Les vagues reviennent toujours au rivage de Xavier-Marie Bonnot

Le livre : Les vagues reviennent toujours au rivage de Xavier-Marie Bonnot – Paru le 21/01/2021 chez Belfond – collection Thriller – 19 € (304 pages) ; format 13 x 20 cm

4ème de couverture :

Depuis qu’il est retraité de la police, Michel de Palma, alias le Baron, vit sur un bateau et a tiré un trait sur ses années de brigade criminelle au bénéfice de la voile et du violon. Mais quand il apprend l’étrange suicide de Thalia Georguis, c’est un grand amour de jeunesse qui ressurgit et bien plus qu’une mort suspecte signifiant son retour à la case police. Thalia avait voué sa vie aux missions humanitaires en Méditerranée et avait reçu des menaces de l’extrême droite identitaire. Elle a aussi laissé derrière elle un manuscrit retraçant le parcours d’Amira, réfugiée syrienne, une ombre parmi les ombres qui risquent tout pour fuir la guerre. De Palma mettra tout en œuvre pour retrouver ce témoin clé, quitte à entrer dans l’enfer de Raqqa, à parcourir le camp de la honte de Moria. Et à affronter toute la monstrueuse violence qui sévit en Méditerranée, cet abandon sans fin de l’humanité comme les vagues qui reviennent au rivage.
Avec le grand retour du commandant de Palma pour son enquête la plus intense et personnelle, Xavier-Marie Bonnot, écrivain engagé, rend hommage à la Mare Nostrum, ce berceau des grandes civilisations que la crise migratoire du XXIe siècle a transformé en plus grand cimetière marin du monde.

Xavier-Marie Bonnot vit à Paris. Écrivain et réalisateur de documentaires, il est notamment l’auteur de La Dame de pierre (Belfond, 2015, prix du Meilleur roman francophone au festival de Cognac), du Tombeau d’Apollinaire (Belfond, 2018, Prix du roman historique des rendez-vous de Blois) et de Nefertari Dream (Belfond, 2020). Les vagues reviennent toujours au rivage est son douzième roman.

L’auteur : Né à Marseille , en 1962 Xavier-Marie Bonnot est un écrivain et réalisateur français.
Passionné d’Histoire, il entreprend des études dans cette spécialité, il passe son doctorat, y ajoute la sociologie et poursuit avec un Master de Littérature Française. Il suit une formation de reporter-journaliste qui l’amène tout naturellement à la réalisation de films documentaires dans divers domaines.
Citons entre autres films « docu », Les prêtres pédophiles pour Arte, Les hommes de l’anti-gang pour TF1, The french Connection pour Universal, Vietnam, the day of independance…
Il produit aussi des films documentaires destinés à l’information sur et pour quelques institutions nationales comme « La Cour des Comptes », « Electricité de France », « Le Ministère de l’Agriculture », etc…
Lui vient alors l’idée d’écrire un livre. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, alors que Xavier-Marie Bonnot s’est établi depuis 1992 à Paris, où il vit toujours avec sa famille, il situe l’action de ses romans à Marseille.
Il se défend bien de faire du polar « marseillais », bien que ce soient les Éditions de L’ÉCAILLER DU SUD qui font paraître La première empreinte en 2002, un roman policier.
Extraits :
« Les gens ont tendance à croire que toute l’histoire grecque se résume au siècle de Périclès, mais c’est une ânerie totale. La sorcellerie, c’est un peu la religion des parias, des femmes et des esclaves. La religion des dieux était surtout celle des riches, les privilégiés de naissance. »
« — Pensez-vous que de telles références à l’Antiquité grecque puissent être utilisées par des groupuscules fascistes ?
— Je ne le pense pas, j’en suis certain ! Le plus connu des mouvements fascistes grec, Aube dorée, abuse de ces références. C’est un peu comme au temps de Mussolini, on fait appel au passé glorieux pour justifier le racisme, l’antisémitisme ou la violence. Tout se formule sur la notion de défense de la race, contre les métèques et tout ce qui est supposé être une menace. En Grèce, Metaxás, le dictateur qui a sévi jusqu’en 1941, faisait souvent référence à Sparte… Pas plus tard que la semaine dernière, Réveil identitaire a manifesté avec un symbole qui rappelle Sparte : le lambda, la première lettre du mot « Lacédémonien ». Une référence directe et revendiquée. »

 

La chronique jubilatoire de Dany

Les vagues reviennent toujours au rivage de Xavier-Marie Bonnot 

 

Pour entamer ce 7ème roman de la série De Palma, il n’est pas indispensable d’avoir lu les 6 premiers épisodes pour faire connaissance avec ce retraité de la police marseillaise.

