Le Policier qui rit, Maj Sjöwall et Per Wahlöö

Le livre : Le policier qui rit  de  Maj Sjöwall & Per Wahlöö ; traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Michel Deutsch ; révisé à partir du suédois par Benjamin Guérif ; préfaces de Jonathan Franzen, Sean et Nicci French. Paru le 21 octobre 2020 dans une nouvelle édition chez Rivages, collection Rivages noir. 9€20. (333 p.) ; 17 x 11 cm

4e de couv :

Le policier qui rit

Stockholm, 1968. On découvre avec stupeur le bus de la ligne 47 criblé de balles. Seul l’un des passagers a survécu mais il est plongé dans un coma profond. Parmi les victimes, Àke Stenstrôm, un adjoint de l’inspecteur Martin Beck. Que faisait donc cet officier de police dans un autobus où il n’avait aucune raison de se trouver ? Martin Beck et son équipe vont tenter de résoudre cette énigme.

Les auteurs : Maj Sjôwall (1935-2020) et Per Wahlôô (1926-1975) ont formé l’un des couples les plus célèbres du roman policier mondial. Leurs enquêtes à la tonalité sociale et politique ont influencé bon nombre d’auteurs de l’école Scandinave contemporaine.
Extraits :
« La société de consommation et ses membres harassés avaient autre chose à penser. Bien qu’il y eût plus d’un mois à attendre avant Noël, l’orgie publicitaire avait déjà démarré et la frénésie d’achats se propageait, aussi rapide et impitoyable que la peste noire, dans les rues commerçantes décorées de guirlandes. »
« Le premier officier de police à arriver à Norra Stationsgatan fut Gunvald Larsson.
Il était à son bureau du commissariat central de Kungsholmen en train de feuilleter, très distraitement, un rapport assommant et verbeux en se demandant pour la énième fois pourquoi diable tous ces gens ne rentraient pas chez eux. « Ces gens » englobaient dans son esprit le chef de la police, un commissaire adjoint ainsi que plusieurs commissaires et inspecteurs qui, maintenant que les manifestations de rue étaient terminées, galopaient allégrement dans les escaliers et les couloirs. Dès que tout ce petit monde estimerait que la journée était finie et que chacun regagnerait ses pénates, Larsson en ferait autant. Le plus vite possible.
Le téléphone sonna. Il maugréa et décrocha.
– Allô ! Larsson à l’appareil.
– Ici le central radio. Une voiture de patrouille de Solna a trouvé un autobus rempli de cadavres à Norra Stationsgatan. »

 

Le post-it de Ge

Le Policier qui rit

Maj Sjöwall (1935-2020) et Per Wahlöö (1926-1975) vous connaissez ? Ils ont formé l’un des couples les plus célèbres du roman policier mondial

Comme le disait Maj Sjôwall au journal le matin un jour de mars 1987

« Quand Per et moi nous nous sommes rencontrés, il avait déjà écrit trois romans politiques, non policiers, qui ne s’étaient pas très bien vendus. J’étais intéressée par la criminologie, et Per avait été reporter criminel. On a commencé à discuter des romans policiers qui, dans ces années-là, en Suède, étaient très bourgeois et anglo-saxons, et on a imaginé un roman policier social qui montrerait comment la police travaillait réellement. »
 Leurs enquêtes à la tonalité sociale et politique ont influencé bon nombre d’auteurs de l’école Scandinave contemporaine.

 Aujourd’hui je vous propose de redécouvrir avec moi « le Policier qui rit » C’est le tout premier Sjôwall et Wahlôô que j’ai lu il y a bien longtemps et que je relis aujourd’hui avec un plaisir renouvelé tout aussi grand si ce n’est plus. Ce polar a été réédité à nouveau il y a tout juste un an et surtout il bénéficie d’une nouvelle traduction.

Mais alors que nous raconte « Le policier qui rit » :

Par une soirée pluvieuse de novembre 1968, alors que la police de Stockholm est occupée par une manifestation pacifiste, les passagers d’un autobus sont massacrés au fusil mitrailleur. Derrière la façade des apparences, les réalités sordides émergent au fil de l’enquête de l’inspecteur Martin Beck. Il tente de comprendre la raison de la présence d’Ake Senström, l’un de ses adjoints, dans le bus.

On est là dans un roman policier procédural.

On aime cette intrigue très habilement concoctée et qui ne livre que lentement ses secrets, On est séduit ou bien irrité, on peut aussi être passionné par les lenteurs et la lourdeur d’une enquête réaliste mené par l’inspecteur Martin Beck avec ses maux d’estomac, son mariage raté, son obstination têtue. Pourtant si vous ne connaissez pas encore Beck, il vous sera bientôt aussi cher qu’un Harry Hole ou un Kurt Wallander‎ ou encore Erlendur Sveinsson et même qu’un Rebus ou un Harry Bosch. Car L’inspecteur Beck et son équipe poursuivent autant le mystère que le rétablissement d’un ordre bousculé. Même si Martin Beck est peut-être plus proche d’un Jules Maigret ou d’un Montalbano ou un Pepe Carvalo quoique ces trois là sont plus portés sur la bouffe que notre flic suédois.

Cette œuvre a été influencée, on le sait par Ed Mcbain et son 87e District. Mais la série « Roman d’un crime » de Maj Sjöwall & Per Wahlöö a un coté plus social et surtout plus politique même si j’en conviens, les livres du 87e District forment un vaste panorama des mutations de la société américaine.

Dans une Suède glauque et bien éloignée des clichés habituels sur ce « paradis », un inspecteur méticuleux, besogneux, acharné, dénoue les fils compliqués d’enquêtes impossibles sur des meurtres aussi ignobles qu’incompréhensibles : étudiante américaine violée et étranglée « Roseanna », petites filles assassinées « l’Homme au balcon », passagers d’un autobus de Stockholm tous abattus au pistolet mitrailleur comme ici dans « le Policier qui rit »

Je ne crois pas que « Le policier qui rit » soit le premier polar de série de dix romans mettant en scène l’enquêteur Martin Beck et son équipe, je crois même que c’est le quatrième mais comme je vous le disais c’est celui qui m’a fait découvrir au milieu des année 80 ce couple d’auteurs incroyable et il garde pour moi une saveur incomparable. Alors, laissez-vous emporter par ce roman envoûtant, cette critique au vitriol d’un pays qu’on nous a souvent présenté comme un modèle social. Pour moi ce polar est un énorme coup de cœur pire c’est un chef d’œuvre du genre.

2 réflexions sur “Le Policier qui rit, Maj Sjöwall et Per Wahlöö

Vous avez la parole, laissez un commentaire, ça fait toujours plaisir.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s