Bancal de Nick Gardel

La double Chronique de Collectif Polar

Vous connaissez le principe, deux flingueuses ont lu le même bouquin et chacune leur tour, elles viennent nous dire, vous dire ce qu’elle en ont pensé.

Aujourd’hui c’est Manie Danièle et notre Porte flingue qui participe à cette double chronique.

Elles ont lu « Bancal » de Nick Gardel

Aussi ce matin c’est Dany flingueuse qui ouvre le bal avec sa chronique jubilatoire


Le livre : Bancal de Nick Gardel – Paru le 30 août 2021 chez Friends Only – 18 €. (278 pages) ;  13 x 20 cm

4ème de couverture :

Que peuvent avoir en commun un ancien tatoueur et sa fille qui a repris le flambeau, des puissants à l’érotisme borderline, une maquerelle sans âge, des étudiants en génération sacrifiée, un vieux transformiste et une poignée de gamins à la marge de la société ? Et que peuvent bien venir faire dans cette histoire le quatuor de flics le plus improbable de la place ?
A n’en pas douter, la réponse risque d’être… bancale.

 

 

 

 

 

L’auteur : Enseignant dans les parties les plus complexes de l’éducation nationale, rattrapé par une quarantaine qui ne va pas en s’arrangeant, il a bien fallu que Nicolas Juan trouve une échappatoire. Il a finalement mis la main sur Nick Gardel, pour se cacher derrière et pouvoir écrire des bêtises.
Si Desproges revêtait ses plus beaux atours pour agacer la libido d’un Exbrayat ayant viré sa cuti, le résultat de telles amours coupables aurait sans doute donné une calamité biblique comme l’est Nick Gardel.
Ni Rasta ni danseur de Tango, le type s’ingénue à valser avec les mots. Son quadrille lexical n’a aucun sens, mais il lui arrive de lorgner du côté des aînés illustres. Ça tombe bien, Nick Gardel est né dans les années 70, élevé par des tontons, biberonné au Bebel magnifique ou marginal et il balance des mandales comme Lino.
Mais, chez lui, point de nostalgie, le verbe se mâchonne avec des pâtes et des potes, entre Brassens et Thiéfaine.
Le noir et le polar n’ont qu’à bien se tenir, c’est avec le sourire qu’il les alambique. Le roman de gare y retrouvera au moins ses lettres de noblesse.
Extraits :
« — Faut se méfier des cons. Quand ils ne diffusent pas en continu, ils se concentrent… »
« — Et la connophobie ? J’ai droit à la peur des cons ?
Il n’en fallait pas moins au capitaine Jean Davis pour monter dans les tours.
— Parce que des cons, l’époque en génère des palanquées. Ras la gueule ! Jusqu’à l’indigestion.
La grande universalité ! Et puis des cons, y en a de tous les modèles. Du local et de l’importé, du à voile et à vapeur, du con anorexique et du connard gargantuesque, du grand con ou de la miniature, de la conne et du poilu. Comme s’il suffisait d’appartenir à une catégorie pour y échapper. Et surtout ne viens pas me chercher avec l’étiquette du macho. Parce que, tout compte fait, mes couilles m’ont rapporté au mieux des emmerdements et je n’ai jamais piétiné les ovaires de quiconque pour parvenir où j’en suis. C’est-à-dire nulle part. Soit dit en passant, dans l’histoire, j’ai un peu l’impression d’être le bon petit soldat qui fait où on lui dit de faire. Si possible en ne tirant pas trop sur sa laisse…
— J’aime bien quand tu râles. Je me revois à ton âge…
— Dans ma liste, c’est vrai que j’avais oublié les vieux cons… »
 

La chronique jubilatoire de Dany

Bancal de Nick Gardel

Nick Gardel a lancé une nouvelle discipline olympique : le concours de bancalitude …

Tous ses personnages ont un côté « bancal », marginal, en souffrance. Bancal ou bancals, le pluriel est bien utile pour illustrer cette galerie de ratés.

Par ailleurs l’auteur nous livre une étude poussée sur la connerie, fléau mondial s’il en est, peu de personnages trouveront grâce à son analyse poussée sauf peut-être le geek au nom imprononçable, lui aussi bancal pour une toute autre raison.

Vous l’aurez compris lecteur, nous avons en main une observation de notre humanité, toute en nuance … ou pas, toute en humour, assurément ! Nous retrouvons des flics déjà croisés chez Nick Gardel dans son avant-dernière production Sans queue ni tête, les deux « Jean » et leurs adjoints avec beaucoup de plaisir et de jubilation. Les deux « Jean » mènent séparément deux investigations du fait de l’éloignement « disciplinaire » de l’un d’eux, et d’un « accident du travail » pour l’autre et cette fois la part belle est réservée aux seconds rôles.

Deux enquêtes donc : l’une chez les tatoueurs et jeunes en marge (rappelez-moi lecteur : quel est le métier de l’auteur ?), l’autre dans la prostitution avec des découvertes pour ma part dans le domaine des perversités … Nick, tu m’étonneras toujours par la richesse de ta documentation ! Oui, à côté de l’humour qui est sa marque, son identité, notre auteur est allé chercher des déviances originales s’il en est.

Deux énigmes bien ficelées et très bien écrites, rythmées et divertissantes : à ne pas manquer.

 

Ce roman qui connait une distribution malheureusement confidentielle est disponible sur Amazon.fr ou sur les salons et sur le site de l’auteur en suivant le lien ici  http://nickgardel.e-monsite.com/boutique/

17/18 et 19 septembre – Besançon (25)
25 et 26 septembre 2021 – Sang pour sang à Longperrier (77)
20 et 21 novembre Ozouer-le-Voulgis (77)
26 et 27 novembre – Colmar (68)

Je remercie l’auteur pour sa confiance en attendant un prochain opus !

Autre extrait :
« Aïna Fleury étudiait le visage de Léna. Quand elle était entrée dans le salon, la jeune femme lui avait souri. On était proche de la fermeture, les lieux étaient déserts. À cette heure, le village vaquait à ses occupations domestiques. Léna dessinait sur une des tables de la partie bar. Un grand bloc couleur crème ouvert devant elle servait de support à l’expression de son talent. Le feutre courrait, décidé, précis, volontaire. La tatoueuse affichait cette douceur mêlée à une pointe d’impertinence quand elle posa son regard sur la Brigadière.
Elle sut même avant que celle-ci ne parle. On porte avec soi les intentions des mots.
Certaines personnes sont capables de les lire, peut-être parce qu’elles sont à fleur de peau. »

2 réflexions sur “Bancal de Nick Gardel

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