Transchaco, Alain Keralenn

Transchaco d’Alain Keralenn paru le 24février 2021 en auto-édition chez Publishroom Factory ; 17€50 ; 242 pages ; 14cm x 21cm.

4ème de couverture

Une macabre trouvaille. Un riche mécène. Une légende qui a traversé les siècles. Voici la trame d’un récit qui parcourt les grandes étendues du Chaco paraguayen, entre paysans mennonites et indigènes insoumis. Julien, jeune ethnologue en quête d’une destinée, s’engage dans ce périple avec l’enthousiasme du néophyte. Il rencontre sur sa route de fortes personnalités, qui ont moins de scrupules que lui. Les rivalités qui s’expriment ici – luttes pour les terres, antagonismes des cultures – peuvent mener loin, jusqu’au crime. La naïveté de Julien lui sert un temps de bouclier. Mais les événements se chargeront de lui montrer que les plans les mieux établis ne pèsent pas lourd lorsqu’ils sont confrontés aux codes d’une société âpre et rude.
L’auteur  : Alain Keralenn a beaucoup voyagé dans le monde entier, notamment pendant sa carrière de diplomate. Il est l’auteur de La piste de Chajnantor (2014) et de La croisière d’ultime espérance (2012)
Extrait
– Vous avez là un curieux objet. Il n’est pas indiscret de vous demander sa provenance.
Bartella fronça les sourcils. Il avait l’air embarrassé : 
– Ce masque ? Oh, vous savez, ce genre de vieillerie traîne parfois par ici. Je l’avais acheté en pensant à un ami qui adore ces babioles.
– Il serait intéressant de l’expertiser. En ce moment, les pièces pré-colombiennes intéressent…
Avec brusquerie, Bartella l’interrompit : 
– Ecoutez, j’ai d’autres soucis que de m’amuser à jouer aux antiquaires…
Julien insista :
– Dommage que les pendentifs aient été perdus, leur paire aurait fait l’originalité de la pièce. Vous vous souvenez de celui qui vous l’a vendu ?
– C’était un Indien, un Ayoreo qui était venu travailler ici. Il arrivait du nord et paraissait épuisé par le voyage. Il transportait des objets comme celui-là dans une vieille couverture. Il y avait aussi des statuettes, des figurines d’animaux. Cet homme avait besoin d’argent. Je lui ai rendu service, en quelque sorte.

Les missives de Fanny H

Transchaco d’Alain Keralenn

A Paris, Julien Lescoat, historien, ethnologue et expert des civilisations amérindiennes travaille pour un commissaire priseur. Au milieu d’autres affaires, il trouve une main de squelette enserrant un revolver. C’est un Luger, l’équipement traditionnel des officiers allemands. Il le met dans sa poche. Après tout, pourquoi en parler à son employeur ? Celui-ci ne pense qu’aux ventes et à l’argent. Un riche client, Gérard de Lumiel, s’intéresse beaucoup à Julien. Ce dernier est impressionné par la personnalité de ce mécène, célèbre amateur d’art précolombien. Il lui demande de travailler pour lui et promet en retour une chaire à la Sorbonne. Il s’agit d’une mission pour retrouver le légendaire El Dorado.

Cela fait des siècles que de nombreux archéologues et historiens recherchent cet endroit mythique. L’El Dorado est une des plus grandes énigmes de l’histoire. Mais Julien n’y croit pas plus que ça et ne prend pas cette histoire au sérieux même quand le mécène lui donne des documents à analyser. Julien y voit juste un moyen d’avoir plus de notoriété. Et le voici en route pour le Paraguay, sur la route de Transchaco.
Le Chaco est une vaste plaine de 600 000 kilomètres carrés qui s’étale au pied des Andes entre l’Amazonie, au nord, et la Pampa, au sud.

Sur place, le jeune homme fera la rencontre de Matéo, un indien Ayoreo, Rémi Bartella, propriétaire d’une Estancia (petite ferme d’élevage), Ana del Valle, la redoutable déléguée du procureur, le pasteur Georges Memling et sa fille Lisbeth. Dans ce secteur, il y a beaucoup de trafic et de pillages de tombes pourtant le Cucaani, territoire sacré des Ayoreos est interdit aux autres. Julien se rend compte que les choses ne sont pas aussi tranquilles qu’il le pensait, il va se retrouver tel un mouton au milieu des loups. Un meurtre a lieu, et le voici dans une situation inextricable. Le jeune homme devra faire des choix, fera-t-il les bons ?

Dans Transchaco, l’intrigue démarre bien, on a envie d’en savoir plus dès la fin du premier chapitre. L’histoire s’installe tranquillement. On sent que l’auteur a beaucoup voyagé dans sa façon d’écrire, de parler des autochtones, des paysages et de nous donner ses impressions. Ses récits de voyage sont complets. Il y a beaucoup de notions géographiques et historiques. On avance pas à pas dans la vie quotidienne des personnages et surtout des indiens.

L’archéologie et l’histoire des Incas sont un monde qui m’intéresse beaucoup donc j’ai voulu voir où l’auteur allait m’emmener, tout cela avec une pointe de mystère et d’aventure. L’ El Dorado et la mystérieuse cité d’or des Incas fascinent depuis toujours. L’attrait de l’or a rendu bien souvent l’homme fou. Transchaco est aussi une guerre du pouvoir, d’argent et de possession de territoire. L’archéologie est un milieu où règnent faussaires et imitations.

Alain Keralenn pointe du doigt les territoires grignotés petits à petits, ceux des tribus qui peuplent encore notre monde (comme en Amazonie). Personnellement, cela me touche beaucoup également, comme l’auteur. Dans Transchaco, la tribu les indiens Ayoreos emploient une phrase bien triste :  » Les esprits de la forêt nous ont abandonné « .

(Merci à Alain Keralenn)

2 réflexions sur “Transchaco, Alain Keralenn

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