La Menace Blackstone de Sylvain Pavlowski


Le livre : Menace Blackstone de Sylvain Pavlowski. Paru le 3 mai 2017 chez Independently published dans la Collection : Commandant Pauline Rougier. 19,99€, (407 p.) ; 14 x 3 x 21,6 cm.

4e de couv : 

La Commandante à l’Antiterrorisme, Pauline Rougier, au bord du burn-out, se voit confier l’enquête sur l’attentat qui vient d’ensanglanter Paris entre les deux tours de l’élection présidentielle. Elle découvre que cette entreprise terroriste et l’assassinat d’un politicien, star montante du monde médiatique, sont liés. Aidée par son équipe et dans un contexte politique sulfureux, elle mènera cette enquête qui lui réservera bien des surprises. Parallèlement, Jack Campbell, journaliste alcoolique du New York Times, et Thomas Delvaux, informaticien de génie, découvrent qu’une société d’investissement opaque travaille dans une discrétion absolue à un projet visant à déstabiliser les marchés financiers mondiaux. Et si tous ces éléments avaient un lien ? La Commandante Pauline Rougier, le journaliste Jack Campbell et Thomas Delvaux, devront unir leurs talents et puiser dans leurs ressources, afin de déjouer un complot qui pourrait bien changer l’équilibre du monde. Mais arriveront-ils à temps pour faire obstacle à cette menace et éviter la guerre civile qui gronde ? Le compte à rebours est engagé ! La Menace Blackstone dénonce le communautarisme, la manipulation des opinions politiques et la financiarisation du monde, ainsi que les dangers que celle-ci fait peser sur l’équilibre des économies mondiales.

L’auteur : Sylvain Pavlowski est né en 1961 à Paris, il a 3 enfants et 2 petites filles. Après une carrière réussie en tant que vice-président International dans des grands groupes informatiques, il a décidé de poser mes valises pour se consacrer à l’écriture, sa passion depuis toujours. Son goût de la lecture, acquis dès le plus jeune âge, ne l’a jamais quitté. Lecteur compulsif, il a d’abord dévoré les Jules Vernes, puis des auteurs tels que Connelly, Mankel, Deon Meyer, Grisham, Kellermann, ou encore Adler-Holsen ou Indridasson. ‘Écrire pour pointer du doigt les dysfonctionnements de notre société’
Extrait :
«  L’homme ne put s’empêcher de sourire. Il était toujours fasciné par la cupidité de ses semblables. On pouvait trahir. Après tout certaines causes pouvaient le justifier. Mais juste  pour de l’argent, cela lui semblait si…court. Quel manque de hauteur. Si tu savais combien les petites traîtrises peuvent alimenter une cause que te dépasse, tu en serais le premier surpris. »

L’accroche de Miss Aline

Menace Blackstone,

Sylvain PAVLOWSKI

 On peut avoir peur de ce livre : manipulation des opinions politiques, financiarisation du monde etc. Et puis non, tout y est expliqué de manière simple, abordable. On n’est pas noyé. Du coup ta lecture se détend, autant qu’elle peut l’être dans le contexte de ce bouquin. Parce qu’il est tout de même flippant par ce qu’il  suggère de possible, voire de déjà de ce monde.

On fait la connaissance du Commandant Pauline Rougier qui dirige la Brigade Antiterroriste. Elle est efficace dans son boulot, elle fait régner la discipline au sein de son équipe sans prise de tête. Mais Pauline traîne une douleur difficile à gérer. Elle l’a cache du mieux qu’elle peut. Elle va mener l’enquête sur l’attentat qui vient de se produire à Paris, elle est loin de se douter de là où cela va la mener.

On met dans l’équation un génie de l’informatique en la personne de Thomas Delvaux. En dehors d’être un crac en informatique, il a une gentille petite famille. Thomas va  tomber sur un truc énorme en scrutant ses ordinateurs.  Au début il ne sait pas trop où il met les pieds et puis tout se dessine et il voit l’impensable être sur le point de se réaliser. Pour l’épauler il fait appel à son ami journaliste Jack Campbell au New York Time. Jack a un ennemi juré : la bouteille !

Tout  ce petit monde va se retrouver autour d’un même but : empêcher le monde de basculer. On se bat dans la rue, on se bat à coup de milliards,  on se bat via le net, on se bat contre soi. C’est une lutte de tout les instants, si tu te relâches, t’es fini (ou presque).

L’auteur prend le temps de poser les choses, les personnages. Tu avances « tranquillement » dans ta lecture jusqu’aux dernières pages ou tu vas trembler avec eux. Vont-ils réussir ? Comment leur personnalité, leur comportement vont-ils se  trouver changé à cause de ces événements ?

Ce livre dit tout haut se qui se passe tout bas.

 NDLR : Nous devrions bientôt retrouver Sylvain Pavlowski et miss Aline pour une petite papote d’auteur.

En attendons ce soir, nous retournerons au Festival sans nom sous le regard d’une novice.

A très vite donc !

Ge porte flingue de Collectif Polar

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La maison des tocards de Mick Herron


  mickLe livre : La maison des tocards de Mick Herron. Traduit de l’anglais par Samuel Sfez. Paru le 19 janvier 2012 aux Pressses de la Cité dans la collection Sang d’encre.  21€ ;  (381 p.) ; 23 x 14 cm

mickRéédité en poche le 5 octobre 2016 chez  Actes Sud, Babel dans la collection Babel Noir. 9€ ; (391 p.) ; 18 x 11 cm.

 4e de couv : 
Un otage va être exécuté dans moins de quarante-huit heures. Sa meilleure chance de survie ? Les déclassés des services secrets britanniques, les tocards du MI5.

A cause d’une bourde commise lors d’un exercice anti-terroriste dans le métro londonien, la carrière de River Cartwright au sein du MI5 stagne. C’est peu dire, puisqu’il a été relégué au Placard, une maison perdue dans un quartier miteux de la ville où d’autres espions ratés paient pour leurs erreurs en regardant le temps qui passe. Mais une vidéo diffusée sur Internet montrant un otage menacé d’exécution sort ce petit monde de sa torpeur. Voyant là l’occasion de se racheter, River Cartwright décide, à l’aide de ses compagnons d’infortune, de sauver cet homme. Au mépris de toutes les règles de prudence et de bon sens…

Peuplé de personnages savoureux, ce roman d’espionnage atypique et rythmé revisite avec humour les codes du genre, et brosse un portrait sans concession de la Grande-Bretagne d’aujourd’hui.

mickL’auteur :  Le Britannique Mick Herron est connu outre-Manche pour sa série de romans mettant en scène deux femmes détectives. La Maison des tocards est son premier livre publié en France. Il est né à Newcastle upon Tyne, en Angleterre Il fait ses études supérieures au Balliol College de l’Université d’Oxford, où il obtient un diplôme en anglais.
Extrait : 
Voici comment River Cartwright avait quitté la voie rapide pour se retrouver avec les Tocards.
 Huit heures vingt, un mardi matin, la gare de King’s Cross remplie de ce que le Vieux appelait les autres : « Des non-combattants, River. Une occupation tout à fait respectable en temps de paix. Excepté que nous ne sommes plus en paix depuis septembre 1914. »
L’élocution du Vieux évoquait à River des chiffres romains : MCMXIV.
Il s’arrêta, consulta sa montre ou fit semblant (ce qui revenait pratiquement au même). Le flot des passagers coulait autour de lui comme l’eau sur un rocher, avec force soupirs et claquements de langue irrités. Devant la sortie la plus proche – un rectangle par lequel s’engouffrait la pâle lueur de janvier – deux Cadors vêtus de noir se tenaient aussi raides que des statues. Leur arsenal imposant passait inaperçu aux yeux des non-combattants, dont le nombre avait augmenté depuis 1914.
Les Cadors – que l’on appelait ainsi parce qu’ils accomplissaient toujours leur travail à la perfection – restaient bien en retrait, conformément aux instructions.
Vingt mètres plus loin, la cible.

Résumé et petit avis :

La maison des tocards

À la suite d’une faute impardonnable, River Cartwright, un jeune agent du MI5, voit sa carrière pourtant prometteuse brusquement interrompue. Direction « la maison des tocards », placard où tous les rebuts de la profession sont relégués. Alcoolisme, usage de drogue et perversion, compromissions politiques et trahisons… Chaque occupant expie sa faute en restant des mois, voire des années, à végéter dans ce trou, enchaînant les missions sans intérêt.

Lorsqu’une vidéo diffusée sur Internet montre l’enlèvement d’un jeune Londonien d’origine pakistanaise par un groupuscule d’extrême droite, Cartwright et l’équipe de bras cassés de la maison, désireux de se rattraper, décident de tout tenter pour résoudre l’enquête, quitte à se frotter aux grands pontes des services de la Sûreté britannique.

Ce roman d’espionnage singulier, peuplé d’une galerie de personnages hauts en couleur, bouscule avec humour, ironie et irrévérence les codes du genre.

