Meurtre en Mésopotamie, Agatha Christie

En voyage avec Collectif Polar

Cette fois on voyage aussi dans le temps puisqu’on part en Mésopotamie à la fin des année 20. Mais 1920…


Le livre : Meurtre en Mésopotamie de Agatha Christie, traduction révisée de Robert Nobret. Paru le 19 mai 2021 chez Le Livre de Poche dans la collection Le Livre de poche. Policier, n° 4716. 6€40. (283 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Meurtre en Mésopotamie

Une jeune infirmière, Amy Leatheran, arrive sur le chantier de fouilles de Tell Yarimjah afin de s’occuper de Mme Leidner, la femme d’un archéologue, qui est la proie d’angoisses continuelles. Lorsque cette dernière sera assassinée, Amy aura l’immense privilège de voir Hercule Poirot à l’oeuvre…

 

 

 

 

L’auteur : On ne présente plus cette chère Agatha Christie. Née Agatha Mary Clarissa Miller, cette femme de lettres britannique a également écrit sous le pseudonyme de Mary Westmacott.
Élevée dans un milieu bourgeois, la jeune Agatha se trouve vite orpheline de père, développant son aptitude à l’écriture sous le regard bienveillant de sa mère. Infirmière lors de la Première Guerre mondiale, elle apprend l’usage des drogues, ce qui lui sert plus tard lorsqu’à la suite d’un pari avec sa sœur, elle publie son premier roman en 1920 « La Mystérieuse affaire de Styles », où apparaît Hercule Poirot. Depuis l’œuvre d’Agatha Christie (66 romans, 154 nouvelles et 20 pièces de théâtre) fait partie des plus lues dans le monde, avec celle de Shakespeare et la Bible. Elle a été publiée à plus de 2 milliards d’exemplaires et en 57 langues.
Extraits : 
« La première fois que j’ai vu Hercule Poirot, ça, il n’y a pas de doute, je ne suis pas près de l’oublier. Bien sûr, par la suite, je m’y suis faite – on se fait à tout – mais de prime abord ce fut un choc, et on ne m’ôtera pas de l’idée que ça doit être le cas de tout un chacun.
Je ne sais pas ce que j’avais imaginé… Une sorte de Sherlock Holmes grand et mince, respirant l’intelligence. Bien entendu, je savais qu’il était étranger, mais je ne m’attendais pas à ce qu’il soit étranger à ce point-là, si vous voyez ce que je veux dire.
Rien qu’à le voir, vous en aviez le fou rire ! On aurait juré qu’il se croyait sur les planches, ou dans un film. D’abord il ne mesurait guère plus d’un mètre soixante et des poussières – et c’était un drôle de petit bonhomme grassouillet, vieux comme Hérode, avec une moustache inimitable et un crâne en forme d’œuf. Il avait tout du coiffeur dans une pièce de boulevard. »
« — Croyez-moi, mademoiselle, la difficulté de commencer n’est rien à côté de celle de savoir s’arrêter. C’est du moins là que le bât blesse chaque fois que je me lance dans un discours. Il faut toujours que quelqu’un me tire par les basques pour me forcer à me rasseoir.
— Oh ! vous plaisantez, docteur.
— Je n’ai jamais été plus sérieux. Eh bien, qu’est-ce que vous décidez ?
Il y avait encore autre chose qui me tracassait. Après avoir hésité un moment, je me suis décidée :
— Vous comprenez, docteur, j’ai peur de me laisser aller parfois à… à dire ce que je pense de certaines personnes.
— Mais bon sang, ma pauvre fille ! Plus vous direz le fond de votre pensée, mieux ça vaudra ! Dans cette histoire, il s’agit d’êtres humains, pas de pantins ! Donnez votre opinion, prenez parti, montrez-vous rosse à l’occasion, soyez tout ce que vous voudrez ! Racontez les choses à votre manière. Il sera toujours temps de supprimer les passages diffamatoires après coup ! Allez-y. Vous êtes une femme de bon sens, vous donnerez de l’affaire un compte rendu qui se tiendra.
Que répondre à ça ? J’ai promis de faire de mon mieux.
Me voici donc à la tâche. Mais, comme je l’ai dit au docteur, ce n’est pas commode de savoir par quel bout commencer. »

Le post-it de Ge

Meurtre en Mésopotamie, Agatha Christie

Au bord du Tigre, dans un décor de rêve, Hercule Poirot entre en scène pour une enquête exotique… dans les milieux de l’archéologie.

Sous son chapeau melon, tortillant ses moustaches lustrées, Hercule Poirot reste célèbre pour ses enquêtes brillamment menées au seul recours de ses « petites cellules grises ». On oublie pourtant qu’il est un citoyen belge réfugié en Angleterre pendant la guerre : s’il s’y établit pour devenir détective, c’est balloté par l’Histoire ; mais aussi par passion pour les énigmes et le mystère. Son talent et son esprit d’analyse lui permettent de dénouer les situations les plus inextricables et de confondre tous les coupables – cela, la plupart du temps, depuis un simple fauteuil. Mais cette fois il va devoir mouiller la chemise. En effet on retrouve notre célèbre détective belge sur un chantier de fouilles en Mésopotamie où il qui visite justement le site.

