22/11/63 de Stephen King : Une lecture bicéphale, chapitre 2


22/11/63 de Stephen King : Une lecture bicéphale.

Avec mon ami Frédérique nous vous proposons une lecture commune.

Et oui nous avons osé. Et sur un des grand titre de Stephen King encore.

Aussi, aujourd’hui et demain nous partagerons avec vous nos deux avis.

Hier c’était Frédérique qui ouvre le bal !

Aujourd’hui j’essaie moi aussi de vous faire danser !

Le livre: : 22/11/63 de Stephen King. Paru le 27 février 2013 chez Albin Michel. 25,90€; (936 p.) ; 24 x 16 cm.

4e de couv :

Extra

Samedi, 23 novembre 1963

Dallas : JFK et Jackie, sains et saufs.

Moment de panique au cours d’une visite à Dallas.

Page 3

Les américains ont eu très peur

Dallas (envoyé spécial) La ville a rarement vécu un choc d’une telle ampleur ! Alors que le retenti, semant la panique.

Les gens ne cachaient pas leur soulagement : « Quand je pense à ce qui aurait pu se passer, j’en tremble encore. L’assassinat du président aurait marqué d’une tâche .

Imaginez que vous puissiez remonter le temps, changer le cours de l’histoire. Le 22 novembre 1963, le président Kennedy était assassiné à Dallas. À moins que…

Jake Epping, professeur d’anglais à Lisbon Falls, n’a pu refuser d’accéder à la requête d’un ami mourant : empêcher l’assassinat de Kennedy. Une fissure dans le temps va l’entraîner dans un fascinant voyage dans le passé, en 1958, l’époque d’Elvis et de JFK, des Plymouth Fury et des Everly Brothers, d’un taré solitaire nommé Lee Harvey Oswald et d’une jolie bibliothécaire qui deviendra le grand amour de Jake, un amour qui transgresse toutes les lois du temps.

Avec une extraordinaire énergie créatrice, King revisite au travers d’un suspense vertigineux l’Amérique du baby-boom, des « happy days » et du rock and roll.

« L’oeuvre d’un génie ! »Time Magazine

« Un véritable magicien du roman… Une des plus formidables histoires de voyage dans le temps depuis H.G. Wells. »New York Times

« Colossal, généreux, passionnant… La quintessence du talent de King. »Miami Herald

 

L’auteur : Stephen King est né le 21 septembre 1947 à Portland, dans le Maine Auteur de plus de cinquante romans et deux cents nouvelles, couronné par de nombreux prix prestigieux, Stephen King est un mythe vivant de la littérature américaine, le maître absolu du fantastique et du suspense

L’avis de Geneviève:

Vous avez lu la quatrième de couverture ? Et bien tout est dit. Nombreuses sont les éloges autour de ce roman de monsieur King. Beaucoup ont crié au chef d’oeuvre. Alors, bien sur, il me fallait le lire.

De plus, Catherine, une camarade du comité de lecture polar, m’en avait elle aussi fait une chronique extra.

Et puis le 22/11/63, c’est sa date de naissance. Alors elle ne pouvait que le lire.

 Et puis encore, il est paru le jour de mes 47 ans, je ne pouvais, moi aussi, que le lire.

Il n’y a pas de coïncidences qui tiennent, le hasard fait souvent bien les choses.

Il faut dire aussi que le sujet me plaisait. L’assassinat de John Fitzgérald Kennedy a tout du fait divers qui passionne les foules. Refaire l’enquête sur cet assassinat, repartir à Dallas, le jour de celui-ci, tout cela ne tenter bien. Surtout avec Stephen King au commande.

Alors je me suis engouffrée dans la vie de Jake Epping, professeur d’anglais à Lisbon et de Al Templeton, spécialiste du Fat Burger. Et pendant les 2 première partie et plus de 250 pages, j’ai gentiment appris à les connaître. J’avais avalé plus du quart de ce pavé et toujours rien ne se passait. La lecture était plaisante certes mais pas d’émotions à l’horizon. J’en parlais autour de moi et nombreux étaient ceux qui me conseillaient de poursuivre ma lecture. Et puis comme je ne suis pas du genre à laisser tomber au premier obstacle venu, je continuais donc.

Et là je suis entré directement dans le passé. J’ai suivi Jake Eping, devenu George Amberson pour l’occasion. Avec lui j’ai remonté le temps. Comme lui je suis entrée de plein pied dans les États Unis d’Amérique de la fin des années 50. Je l’ai regardé changer 2-3 petits trucs du passé, empêcher un père de famille de tuer tout sa petit famille, éviter un accident de chasse à une jeune fille innocente. Tout cela pendant que le passé, lui, essayait de se défendre contre ses changements. Car le passé est tenace et c’est un monstre particulièrement retors.

 Mais malgré les coups du sort, George tenait bon. Il n’oubliait surtout pas son objectif de départ, empêcher l’assassinat de JFK pour faire de demain un avenir meilleur.

Et à partir de là, j’ai commencé à adhérer à l’histoire que me raconter Stephen King. L’enquête sur l’assassinat de JFK bien que servant de canevas passe au second plan. King nous fait un portrait saisissant de l’Amérique de l’après guerre. Cette Amérique triomphante où règne pourtant la pauvreté, le racisme , l’antisémitisme, la bigoterie religieuse., la ségrégation, une indifférence générale pour la condition féminine…

 King n’est pas nostalgique. Ici point de » c’était mieux avant ». Il dissèque cette Amérique et joue le parallèle avec celle de notre époque.

D’ailleurs se n’est pas le seul parallèle que King induit dans ce livre. Comme lui George Amberson devient écrivain, sans doute pour passer le temps. Mais cette mise en abyme est aussi un prétexte pour lancer quelques clins d’oeil aux lecteurs tout au long de ce livre. Ces clins d’œil sont autant de références à ces autres bouquins. Et l’auteur les glisse ,insidieusement et avec malice, ça et là dans ce roman.

  

Extrait: « Le soir, je travaillais sur un roman que j’appelai provisoirement La Ville assassine. La ville en question était Derry, évidemment, bien que je l’aie renommée Dawson dans mon livre. Je l’ai commencé en guise de camouflage, pour avoir quelque chose à montrer au cas où je me ferais des amis et que l’un d’eux demande à voir sur quoi je travaillais. […] Finalement, le texte de La Ville assassine est devenu plus qu’un camouflage. J’ai commencé à le trouver bon et à rêver qu’un jour il puisse être publié ».

Enfin en plus d’être un roman de science fiction, une satire sociale, un roman d’action, policier et d’espionnage , 22/11/63 et aussi une grande histoire d’amour. Et ,tout au long de la seconde partie du roman on tremble pour l’aventure de Jake Epping/George Amberson et Sadie Dunhill.

Pourtant j’ai quelques réticences persistantes à la lecture de ce livre. D’abord, j’ai trouve quelques longueurs surtout au départ de l’histoire. J’avais beau essayer de me convaincre que cela servait à mettre en place l’intrigue et à faire monter progressivement la tension, l’ennui était palpable.

 Et puis j’ai trouvé quelques incohérence dans cette uchronie. Un exemple : L’histoire du cancer d Al ne tient pas la route. Comment en moins de 24h cet homme en parfaite santé ce retrouve-t-il en soin palliatif avec une infirmière à domicile à son service depuis des mois? Et tout cela se serait mis en place durant les 2 minutes de décalage qui suit son dernier saut dans le temps et son retour dans le présent… Non, non, non cela ne tient pas debout.

Et enfin; le final est à mon goût un peu trop convenu. J’aimais le chaos général. Ce chaos qui résulté d’un effet papillon pré-supposé. Il faut savoir assumer ses actes.

Mais bon, 22/11/63 reste un très bon livre. Et Stephen King un excellent conteur.

Alors je n’ai qu’une chose à vous dire : lisez le.

