La GAV de @Vincent Hauuy sous le feu des flingueuses, deuxième audition

La GAV de @Vincent Hauuy sous le feu des flingueuses,

Episode 2

Mardi 16 octobre 16h00

Suite de la Garde à vue de Monsieur

Vincent Hauuy

2e interrogatoire par Mamie Danièle

La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé).

Sauf cette fois, la GAV de Vincent ayant eu lieu la semaine dernière entre le lundi 15 dans l’après midi et le mardi 16 en milieu d’après-midi et jusqu’en début de soirée.

Nous allons vous proposer la retranscription de ces 4 interrogatoires sur 6 jours, 1 tous les deux jours,

le premier PV a été publié le 25

Les deux dernier le seront 29 et 31 octobre

Allez place à la GAV de Vincent Hauuy


Dany : Coucou … Il y a quelqu’un et quelques unes ?
Prévenu êtes-vous là ?

Ge : Notre prévenu je ne sais pas pas, mais ton porte flingue est derrière la vitre teintée.

Dany : Merci Cheffe !

Vincent : hello. Je suis quasi prêt !

Ge : Bonjour Vincent Hauuy

Dany : Bonjour Vincent, je me présente, je suis Danièle, la doyenne de la team des flingueuses mais autant se méfier …

Vincent : Bonjour !

Dany : J’aimerai que l’on parle de ton premier roman … du moins le premier publié !

Vincent : Ok je suis à vous

Dany : N’en faites pas trop tout de même …
Alors les lieux … pourquoi l’Amérique du nord ?

Vincent : Plusieurs raisons, la première étant que je vivais la bas au moment de la rédaction. J’ai même placé une scène de crime dans le village ou j’habitais (Lac Beauport)
Apres, l’autre raison (qui pour le coup m’arrangeait), c’est que historiquement les événements se sont passés là-bas dans cette partie (université McGill a Montréal, l’asile dans le Vermont)

Dany : mais cette guerre des polices et des territoires existe aussi en France. Elle vous est apparue réelle ou c’était un outil pour l’intrigue ?

Vincent : Je suppose que si j’avais habité en écosse…
ha je parlais de ce qui se passait avec MK Ultra. La guerre des polices n’était qu’une tension supplémentaire pas forcément prévue d’ailleurs.
Pour l’aspect réel, j’ai demandé des conseils à un policier de la Sureté de Québec. Il m’a par exemple confirmé qu’une collaboration avec la police du Vermont pouvait être envisageable

Dany👍

Vincent :  Apres, c’est compliqué au Canada et aux USA car il y a le fédéral et le provincial. Si par exemple un crime est perpétré sur plusieurs états ou province, le FBI (ou la GRC pour le canada) peuvent prendre le relais

Dany : J’ai lu que vous étiez hypocondriaque, angoissé et phobique … vous transposez vos angoisses sur vos personnages ?

Vincent : oui, de manière inconsciente, mais après relecture, c’est flagrant haha

Dany : par exemple …

Vincent : on m’a fait la remarque qu’il y avait beaucoup de cancer et/ou personnages malades dans mes romans. En même temps, cela fait partie de la vie… Bernard Tremblay, David le frère de Sophie, le père de Cadwell…
Voila. (j’ai jeté un froid ? 😛 )

Dany : Non pas vraiment c’est vrai c’est la vie . 
Maintenant vos personnages … comment avez-vous construit Noah ? Est-il resté longtemps dans votre tête avant d’aller faire un tour sur le papier ?

Vincent : Noah est un personnage qui est venu dans ma tête bien avant que j’écrive le roman

Dany : un modèle familier ?

Vincent : j’avais en tête une idée : et si un type brillant intellectuellement avait un accident et se retrouvait dans l’incapacité de compter sur son intellect et devait compenser son handicap par l’instinct
Non pas vraiment (enfin pas conscient). Il est né d’un concept, le reste est venu après

Dany : donc il existait avant l’intrigue

Vincent : Oui, l’intrigue est née de deux choses : Noah Wallace et la scène du prologue (qui me trottait dans la tête depuis un bon bout de temps)

Dany : un de vos cauchemars ?

Vincent : non, juste une scène qui me trottait dans la tête, venue de je ne sais ou.

Dany : et la journaliste ?

