C’est les vacances, pourquoi ne pas lire un Polar Culte


C’est les vacances, pourquoi ne pas lire un Polar Culte

Oui sur notre blog nous aimons vous faire découvrir de nouveaux auteurs, c’est vrai. Mais parfois pourquoi ne pas revenir le temps des vacances, par exemple, à de bons vieux classiques du genre.

De plus je suis certaine que nombre d’entre-vous n’avez pas lu ces auteurs. Alors pourquoi ne pas en profiter pour compléter notre culture polar !

Et puis, ces auteurs cultes, ils sont en poche, alors . Un livre de poche c’est sympa pour la plage, la piscine ou dans le sac à dos de randonné, ça pèse moins lourd.

Aussi je me permet de vous suggérer 4 titres que j’ai beaucoup aimés.


Alors mes polardeux Folio policier vous connaissez, forcément !

Folio policier est sans doute une des  collections de référence du polar en poche.

« Polar culte », c’est une sélection de « classiques » du genre, choisis et présentés par des auteurs passionnés.  Afin de faire découvrir à de nouvelles générations de lecteurs les auteurs « classiques » de la littérature policière, Folio Policier demande à des auteurs d’aujourd’hui de présenter le « polar culte » de leur choix.

Chaque roman contiendra une préface inédite où l’auteur « actuel » présentera pourquoi il a choisi ce « polar culte ».

C’est par exemple James Sallis qui parle de Le petit bleu de la côte ouest de Manchette, François Garde, Tout pour plaire de Chester Himes, Patrick Pécherot, Touchez pas au grisbi ! d’Albert Simonin.  ou Thierry Bourcy, Le peuple de l’ombre de Tony Hillerman.

Souvenez-vous je vous présenter ces  4 titres et deux autres aussi ICI

Aujourd’hui en voilà 4 de plus de plus que je vous laisse découvrir.

Encore de beaux moments de lectures. Foi de porte flingue

 

Robin Cook Les mois d’avril sont meurtriers. Une enquête du Service.Trad. de l’anglais par Jean-Bernard Piat

Nouvelle édition présentée présentée par Nathalie Kuperman en 2015.

Collection Folio policier (n° 130)

Parution : 08-10-2015

Un sergent dont on ne saura jamais le nom travaille, toujours seul, sur des crimes non résolus, sordides, peu médiatisés et dont tout le monde se moque. Quatre sacs ont été retrouvés bien alignés dans un entrepôt de Londres, au bord de la Tamise. Ils contiennent des restes humains et annoncent la traque implacable d’un psychopathe à l’étrange bonne conscience…

Piège pour Cendrillon  de Sébastien Japrisot. Un roman présenté par Ingrid Astier. Paru le 15 avril 2016. 7€25 ;. (225 p.) ; 18 x 11 cm

« Mon nom est Michèle Isola J’ai vingt ans L’histoire que je raconte est l’histoire d’un meurtre Je suis l’enquêteur Je suis le témoin Je suis la victime Je suis l’assassin Je suis les quatre ensemble, mais qui suis-je ? »
Michèle Isola, 20 ans, raconte l’histoire d’un meurtre, se présentant comme à la fois l’enquêtrice, le témoin, la victime et l’assassin. Un roman qui explore l’âme féminine et la souffrance humaine. Un piège inattendu pour le lecteur.

À dix-sept ans, Sébastien Japrisot publie son premier roman, Les mal partis, sous son vrai nom (Jean-Baptiste Rossi). Après avoir écrit directement pour le cinéma, il revient à la littérature avec L’été meurtrier. Auteur de nombreux romans qui ont tous connu le succès, dont Un long dimanche de fiançailles, il s’est éteint en mars 2003.

Vendredi 13 de David Goodis. Traduction de l’américain par François Gromaire, révisée par Isabelle Stoïanov. Un roman présenté par Laurent Guillaume. Paru le 15 septembre 2016.  6€60  ; (213 p.) ; 18 x 11 cm

« Vendredi 13, c’est un chant désespéré et noir comme un vol de corbeau. Vendredi 13, c’est le roman noir. »
Laurent Guillaume

Recherché par la police, Hart erre dans les rues de Philadelphie en plein hiver et se retrouve par hasard pris dans un règlement de comptes. Pour échapper à une mort certaine, il décide de se faire passer pour un truand. Mais Hart n’est pas un voyou, c’est juste un type qui fait ce qu’il faut pour survivre au milieu des voyous…

David Goodis
Né en 1917, David Goodis, un temps docker, diplômé d’une école de journalisme, homme timide et solitaire, a été employé dans une agence de publicité avant de se consacrer pleinement à l’écriture. Auteur de classiques du genre comme L’allumette facile, Vendredi 13 ou La pêche aux avaros, David Goodis est mort à Philadelphie en 1967. David Goodis semble s’être forgé un destin aussi sombre, aussi désespérant que celui de ses héros. Ses ouvrages reflètent une sorte d’identification avec les ratés de la vie, les victimes de la malchance, les témoins malheureux de la déchéance humaine. Une grande oeuvre littéraire

Tout pour plaire  de Chester Himes. Présenté par François Garde. Traduit de l’américain par Yves Malartic, traduction révisée par C. Jase. Paru le 8 octobre 2015 6€60 ; (270 p.) ; 18 x 11cm

C’est à la lance d’incendie que « Doux Prophète », le thaumaturge noir, baptise ses adeptes rassemblés dans une rue de Harlem. La fanfare joue quelques cantiques sur un rythme de rock and roll, et les fidèles assaillent alors le saint homme. Alberta, la cuisinière, lui fait bénir une bouteille d’eau et, après en avoir bu une bonne goulée, s’effondre raide morte. Panique, bousculade, enquête. Mais « Doux Prophète » a plus d’un tour dans son sac…

Chester Himes (1909-1984) fait, parallèlement à ses études, le barman, le garçon d’hôtel, fréquente les proxénètes, revend de l’alcool, tient une table de jeu et se fait arrêter lors d’un cambriolage. En prison, il découvre la lecture, Dashiell Hammett. De là son inextinguible envie de témoigner dans le même style âpre, direct et sans concession de ce qu’il connaissait le mieux : la dure réalité de la vie des Noirs américains.

« Aucun grand roman classique ne m’a procuré un choc aussi immédiat. »
François Garde

Aussi si vous n’êtes plus en vacances en août, vous pouvez aussi lire ces 4 romans remarquables, ils vous feront sans doute oublier votre rentrée.

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David Coulon à l’honneur # 13 juillet


Le treizième et septième « Auteur à l’honneur » de l’année 2018 est un auteur Français

C’est donc David Coulon que j’ai choisi de mettre en avant ce mois-ci.

Mais avant de vous expliquer pourquoi c’est David qui poursuit cette nouvelle rubrique sur notre blog, je vous en rappelle le principe.