 Et comme le héros vous apprendrez à vos dépens qu’on ne peut impunément corriger ce qui a été accompli.

27 septembre 2013, 17:44

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Ce pays qu’on assassine de Gilles Vincent


Aujourd’hui j’ai la chance d’accueillir une nouvelle chroniqueuse dans les rangs de collectif Polar. Et pas n’importe quelle chroniqueuse, puisque c’est Carine Boulay qui nous rejoint.  Carine a longtemps tenu un blog qui nous parlait de polar, Le noir émoi. Un blog que je suivais avec intérêt.

Aujourd’hui, si elle a arrêté son activité de blogueuse, elle reste une grande lectrice de littératures policières. Et puis quand on a tenu un blog, on aime toujours donner son petit avis sur nos lectures. Alors, Carine blogueuse un jour, blogueuse toujours vient aujourd’hui nous parler du dernier opus de Gille Vincent.

Je vous laisse découvrir cela.

 

Le livre : Ce pays qu’on assassine de Gilles Vincent. Paru le 10 février 2017 aux Editions In8.  19€ ; (385 p.) ; 21 x 12 cm

4e de couv :

Au coeur de Marseille, on exécute Tarek Bsarani de trois balles dans la tête. Il était le directeur de campagne d’une jeune députée du Vaucluse, espoir prometteur du Parti National de France. À l’autre bout du pays, on découvre dans la boue les corps meurtris de deux jeunes Érythréennes. Deux migrantes égarées sur les routes dévastées de l’exode.

Forte de son expérience et d’une équipe soudée, la commissaire Aïcha Sadia tente de dénouer l’affaire marseillaise, tandis qu’au nord, dans ces territoires laminés par la crise, le capitaine Carole Vermeer, flic fragile et vacillante, butte sur la solitude et le mensonge. À mesure que l’échéance électorale approche, la tension politique vient brouiller les pistes…

Des houillères du Pas de Calais aux plaines brûlantes de Camargue, l’auteur livre un roman noir, lyrique, politique et social. Le portrait sans concession d’une terre au bord de l’abîme, un pays sombre et parfois lumineux : le nôtre.

L’auteur :
Gilles Vincent, né le 11 septembre 1958 à Issy-les-Moulineaux. Après 33 ans dans le Nord et onze ans à Marseille, Gilles Vincent décide, en 2003, de poser valises et stylos dans le Béarn. Depuis quinze ans, il consacre le plus dense de sa vie à l’écriture. Il est aussi l’animateur d’ateliers d’écriture en milieu scolaire, en prison, à l’hôpital…
Les pages lues, écrites sont ses poumons, les mots, tout le sang qui l’habite…
Auteur de polars connu et reconnu, il a plusieurs fois été récompensé : prix Europolar 2014 pour Djebel, prix Cezam Inter-CE 2014 pour Beso de la Muerte et prix du Mauvais Genre 2015 du Val Vert du Clain pour Trois heures avant l’aube.

Le mot de Carine

Tarek Bsarani, le directeur de campagne d’une députée du Parti national de France, a été exécuté à Marseille. De l’autre côté du pays, les corps de deux migrantes érythréennes sont retrouvés. La commissaire Aïcha Sadia est chargée de l’enquête sur le meurtre marseillais, pendant que Carole Vermeer s’occupe de l’autre affaire, dans le Pas-de-Calais.

On dit de lui : « Les pages lues, écrites sont ses poumons, les mots, tout le sang qui l’habite … » Je trouve qu’il n’y a pas de meilleure introduction que celle-ci afin de vous parler de cet auteur que j’affectionne tout particulièrement.

Que d’émotions à la lecture de cet ouvrage … Gilles Vincent est doté d’une qualité rare que je trouve tout simplement remarquable côté écriture. Effectivement, qu’il exprime l’amour d’un homme pour sa compagne qui dort à ses côtés, un crime crapuleux, un paysage ou même un attentat il le fait toujours de la même manière. C’est juste ex-cep-tion-nel cette façon très personnelle qu’il a de traiter tous les sujets avec finesse et émotion. Pourtant à la lecture de ce roman vous allez vous prendre la fureur des hommes en pleine gueule ! Et lorsque vous tournerez la dernière page vous vous prendrez également en pleine tête la puissance du titre : ce pays qu’on assassine

Notre Chroniqueuse :

Carine Boulay férue de littérature noire.
Je suis tombée dans la marmite très jeune puisque ma découverte du policier prend sa source au coeur de la bibliothèque verte (on ne se moque pas). Eh oui, j’ai dévoré l’intégralité de la série Alice détective dans laquelle la brillante et non moins sympathique Alice Roy se lançait dans la résolution d’enquêtes toutes plus trépidantes les unes que les autres.
J’ai poursuivi avec des romans en tous genres pendant de nombreuses années avant de glisser progressivement du côté obscur.
La naissance de mes trois enfants a eu raison de mon temps libre mais j’ai replongé dès que j’ai pu au coeur de mes noirs émois.
J’ai approfondi les différents styles qui composent le genre ces dernières années et c’est d’ailleurs incroyable de voir combien mes goûts ont évolué.
À ce jour, je reconnais volontiers avoir un faible pour les auteurs français et je suis ravie de constater qu’une nouvelle vague déferle chez nous, mais pas que.
La lecture fait partie intégrante de ma vie. Synonyme de plaisir, d’émotion, de dépaysement parfois, elle a un pouvoir considérable sur moi : elle contribue à mon bonheur !
Alors merci à nos chers auteurs …

Je suis Pilgrim de Terry Hayes : La première chronique que j’écrivais pour Collectif Polar


chouchous-du-week-end

Il y a tout juste 2 ans je débutais une folle aventure en créant mon propre blog.

Je le rêvais depuis longtemps déjà . Je le voulais participatif, je le voulais récréatif et sans prétention aussi.

Bref je voulais m’amuser.

Alors je ne suis lancée dans le grand bain blogueste.

Et ma toute première chronique pour Collectif Polar fut un retour de lecture sur un bouquin qui m’avait fortement  marquée quelques  dix mois plutôt.

Aussi aujourd’hui, en ce jour anniversaire, j’aimerai vus refaire découvrir ce titre qui entre temps est sorti en poche et à fait beaucoup parler de lui !

Alors aujourd’hui j’en fais mon chouchou du week end

Allez c’est parti !!!


97827096458050-2000171
Le livre : Je suis Pilgrim de Terry Hayes
. Traduit de l’anglais par Sophie Bastide-Foltz. Paru le 2 avril 2014 chez Lattes. 22,90 € ; (647 p.) ; 23 x 15 cm

97822530016760-2537935Réédité en poche le 1er avril 2015 chez Le Livre de Poche dans la collection Thriller.  8€90 ; (909 p.) ; 18 x 11 cm.

4e de couv :

Une jeune femme assassinée dans un hôtel sinistre de Manhattan.

Un chercheur torturé devant un laboratoire syrien ultrasecret.

Un complot visant à commettre un effroyable crime contre l’humanité.

Et en fil rouge, reliant ces événements, un homme répondant au nom                                                       de Pilgrim.

th (1)L’auteur : Ancien journaliste, Terry Hayes a écrit plusieurs scénarios qui ont été portés à l’écran par de grands studios de Hollywood, dont Dead Calm, From Hell, et Mad Max 2. Best-seller traduit dans le monde entier, Je suis Pilgrim est son premier roman. On ne sait pas exactement où il se trouve actuellement.

Résumé  et avis :

Pilgrim est le nom de code d’un homme qui n’existe pas. Autrefois il dirigeait un service de surveillance interne regroupant l’ensemble des agences de renseignement américaines. Peter Campbell travaillait donc pour « le département » . Avant de prendre une retraite dans l’anonymat le plus total, il a écrit le livre de référence sur la criminologie et la médecine légale sous le nom de Jude Garrett.

