Organigramme de Jacques Pons

Après la lecture de Maud le mois dernier et après la lecture commune  de nos 3 Flingueuses.

voici venir la « chronique double » de Miss Aline et de Clémence

Le livre : Organigramme de Jacques Pons. Paru le 20 septembre 2018 aux Editions Hugo Thriller. 19,95 € ; 384 pages ; 14 x 21

4ème de couverture :

Chez Louis Laigneau, fleuron du luxe français, la direction n’a jamais épargné à ses salariés ni le stress, ni les humiliations. Mais au retour d’un séminaire de créativité censé stimuler les forces vives de l’entreprise à l’approche de la prochaine fashion week, ce ne sont pas les mannequins, mais les cadavres qui défilent…

L’open space est moins accueillant quand on imagine qu’un tueur est peut-être juste là, assis en face de vous…

Dans ce milieu hostile où tout n’est qu’apparences, chacun observe avec défiance. Entre le burn out général qui menace et la psychose qui s’installe, un serial killer rôde. Qui est cette ombre menaçante qui semble tout connaître de Louis Laigneau et qui décime méthodiquement l’organigramme ?

Dans l’enfer feutré de la mode parisienne, personne n’est à l’abri.

L’auteur : Passionné de littérature, de voyages et de gastronomie, Jacques Pons travaille depuis plus de quinze ans dans l’univers de la mode. C’est cette expérience qui lui a inspiré l’écriture d’Organigramme, dans le cadre du concours du meilleur thriller 2018 présidé par Michel Bussi 2018, pour  lequel il reçoit le Coup de cœur RTL. Organigramme est son premier roman.

Extrait :
« Ils n’ont, pour la plupart, plus la force de crier. Les plus résistants trouvent encore la ressource pour gémir. Je les hais. Je les plains mais je les hais. Je ne les connais pas tous. Il y en a même que je n’avais jamais vus auparavant. Tant pis. Il est trop tard pour renoncer. Ils paieront pour les autres, et comme les autres. »

L’avis de Clémence « des lectures de Clémence »

Organigramme, de Jacques Pons :

 

Avant de commencer la lecture, il vous faudra vous procurer un crayon de bois. Si, comme moi, vous détestez abîmer vos livres, faites une photocopie de l’organigramme donné au début. Pour suivre, il vous faudra barrer les noms des personnages au fur et à mesure. Les morts (qui ne peuvent donc pas être le tueur), et ceux qui vous semblent innocents. Oui mais le problème est que vous devrez raturer, re sélectionner de nouveaux suspects puis effacer à nouveau. Ah ben oui l’auteur cherche à nous rendre fous !

Par des chapitres courts, il instille le doute dans nos esprits. Il alterne faits, et point de vue du tueur. L’auteur a ce don de te rendre complètement accro à cette lecture.

Ce thriller est très différent de ce que l’on peut voir habituellement. Le monde, sans faille ou presque, de la mode est rarement utilisé, ce qui rend ce livre original.

Mais au-delà de ça, l’auteur lance un cri dans notre société actuelle. Il a pris l’exemple de la mode mais son message pourrait concerner n’importe quelle entreprise.

La violence, le harcèlement, la pression sur le lieu de travail sont des phénomènes de sociétés qui font, malheureusement, de plus en plus de victimes. Malgré la présence obligatoire de syndicats pour défendre les personnels, ces derniers sont de plus en plus à souffrir de burn-out. Ce fléau n’est d’ailleurs plus reconnu en tant que maladie professionnelle alors que la faute l’est clairement.

DRH oppressante, rumeurs, compétitivité extrême, sont omniprésentes dans le monde du travail. Un seul but : la rentabilité. Les entreprises brisent leurs salariés uniquement pour faire du chiffre…bref vous l’aurez compris un vrai cri de détresse dans notre monde…

Cela le touche personnellement puisque j’ai traversé des phases difficiles au travail par rapport à ma hiérarchie et tout est admirablement décrit dans ce livre.

Je ne suis donc pas restée insensible à ce roman …

En résumé, c’est un livre poignant, criant de vérité mais avant tout une enquête parfaitement menée d’une main de maître. Le final est époustouflant. J’ai un peu de mal à croire qu’il s’agisse d’une première œuvre pour cet auteur très prometteur !

Merci aux éditions Hugo Thriller de nous apporter ces livres de qualité. Je remercie Célia et Jacques Pons de leur confiance.

Extrait :
« Ils n’ont, pour la plupart, plus la force de crier. Les plus résistants trouvent encore la ressource pour gémir. Je les hais. Je les plains mais je les hais. Je ne les connais pas tous. Il y en a même que je n’avais jamais vus auparavant. Tant pis. Il est trop tard pour renoncer. Ils paieront pour les autres, et comme les autres. »

L’accroche de Miss Aline :

Un organigramme en début de livre que tu t’empresse de photocopier. Il y a du monde faut pas se perdre. Je compte bien annoter, relier, barrer, stabiloter. C’est parti…On commence fort avec un premier meurtre. Tu ne peux rayer personne de ton organigramme, on ne te dit pas qui c’est !

Entrons dans le monde de la mode et de la prestigieuse maison Louis Laigneau et son personnel sous pression. Tout le monde se doit d’être au taquet. Rendement, disponibilité, efficacité, compétitivité sourire de façade… Pour encore plus de résultat, toute la sphère des directeurs commerciaux et managers est conviée  à un séjour à Marrakech. La machine se grippe avec une démission, une soirée qui fini bizarrement. De retour à Paris, les choses ne font qu’aller crescendo. Tout le monde va être sur les dents, s’observer, s’épier, se méfier, profiter (aussi parfois) de cette situation pour se montrer et grimper dans la hiérarchie.

Jacques Pons utilise le monde de la mode pour nous parler de compétitivité, de harcèlement moral dans le monde du travail. L’histoire pourrait être transposée dans bien d’autres milieux professionnels. Ce roman est le reflet d’une réalité criante.

L’auteur nous parle de façon indirecte, des relations humaines. Le sourire de façade, utiliser l’autre pour se faire valoir, la fausse compassion, l’envie, la jalousie. Un rapport humain complètement faussé dans une société de (sur) consommation qui en demande toujours plus. Une société qui courre après la performance mais qui courre aussi après sa vie. Qui perd son souffle.

L’intrigue est bien menée. Les chapitres sont courts et donnent du rythme à la lecture. On passe de la narration générale à la narration privé : le tueur nous livre ses impressions. Jusqu’au bout j’ai annoté mon organigramme ! Jusqu’au bout j’ai fais le lien avec mon propre travail. Et jusqu’au bout je suis passée à côté du véritable coupable. C’est ce que j’appelle un coup de maitre lorsque l’auteur t’emmène là où n’a pas cherché à aller. Quand l’auteur distille tellement bien les éléments de l’intrigue que tu t’y perds et ne voit pas le vrai coupable… et pourtant tous les éléments sont là.

Je remercie les Editions Hugo Thriller de leur confiance et je suis ravie d’avoir découvert ce premier roman de Jacques Pons. J’attends les suivants avec impatience. Auteur à suivre incontestablement. 

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11 réflexions sur “Organigramme de Jacques Pons

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