L’idée est que chaque mois, on se fasse découvrir un auteur qui nous tient à cœur. Étant tous des lecteurs d’horizons différents, cela permet aux uns et aux autres d’explorer d’autres univers qui nous tentent ! Pour participer, rien de plus simple :
  • une photo de l’auteur
  • une bref biographie de lui
  • Et enfin, deux ou trois livres que vous avez aimés et pourquoi !
Pour participer, vous n’avez plus qu’à me laisser un commentaire avec le lien vers votre article et je l’ajouterai au mien 🙂 Alors à vos claviers !

 

Mais revenant à notre auteur à l’honneur

Pourquoi je mets David à l’honneur.

Ben simplement,  j’ai eu la joie de le recevoir à la bibliothèque.

Le 30 mai 2015 David, avec sa Compagnie Kopasker et  SKA Editeur Numérique, nous a proposé des lectures et des mises en espace de nouvelles de : Jeanne Desaubry, Paul Colize, Max Obione, Gaëtan Brixtel, David Coulon… Hafed Benotman.

Avec 3 comédien, Vincent Delaforge, Hélène Francisci, Fabien Malcourant, David est venu occupé tout l’espace de la bibliothèque et a fait vivre ces nouvelles policières autour du thème de la famille (la famille, qu’on déglinguera avec plaisir…).

David Coulon à l’honneur # 13 juillet

 

Courte biographie

David Coulon est psychologue, romancier et comédien.
Né dans le sud de France à Toulon en 1974, David Coulon a commencé par écrire beaucoup de nouvelles, en publier en revue papier (L’ours Polar, Lignes Noires, etc…)  à la radio (RTBF) et en numérique chez Ska. Puis, il est devenu psychologue, metteur en scène de théâtre (compagnies La Fille Du Guignol, et Kopasker) et comédien.

 

Bibliographie

Là où David est fort c’est que ses romans font le grand écart entre thriller, roman noir, et humour.

 Son dernier roman

Je serai le dernier homme… 

 

Je serai le dernier homme… Paru le 9 mars 2018 chez Lajouanie dans la collection Roman policier mais pas que.18€ ; (292 p.) ; 19 x 13 cm

Je serai le dernier homme…

Un chemin dans la campagne normande, trois heures du matin. Un homme passablement éméché, rentrant de chez sa maîtresse, regagne son domicile en essayant d’éviter les contrôles de police. Fenêtre ouverte pour tenter de se dégriser, il entend un coup de feu. S’arrête, descend, tend l’oreille. Fait le tour de sa voiture. Une silhouette apparaît, se précipite au volant et tente de démarrer… Courte échauffourée, il éjecte l’intruse de son véhicule, la tête de la malheureuse heurte une pierre. Le fêtard, dont nous ne connaîtrons jamais le nom, se retrouve avec le cadavre à demi dénudé d’une jeune fille. Pourquoi dépose-t-il le corps dans son coffre ? Pourquoi cette fille était-elle seule dans ce champ de blé ? Et pourquoi agit-il de manière aussi incohérente ? Notre héros serait-il le dernier homme à pouvoir répondre à ses interrogations ?

David Coulon signe ici un roman d’une noirceur absolue. Dans des villages dortoirs – la fin d’un certain monde semble proche, les tensions sociales s’exacerbent, les paysages s’obscurcissent de fumées et de rejets industriels… – des oubliés, des virés, des paumés gravitent, énigmatiques, autour du héros toujours lesté de son encombrant cadavre. Meurtre, enlèvement, traque… rien ne manque à cette description saisissante d’une société en décomposition. Surtout pas le style époustouflant et finalement très désespéré de l’auteur.

 

Son premier roman

Dernière fênetre sur l’Aurore

Dernière fênetre sur l’Aurore.  Paru le 10 juillet 2013. Réédité en poche le 6 mars 2015 chez ActuSF dans la collection Hélios  8€ ; (246 p.) ; 18 x 11 cm

Il y a cet immense bunker isolé où quatre hommes retenus captifs sont systématiquement avilis et torturés. Il y a la belle Aurore Boischel, dix-huit ans, jeune fille de bonne famille, qui gît sur son lit, morte. Assassinée. Il y a ce détective privé embauché par un inconnu pour filer… un policier. Et il y a Bernard Longbey, le flic revenu de tout, qui sait que la petite bourgade de Bois-Joli est devenue une toile de mort et de folie où l’araignée attend sa proie…

La brigade des mineurs l’a usé. Les morts de sa femme et de sa fille l’ont détruit. À à peine 35 ans, Bernard Longbey n’est plus que l’ombre de lui-même. L’abîme s’ouvre un peu plus sous ses pas quand il se retrouve à enquêter sur l’assassinat d’une jeune étudiante. La connaissait-il ? Et pourquoi un détective privé est chargé de le surveiller, lui ? Tout est en place. L’enfer peut se déchaîner.

Mon avis sur Dernière fenêtre sur l’aurore de David Coulon Ici

Le village des ténèbres : thriller

David a reçu le grand prix VSD du polar en 2015, pour Le village des ténèbres, coup de coeur de Franck Thilliez.

Le village des ténèbres. Paru le 2 avril 2015 aux Nouveaux Auteurs.18€95 ; (519 p.) ; 22 x 14 cm

Des disparitions inexpliquées, des protagonistes plongés dans un monde surréaliste où se mêlent incompréhension, découvertes macabres, secrets inavouables… Une descente aux enfers aux portes de la folie… Terrifiant !

Au coeur du massif du Champsaur, Luc, un jeune gendarme, tente de résoudre l’énigme des disparus de la forêt. Ses investigations le mèneront dans un village étrange où vit en autarcie une communauté de femmes. Commence alors pour lui et son amie, Julie, détenue prisonnière, une course contre la montre pour élucider le mystère et pour échapper à la folie meurtrière des habitantes de cet endroit maudit. Ne vient-il pas d’ouvrir la boîte de Pandore ?

 

Voilà vous savez presque tout sur David Coulon, enfin vous savez l’essentiel.

J’espère que j’ai réussi à vous donner envie de le découvrir.

Et si c’est le cas revenez me voir pour me dire ce que vous en avez pensé.

Moi j’ai son dernier roman dans ma PAL et je me le garde précieusement pour le lire tranquillement en septembre lors de mes grandes vacances.

 

 

Exquis Cadavre Exquis, la troisième récap !


Exquis Cadavre Exquis, la troisième récap !

Arrêt sur image, venez découvrir l’état de notre exquis cadavre exquis…

Déjà 42 épisodes…

que vous suivez avec attention

et

peut-être que bientôt ce sera à vous de tenir le scalpel !

Bonne dégustation…

L’exquis cadavre Exquis de Collectif Polar

Pour ceux qui n’auraient pas suivi

Les 16 premiers chapitres sont Ici

Les 12 chapitres suivant  sont là

Pour les autres voire pour tout la monde voici les épisodes 29 à 41



Episode 29 by Gwendoline Weis

Bons baisers d’HP

Ses lèvres esquissèrent un léger mouvement vers la droite, quelque chose comme un sourire, ou plutôt un rictus. Oui, un rictus. D’ailleurs, c’est un peu la contraction de sa vie.  Une grimace, un pauvre rictus, toujours forcé, rarement sincère : sardonique.
C’est moche ce mot « sardonique », dur et agressif, comme lui.

