Le Raptor contre-attaque d’Isabelle Bourdial

La double Chronique sur Collectif Polar

Deux Flingueuses ont lu le même livre, et elles vont chacune leur tour vous donner leur avis.

Ce matin Dany vient vous proposer sa Chronique Jubilatoire

Dans quelques jours Ge vous offrira son petit post-it


Le livre : Le Raptor contre-attaque d’Isabelle Bourdial – Paru le 03/03/2021 chez  les Editions du Loir –  12 €. (302 pages.) ; 18 x 11 cm

 4ème de couverture :

Hadrien Lapousterle a tout pour être heureux : il adore son job d’éditeur aux éditions Galvani, file le parfait amour avec la douce Raphaëlle tandis que son ex-chef psychopathe améliore l’ordinaire des poissons au large des côtes bretonnes. Seulement voilà, sa nouvelle boss se montre un peu trop sensible à son charme. Sans compter les stagiaires qui sèment le chaos dans l’open space. Enfin, une série d’incidents inquiétants vient menacer la réputation de la maison d’édition. L’infâme Grégoire Delahousse serait-il revenu d’entre les morts pour prendre sa revanche ? Hadrien et ses alliés parviendront-ils à vaincre cet ennemi de l’ombre ?

Après la comédie noire Sale temps pour les grenouilles, la confrérie de l’Orient-Express reprend du service pour lutter contre le harcèlement et le burn-out au bureau.

L’auteur Isabelle Bourdial est journaliste et auteure. Chef des informations au magazine Science & Vie, puis rédactrice en chef des Cahiers de Science & Vie jusqu’en 2017, elle a publié une vingtaine de documentaires
(éditions Nathan, Atlas, Gallimard, Flammarion, Larousse…). En 2016, elle signe Chasseurs d’esprit, roman policier paru aux Éditions Lajouanie et pré-sélectionné en 2017 pour le prix du Goëlan Masqué. En 2018, avec la MéMO, elle crée Polar’Osny, le festival de la littérature policière de la ville d’Osny (Val-d’Oise). Elle poursuit en parallèle ses activités de journaliste en free-lance et anime des ateliers d’écriture. Sale temps pour les grenouilles est son second roman. Une suite nous est proposée aujourd’hui avec Le raptor contre-attaque.

Extraits :
« L’heure du chien est passée. Celle du loup commence. Quelque chose est là, qui se fond dans les ténèbres. Une forme vague, à peine une ombre. Retranchée contre le flanc de l’immeuble, elle n’est pas immatérielle pour autant. Son corps épouse l’arête du mur, et tient l’esprit en laisse. Pas question de le laisser vagabonder dans les limbes. Il faut rester concentré. Tout se jouera dans quelques secondes, quelques minutes peut-être. La chose attend son moment, hors de portée des nappes de lumière crachées par les lampadaires squelettiques qui poussent sur ce bout de macadam. S’il faisait moins sombre, on distinguerait l’objet qu’elle retourne dans ses mains avant de le fourrer dans sa poche. »
« Ceci est une histoire vraie, lit-on en avertissement avant chaque épisode. Non, ceci ne l’est pas. Le postulat de départ est faux. Et toute la construction qui suit repose sur du sable. Mais de fil en aiguille, les accrocs s’enchaînent inéluctablement jusqu’au drame. Du grand art.
Comment ai-je pu passer jusqu’ici à côté de ce petit bijou ? Ce mordant, cette ironie amère, ce contraste entre la banalité des personnages et leurs actions déjantées sont éminemment jubilatoires. «  (NDLR à propos de la série Fargo)

La chronique jubilatoire de Dany

Le Raptor contre-attaque d’Isabelle Bourdial

Hadrien aurait pu penser avoir tourné la page du burn-out après la disparition de son ancien boss. C’était sans compter sur l’Impératrice qui va le harceler … oui dans cette maison d’éditions qui adhère aux plus novateurs des préceptes en matière de management, c’est un harcèlement par personne détentrice de l’autorité auquel nous assistons mais contrairement à la pratique répandue, c’est une femme qui harcèle un homme et cela donne quelques situations dont nous pouvons rire parce qu’en totale opposition avec les clichés véhiculés sur ce sujet.
L’auteure nous invite à visiter les salons où les meilleurs vendeurs sont des communicants avant d’être talentueux. Nous l’accompagnons dans les coulisses de la maison d’éditions avec toute la chaine de production d’un livre et les méandres qui mènent au BAT (bon à tirer).
Comme toutes les entreprises, cette micro-société va être frappée du syndrome du stagiaire de 3ème, cet ado qui va devoir découvrir la vie au travail, qu’il soit ou non (plutôt non généralement) motivé par les tâches qui lui sont confiées et confronté à ses pulsions naissantes. Le tout donnant lieu à des situations cocasses et malheureusement réalistes qui sentent le vécu.

L’auteure aborde largement les séries TV. Avec un regard aiguisé, une connaissance indéniable du sujet, rien ne lui échappe pour notre plus grand plaisir. J’avoue que ça donne envie de visionner celles que l’on ne connait pas encore.

Autre sujet abordé qui semble aussi sensible dans le monde de l’édition : le plagiat.

L’auteure, journaliste scientifique, a mis toute son expérience professionnelle et son humour corrosif au service de ce deuxième tome des aventures de la Confrérie de l’Orient-Express. La légèreté sert de belle façon la profondeur des sujets de société qu’elle aborde. Roman réaliste, traité avec humour, sur des thématiques qui nous alertent et nous questionnent. Nous avons entre les mains de quoi faire une pause salutaire entre deux romans plus noirs ou plus sanglants.

Lu en version numérique 6.99 €

Je remercie les éditions du Loir pour leur confiance et l’auteure pour sa bonne humeur !

 

Autres extraits :
« Sans prononcer un mot, elle passe dans mon dos et m’effleure les fesses du bout des doigts. Une caresse si légère, à peine perceptible, un baiser de papillon… qui me fait sursauter, piqué par ce coup d’épingle. Un bloc de glace sale leste soudain mon estomac. Sidéré, je me retourne mais la garce est déjà partie. Le voile de doutes et d’équivoques que j’avais tissé pour éviter de regarder la réalité en face s’est enfin déchiré. Non, je ne me fais pas des idées. Le constat est sans appel : cette femme, qui se trouve être ma supérieure hiérarchique, me fait bel et bien des avances. »
« Là, dans cette salle de prestige aux boiseries flatteuses, aux lourdes tentures de brocart habillant les hautes fenêtres, plusieurs dizaines d’adultes chevauchaient de gros ballons bleus sur un magnifique parquet en dalles Versailles. Les plus audacieux tenaient en équilibre sur les sphères, allongés sur le ventre, d’autres les enveloppaient de leurs bras et se balançaient d’avant en arrière. D’autres encore les faisaient rouler contre leur dos pour se masser les lombaires avec un air d’extase. Cinquante personnes en pleine séance régressive sous l’œil goguenard des policiers, et qui n’eurent pas tout de suite conscience de leur présence. »

10 réflexions sur “Le Raptor contre-attaque d’Isabelle Bourdial

  1. Les raptor m’avait foutu la trouille dans Jurassic Parc 1 😆 Dire que les poules sont leurs descendantes directes… oui, des poules dans la scène du film, ça aurait fait moins peur.

    Bon, je note toujours, des fois que j’aurais un créneau de temps dans mon emploi de ministre 😀

    Aimé par 2 personnes

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