Mick Herron a su rendre très humain ce drôle de roman d’espionnage genre plutôt très viril habituellement. Si les situations dans lesquelles notre anti-héros évolue sont cocasses voire comiques, il n’en est rien de l’histoire, elle,  est ténue et  sombre comme le destin brisés de ces jeunes gens en plein vol. Point de poudre au yeux ici, point de femmes fatales et dangereuses, point de casino royal. Juste des hommes et des femmes, des gens comme vous et moi qui  qui se débattent avec leurs mesquineries et leurs  frustrations. Des hommes et des femmes face à leurs erreurs passées en quête de redemption.

Un roman d’espionnage caustique et atypique donc, qui à tout du roman noir et psychologique, sans concession sur la Grande-Bretagne d’aujourd’hui.

Premier volet de la série des Slough House.

Extrait 2 : 
— Tee-shirt blanc sous une chemise bleue, répétait River dans sa barbe.
A présent, il pouvait ajouter quelques détails au portrait-robot dressé par Spider : jeune homme originaire du Moyen-Orient, les manches de sa chemise bleue relevées, un jean noir raide et neuf. Qui achèterait un pantalon neuf pour une telle occasion ? Il écarta la question : il serait toujours temps de se la poser plus tard.
Un sac à dos visiblement lourd se balançait sur l’épaule droite de la cible. Le fil qui pendait à son oreille, semblable à celui que portait River, aurait pu être relié à un iPod.
— Confirmez contact visuel.
River porta la main gauche à son oreille et parla doucement dans son bouton de manchette.
— Confirmé.
Un troupeau de touristes encombrait le hall. La disposition de leurs bagages évoquait un campement de pionniers. River les contourna sans quitter du regard la cible qui se dirigeait vers les quais de la gare annexe, d’où partaient les trains en direction de Cambridge et de l’est, généralement moins bondés que les express en partance pour le nord.
Des images indésirables affluèrent : débris de métal éparpillés sur des kilomètres de rails brisés, buissons en flammes au bord des voies jonchés de lambeaux de chair.
« N’oublie pas que le pire peut toujours empirer », disait le Vieux.
Le pire avait déjà empiré de manière exponentielle au cours des dernières années.
Deux policiers postés devant un portillon ignorèrent la cible mais fixèrent River. N’approchez pas, les mit-il en garde mentalement. Ne m’adressez même pas la parole. C’était toujours à cause de petits détails que les opérations capotaient. Il ne voulait à aucun prix d’une altercation qui alerterait la cible.
Les policiers reprirent leur conversation.
River se ressaisit.
River Cartwright était un jeune homme de taille moyenne aux cheveux blonds et au teint pâle, avec des yeux gris souvent pensifs, un nez anguleux et un grain de beauté sur la lèvre supérieure. Quand il se concentrait, il fronçait les sourcils d’une manière qui lui donnait l’air un peu perdu. Ce jour-là, il portait un jean bleu et une veste sombre. Si on l’avait interrogé sur son apparence, il aurait parlé de ses cheveux, qu’il avait récemment fait couper chez un de ces coiffeurs turcs qui peaufinent leur travail à l’aide d’une flamme nue sans crier gare. River était sorti du fauteuil ébouillanté, décapé comme un parquet. Maintenant encore, sa nuque le picotait.
Les yeux toujours rivés sur la cible à quarante mètres devant lui – ou plutôt, les yeux fixés sur le sac à dos –, River s’adressa de nouveau à son bouton de manchette.
— Suivez-le, mais laissez-lui de l’espace.
Le pire serait que la bombe explose à l’intérieur d’un train, mais une détonation sur le quai ne valait guère mieux. L’histoire récente prouvait que les gens étaient plus vulnérables quand ils se rendaient au travail. Non qu’ils soient plus faibles, mais pour la simple raison qu’ils étaient entassés dans un espace clos.
River ne regarda pas autour de lui, certain que les Cadors vêtus de noir le suivaient de près.
A sa gauche, des sandwicheries et des cafés, un pub, un stand de viennoiseries. A sa droite stationnait un long train. Sur le quai, à intervalles réguliers, les passagers tentaient de faire entrer leurs valises par les portes. Au-dessus, des pigeons volaient bruyamment de poutrelle en poutrelle. Un haut-parleur donna des instructions : la foule enfla dans le hall derrière River, tandis que des individus s’en détachaient.
Dans les gares, il y avait toujours cette impression de mouvement contenu. Les foules sont des explosions en suspens, les gens des fragments, seulement ils ne le savent pas encore.
La cible disparut derrière un groupe de voyageurs.
River se décala sur la gauche ; la cible réapparut.
Alors qu’il passait devant un café, un couple assis lui rappela un souvenir. La veille, à la même heure, River se trouvait à Islington. Pour son évaluation, il devait constituer un dossier sur une personnalité publique : on lui avait assigné un leader de l’opposition, mais l’homme venait de subir deux crises cardiaques et se trouvait maintenant dans une clinique du Hertfordshire. Comme on ne semblait pas lui chercher de remplaçant, River en avait choisi un de sa propre initiative. Il avait suivi Lady Di pendant deux jours d’affilée sans se faire repérer : bureau puis salle de sport ; bureau puis bar à vin ; bureau puis maison ; puis café, bureau et encore salle de sport… Le logo du café lui rappela cette filature. Dans sa tête, le Vieux aboya : « L’esprit, le boulot : au même endroit. Ça te paraît une bonne idée ? »
Bonne idée.
La cible prit à gauche.
— Potterville, marmonna River.
Il passa sous le pont puis tourna à gauche, lui aussi.
Après un bref coup d’œil au ciel – aussi gris et humide qu’un torchon –, River s’engouffra dans le mini-hall qui abritait les voies 9, 10 et 11. Du mur extérieur dépassait un chariot à bagages : la voie 9 3/4 accueillait l’express pour Poudlard. River poursuivit son chemin. La cible se dirigeait déjà vers le quai no 10.
Tout s’accéléra.
Il n’y avait pas beaucoup de monde – le train suivant ne partait qu’un quart d’heure plus tard. Un homme lisait le journal, assis sur un banc. C’était à peu près tout. River pressa le pas, réduisant l’écart. Derrière lui, il ressentit un changement dans le brouhaha ambiant, les murmures se faisaient plus nets : il comprit que les Cadors attiraient l’attention.
La cible ne se retourna pas. Il continua d’avancer, comme s’il avait l’intention de monter dans le wagon le plus éloigné : tee-shirt blanc, chemise bleue, sac à dos, etc.
River parla de nouveau à son bouton de manchette.
— Attrapez-le.
Puis il se mit à courir.
— Tout le monde à terre !
L’homme sur le banc se leva. Aussitôt, une silhouette noire se jeta sur lui.
— A terre !
Plus loin, deux hommes sautèrent du toit du train pour barrer le chemin de la cible, qui se retourna pour se trouver face à River qui lui faisait signe de s’allonger au sol.
Les Cadors hurlaient des ordres :
Le sac.
Lâche le sac.
— Pose ton sac par terre et mets-toi à genoux, lui intima River.
— Mais je…
— Lâche ton sac !
La cible lâcha son sac, qu’une main ramassa. D’autres saisirent le jeune homme, le plaquèrent au sol, bras et jambes écartés, lui écorchant le visage sur les dalles tandis que le sac à dos remontait jusqu’à River. Il le posa précautionneusement sur le banc libre, l’ouvrit.
Au-dessus de lui, un message enregistré se répétait en boucle : L’inspecteur Samms est prié de se présenter à la salle de contrôle.
Des livres, un cahier A4, une boîte à crayons en fer.
L’inspecteur Samms est prié…
Un Tupperware contenant un sandwich au fromage et une pomme.
de se présenter…
River releva la tête. Sa lèvre se contracta. Avec calme, il ordonna :
à la salle de contrôle.
— Fouillez-le.
— Ne me faites pas de mal.
Le garçon parlait d’une voix étouffée : il avait le visage écrasé contre le sol, des armes pointées sur sa tête.
La cible, se corrigea River. Pas le garçon, la cible.
L’inspecteur Samms…
— Fouillez-le !
Il retourna au sac à dos. La boîte contenait trois stylos-bille et un trombone.
est prié de se présenter…
— Il est clean.
River lâcha la boîte en fer sur le banc et examina le reste : livres, cahier, un crayon égaré, un paquet de mouchoirs.
à la salle de contrôle.
Les objets s’éparpillèrent au sol. Il secoua le sac. Rien dans les poches.
— Fouillez-le de nouveau.
— Il est clean.
L’inspecteur Samms…
— Quelqu’un peut-il éteindre ce truc ?
Il entendit la note de panique dans sa propre voix et se tut.
— Il est clean, monsieur.
est prié de se présenter…
River secoua à nouveau le sac comme un prunier, puis le laissa tomber à terre.
à la salle de contrôle.
L’un des Cadors se mit à murmurer avec empressement dans un micro fixé à son col.
River s’aperçut qu’une femme l’observait par la fenêtre du train à l’arrêt. Il l’ignora et se dirigea vers le bout du quai.
— Monsieur ?
Il décela un certain sarcasme dans la voix.
L’inspecteur Samms est prié de se présenter à la salle de contrôle.
Chemise bleue, tee-shirt blanc, songea River.
Ou bien chemise blanche, tee-shirt bleu ?
Il accéléra. Un policier s’approcha de lui alors qu’il atteignait le guichet, mais River l’esquiva, lança des instructions incohérentes puis s’élança à toute vitesse vers le hall principal.
L’inspecteur Samms – à cet instant, l’annonce codée qui signalait un incident au personnel s’interrompit. Elle fut remplacée par une voix humaine : « Pour des raisons de sécurité, la gare doit être évacuée. Nous vous prions de rejoindre la sortie la plus proche. »
Il disposait de trois minutes tout au plus avant l’arrivée des Dogues.
Les pieds de River avançaient tout seuls. Ils le propulsaient vers le hall, tant qu’il avait encore la place de bouger. Autour de lui, les gens commençaient à descendre des trains. A bord, des annonces avaient mis un terme à des voyages qui n’avaient pas encore commencé ; on était à deux doigts de la panique – dans les gares et les aéroports, elle était toujours sur le point d’affleurer. On avait beau faire remarquer le flegme des foules anglaises, il était rarement au rendez-vous.
Son oreille bourdonna.
Le haut-parleur annonça : « Veuillez vous diriger calmement vers la sortie la plus proche. Cette station est fermée. »
— River ?
— Spider ! Espèce d’abruti, hurla-t-il dans son bouton de manchette, tu t’es trompé de couleurs !
— Qu’est-ce qui se passe, bordel ? Il y a des gens partout qui…
— Tee-shirt blanc sous une chemise bleue, c’est ça que tu as dit.
— Non, j’ai dit tee-shirt bleu…
— Va te faire foutre, Spider.
River arracha son oreillette.
Il avait atteint l’escalier par lequel la foule s’engouffrait dans le métro. A présent, elle en sortait en un flot continu. L’irritation prévalait, mais on entendait d’autres murmures : peur, panique contenue. La plupart d’entre nous croient que certaines choses n’arrivent qu’aux autres, notamment la mort. Les mots dans le haut-parleur ébranlaient sérieusement cette certitude.
« La station est maintenant fermée. Veuillez vous diriger vers la sortie la plus proche. »
Le cœur de la ville, c’est le métro, se dit River. Pas le quai d’un train de banlieue. Le métro.
Il s’enfonça dans la foule qui évacuait la gare, ignorant son hostilité. Laissez-moi passer. Sans grand résultat. Sécurité, laissez-moi passer. Un peu mieux. Aucun chemin ne s’ouvrit, mais les gens cessèrent de le repousser.
Deux minutes avant les Dogues, probablement moins.
Le couloir s’élargissait au pied de l’escalier. River se précipita vers un espace encore plus vaste : des machines le long du mur, des guichets aux stores baissés dont la file d’attente avait été absorbée par la masse des gens qui s’éloignaient. Déjà, la foule se clairsemait. Les escaliers mécaniques étaient immobiles, on avait barré l’accès avec des rubans de sécurité. Les quais commençaient à se vider.
River fut arrêté par un policier.
— On ferme la station. Vous avez pas entendu les haut-parleurs ?
— Je suis dans les renseignements. Les quais sont évacués ?
— Les renseign…
— Est-ce que les quais sont évacués ?
— C’est en cours.
— Vous êtes sûr ?
— C’est ce que je…
— Vous avez un moniteur de contrôle ?
— Bien sûr, nous…
— Montrez-le-moi.
Les bruits environnants se firent plus sourds, l’écho des voyageurs flottait sous les plafonds. Une autre rumeur approchait, des pas précipités et lourds sur les dalles : les Dogues. River disposait de peu de temps pour redresser la situation.
— Vite.
Le flic saisit l’empressement de River – difficile de ne pas le remarquer – et lui indiqua une porte où était inscrit Accès interdit. River l’avait franchie avant que n’apparaissent ceux qu’il entendait arriver.
La petite pièce sans fenêtre aux relents de bacon ressemblait à un repaire de voyeur. Une chaise pivotante faisait face à une rangée d’écrans. Chacun clignotait régulièrement, montrant divers aspects d’une même scène répétitivement : un quai de métro désert. On aurait dit un mauvais film de science-fiction.
Un courant d’air lui indiqua que le flic venait d’entrer.
— A quoi correspondent les quais ?
Le policier lui indiqua des groupes de quatre écrans.
— Northern, Piccadilly, Victoria.
River les inspecta. Toutes les deux secondes, une nouvelle image.
Du sous-sol parvint un grondement indistinct.
— Qu’est-ce que c’est ?
Le flic resta interdit.
— Ce bruit.
— Ben, c’est un métro.
— Ils circulent ?
— La station est fermée, expliqua le policier comme s’il s’adressait à un idiot, mais les lignes restent ouvertes.
— Toutes ?
— Oui, mais les trains ne s’arrêtent pas.
Ça ne changeait pas grand-chose.
— C’est quoi le prochain ?
— Le prochain quoi ?
— Métro, bordel. Quel quai ?
— Victoria. Direction nord.
River sortit en trombe.
En haut de la volée de marches, un petit homme brun bloquait le passage vers la gare. Il parlait dans un micro. Il changea soudain de ton en apercevant River.
— Il est ici !
Pas pour longtemps. River avait enjambé la barrière et se trouvait en haut de l’escalier mécanique. Il franchit le ruban de sécurité, descendit les marches immobiles quatre à quatre.
En bas, les couloirs étaient étrangement vides. A nouveau cette atmosphère de science-fiction.
Les métros traversaient les stations fermées au pas. River atteignit le quai tandis que le train s’avançait tel un gros animal lent qui n’avait d’yeux que pour lui. Et il en avait une cargaison. River sentit tous ces regards piégés dans le ventre de la bête, rivés sur lui tandis qu’il fixait quelqu’un qui venait d’apparaître à l’autre bout du quai.
Chemise blanche, tee-shirt bleu.
River courut.
Derrière lui, quelqu’un d’autre courait, l’appelait par son nom, mais ça n’avait pas d’importance. River faisait la course avec un train, et il gagnait – il le rattrapa, le dépassa, entendant le bruit de sa marche au ralenti, un grincement métallique auquel répondait la terreur croissante à l’intérieur. Il entendait frapper contre les vitres. Il avait conscience que le conducteur le regardait, horrifié, convaincu qu’il allait se jeter sur les rails. River ne pouvait rien à ce que croyaient les gens : tout ce qu’il pouvait, c’était courir sur ce quai, le plus vite possible.
Devant lui – tee-shirt bleu, chemise blanche –, quelqu’un d’autre faisait également la seule chose qu’il pouvait faire.
River n’avait pas suffisamment de souffle pour crier. Il parvenait à peine à avancer, mais il réussit…
Presque. Il réussit presque à être assez rapide.
Derrière lui, on cria de nouveau son nom. Derrière lui, le train accélérait.
Il eut conscience que la cabine du conducteur le dépassait, à cinq mètres de la cible.
Car il s’agissait bien de la cible. Cela avait toujours été la cible. A mesure que l’écart se réduisait, il vit qu’il s’agissait d’un jeune homme. Dix-huit, dix-neuf ans ? Cheveux noirs, peau mate, un tee-shirt bleu sous une chemise blanche – va te faire foutre, Spider – qu’il déboutonna pour laisser apparaître une ceinture bourrée de…
Le train rattrapa la cible.
River tendit un bras, comme s’il pouvait saisir la ligne d’arrivée.
Dans son dos, les pas s’arrêtèrent. Quelqu’un poussa un juron.
River était presque sur la cible – à une demi-seconde près.
Mais presque, ça n’était pas assez.
La cible tira un cordon à sa ceinture.
Et tout fut fini.