Comme lui, Bruno Lalande, fils de bonne famille.

Né à Bordeaux, le petit Bruno a grandi à Pessac au sein du domaine viticole familial. Fils d’Edmond Lalande et de Jeanne de Frémont, des notables de l’or rouge, il n’a jamais connu le besoin. Une enfance des plus douces déjà ornée par des sommes à cinq « 0 » qui trônaient fièrement sur un compte bancaire. Un demi-frère Pierre, fruit d’une première union maternelle, agrémente la famille.

Mais si l’argent offre quantité de choses, il n’achète pas le besoin d’appartenance régissant la troisième strate de Maslow. Ce sentiment d’appartenance à un groupe de pairs, d’être reconnu en tant que tel, ce même sentiment qui l’a quitté le soir où il annonça son désir ardent de vivre auprès de Laure.

Laure son amour, ses joies, mais aussi ses pertes. Plus que le cordon, c’est toute son histoire qui s’est vue coupée par ceux qu’il nomme désormais ses géniteurs. Fort heureusement, ses rapports avec son frère ont toujours été relativement cordiaux, d’autant plus ces dernières années. Ambitieux, avides de pouvoir, Pierre et Bruno se ressemblent à s’y méprendre.

Il sourit de sa besogne, conscient qu’il ne peut désormais plus reculer, c’est bien trop tard. Il a franchi la ligne manichéenne, le jour où il a envoyé Carole rencontrer la faucheuse. Il le savait pourtant, il le savait. Laure occupait ses pensées en permanence, il pouvait l’observer toute une nuit dans les bras de Morphée, il pouvait la suivre pour s’assurer qu’elle se rende bien à son cours de tai-chi le mardi soir, il avait même équipé son téléphone d’un traceur commandé sur le Darknet. Il pouvait en crever tellement il en était dingue.

Alors, il a fait interner Laure en Hôpital Psychiatrique. Bien sûr qu’il y avait la « TS », qui peut prédire la réaction d’une mère qui vient de perdre son enfant ?! La déchéance, l’horreur, la colère, puis arrive le besoin de vérité…Puis, il eut une idée.

Avoir le bras long, ça sert. Et Bruno Lalande l’avait bien compris. Sa Laure serait à l’abri des regards, à l’abri de la vérité et surtout, elle serait bientôt rien qu’à lui.

Bruno avait repéré les frères Mazoj, Anton et Pavel, deux infirmiers d’origine tchèque qui n’ont su résister devant l’appât du gain. 500 euros mensuel, en cash, pour chacun.

Le prix d’une sédation forcée, juste ce qu’il faut pour ne pas être détectable dans le sang. Juste ce qu’il faut pour shooter sa bien-aimée et annihiler tout sursaut de résilience.

Son rictus s’étend pour se muer en sourire malin. Il sort précautionneusement son deuxième téléphone, à clapet, passé de mode, et envoie un seul SMS à un numéro crypté : « Mission, groupe : Wampas, titre : Rimini, en canon. Enlève un « i » à la ville. Remplace voyelle. 30000. »

Sur l’air de « Rimini » des Wampas, Bruno Lalande sifflote, tout en déposant un baiser sur le front de sa Laure.

Episode 30 by Guy Rechenmann

Prise d’appel

 Sirène hurlante et gyrophare débridé, Sebastián fonce vers Lariboisière. La voiture banalisée du fonctionnaire de police ne laisse pas de doute quant à sa détermination d’homme pressé. Un regard haineux ajouté à un eczéma en pleine floraison lui confère un viatique pour l’enfer et toute rébellion d’un quidam quelconque serait peine perdue. Rien ne peut l’arrêter. Par miracle, personne n’est blessé durant la course folle. Seules quelques tôles froissées sont à déplorer lors de son arrivée en fanfare crissante sur le parking de l’hôpital, mais on verra plus tard. Elle s’est réveillée ! C’était le motif du coup de fil qu’il a reçu au bureau. Valérie a ouvert les yeux et a demandé où elle se trouvait.

 « Elle semble perdue, très pâle, mais elle est en vie », lui a précisé le chirurgien.

 Ça, c’est la bonne nouvelle. La mauvaise : elle ne se souvient de rien ! Ni de son nom, ni de son métier, ni où elle habite, enfin, rien de rien… Sebastián a eu le temps de réfléchir durant son gymkhana et il a compris. Enfin il pense avoir compris pourquoi elle n’était pas ad patres. Normalement elle aurait dû mourir d’une balle en plein cœur. D’autant qu’elle n’a pas le cœur à droite.  Cela existe, mais non ! Le tireur, un professionnel, sûrement le meurtrier des deux journalistes, devait l’attendre à la sortie de l’HP après sa visite à Laure Longchamps. Pas trop proche pour ne pas être repéré mais muni d’une lunette et d’un silencieux, il ne pouvait ni être débusqué ni rater sa cible. La configuration des lieux l’y autorisait. Or la balle est bizarrement entrée sous le cœur de sa collègue, ne touchant heureusement aucun organe vital. Un vrai miracle.

« La tête a heurté le rebord d’un massif lors de la chute », a précisé le praticien. « Le traumatisme peut expliquer sa perte de mémoire ». Et il a conclu de façon évasive : « Il faut attendre… »

Ce fameux rebord est, pour elle, à la fois une pierre de salut et peut-être un ciment destructeur, qui sait ? Sebastián se refait le film en voyant la scène de crime balisée. Le tueur attend… Valérie, la tête dans ses pensées, marche d’un pas alerte vers le parking. Elle n’a aucune raison d’être sur le qui-vive. Sa démarche a toujours été rapide, ce qui ne manquait pas d’agacer ses collègues. Mais elle ne suit pas le cheminement traditionnel, elle coupe prestement le fromage en direction de sa voiture, déstabilisant certainement le tireur. Elle va pour traverser la languette étroite composée de fleurs vivaces et, juste au moment où elle prend un vif appel pour franchir la margelle, le coup de feu part et rate le cœur. Il ne peut en être autrement, Sebastián en est certain. Maintenant un autre combat commence. Décidément, cette affaire n’en finira jamais…

Episode 31 by Carlo Caldo

 Confidences devant l’étang

 En cette fin d’après-midi, le parc qui borde le commissariat est traversé par tous ceux qui, ayant terminé de travailler, rentrent chez eux. Il offre cependant assez de diversité pour qu’on puisse se mettre à l’abri des regards. Comme ce banc, sous les bosquets, près d’un étang, où Fantômette a donné rendez-vous à Gaston Pichon, le jeune aspirant-inspecteur qu’elle est parvenue à embobiner. Un contact de rêve, vu qu’il est en stage à l’archivage au commissariat. Ce qui lui permet d’avoir accès aux principaux éléments des enquêtes passées et en cours, sans pour autant y participer.

