Armorican Psycho, Gwenael Le Guellec

En voyage avec Collectif Polar

Si on partait de port en port, de Brest au cercle polaire, ça vous tente ?


Le livre : Armorican Psycho de  Gwenael Le Guellec. Paru le 11 avril 2019 chez Les Nouveaux Auteur. 19€95. (699 p.) ; 21 x 14 cm. Réédité en poche le 14 janvier 2021 chez Pocket. Thriller, n° 17904. 9€50. (777 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Armorican psycho

À Brest, le temps est à la tempête. Ce qui n’est pas pour déplaire à Yoran Rosko, le photographe des conditions hostiles. Il aime cette ville et ne craint pas la fureur des éléments, dont les excès nourrissent son travail. Sans doute aussi parce que, atteint d’achromatopsie, maladie qui lui fait craindre la lumière et l’empêche de percevoir les couleurs, il préfère l’opacité. Jusqu’à ce que Claude Garrec, son ami et mentor, disparaisse. Yoran se retrouve alors confronté au Tailleur de sel, un tueur en série insaisissable, aux motivations obscures, qui va l’entraîner jusqu’aux confins de la nuit polaire…

 

L’auteur : Gwenael Le Guellec est originaire de Brest où il est né le 10 novembre 1982.
Gwenael Le Guellec s’est longtemps passionné pour la photographie, avant de se consacrer plus amplement à l’écriture.
Désormais installé en Île-de-France, le natif de Brest puise son inspiration dans ses voyages à travers l’Europe et au Japon ainsi que dans la musique qu’il aime, où se côtoient trip hop, cold wave ou post-rock.
« Armorican Psycho », son premier roman sorti en 2019, introduit le personnage de Yoran Rosko, photographe solitaire percevant le monde qui l’entoure en nuances de noir et de blanc.
Il a été récompensé du Prix du Suspense Psychologique en 2019 et du Prix du Goéland Masqué en 2020.
En 2021 sort « Exil Pour L’Enfer », qui plonge à nouveau le lecteur dans l’univers monochrome de Yoran Rosko.

 

Extraits :
« La brume matinale semblait ne jamais devoir se dégager des blocs de kersanton, de granit et de marbre, conférant à l’endroit une atmosphère mystique.
Les croix brisées et les flambeaux renversés étaient figés dans le temps.
Quelques hauts édifices, remontant pour certains au XVIIIe siècle, parvenaient à émerger, régnant telles des vigies éternelles.
Les chrysanthèmes fraîchement coupés, d’un violet vif, juraient presque avec l’ornementation désespérément pauvre du carré, en cette veille de Toussaint.
Chaque année, alors que l’automne glissait doucement vers l’hiver, il venait ici, dans le cimetière de Saint-Martin, que d’aucuns appelaient encore le cimetière de Brest, accomplissant ainsi son pèlerinage annuel. À sa façon, il honorait leur mémoire, ou du moins, ce qu’il en restait. C’était une manière aussi de se faire pardonner pour tous ses crimes.
Rien ne justifiait la fin qui leur avait été destinée ni la souffrance que ces familles avaient endurée pendant tant d’années.
Il savait que le temps de la rédemption était venu, et que les innocents deviendraient bientôt les coupables. Alors, elles seraient enfin délivrées, et peu importerait le prix à payer.
La vérité allait être mise au jour, et ne pourrait plus – non, plus jamais – être oubliée. »
 » Yoran Rosko adorait photographier en conditions hostiles, spécialement de nuit. Spécialement par temps de pluie. Il affectionnait particulièrement les territoires inexplorés et à l’abandon. Six ans auparavant, alors que l’hiver s’achevait lentement, il s’était offert une excursion nocturne sur le plateau des Capucins, alors en pleine réhabilitation. Il y avait réalisé l’une de ses meilleures séries. Quelques années plus tard, il avait poussé l’expérience un peu plus loin, en réalisant une visite non autorisée sur le site du cimetière de bateaux de Landévennec, profitant d’une rare nuit de neige pour immortaliser les lieux.
Ce soir-là, il avait décidé d’investir la prison maritime désaffectée de Pontaniou. Construite aux prémices du XIXe siècle sur les ruines d’un refuge pénitentiaire pour prostituées, elle avait été définitivement abandonnée en 1990, après avoir connu plusieurs vies. Cette expédition, il l’avait en tête de longue date. Renouer avec le passé carcéral de sa ville, c’était un peu comme voyager dans le temps. »

