Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? Saison 2 Episode 2

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ?

Saison 2 Episode 2

Et si on leur donnait la parole ? S02E02

Par Nick Gardel

 

J’accueille aujourd’hui une femme, la première de cette seconde saison. Je vais donc lui laisser le loisir de se présenter.

Je suis la commissaire Cécile Sanchez de la Direction centrale de la police judiciaire. Je travaille pour l’OCRVP, l’Office central pour la répression des violences aux personnes. Je dirige une section spéciale qui se concentre sur les crimes à caractères sériels ou particulièrement dangereux et déviants.

Il faut avoir un caractère en acier trempé pour un tel travail, je suppose. Quels sont les traits principaux du vôtre ?

Je ne vis que pour mon travail, qui me passionne, et j’en oublie souvent ma vie privée. Mes spécialités accumulées – criminologie, victimologie, psychologie clinique, hypnose, PNL (Programmation neurolinguistique) et surtout la synergologie (étude et interprétation des mouvements, des postures, des microexpressions, etc.) – sont des outils précieux et efficaces pour pénétrer dans le mental des suspects, des témoins et des coupables contre lesquels il manque des preuves.

J’en use et en abuse mais de nombreux services qui sont bloqués sur un interrogatoire difficile viennent me sollicitent pour débloquer des enquêtes en cours. Plus un suspect est retors et plus j’aime à disséquer son mental, quitte à le faire s’effondrer totalement.

Avec Gilberti, ce n’est pas une petite histoire. Vous vous accompagnez l’un l’autre depuis longtemps, non ?

Je squatte la tête de Ghislain depuis son premier ouvrage publié : « Le Festin du Serpent » et j’ai poursuivi avec le « Baptême des Ténèbres » pour arrêter un tueur particulièrement dangereux et sadique et j’ai donné un coup de pouce à Ange-Marie Barthélemy, chef d’une section de la SDAT, la Sous-direction antiterroriste, et son équipe sur l’affaire du tueur aux explosifs qui a sévi avec une incroyable violence à Marseille dans « Le Bal des Ardentes ». Nous nous sommes rencontrés dans Le Festin du Serpent, un peu par hasard, et sommes devenus amis

Dernièrement, j’ai été appelée sur ce qui se présente comme l’enquête la plus difficile de toute ma carrière, le démantèlement d’un réseau de narcotrafiquants particulièrement difficile à saisir. Ils œuvrent de puis l’Alsace et ont créé des méthodes de distribution en opposition avec les techniques policières, principalement celles des brigades des stupéfiants. Je n’en ai pas encore entièrement terminé avec eux et une mauvaise entente avec les services locaux n’arrangent rien. Mais je vais les faire tomber, peu importe le temps et l’énergie qu’il me faudra. Quand j’ai une ou plusieurs proies dans ma ligne de mire, je ne lâche pas l’affaire. Je ferai tomber cette bande de fils de pute jusqu’au dernier.

NB : Je ne suis pas la seule dans le cerveau dédaléen de cet auteur et je dois partager les lieux avec des centaines de personnages différents dont certain n’ont absolument rien à voir avec moi, comme Alice Price qui s’est distinguée dans « Dernière Sortie pour Wonderland » et même une version de lui-même pendant ses années difficiles qui s’est distingué dans « Dynamique du Chaos », un texte autobiographique à peine distordu pour des besoin littéraires.

Personnellement, je ne sais pas trop comment je suis arrivée là, sans doute suis-je un mélange de plusieurs personnes que Gilberti a connu. Mais à présent, j’ai mon identité propre et je m’impose à lui et à son lectorat, que je travaille à séduire afin que le maximum d’entre eux s’attache à moi ; de cette façon, je m’assure de ne pas me faire mettre au rebut. Ghislain est sans-pitié quand il s’agit de ses personnage et tous ceux qui attendent leur tour pour sortir et faire leurs armes sur papier tremblent de ne pas faire plus d’un ouvrage avant d’être tués.

Comment fonctionne votre duo ? Vous lui racontez vos histoires ou il ne fait que se servir de vous pour mener à bien son récit ?

Gilberti commence par planter le décor – je le soupçonne d’aimer me mettre dans des situations difficiles – mais une fois que tout est posé, j’ai une liberté presque totale. Et lorsqu’il exige que je me lance sur un chemin un peu trop dangereux, je négocie fermement pour le faire changer d’avis et parviens presque toujours à le faire céder. Mais lorsque je gagne à ce type de duel, il me punit en éliminant un personnage auquel je me suis attaché pendant le déroulement du texte. Pour ce genre de choses, il est vraiment vicelard, il a déjà fait tuer mon père sous mes yeux alors que j’étais enfant, mon frère n’et pas passé loin d’une peine de prison pour une sombre affaire de collaboration avec l’ETA, un homme duquel je tombais amoureuse a frôlé la mort pour un sort encore pire : il est dans un état de coma qui s’annonce irréversible, Il a tué mon second avec qui je m’entendais particulièrement bien.

Mais je tiens bon, malgré le fait que cette trilogie commencée avec « Sa Majesté des ombres », le premier tome, et qui se poursuivra avec le tome 2 « Les Anges de Babylone » se termine mal pour moi. Je le soupçonne de vouloir se débarrasser définitivement de moi et je me prépare mentalement au tome 3 : il va falloir que je sois particulièrement prudente si je ne veux pas que ce texte soit ma tombe. Alors, chers lecteurs, je compte sur vous pour faire pression sur Gilberti afin qu’il ne puisse pas me tuer dans un final apocalyptique !

Ghislain est sans-pitié quand il s’agit de ses personnage et tous ceux qui attendent leur tour pour sortir et faire leurs armes sur papier tremblent de ne pas faire plus d’un ouvrage avant d’être tués.