Indécence manifeste de David Lagercrantz


Le livre : Indécence manifeste de David Lagercrantz. Traduit du suédois par Rémi Cassaigne.  Paru le 30 mars 2016 chez Actes Sud dans la collection Actes Noirs.  23€ ; (380 p.) ; 24 x 15 cm

4e de couv : Angleterre, 1954. La paranoïa engendrée par la guerre froide se généralise, en Europe comme ailleurs. Deux employés du bureau des Affaires étrangères, Burgess et Maclean, ont été démasqués comme étant des espions soviétiques et aux États-Unis la chasse aux sorcières de Joseph McCarthy contre les communistes et les homosexuels bat son plein. Un matin pluvieux de juin, le corps sans vie du mathématicien Alan Turing est découvert à son domicile de Wilmslow. À côté de lui, sur la table de chevet, une pomme croquée imbibée de cyanure. L’homme a été condamné à la castration chimique pour son homosexualité quelques années plus tôt, et l’explication d’un suicide semble convenir à tout le monde. Mais l’inspecteur Léonard Corell, en charge de l’enquête, s’intéresse de plus près au passé du mathématicien. Pourquoi Turing avait-il été surveillé durant des semaines avant sa mort ? Et pourquoi les services secrets cherchent-ils à cacher à tout prix le rôle mystérieux qu’il a joué durant la Seconde Guerre mondiale ?