Pour le coup, Fantômette s’est transformée en un de ses avatars favoris : Amanda, la jeune étudiante blonde, venue de l’Amérique profonde. Sexy, enthousiaste et naïve à souhait. Pourvue d’une incommensurable fascination pour la « poêzie fouançaise », elle est le personnage idéal pour attirer un bleu comme Gaston.

Pourtant, ce jour-là, elle a dû insister pour pouvoir lui parler.

 – D’accord, mais pas au téléphone ! a-t-il chuchoté nerveusement.

Elle l’a interprété comme la conséquence logique de son geste. Un flic abattu est de nature à faire monter la fièvre dans un commissariat.

– Rendez-vous dans dix minutes devant l’étang !

L’injonction était claire. Quelques semaines plus tôt, c’est là même qu’elle l’avait abordé, après l’avoir suivi depuis le commissariat. Il lui avait suffi de jouer l’ingénue perdue dans la grande ville. Les confidences s’étaient alors déversées, intarissables, sur sa vie, ses espoirs et ses rêves d’amour. À quoi elle avait répondu en jouant la carte de l’impressionnée. Elle l’avait même comparé à Clint Eastwood !

En cet instant, les yeux d’Amanda s’écarquillent soudain derrière ses lunettes rondes et sa bouche s’immobilise, béante, au-dessus du cornet de glace qu’elle s’apprêtait à croquer.

– Oh my God !… I can’t believe it ! finit-elle par dire.

De fait, Amanda a vraiment du mal à croire à ce que Gaston vient de lui apprendre. Quoi !? Non seulement cette garce n’est pas morte, mais elle vient de sortir – et, semble-t-il – indemne de son coma ! C’est pire que ce qu’elle craignait. Comment expliquera-t-elle cela à Lalande qu’elle doit voir le soir même ?  Adieu les 30.000 euros promis, adieu la rallonge prévue pour le troisième meurtre ! Quant à sa chère devise selon laquelle mieux valait ne rien faire plutôt que de mal faire, autant l’oublier pour un temps ! La honte !

C’est le problème numéro un à régler. Retourner et finir le travail. Et le plus tôt sera le mieux ! Mais avant cela, autant profiter au maximum de sa rencontre avec Gaston. D’abord, confirmer la valeur de ses confidences.

– What a story ! Thank you so much, Gaston ! Chaque fois que je te vois, tu me racontes quelque chose de nouveau et de si surprising ! C’est comme une série policière sur Netflix.

– C’est même mieux, car tout est vrai. Des indices n’arrêtent pas d’apparaître, des nouveaux personnages surgissent continuellement, des pistes inattendues s’ouvrent.

Ensuite créer le doute.

– Mais l’histoire, reprend-elle avec son accent américain, devient aussi de plus en plus complicated, je m’y perds… Cette attaque sur ta colleague après les trois horribles meurtres de journalistes…

– Gisela Löwenbrau en Allemagne, Camille Longchamps et Romain Richard ici…

Romain Richard ! Comme elle a été contente quand elle a appris par Gaston qu’il était l’homme de la poubelle ! Camille lui a suffisamment parlé de lui pour qu’elle comprenne que ce pisse-copie avait des dents d’ambitieux à rayer le parquet et qu’il n’aurait eu aucun scrupule à lui voler ses découvertes.

– Comment vous faites pour vous y retrouver ? demande-t-elle.

– C’est en effet un véritable défi mais, crois-moi, nous mettrons tôt ou tard la main sur Fantômette. La raison comme la justice finissent toujours par triompher.

Amanda n’a pu réprimer un sourire. Sans doute Gaston pense-t-il vraiment ce qu’il vient de dire.

Le fruit étant mûr, le moment est venu de lancer de fausses pistes.

– Moi, mon instinct me dit que Fantômette n’est pas une killer. Je la vois très romantic, animée par des vraies valeurs et des grands idéaux, un peu comme toi.

 – Tu penses ? bredouille-t-il.

– Oh, yes! Par contre, il y a trop de morts parmi les journalists. C’est pas normal. J’ai le feeling que c’est un règlement de compte entre eux.

– Tu chercherais du côté de Max alors ?

– Certainly! Ou de Richard ! Et si c’était lui l’assassin de Camille et Gisela?

– Intéressant !… Merci, ça peut m’être très utile !

– Ah ! Pourquoi ?

Gaston se lève alors soudainement, le sourire fier.

– Tu pars déjà ?

– Il le faut… Je ne devrais pas te dire, mais j’ai un nouveau travail. J’ai été désigné pour remplacer l’inspectrice Rémini. Je venais de l’apprendre quand tu m’as téléphoné… C’est temporaire bien sûr, mais qui sait quand elle redeviendra opérationnelle !

Episode 32 by Leeloo Dallas-multipass

Chantez, dansez, les têtes vont valser

Après avoir appris par Gaston que l’Inspectrice Rémini a survécu, Fantômette s’égare dans ses pensées. C’est son premier échec, jamais elle ne rate sa cible. C’était un contrat bien différent des autres. Vivement qu’elle passe à autre chose, en espérant que cette imbécile de Lalande n’entache pas sa réputation. Au pire, elle lui prend l’argent et lui fout une balle entre les deux yeux !

Le téléphone sonne. Elle sursaute et prend l’appel, en pensant à Lalande. Quand on parle du loup, on en voit la queue.

– « Monsieur Lalande !… Oui, j’ai appris ! Elle n’est pas morte… Elle a eu de la chance, cette fois-ci, c’est tout ! Je vais me rendre à son chevet pour soulager ses douleurs… Non, monsieur Lalande, il n’y aura pas de prochaine fois, je vous assure. Elle sera morte avant demain soir… Je vais en finir avec elle et notre contrat sera terminé. Ne vous inquiétez pas, il n’y aura pas de suite à cette enquête ! Son remplaçant est aussi intelligent qu’un poisson rouge dans son bocal ! Et pour mes 30 000 euros ?… Pour le supplément, on oublie ?… OK ! Au revoir, oui, oui, à bientôt. Je vous tiens informé. »

Elle raccroche sans le laisser parler. Quelle grosse merde, ce Lalande !

              ……………………………………………………………………………………………

Blanchard est à ses côtés quand Lalande appelle Fantômette. Il écoute attentivement la conversation. Il est très énervé et très mécontent que son demi-frère ait choisi cette femme pour faire le boulot.

– « Franchement, tu crois vraiment qu’une nana, cette pétasse soi-disant tueur à gages, allait faire le boulot proprement, sans faire de vague ? Et en plus, tu la payes 30 000 pour ce travail ! Ecoute, je m’inquiète ! Elle ne nous a toujours pas donné l’enveloppe, elle cherche à te faire chanter… Je vais lui envoyer mon homme de main, elle n’aura pas l’argent. Rien à faire ! Tout ce qu’elle aura c’est une balle entre les deux yeux ! Elle veut te faire chanter ? Ben, moi je vais la faire danser ! Et l’autre, l’inspectrice de mes deux, elle ressortira de l’hosto entre quatre planches ! »

 

Episode 33 By David Smadja

La connerie, c’est contagieux !

