La frontière, Patrick Bard

En voyage avec Collectif Polar

Direction la frontière Américano-Mexicaine et la Ville de Ciudad Juárez


Le livre : La frontière de Patrick Bard. Paru le 27 mars 2002 chez Seuil. Réédité le le 14 mai 2003 aux Points. Policiers, n° 1102. 7€70. (377 p.) ; 18 x 11 cm

Résumé :

Toni Zambudio, journaliste, part à Ciudad Juarez pour couvrir une des plus grosses affaires criminelles au Mexique. Entre 1995 et 1997, 53 corps de femmes violées et mutilées ont été retrouvés aux abords de la ville. La police piétine après avoir accusé un contremaître de l’usine où travaillaient les victimes, originaires d’une bidonville de la région, et une secte satanique. Zambudio enquête.

 

 

 

 

 

 

L’auteur : Écrivain et photographe né  le  à Montreuil-sous-Bois, , Patrick Bard a publié à ce jour dix romans dont la plupart ont été récompensés. Parmi eux, La Frontière (Seuil, 2004), Poussières d’exil (Seuil, 2015), et Mes yeux se sont fermés (Syros, 2016). Sa carrière de photographe commence en 1982 avec une exposition à la Galerie des Voyageurs à Toulouse. Il était, par ailleurs, membre de l’agence de presse Rapho depuis 1979. En 1990, il change d’agence et rejoint Editing. Depuis 2007, il est représenté par Signatures, maison de photographes. Son premier livre, publié en 1993, est Blues Mississippi Mud, un carnet d’un voyage dans le monde du blues. À partir de 1996 il quitte la France pour étudier la frontière entre les États-Unis et le Mexique. Cette étude, qui a duré 5 ans, a donné lieu à l’ouvrage El Norte, sorti en 2002. Mais également, en 2002, à la sortie de son premier roman, La Frontière. Ce livre a d’ailleurs été récompensé par le prix Michel-Lebrun (2003). Il sort son deuxième roman en 2004, sous le titre de L’Attrapeur d’ombres. Viennent ensuite deux ouvrages historiques, Le Chemin de l’Inca en 2006, et Les Routes du Che en 2007. Depuis longtemps, Patrick Bard a choisi comme lieu de villégiature le village de La Canourgue en Lozère, non loin des lieux où se sont déroulés les événements de la bête du Gévaudan. C’est d’ailleurs ce thème qui est le sujet de son troisième roman, Le Chien de Dieu, sorti en 2008.

 

Extrait :
(…)  — tu pars demain soir, lui avait répondu d’un ton péremptoire Perez, le chef de la rubrique étranger. Écoute, je sais que tu travailles habituellement sur la justice en national, mais bon, tu es excellent pour les papiers criminels et c’est un très gros coup, donc tu vas là-bas. On a encore un billet en échange-marchandise avec AeroMexico, on va l’utiliser. Tu seras à pied d’œuvre dimanche matin. De toute façon, Montoya qui aurait pu partir à ta place est en Belgique sur les suites de l’affaire Dutroux.
— C’est quoi, l’histoire ? avait fini par demander Toni.
— Voilà, ça fait un an qu’on sait que des tueurs violent et assassinent des jeunes femmes à Ciudad Juárez avant d’abandonner leurs cadavres dans le désert. On a découvert la première en août 95, dans un terrain vague à la lisière de la ville, c’était pas beau à voir. Au début, la police a cru à un unique serial killer. Ils avaient arrêté le contremaître d’une usine, qui avait reconnu les meurtres. Seulement, une fois le type sous les verrous, les crimes ont continué. À ce jour, on a retrouvé cinquante-trois corps de femmes violées et mutilées aux quatre coins de la ville. En deux ans. Toutes jeunes et originaires des bidonvilles. La police vient d’arrêter une bande de loubards du coin, « Los Diablos ». Ils ont l’air d’être à l’origine des meurtres. C’est un truc très moche. La plus grosse affaire, sans doute, de l’histoire criminelle du Mexique. Je veux une enquête en béton armé là-dessus. Nous avons du sexe, de la violence à l’état pur, une ville frontière, tous les ingrédients d’un vrai polar.

