L’espace d’un an, Becky Chambers

L’espace d’un an de Becky Chambers, traduit de l’anglais par Marie Surgers. Paru le 25 août 2016 chez L’Atalante. 23€90. (443 p.) ; 20 x 15 cm. Rééditer le 9 septembre 2020 chez le Livre de Poche Imaginaire n° 35787. 8€90. (594 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Rosemary, jeune humaine inexpérimentée, fuit sa famille de richissimes escrocs. Elle est engagée comme greffière à bord du Voyageur, un vaisseau qui creuse des tunnels dans l’espace, où elle apprend à vivre et à travailler avec des représentants de différentes espèces de la galaxie : des reptiles, des amphibiens et, plus étranges encore, d’autres humains. La pilote, couverte d’écailles et de plumes multicolores, a choisi de se couper de ses semblables ; le médecin et cuistot occupe ses six mains à réconforter les gens pour oublier la tragédie qui a condamné son espèce à mort ; le capitaine humain, pacifiste, aime une alien dont le vaisseau approvisionne les militaires en zone de combat ; l’IA du bord hésite à se transférer dans un corps de chair et de sang…

Les tribulations du Voyageur, parti pour un trajet d’un an jusqu’à une planète lointaine, composent la tapisserie chaleureuse d’une famille unie par des liens plus fondamentaux que le sang ou les lois : l’amour sous toutes ses formes.

Loin de nous offrir un space opera d’action et de batailles rangées, Becky Chambers signe un texte tout en humour et en tendresse subtile. Elle réussit le prodige de nous faire passer en permanence de l’exotisme à la sensation d’une familiarité saisissante.

L’auteur par elle-même : « Je suis née et j’ai grandi en Californie. Après avoir étudié les arts du spectacle, j’ai travaillé en tant qu’administratrice de compagnies de théâtre.
En 2010, je me suis lancée dans l’écriture à plein-temps. Désormais je suis rédactrice technique dans la journée et j’écris la nuit. J’ai vécu en Écosse et en Islande, mais je suis aujourd’hui retournée à mes racines, en Californie. Lorsque je n’écris pas, je joue, je lis ou je surfe sur Internet.
L’espace est un de mes sujets de prédilection, j’en parle beaucoup… »

 

Extrait : 
JOUR 128, STANDARD UG 306
TRAJET
En s’éveillant dans le module, elle se souvint de trois choses. La première : elle voyageait dans l’espace large. La deuxième : elle allait prendre un nouveau poste et n’avait pas droit à l’erreur. La troisième : elle avait corrompu un fonctionnaire pour obtenir un fichier d’identité falsifié. Même si aucune de ces informations ne constituait une nouveauté, elles n’assuraient pas un réveil agréable.
Elle n’était pas censée reprendre conscience avant le lendemain, mais c’était le risque quand on voyageait en classe économique. Un billet bon marché, ça impliquait un module bas de gamme alimenté par un carburant bas de gamme, avec des substances bas de gamme pour vous endormir. Depuis le décollage, elle s’était réveillée plusieurs fois – émergeant dans la confusion, replongeant dès qu’elle commençait à reprendre pied. Le module baignait dans l’obscurité, et il n’y avait pas d’écrans de navigation. Impossible de déterminer combien de temps s’écoulait entre chaque réveil, pas plus que la distance parcourue, ni même si elle avait seulement avancé. L’idée qu’elle pouvait ne pas bouger la rendait nerveuse et lui donnait la nausée.
Sa vision s’éclaircit assez pour qu’elle examine le hublot. Les stores baissés bloquaient toute source de lumière possible, mais elle savait qu’il n’y en avait pas. Elle était à présent dans le large. Nulle planète grouillante d’activité, nul axe de circulation, nulle orbite scintillante. Rien que le vide, le vide affreux, empli seulement par elle-même et parfois par un rocher.
Le moteur gémit en se préparant à un nouveau saut infrastratique. Les drogues l’envahirent, l’entraînèrent dans un sommeil agité. En sombrant, elle se remit à penser à son nouveau travail, aux mensonges, à l’air faraud du fonctionnaire lorsqu’elle lui avait transféré les crédits. Elle se demandait si cela suffirait. Il le fallait. Il le fallait absolument. Elle avait déjà payé trop cher des erreurs qui n’étaient pas les siennes.
Ses yeux se fermèrent. Les drogues l’emportèrent. Le module, probablement, poursuivit sa route.

 

La Chronique Fantôme de Marianne

Les voyateurs volume 1 : L’espace d’un an, Becky Chambers

Jeune humaine, Rosemary est engagée comme greffière à bord du Voyageur, un vaisseau qui creuse des tunnels dans l’espace. Durant son périple vers une planète lointaine, elle apprend à vivre et à travailler avec des représentants des différentes espèces de la galaxie et d’autres humains. Des liens se créent bientôt entre les passagers.

Prix Hugo 2019 de la meilleure série littéraire.

Premier roman.

1er tome de La trilogie de Becky Chambers « les voyageurs » . Trois livres, trois histoires qui se déroulent dans un même univers, sans se suivre : une trilogie de SF épatante !

Dans « L’espace d’un an« , nous suivons les aventures de l’équipage du capitaine Ashby, composé par différentes espèces intells de la galaxie, dont les histoires, les technologies, les apparences, les mœurs, sensibilités et croyances sont pourtant incroyablement diverses.

Un space opéra «  positif ».

  Où l’on découvre comment des extra-terrestres aux apparences, aux modes de vies, croyances, niveaux technologiques et histoires très différents arrivent à vivre ensemble sur un vaisseau et dans l’univers, avec des Humains rendus plus humbles par la destruction de leur planète …  La série questionne aussi l’évolution des IA et leur place dans l’univers, imagine une autre société humaine, son adaptation à l’exode dans l’espace, à la confrontation avec des espèces plus puissantes….  La vie quotidienne, les petits heurts, les blocages administratifs, les dangers du racisme, l’art de la tolérance. Les romans de Becky Chambers vous plongent dans le monde de Star Wars, mais sans la guerre. Addictif !

Une autrice de « science fiction positive » à suivre… 

 

9 réflexions sur “L’espace d’un an, Becky Chambers

  1. Rebonjour
    Pour revenir sur Becky Chambers dont j ai lu le premier tome j aurais du parler de roman « queer »
    Étonnement je reçois hier le « galaxies69 » sexe et genre en se, un article sur Chambers ou j apprends que dire feelgood est péjoratif donc acte
    La vie fait que j’ai terminé un roman de 2014 d’Estelle Faye « un éclat de givre » dont le personnage « chet »est queer auteur objet aussi d’article dans le numéro dirigé par Lucie chenu et aussi ian Larue
    Jean pierrej

    Aimé par 1 personne

  2. quel plaisir de trouver critique de sf sur ma « chaine du polar », c’est vrai ce roman de becky chambers le mérite, c’est le seul que j’ai lu un roman feelgood sf, j’avais aimé.
    JEAN PIERRE FREY

    Aimé par 1 personne

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