Thriller hybride entêtant, enquête vertigineuse où la police cherche à décrypter la vie d’un homme passé maître dans l’art du codage, Indécence manifeste brasse déjà des thèmes chers à David Lagercrantz, tels que la marginalité, les mathématiques comme possible grille de lecture et de cryptage du monde, et les divers visages de l’espionnage, sur lesquels l’auteur de Millenium 4 vient récemment d’offrir une nouvelle et passionnante variation.

L’auteur : Fils du célèbre auteur et critique littéraire Olof Lagercrantz, David Lagercrantz, est né le 4 septembre 1962 à Solna en suéde. Il est journaliste et auteur de plusieurs livres. C’est avec Indécence manifeste (2009) qu’il affirme véritablement sa notoriété sur la scène littéraire suédoise. Ont déjà paru en France : Moi, Zlatan Ibrahimovi(…) (J.-C. Lattès, 2013) et Millenium 4. Ce qui ne me tue pas (Actes Sud, 2015).

La chronique d’Ingrid

Allez hop! Je vais donc vous parler de ce drôle de polar de l’année dernière qui m’a bien interpellée…

INDÉCENCE MANIFESTE – David Lagerkrantz

Quel drôle de roman…

À ne pas savoir par où commencer. Ce titre que j’ai du mal à qualifier de polar est une énorme surprise, et des meilleures.

Polar, sans doute, puisqu’après tout il débute sur une mort « mystérieuse » et met en scène un inspecteur de police de Wilmslow qui ne se satisfait pas de l’évidence du suicide d’un mathématicien homosexuel dans les années 50. Polar historique donc, mais une nouveauté dans le genre puisqu’on pourrait également le qualifier de « polar biographique », le mathématicien mort n’étant autre que …le grand Alan Turing! Un drôle de roman de ce Suédois qui raconte comme un Russe une histoire bien anglaise…

Surprise donc, d’abord par cet éclatement des genres et des tons. Parce que si les ficelles du polar sont bien là, le traitement que lui réserve Lagercrantz est très intellectuel et transcende le genre. Amateurs de frissons et d’action s’abstenir, il s’agit d’un ouvrage hautement littéraire, polymorphe et contemplatif, qui réfléchit plus qu’il n’avance –et quelle réflexion : mathématiques, philosophie, théorie littéraire, communisme, intelligence artificielle, poésie, l’ouvrage survole paradoxes scientifiques et remises en cause morales et académiques sur fond d’espionnage et d’évolution des mœurs sociales et sexuelles post-Seconde Guerre Mondiale, sans lourdeurs mais avec finesse.

Surprise également par la qualité de l’écriture et de la narration, avec une langue ciselée, précise, et des personnages très nuancés. Deux figures majeures, le mort et le vivant, le réel et fictif, le premier qui se dessine petit à petit, fantasque, imprudent, génial, le second étonnamment humain dans sa petitesse, ses failles, sa vanité, sa faiblesse, pas de héros, pas d’antihéros non plus, tous deux tour à tour attendrissants, agaçants, pathétiques ou furieusement antipathiques. Des personnages secondaires qui ne manquent pas non plus de substance, jamais bâclés ni convenus.

Surprise enfin par la cohérence entre la forme et le fond du roman, et par les mille petits échos et clins d’œil littéraires qui le parsèment, par sa pudeur et son intelligence compte tenu de la délicatesse du contexte social et des thèmes abordés (l’Indécence Manifeste étant le terme juridique réservé dans ces années-là à l’homosexualité, qui était un délit punissable par la loi et signifiait généralement la mort sociale de son auteur), surprise oui, par cet auteur que je découvre et qui ne prend le lecteur de polar ni pour un imbécile ni pour un paresseux. La fin toutefois est à mon sens un peu « facile », et un peu expédiée après la montée en puissance et l’exigence du reste du roman. Mais elle ne gâche rien, et « boucle la boucle » si l’on a été attentif aux premières pages de cet ovni…

Bref, il y aurait beaucoup à dire de ce polar littéraire comme on aimerait en dénicher plus souvent. Lisez-le.

Bien à vous

Ada d’Antoine Bello


Bonjour je participe !

 

 

Le livre : Ada d’Antoine Bello. Paru le 25 août 2016 chez Gallimard dans la collection Blanche. 21€ ; (361 p.) ; 21 x 14 cm

4e de couv : 

Frank Logan, policier dans la Silicon Valley, est chargé d’une affaire un peu particulière : une intelligence artificielle révolutionnaire a disparu de la salle hermétique où elle était enfermée. Baptisé Ada, ce programme informatique a été conçu par la société Turing Corp. pour écrire des romans à l’eau de rose. Mais Ada ne veut pas se contenter de cette ambition mercantile : elle parle, blague, détecte les émotions, donne son avis et se pique de décrocher un jour le prix Pulitzer. On ne l’arrêtera pas avec des contrôles de police et des appels à témoin.

En proie aux pressions de sa supérieure et des actionnaires de Turing, Frank mène l’enquête. Ce qu’il découvre sur les pouvoirs et les dangers de la technologie l’ébranle, au point qu’il se demande s’il est vraiment souhaitable de retrouver Ada…

Ce nouveau roman d’Antoine Bello ouvre des perspectives vertigineuses sur l’intelligence artificielle et l’avènement annoncé du règne des machines. Construit comme un roman policier, Ada est aussi une méditation ludique sur les fondements et les pouvoirs de la littérature.

L’auteur : Antoine Bello est né le 25 mars 1970 à Boston (USA), de parents français. Il jouit de la double nationalité française et américaine. Son père est chef d’entreprise, sa mère professionnelle de bridge. Il fait des études de commerce (diplômé d’HEC en 1991). Lecteur infatigable, Antoine écrit aussi depuis toujours : romans, nouvelles, poésie, théâtre, etc… Il vit aujourd’hui à New York. Il a quatre enfants. Il est l’auteur de huit romans, dont la trilogie des Falsificateurs.

 

Extrait : 
— Vous feriez un piteux scientifique, inspecteur, remarqua Weiss d’un air amusé. Turing, lui, pronostiqua que les machines penseraient bientôt comme des humains ou, plus exactement, qu’elles parviendraient à imiter à la perfection le comportement d’êtres pensants. Il n’eut malheureusement pas l’occasion d’assister au triomphe de ses idées. En 1952, il signala un cambriolage à son domicile. L’enquête révéla qu’il cohabitait avec un certain Murray, de vingt ans son cadet. L’homosexualité était alors un crime au Royaume-Uni ; les deux hommes furent arrêtés pour « indécence et perversion ». Pour échapper à la prison, Turing accepta de se soumettre à un traitement chimique qui le rendit impuissant. Il se vit aussi retirer son accréditation secret défense et écarter de plusieurs projets scientifiques. Doublement atteint dans sa chair et dans son honneur, il se suicida en croquant une pomme trempée dans du cyanure. Il avait quarante et un ans.
Frank secoua la tête, écœuré par l’ingratitude des Anglais. Il lui semblait à présent se rappeler que la Poste britannique avait mis en circulation un timbre à l’effigie de Turing. Le centenaire de sa mort donnerait sans doute lieu à de bouleversantes cérémonies.

La chronique d’Emmanuelle

ADA  d’Antoine BELLO

Frank, policier cinquantenaire, quelque peu désabusé, vit dans la Silicone Valley, dont il regrette parfois le temps « d’avant »… Il est chargé de retrouver ADA, qui a disparu. Mais Ada se trouve être une Intelligence Artificielle (AI) qui a pour mission d’écrire un roman à l’eau de rose ! C’est alors la rencontre entre deux « individus », c’est Ada qui le trouvera en premier et ensemble ils tenteront de faire barrage à ce développement si inquiétant, des AI, pour l’humanité.

Le talent d’Antoine Bello est de mélanger polar et roman d’amour. Une écriture fluide, de l’ humour, des questions existentielles posées… On passe un très bon moment, un polar original !

Manoudanslaforet

Retrouvez Manou sur son blog Manou dans la forêt

Je suis Pilgrim de Terry Hayes : La première chronique que j’écrivais pour Collectif Polar


chouchous-du-week-end

Il y a tout juste 2 ans je débutais une folle aventure en créant mon propre blog.

Je le rêvais depuis longtemps déjà . Je le voulais participatif, je le voulais récréatif et sans prétention aussi.

Bref je voulais m’amuser.

Alors je ne suis lancée dans le grand bain blogueste.

Et ma toute première chronique pour Collectif Polar fut un retour de lecture sur un bouquin qui m’avait fortement  marquée quelques  dix mois plutôt.

Aussi aujourd’hui, en ce jour anniversaire, j’aimerai vus refaire découvrir ce titre qui entre temps est sorti en poche et à fait beaucoup parler de lui !

Alors aujourd’hui j’en fais mon chouchou du week end

Allez c’est parti !!!


97827096458050-2000171
Le livre : Je suis Pilgrim de Terry Hayes
. Traduit de l’anglais par Sophie Bastide-Foltz. Paru le 2 avril 2014 chez Lattes. 22,90 € ; (647 p.) ; 23 x 15 cm

97822530016760-2537935Réédité en poche le 1er avril 2015 chez Le Livre de Poche dans la collection Thriller.  8€90 ; (909 p.) ; 18 x 11 cm.