On sent qu’un véritable danger vous guette. Qu’en est-il de vos rapports avec Gilberti ?

Compliqués…

Je sens bien qu’il tient à moi mais, en même temps, il aimerait me faire disparaître afin de pouvoir se pencher sur des travaux qui mûrissent depuis longtemps en lui et dont certains sont déjà bien avancés.

Entre Scipion Saint-Faust qui avance dans la file des personnages sur le point de sortir dans « Les Echos du Tocsin », un roman historique sur la période des guerres de religion entre catholiques et protestants, Clémence Séverin qui attend de pouvoir jaillir des rotatives dans les tomes 2 et 3 de la trilogie des ombres «Les Anges de Babylone» et « [titre définitif à valider] », Gys qui espère un préquel à « Dynamique du Chaos » dans « Sur les Lèvres de l’Abîme » et Alice Price une suite à son voyage à Wonderland : « Les Eclats du Miroir ». Il y a aussi William Constantine et Siegfried de Gausme qui commencent à taper du pied pour un voyage à travers le monde des années folles dans « Kitab al Sout » (« Le Livre des Ténèbres », titre provisoire), Mélanie Roche et Magdalena Arpino pour « Girls in Black », Nyarlathotep pour « L’Emissaire de la Chute » (un récit lovecraftien), Cassilda pour « Le Carnaval de Carcosa » et tant d’autres qui sont conscient qu’il ‘y aura pas de place pour tout le monde et que nombre de ces projets et des dizaines d’autres ne verront jamais le jour, faute de temps. Avec le train de vie qu’il a mené, Gilberti ne vivra sans doute pas vieux.

Et il se laisse amadouer par vous, vous arrivez à discuter avec lui ?

Je tente, tant bien que mal, de faire entendre ma voix parmi les centaines d’autres personnages qui hurlent dans la tête de mon créateur. Pour l’instant, comme il travaille sur la Trilogie des Ombres et que j’en suis l’un des principaux personnages, j’ai facilement son attention. Alors je profite pour lui faire part de quelques idées, de pistes susceptibles de donner lieu à des actions spectaculaires, dramatiques, émouvantes. Mais c’est une tête de mule et finalement j’en reviens toujours à imposer mes choix lors des séances d’écriture tout en défendant mes collègues, principalement Romane Castellan qui est une jeune femme efficace, un lieutenant de police judiciaire discret mais efficace doublée d’un bourreau de travail. Dans le tome 2, je me lie avec une femme de la DCRI, la Direction centrale du renseignement intérieur, Sandrine Torterotot qui va être, je le pense et l’espère, d’une aide précieuse. Mais avec Gilberti, comment savoir, je pourrais aussi bien me faire poignarder par cette nouvelle arrivante. Donc, je patiente et reste attentive au déroulement global.

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Et quand la vie personnelle reprend ses droits, comment vous occupez-vous ?

De petites affaires qui requièrent moins de moyens et dont l’intérêt doit attirer l’attention de Gilberti, car certaines pourraient (si je survis à la Trilogie des Ombres) paraître un jour (d’où l’importance de votre soutien). « Les Valses Macabres », la Trilogie Rōnin, « Les Lueurs des Abysses » ou encore « Le Maître des Pantins ».

Mais le cerveau de mon créateur est un marasme sans nom, dévasté par les drogues qu’il a consommé dans son passé, il est impossible de deviner dans quelle direction il va bifurquer. Nous autres, personnages vivant dans ce lieu aussi stable qu’une caisse de nitroglycérine

Il nous reste à conclure, un petit mot pour ceux qui vont vous découvrir ?

Quelques lecteurs et lectrices m’ont jugée trop froide, efficace et antipathique. Ce n’est pas le cas du tout. Je suis simplement pudique et celles et ceux qui savent lire entre les lignes savent à quel point je suis fragile et comme le point de rupture est proche. Alors sachez regarder derrière l’armure que je porte, vous verrez l’humanité en moi, mes brèches et mes cicatrices. Je vous donne donc rendez-vous le premier trimestre 2019 pour « Les Anges de Babylone », la suite de « Sa Majesté des Ombres ».

En attendant, il y a tant de bons auteurs à lire : Mattias Köping, Sire Cédric, Armelle Carbonel, Laurent Obertone, Marsault (c’est de la BD mais putain c’est fendard !), Papacito, Frédéric Mars, Rich Palachack (Richko), Jean-Bernard Pouy, Jacques Saussey, Olivier Norek, Sonja Delzongle, Nicolas Lebel, Jean-Luc Bizien, Laurent Guillaume, Olivier Descosses, Solène Bakowski, Ingrid Desjours, Claire Favan, Boris Dokmak (RIP), Jérôme Camut et Nathalie Hug (connus aussi comme les Camhug), Franck Thilliez, Olivier Gay, Frederick Rapilly, Karine Giebel, Fabio Mitchelli, Arnaud Delalande, Angélina Delcroix, Maurice G. Dantec (RIP), Bernard Minier, Maud Mayeras, Ian Manook, Laurent Scalese, Eric Maravélias, Nathalie Henaf, Corinne Martel, Olivier Truc, Antonin Artaud (RIP et hors catégorie mais je le cite malgré tout) et tous les autres auteurs qui forment la scène française actuelle du roman noir qui n’a rien à envier à la littérature internationale du même genre. Il n’ont pas à rougir face aux scandinaves qui inondent le marché, à l’instar des anglophones de tous les horizons

Lisez français ! Il est nécessaire d’encourager et de soutenir ceux qui transpirent au travail et ne se reposent pas sur leur nom. Encouragez aussi les blogueurs qui sont là pour nous et mouillent leur chemise pour nous tous, les challengers de l’hexagone.

 

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