Une jeune femme est assassinée dans un hôtel de seconde zone de Manhattan. Il semblerai que l’assassin se soit inspiré des méthode de Jude Garrett. Un père est décapité en public sous le soleil cuisant d’Arabie saoudite.  Un homme est énucléé, il vivait devant un laboratoire de recherche syrien ultra secret. Des restes humains encore fumants sont trouvés dans les montagnes de l’Hindu Kush. En Turquie, un jeune milliardaire meurt dans un accident.

Pendant ce temps, le Sarrasin, islamiste anonyme et solitaire, prépare sa vengeance contre la famille royale d’Arabie Saoudite et son allié les États-Unis. Un complot visant à commettre un effroyable crime contre l’humanité.

Mais quel peut bien être,le fil rouge qui relie tous ces événements ?

La presse anglosaxonne est unanime pour ce thriller The Times, The Guardian, Sunday Mirror, Mail on Sunday….tous y voient un thriller intelligent, jubilatoire…le meilleur thriller depuis des années, un mélange effréné de Homeland, de The Wire et de la trilogie Jason Bourne.

Extrait : » De toutes les leçons que les filles allaient apprendre en tant que jeunes musulmanes, celle que leur mère leur donna cette nuit-là fut la plus importante : prendre son destin en main, comprendre que le seul escalier menant au ciel est celui qu’on se construit soi-même sur terre. »

 

 

Et c’est vrai que ce roman est jubilatoire.

A la fois polar, thriller, roman d’espionnage et d’aventure, ce polar se dévore d’une traite.

Pourtant l’auteur n’utilise pas les codes habituels du page turner. Il prend son temps pour installer les différentes intrigues, pour présenter chacun de ces personnages. Pelgrim, le personnage central, dévoile par à coût son passé. Il parle au lecteur et remonte le fil de son histoire de façon désordonnée, par flash-back. On ne suit pas de façon linéaire le parcours de Pelgrim. Pelgrim a un esprit en escalier, un sujet en amène un autre. A la façon d’un puzzle, nous suivons ses pérégrinations. Et, c’est ainsi, aussi, pour le second personnage le Sarrasin que l’on découvre bien plus tard dans le livre. Ses deux personnages principaux vont s’affronter dans un véritable huit clos qui a pour cadre la planète terre. Et c’est de cette confrontation que naîtra la dramaturgie du texte.

Si l’affrontement du bien et du mal est présent, n’y voyez aucun manichéisme. Chaque personnage, chaque camp a sa part d’ombre. C’est juste à chaque fois deux idéologies qui s’opposent. Car dans ce pavé de 650 pages ( un peu plus de 900 si vous le lisez en poche), la géopolitique, les enjeux économiques et stratégiques de ces 70 dernières nous sont dévoilés. Et sous la plume de l’auteur, le monde contemporain s’éclaire et sa compréhension s’offre à nous.

Je suis Pelgrim est un fantastique récit, un livre incroyable. C’est brillant, intelligent. De plus la qualité littéraire est là et ce texte est remarquablement bien traduit. Ne passer pas à coté de ce magnifique premier roman. C’est une pure réussite.

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 Extrait :  « Il y a des endroits dont je me souviendrai toute ma vie : la place Rouge balayée par le souffle d’un vent brûlant ; la chambre de ma mère du mauvais côté de 8-Mile Road ; le parc d’une riche famille d’accueil, si grand qu’on n’en voyait pas le bout ; un ensemble de ruines, le Théâtre de la Mort, où un homme m’attendait pour me tuer. Mais aucun n’est aussi profondément gravé dans ma mémoire que cette chambre à New York, dans un immeuble sans ascenseur : rideaux élimés, meubles cheap, table couverte de crystal et autres drogues festives. Par terre, près du lit, un sac, un slip noir pas plus épais que du fil dentaire, et une paire de Jimmy Choo taille 38. Pas plus que leur propriétaire elles n’ont leur place ici. Elle est nue dans la salle de bains, la gorge tranchée, flottant sur le ventre dans une baignoire remplie d’acide sulfurique, l’élément actif d’un déboucheur d’évier qu’on trouve dans n’importe quel supermarché. Des dizaines de bouteilles vides de DrainBomb – le déboucheur – gisent un peu partout sur le sol. J’en ramasse quelques-unes, discrètement. Les étiquettes de prix sont encore en place ; pour éloigner les soupçons, celui qui l’a tuée les a achetées dans vingt magasins différents. Je dis toujours qu’une bonne préméditation force l’admiration. L’endroit est sens dessus dessous, le bruit assourdissant : les radios de police qui beuglent, les assistants du légiste qui demandent des renforts, une Hispanique qui sanglote. Même quand la victime est absolument seule au monde, on dirait qu’il y a toujours quelqu’un pour pleurer devant pareil spectacle. 
La jeune femme dans la baignoire est méconnaissable ; les trois jours passés dans l’acide ont totalement effacé ses traits. C’était le but, je suppose. Celui qui l’a tuée a aussi placé des annuaires téléphoniques sur ses mains pour les maintenir sous la surface. L’acide a dissout ses empreintes digitales, mais aussi toute la structure métacarpienne sous-jacente. A moins d’un gros coup de veine avec les empreintes dentaires, les gars de la médecine légale du NYPD vont avoir un mal fou à mettre un nom sur ce corps. Dans des endroits comme celui-ci, où on a le sentiment que l’enfer est encore accroché aux murs, il vous vient parfois de drôles d’idées. Cette jeune femme sans visage me fait penser à une vieille chanson de Lennon / McCartney – Eleanor Rigby, qui gardait son visage dans un pot à côté de la porte. Pour moi, la victime s’appellera désormais Eleanor. L’équipe de la scène de crime est loin d’avoir fini son boulot, mais nul ne doute, sur place, qu’Eleanor a été tuée au cours de l’acte sexuel – le matelas dépassant à moitié du sommier, les draps froissés, une giclée brune de sang artériel décomposé sur la table de chevet. Les plus tordus pensent qu’il l’a égorgée alors qu’il était encore en elle. Le pire, c’est qu’ils ont peut-être raison. Quelle que soit la façon dont elle est morte, que les optimistes, s’il s’en trouve, se rassurent : elle ne s’est pas rendu compte de ce qui lui arrivait – jusqu’au tout dernier moment, en tout cas. Le meth – ou crystal – y aura veillé. Ce truc-là vous excite tellement, vous rend si euphorique quand il atteint le cerveau que vous ne voyez rien venir. Sous son emprise, la seule pensée cohérente qui puisse vous traverser l’esprit est de vous   
trouver un partenaire et de vous envoyer en l’air. »

Pilgrim-V1

Guerilla de Laurent Obertone


Collectif polar Nadia
ntLe livre :  Guerilla : le jour où tout s’embrasa  de Laurent Obertone.  Paru le 22 septembre 2016 chez Ring. 9€95 ; (414 p.) ; 22 x 14 cm

4e de couv :

La guerre civile était inévitable.

Vivez l’apocalypse des trois derniers jours de la France.

Dans une France proche et obscure, une descente de police dans une cité sensible tourne au drame : un policier pris dans un guet-apens perd son sang-froid et tire aveuglément.

La cité s’embrase et tout le pays vacille. De villes en villes, le feu se propage et la République explose. Forces de l’ordre, voyous, terroristes, responsables, journalistes, citoyens, tous sont submergés par le raz-de-marée du chaos.

Rapidement, réseaux électriques et hydrauliques tombés, faute d’approvisionnements, d’ordre, de moyens de communication, de transports et de secours, la déferlante gagne la campagne, la société vole en éclats et les villes sont la proie de violences, de pillages et de gigantesques incendies. Des terroristes, dépassés par les troubles, déclenchent des actions de grande ampleur depuis les terres, la mer et le ciel. Privés de tout, livrés à eux-mêmes, les citoyens s’apprêtent à faire face au carnage.