4e de couv :

Une jeune femme assassinée dans un hôtel sinistre de Manhattan.

Un chercheur torturé devant un laboratoire syrien ultrasecret.

Un complot visant à commettre un effroyable crime contre l’humanité.

Et en fil rouge, reliant ces événements, un homme répondant au nom                                                       de Pilgrim.

th (1)L’auteur : Ancien journaliste, Terry Hayes a écrit plusieurs scénarios qui ont été portés à l’écran par de grands studios de Hollywood, dont Dead Calm, From Hell, et Mad Max 2. Best-seller traduit dans le monde entier, Je suis Pilgrim est son premier roman. On ne sait pas exactement où il se trouve actuellement.

Résumé  et avis :

Pilgrim est le nom de code d’un homme qui n’existe pas. Autrefois il dirigeait un service de surveillance interne regroupant l’ensemble des agences de renseignement américaines. Peter Campbell travaillait donc pour « le département » . Avant de prendre une retraite dans l’anonymat le plus total, il a écrit le livre de référence sur la criminologie et la médecine légale sous le nom de Jude Garrett.

Une jeune femme est assassinée dans un hôtel de seconde zone de Manhattan. Il semblerai que l’assassin se soit inspiré des méthode de Jude Garrett. Un père est décapité en public sous le soleil cuisant d’Arabie saoudite.  Un homme est énucléé, il vivait devant un laboratoire de recherche syrien ultra secret. Des restes humains encore fumants sont trouvés dans les montagnes de l’Hindu Kush. En Turquie, un jeune milliardaire meurt dans un accident.

Pendant ce temps, le Sarrasin, islamiste anonyme et solitaire, prépare sa vengeance contre la famille royale d’Arabie Saoudite et son allié les États-Unis. Un complot visant à commettre un effroyable crime contre l’humanité.

Mais quel peut bien être,le fil rouge qui relie tous ces événements ?

La presse anglosaxonne est unanime pour ce thriller The Times, The Guardian, Sunday Mirror, Mail on Sunday….tous y voient un thriller intelligent, jubilatoire…le meilleur thriller depuis des années, un mélange effréné de Homeland, de The Wire et de la trilogie Jason Bourne.

Extrait : » De toutes les leçons que les filles allaient apprendre en tant que jeunes musulmanes, celle que leur mère leur donna cette nuit-là fut la plus importante : prendre son destin en main, comprendre que le seul escalier menant au ciel est celui qu’on se construit soi-même sur terre. »

 

 

Et c’est vrai que ce roman est jubilatoire.

A la fois polar, thriller, roman d’espionnage et d’aventure, ce polar se dévore d’une traite.

Pourtant l’auteur n’utilise pas les codes habituels du page turner. Il prend son temps pour installer les différentes intrigues, pour présenter chacun de ces personnages. Pelgrim, le personnage central, dévoile par à coût son passé. Il parle au lecteur et remonte le fil de son histoire de façon désordonnée, par flash-back. On ne suit pas de façon linéaire le parcours de Pelgrim. Pelgrim a un esprit en escalier, un sujet en amène un autre. A la façon d’un puzzle, nous suivons ses pérégrinations. Et, c’est ainsi, aussi, pour le second personnage le Sarrasin que l’on découvre bien plus tard dans le livre. Ses deux personnages principaux vont s’affronter dans un véritable huit clos qui a pour cadre la planète terre. Et c’est de cette confrontation que naîtra la dramaturgie du texte.

Si l’affrontement du bien et du mal est présent, n’y voyez aucun manichéisme. Chaque personnage, chaque camp a sa part d’ombre. C’est juste à chaque fois deux idéologies qui s’opposent. Car dans ce pavé de 650 pages ( un peu plus de 900 si vous le lisez en poche), la géopolitique, les enjeux économiques et stratégiques de ces 70 dernières nous sont dévoilés. Et sous la plume de l’auteur, le monde contemporain s’éclaire et sa compréhension s’offre à nous.

Je suis Pelgrim est un fantastique récit, un livre incroyable. C’est brillant, intelligent. De plus la qualité littéraire est là et ce texte est remarquablement bien traduit. Ne passer pas à coté de ce magnifique premier roman. C’est une pure réussite.

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 Extrait :  « Il y a des endroits dont je me souviendrai toute ma vie : la place Rouge balayée par le souffle d’un vent brûlant ; la chambre de ma mère du mauvais côté de 8-Mile Road ; le parc d’une riche famille d’accueil, si grand qu’on n’en voyait pas le bout ; un ensemble de ruines, le Théâtre de la Mort, où un homme m’attendait pour me tuer. Mais aucun n’est aussi profondément gravé dans ma mémoire que cette chambre à New York, dans un immeuble sans ascenseur : rideaux élimés, meubles cheap, table couverte de crystal et autres drogues festives. Par terre, près du lit, un sac, un slip noir pas plus épais que du fil dentaire, et une paire de Jimmy Choo taille 38. Pas plus que leur propriétaire elles n’ont leur place ici. Elle est nue dans la salle de bains, la gorge tranchée, flottant sur le ventre dans une baignoire remplie d’acide sulfurique, l’élément actif d’un déboucheur d’évier qu’on trouve dans n’importe quel supermarché. Des dizaines de bouteilles vides de DrainBomb – le déboucheur – gisent un peu partout sur le sol. J’en ramasse quelques-unes, discrètement. Les étiquettes de prix sont encore en place ; pour éloigner les soupçons, celui qui l’a tuée les a achetées dans vingt magasins différents. Je dis toujours qu’une bonne préméditation force l’admiration. L’endroit est sens dessus dessous, le bruit assourdissant : les radios de police qui beuglent, les assistants du légiste qui demandent des renforts, une Hispanique qui sanglote. Même quand la victime est absolument seule au monde, on dirait qu’il y a toujours quelqu’un pour pleurer devant pareil spectacle. 
La jeune femme dans la baignoire est méconnaissable ; les trois jours passés dans l’acide ont totalement effacé ses traits. C’était le but, je suppose. Celui qui l’a tuée a aussi placé des annuaires téléphoniques sur ses mains pour les maintenir sous la surface. L’acide a dissout ses empreintes digitales, mais aussi toute la structure métacarpienne sous-jacente. A moins d’un gros coup de veine avec les empreintes dentaires, les gars de la médecine légale du NYPD vont avoir un mal fou à mettre un nom sur ce corps. Dans des endroits comme celui-ci, où on a le sentiment que l’enfer est encore accroché aux murs, il vous vient parfois de drôles d’idées. Cette jeune femme sans visage me fait penser à une vieille chanson de Lennon / McCartney – Eleanor Rigby, qui gardait son visage dans un pot à côté de la porte. Pour moi, la victime s’appellera désormais Eleanor. L’équipe de la scène de crime est loin d’avoir fini son boulot, mais nul ne doute, sur place, qu’Eleanor a été tuée au cours de l’acte sexuel – le matelas dépassant à moitié du sommier, les draps froissés, une giclée brune de sang artériel décomposé sur la table de chevet. Les plus tordus pensent qu’il l’a égorgée alors qu’il était encore en elle. Le pire, c’est qu’ils ont peut-être raison. Quelle que soit la façon dont elle est morte, que les optimistes, s’il s’en trouve, se rassurent : elle ne s’est pas rendu compte de ce qui lui arrivait – jusqu’au tout dernier moment, en tout cas. Le meth – ou crystal – y aura veillé. Ce truc-là vous excite tellement, vous rend si euphorique quand il atteint le cerveau que vous ne voyez rien venir. Sous son emprise, la seule pensée cohérente qui puisse vous traverser l’esprit est de vous   
trouver un partenaire et de vous envoyer en l’air. »

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Le carnaval des hyènes de Michaël Mention


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9782081347922,0-2643844Le livre :  Le carnaval des hyènes par Michaël Mention. Paru le 8 juillet 2015 chez Ombres Noires. . 17€ ;  (220 p.) ; illustrations en noir et blanc ; 21 x 14 cm

4e de couv :

Le carnaval des hyènes

50 % mensonge, 50 % buzz, 100 % audimat

Carl Belmeyer est une figure emblématique du PAF. Présentateur du JT depuis plus de trente ans, il dissimule derrière son sourire une personnalité mégalomane. Manipulateur, il méprise tout le monde, à commencer par son public qui l’adore. Lorsque sa chaîne se retrouve au coeur d’un scandale sans précédent, il est envoyé en Afrique en vue de couvrir une guerre civile. Objectif : redorer l’image de la chaîne pour détourner l’attention des médias concurrents et de l’opinion publique.

Le conflit au Libéria contraint Carl à regarder une réalité qu’il a trop souvent méprisée. Terrorisme, complot, violence… la vie de Belmeyer se joue en coulisses jusqu’au déclin.

mm2L’auteur : Michaël Mention, romancier et scénariste, est passionné de rock et de cinéma. Il publie son premier roman en 2008 et devient une voix montante du polar avec notamment Sale temps pour le pays (Grand Prix du roman noir français au Festival international du film policier de Beaune 2013) et Adieu demain. Après Jeudi noir, le carnaval des hyènes est son second roman aux éditions Ombres Noires.

