Et puis mourir de Jean-Luc Bizien

La fausse double chronique : Journée spéciale sur Collectif Polar

2 flingueuses vont vous parler des livre d’un même auteur.

Ce matin c’est Eppy Fanny qui nous donne son avis sur son dernier roman

Ce soir Jean Paul reviendra avec son ressenti pour une triple chronique.

Alors belles lectures


Le livre : Et puis mourir de Jean-Luc Bizien  – Paru le 30/09/2020 chez Fayard – collection Fayard Noir  – 18 € (342 pages) ; format 13 x 21 cm

4ème de couverture :

Plusieurs samedis d’affilée, alors que tous les services de police de France sont mobilisés par les manifestations des gilets jaunes, de meurtres sont commis dans les beaux quartiers de Paris. Cela pourrait être l’œuvre d’un déséquilibré qui aurait poussé jusqu’à la vengeance les revendications de justice sociale, mais le commandant Jean-Yves Le Guen n’y croit pas.
Avec son adjoint, le capitaine Patriziu Agostini, ils jouent contre la montre. Car l’idée d’un « meurtrier gilet jaune » menace de faire l’objet de récupérations politiques qui ne feraient qu’empirer la situation – et le prochain samedi de protestations se rapproche …

Un polar d’actualité mêlant revendications sociales et vengeance personnelle – sur fond de Paris en état d’urgence.

 

L’auteur : Jean-Luc Bizien a étudié l’anglais et enseigné pendant quinze ans auprès de l’enfance en difficulté, dans les ZEP et les instituts spécialisés. En 2001, il quitte l’Éducation nationale pour se consacrer à l’écriture. Membre de la Ligue de l’Imaginaire, il a reçu de nombreux prix : le prix Gérardmer Fantastic’Arts, le prix du roman d’aventures, le prix Lion noir et le prix Sang d’encre 2016.

 

 

 

 

 

 

 

Extrait : 
« Le tueur en série, c’est la tarte à la crème des écrivains et des scénaristes de cinéma en mal d’originalité. Si on en croisait moitié moins que ce qu’ils inventent, la terreur régnerait en France. On ne ferait pas un pas dans la rue sans en côtoyer un. »

 

« — C’est un truand habitué des GAV1 ton gars ?
— Non, pas vraiment, admit Mesnard. Comme je te l’ai dit : c’est un pauvre type, qui a déconné. Tu veux en venir où ?
— Au fait que s’il s’accroche à ce point, c’est qu’il a une bonne raison de tenir. »
« Cédant à une impulsion, Le Guen emboîta le pas à son collègue, avant de refermer la porte derrière lui. Mesnard en fut surpris, mais ne fit pas de remarque. Le Breton se plaça dans un angle de la pièce. Il croisa les bras et posa son regard bleu délavé sur le prévenu. À l’évidence, ce dernier était à deux doigts de craquer. »

 

La Kronik d’Eppy Fanny

ET PUIS MOURIR de Jean-Luc BIZIEN aux Éditions FAYARD Noir

ISBN 978-2-21371-727-2

 

L’histoire :  Cimetière du Père- Lachaise, un gosse fait du vélo dans les allées et tombe à cause d’une tombe ouverte. A l’intérieur un corps profané, émasculé et le sexe enfoncé dans la bouche. Pour couronner le tout, un morceau de scalp manque.

Un fait qui va passer inaperçu dans la presse totalement mobilisé par le mouvement des gilets jaunes. Nous sommes en novembre 2018.

Un appartement cossu, un homme, Alexandre Lemaître, contemple depuis son balcon ces fourmis insignifiantes qui tentent de reprendre le contrôle de leur vie, mais que les CRS vont remettre à leur place. Il en jubile d’avance. Il ne comprend pas ce mouvement. Méprise ces fourmis de jaune vêtues. Lui qui a écrasé sans état d’âme tous ceux qui se sont mis en travers de son chemin et de son ascension.

Et voilà que là, dans son appartement bunker, un de ces jaunes est là à le menacer. Insensé !

Extrait page 38 :
« Quand Lemaître eut enfin rendu son dernier soupir, le tueur se pencha une dernière fois au-dessus de sa dépouille pour enfoncer le sexe tranché dans sa gorge. Il essuya la lame de son cutter sur le torse du défunt, avant de l’utiliser pour lui prendre une mèche de cheveux qu’il glissa dans une petite enveloppe préparée à cet effet. »

Le brouillard des gaz lacrymaux et les affrontements sont garants de la fuite discrète de l’assassin.