Les événements décrits dans Guerilla reposent sur le travail d’écoute, de détection et les prévisions du renseignement français. Après deux ans d’immersion au contact d’agents des services spéciaux et de spécialistes de la terreur et des catastrophes, l’auteur d’Utøya (l’affaire Breivik) et de l’enquête La France Orange Mécanique livre un roman météore ultra-réaliste et nous plonge dans le récit paroxystique de la guerre civile.

L’auteur : Né en 1984, journaliste et écrivain. Laurent Obertone est diplômé de l’École supérieure de journalisme de Lille, d’histoire et d’anthropologie. Ses deux premiers ouvrages, La France Orange Mécanique et Utoya  sont paru chez Ring en 2013. Guerrilla est son premier roman.

L’avis de Nadia :

La Courneuve , une banlieue comme tant d’autres .. Les jeunes squattent les cages d’escalier .. Ce jour-là , des policiers  poussent la porte d’un immeuble et se retrouvent face à une bande d’individus et un chien .. C’est l’incident , et le début d’une « formidable » réaction en chaîne, qui va mettre la France à feu et a sang .

Une écriture punchy  , des phrases courtes avec de belles formules .Des chapitres  qui s’enchainent dans l’ordre chronologique des événements qui donnent un rythme soutenu . Si je devais rapprocher Guerilla d’une série , c’est l’excellent « 24H  » que je choisirai .

Au fil des chapitres ,nous faisons connaissance avec les différents protagonistes de cette histoire ; il n’y a pas de héros à proprement dit ,mais cette galerie de personnages qui va vivre chacun à son niveau cette Guerilla .De ce fait , j’ai trouvé leur portrait un peu superficiel , un peu caricatural , j’aurais aimé mieux comprendre leurs motivations . Mais cela aurait nui au rythme donné par Laurent Obertone.

On ne sort pas indemne , il y a une vie « avant » et une vie « après » la lecture de Guerilla . Laurent Obertone nous livre un portrait glaçant de la France d’aujourd’hui , j’ai aimé à penser au moment de ma lecture que c’était un peu exagéré , mais les évènements policiers d’octobre 2016 … Il y a des passages très durs et ma sensibilité n’a pas été épargnée. Il m’a fallu  plusieurs jours pour me détacher , et passer des nuits moins agitées. Même refermé , ce livre se loge  dans notre esprit , dans notre analyse  de l’actualité et des médias.

Et vous laisse un gout amer en bouche…

Le chouchou du Week-End : L’histoire secrète de Twin Peaks de Mark Frost


chouchous-du-week-end

97827499285930-3406612Le livre : L’histoire secrète de Twin Peaks: roman  de Mark Frost . Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Éric Betsch. Paru le27 octobre 2016 chez M. Lafon (359 p.) : illustrations en noir et en couleur ; 24 x 20 cm. – 978-2-7499-2859-3

 

4e de couv :

 

Fédéral Bureau of Investigation
Bureau du Directeur Adjoint
Philadelphie, Pennsylvanie

Cher agent T P :

Les documents ci-joints sont confidentiels. Vous seule êtes habilitée à en prendre connaissance.

Ce dossier a été découvert le 17/07/2016 sur une scène de crime qui fait aujourd’hui encore l’objet d’une enquête active. Tout ce qui concerne cette affaire est classé trois échelons au-dessus du niveau « top secret ».

Nous vous transmettons ces éléments pour analyse exhaustive, classement et recoupement avec toutes les bases de données connues, le tout sous régime Code rouge. Nous devons découvrir et confirmer l’identité de la ou des personnes à l’origine de la constitution de ce dossier, et il nous faut cette information pour hier sans faute !

twinContexte : le contenu de ce dossier semble être lié à une enquête menée il y a des années dans l’État de Washington, au nord-ouest du pays, par l’agent spécial Dale Cooper, à l’époque sous mes ordres.

Cette affaire a concerné une série d’homicides dans et autour d’une petite ville appelée Twin Peaks, dont le principal est celui d’une jeune femme nommée Laura Palmer. L’enquête est considérée comme close, mais certains de ses détails pourraient être en lien avec votre mission. Nous vous accordons par conséquent l’accès à la totalité des dossiers et enregistrements de l’agent Cooper.

Vous trouverez également ci-joint un document résumant l’historique du dossier au sein du Bureau.

Remontez-vous les manches, mettez-vous au travail – chaque seconde compte – et revenez vers moi avec vos conclusions au plus vite.

Bien à vous,

Directeur adjoint Gordon Gole

Extrait : twinn

 

frostL’auteur : Mark Frost  est né le 25 novembre 1953 à New York. Mark Frost a plus d’une corde à son arc : il est le créateur de la série télévisée Hill Street blues le coauteur (avec David Lynch) de l’incontournable Twin Peaks et les deux romans qu’il a déjà commis. La liste des sept et Le sixième messie (Pocket) qui mettent  en scène Conan Doyle, ont fait de lui un écrivain à succès. 

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Résumé et avis :

Trente épisodes auront suffi pour faire de Twin Peaks, série créée en 1990 par Mark Frost et David Lynch, l’une des références majeures de la télévision. Au commencement : l’assassinat de la reine de beauté de la ville, Laura Palmer, dont l’existence s’avère plus sombre que les apparences ne le laissent supposer. L’agent Dale Cooper découvre l’envers du décor, les histoires secrètes des habitants, ces présences qui rôdent dans la forêt de Ghostwood. Son enquête s’inscrit dans un feuilleton creuset mêlant le soap opera, le fantastique, le paranormal, le film noir, le teen movie, le burlesque… ce qui n’a pas manqué d’influencer X-Files, Wild Palms, Buffy contre les vampires, Six Feet Under ou encore True Detective. Sans être le seul artisan de Twin Peaks, David Lynch y a imposé un style visuel et une tournure narrative singulière qui intensifient les mystères. Et avec Mark Frost qui  n’a pas son pareil pour cultiver le goût du complot lui aussi, nos deux compères nous ont concocté une série devenu Culte.

Vingt-cinq ans après le meurtre de Laura Palmer, l’agent Tamara Preston reprend l’enquête menée par Dale Cooper. Ce roman se présente sous forme du dossier de l’enquête, qui apporte des clés sur la série originale et apporte un nouvel éclairage sur les personnages.

Présenté comme un dossier d’archives regroupant rapports médicaux confidentiels, revues de presse « locale », archives historiques, manuscrits divers, rapports d’écoutes, fac-similés,…Le dossier en question regroupe des documents jusqu’alors inconnus, annotés par un personnage qui se fait appeler « L’Archiviste »

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Les « notes d’archiviste » qui ponctuent le dossier semblent avoir été tapées sur une vieille machine à écrire (une Corona pour être exact d’après les notes et la photo) et ajoutent à l’aspect authentique de ce livre?

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Mark Frost joue avec la mythologie de la série. Il la cristallise même.

Cet OLNI (objet littéraire non identifié) fait visiblement le lien entre la saison 2 de Twin Peaks  (1991) et la saison 3 de la série (très) attendue pour le printemps 2017 au USA. Elle semble annoncer aussi  de nouveaux personnages.

Ce magnifique livre, aussi protéiforme qu’étrange, va plaire aux fans de la série (mais pas que)…qui devineront peut-être l’identité de l’archiviste avant la fin…

L’histoire secrète de Twin Peaks est un roman singulier totalement étonnant et épatant qui en fait un ouvrage indispensable.

