Lire en poche – Gradignan, retour de flingueuse


Lire en poche – Gradignan du 12 au 14 octobre 2018

Par Mamie Danièle

 

 

Grosse chaleur sur le bordelais ce samedi 13 octobre … il vaut gagner les lieux à la fraîche c’est toujours ça de pris …

 

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Donc avant la foule, il était urgent de commencer la tournée des auteurs que j’avais pointés sur mon programme.

 

Nom : Fossey

Prénom : Didier

Crimes : 5 romans au compteur  dont une série avec le  commandant Boris Le Guenn.

Son dernier opus Artifices a été pour moi une découverte qui me fait dire que la Carte Bleue va encore chauffer …

Retrouvez nos avis sur Artifices ICI et

Ancien cuisinier, ses romans sont inspirés d’une expérience de 18 ans en BAC de nuit et dont il dit « c’est 10 ans de trop ». Maintenant (jeune) retraité, il se consacre pour notre grand plaisir à l’écriture. Il abandonnera Boris dans son prochain thriller mais promis … il reviendra avec ses « soirées cohésion » !

Lorsque je l’ai rencontré, il était hébergé par la librairie l’Hirondelle, originale parce qu’itinérante. Audrey Fleury installe ses bouquins à la demande dans diverses manifestations et sur les marchés. Avis aux amateurs et organisateurs d’événements de tous poils : leur site ici

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Au fil des stands, quelques discussions avec les libraires et une maison d’édition aquitaine : Caïrn

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et Jean-Luc Kerebel, le boss passionné, immergé dans son catalogue de polars.

Chaque année Lire en Poche décerne des prix. Voici la promo 2018

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Mais ce qui m’intéresse à vrai dire c’est le tas de gauche : le prix polar est décerné à

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Christophe Gillaumot. Digne successeur de Niko Tackian avec en 2017 La nuit n’est jamais complète, celui qui a obtenu le très honorable prix du quai des orfèvres 2009, signe ici son troisième thriller avec Abattez les grands arbres. Capitaine de police, il appartient à la brigade des jeux et a traîné de Pigalle aux couloirs du métro parisiens, pour gagner Toulouse après un passage à Grenoble.

Petit échange hilarant sur un coin de table : …

 

Dany : Quelles sont tes motivations ?

Christophe : Je veux avant tout casser les clichés sur les flics, être au plus près de la réalité !

Dany : Quels sont tes modèles ?

Christophe : Michaël Connelly, puis chez les Français Laurent Gaudé (lauréat de nombreux prix dont le Goncourt en 2004)  et bien sûr Pierre Lemaître.

Dany : étant en activité, combien de temps consacres-tu à l’écriture ?

Christophe : c’est environ 2 heures par jour où je peux rester sur une même phrase ou au contraire écrire 3 pages d’affilée.

Christophe Gullaumot en résumé c’est 3 romans : Chasses à l’homme, La chance du perdant et Abattez les grands arbres tous disponibles en format de poche et en numérique.

 

Je le retrouve plus tard lors de la table ronde avec Didier Fossey, animée par  Christophe Dupuis, un touche-à-tout de la littérature noire et policière, « de flic à écrivain … » .

Ils ont pu expliquer leurs motivations.

 

Christophe pour être perturbé par l’image que donnent les séries TV et les films,  voulait rétablir sa vérité et c’est pourquoi il a choisis de mettre en avant les gardiens de la paix, souvent relégués à l’arrière plan. Ainsi est né Kanak, son héros récurrent, originaire de Nouvelle-Calédonie, tout en muscle et en humanité.

Quant à Didier, même ras le bol des clichés … même dans les romans français.

Tous deux émaillent leurs romans d’anecdotes croustillantes, histoires vécues s’il en est. Burn out de Didier Fossey est malheureusement très inspiré du vécu d’un de ses collègues. Il adhère à l’idée de Christophe de redorer l’image des seconds couteaux. A ce sujet Christophe nous parle des indicatifs de police en 2016. Ils étaient à l’image du dénigrement hiérarchique : les chefs étaient dotés de pseudos de dieux mythologiques alors que le bas de l’échelle avait droit aux sobriquets dégradants de pièces automobiles comme vilebrequin ou cardan, avec une médaille pour celui qui avait trouvé « morue ». Sacré numéro ce Christophe qui fait rire la salle en exposant les règles du loto de bouse, innovation campagnarde pour initier des paris clandestins en plein champs !
Vos pouvez voir ça ICI

Attention, ce jeu est interdit ! …

Tous deux regrettent que dans la vraie vie, on ne choisisse plus les personnes avec qui l’on bosse et qu’il y ait conflit entre le grade et l’expérience … Certes mais pas que dans la police hélas Messieurs !