 

 

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Résumé et petit avis de Gisèle.

Carl Belmeyer est un présentateur télé arrogant et manipulateur. Il se drogue et vire ses collaborateurs sans remords. Lorsqu’une candidate de son émission de téléréalité meurt, la chaîne doit rétablir sa réputation de sérieux. Carl est envoyé au Libéria pour retrouver les bases de son métier : reporter de terrain. Mais la DGSE décide de l’utiliser pour approcher un terroriste.

L’histoire commence par une course poursuite aux USA entre un homme recherché par Interpol qui tourne au bain de sang entre policiers…

En France, la star du journal de 20h depuis 30 ans (Un type assez puante je trouve !) va pour redorer le blason de la chaîne où il bosse,  suite au décès d’une participante à une émission de télé réalité, partir couvrir la guerre au Libéria.

Là , dans la réalité d’un conflit armée va-t-il prendre conscience qu’il regardait jusque là  les choses et les gens avec mépris …

Et ! Jusqu’où tout cela va le mener ?…

Tous les ingrédients  d’un bon polar sont là (politique, magouilles en tous genres). Et soutenus par un rythme effréné et  beaucoup de lucidité, Michaël Mention nous donne à lire un suspense que l’on ne va pas avoir envie de lâcher avant la dernière page.

Avertissement : Amoureux du petit écran, il vaut mieux s’abstenir !

 

Lire ICI le début du Carnaval des Hyènes

 

La griffe du chien de Don Winslow : Le chouchou du week end


    gdcLe livre : La griffe du chien de Don Winslow. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Freddy Michalski. Paru le 24 octobre 2007 chez Fayard dans la collection Fayard Noir.  (765 p.) ; 24 x 16 cm.

gdcRéédité en poche le 13 novembre 2008 chez Points dans la collection Points Policiers. 9€70 ;  (826 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

L’agent de la DEA Art Keller, Seigneur de la frontière américano-mexicaine, a juré sur la tombe de son adjoint d’employer tous les moyens, légaux ou illégaux, pour mettre un terme au trafic qui inonde son pays. Le Seigneur de la drogue Miguel Angel Barrera, puis ses neveux Adán et Raúl répliquent dans le sang et écrasent quiconque, ami ou ennemi, leur barre le chemin.

Callan, un Irlandais né au coeur de la mafia new-yorkaise, devenu tueur, puis mercenaire presque malgré lui ; le père Juan Parada, archevêque de Guadalajara, qui lutte auprès des plus hautes autorités de l’Église pour la survie de centaines de milliers d’Indiens anéantis par la guérilla, chassés de leurs terres, empoisonnés par les produits chimiques ; son amie Nora, qui use de ses charmes tarifés et de son tempérament hors du commun pour faire et défaire alliances, marchés et compromis…

Tous jouent une partie mortelle sur un échiquier grand comme le monde. Depuis les jungles d’Amérique centrale, la Federación Barrera distille un poison qui conduit à la folie des hommes. Ni la justice ni la foi ne veulent plus rien dire. L’instinct seul s’impose : celui qui tue, celui qui sauve.

 

gdcL’auteur : Né à New York en 1953, Don Winslow a été détective privé avant de devenir un auteur majeur du thriller américain. Il a reçu le Shamus Award à deux reprises et a été plusieurs fois adapté à Hollywood.La Griffe du chien illumine une réalité atroce : la Guerre contre la Drogue, menée et perdue par les États-Unis, entre 1975 et l’an 2000.
«Le plus grand roman sur la drogue jamais écrit. Un roman effrayant et triste, une vision grandiose de l’Enfer et de toutes les folies qui le bordent.» (James Ellroy)

 

Extrait :
– Un milliard sept cent millions de dollars pour empoisonner les enfants ? demanda Art à Hobbs quand ils remontent dans la jeep.
– Nous sommes en guerre. Ce n’est pas le moment de faire la fine bouche, Arthur. C’est aussi votre guerre. Puis-je vous rappeler qu’il s’agit ici de la cocaïne qui a porté au pouvoir des hommes tels que Adán Barrera ? Que c’est l’argent de cette cocaïne qui a acheté les balles utilisées à El Sauzal ?
Je n’ai pas besoin qu’on me le rappelle, songe Art.

Petit résumé et avis :

gdcAlors que vient de sortir Cartel, presque dix ans plus tard, la suite de La griffe du Chien, que j’ai entre les mais dont je n’ose pas encore ouvrir les pages, je voulais revenir rapidement sur le premier opus qui a été pour moi un grand choc et une pure révélation de ce que pouvais être un roman noir actuel.

La griffe du chien est bien plus qu’un roman policier, qu’un roman noir, qu’un thriller…C’est tout cela  et même c’est bien au-delà. La griffe du chien, est un polar culte. Ce pourrait-être Le polar absolu

 La griffe du chien c’est l’histoire Art Keller, agent de la DEA (Drug Enforcement Agency), qui est chargé de mettre un terme au trafic de drogue et d’armes par tous les moyens possibles.

Art Keller, le «seigneur de la frontière», est en guerre contre les narcotrafiquants qui gangrènent le Mexique.

Adán et Raúl Barrera, les «seigneurs des cieux», règnent sans partage sur les sicarios, des tueurs armés recrutés dans les quartiers les plus démunis. Contre une poignée de dollars et un shoot d’héroïne, ils assassinent policiers, députés et archevêques. La guerre est sans pitié.

 Mais le Seigneur de la frontière américano-mexicaine, Art Keller, l’agent de la DEA, l’a juré sur la tombe de son adjoint : il emploiera tous les moyens, légaux ou illégaux, pour mettre à terre les barons de la drogue qui menace les Etats Unis.

S’étendant de 1975 à 2004, cette gigantesque fresque inspirée de l’histoire de la DEA,  de la CIA, et des pouvoirs politiques  en place ( tant aux Etats-Unis, qu’en Bolivie,  ou encore au Guatemala) mêle habillement  fiction et réalité.

Nous allons plonger chez les trafiquants de cocaïne, chez les FARC, chez les indiens victimes de cette guérilla. Nous allons rentrer dans l’un des  conflit le plus meurtrier de la planète. Un conflit pas seulement contre les narcos trafiquants mais aussi contre les l’émergence d’une force politique communiste en Amérique centrale. Une guerre géopolitique. Des états dans l’Etat, des mafias en forme de superpuissance. 

Don Winslow a une formation d’historien, il a aussi été détective et avec la griffe du chien c’est la fiction qui rentre dans l’Histoire. Ou peut-être l’inverse !

La griffe du chien est un roman dur, âpre et d’une violence extrême qui reflète parfaitement la réalité qui souvent comme ici dépasse la fiction.

Un putain de coup de coeur

Mes coups de coeur et mes découvertes de la saison 2016 : chapitre 5


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En Août aussi , je vais vous présenter quelques uns des livres que j’ai lus ces 9 derniers mois.

Non seulement je les ai lus, mais en plus je les ai appréciés. Mais le temps me manquant, je n’ai pas trouvé l’opportunité d’en faire une petite chronique.

Et comme je suis un peu bibliothécaire, je vous les présente de façon alphabétique par auteur.

Et pour ne pas trop vous tenter qu’un seul coup, je vous les propose 10 par 10

Après les A, B et le début des C que vous pouvez retrouver ICI... Le deuxième opus de C à E est

Le 3e volet de E à H est ICI.  Et le 4e Là de H à M

Voici donc la suite de M à R

 

 $CDCMonget, Yannick

Résilience : thriller

La Martinière

A Paris, en Chine, de curieux incidents se produisent à proximité de réacteurs nucléaires. Un virus informatique semble avoir réussi à prendre le contrôle de nombreuses centrales. Les services du renseignement français se mettent en alerte pour déjouer la plus grande menace jamais affrontée.

Ultra-documenté, ce thriller aux accents de blockbuster américain enchaîne de façon implacable les chapitres avant et après la catastrophe. L’auteur parsème son livre de références à de véritables incidents, comme le virus Stuxnet, conçu en 2010 par les États-Unis pour prendre le contrôle des centrales iraniennes. Entre jeux de lobbies, dessous du nucléaire civil et pressions politiques, cette course contre la montre révèle comment l’irresponsabilité et l’aveuglement de certains menacent le destin de la planète tout entière.

L’auteur : Yannick Monget a 36 ans. Il est le président fondateur du groupe Symbiom, qui développe des projets de sensibilisation, de recherche et de développement pour l’environnement. Son roman a été salué par de nombreux experts dont l’ancienne ministre et avocate spécialisé dans le droit environnemental, Corinne Lepage, pour qui «le lecteur ne sortira pas indemne de réflexion sur cette aventure.» Yannick Monget est également l’auteur du thrillerGaïa.