L’enquête est confiée à Le Guen et son équipe. Le commandant Jean-Yves Le Guen, un homme capable de ruiner une garde à vue par humanité. Ce que ne comprend pas son second, pétrit de certitude et de procédures, quitte à en perdre toute empathie.

Cette enquête c’est un cadeau empoisonné,  Jean-Yves en a conscience. Il faut que rien ne fuite. Avec son adjoint Agostini, ils se rendent dans le magnifique appartement où l’équipe au complet est déjà arrivée. Les rippers prêts à recueillir le moindre indice auprès du voisinage, Lucie, la procédurière et son assistant Mautalent.

Extrait page 56 :
« La victime a été torturée, ajouta Mautalent en constatant l’importance des émissions sanguines autour de la dépouille. On en saura davantage après autopsie, mais je pense qu’elle était encore en vie quand on lui a fait subir les sévices. »

 

De retour au 36 avec son équipe, Le Guen découvre que la dépouille d’un entrepreneur, enterré au Père-Lachaise, a subi un sort quasi identique à celui du baron de l’industrie qui repose désormais sur la table des légistes. Deux attaques. Les cibles : deux Hommes ayant réussi. Est-ce le même type qui est à l’origine de ces horreurs ? Les tests ADN sont formels : oui !

Loin du 36, Gabriel, un infirmier exemplaire qui travaille en EPADH, un ange pour ses patients, vaque avec dévouement à son métier. Un très bel homme qui ne laisse pas insensibles ses collègues. Voire la Directrice de qui il obtient beaucoup. Gabriel prend un soin particulier d’Adeline Schwartz, une pensionnaire enfermée dans son monde. La maladie d’Alzheimer ne lui a laissé en souvenir que son enfance, sa jeunesse, ses études et ses premiers jobs. Elle était alors jeune et belle. Solaire. Mais les souvenirs ne sont pas tous heureux et la pire des souffrances est de devoir les revivre indéfiniment. Gabriel a entendu ce témoignage indicible de la bouche d’Adeline. La colère et la rage l’ont submergé. Il ne peut pas changer le passer. Mais il obtiendra réparation. Quoi qu’il en coûte.

Et le mouvement social qui secoue la France va lui apporter l’occasion d’agir en toute discrétion. Tous les regards voient jaune. Il est invisible.

Après Alexandre Lemaître, voilà Gabriel face à Michel Vanhecken, un géant qui le surprend plus tôt que prévu. Mais l’ange exterminateur ira au bout de sa mission.

Une fois encore Le Guen et son équipe vont arriver trop tard.

En coulisse le pouvoir s’impatiente. Un énarque du service de communication est même prêt à laisser fuiter qu’un gilet jaune massacre du bourgeois pour discréditer le mouvement. Tout est bon pour servir leurs intérêts.

Gabriel reste malgré tout un infirmier, un homme de devoir, et ne peut pas laisser une manifestante à terre, ni un policier se faire lyncher. Tant pis s’il se fait prendre.

Une vidéo va effectivement mettre en exergue son acte humaniste vis-à-vis de l’étudiante…

Un autre meurtre aura lieu. Différent, mais pourtant…

Les pièces du puzzle se mettront alors en place et Le Guen et son équipe boucleront l’enquête. Avec un goût amer en bouche. Agostini comprendra que les procédures ne font pas tout, même s’il leur doit d’avoir vaincu ses fantômes.

Jean-Luc nous offre ici un polar traditionnel, bel hommage à son père, avec, en toile de fond, le mouvement des gilets jaunes. Il est au plus proche du métier de flic. Merci à ses conseillers personnels que je salue au passage.

Même si l’identité du tueur et les grandes lignes de ses motivations sont connues rapidement, l’intérêt du roman reste entier. Puis le duo de flics têtus, Breton – Corse c’est dire, en charge de l’enquête fonctionne parfaitement. Leurs histoires personnelles les rendent attachants en diable. Le Guen me fait penser, par bien des côtés, à un auteur très doué, qui maitrise les tours de magie…

Pour ma part, ce duo de têtes de mules j’apprécierais de le retrouver pour une prochaine aventure.

Je vous invite à découvrir ce récit, si ce n’est pas encore fait.

L’avantage, avec les livres, c’est qu’ils n’ont pas de date de péremption.

13 réflexions sur “Et puis mourir de Jean-Luc Bizien

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