Selon les rumeurs, madame Leidner serait souffrante, droguée ou folle. Son mari, archéologue, a chargé la jeune infirmière Amy Leatheran de veiller sur elle. Elle les rejoint donc sur le chantier de fouilles de Tell Yarimjah. C’est alors qu’une série de meurtres se produit et…  Peu après, Louise Leidner est assassinée. Hercule Poirot va mener l’enquête et s’interroger sur les menaces de mort reçues par la belle Mrs Leidner.

J’ai profité de la réédition en mai dernière (2021) et de la nouvelle traduction de ce chef-d’œuvre de la reine du crime pour me replonger dans cette savoureuse enquête en Irak. Cela tombe bien car sur Collectif Polar on vous emmène en voyage tout l’été. Et partir et vous embarquer avec moi pour l’ancienne Mésopotamie, j’avoue ça m’enchante. Et foi de porte flingue cela ne peut que vous agréer aussi !

Alors vous attendez quoi pour retrouvez l’inimitable Hercule Poirot qui, malgré le soleil brûlant, redouble d’ingéniosité pour résoudre cette enquête aussi exotiques qu’exaltante.

 

Autres extraits
« — En fait, mademoiselle, j’ai peut-être un travail à vous proposer.
— Une malade ?
Il eut une moue, comme pour nuancer l’épithète :
— Malade n’est pas le mot. Mettons que la dame a… appelons ça des lubies.
— Oh ! laissai-je échapper.
(Tout le monde sait ce qui se cache d’ordinaire sous ces mots : alcool ou drogue !)
Il se montra très discret et ne s’étendit pas.
— Oui, se contenta-t-il de dire. Il s’agit d’une Mme Leidner. Le mari est américain – américano-suédois, pour être précis. Il est à la tête d’un important chantier de fouilles.
Et il m’expliqua comment cette mission américaine explorait le site d’une vaste cité assyrienne, dans le genre de Ninive. Le camp de base de la mission n’était guère éloigné d’Hassanieh mais néanmoins isolé, et le Pr Leidner se faisait depuis quelque temps du souci pour la santé de sa femme.
— Il ne s’est pas montré très explicite, mais il semblerait qu’elle soit en proie à des accès de terreurs nerveuses à répétition.
— Est-ce qu’elle est seule du matin au soir avec les indigènes ?
— Oh, non ! Ils sont tout un groupe, sept ou huit. Et ça m’étonnerait qu’elle soit jamais seule. Mais elle a quand même réussi à s’abîmer les nerfs. Leidner croule sous les responsabilités, mais il est fou de sa femme et s’inquiète de la voir dans cet état-là. Il serait soulagé qu’une personne de bon sens et médicalement qualifiée la surveille. »
« Bientôt, il nous fallut traverser le fleuve, ce que nous fîmes à bord du bac le plus délabré qu’on puisse imaginer. Un vrai miracle que nous soyons arrivés de l’autre côté, mais tout le monde avait l’air de trouver ça normal.
Il nous fallut environ quatre heures pour atteindre Hassanieh qui, à ma surprise, était une ville assez importante. Assez jolie aussi, avant qu’on ne traverse le fleuve : toute blanche, assez féerique avec ses minarets. Une fois passé le pont, il y avait de quoi déchanter. Cette odeur, ce délabrement, cette pagaille, cette crasse, partout ! »
« — L’autre jour, nous sommes allés y faire un tour en voiture, le capitaine Jervis – c’est un aviateur – et moi. C’était le matin. La plupart étaient sur les fouilles. Elle écrivait une lettre et j’imagine qu’elle ne nous avait pas entendus venir. Le boy qui joue les portiers n’était pas là pour une fois et nous avons foncé droit sur la véranda. Elle a dû voir l’ombre portée du capitaine Jervis sur le mur et elle a bel et bien poussé un hurlement ! Elle s’est excusée, bien sûr. Elle a dit qu’elle avait cru qu’il s’agissait d’un inconnu. Un peu bizarre, non ? Même s’il s’agissait d’un inconnu, pourquoi une telle frayeur ?
Je hochai la tête, songeuse.
Mlle Reilly, qui s’était tue, lâcha soudain :
— Je me demande ce qu’ils ont, cette année. Ils ont tous les nerfs à vif. Johnson fait tellement la tête que c’est à peine si elle desserre les dents. David n’ouvre la bouche que contraint et forcé. Bill, évidemment, n’arrête pas, et on dirait que plus il parle, plus les autres s’énervent. Carey se promène au milieu de tout ça avec l’air de quelqu’un qui s’attend à ce que ça craque d’une seconde à l’autre. Et ils s’observent tous comme si… comme si… Oh ! je n’en sais rien, mais c’est bizarre.
Je fus frappée de voir que deux personnes aussi différentes que Mlle Reilly et le major Pennyman éprouvaient la même impression. »

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