Vincent : L’idée qu’un tricycle dévale une pente et que chacun vaque à ses occupations sans s’en apercevoir

Dany : le Potemkine en Amérique ?

Vincent : Le potemkine pour la mutinerie ? 😛

Dany : non le landau

Vincent : ha ok !

La journaliste est née de l’idée d’avoir deux fils conducteurs
je la voulais aux antipodes de Noah. Solaire, un peu naïve. J’ai conçu son arc comme une descente au enfer

Dany : les femmes, il y en a d’autres autour de Noah

Vincent : Oui, alors elle sont venues spontanément. Rachel pour la romance, Clémence pour faire un miroir déformant à Noah, renvoyant le reflet de l’homme qu’il était avant

Dany : est-ce que vous êtes plus à l’aise quand vous parlez de Noah ou de Clémence ?

Vincent : Pour le tricycle, le point de vue de Clémence n’est pas exprimé.
Je suis en troisième personne à focalisation interne (un il très proche du je), donc je n’ai pas vraiment eu à intérioriser les sentiments de Clémence.
Pour le Brasier, elle avait le droit à son point de vue, c’est différent 🙂

Dany : et vous avez deux personnages en grande souffrance

Vincent : deux seulement ? 😛

Dany😆

Dany : c’est difficile de parler de la souffrance ?

Vincent : Oui, en fait je trouve même qu’écrire sur la violence et la souffrance est assez éprouvant.
Il y avait des moments ou j’étais « mal à l’aise », c’est le prix à payer quand on veut écrire du noir…

Dany : Y a-t-il des souffrances, des violences , que vous ne pourrez jamais aborder ?

Vincent : Aucune idée, je n’y réfléchis pas à l’avance. Mais une fois qu’on touche à l’enfance, je pense qu’on peut tout aborder.

Dany : C’est aussi des messages que vous passez, des alertes

Vincent : Je n’y réfléchis pas forcément à l’avance. J’ai écrit le Tricycle Rouge avec l’optique d’en faire un thriller rythmé et divertissant peuplé de personnages typés. Je pense que les messages ou allégories sont distillés au cours du récit, mais en filigrane, une émanation inconsciente qui a pris forme dans les actions et pensées de mes personnages

Dany : Vous ne l’avez pas épargné Noah ! Un accidenté de la vie médaille d’or !

Vincent : Oui. Il ne faut jamais hésiter à maltraiter ses personnages !

Dany : Parlons-en justement …
Le choix d’en faire un personnage récurrent vous est venu comment ?

Vincent : J’ai hésité. Le tricycle rouge aurait pu être un one-shot

Dany : C’est sur mais maintenant il est là

Vincent : mais j’ai eu beaucoup de gens qui m’ont dit « mais hey !!! tu dois faire une suite !!! » Alors j’ai exploité les quelques zones d’ombres du Tricycle.
J’avais des choses à raconter dans le premier opus que j’ai du laisser de coté. je m’en suis resservi pour la suite.

Dany : donc maintenant il doit s’en sortir à chaque épisode 😉
C’est Aline qui parlera du Brasier plus tard

Vincent : Je ne sais pas. Je n’ai pas tranché. et je ne pense pas tirer sur la corde trop longtemps

Dany : Vous êtes prêt à le tuer ?

Vincent : j’aime bien me renouveler, d’ailleurs le prochain opus sera différent.
Oui, je suis prêt à tout, si l’histoire le justifie
Si on sent le personnage invulnérable, on diminue la tension
« oh c’est le personnage récurrent, il ne vas rien lui arriver »

Dany : le syndrome James Bond ou  Franck Sharko … et l’histoire alors … elle vient de où ?

Vincent : Du prologue. Je me suis dit : D’où vient donc ce garçon sur son tricycle 🙂 … et j’ai remonté le fil… en écrivant.
C’est un cas d’écriture sans plan ou j’avais besoin de me surprendre. Où je devais alterner les phases d’écriture et les phases de recherche.
Et puis j’étais dans le cadre d’un concours, c’était assez intense et j’avais un temps limité pour écrire. Je n’avais pas le choix en fait, haha

Dany : un concours ?

Vincent : oui, concours Fyctia RTL VSD, organisé l’année dernière, et cette année, avec un jury composé par l’éditorial, les journalistes et Michel Bussi en président.