Dépité par l’état de sa chère Valérie, Sebastián se dit qu’il était grand temps pour lui de rendre visite à Laure Longchamps, dans son lieu de résidence forcée, et d’éclaircir le rôle de la mère de Camille dans tout cet imbroglio. Il grimpa dans sa voiture, mit en marche le gyrophare et s’engouffra à toute allure dans les affres de la circulation.

Arrivé à destination quelques dizaines de minutes plus tard, il se dirigea vers la réceptionniste, lui colla sa carte de police sous le nez et demanda à voir madame Longchamps sur le champ.

– Vous la verrez plutôt dans sa chambre, se moqua la jeune réceptionniste avec malice.

– Où vous voulez mais de suite, lui rétorqua le policier d’un ton sec.

– J’appelle l’infirmier en charge de la patiente. Veuillez donc patienter à votre tour dans la salle d’attente, lui dit-elle, mettant fin à la conversation d’un clin d’œil entendu.

De longues minutes plus tard, un homme massif, à la mine renfrogné, s’approcha de lui en faisant rouler ses muscles.

– Madame Longchamps a besoin de repos, elle n’est absolument pas en état de vous voir.

– J’ai une carte « chance » qui dit que je peux quand même la voir, répondit Sebastian en brandissant de nouveau sa carte de police.

L’homme blêmit, mal à l’aise.

– Vous êtes de la police ? On ne me l’avait pas précisé.

– Tout à fait et je veux la voir subito ! Monsieur… ?

– Je m’appelle Anton Mazoj.

– Vous seriez donc maso de refuser, Anton. Et si vous continuez à faire le malin, j’en connais un qui va finir au poste. Vous savez, la connerie, c’est contagieux, et vous ne voudrez pas me voir contaminé !

Sebastian posa sa grosse patte sur l’épaule de l’infirmier dont le vernis de suffisance commençait à craqueler de toutes parts. Ressentant le malaise, il accentua la pression et mit en marche le gaillard. Ensemble, ils gravirent les marches et arrivèrent à l’étage supérieur, celui où l’on confinait les cas les plus désespérés, dixit l’infirmier devenu prolixe soudainement.

Arrivé devant la porte de la chambre 13, l’infirmier s’éclipsa en bredouillant une excuse incompréhensible. Sebastian le regarda s’éloigner, méfiant. A juste titre, car Anton allait chercher Pavel à la rescousse. Pas si sûr que l’inspecteur sorte aussi facilement de l’hôpital qu’il en était entré. Car Pavel n’était pas du genre à plaisanter et lui ne serait nullement impressionné par le flic. Il en avait buté des dizaines en Tchéquie. Et autant dire que cela n’agitait pas sa conscience.

Sebastián toqua à la porte. Une voix étonnamment claire lui parvint :

– Bonjour, inspecteur. Entrez, je vous attendais. Je crois que l’on a beaucoup de choses à se dire…

Episode 34 by Danièle Ortega-Chevalier

Allo papa ?

 A quelques kilomètres de là, une ado prenait son smartphone…

– Allo papa ?

Depuis que sa femme Fanny l’a quitté il y a trois ans en abandonnant accessoirement leur petite fille de 8 ans, c’est la maman de Max qui le dépanne en assurant la garde de l’ado, souvent à temps plein quand il est en déplacement ou sur une investigation particulièrement délicate. De fait, ils se voient rarement mais Max essaye de préserver le repas dominical, véritable briefing de la famille Lindberg. Le rituel des coups de téléphone quotidiens a pris du plomb dans l’aile depuis la mort de Camille.

– Oui, Louise, comment va ? Comment ça se passe avec Mamie Aline ?

–  Je crois bien que j’ai encore pris quelques kilos de gaufres et de crêpes… Comment va Camille, papa ?

Max a essayé de filtrer les informations concernant son amie car il sait comme Louise y est attachée depuis le départ de Fanny. Inévitablement, elle apprendra la mort de la journaliste. Mais le plus tard sera le mieux. C’est un miracle qu’elle ne l’ait pas encore découvert via les réseaux sociaux.

– Elle va mieux ma puce, elle rentre bientôt chez elle.

– Tu l’embrasses pour moi ?

– Promis, on ira la voir très bientôt !

– Et au fait, je ne t’ai pas rendu la clef USB de Camille…

– Quelle clef USB ?

– Celle qu’elle m’avait demandé de planquer avant… tu sais bien, avant…

– Mais qu’est-ce que c’est que cette histoire de clef ?

– La dernière fois que Camille est venue dire bonjour à MaAline, elle m’a demandé de lui garder une clef et de rien dire à personne. C’était une semaine avant de se faire attaquer.

La voix de l’adolescente se brise. Max en a le cœur serré. Mais il faut qu’il sache. Il poursuit :

– Tu l’as toujours ?

– Oui, bien planquée mais je ne veux plus la garder, j’ai peur !

– On en parle très vite, ma chérie !

– Tu rentres quand d’Allemagne ?

– Dans quelques jours, je ne sais pas au juste.

– Je t’aime, papa.

– Moi aussi je t’aime. Je t’embrasse, ma puce ! Dis à MaAline que je vais bien.

– Pap ….

Il raccroche avant que Louise ait pu lui dire que l’appartement face à celui de Mamie a une nouvelle locataire, blonde, aimable et jolie comme un cœur, au prénom enchanteur… et qu’elle aimerait bien que son père fasse sa connaissance… Oui, il faudra qu’elle lui présente Amanda…

Episode 35 by Céline Brisard-Lison

Attention, danger

 En raccrochant son smartphone, Max Lindberg se renfrogna un peu plus.

– Un problème ? lança Xavier Costes, le regard fixé sur la route battue par une pluie aussi brutale que torrentielle. Sans même voir son compagnon de route, il pouvait sentir que, loin de l’apaiser, l’appel que Max venait de passer à sa fille le plongeait dans une tension un peu plus profonde encore. Il ne reçut aucune réponse. Habitué aux sautes d’humeur de ses clients, le privé choisit de se concentrer pleinement sur sa conduite. « Ce serait quand même sacrément con de finir dans le fossé en se traînant à 80 ! », pensa-t-il.

De fait, plongé dans ses pensées, le journaliste n’avait même pas entendu Costes. S’il lui avait proposé de venir en Allemagne avec lui, c’était à contrecœur. Habituellement, il préférait – et de loin – enquêter seul. Non pas qu’il se sente supérieur aux autres, mais simplement parce qu’il n’avait jamais trouvé quelqu’un avec qui il se sente en osmose, en matière de réflexion. Personne, à part peut-être Camille… « Ah, Camille, toi, tu m’en as caché des choses… Si j’avais su dans quel guêpier tu t’étais fourrée, jamais je ne t’aurais laissée seule à cette soirée. Tu vois où ça t’a amenée ! », songea-t-il avec une pointe d’amertume et de remords mêlés.

