Ge vous donne des nouvelles épisode 5 : L’empire du vide, William Exbrayat

 

Il y a quelques mois, j’ai eu envie, à l’instar de Marc, notre mister Flingueuse, de vous proposer une nouvelle rubrique qui s’intitulerait, « Ge vous donne des nouvelles ». 

Je sais maintenant que Marc ne m’en veux pas de lui avoir emprunter son titre, il me paraît tellement évident.

Aussi pour ce cinquième rendez-vous je vous propose de vous parler de…

L’empire du vide William Exbrayat

Il y a quelques semaine  le 9 novembre dernier ressortait chez Phénix Noir, Ma vie sera pire que la tienne le livre de Williams Exbrayat , un roman noir détonnant, drôle et désespéré, dont on vous a déjà tout le bien que l’on pensé ICI et Là 

Mais voilà Ma vie sera pire que la tienne publié en autoédition a fini par trouvé un éditeur ayant pignon sur rue.

Et à l’occasion de cette nouvelle sortie officiel, notre roman s’est enrichi. Et du coup Williams Exbrayat  a écrit une  nouvelle inédite « L’empire du vide » et Phénix noir l’a inclus dans cette nouvelle édition où l’on retrouve avec grand plaisir les marginaux avinés de Ma vie sera pire que la tienne dans un nouvel écrin noir et rouge sang.

Alors  L’empire du vide  nous parle d ‘un professeur de philosophie en déficit d’humanité qui se voit offrir une belle occasion de finir en apothéose. William place son histoire dans un pays en crise. Il y est question de notre sociéte et des questionnement qui l’agite. L’empire du vide est très encrée dans le réel et pourtant je trouve l’écriture de notre auteur très onirique dont le sens où elle est à la fois poétique et très spirituelle et pourtant totalement réaliste.

Mais le mieux c’est que je vous laisse lire ces quelques lignes tirées de cette nouvelle. 

 

Extrait 1 :

Cela a commencé comme ça, exactement.
Un samedi comme un autre à Toulouse. Les Gilets jaunes défilaient pour la soixante-dix-septième fois. La rue Alsace-Lorraine, l’artère centrale dédiée aux commerces, était devenue le terrain privilégié de la vindicte populaire. La crise s’était installée. Elle existait depuis des décennies, mais jusqu’ici, elle se vivait entre quatre murs dans la solitude et la honte. Une augmentation de la taxe sur le carburant avait mis le feu aux poudres.
Des ouvriers, des retraités, des étudiants, de petits artisans, des chômeurs s’étaient donné rendez-vous dans la rue, autour de ronds-points. La bonne vieille opération déstabilisation pour se faire entendre. Depuis, le mécontentement s’était transformé en une bête féroce aux mille visages et aux mille doléances. L’objectif était simple : faire plier le gouvernement et se payer le président. Macron concentrait une haine inédite. Les lésés de la croissance, les grands baisés de la politique libérale détestaient ce banquier devenu président et tout ce qu’il représentait : le jeunisme triomphant, la réussite tapageuse et le libéralisme décomplexé. Le mouvement ne se réduisait pas seulement à des revendications fiscales. Il arborait les couleurs sociales, politiques et contestataires. Il ne se laissait guère appréhender facilement et refusait de rentrer dans la moindre case. Peu avare en contradictions, il voyait défiler en son sein des militants pour un pouvoir d’achat accru et d’autres, contre le libéralisme. Les pourfendeurs des taxes, des charges et des impôts tenaient la main à ceux qui réclamaient plus d’aides sociales. Le pays était plongé dans une atmosphère étrange, délétère. Le samedi était marqué par le sceau de la colère. Journée noire. Les pro-Gilets jaunes partageaient l’idée que les réformes fiscales et la politique d’austérité ne devaient pas reposer uniquement sur les foyers les plus modestes, tandis que les anti-Gilets jaunes ne retenaient que le bordel, le mobilier urbain en feu et les affrontements violents entre manifestants et forces de l’ordre. Il y avait enfin le camp de ceux qui s’en foutaient ; ils voyaient ça de haut et ils préféraient disserter sur Trump, l’incarnation commode du vulgaire, de la connerie universelle, et qui avait le plus grand des mérites : ne pas être français. La France se vivait à plusieurs vitesses. Des univers parallèles se côtoyaient, mais ne se fréquentaient jamais.

 

 

Autre extrait :

« Tristan pianotait sur le clavier de son ordinateur. Il écrivait son ultime post. Il gérait un blog, Ma vie est pire que la tienne, depuis qu’il avait démissionné de la fonction publique. Il avait revendu sa caisse, sa maison et était revenu habiter au centre-ville. Il avait rédigé une centaine d’articles sur l’ironie de l’existence, le non- sens du monde et sa propre indigence face à la culture de l’émotion et de la sentimentalité de l’époque. Dans son dernier post, il détournait une célèbre citation de Camus : « L’absurde naît de cette confrontation entre l’appel humain et le silence déraisonnable du monde » pour la faire sienne. Il démontrait que l’absurdité de son existence prenait sa source dans le bruit insolent du monde en rapport au silence absolu en lui-même. L’existentialisme demeurait pour lui une impossibilité… par essence. Le blog n’était qu’une vaine tentative d’expliquer ce qu’il était vraiment avant l’effacement ; une confession intime ouverte au regard des autres par l’entremise d’internet et des réseaux sociaux. »

 

 

Le livre : Ma vie sera pire que la tienne : roman noir  de Williams Exbrayat. Paru le 9 novembre 2020 chez Phenix Noir.14€. (343 p.) ; 21 x 14 cm

Ma vie sera pire que la tienne

Quel est le point commun entre un looser amoureux, un bouledogue alcoolique nommé Disco Boy et une jolie hôtesse de casino ? Une sévère propension à être là au mauvais endroit, au mauvais moment. Ces trois-là n’étaient pas faits pour se rencontrer, encore moins pour évoluer en milieu hostile : des trafiquants de drogues, des braqueurs, des flics retors et une bête sauvage qui hante la campagne. Tuer ou se faire tuer, telle est désormais leur seule alternative.

Un roman noir détonnant, drôle et désespéré, suivi d’une nouvelle dans laquelle un ancien professeur de philosophie en déficit d’humanité dans un pays en crise se voit offrir une belle occasion de finir en apothéose.

 

Voilà j’espère vous avoir donner envie de découvrir l’univers de Williams Exbrayat qui est  dompteur de livres en bibliothèque et auteur de polar. Il est le créateur de la série humoristico-policière Maddog  (« Chiennes fidèles » , « Chasse à l’épaulard » et bientôt  «Prédateur », le troisième volet, est en cours d’écriture…) qui met en scène un détective privé à la morale douteuse et à la gouaille fleurie.

Aussi, il y a toujours un peu d’humour et beaucoup de noirceur dans son travail comme en atteste son nouveau méfait : Ma vie sera pire que la tienne, un mélange détonant de roman noir, d’humour et de pulp.

4 réflexions sur “Ge vous donne des nouvelles épisode 5 : L’empire du vide, William Exbrayat

Vous avez la parole, laissez un commentaire, ça fait toujours plaisir.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s