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Le petit + de Collectif Polar :

Vous pouvez aussi lire le spin-off littéraire basé sur la série et le film, imaginant ce que pouvait contenir le journal intime secret de Laura  Palmer mentionné dans la série.
Le journal secret de Laura Palmer (The Secret Diary of Laura Palmer) écrit en 1990 par la fille de David Lynch.  David Lynch, qui a eu aussi envie de développer le personnage de Laura Palmer dans son film Twin Peaks : Les Sept Derniers Jours de Laura Palmer

twin_le-journal-secret-de-laura-palmer_1510Laura Palmer, une jeune fille en apparence bien sous tous rapports, a confié ses pensées les plus secrètes et ses rêves les plus fous à son journal intime depuis l’âge de douze ans…
Jusqu’au jour où elle est assassinée – jusqu’au moment où Twin Peaks, une petite bourgade calme des États-Unis, sombre dans l’horreur…
LE JOURNAL SECRET DE LAURA PALMER vous
donne des indices essentiels pour découvrir le meurtrier…

 

 

Et pour vous encore, quelques-unes des preuves et des archives compilées par notre archiviste

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Le chouchou du Week End : Brève histoire de sept meurtres de Marlon James


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97822263240540-3342862   Le livre : Brève histoire de sept meurtres de Marlon James. Traduit de l’anglais (Jamaïque) par Valérie Malfoy. Paru le 17 août 2016 chez Albin Michel dans la collection Terre d’Amérique.  25€ ; (853 p.) ; 22 x 15 cm

 

4e de couv :

« Un roman époustouflant sur le pouvoir, la corruption et le mensonge. Le livre du siècle. » Irvine Welsh

« Brillant, intense, un roman à la fois profane et plein de grâce. »
Louise Erdrich

« Hypnotisant. »
The Guardian

« Ambitieux, mythique, hors norme, colossal, vertigineux : la preuve de l’ambition inouïe de Marlon James et de son talent prodigieux. »
The New York Times

« Une oeuvre littéraire audacieuse, inventive et exigeante. Un véritable tour de force. »
The Wall Street Journal

« Violent, bouillonnant, un roman énorme dans tous les sens du terme. Le projet de Marlon James pouvait sembler fou, mais il relève le défi. Extraordinaire. »
The Times

Kingston, 3 décembre 1976. Deux jours avant un concert en faveur de la paix organisé par le parti au pouvoir, dans un climat d’extrême tension politique, sept hommes armés font irruption au domicile de Bob Marley. Le chanteur est touché à la poitrine et au bras. Pourtant, à la date prévue, il réunira plus de 80 000 personnes lors d’un concert historique.

Construit comme une vaste fresque épique habitée par des dizaines de personnages, ce livre monumental, couronné par le Man Booker Prize 2015, nous entraîne en Jamaïque et aux États-Unis, des années 1970 à nos jours. Convoquant hommes politiques, journalistes, agents de la CIA, barons de la drogue et membres de gangs, il s’interroge avec force sur les éternelles questions du pouvoir, de l’argent, du racisme, des inégalités et de la violence du monde.

S’affirmant ici comme le fils spirituel de Toni Morrison et de James Ellroy, Marlon James signe un livre hors norme, tour à tour sombre, drôle, cru, et toujours passionnant, signe d’une rare ambition littéraire et d’un talent prodigieux.

« Un roman à la fois terrifiant, lyrique et magnifique, écrit par l’un des jeunes auteurs les plus talentueux d’aujourd’hui. »
Russell Banks

bobL’auteur : Marlon James, né en 1970 à Kingston, est le premier auteur jamaïcain à être distingué par le Man Booker Prize depuis sa création.Brève histoire de sept meurtres, son troisième roman, a également été élu parmi les meilleurs livres de l’année par The New York Times, The Washington Post, Time, ou encore Publishers Weekly et Library Journal.
Extrait :
Les bouquins sur l’art d’être tueur à gages, ça n’existe pas, mais si c’était le cas, je serai le premier schéma servant à illustrer le chapitre « Comment tout rater ». (…)
(…) Flinguer relax, non, flinguer froidement, adroitement et avec juste un brin de sociopathe en soi. Pas mon styl. Moi, je suis le gansgter maladroit de Chicago, susceptible et soupe au lait, qui s’est embringué par hasard dans un truc qui ne le regardait pas.

Résumé et petit avis :

Partant des événements et des personnages entourant la tentative d’assassinat de Bob Marley, chanteur reggae pacifiste, en décembre 1976, cette fresque épique dépeint les sombres pouvoirs qui régissent la société, en Jamaïque comme aux Etats-Unis.

Et bien que dire de plus que toutes les merveilleuse critiques que l’on peut lire sur ce titre. Pas grand chose. Sauf peut-être qu’ado j’ai beaucoup écouté et joué Bob Marley. Il a été une idole pour moi, alors que je ne suis pas très idole en fait ! Alors ce livre a été une merveilleuse plongée dans mes jeunes années qui a éclairé mes croyances adolescentes et réveillé mes révoltes de l’époque.

Et puis encore que Bob Marley n’est pas le sujet du livre. C’est juste un fil rouge.

Et il y a aussi cette extraordinaire galerie de personnages que l’on va suivre tout au long de ce roman choral. Personnages que Marlon James fait vivre avec fureur qu’ils en sont parfaitement incarnés.

Ce premier roman, traduit en France, de Marlon James est une sacré découverte. Et il est certain que je n’en resterais pas là avec cet auteur !

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La griffe du chien de Don Winslow : Le chouchou du week end


    gdcLe livre : La griffe du chien de Don Winslow. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Freddy Michalski. Paru le 24 octobre 2007 chez Fayard dans la collection Fayard Noir.  (765 p.) ; 24 x 16 cm.

gdcRéédité en poche le 13 novembre 2008 chez Points dans la collection Points Policiers. 9€70 ;  (826 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

L’agent de la DEA Art Keller, Seigneur de la frontière américano-mexicaine, a juré sur la tombe de son adjoint d’employer tous les moyens, légaux ou illégaux, pour mettre un terme au trafic qui inonde son pays. Le Seigneur de la drogue Miguel Angel Barrera, puis ses neveux Adán et Raúl répliquent dans le sang et écrasent quiconque, ami ou ennemi, leur barre le chemin.

Callan, un Irlandais né au coeur de la mafia new-yorkaise, devenu tueur, puis mercenaire presque malgré lui ; le père Juan Parada, archevêque de Guadalajara, qui lutte auprès des plus hautes autorités de l’Église pour la survie de centaines de milliers d’Indiens anéantis par la guérilla, chassés de leurs terres, empoisonnés par les produits chimiques ; son amie Nora, qui use de ses charmes tarifés et de son tempérament hors du commun pour faire et défaire alliances, marchés et compromis…

Tous jouent une partie mortelle sur un échiquier grand comme le monde. Depuis les jungles d’Amérique centrale, la Federación Barrera distille un poison qui conduit à la folie des hommes. Ni la justice ni la foi ne veulent plus rien dire. L’instinct seul s’impose : celui qui tue, celui qui sauve.

 

gdcL’auteur : Né à New York en 1953, Don Winslow a été détective privé avant de devenir un auteur majeur du thriller américain. Il a reçu le Shamus Award à deux reprises et a été plusieurs fois adapté à Hollywood.La Griffe du chien illumine une réalité atroce : la Guerre contre la Drogue, menée et perdue par les États-Unis, entre 1975 et l’an 2000.
«Le plus grand roman sur la drogue jamais écrit. Un roman effrayant et triste, une vision grandiose de l’Enfer et de toutes les folies qui le bordent.» (James Ellroy)

 

Extrait :
– Un milliard sept cent millions de dollars pour empoisonner les enfants ? demanda Art à Hobbs quand ils remontent dans la jeep.
– Nous sommes en guerre. Ce n’est pas le moment de faire la fine bouche, Arthur. C’est aussi votre guerre. Puis-je vous rappeler qu’il s’agit ici de la cocaïne qui a porté au pouvoir des hommes tels que Adán Barrera ? Que c’est l’argent de cette cocaïne qui a acheté les balles utilisées à El Sauzal ?
Je n’ai pas besoin qu’on me le rappelle, songe Art.