Depuis sa discussion avec Friedrich, Max était persuadé que la piste allemande était la bonne. Grâce à un copain de la police, il avait aussi appris l’identité de l’homme qui, juste avant lui, avait fouillé l’appart de Camille. Et fini une balle dans la tête dans une poubelle. Romain, Romain Richard, bon sang ! Encore un journaliste ! Et lui était le dernier à avoir enquêté avec Camille. Max ne comptait pas rejoindre la liste des cadavres qui s’amoncelaient depuis la funeste soirée du Muséum : il avait préféré appeler Costes en renfort. Le détective privé avait le privilège de détenir un port d’arme. Et il était de plus en plus évident que ce type d’argument pouvait leur être utile.

– Lindberg ? Oh, Lindberg ! Tu m’écoutes, bon sang ? Il faut que je te parle d’un truc que la p’tite Longchamps m’a envoyé…

Max sursauta au nom de Camille.

– Quoi ? De quoi tu parles ?

– Elle avait programmé l’envoi d’un mail, je l’ai reçu hier au petit matin…

– Ah ouais ? Et t’attendais sa résurrection pour m’en parler ?

Max était de plus en plus furieux. Non seulement Camille avait fait confiance à ce Costes pour enquêter, mais en plus, elle lui faisait des confidences post mortem. Et lui alors ? Il n’était donc rien dans la vie de sa protégée ?

– Le hic, c’est que je n’ai rien compris. Le mail est rempli de noms, de dates, de termes en allemand. Comme si c’était ses notes et qu’elle s’adressait à quelqu’un qui pouvait les comprendre. Elle a souligné une phrase : « Venez chercher l’enveloppe coquelicot ». Tu y comprends quelque chose, toi ?

– Hummm… Rien d’autre ?

– Oui, une pièce jointe. Enfin, une pièce jointe cramée. Impossible de l’ouvrir. J’ai quand même envoyé le fichier à un pote informaticien, au cas où…

– Putain, mais c’est pas vrai ! J’suis vraiment trop con !

Max venait de comprendre. Loin de l’ignorer, Camille avait au contraire multiplié la dissémination de ses informations. Lui, avec cette fameuse clé USB confiée à Louise, sa fille. Costes avec le mail. Et probablement Romain Richard. Richard, déjà au parfum de l’enquête de Camille, qui avait aussitôt rappliqué pour récupérer l’enveloppe. Pile au moment où une tueuse rodait chez elle… Si ces infos avaient conduit un gaillard comme Richard ad patres, la vie de celles et de ceux qui les détenaient ne tenait vraiment qu’à un fil. Louise !! Pris d’un pressentiment glaçant, Max reprit son téléphone en main.

– Sebastián ? Il faut que je te parle !

Episode 36 by Patrice Guirao

Á mains nues

L’immeuble est cossu. Quatre étages. Rue passante. Une seule entrée. La cible a emménagé au deuxième. Il sort la photo que Louys lui avait remise en même temps que les cinq mille euros. Rien d’autre. Excepté le numéro de téléphone derrière la photo. Jolie fille. Jeune. Un rien arrogante. Pleine de vie.

Cinq mille euros.

La vie n’a pas de prix.

Ça dépend d’où on vit.

Le vieux trainait son infirmité depuis l’enfance. Mauvaise polio. L’avantage de son handicap, dans sa profession, c’est qu’il inspirait plus souvent la compassion que la méfiance. Ce qui lui laissait presque toujours un temps d’avance.  Une compensation au fait qu’il ne pouvait se permettre de se faire courser dans les rues. Avec sa patte folle c’eut été folie.

Il lui avait fallu élaborer des techniques personnelles. Pas d’arme à feu, pas d’arme blanche. Exit les risques lors d’un éventuel contrôle. Quarante ans de métier et pas un faux pas. Il sourit à cette étrange formule le concernant.

Son truc c’était le fait main. La nature l’avait doté d’une force hors du commun concentrée dans ses poings. Ses meilleurs outils.

A dix-sept ans, lors des fêtes de Pampelune, il avait tué, d’un uppercut, un taureau qui fonçait sur lui. Il en avait été stupéfié lui-même. Les autres jeunes avaient couru, lui s’était défendu. Depuis ce jour il avait scrupuleusement évité toutes les situations dans lesquelles sa survie pouvait dépendre de ses jambes.

Il lui avait fallu quatre jours pour remonter jusqu’à cette adresse grâce au numéro de téléphone. Il avait mis à contribution quelques connaissances toujours prêtes à lui renvoyer l’ascenseur. Une vie de menus services, ça paie toujours.

Louys avait distribué les trois enveloppes au hasard. Frantz avait ouvert la sienne. Il en avait sorti une liasse de dix mille et l’avait secouée devant eux un sourire aux lèvres.

– Jackpot !

Il s’était gardé de montrer la photo de sa cible. Un minimum !

Sam avait pris la sienne et l’avait glissée dans sa poche sans aucun commentaire.

Louys se chargeait de trouver les contrats et eux les exécutaient.

Pas de liens directs avec les commanditaires. Louys achetait les contrats sur un site du Darknet. Une sorte de vente aux enchères. Une bourse de la mort. Les enveloppes lui étaient alors expédiées en poste restante. Il y prélevait ce que lui avait coûté le contrat et la moitié de la somme restante. Puis il remettait les contrats à ses trois tueurs à gage. Une petite entreprise qui fonctionnait bien. Mais parfois un pari financier risqué.

Le vieux ne fumait pas, il prisait.  Il insuffla quelques grammes de poudre de tabac habilement posés sur le dos de sa main. Il secoua légèrement la tête et se frotta le nez.

Il était temps de monter.

Pas d’ascenseur. Des escaliers larges. Recouverts d’un épais tapis orné de lys.

L’appartement était celui de droite. Tant mieux. La porte s’ouvrait sur la gauche. Un avantage. S’il devait frapper, les quelques dixièmes de secondes gagnés pour lancer son poing droit pouvaient s’avérer importants.

Pas de judas. Ça se présentait plutôt bien.

Il sonna et attendit.

La porte s’ouvrit.

C’était la fille de la photo. Mais blonde.

Le poing partit avec une violence et une rapidité impossible à imaginer venant d’un vieil infirme. La jeune femme, dès qu’elle l’avait aperçu, avait immédiatement senti le danger. Elle avait essayé de faire un pas en arrière tout en tentant de refermer la porte mais trop tard. La poussée qu’elle donna réussit tout de même à dévier légèrement la trajectoire du coup. Au lieu de percuter sa gorge, il la toucha juste en dessous, à gauche, près du cœur. Elle entendit ses côtes se briser et ressentit une douleur violente qui lui coupa le souffle et la paralysa. L’homme l’écarta de son chemin et ferma la porte derrière lui. Il n’avait plus qu’à l’achever tranquillement. A mains nues.

– Amanda ? C’est qui ? Qu’est ce qui se passe ?

