et à Berlin, avaient été jugés de qualité acceptable. Les autres étaient une véritable misère. »

 

Le OFF de Oph

L’unité Alphabet, de Jussi Adler-Olsen

IMG_8759

Surprenant… Une plongée dans les méandres de la mémoire… A une époque où l’homme était prêt à tout pour survivre, qu’auriez-vous fait à leur place?

Haine, trahisons, amitié, amour, meurtres… Il y a tout ça dans « l’unité alphabet ».

Ce roman de Jussi Adler-Olsen est en fait son premier roman. Paru en 1997 au Danemark, c’est Albin Michel qui nous le fait découvrir aujourd’hui.

J’ai évidemment beaucoup entendu parlé de l’auteur, pour autant je ne l’avais encore jamais lu. C’est donc une totale découverte pour moi et je n’avais aucun a priori.

Ce pavé de 640 pages et composé de deux parties. Si la deuxième m’a transportée, je me suis ennuyée pendant la première. Beaucoup de descriptions et peu de rythme, j’ai eu peur de le lâcher, mais certains sujets m’ont convaincus de m’accrocher, et grand bien m’en a pris.Ma lecture achevée je ne regrette pas de ne pas avoir abandonné. La première partie est essentielle pour la mise en place du décorum et pour faire connaissance avec les personnages multiples qui évoluent au cœur d’une intrigue qui mêle le passé et le présent dans une valse à trois temps…

Quand l’avion de Brian et James s’écrase en Allemagne, les deux anglais n’ont pas d’autre choix, pour survivre, que de se faire passer pour des malades allemands. Leur parcours nous permet de faire connaissance avec ces deux personnages forts, liés par une amitié qui remonte à l’enfance. C’est également pour l’auteur l’occasion d’évoquer l’euthanasie thérapeutique, courante sous le régime nazi, de sombrer au cœur de la folie d’un système mais également de la folie des hommes.. Jussi Adler-Olsen prend le temps de nous présenter les acteurs de ce thriller dont le rythme va monter crescendo à compter de la deuxième partie.

Les sujets évoqués sont nombreux, entre la folie, la haine, l’amitié, l’espoir, l’euthanasie… mais pas au service de l’intrigue comme c’est souvent le cas dans un thriller, mais davantage au bénéfice des personnages qui s’étoffent, qui prennent en consistance pour notre plus grand plaisir de lecteurs.D’ailleurs l’unité alphabet ce n’est pas un thriller « classique » avec une intrigue centrale et la résolution d’une enquête ou d’un meurtre!L’unité alphabet est un thriller dont les personnages sont l’intrigue.Qui sont-ils vraiment? que cherchent-ils? Que cachent-ils?Jusqu’où iront-ils?

Après des débuts chaotiques je me suis laissée transportée par la deuxième partie du roman qui s’est révélée passionnante de revirements, de rebondissements, et pourvoyeuse de sentiments contradictoires.

Un roman qui m’a donné envie de découvrir les autres roman de Jussi Adler-Olsen, de lire l’évolution de son style et me délecter encore de ses personnages.