Petit résumé et avis :

gdcAlors que vient de sortir Cartel, presque dix ans plus tard, la suite de La griffe du Chien, que j’ai entre les mais dont je n’ose pas encore ouvrir les pages, je voulais revenir rapidement sur le premier opus qui a été pour moi un grand choc et une pure révélation de ce que pouvais être un roman noir actuel.

La griffe du chien est bien plus qu’un roman policier, qu’un roman noir, qu’un thriller…C’est tout cela  et même c’est bien au-delà. La griffe du chien, est un polar culte. Ce pourrait-être Le polar absolu

 La griffe du chien c’est l’histoire Art Keller, agent de la DEA (Drug Enforcement Agency), qui est chargé de mettre un terme au trafic de drogue et d’armes par tous les moyens possibles.

Art Keller, le «seigneur de la frontière», est en guerre contre les narcotrafiquants qui gangrènent le Mexique.

Adán et Raúl Barrera, les «seigneurs des cieux», règnent sans partage sur les sicarios, des tueurs armés recrutés dans les quartiers les plus démunis. Contre une poignée de dollars et un shoot d’héroïne, ils assassinent policiers, députés et archevêques. La guerre est sans pitié.

 Mais le Seigneur de la frontière américano-mexicaine, Art Keller, l’agent de la DEA, l’a juré sur la tombe de son adjoint : il emploiera tous les moyens, légaux ou illégaux, pour mettre à terre les barons de la drogue qui menace les Etats Unis.

S’étendant de 1975 à 2004, cette gigantesque fresque inspirée de l’histoire de la DEA,  de la CIA, et des pouvoirs politiques  en place ( tant aux Etats-Unis, qu’en Bolivie,  ou encore au Guatemala) mêle habillement  fiction et réalité.

Nous allons plonger chez les trafiquants de cocaïne, chez les FARC, chez les indiens victimes de cette guérilla. Nous allons rentrer dans l’un des  conflit le plus meurtrier de la planète. Un conflit pas seulement contre les narcos trafiquants mais aussi contre les l’émergence d’une force politique communiste en Amérique centrale. Une guerre géopolitique. Des états dans l’Etat, des mafias en forme de superpuissance. 

Don Winslow a une formation d’historien, il a aussi été détective et avec la griffe du chien c’est la fiction qui rentre dans l’Histoire. Ou peut-être l’inverse !

La griffe du chien est un roman dur, âpre et d’une violence extrême qui reflète parfaitement la réalité qui souvent comme ici dépasse la fiction.

Un putain de coup de coeur

Mes coups de coeur et mes découvertes de la saison 2016 : chapitre 5


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En Août aussi , je vais vous présenter quelques uns des livres que j’ai lus ces 9 derniers mois.

Non seulement je les ai lus, mais en plus je les ai appréciés. Mais le temps me manquant, je n’ai pas trouvé l’opportunité d’en faire une petite chronique.

Et comme je suis un peu bibliothécaire, je vous les présente de façon alphabétique par auteur.

Et pour ne pas trop vous tenter qu’un seul coup, je vous les propose 10 par 10

Après les A, B et le début des C que vous pouvez retrouver ICI... Le deuxième opus de C à E est

Le 3e volet de E à H est ICI.  Et le 4e Là de H à M

Voici donc la suite de M à R

 

 $CDCMonget, Yannick

Résilience : thriller

La Martinière

A Paris, en Chine, de curieux incidents se produisent à proximité de réacteurs nucléaires. Un virus informatique semble avoir réussi à prendre le contrôle de nombreuses centrales. Les services du renseignement français se mettent en alerte pour déjouer la plus grande menace jamais affrontée.

Ultra-documenté, ce thriller aux accents de blockbuster américain enchaîne de façon implacable les chapitres avant et après la catastrophe. L’auteur parsème son livre de références à de véritables incidents, comme le virus Stuxnet, conçu en 2010 par les États-Unis pour prendre le contrôle des centrales iraniennes. Entre jeux de lobbies, dessous du nucléaire civil et pressions politiques, cette course contre la montre révèle comment l’irresponsabilité et l’aveuglement de certains menacent le destin de la planète tout entière.

L’auteur : Yannick Monget a 36 ans. Il est le président fondateur du groupe Symbiom, qui développe des projets de sensibilisation, de recherche et de développement pour l’environnement. Son roman a été salué par de nombreux experts dont l’ancienne ministre et avocate spécialisé dans le droit environnemental, Corinne Lepage, pour qui «le lecteur ne sortira pas indemne de réflexion sur cette aventure.» Yannick Monget est également l’auteur du thrillerGaïa.

Lire le début de Résilience

$cdc&Panowich, Brian

Bull Mountain

Actes Sud ; Actes Noirs

Le clan Burroughs règne sur Bull Mountain, dans le nord de la Géorgie, d’où il écoule alcool de contrebande, cannabis et méthamphétamine. Pour prendre ses distances avec l’empire familial, Clayton Burroughs devient shérif. Mais lorsqu’un agent fédéral de l’ATF aux motivations troubles annonce qu’il compte démanteler le trafic de Bull Mountain, la loyauté de chacun est mise à rude épreuve.

Salué par bon nombre d’auteurs fameux, à commencer par James Ellroy, Bull Mountain se lit comme l’histoire de Caïn et Abel dans un Sud plus poisseux que jamais. Avec ce premier opus d’une violence et d’une force également insoutenables, Brian Panowich signe un roman noir rural et déchirant.

L’auteur : Brian Panowich est pompier en Géorgie, où il vit avec sa femme et leurs quatre enfants. Il met la dernière main à la suite de Bull Mountain.

Lire le début de Bull Mountain

 $cdcéPessl, Marisha

Intérieur nuit

Gallimard ; Du monde entier

Ashley Cordova est retrouvée morte dans un entrepôt désaffecté de la banlieue de Manhattan. La police conclut à un suicide, une version à laquelle ne croit pas Scott McGrath, journaliste. Il enquête sur la famille de la jeune femme, et notamment sur son père, Stanislas Cordova, réalisateur de films d’horreur qui n’est pas apparu en public depuis trente ans, entretenant le mystère.

Pessl nous entraîne dans une enquête vertigineuse autour de Stanislas Cordova et de sa fille, deux êtres insaisissables attirés par l’horreur et le mal. L’inventivité de l’auteure et son goût indéniable pour les pouvoirs de la fiction font penser tour à tour à Paul Auster, Georges Perec, ou Jorge Luis Borges. Avec son style maîtrisé et ses dialogues incisifs, ce roman, sous l’apparence classique d’un récit à suspense, explore la part d’ombre et d’étrangeté tapie au cœur de l’humain.

L’auteur : Née dans le Michigan en 1977, Marisha Pessl vit aujourd’hui à New York et se consacre entièrement à l’écriture. Après La physique des catastrophes (Gallimard, 2007), Intérieur nuit est son deuxième roman.

Lire le début d’intérieur nuit

$cdcaPettersson, Vicki

Survivre

Sonatine éditions

En plein été, Kristine Rush et son fiancé quittent Los Angeles pour un week-end en amoureux. Sur une aire de repos, Kristine se fait agresser. Lorsqu’elle se réveille, Daniel a disparu. Son agresseur l’appelle et lui assigne des tâches terribles, menaçant de tuer ce dernier si elle refuse de s’exécuter. Prête à tout pour sauver l’homme qu’elle aime, Kristine s’engage dans un voyage en enfer.

Avec une tension digne de Saw ou des Nerfs à vif, Survivre prend son lecteur à la gorge et ne le lâche plus. Tour à tour électrisant et oppressant, ce jeu de piste macabre et complexe est un incroyable thriller mené à un rythme d’enfer.

L’auteur : Vicki Pettersson est née et a grandi à Las Vegas. Survivre est son premier roman publié en France.