 

Le post-it de Ge

La frontière, Patrick Bard

A Ciudad Juárez, les grandes firmes mondiales profitent d’une main-d’oeuvre docile et bon marché pour faire pousser leurs filiales comme des champignons et avec elles la misère, la prostitution, la violence et même la mort.
Des cadavres de jeunes ouvrières ont été trouvés aux abords de la ville, épouvantablement mutilés, éviscérés, décapités. Est-ce l’oeuvre d’un psychopathe ? La machination d’une secte satanique ? Ou un règlement de comptes entre narcotrafiquants ?
Malgré l’arrestation de plusieurs suspects, ni la police, ni la justice, ni les associations de familles des victimes ne réussissent à endiguer cette vague d’assassinats toujours plus cruels, toujours plus spectaculaires.
Envoyé par son journal pour une enquête de quelques jours, Toni Zambudio, en débarquant dans la ville où même le diable aurait peur de vivre, ignore qu’il vient de tirer le fil d’un écheveau sanglant qui le conduira sur la piste d’un ennemi plus terrifiant encore et dont le pouvoir est à la mesure de ce qui se joue du côté mexicain de la frontera.

Ils sont nombreux les auteurs de polar qui nous ont entrainer à Cuidad Juarez, il y a des américains, des mexicains ou sud-américains, des français aussi. Ici Patrick Bard nous parle de ces esclaves modernes qui font la richesse de bon nombre de multinationales américaine, asiatiques ou même européenne.
Ce thriller est aussi un témoignage de la misère qui règne dans cette partie du Mexique, et s’inspire pour la plupart des faits (conditions de travail, série d’assassinats, etc.) de la réalité.
Ce roman nous plonge dans la réalité du Mexique d’aujourd’hui, un pays gangrené par la misère et la violence. Dès les premières lignes, nous sommes déjà dans l’atmosphère glauque et poussiéreuse de cette ville-frontière.
Sans doute un des plus émouvant polar que j’ai lu sur le sujet.

Autres extraits
« — Tiens, l’avait secoué Perez. Voilà un papier paru il y a une semaine sur notre affaire dans The Nation, un quotidien de la gauche américaine. Ça te fera de la lecture dans l’avion. Je veux toute l’histoire avant le procès.
La bise de février ébranlait les auvents des marchands de chocolate con churros. Les mains posées sur sa bedaine au fond des poches de son manteau, Toni avait marché dans Madrid, incliné vers l’avant pour mieux résister aux bourrasques, en pensant à ce qu’il raconterait aux enfants.
Et à Fina. Il ne savait même pas combien de temps il resterait absent.
Guère plus, sans doute, d’une dizaine de jours.
En fait, cinq jours plus tard, son enquête était à peu près bouclée »
 » La ville s’était transformée. Le gros bourg qui regardait les États-Unis en chien de faïence par-delà le Río Bravo, dont il n’avait jamais compris pourquoi il s’appelait Rio Grande sur la berge américaine, était monté en graine.
Ciudad Juárez avait envahi la plaine d’inondations, la ville avait étendu ses tentacules sur des hectares de désert, les bidonvilles s’accrochaient aux montagnes face aux buildings étincelants d’El Paso, Texas. Un nuage de pollution jaune sale barrait la vue au-delà, vers les montagnes de la Sierra Blanca.
 »
 » Et puis il avait bouclé cette enquête fabuleuse sur le GAL, la police parallèle qui assassinait des membres de l’ETA. On avait mentionné son nom pour un prix, on parlait de lui pour remplacer le rédac’chef adjoint, démissionnaire. Il avait une nouvelle fois décliné l’offre  (…) »  
« Le corps présente de nombreuses traces de morsures humaines, notamment à l’intérieur des cuisses et dans la région pubienne. Le ventre de la victime a été ouvert du sternum au nombril. Les intestins ont été sortis de la cavité abdominale et les organes génitaux internes ont été découpés. Le foie et le cœur sont manquants. Une arme tranchante a été plongée à plusieurs reprises dans le sein gauche. Des traces de rotation indiquent que l’assassin s’est acharné sur les blessures. Des excréments humains ont été retrouvés dans la bouche de la victime. L’examen rectal et vaginal révèle des traces abondantes de sperme.
Ça, c’était pour les cadavres découverts dans un état de relative fraîcheur.
Pour les autres, le médecin légiste s’était montré moins précis. »

 Le petit+ de Collectif Polar

Pour en savoir plus sur le sujet Maud notre indic vous conseil de lire  :

La ville qui tue les femmes : Enquête à Ciudad Juarez de Marc Fernandez et Jean-Christophe Rampal

Son retour de lecture ICI

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12 réflexions sur “La frontière, Patrick Bard

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