Une voix de jeune fille. Ça venait de l’autre bout du couloir. D’une chambre. Ou de la salle à manger.

Le vieux se figea. Il y avait quelqu’un d’autre dans l’appartement. Ce n’était pas prévu. Elle vivait seule. En une semaine de planque, il n’avait jamais vu personne lui rendre visite. Impossible de terminer le boulot. Pas question qu’il exécute quelqu’un d’autre que sa cible. Cette fois il allait devoir compter sur ses jambes et, pour la première fois depuis toute sa carrière, il fut saisi d’une mauvaise angoisse.

Il était temps qu’il raccroche.

Ce n’était plus un métier pour lui.

Il sortit de l’appartement, referma la porte sans la claquer et se précipita dans les étages supérieurs. Ces vieux immeubles avaient tous un accès sur les toits. Il y resterait le temps qu’il faudrait. En priant pour que personne n’ait l’idée d’y monter.

Episode 37 par Michel Roberge

Fallait y penser

Fantômette savait qu’en se rapprochant de la fille de Max, sous l’apparence d’une Amanda plus blonde que blonde, elle pourrait l’utiliser pour lui tendre un piège. En apprenant qu’un appartement était libre dans l’immeuble où résidait Louise et la mère de Max, elle s’était empressée d’y emménager. Comme il était entièrement meublé, elle avait sauté sur l’occasion. Pour elle, qui déménageait aussi aisément qu’un serpent change de peau, le contexte était idéal.

Depuis quelques jours, elle surveillait les allées et venues de ses deux voisines, attendant le moment opportun pour agir. Puis, un vendredi matin, Louise et Amanda se croisèrent, comme par hasard, sur le palier. Mamie Aline était partie faire des courses. Amanda en profita pour inviter la jeune fille à partager avec elle une chocolatine pour faire de plus amples connaissances.

Pendant que Louise croquait à belles dents dans la viennoiserie, Amanda raconta à Louise qu’elle écrivait des romans pour les ados comme elle :

– Tu pourrais être une de mes sources d’inspiration, lui proposa-t-elle.

Emballée par le projet, Louise accepta, convaincue de devenir l’héroïne d’un prochain best-seller.

– Mon éditeur insiste pour que je lui livre un texte au plus tard à la fin du mois, mentit Amanda. Il faudrait se mettre à la tâche immédiatement.

Mais on avait sonné…

En découvrant Amanda gisant sur la moquette, et apercevant le profil d’un homme boitillant refermer la porte derrière lui, Louise hurla :

– HÉ, VOUS LÀ !

Voyant qu’Amanda peinait à respirer, elle sortit de la poche de son pantalon son iPhone pour appeler les urgences.

– Non, non Louise. Ça va aller. Ce n’est rien, balbutia la jeune femme dont la perruque avait glissé sous le choc, laissant paraître en partie une chevelure courte et noire.

– Amanda, qu’est-ce qui t’arrive? demanda l’ado prise de panique.

Pendant que la fausse blonde tentait une explication des plus rocambolesques, tout se mit à tourner à vitesse grand V dans le cerveau de Louise : la clé USB. Cet homme était venu pour la lui voler. Comme l’entrée des deux appartements était similaire, il avait été confondu et avait sonné à la mauvaise porte. Et Max qui ne serait pas de retour avant plusieurs jours… Elle devait à tout prix trouver une nouvelle cachette pour le support informatique que lui avait remis Camille.

– Je reviens tout de suite, Amanda, annonça Louise, fébrile, en jetant un œil incrédule sur sa voisine qui réajustait tant bien que mal sa perruque dorée.

Louise ouvrit la porte d’entrée, jeta un œil sur le palier. L’agresseur s’était volatilisé. Elle courut chez elle, se précipita dans sa chambre, se glissa sous le lit pour récupérer le petit boîtier métallique qui y était scotché. Si Mamie Aline possédait un ordinateur, elle pourrait satisfaire sa curiosité et voir ce que pouvait bien renfermer cette clé pour qu’un homme s’en prenne à une inoffensive femme comme sa voisine. Elle ouvrit le contenant : l’objet devait avoir une grande valeur. Elle eut un flash : Amanda écrivait des romans, donc elle avait un ordi…

Episode 38 by Marc Schaub

Encaisser deux tchèques

 La porte de la chambre 13 s’ouvre brutalement, laissant le passage à Anton et Pavel qui bondissent sur Sebastián. Le policier n’a pas le temps de sortir son arme, et les deux molosses n’ont aucun mal à le maîtriser. Un coup de taser finit le travail. Anton administre à Laure Longchamps une piqûre contenant une sombre substance censée lui faire oublier la scène à laquelle elle vient d’assister…Si la dose n’est pas trop forte et qu’elle se réveille, elle n’aura que pour seul souvenir l’impression d’avoir passé sa journée à flotter parmi les nuages.

30 minutes plus tard, Sebastián reprend doucement et douloureusement conscience. Il est enfermé dans le coffre d’une voiture, ligoté comme un saucisson et bâillonné. Pas de mouvement, aucun bruit, aucune lumière ne passe à travers les joints du coffre. Il est clair que la voiture est à l’arrêt. Depuis combien de temps était-il dans les vapes ? Où l’ont-ils emmené ? S’il était encore sur le parking de l’hôpital, il devrait entendre le bruit de la circulation de l’axe routier qui passe juste devant l’établissement. Bonne nouvelle, il est en vie, probablement parce que Heckel et Jeckel ne savent pas encore quoi faire de lui. Il est donc en sursis le temps que les ordres arrivent. Mais pourquoi serait-il épargné alors qu’ils n’ont à aucun moment hésité à liquider Valérie, ou tout du moins, essayé de la liquider ? Il a beau tenter de se libérer de ses liens, rien n’y fait. Si vous organisez une soirée bondage, pensez à inviter des tchèques, ils maîtrisent le sujet quand il s’agit d’attacher quelqu’un avec une corde. Votre soirée sera une réussite.

A 200 mètres de la grange dans laquelle la vieille Mercedes 560 SEC est garée avec son colis, les deux tchèques attendent, avec impatience, des nouvelles et les ordres de leur patron. Si Anton n’avait pas retenu Pavel, le sauciflard aurait déjà été coupé en rondelles et servirait d’apéro aux poissons-chats du cours d’eau qui coule juste à côté.

– Je t’ai déjà raconté comment j’ai éventré deux vermines de flics à Prague avec une petite cuillère, alors que je n’avais même pas 18 ans ?

– Oh oui, Pavel, au moins 15 fois, mais en général, tu es bourré quand tu me le racontes. Donc tu ne dois pas t’en souvenir. Et à chaque fois, je ne dors pas la nuit qui suit, alors, si tu peux éviter cette fois-ci !

– Tu ne veux pas que je fasse parler le flic en attendant les consignes ?

– Pour qu’il n’en reste plus rien ? Et si jamais il faut le garder en vie ?

– Je sais être délicat parfois, on dirait que tu me prends pour un monstre.

