Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? Saison 2 Episode 26

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ?

Saison 2 Episode 26

« Des interviews. Mais pas les habituelles rengaines égocentrées des auteurs. Parce que, finalement, dans un roman, qui va au charbon ? Le personnage ! »

Et si on leur donnait la parole ? S02E25

par Nick Gardel

 

Bonjour, je rencontre aujourd’hui une nouvelle fois un policier. Laurent Malot n’a pas voulu m’en dire plus. Peut-être pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Mathieu Gange, bientôt divorcé, j’ai une fille de sept ans, je suis lieutenant de police à Etampes depuis un an ; on se marre dans la Beauce, au moins autant que dans le Larzac ; avant, j’étais flic dans le Jura, chez moi.

Vous me paraissez un brin désabusé, c’est un de vos traits de caractère ? En fait, quels sont-ils ?

Honnêtement ? Je crois que chiant arrive en premier. Les gens ne le disent pas, mais je sais qu’ils le pensent. En fait, j’ai du mal à trouver les choses simples. Il faut toujours que je gratte sous le vernis. Un autre caractère : je ne lâche rien, un peu pitbull et même rancunier. J’ai aussi du mal avec la hiérarchie, le politiquement correct et autres conneries du genre. Du coup, j’ai plein d’amis qui rêvent de me voir me planter. Un dernier : avec les femmes, c’est souvent compliqué. Avec la mienne, mais aussi avec ma fille, avec la baby-sitter, avec la psy, avec Helena Medj, une journaliste pas simple non plus. Je me demande si ça ne vient pas de moi.

Ça ne doit pas être facile tous les jours donc… Vous trainez depuis longtemps dans la tête de Malot ?

Il y a plus de dix ans, il avait dans l’idée de me créer au cinéma. Un joli scénario qui plaisait bien à Philippe Torreton. Ça ne s’est pas fait, ça viendra peut-être. En attendant, on a fait l’Abbaye blanche et Sème la mort en roman. En attendant le dernier de la trilogie.

Vous dites « on a fait ». Pourtant, c’est plutôt lui tout seul, non ?

Au début, c’était lui. Et puis, j’ai fait ma place, comme dans un couple. Il y a des choses que je refuse, il le sait. Les scènes de sexe, de violence gratuite, je préfère suggérer. Et d’autres que je veux absolument faire, comme pousser un peu plus loin la réflexion, éviter la facilité. Je l’ai dit, je suis chiant. Des fois, ça l’agace, mais c’est lui le créateur, qu’il se démerde. Souvent, ce serait plus simple si je la fermais, mais c’est plus fort que moi, il faut que je la ramène. Du coup, à lui de trouver des solutions. D’autres fois, il me colle dans des situations complètement tordues, et ça, ce n’est pas moi. Je ne sais pas lequel de nous deux à le plus besoin d’un psy !

Et il se laisse faire ?

La question est un peu tronquée : forcément, c’est lui qui a la dernière main, je suis bien obligé d’aller là où il m’envoie. Je suis son jouet, mais il a l’élégance de ne pas abuser. Sauf pour le prochain. Il m’a foutu un psychopathe sur le dos. Un vrai dingue qui charcute ses victimes. J’ai horreur de la violence, il est forcément au courant. Je ne sais pas pourquoi il fait ça. J’espère qu’il a une bonne raison !

 

La manipulation, la société qui va de travers, les dingues en tous genres. Heureusement qu’on en rigole, parfois, sinon, ce serait à se tirer une balle !

 

Sinon, on vit six mois ensemble par aventure. Un petit rythme confortable, même si, quand on bosse, on s’empêche de dormir régulièrement. Entre deux aventures, il va se changer les idées dans des comédies, avec d’autres personnages, des femmes, des enfants. Je ne suis pas jaloux, je sais qu’il en a besoin.

 

Mais il revient vers vous finalement. C’est peut-être qu’il en a autant besoin. Je reviens à votre « on fait », comment répartissez-vous vos rôles respectifs ?

L’action, c’est lui. Il cogite, il prévoit tout à l’avance. Avant qu’on commence une histoire, il a tout en tête. Par contre, dès qu’il s’agit de parler, c’est moi. Je ne sais pas comment, mais ça me vient tout seul. Il arrive que ça le fasse rire, en tout cas, j’ai ma liberté au moins là-dessus. De son côté, il règle des comptes avec des gens qu’il connaît dans la vraie vie. Ce n’est pas méchant et ça ne va jamais très loin, mais ça le soulage.

Et à la fin, il vous laisse tranquille ? Vous faites quoi de cette paix avant de replonger ?

Je vais marcher dans mes forêts jurassiennes avec ma fille, à la pêche avec mon ami Michelet, on refait le monde loin de la civilisation. Paradoxal, mais c’est tout moi.

Voici venu le moment de se quitter. Je vous laisse le mot de la fin…

Bienvenue. Dans mes problèmes, mais aussi dans les vôtres. Parce que ce qui me concerne vous concerne aussi. La manipulation, la société qui va de travers, les dingues en tous genres. Heureusement qu’on en rigole, parfois, sinon, ce serait à se tirer une balle !

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