Le camp de l’humiliation de KIM Yu-kyeong

 

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Le livre :  Le camp de l’humiliation de KIM Yu-kyeong. Paru en février 2019 aux éditions Philippe Picquier. 23,00 € ; (368 pages) ; 13×20,50 cm. Roman traduit du coréen par LIM Yeong-hee et FOLLEBOUCKT Stéphanie.

Poche paru en mars 2021 aux éditions Picquier Poche. 11€ ; (480 pages); 11×17 cm.

4ème de couverture :

Quelque part en Corée du Nord, un camion roule dans la nuit. Son chargement : un jeune journaliste et sa famille, jetés à l’arrière sans ménagement. Leur destination : un camp de prisonniers politiques enserré dans les montagnes.

Wonho et sa famille vont connaître la faim, le froid, les privations, les corvées épuisantes, les persécutions. Jamais ils ne sauront pourquoi ils sont là. Un des chefs du camp va reconnaître dans la jeune femme une musicienne qu’il a secrètement et passionnément aimée…

L’auteur, une transfuge de Corée du Nord, a puisé dans ses propres expériences et les témoignages de son entourage pour écrire ce roman bouleversant qui vous prend aux tripes. Elle parle au nom de tous ceux qui sont humiliés, abîmés, écrasés par un régime de terreur, quel qu’il soit.

Comment survivre sans renier sa dignité d’être humain, comment se réparer et pardonner ? C’est la question que pose son roman, qui est celui de la résistance et de la résilience.

L’auteur : Kim Yu-kyeong est une romancière nord-coréenne, membre du Comité central de la Fédération des auteurs de Chosun avant de fuir le pays pour la Corée du Sud dans les années 2000. Elle garde aujourd’hui encore sa véritable identité secrète, par crainte de nuire aux membres de sa famille restés au Nord. 

En avril 2012, elle publie son premier roman, Cheongchun Yeonga (non traduit), en Corée du Sud. Le Camp de l’Humiliation, paru en février 2016, est son deuxième roman. 

 

Extrait :
« On dit que ceux qui sont isolés dans cette vallée sont des criminels politiques criminels, politiques dangereux mais rien chez les gens d’ici ne laisse penser qu’ils le sont. Ils ne se soucient aucunement d’idéologie. Ils ne font que supporter péniblement chaque heure puis chaque jour, orientés vers la survie. Wonho comprend que lorsque les humains tombent au plus bas, ils oublient facilement le passé et le futur mais possèdent l’instinct incroyable de ses soumettre rapidement à la réalité présente. Au début, ils se lamentent sur leur destin ou ils ont la nostalgie de leur vie d’avant, mais ça ne dure pas longtemps. Le souci de l’avenir ne tarde pas non plus à disparaître. Ils n’ont pas le temps de penser au lendemain, encore moins à un futur lointain. La réalité juste sous leur nez est cruelle et leur serre la gorge. Même en consacrant toute leur énergie à l’instant présent, ils s’en sortent difficilement. Dans un bain public, tout le monde est nu et personne n’éprouve de honte. Il en est de même dans cette vallée : les comportements et les actes les plus lâches, les plus impudents et abjects qui soient, y sont considérés comme normaux. Cet endroit pousse les gens à considérer la vie comme vide de sens et à éprouver de l’indifférence pour les autres et du mépris pour eux-mêmes.».  

  

Les émotions de lecture de Cécile

 Le camp de l’humiliation de KIM Yu-kyeong

Un livre qui nous fait plonger dans la noirceur de l’âme humaine et les camps de prisonniers politiques de Corée du Nord.

 Han Wonho, journaliste à Pyongyang, Ri Su-ryeon, sa femme musicienne et sa mère violoncelliste sont jetés à l’arrière d’un camion militaire et emmenés dans un camp sous le coup d’une punition collective. Le père espion dans le Sud aurait basculé du côté de l’ennemi.

Le livre est dur comme ceux que j’ai pu lire plus jeune sur les camps de concentration en Europe. La déshumanisation, la violence, les privations… j’ai peiné parfois, en apnée. Pourquoi j’ai persévéré ? Dans l’espoir d’y trouver un rai d’humanité. Pour finalement dire à l’autrice qui a vécu ces infamies, à ses amis, à sa famille dont elle s’est inspirée que nous ne souffrons avec eux. Aux Coréens du Nord vivant toujours dans cette prison à ciel ouvert que nous ne les oublions pas.

Alors je suis restée aux côtés de cette famille meurtrie au-delà de l’imaginable en leur souhaitant de s’échapper comme l’autrice. La résistance et la résilience comme récompense. Et les mots de Kim Yu-kyeong à la fin qui dit à la fois avoir écrit une fiction dure et personnelle et surtout son émotion à savoir qu’on lira l’histoire de son peuple jusqu’en France m’a confortée dans ma persévérance à aller jusqu’au bout malgré sa noirceur.

« Je me suis dit que le supplice des habitants du Nord, si isolés du monde, ne resterait pas inconnu, et cela m’a réconfortée. Je remercie infiniment les éditions Picquier de donner l’occasion de lire ce roman aux lecteurs français. » KIM Yu-kyeong.

Merci infiniment à elle de nous avoir partagé de sa plume fluide l’histoire forte d’une famille sacrifiée au culte d’une autre famille et de sa dictature !

15 réflexions sur “ Le camp de l’humiliation de KIM Yu-kyeong

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