Si Christophe a besoin d’un plan et d’un chapitrage très précis, Didier se satisfait d’un fil directeur, tous deux assurent que l’écriture demande beaucoup de travail.

Et les ripoux, mythe ou réalité ? Certes ils existent … il est parfois tentant de verser du mauvais côté et ces cas assez rares, font cependant des unes de la presse. Le deux tons est aussi une fois sur deux le moyen d’arriver à l’heure à l’apéro

Le mot de la fin … de la table ronde :

Christophe confirme : le jeu est dangereux, addictif et tout le monde ne peut pas bénéficier de la chance du perdant !

Une rencontre de psychopathes et flingueuses à la fois plus tard …

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Tiens ils ont embarqué un auteur …et je fais connaissance avec Nathalie Glévarec

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Une photographe et info graphiste bourrée de talent qui revisite les couvertures de romans à la lumière de ses émotions de lectrice sur son blog

D’ailleurs je ne me prive pas de lui emprunter ses photos (avec son accord) pour mes articles.

Une tourte à la courgette plus tard, retour à l’auditorium pour assister à la rencontre avec Bernard Minier qui fait salle plus que comble pour parler de « suspense et sensations »

Surpris de son succès, celui qui a commis les sœurs en 2018 photographie la salle !

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Dans ce cold case, le héros récurrent de Bernard Minier revient sur ses débuts dans la police : une fouille du passé en règle, dérangeante et le moyen de connaître un peu des secrets de Servaz. Bernard se livre un peu : la lecture est l’activité culturelle la plus participative car chaque lecteur construit son propre roman … en prime dans ce dernier roman, une réflexion sur les relations du romancier avec ses fans …

Le prochain Minier parlera des nouvelles technologies qui, au nom de la sécurité, nous privent de liberté. Nous allons vers un monde sans vie privée.

Avec l’expérience, l’écriture devient plus confortable.

Quand on évoque l’adaptation de Glacé pour la télévision, il parle des problèmes budgétaires. S’il reconnait la qualité des acteurs, il regrette le manque de panache des dernières scènes.

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Il aime les huis clos en milieu naturel et fait des repérages consciencieux des lieux (plateforme pétrolière pour Nuit) confesse son voyage à Hong Kong pendant la saison des pluies !

Bouh ! Ca passe vite 45 minutes … le temps de saluer la deuxième place des « mordus » à la murder party de ce matin. Ils ont aimé ! Avec la complicité des auteurs Niko Tackian et Franck Bouysse,  les acteurs et les gendarmes ont participé à un retour au temps de Sherlock Homes.

Retours aux stands pour essayer d’approcher Niko Tackian et Olivier Norek qui sont devenus inséparables …

Nous le savions depuis Fargues, Niko laisse Tomar se reposer en 2019. Nous le retrouverons par temps de canicule en janvier 2020 … oui le RDV est déjà pris.

Quant à son nouveau  thriller qui sort le 3 janvier 2019, ça sera un one-shot qui se passe en Suisse et l’auteur nous le promet : on aura froid. Rien à en tirer de plus sauf les initiales du héro : JA … et le titre Avalanche Hôtel … un nouveau héros, un flic insignifiant, tout le contraire de Tomar, qui va grandir au fil de l’intrigue qui nous réserve semble-t-il de belles surprises et des nuits blanches !la montagne et le froid !
A noter cependant la sortie en poche de Fantazmë  début 2019, quelques jours après Avalanche Hôtel.

Je laisse la place aux lecteurs qui sagement attendent pour faire connaissance avec lui.

A côté, Olivier Norek … là aussi file d’attente … il avait dit qu’il serait disponible mais je suis victime collatérale de son succès !

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Il me lâchera tout de même : le prochain thriller sort en mars prochain, sans Coste (p… deux années qu’il nous abandonne !) et … le cinéma devrait nous offrir une adaptation de Entre deux mondes en salle, en 2019 !

Je les retrouverai tous les deux en compagnie de Karine Giébel pour une table ronde au titre racoleur « Réalisme anxiogène ».