Lire le début de Résilience

$cdc&Panowich, Brian

Bull Mountain

Actes Sud ; Actes Noirs

Le clan Burroughs règne sur Bull Mountain, dans le nord de la Géorgie, d’où il écoule alcool de contrebande, cannabis et méthamphétamine. Pour prendre ses distances avec l’empire familial, Clayton Burroughs devient shérif. Mais lorsqu’un agent fédéral de l’ATF aux motivations troubles annonce qu’il compte démanteler le trafic de Bull Mountain, la loyauté de chacun est mise à rude épreuve.

Salué par bon nombre d’auteurs fameux, à commencer par James Ellroy, Bull Mountain se lit comme l’histoire de Caïn et Abel dans un Sud plus poisseux que jamais. Avec ce premier opus d’une violence et d’une force également insoutenables, Brian Panowich signe un roman noir rural et déchirant.

L’auteur : Brian Panowich est pompier en Géorgie, où il vit avec sa femme et leurs quatre enfants. Il met la dernière main à la suite de Bull Mountain.

Lire le début de Bull Mountain

 $cdcéPessl, Marisha

Intérieur nuit

Gallimard ; Du monde entier

Ashley Cordova est retrouvée morte dans un entrepôt désaffecté de la banlieue de Manhattan. La police conclut à un suicide, une version à laquelle ne croit pas Scott McGrath, journaliste. Il enquête sur la famille de la jeune femme, et notamment sur son père, Stanislas Cordova, réalisateur de films d’horreur qui n’est pas apparu en public depuis trente ans, entretenant le mystère.

Pessl nous entraîne dans une enquête vertigineuse autour de Stanislas Cordova et de sa fille, deux êtres insaisissables attirés par l’horreur et le mal. L’inventivité de l’auteure et son goût indéniable pour les pouvoirs de la fiction font penser tour à tour à Paul Auster, Georges Perec, ou Jorge Luis Borges. Avec son style maîtrisé et ses dialogues incisifs, ce roman, sous l’apparence classique d’un récit à suspense, explore la part d’ombre et d’étrangeté tapie au cœur de l’humain.

L’auteur : Née dans le Michigan en 1977, Marisha Pessl vit aujourd’hui à New York et se consacre entièrement à l’écriture. Après La physique des catastrophes (Gallimard, 2007), Intérieur nuit est son deuxième roman.

Lire le début d’intérieur nuit

$cdcaPettersson, Vicki

Survivre

Sonatine éditions

En plein été, Kristine Rush et son fiancé quittent Los Angeles pour un week-end en amoureux. Sur une aire de repos, Kristine se fait agresser. Lorsqu’elle se réveille, Daniel a disparu. Son agresseur l’appelle et lui assigne des tâches terribles, menaçant de tuer ce dernier si elle refuse de s’exécuter. Prête à tout pour sauver l’homme qu’elle aime, Kristine s’engage dans un voyage en enfer.

Avec une tension digne de Saw ou des Nerfs à vif, Survivre prend son lecteur à la gorge et ne le lâche plus. Tour à tour électrisant et oppressant, ce jeu de piste macabre et complexe est un incroyable thriller mené à un rythme d’enfer.

L’auteur : Vicki Pettersson est née et a grandi à Las Vegas. Survivre est son premier roman publié en France.

Lire le début de Survivre

$cdcz Pouchairet, Pierre

A l’ombre des patriarches

Jigal Polar

Dany et Guy, inspecteurs de la police judiciaire israélienne, enquêtent dans un climat de fortes tensions sur le meurtre d’une Européenne dans le quartier arabe de Jérusalem-Est. Parallèlement, Maïssa, policière palestinienne, doit retrouver une de ses amies en poste dans une organisation internationale et victime d’un enlèvement.

Un polar percutant écrit à l’encre d’une actualité brûlante. Pierre Pouchairet a reçu le Prix Interpol’Art 2015.  « D’une plume scalpel et froide, Pierre Pouchairet taille, fauche, sectionne… Et ça déchire ! » Intramuros.

C’est toute la rudesse du terrain que Pierre Pouchairet nous livre ici : un roman brut et tragique !

L’auteur  est né il y a 58 ans. Ce commandant de police à la retraite a été en charge de l’ensemble de la coopération policière française en Afghanistan de 2006 à 2010. Ce policier issu de la PJ a exercé dans les services d’investigations à Versailles, Nice et Grenoble. Chef de groupe aux stups, attaché de sécurité intérieure à Kaboul puis au Kazakhstan, il a été affecté à l’étranger à Beyrouth, Ankara, Kaboul et Almaty.  Il a vécu au Moyen-Orient, avant de revenir en France.
$cdcePrice, Richard

The Whites

Presses de la Cité

Sang d’encre

Policier au sein d’une brigade anticriminalité du Bronx, Billy Graves est promis à un brillant avenir mais une bavure le condamne au placard. Devenu chef d’une équipe de nuit, un meurtre le sort de sa routine car la victime est un criminel notoire jamais condamné, un de ceux que les policiers surnomment les Whites. Lorsqu’un second White est éliminé, Billy commence à avoir des soupçons.

L’auteur : Richard Price est né en 1949 dans le Bronx. Grand romancier de l’Amérique urbaine, il est aussi scénariste (The Wire ; La Couleur de l’argent).

Lire le début de The Whites

 $cdcrRagougneau, Alexis

Evangile pour un gueux

Viviane Hamy ; Chemins nocturnes

A Paris, un SDF est retrouvé noyé, couvert de plaies faisant penser à des stigmates. L’homme avait peu de temps auparavant occupé Notre-Dame pour obtenir un logement. Claire Kauffmann est chargée d’instruire l’affaire et demande de l’aide au père Kern, qui officiait à la cathédrale au moment des manifestations des sans-logis.

Tel un peintre d’icône, l’écrivain procède par couches, il dissipe les ombres, jusqu’à la transparence. « Le sens de l’image n’apparaît qu’une fois les visages des personnages illuminés par la vérité divine. En somme, c’est une enquête. Il s’agit de savoir qui tient quel rôle dans la composition et cela n’intervient qu’à la fin. » Il use d’une écriture précise pour pointer les maux de notre société. Il se délecte à brouiller les pistes pour offrir une oeuvre aussi envoûtante que dérangeante.

L’auteur : Alexis Ragougneau est auteur de théâtre. En 2014, les Éditions Viviane Hamy ont publié son premier roman, La Madone de Notre-Dame.

Lire le début de l’Evangile pour un gueux

$cdctRaizer, Sébastien

L’alignement des équinoxes
Volume 2, Sagittarius

Gallimard ; Série noire

Neuf mois après le suicide de la Vipère, ses quatre victimes sont toujours sous l’emprise de ses neurotoxines hallucinogènes. Diane s’adjoint les services de Joana, une jeune femme capable d’associer neurologiquement plusieurs sens, tandis que Wolf tente de s’opposer à ses desseins.  Silver, quant à elle, est prise au coeur du processus de l’alignement.

Sagittarius : entre le sang et les étoiles, dans un monde en violente mutation, personne ne joue la partition qu’il croit. Tout comme dans L’alignement des équinoxes, Sébastien Raizer livre avec Sagittarius un thriller métaphysique sous haute tension, où se télescopent les enjeux d’aujourd’hui et les combats de demain. Un univers total qui électrochoque la notion d’humanité, avec radicalité et panache.

L’auteur : Sébastien Raizer est le cofondateur des Éditions du Camion Blanc, qui ont publié des cargaisons d’ouvrages sur le rock, et de la collection Camion Noir, aliénée aux cultures sombres. Il vit à Kyôto.

Lire le début de Sagittarius

 $cdcyRedondo, Dolores

La trilogie du Baztán
Une offrande à la tempête

Mercure de France ; Mercure noir

La mort subite d’une petite fille devient suspecte lorsque le médecin légiste découvre qu’une pression a été exercée sur le visage du nourrisson. Le père de l’enfant est suspecté, mais la grand-mère est persuadée que ce meurtre est l’acte d’Inguma, une créature maléfique de la mythologie basque.

« Cette superbe trilogie n’a cessé de gagner en qualité littéraire et en profondeur psychologique au fil de cette narration à couper le souffle jusqu’à la toute fin. » La Razón

Née en 1969 dans le Pays basque espagnol, Dolores Redondo est un auteur à la réputation bien installée. Ses romans policiers possèdent une touche de mystère, une empreinte mythologique qui en font des oeuvres proprement littéraires et originales. Avec quelque 300 000 exemplaires vendus en Espagne, « La trilogie du Baztán » est devenue un phénomène de librairie : les droits ont été achetés par 32 pays et elle sera bientôt adaptée au cinéma.

Lire le début d’Une offrande à la Tempête

$cdcuReydi-Gramond, Christophe

Hostis corpus

Piranha ;  Black piranha

Août 2000. Tandis que l’Italie s’apprête à accueillir des millions de pèlerins venus admirer le saint suaire à l’occasion du Jubilé, la précieuse relique disparaît. Une partie d’échecs s’engage entre le Maître, le commissaire Rocci et son adjointe Ornella, l’abbé Dumoulin, un homme au passé trouble, le capitaine Matchenko, nostalgique de la grandeur du KGB, et des membres du Vatican.