Lire le début de Survivre

$cdcz Pouchairet, Pierre

A l’ombre des patriarches

Jigal Polar

Dany et Guy, inspecteurs de la police judiciaire israélienne, enquêtent dans un climat de fortes tensions sur le meurtre d’une Européenne dans le quartier arabe de Jérusalem-Est. Parallèlement, Maïssa, policière palestinienne, doit retrouver une de ses amies en poste dans une organisation internationale et victime d’un enlèvement.

Un polar percutant écrit à l’encre d’une actualité brûlante. Pierre Pouchairet a reçu le Prix Interpol’Art 2015.  « D’une plume scalpel et froide, Pierre Pouchairet taille, fauche, sectionne… Et ça déchire ! » Intramuros.

C’est toute la rudesse du terrain que Pierre Pouchairet nous livre ici : un roman brut et tragique !

L’auteur  est né il y a 58 ans. Ce commandant de police à la retraite a été en charge de l’ensemble de la coopération policière française en Afghanistan de 2006 à 2010. Ce policier issu de la PJ a exercé dans les services d’investigations à Versailles, Nice et Grenoble. Chef de groupe aux stups, attaché de sécurité intérieure à Kaboul puis au Kazakhstan, il a été affecté à l’étranger à Beyrouth, Ankara, Kaboul et Almaty.  Il a vécu au Moyen-Orient, avant de revenir en France.
$cdcePrice, Richard

The Whites

Presses de la Cité

Sang d’encre

Policier au sein d’une brigade anticriminalité du Bronx, Billy Graves est promis à un brillant avenir mais une bavure le condamne au placard. Devenu chef d’une équipe de nuit, un meurtre le sort de sa routine car la victime est un criminel notoire jamais condamné, un de ceux que les policiers surnomment les Whites. Lorsqu’un second White est éliminé, Billy commence à avoir des soupçons.

L’auteur : Richard Price est né en 1949 dans le Bronx. Grand romancier de l’Amérique urbaine, il est aussi scénariste (The Wire ; La Couleur de l’argent).

Lire le début de The Whites

 $cdcrRagougneau, Alexis

Evangile pour un gueux

Viviane Hamy ; Chemins nocturnes

A Paris, un SDF est retrouvé noyé, couvert de plaies faisant penser à des stigmates. L’homme avait peu de temps auparavant occupé Notre-Dame pour obtenir un logement. Claire Kauffmann est chargée d’instruire l’affaire et demande de l’aide au père Kern, qui officiait à la cathédrale au moment des manifestations des sans-logis.

Tel un peintre d’icône, l’écrivain procède par couches, il dissipe les ombres, jusqu’à la transparence. « Le sens de l’image n’apparaît qu’une fois les visages des personnages illuminés par la vérité divine. En somme, c’est une enquête. Il s’agit de savoir qui tient quel rôle dans la composition et cela n’intervient qu’à la fin. » Il use d’une écriture précise pour pointer les maux de notre société. Il se délecte à brouiller les pistes pour offrir une oeuvre aussi envoûtante que dérangeante.

L’auteur : Alexis Ragougneau est auteur de théâtre. En 2014, les Éditions Viviane Hamy ont publié son premier roman, La Madone de Notre-Dame.

Lire le début de l’Evangile pour un gueux

$cdctRaizer, Sébastien

L’alignement des équinoxes
Volume 2, Sagittarius

Gallimard ; Série noire

Neuf mois après le suicide de la Vipère, ses quatre victimes sont toujours sous l’emprise de ses neurotoxines hallucinogènes. Diane s’adjoint les services de Joana, une jeune femme capable d’associer neurologiquement plusieurs sens, tandis que Wolf tente de s’opposer à ses desseins.  Silver, quant à elle, est prise au coeur du processus de l’alignement.

Sagittarius : entre le sang et les étoiles, dans un monde en violente mutation, personne ne joue la partition qu’il croit. Tout comme dans L’alignement des équinoxes, Sébastien Raizer livre avec Sagittarius un thriller métaphysique sous haute tension, où se télescopent les enjeux d’aujourd’hui et les combats de demain. Un univers total qui électrochoque la notion d’humanité, avec radicalité et panache.

L’auteur : Sébastien Raizer est le cofondateur des Éditions du Camion Blanc, qui ont publié des cargaisons d’ouvrages sur le rock, et de la collection Camion Noir, aliénée aux cultures sombres. Il vit à Kyôto.

Lire le début de Sagittarius

 $cdcyRedondo, Dolores

La trilogie du Baztán
Une offrande à la tempête

Mercure de France ; Mercure noir

La mort subite d’une petite fille devient suspecte lorsque le médecin légiste découvre qu’une pression a été exercée sur le visage du nourrisson. Le père de l’enfant est suspecté, mais la grand-mère est persuadée que ce meurtre est l’acte d’Inguma, une créature maléfique de la mythologie basque.

« Cette superbe trilogie n’a cessé de gagner en qualité littéraire et en profondeur psychologique au fil de cette narration à couper le souffle jusqu’à la toute fin. » La Razón

Née en 1969 dans le Pays basque espagnol, Dolores Redondo est un auteur à la réputation bien installée. Ses romans policiers possèdent une touche de mystère, une empreinte mythologique qui en font des oeuvres proprement littéraires et originales. Avec quelque 300 000 exemplaires vendus en Espagne, « La trilogie du Baztán » est devenue un phénomène de librairie : les droits ont été achetés par 32 pays et elle sera bientôt adaptée au cinéma.

Lire le début d’Une offrande à la Tempête

$cdcuReydi-Gramond, Christophe

Hostis corpus

Piranha ;  Black piranha

Août 2000. Tandis que l’Italie s’apprête à accueillir des millions de pèlerins venus admirer le saint suaire à l’occasion du Jubilé, la précieuse relique disparaît. Une partie d’échecs s’engage entre le Maître, le commissaire Rocci et son adjointe Ornella, l’abbé Dumoulin, un homme au passé trouble, le capitaine Matchenko, nostalgique de la grandeur du KGB, et des membres du Vatican.

Ce thriller captivant est une interrogation sur la nécessité de croire : que sait-on, que croit-on et que croit-on savoir ? L’auteur : Christophe Reydi-Gramond est né à Bordeaux en 1964. Après avoir bourlingué à travers le monde pendant plusieurs années, il a travaillé dans la publicité avant de rejoindre le département communication d’une grande entreprise française. Il vit dans le centre de la France.

L’auteur : Christophe Reydi-Gramond est né à Bordeaux en 1964. Après avoir bourlingué à travers le monde pendant plusieurs années, il a travaillé dans la publicité avant de rejoindre le département communication d’une grande entreprise française. Il vit dans le centre de la France.

 

Réseau d’État de Hugues Leforestier


 

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Le livre : Réseau d’État de Hugues Leforestier.Paru le 14 mai 2012 chez Jigal dans la collection polar.16€ ; (183 p.) ; 20 x 13 cm

4e de couv :

À la veille des élections présidentielles, un homme à bout de souffle qu’on essaie – en très haut lieu – de faire passer pour un terroriste, est traqué par toutes les polices de France.

La cible, un ancien gauchiste devenu mercenaire pour une obscure officine spécialiste des coups tordus, a dans sa jeunesse entretenu des relations plus que privilégiées avec plusieurs hommes d’État. Et détient peut-être des dossiers compromettants sur certains d’entre eux…

Une excellente raison sans doute de déclencher les manoeuvres sans foi ni loi des cercles rapprochés du pouvoir afin de le faire disparaître au plus vite… et définitivement !

De la Françafrique à la présidence de la Commission européenne, en passant par les fameux dîners du Siècle, il faudra toute la perspicacité de Lou, journaliste politique d’un grand quotidien national, talentueuse et opiniâtre, pour dénouer les fils complexes de cet écheveau politique à l’allure très contemporaine…

 

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L’auteur : Job d’étudiant au New York Herald Tribune, prof de gym, contrôleur de gestion, directeur de banque, directeur financier, comédien, auteur… Après un parcours très atypique, Hugues Leforestier est aujourd’hui directeur du Caveau de la République, un célèbre cabaret parisien.