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Ils évoquent leur cru 2018 : Toutes blessent la dernière tue sur l’esclave moderne pour Karine Giébel, Entre deux mondes sur la jungle de Calais pour Olivier Norek et Fantzmë avec tout ce qui dérange et que l’on refuse de voir pour Niko Tackian.

Pas de recettes, des auteurs à l’écoute de leur époque, miroirs de sujets socio-politiques qui résonnent chez le lecteur,  ils sont vecteurs d’information et  militants sur des sujets qui les révoltent. Ils évoquent également leurs méthodes de construction de leurs romans.

La foule et la chaleur auront eu raison de moi et de mes pieds … 17h45 je jette l’éponge et il reste de beaux souvenirs ! Un regret : le rendez-vous raté avec Franck Bouysse …

Et tout le monde ne s’en sort pas aussi bien que moi …

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Adessias, Bonne-mère! de Sylvain Dunevon


Le livre : Adessias, Bonne-mère! de Sylvain Dunevon. Paru le  1er décembre 2017 aux Editions D’un autre ailleurs dans la Collection Crimes de Pays. 13€ ; (184 pages) ; 19,5 x 13 cm

4ème de couverture :

Marseille, décembre 1992. Un couple de jeunes truands marseillais envisage de dérober un objet de valeur dans le coffre d’un retraité  » plein aux as « . Pour Olivier, c’est du velours. Pour Christelle, c’est différent; elle a un mauvais pressentiment. Et comme toujours, elle n’a pas tort… Voici les deux comparses emportés dans une tornade d’évènements auxquels ils pourraient bien ne pas échapper, vingt ans plus tard, quand les fantômes du passé feront surface.

 

 

L’auteur :  Né en 1975, Sylvain Dunevon est originaire du quartier de Saint-Loup, à Marseille. Il a grandi au sud d’Aix-en-Provence. Marié, père de deux enfants, il publie son premier roman policier. Dans un subtil dosage de rebondissements, d’embruns et de parfums de garrigue, l’auteur mène son intrigue tambour battant. Pour notre plus grand plaisir.

Extrait : 

« Les premières lueurs de l’aube dévoilent un paysage lunaire. Le vaste plateau parcouru de garrigue rase s’étire à perte de vue. Par endroits, la végétation s’écarte. Un ruisseau chétif se faufile parmi les blocs de calcaire pour se jeter dans l’abîme. Le 4×4 de la section roule à vive allure depuis plusieurs heures. Christelle, le front contre la vitre regarde défiler le ruban de bitume.         Olivier s’est assoupi, la nuque posée sur l’appuie-tête. Un homme en tenue de commando se tient entre eux, sur la banquette arrière. La tension de la nuit s’est dissipée. Les deux complices ont compris qu’ils ne maîtrisaient plus leur destin.»

  

 

Chronique d’une flingueuse

L’avis de Sylvie K

 Les condés face aux engambis vont rencontrer des branquignols, des nervis et même une cagole, peuchère, il faudrait un pastaga pour comprendre tout cela. C’est la toile de fond de l’histoire Marseille et ses quartiers, ses références aux histoires qui ont défrayées la chronique, le foot, Tapie, la course Le Marseille-Cassis, des noms de rue qui chantent, La saint-Baume etc..  Marseille d’hier et d’aujourd’hui à découvrir au fil de cette histoire ou le passé s’invite dans le présent.

 Deux jeunes Christelle, la petite fille de bonne famille et Olivier le mauvais garçon traînent ensemble depuis l’enfance ; on les retrouve vingt ans après en 1992 dans un quartier cossu. Ils agressent chez lui un retraité bourgeois pour le voler. Là, ils se retrouvent battus et ligotés par des hommes en noir sans savoir pourquoi.

2014 Rémi un journaliste doit faire face à la mort de son ami Bertrand Sapin mort accidentellement mais est-ce bien un accident ? Rémi lui aussi sera victime d’un accident. Delavaigne un flic venu du nord de la France va enquêter sur ces accidents suspects quand un certain Malik Achourbi de la DGI lui fait des révélations surprenantes. La femme de Delavaigne Christelle est en danger. Christelle et Olivier se retrouvent, le passé les rattrape sauf que Delavaigne y sera aussi confronté.

Pour les amoureux de Marseille et ceux qui ne connaissent pas une histoire policière pure marseillaise avec en bonus un glossaire pour bien comprendre le marseillais.