Métamorphosis de Vivianne Perret


Houdini, magicien & détective Volume 1, Metamorphosis de Vivianne Perret. Paru le 5 octobre 2016 aux Ed du Masque.18€ ; (250 p.) ; 23 x 15 cm
Réedité en poche le 5 octobre 2017 chez 10/18 dans la collection Grands Détectives. 7€60 ; (260 p.) ; 18 x 11 cm
4e de couv :
Entre mafia chinoise, corruption et tours de magie, un portrait passionnant de Houdini dans une Amérique du XXe siècle en profonde mutation.
San Francisco, juillet 1899. Le jeune magicien Harry Houdini, en tournée en Californie avec sa charmante épouse Bess, fait alors sensation avec son tour Metamorphosis (ou la malle des Indes) et son tout nouveau numéro d’escapologie, où il se débarrasse de dizaines de menottes et de chaînes en quelques minutes.
Après l’un de ses spectacles, Houdini est invité à se rendre à Chinatown chez un riche négociant en soie. Ong Lin Foon, qui n’a aucune confiance en la police, lui demande de retrouver sa nièce, kidnappée à son arrivée à San Francisco. Le marchand craint qu’elle n’ait été enlevée pour aller grossir les bordels de Chinatown. Poussé par Bess qui juge le sort de ces victimes révoltant, Houdini accepte de mener l’enquête. Ce que Bess ignore, c’est que le magicien va également mener en parallèle une mission secrète pour le gouvernement américain…
……………………
L’auteure : Vivianne Perret est historienne, écrivain, journaliste et une insatiable polyglotte globetrotteuse. Fascinée par les coulisses de l’Histoire, elle est une grande spécialiste des Etats-Unis et tout particulièrement incollable sur la figure mythique de Buffalo Bill et sur les Indiens Lakotas. Elle a même poussé sa passion pour les Indiens des plaines jusqu’à apprendre le sioux. Après Metamorphosis, elle offre une suite palpitante aux aventures du magicien Houdini dans Le Kaiser et le roi des menottes, aux éditions Lattès.
……………………
Extrait : 
“Jim n’était pas convaincu par les explications de Houdini ; il insista, vaguement inquiet pour l’avenir du patron.
– Ouais mais imaginez que quelqu’un finisse par comprendre votre truc. Eh ben, votre tour, il est foutu.
Houdini pila net.
– Impossible”
Il embrassa le rue d’un coup d’œil, comme si son regard transperçait les murs de brique et se portait bien plus loin, franchissant les mers.
– Nous sommes à l’aube d’un nouveau siècle et je suis le magicien qui va le marquer de son empreinte.
Tu sais pourquoi ?
Il marqua un petit temps d’arrêt et posa sa main sur l’épaule de Jim. L’adolescent secoua négativement la tête.
– Parce que je suis le meilleur, mon petit Jim. Tout simplement parce que je suis le meilleur.”
……………………

Le “ressenti” de Jean-Paul

Métamorphosis de Vivianne Perret

J’ai rencontré Vivianne Perret fin mars, au PolarLens. C’est mon ami Alexis Aubenque qui venait de s’entretenir avec elle qui m’a conseillé d’aller la voir. Je n’ai pas regretté du tout.

Discuter avec une passionnée d’écriture et d’Histoire qui après un début de discussion timide, s’ouvre, et s’illumine en transmettant son émotion fut un instant de pur bonheur !

Mais les écrits allaient-ils être au niveau de ce qu’elle me racontait ?

J’ai toujours aimé les romans qui se déroulent pendant la fin du XIXe siècle ou le début du XXe siècle, voire romans historiques tout simplement.

Ils obligent les auteurs à adopter une écriture très différente, à faire des recherches plus poussées, mais c’est surtout les ambiances qui doivent être sublimées et lorsque le scénario est en adéquation, alors c’est le bonheur…

Amateurs de violence et de sang passez votre chemin… Ce Polar est tout en finesse…

Vivianne Perret, nous entraîne dans un autre monde, tout du moins un monde méconnu. Le Chinatown de San Francisco !

Les chinois qui y vivent sont invisibles aux yeux des américains et sont soumit aux rackets constants sans possibilité d’en sortir au risque d’être agressé, les trafics de tous types, les meurtres et bien sûr le racisme et la prostitution…

Pourquoi est-ce le fameux magicien Houdini, qui mêne l’enquête policière ?… Ça je ne vous le dévoilerait pas !

Je peux juste vous dire que ce n’est pas anachronique du tout et cela fonctionne plutôt bien.

Le maître de l’escapologie, l’illusionniste surdoué pas si étonné que ça, va se retrouver au cœur d’un kidnapping.

L’intrigue policière qui semblait basique au départ et on ne peut plus classique, va au fil des pages s’avérer plus complexe que ce à quoi l’on pouvait s’attendre.

Personne n’est vraiment ce qu’il semblait être…

La magie de Viviane autant que celle d’Houdini opère, et s’est avec plaisir que son écriture fine et élégante m’amène au dénouement final.

Challenge réussit pour moi. Les personnages sont bien développés et attachants et les surprises éclairent les chapitres au fur et à mesure.

Autant de bonnes raisons de découvrir les tomes suivants.

A lire !