 

Extrait :
« (…) un premier ministre sait tout. Il connaît tout. Ses assistants et ses ministres lui présentent plus d’une centaine de dossiers par jour, concernant des sujets qui n’ont rien à voir, et sur lesquels il doit faire des arbitrages et prendre des décisions qui impacteront la vie des autres…..
Mais quand on n’est plus premier ministre, c’est pire. Le corps produit encore un moment, par habitude, la même dose d’adrénaline. Seulement voilà, du jour au lendemain plus personne ne vous apporte de dossiers, ne vous demande votre avis, plus personne n’obéit à vos injonctions. Vous êtes une relique encombrante, qu’on affuble du titre de premier ministre alors que vous n’êtes plus rien, et on attend de vous que des confidences, volontaires ou non, sur des secrets que vous ne pouvez pas révéler. Alors après avoir été, sept jours sur sept pendant des mois, sous perfusion de la drogue la plus dure qui soit – celle du pouvoir politique – , vos êtes en manque. Ça fait mal et, faute de cure, vos restez intoxiqué à vie. »
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Petits résumé et avis :

A la veille de l’élection présidentielle, un ancien gauchiste devenu mercenaire est traqué par les forces de police française. Il détient des dossiers brûlants, qui pourraient compromettre la carrière de plusieurs hommes d’Etat. Journaliste politique d’un grand quotidien national, Lou est bien décidée à faire la lumière sur cette affaire.

Hugues Leforestier, avec son esprit frondeur et son humour noir plutôt corrosif, nous offre un roman politico-policier basé sur des faits réels, parfaitement documenté sur les coulisses du pouvoir, dans un style nerveux et efficace.

L’auteur a caché derrière chacun de ses personnages hauts en couleur un homme politique de ces dernières décennies et c’est un vrai plaisir que de chercher à les retrouver.

C’est direct, mordant et incisif.

Un mensonge explosif de Christophe Reydi-Gramond


9782867467295,0-2127687Le livre : Un mensonge explosif  de Christophe Reydi-Gramond. Paru le 27 mai 2014 chez Lian Levi dans la collecrion Policier. 19€ ; (363 p.) ; 21 x 14 cm
 9782264065100,0-2561238&Réédité en poche le 2 avril 2015 chez 10/18 dans la collection Domaine policier. 8€40; (405 p.) ; 18 x 11 cm

Quatrième de couverture

Toulouse, 21 septembre 2001. Un ornithologue de onze ans assiste à la catastrophe qui ébranlera la ville et le pays tout entier. Une déflagration, un éclair gigantesque et l’usine chimique explose, faisant des dizaines de morts et des milliers de blessés. «Un accident industriel à 99 %», déclarent d’emblée les autorités. Clovis Lenoir, commissaire à l’Antiterrorisme, sait bien qu’à quelques mois des présidentielles, cette vérité officielle est plus présentable que la menace d’attentat qu’il traque depuis des semaines. Mais cette piste est-elle la bonne ? Là encore, trop de lacunes et d’invraisemblances jettent une ombre suspecte sur ce qui s’est réellement passé ce jour-là. Un journaliste trop bien renseigné, un physicien idéaliste, un espion injoignable, une businesswoman aux dents longues sont quelques-uns des personnages qu’il croisera dans cette enquête gigogne éclatée entre la France, les États-Unis, le Brésil et la Russie.

Dans ce thriller ingénieux, Christophe Reydi-Gramond superpose à plaisir les leurres et les vérités pour laisser son lecteur ravi d’avoir été si brillamment manipulé.

crgL’auteur : Christophe Reydi-Gramond est né à Bordeaux en 1964. Après plusieurs années de bourlingue, notamment au Sénégal et dans les Caraïbes, il passe par la publicité. Aujourd’hui, il anime la communication institutionnelle d’une grande entreprise française et vit dans le centre de la France.
Extrait :
Soudain, une détonation, aérienne, comme le bang d’un avion, suivie d’un sifflement formidable, le fit bondir sur ses pieds. L’œil vissé au reflex, il essaya de comprendre d’où ça venait. Le sifflement s’arrêta net, et un grand éclair rectiligne jaillit du pied de la colline, parallèle à la surface de la Garonne. Le trait de lumière traversa l’étendue du pôle chimique en une fraction de seconde, jusqu’à toucher une ligne à haute tension. Au moment où tous les câbles de celles-ci se rompaient en serpentant dans un tourbillon d’étincelles, Hugo sentit un grondement : la colline tremblait. Il vit alors la cheminée de l’usine d’engrais décoller, lentement, comme les fusées à la télévision, en même temps qu’un hangar se volatilisait.
Alors l’horizon tout entier s’enflamma en un magma aveuglant. Vint le bruit. Vint le souffle. Vinrent la poussière et l’odeur. Enfin, le silence retomba..

 

Résumé et petit avis :

Le 21 septembre 2001, dix jours après les attentats du World Trade Center, une usine chimique explose au sud de Toulouse faisant 31 morts et 2.500 blessés. Alors que les autorités concluent à un accident industriel, pour certains, des invraisemblances persistent. Le suicide d’un journaliste entraîne le commissaire de l’antiterrorisme Clovis Lenoir à mener son enquête.

Ce thriller exceptionnel m’a tout de suite intriguée dès sa sortie en poche, surtout que c’était un premier roman et que j’étais totalement passé à coté lors de sa première édition en grand format.

9782264065100,0-2561238Et puis sa couverture m’a tout de suite interpellée, il faut dire que je bossais à l’époque sur une sélection de polar autour de l’écologie.Et comme j’en avais parlé à Caroline, la libraire de Terminus Polar où je traînais volontiers le midi durant ma pose déjeuner, elle me l’avais mis de coté.

Alors je l’ai acheté et je l’ai lu, sachant que quelques semaines après j’allais pouvoir rencontrer l’auteur au salon Saint Maur en Poche.

Et j’ai lu le livre qui m’a bluffée. Et j’ai rencontrer l’auteur et nous avons parlé de ce livre.

Et Christophe Reydi-Gramond de me dire : «Dès les premiers jours, j’ai été plus qu’étonné par le traitement de l’information sur l’explosion de l’usine AZF. J’avais l’impression désagréable qu’une vérité officielle cherchait à s’imposer aux forceps et j’ai commencé à m’intéresser au dossier. Cela a conforté mon sentiment mais je percevais aussi que l’on ne connaîtrait probablement jamais la vérité. Toute cette documentation m’est également apparue comme un formidable matériau romanesque. Tout y était : la mort, le mensonge, les pressions du pouvoir, la rébellion d’acteurs isolés. David contre Goliath, mais aussi Antigone contre Créon… Alors j’ai décidé de proposer une explication fictionnelle qui concilie l’inconciliable.»

Alors oui le traitement fictionnel de ce drame est totalement réussi. Sa thèse sur les causes de cette explosion sont plus que réalistes même si au premier abord elles peuvent paraître totalement surréalistes. Mais la documentation, l’argumentation de l’auteur sont telles que nous sommes totalement adsorbés par cette histoire qu’il nous conte.

Les thèmes développaient dans Un mensonge explosif vont au-delà de ceux d’un polar classique puisque les problèmes de géopolitique liés à l’énergie du futur y sont abordés.

Son intrigue est complexe et tellement intelligente. Un mensonge explosif  est un roman choral. Les personnages sont tellement crédibles, tellement incarnés.

Un mensonge explosif  est un roman explosif. C’est vraiment de la bombe ce roman ! Oui je sais elle était facile celle-ci !

 

 

Lire ICI le début