Dany : La reconnaissance fait plaisir à ce stade

Vincent : Oui, c’est grisant pour un premier roman !

Dany : Mais concrètement combien de temps d’écriture et de documentation ?

Vincent : pour le Tricycle 4 mois, tout confondu, mais c’était intense
J’étais en burn out sur la fin, les Week ends y passaient

Dany : Je comprends que Noah devait exister quelque part chez vous avant

Vincent : et toutes mes soirées …
mon petit dernier s’appelle Noah 😆

Dany et Geneviève😮

Vincent : et mon ainé… Clément

Dany😆

Geneviève : oh punaise 

Dany : Ils vont être heureux quand ils pourront vous lire 😂😂

Vincent : oui, haha

Dany : Comment est-ce que l’on sort de cette mise en lumière brusque et soudaine ?

Vincent : Je l’ai surtout vécu à distance !  Le livre a très bien fonctionné en France, mais je n’étais pas là pour en profiter.
Après je n’ai pas l’impression d’être en lumière, juste un auteur qui a écrit deux livres et qui a encore beaucoup à faire 😛

Dany : les retours dans les réseaux sociaux ?

Vincent : Oui, c’est vrai, j’ai tout vécu par les réseaux !
Ça fait hyper plaisir de voir l’enthousiasme généré, mais j’avais peur que cela ne soit qu’un miroir déformant !

Dany : il faut le prendre comme ça vient ! Le plaisir avant tout.

Vincent : Oui. tout à fait

Dany : Vous apportez aussi beaucoup de soins à vos personnages secondaires me semble-t-il

Vincent : Oui, cela me semble important. Un personnage secondaire ne sait pas qu’il est secondaire.
On doit sentir sa présence, sa vie, ses gouts, son caractère. Sinon on le confine à un rôle et outil scénaristique.
Je pense que le lecteur ressent lorsque le décors est en carton pâte.

Dany : Parlons des images, votre expérience dans les mise en scènes vidéo vous sert ?

Vincent : Peut être, mais encore plus mon gout pour le cinéma et le scénario. J’écris comme je « vois » les scènes à travers l’objectif d’une caméra.
Je vois les plans, les séquences. Après l’écriture a un petit plus qui s’appelle « la caméra émotionnelle »
On peut jouer avec les pensées, les introspections. C’est la grande richesse du livre par rapport au film.
D’ailleurs certains écrivains perdent beaucoup en étant portés à l’écran. Je pense surtout à Stephen King, qui passe un temps fou dans la tête de ses personnages, une dimension toujours occultée lors du passage à la pellicule

Dany : Je confirme … On vous a proposé une adaptation ciné ou TV du tricycle ?

Vincent : Non, pas encore. Je ne serais pas contre 🙂

Dany : Avec tous les risques ci-dessus !

Vincent : Oui, je voudrais juste participer au scénario

Dany : sage précaution …
Une dernière question Vincent avant la fin de cette audition

Vincent : Après je connais les problématiques et le formalisme du grand écran. donc…
oui

Dany : Est-ce que vous faites des puzzles ?

Ge😆

Vincent : Oui… et non.
haha
J’aime les casses têtes, mais pas les puzzles comme ceux que fait Tremblay, je n’ai pas la patience
C’est un personnage qui est mon strict opposé (ou presque)

Dany : Et bien je crois que nous avons fait le tour du tricycle … et bien au-delà d’ailleurs ! Il faut que je laisse de la place à mes camarades
Avez-vous quelques choses à ajouter ?

Vincent : Non, sinon merci et bonne fin de journée 🙂

Dany : Merci à vous Vincent pour cette disponibilité et la sincérité de nos échanges.

Vincent : De rien !

Dany : La Patronne a peut-être à dire …
Il semble que non ! Merci encore une fois, prenez soin de vous, la suite c’est dans moins d’une 1/2 heure 😉 Clémence prend le relais à 17h30 et en attendant bon retour dans votre cellule …

Vincent : Ok merci bien, je vais pouvoir en profiter pour boire en verre d’eau 😉
A tout à l’heure.

Dany👍

Ge : Que notre prévenu se repose un peu, Fin de cette deuxième audition.
A tout de suite.

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