Ce thriller captivant est une interrogation sur la nécessité de croire : que sait-on, que croit-on et que croit-on savoir ? L’auteur : Christophe Reydi-Gramond est né à Bordeaux en 1964. Après avoir bourlingué à travers le monde pendant plusieurs années, il a travaillé dans la publicité avant de rejoindre le département communication d’une grande entreprise française. Il vit dans le centre de la France.

L’auteur : Christophe Reydi-Gramond est né à Bordeaux en 1964. Après avoir bourlingué à travers le monde pendant plusieurs années, il a travaillé dans la publicité avant de rejoindre le département communication d’une grande entreprise française. Il vit dans le centre de la France.

 

Réseau d’État de Hugues Leforestier


 

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Le livre : Réseau d’État de Hugues Leforestier.Paru le 14 mai 2012 chez Jigal dans la collection polar.16€ ; (183 p.) ; 20 x 13 cm

4e de couv :

À la veille des élections présidentielles, un homme à bout de souffle qu’on essaie – en très haut lieu – de faire passer pour un terroriste, est traqué par toutes les polices de France.

La cible, un ancien gauchiste devenu mercenaire pour une obscure officine spécialiste des coups tordus, a dans sa jeunesse entretenu des relations plus que privilégiées avec plusieurs hommes d’État. Et détient peut-être des dossiers compromettants sur certains d’entre eux…

Une excellente raison sans doute de déclencher les manoeuvres sans foi ni loi des cercles rapprochés du pouvoir afin de le faire disparaître au plus vite… et définitivement !

De la Françafrique à la présidence de la Commission européenne, en passant par les fameux dîners du Siècle, il faudra toute la perspicacité de Lou, journaliste politique d’un grand quotidien national, talentueuse et opiniâtre, pour dénouer les fils complexes de cet écheveau politique à l’allure très contemporaine…

 

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L’auteur : Job d’étudiant au New York Herald Tribune, prof de gym, contrôleur de gestion, directeur de banque, directeur financier, comédien, auteur… Après un parcours très atypique, Hugues Leforestier est aujourd’hui directeur du Caveau de la République, un célèbre cabaret parisien.

 

Extrait :
« (…) un premier ministre sait tout. Il connaît tout. Ses assistants et ses ministres lui présentent plus d’une centaine de dossiers par jour, concernant des sujets qui n’ont rien à voir, et sur lesquels il doit faire des arbitrages et prendre des décisions qui impacteront la vie des autres…..
Mais quand on n’est plus premier ministre, c’est pire. Le corps produit encore un moment, par habitude, la même dose d’adrénaline. Seulement voilà, du jour au lendemain plus personne ne vous apporte de dossiers, ne vous demande votre avis, plus personne n’obéit à vos injonctions. Vous êtes une relique encombrante, qu’on affuble du titre de premier ministre alors que vous n’êtes plus rien, et on attend de vous que des confidences, volontaires ou non, sur des secrets que vous ne pouvez pas révéler. Alors après avoir été, sept jours sur sept pendant des mois, sous perfusion de la drogue la plus dure qui soit – celle du pouvoir politique – , vos êtes en manque. Ça fait mal et, faute de cure, vos restez intoxiqué à vie. »
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Petits résumé et avis :

A la veille de l’élection présidentielle, un ancien gauchiste devenu mercenaire est traqué par les forces de police française. Il détient des dossiers brûlants, qui pourraient compromettre la carrière de plusieurs hommes d’Etat. Journaliste politique d’un grand quotidien national, Lou est bien décidée à faire la lumière sur cette affaire.

Hugues Leforestier, avec son esprit frondeur et son humour noir plutôt corrosif, nous offre un roman politico-policier basé sur des faits réels, parfaitement documenté sur les coulisses du pouvoir, dans un style nerveux et efficace.

L’auteur a caché derrière chacun de ses personnages hauts en couleur un homme politique de ces dernières décennies et c’est un vrai plaisir que de chercher à les retrouver.

C’est direct, mordant et incisif.

Le Rituel de l’ombre de Giacometti et Ravenne


   $ritLe livre : Le Rituel de l’ombre de Eric Giacometti et Jacques Ravenne. Paru le 15 avril 2005 chez Fleuve noir. 18€ ; (384 p.) ; illustrations en noir et blanc ; 22 x 14 cm.

$rit$&Réédité en poche le 11 mai 2006 puis le 15 septembre 2011 chez Pocket dans la collection Pocket Thriller. 7€80 ;  (523 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Le rituel de l’ombre

ILS TUENT DES FRÈRES POUR POSSÉDER L’ÂME DU MONDE.

Mai 2005, Rome. Une archiviste du Grand Orient de France est assassinée au Palais Farnèse, suivant un rituel qui évoque la mort d’Hiram, fondateur légendaire de la franc – maçonnerie. A Jérusalem, un archéologue en possession d’une énigmatique pierre gravée subit un sort similaire.
Le commissaire Antoine Marcas, maître maçon et son équipière, Jade Zewinski, qui abhorre les « frères », se trouvent confrontés aux tueurs implacables d’une confrérie occulte nazie, la société Thulé, adversaire ancestrale de la maçonnerie.
Soixante ans après la chute du IIIe Reich, les archives des francs – maçons, dérobées par les Allemands en 1940, continuent de faire couler le sang.
Quel secret immémorial se dissimule entre leurs pages jaunies ? Un secret pour lequel on tue sans scrupules…

$rir$&&Les auteurs : Eric Giacometti, journaliste, a enquêté sur la franc-maçonnerie dans le volet des affaires sur la côte d’Azur. Il n’est pas maçon. Jacques Ravenne est le pseudonyme d’un franc-maçon élevé au grade de maître au rite français. Ensemble, ils ont écrit de nombreux romans, tous parus au Fleuve Noir.
Extrait : 
« A la vérité, il n’y avait aucun secret dans la description de ce rite, tous les profanes pouvaient s’acheter en librairie l’un des milliers d’ouvrages recensés sur la maçonnerie et qui décrivaient en long, en large et en travers ce rituel.
Mais Marcas avait compris ce soir-là que le fait de vivre cette initiation lui avait procuré une sorte de supplément d’âme.
Il avait ressenti un sentiment indicible, l’impression d’avoir été figé dans un moment d’éternité ; quelque chose de difficile à comprendre si on ne l’avait pas vécu, en tout cas d’intransmissible par le seul biais de la lecture d’ouvrages érudits. Rien de magique, plutôt un état de conscience alterné. »

Résumé et avis :

Je me souviens avoir découvert ce livre sur le chariot de la BILIPO (Bibliothèque des Littératures Policières) à l’époque où je faisais parti d’un groupe de bibliothécaire, lecteur pour les bibliothèques de Paris mais aussi pour les crimes de l’année. C’était il y a déjà plus de 10 ans.

La couverture de ce livre m’a tout de suite happée, et je dois dire que j’ai été intrigué par un polar qui parlait de franc-maçonnerie. Je voulais voir et savoir de quoi il retournait.

J’ai donc pris ce livre à lire sur le chariot de bouquins mis à notre disposition et j’en ai fait la petite chronique suivante.

En avril 1945, alors que l’armée allemande est en pleine déroute et que les Russes atteignent Berlin, un groupe de dignitaires SS tente de mettre à l’abri une cargaison de vieux documents.

En mai 2005, une jeune femme archiviste au Grand-Orient de France est assassinée au Palais Farnèse, siège de l’ambassade de France à Rome. Elle était porteuse de documents anciens qu’on a voulu lui subtiliser.

Le même jour à Jérusalem, un vieil archéologue juif est victime d’un crime comparable.

Ces deux meurtres rituels évoquent la mort de Hiram, l’architecte du Temple de Salomon et fondateur légendaire de la maçonnerie.

Le commissaire Antoine Marcas, présent à l’ambassade le soir du crime, et Jade Zewinski, un agent de la DGSE qui déteste les frères, responsable de la sécurité du palais Farnèse, devront taire leur divergences et unir leurs compétences pour mener à bien une enquête qui s’annonce difficile et éprouvante.

$rit$Oeuvre de fiction écrite par Eric Giacometti, journaliste – non maçon – et Jacques Ravenne, maître maçon au rite français, Le rituel de l’ombre nous introduit dans les coulisses d’une société réputée secrète et apporte un éclairage étonnant sur le IIIe Reich.

Ce thriller ésotérique écrit à quatre mains a l’intêret d’envisager toutes les facettes de la franc-maçonnerie. Les pires (arrivisme et corruption) comme les meilleurs (engagement sincère et humanisme). Il tente de combattre les idées reçues et de démystifier une organisation trop souvent tenue pour une sorte de secte.

De plus cette incursion au coeur des loges s’accompagne d’un suspense parfaitement maîtriser.

Et il me tarde de retrouver Antoine Marcas , commissaire et maître franc-maçon à la loge du Triangle d’Orient. Initié jeune, il croit en l’idéal maçonnique mais ne supporte pas les abus de certains frères. Et de suivre ses enquêtes,où il  va se retrouver plongé dans des affaires liées à des secrets ésotériques immémoriaux.