On n’efface pas les souvenirs, Sophie Renouard

La Double Chronique sur Collectif Polar

Deux flingueuses ont lu le même roman et elles vont vous donner chacune leur tour leur avis sur celui-ci.

Aujourd’hui c’est Jean Paul notre Mister Flingueuse et Ge notre Porte Flingue qui vous propose cette Double Chronique

Le livre :  On n’efface pas les souvenirs de Sophie Renouard. Paru le 27 mars 2019 chez Albin Michel. Rééditer en poche le 8 avril 2021 chez Mon Poche. 8€. (265 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

On n’efface pas les souvenirs

Comment retrouver son chemin quand on a tout perdu ?

Annabelle a une vie merveilleuse. Un mari qui l’aime, deux petites filles adorables, une famille soudée.

Jusqu’à ce jour de septembre où elle est brutalement arrachée à ses proches, laissée pour morte au milieu de la forêt. Lorsqu’elle reprend conscience, sa mémoire s’est effacée. Plus de traces… Pour remonter le fil de sa vie, Annabelle va devoir affronter la face cachée d’un bonheur qu’elle croyait parfait.

L’auteur : Sophie Renouard est née en 1963. Elle a été journaliste pendant de longues années passionnantes mais pas assez trépidantes à son goût. Elle a donc repris un cycle de formation en écriture de scénarios en 2008 au Conservatoire Européen d’Écritures Audiovisuelles où elle a développé une série de 6 x 52 minutes achetée par Capa Drama « Mises a nu » Il s’agissait déjà d’une histoire trouble autour de trois mères de famille, prêtent à tout pour protéger leurs univers familiaux menacés. Sophie crée cette même année, une société d’événements privés et professionnels à Venise et uniquement à Venise, « Venise sur-mesure » et se partage alors entre ses quatre enfants et ses deux pays. En 2014, sa société est absorbée par une grosse agence d’événementiels située à Paris. Encore une étape et une bifurcation de la vie. Ses enfants ayant considérablement grandit, elle se lance alors dans l’écriture de son premier roman, paru chez Albin Michel en avril 2019. « On n ‘efface pas les souvenirs  »

 

Extrait : 
Alors, depuis que ses parents se disputaient, depuis que son père avait annoncé son départ imminent, elle jouait à la perfection la comédie des sentiments. Elle était devenue une petite fille irréprochable. Cette attitude calculée, ces sourires de circonstance, ces excellentes notes à l’école, ces petits gestes tendres en passant, mine de rien, et ces attentions quotidiennes n’avaient pas été mis en place pour donner à son père l’envie de rester avec elles, ce qu’elle ne voulait pas. Non, si elle était sage, si sage, c’était juste pour endormir ses soupçons.

 

Le post-it de Ge

On n’efface pas les souvenirs, Sophie Renouard

 

Voici un premier roman qui a retenu mon attention

Mais alors, que nous raconte « On n’efface pas les souvenirs  » : Annabelle est heureuse auprès de ses deux petites filles Zélie et Violette et de son mari aimant, Gaspard. Le jour du baptême de sa cadette, une angoisse sourde la prévient de l’imminence d’un danger. Sans s’écouter, elle prend la route avec ses enfants en direction de la maison de son père en Normandie. En chemin, elle fait une pause dans un café, elle est agressée dans les toilettes et se fait enlever.

Ce premier roman est surprenant il oscille entre le roman intime et le polar.

En effet nous sommes là dans un roman d’atmosphère où il faut se laisser porter par les sentiments et les ressentis des personnages, surtout Annabelle mais aussi sa fille ainée Zélie. La mère de famille va se retrouver dans les pyrénéen, loin bien loin de son domicile.  Laissée pour morte au milieu d’une forêt, elle va être sauvée par Emile, un homme taiseux et plutôt rustre mais qui prend soin d’elle, elle n’a plus de souvenir de sa vie d’avant. Et ce n’est pas simple de se reconstruire quand on est amnésique. Emile, un vieil homme solitaire qui visiblement est resté bloqué dans sa jeunesse et la dure période de la seconde guerre mondiale, dans son combat pour une France libre.

Et puis il y a aussi l’enquête de police, qui tente de comprendre pourquoi une mère de famille a disparue laissant ses filles seules. Les gendarmes comprennent vite qu’elle a été enlevée mais le mobile lui reste incompréhensible.

Et il y a aussi Gaspard qui tente lui aussi de tenir malgré la disparition de sa femme. Il doit être là pour ses filles. Il est aidé par Françoise qui a toujours gouverné la maisonnée depuis l’enfance d’Annabelle.  Et puis Mikkie la cousine va venir s’installer à la maison. Pourtant l’inquiétude et l’angoisse sont de plus en plus présente autour de la petite famille, surtout dans le cœur de Zélie qui ne voit pas d’un bon œil l’installation de Mikkie.

Et, nous lecteur, on va successivement être balancé entre ses deux réalités. Celle d’Annabelle qui tente de retrouver son passé dans ce coin paisible du pays basque et celle de son foyer devenu inquiétant voire dangereux pour ses filles.

Ici ce n’est pas tant le suspense qui nous teint en haleine surtout que dans ce premier roman, l’auteur nous distille bien vite, trop vite peut-être les premiers indices. Non c’est l’écriture fluide et très linéaire qui nous invite à poursuivre notre lecture pour savoir où notre autrice veut nous emmener.

Alors oui il y a bien quelques maladresses mais ce surprenant premier roman a su me tenir en haleine du début à la fin. Et puis j’ai aimé ce portrait de femme, cette superwoman devenue vulnérable et résiliente. C’est certain je vais surveiller de près le prochain opus de cette nouvelle auteure….

4 réflexions sur “On n’efface pas les souvenirs, Sophie Renouard

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