L’art dans la peau, Yves Brard

Le livre : L’art dans la peau d’ Yves Brard, paru aux éditions Bookelis le 16 septembre 2020 ; prix 18€ ; (471 pages) ; 15cm x 21cm

4ème de couverture :

Paul, bibliophile et dessinateur façonné à la dure par son père, s’est enfin libéré de l’emprise de celui-ci. Obsédé par les peaux, il cherche l’œuvre ultime. Et Léda apparaît, plus pure qu’un vélin. Elle sera sa première expérience créative, avant de disparaître… De ce jour, l’engrenage infernal s’enclenche et toutes les jeunes filles rousses au corps d’albâtre qui lui ressemblent sont en danger et l’horreur s’installe crescendo… Virginie, jeune lieutenante atypique à la PJ qui n’a pas sa langue dans sa poche et Malik, son capitaine, se lancent sur les traces du psychopathe.

 

L’auteur : Professionnellement, Yves Brard était directeur des ressources humaines. Il a toujours beaucoup écrit : des poèmes, des nouvelles, contes pour enfants, romans et pamphlets jusqu’à en venir au thriller.

 

 

 

 

 

 

Extrait :

C’est une délicieuse odeur de soupe qui la tira de sa torpeur et la saisit à la gorge. Elle n’avait plus rien avalé depuis ses deux croissants du matin et ces effluves la faisaient saliver. Ses larmes faillirent repartir à la pensée de cet avant qui semblait déjà si lointain, mais elle se reprit et réussit à les contenir.
La porte n’était pas fermée, mais elle avait perdu toute velléité de s’échapper. Elle gravit lentement l’escalier et avança prudemment dans la salle, éclairée chichement par un lustre antique en bronze doré, surmonté d’un abat-jour en pâte de verre. Sur la grande table de ferme rectangulaire qui trônait au milieu de la pièce, quelques bougies se consumaient, dévoilant les ombres grotesques et disgracieuses des objets environnants.
L’homme présidait et lui faisait face, installé à l’extrémité de la table.

– Ah ! ce n’est pas trop tôt. Les femmes ! toujours à se pomponner pendant des heures, j’ai failli manger froid. Assieds-toi, je t’en prie, tu es servie.

Les missives de Fanny H

 

L’art dans la peau, Yves Brard

 

Dans une biographie sur son blog, l’auteur nous apprend qu’il est bibliophile et qu’il a collectionné au fil du temps des livres illustrés par de grands dessinateurs ou miniaturistes constituant ainsi le fil conducteur de son thriller. Je me demande d’ailleurs si dans cette bibliothèque personnelle on y retrouve une reliure particulière ?…

Ce roman d’Yves Brard porte tout à fait son nom. Car c’est bien de l’art dont il est question : littérature, reliure de livre, dessins et peinture sous différentes formes que celles de la norme à laquelle nous sommes si bien habitués. Normalité ? Mais qu’est-elle exactement ? Normal pour l’un ne l’est pas forcément pour l’autre. Qui décide de celle-ci ? La société et ses têtes bien pensantes.

Dans ce thriller, le dessinateur Paul Bruihier a une bien singulière vision de l’art et en particulier du tatouage. Il ne partage pas du tout les valeurs traditionnelles et se croit bien au-dessus de tout et de tous. Il se sent puissant et, selon lui, rien ne pourrait l’arrêter dans la quête ultime de l’œuvre de sa vie pour laquelle il lui faut le modèle parfait, un grain de peau sans défaut et une texture incomparable. Il doit trouver sa muse. Il en a absolument besoin, comme une drogue, pour satisfaire cet égo surdimensionné et cette folie meurtrière. Pour cela, il sillonnera plusieurs régions et se jouera du duo d’enquêteurs qui le traque.

Au début de leur apparition, les tatouages étaient vus comme un signe de délinquance par les premiers criminologues. En 2021, ils peuvent représenter diverses significations, comme l’appartenance à une religion, un peuple, une organisation criminelle ou tout simplement se vouloir joli pour la personne qui le fait. Ils sont encore très mal vus dans certains pays comme le Japon (même si cela rentre peu à peu dans les mœurs) alors que dans d’autres, ils sont vus comme sacré.

L’histoire nous parle de reliure en peau humaine à partir du 18ème siècle que l’on appelle bibliopégie anthropodermique  (voir photo de reliure ci-dessus avec lettre manuscrite explicative). Il est vrai que nous connaissons la reliure en cuir d’animaux mais absolument pas celle en peau humaine… Y penserez-vous la prochaine fois que vous tiendrez un livre avec une reliure en cuir ? Moi oui ! Surtout après avoir lu L’art dans la peau !

Je ne me suis pas ennuyée un seul instant dans cet excellent thriller qui m’a entrainé dans les pas de la folie destructrice de ce psychopathe. Par contre, âme sensible s’abstenir, les scènes de violences sont bien décrites et détaillées. L’enquête est cohérente, bien expliquée ; l’intrigue est bien menée et pleine de rebondissements. J’ai vraiment hâte de lire le prochain roman de l’auteur qui est pour moi une très belle découverte en ce début d’année 2021. Merci Yves Brard.

3 réflexions sur “L’art dans la peau, Yves Brard

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