Sous un aspect assez classique ce polar s’attaque à un problème de société et interroge nos consciences : le vaste mouvement migratoire des oubliés du sud vers les riches terres du nord et les efforts déployés par les humanitaires tels que les bénévoles et permanents de Mare Nostrum et des camps de transit.

Ce phénomène était bien présent dans les médias avant l’arrivée du virus, s’il est plus caché n’en est pas disparu pour autant.

On avait connu la jungle de Calais avec Entre deux mondes de Olivier Norek, Xavier-Marie Bonnot nous emmène sur l’île de Lesbos, première étape européenne pour les Syrien et autres Africains, puis à Palerme. Les mafieux et autres passeurs y font des horreurs.

Notre retraité est convié par ses anciens collègues à collaborer dans l’ombre à l’enquête sur le suicide d’une de ses ex-compagnes. Il s’acharnera à démonter qu’il s’agît d’un meurtre et il va se trouver en procession d’un manuscrit relatant l’errance d’Amira, originaire de Raqqa et disparue à Marseille au moment du meurtre présumé. Au fil des pages, le lecteur et le flic vont suivre le rude chemin qui aurait dû mener Amira vers la sécurité, les confrontations musclées avec l’ultra-extrême-droite marseillaise dont la filiation avec les guerriers de la mythologie grecque n’est pas fortuite.

Je me suis laissée embarquer dans cette quête de vérité mais cependant j’aurais attendu davantage de développement dans le dénouement où l’action et le tourisme palermitain prennent le pas sur les idées.
Intéressante lecture, édifiante sur la nature humaine …

C’est le premier roman que je lis de cet auteur qui mérite bien le détour !

Je remercie les éditions Belfond pour m’avoir donné l’occasion de cette découverte.

 #XavierMarieBonnot #NetGalleyFrance

 

Autres extraits
« Depuis quelque temps, la situation s’est terriblement durcie à Lesbos. Le camp de Moria est davantage un mouroir qu’un lieu de transit. Dans le cimetière de Mytilène, le nombre de tombes des « morts sans nom », comme les surnomment les responsables des ONG, ne cesse de grandir. De simples plaques blanches sont dressées à même la terre avec la mention, à la peinture noire, « inconnu », et la date du décès. Parfois, le jour d’arrivée sur l’île est indiqué, quand on le connaît. Une ONG s’occupe de prélever des ADN sur les cadavres anonymes afin de pouvoir les identifier un jour ou l’autre. »
« Ce que tu me dis n’est pas nouveau. Ceux qui quittent leur pays pour vivre un peu mieux en souffrent beaucoup, tu sais. Avec ta mère, on a vécu quelques années dans les bidonvilles de la Cayolle, avant ta naissance, jusqu’au milieu des années 1970. On nous avait donné un grand tonneau, c’était comme ça qu’on appelait les habitations que la ville réservait aux Algériens et avant nous aux Chinois. On ne sortait qu’en prenant le bus pour aller en ville ou au travail. Il ne fallait pas traîner trop en dehors du camp, sinon tu pouvais tomber sur des voyous qui te tabassaient. On appelait cet endroit le camp Colgate. La vie était difficile, sans eau courante, sans électricité le plus souvent. Quand il pleuvait, il y avait de la boue partout. Souvent, j’allais dans les collines pour cueillir un peu d’herbes pour la cuisine ou pour ramasser du bois mort pour le chauffage. Le charbon qu’on avait, ça ne suffisait pas. Mais gare à toi si tu te faisais voir dans la colline. Parfois, les chasseurs nous visaient. »

 

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