Le post–it de Ge

ARMORIC∀N PSYCHØ, Gwenael Le Guellec

 

L’auteur a dû fournir un travail titanesque de recherches et d’écriture pour ce premier roman, ce pavé de presque 700 pages ou il nous immerge dans une énigme puissante et franchement bien ficelée.
Alors Armorican Psycho de quoi ça parle :
Un photographe solitaire, Yoran Rosko, atteint d’une maladie qui l’empêche de voir les couleurs enquête sur la disparition de son ami. Il se retrouve confronté à un mystérieux tueur se faisant appeler le Tailleur de sel.
Armorican psycho est surtout un excellent polar d’atmosphère sur fond de légendes bretonnes.
La description des lieux est parfaitement rendue, on s’y croirait On aime aussi cette ambiance glauque et morbide très prégnante. On ressent parfaitement la pluie, le froid et la tempête. Et que dire de Brest et des autres villes et des ambiances industrielles de leur ports. L’auteur maîtrise bien cet univers et son écriture est très visuel mais profonde aussi. le style est clair et intéressant. Ici, tout est à sa place.. Bref un thriller très bien écrit, haletant et documenté. La lecture est fluide et les mots sonnent justes. Et puis comme si cela ne suffisait pas l’intrigue est originale et la chute est amenée de façon fort inattendue. Une bien belle surprise. Un premier roman maîtrisé de bout en bout à la perfection qui vous emporte littéralement. Alors…Que demander de plus.

 

Autres extraits
« Onze jours. Onze jours déjà que la tempête du siècle s’était abattue sur Brest et ses environs, morcelant un peu plus ses côtes déjà maintes fois déchirées par les immuables caprices de l’océan. Dehors il faisait nuit. Une nuit grise et humide, qui semblait s’être emparée de l’extrémité de la pointe bretonne en amorce de l’hiver.
Contemplant un horizon noir comme l’abîme, perché au-dessus du port, un homme ressentait l’impact des trombes d’eau mêlées de sel venues heurter la baie vitrée de sa salle de séjour. Au-dehors, les mâts s’entrechoquaient toujours plus fort. Il ferma les yeux. L’espace d’un instant, il perdit le contact avec la réalité.
La violence des éléments déchaînés et rien d’autre. »
« Après quelques minutes dans un silence total, il alluma sa lampe de poche, en prenant soin de ne pas poser les yeux sur le faisceau. Les murs avaient tant d’histoires à raconter. »
« Yoran n’avait jamais vraiment quitté la Bretagne. Après des études à Nantes et un retour dans sa ville natale, il avait délaissé quelques semaines plus tôt son travail de consignataire de navires. Il l’avait exercé durant douze années, supervisant les escales de nombreux navires sur le port de Brest, au service du même armateur. Si sa préférence avait toujours été de travailler dans sa ville, son véritable impératif était aussi de pouvoir exercer la nuit.
Yoran était venu au monde avec une pathologie visuelle, qui répondait au doux nom d’achromatopsie. Cette anomalie de la vision le contraignait à voir le monde en noir et blanc et en nuances de gris, et il craignait la lumière du jour plus que tout, au point d’en faire une obsession. Il vivait presque exclusivement dans le noir. Son acuité visuelle diminuait en effet très fortement en cas de luminosité vive. À l’inverse, ses yeux s’adaptaient plus rapidement que la moyenne à l’obscurité. Il y avait bien cet appartement du dernier étage de la rue Alderic-Lecomte, fortement exposé au soleil certains jours. Mais il avait eu la bénédiction de son médecin avant de s’y installer. Sans jamais vraiment y croire, d’ailleurs.
« Il faut habituer vos yeux à la lumière naturelle, Yoran, ou vous vous condamnerez à vivre éternellement la nuit, comme les vampires. »
Ou comme les korrigans. Lui avait plutôt l’impression de combattre le mal par le mal. »

3 réflexions sur “Armorican Psycho, Gwenael Le Guellec

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