Canso d’amor, Chantal Alibert

Le livre : Canso d’amor de  Chantal Alibert. Paru le 23 mars 2011 chez Les Presses littéraires dans la collection Crimes et Chatiments. 10€ (151 p.) ; 17 x 12 cm.

4e de couv : 

Une tempête de neige bloque dans un château fort des Corbières trois moines dominicains, deux envoyés du roi de France et leur écuyer. Leur arrivée réveille les angoisses des habitants de la forteresse qui ont connu vingt ans auparavant les affres de l’Inquisition. Deux morts suspectes surviennent. Sont-elles liées aux événements tragiques de la lutte contre l’hérésie cathare ?

 

 

 

 

L’auteur : Née en 1953, et originaire de la région de Valenciennes, Chantal Alibert est agrégée et docteur en histoire contemporaine. Spécialiste de l’histoire patrimoniale du XIXe siècle.  Elle découvre Narbonne voici une quarantaine d’année à la faveur d’un stage archéologique au Clos de la Lombarde et y réside depuis lors. Enseignante en histoire et en histoire de l’art, elle a soutenu une thèse en 2000 intitulée Les reflets du passé : Narbonne, les Narbonnais et leur patrimoine de 1789 à 1939. Elle est l’auteur d’ouvrages et d’articles ayant pour sujet sa ville d’adoption. Elle a également écrit deux romans policiers : Le Manuscrit d’Isis dont l’action se déroule à Narbonne et Canso d’amor qui a pour cadre un château des Corbières après la tragédie cathare.

 

Extraits :
« Maître Puech fixait avec angoisse les flammes de la cheminée. Une fumée âcre s’élevait dans la pièce. Il se mit à tousser. L’un des deux hommes qui lui faisaient face esquissa un mince sourire et lui demanda doucement :
– Que crains-tu ?
– Mon Frère, je n’ai rien fait. Je ne suis qu’un pauvre aubergiste ! Jamais je n’ai trahi notre foi ! gémit Maître Puech.
Terrifié, l’aubergiste s’affala sur le banc et s’efforça de contrôler le tremblement de ses mains. Son corps était moite de sueur. Il déglutit avec peine et leva la tête vers les deux moines. Les deux hommes étaient du même âge. Le premier, frère Antoine, avait posé son écritoire sur la table et attendait que l’inquisiteur reprenne l’interrogatoire. Celui-ci s’avançait vers lui. Il était grand et mince, l’habit des dominicains flottant sur son corps décharné. Son nez busqué, ses yeux perçants où se reflétaient les flammes du foyer faisaient penser à un oiseau prêt à fondre sur sa proie, impression démentie par la voix doucereuse d’où ne perçait aucune émotion. »
« Les questions étaient posées calmement, presque avec indifférence. Cette attitude plongeait l’aubergiste dans un profond désarroi.
– Libère ta conscience ! lui insinua–t-il.
– Mais, que puis-je vous confesser ? s’écria Maître Puech.
– Qui as-tu caché dans ton auberge, la nuit dernière ?
– Je vous l’ai déjà dit : des pèlerins ! J’ai offert le couvert et le gîte à de simples pèlerins ! reprit le malheureux avec force.
– Tu les connaissais ?
– Non, je ne les avais jamais vus !
– Tu mens ! Le mensonge est un péché. Veux-tu protéger des hérétiques ?
– Croyez-moi, mon Frère, je n’en reçois pas dans mon auberge.
– Nous savons qu’ils venaient régulièrement dans la région et c’est chez toi qu’ils se sont arrêtés.
– Qui a dit cela ? Dites-le moi. Je vous en prie.
– Tes voisins.
L’aubergiste tenta une nouvelle fois de se lever. Son regard épouvanté fit le tour de la pièce. Deux gardes étaient en faction devant la porte. Fuir était inutile. »

Le post-it de Ge

Canso d’amor, Chantal Alibert

Vingt ans après l’Inquisition, un soir de janvier 1264, trois moines dominicains et deux envoyés du roi de France, accompagnés de leur écuyer, sont contraints de passer la nuit dans un château fort des Corbières.

Quand j’ai vu le sujet de ce polar historique, je n’ai pas hésité une seconde. Et oui, je ne sais pas vous mais alors ces histoires de Cathares m’ont toujours passionnée, depuis l’adolescence ou peut-être avant… Je me souviens avoir dévoré des toas de livre sur le sujet, des romans historiques, des livres d’histoire, quelques polars aussi. J’ai encore des frissons en repensant à ce titre  Le Bûcher de Montségur de Zoé Oldenbourg paru à la fin des année 80 et qui n’avait tellement emballée. J’ai lu tout de suite après les Brulés, son Histoire de la résistance cathare en Languedoc, au XIIIe siècle, à travers le destin d’une lignée de petits seigneurs du pays d’Ariège. Puis il y a eu d’Argile et de cendre… et la Pierre angulaire qui a reçu le prix Femina et Zoé Oldenbourg que l’on ne lit plus aujourd’hui. Mais il y a Mireille Calmel qui nous offre actuellement une saga cathare avec toutes sa fougue de conteuse hors pair. Et puis il y a ce petit polar dans une petite maison d’édition. Un petit polar qui a tout d’une grand. L’auteure c’est attaché à retranscrire parfaitement le contexte politique et religieux de ce 13e siècle dans ce sud-ouest qui reste marqué par la croisade des albigeois qui c’est fini en guerre de conquête tout bonnement, le Languedoc passant sous le joug du royaume français ?

  Canso d’amor  a pour cadre un château des Corbières après la tragédie cathare. On est en hiver et le temps semble s’être arrêter. Tout le monde est enfermé derrière l’enceinte de ce château. Avec brio l’auteur une propose donc un polar historique en huit clos. Et ce n’est pas sans nous rappeler un certain Umberto Ecco et Le nom de la Rose. Car à l’instar d’Ecco, Chantal Alibert fait preuve elle aussi d’une belle érudition et joue parfaitement sa partition,  sans digression, dans ce court roman policier qui saura plaire aux amateurs de  suspense Cathare comme moi

5 réflexions sur “Canso d’amor, Chantal Alibert

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