Jo le Clito boit la tasse, Claude Picq

Le livre : Jo le Clito boit la tasse de Claude Picq. Paru le 5 janvier 2020 en autoédition. 8€99. (181 pages) ; 20×13 cm

« Un flic qui n’aime pas la police qui le lui rend bien », voilà comment je pourrais me définir. Forcément, quand la nouvelle Miss France est retrouvée, au lendemain de son sacre, comme une vulgaire carcasse de mobylette, au fond de la Seine, il n’y a pas grand monde pour se mouiller. Alors qui va au charbon ? Suivez-moi, Joaquim Pereira Fulgado, dit Jo le Clito, dans ce road-trip fluvial mis en scène par la Seine. Pas besoin de savoir nager, je m’occupe de tout. On se retrousse les manches, le pantalon, et on y va ! Je vous attends sur le quai de Choisy

 

 

L’auteur : Claude Picq est né en 1953 à Ivry, ceinture verte de Paris transformée, entre-temps, en banlieue rouge. Il connaît bien cette banlieue pour en avoir vécu l’évolution sur plus d’un demi-siècle. C’est un observateur lucide qui nous fait bénéficier d’un regard décalé sur notre époque. Il est également le père de Cicéron Angledroit, un détective un peu en marge, dont les aventures sont publiées aux Éditions Palémon (www.palemon.fr). L’humour est son arme.

 

 

 

 

Un très court extrait :
Comme tout le monde, dès qu’on flatte un peu, dès qu’on donne de l’importance, il se réhydrate comme un filet de morue séchée dans un seau d’eau…

L’avis de Jean Luc

Jo le Clito boit la tasse, Claude Picq

Jo le Clito !

Il fallait oser, appeler son personnage principal Jo Le Clito, pour moi, avec un titre comme ça, soit ça passe ou bien ça casse !

Et finalement, ça passe plutôt bien et l’auteur nous propose une histoire crédible avec toujours des jeux de mots et des personnages haut en couleur. Cette fois-ci, Claude Picq  alias Cicéron Angledroit, innove avec un nouveau personnage.
Un personnage viré de la police qui parvient à y rentrer à nouveau en tant qu’auxiliaire. Une sorte de travailleur intérimaire de la police à raison de quatre vingt dix jours de boulot par an !
Vous l’aurez compris, ce n’est pas le premier de la classe mais pas le dernier non plus!

On retrouve dans cette histoire de sacrés   personnages, mais ce qu’il y a de bien avec ces personnages, c’est qu’ils sont crédibles même si ils sont un tantinet particuliers.
L’histoire, quant à elle, est simple mais bien ficelée (sans vouloir faire de jeux de mots..vous le comprendrez en lisant ce polar)

On y rencontre des Miss France, d’ailleurs c’est un peu là où ça pêche parce que cet univers est survolé trop rapidement pour moi. C’est dommage, mais avec son talent, Claude Picq rebondi grâce à un humour décapant  et contrebalance habilement cet écueil.
Comme dans certains épisode de la série des Ciceron Angledroit, on retrouve la banlieue parisienne qui est plutôt bien décrite, le ton est juste sans concession, juste ce qu’il me fallait pour me rappeler mes jeunes années en banlieue.
Enfin il y a aussi les aventures amoureuses (ou plutôt l’aventure) de Joe avec une jolie coréenne , mais je n’en dirai pas plus…

Pour ceux qui sont fan des aventures de Ciceron Angledroit, je vous recommande ce nouveau roman et pour ceux qui ne connaissent pas cet auteur, si vous cherchez de l’humour, du sexe, de la détente et si vous voulez rester dans les codes du polar, c’est un petit polar bien sympa à tenter..Et aussi bien sûr,  si vous voulez connaître le pourquoi de ce titre :-).

Pour ma part, j’espère qu’il s’agit du début d’une longue série, donc au boulot Jo !

Autre extrait :

« Pereira, j’ai une mission délicate pour vous. »
Je ne vous dis pas qui cause, vous le savez déjà.
« Je vous écoute, monsieur. »
Ça vous ne le savez pas encore, alors je vous explique : il a horreur qu’on l’appelle « Grabuge », « monsieur Grabuge, « commissaire », « monsieur le commissaire » surtout en public. C’est « monsieur », un point c’est tout. Il m’arrive de lui balancer du « Jean » en fin de mission quand tout s’est bien passé. Là, il tolère. Quand je parle de lui à Gisèle c’est « Jeannot » ou « l’jeunot » (il a une dizaine d’années de moins que moi). Il s’assoit à son bureau et m’invite à poser mon cul sur le siège visiteur qui lui fait face. C’est le protocole immuable dans notre relation hiérarchisée. Il me regarde droit dans les yeux comme s’il attendait une réaction. Je soutiens le regard. C’est la règle et c’est pour ça que je ne suis pas à l’accueil à attendre qu’un sous-fifre m’envoie acheter des timbres à la Poste juste à côté. Plus ça dure, plus la mission s’avérera de haut niveau. Vous êtes gâtés, c’est interminable. Il baisse les yeux, regarde un filament de textile sur son sous-main, le chasse d’une chiquenaude et relève la tête. Ce deuxième regard est le top départ :
« On a repêché un corps, une femme, hier, dans la Seine vers le port. »

6 réflexions sur “Jo le Clito boit la tasse, Claude Picq

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