L’échange est interrompu par la sonnerie du téléphone. Les instructions arrivent. Anton est silencieux pendant toute la durée de l’appel. Il raccroche et se dirige vers la grange en prenant avec lui le bidon d’essence qu’ils avaient préparé à leur arrivée.

– Viens avec moi ! On n’a pas encore mangé, je vais te payer un petit barbecue maison.

Quand ils ouvrent la grande porte de bois vermoulu, les derniers rayons de soleil de la journée entrent et illuminent l’intérieur de la bâtisse en bois. La poussière soulevée par un courant d’air scintille comme des milliers de paillettes d’or en suspension.

Pavel marche d’un pas déterminé vers le sublime coupé allemand.

-Coucou mon trésor, on arrive…

Chapitre 39  by Maud, de « Les lectures de Maud »

Se relever et rebondir

Amanda se relève et s’assoit sur le canapé, le temps de faire le point. Deux pensées émergent immédiatement : « La perruque est tombée, Louise a vu sa vraie couleur de cheveux et aura sûrement de nombreuses questions. Et qui est le boiteux qui a essayé de la tuer ? »

Depuis qu’elle exerce ce métier, elle ne s’est pas fait que des amis, mais elle n’a jamais cru ni au hasard, ni aux coïncidences. Une certitude, Lalande a mis un contrat sur sa tête. Elle s’en occupera plus tard. Il y a urgence : il faut quitter rapidement les lieux maintenant que son adresse est connue, et terminer sa mission.

Encore chancelante, elle profite du départ précipité de Louise pour sortir de l’appartement, n’emportant que son sac et sa perruque. Une fois dans la rue, elle s’apprête à héler un taxi mais se ravise. Prudence, les chauffeurs sont parfois physionomistes. Amanda sort son téléphone et appelle Gaston sous prétexte de prendre des nouvelles de sa collègue Valérie Rémini, blessée.

« Elle est hors de danger, mais toujours hospitalisée.

– As-tu eu le temps d’aller la voir ?

– Non, ici c’est le feu ! En plus, nous sommes sans nouvelles d’un autre collègue qui rendait visite à une patiente en HP.

– Ah bon ! Si je peux t’aider en allant visiter Valérie pour toi, ça me ferait plaisir de te rendre service.

– Tu es formidable, c’est très gentil. Peux-tu lui apporter des fleurs ?

– Bien sûr, indique-moi l’hôpital, le service, le numéro de la chambre et je me mets en route.

– Je me renseigne et t’envoie les informations par sms. Je vais prévenir le personnel de ton arrivée afin qu’on te laisse passer. Je te remercierai avec un bon dîner »

Ils raccrochent, Gaston sur un nuage, chanceux d’avoir rencontré une femme aussi belle, gentille et attentionnée, Amanda, le sourire aux lèvres de bientôt pouvoir honorer son engagement. « Encore plus facile que je ne l’aurais imaginé. Pour le dîner, il rêve » pensa-t-elle.

Elle s’élance en courant jusque chez le fleuriste, mais la douleur provenant de ses côtes la rappelle à l’ordre. Après un ultime crochet par la pharmacie, elle défait l’emballage de la seringue stérile et la glisse immédiatement dans le méandre des tiges du bouquet. C’est concentrée et le cœur léger qu’elle descend les marches du métro. Ses pensées vont et viennent. Son ultime objectif : se débarrasser de Lalande. Le sms avec les renseignements attendus arrive enfin. Direction Lariboisière…

Episode 40 By Clémence

Fatale injection

Louise, encore sous le choc de sa rencontre avec le boîteux, téléphona à son père :  – Allo papa ?

– Oui ma chérie, justement je voulais te parler. Est-ce que tout va bien ? s’inquiéta Max.

– Non, papa ! C’est à propos de la nouvelle voisine de Mamie, Amanda. Eh bien, j’étais chez elle, et un homme est entré dans l’appartement et l’a blessée. Quand il m’a entendue, il s’est sauvé. J’ai juste eu le temps de voir qu’il boîtait. Je suis sûre qu’il cherchait la clé USB de Camille.

– Quoi ? Mais où est-elle maintenant, cette Amanda ?

– Je ne sais pas, papa, elle est partie mais tu sais, elle était blessée ! Et je pense qu’elle est gravement malade… Elle porte une perruque.

– Ecoute moi, Louise, c’est très important. Il va falloir que tu t’enfermes avec mamie et que tu n’ouvres la porte à personne !

 – Mais Pa…

– C’est un ordre ! coupa Max.

Le profil de Fantômette commençait à s’éclairer. Max voulut une nouvelle fois en informer Sebastián mais son téléphone restait sans réponse… Pendant ce temps, Amanda s’était rendue à l’accueil de l’hôpital et se présentait à l’agent administratif qui lui confirma le numéro de chambre de Valérie. Les yeux clos, celle-ci ne la vit pas entrer et déposer le bouquet à son chevet… Elle sentit néanmoins une présence et voulut ouvrir les yeux mais eut soudain la sensation d’étouffer. Des bips alarmants se mirent en route. Elle essaya en vain de se redresser pour appeler au secours… Amanda venait d’injecter de l’air, avec la seringue qu’elle s’était procurée, dans les veines de sa rivale, pour provoquer une embolie fatale. Notre tueuse s’enfuit rapidement avant l’arrivée de l’équipe soignante alertée par le vacarme des machines.

Pendant ce temps, Max tentait toujours de joindre Sebastián.

 « Bonjour, vous êtes bien sur le répondeur de Sebastián, veuillez laisser votre message »…

De son côté, le co-équipier de Valérie n’était pas mieux loti. Réduit à l’état de saucisson, il entendit des bruits de pas sans saisir exactement ce que les deux zigottos étaient en train de comploter. Soudain, son odorat se mit en alerte. Ça sentait le feu… Attaché, il se contorsionna pour essayer de se libérer et ne parvint qu’à s’entailler les poignets. Il tenta d’allonger les jambes et sentit soudain un objet dur sous ses pieds.  Et s’il tenait la solution à son problème ?

Episode 41  by Michæl Corbat

Sauvée !

«Que se passe t-il, ici ? demande le médecin réanimateur qui arrive en courant.»

Dans la chambre de l’hôpital, deux infirmières s’affairent au-dessus du corps inanimé de Valérie. La première commence un massage cardiaque, l’autre attendant les instructions.

«Bien, injectez-lui un milligramme d’adrénaline ! Et préparez le ventilateur, pendant ce temps je vais l’intuber ! Quelqu’un a vu ce qu’il s’est passé ici ? Où est le flic censé surveiller les allées et venues ? interpelle le médecin. Appelez une aide-soignante, qu’elle aille à la pêche aux infos !»

Tout en effectuant des gestes d’une précision horlogère, le médecin réfléchit à mille à l’heure. Il est perplexe. Jusqu’à présent, Valérie était stable et tirée d’affaire. Il n’y a aucune raison qu’elle rechute.  Même si, en médecine, il peut y avoir des événements inexpliqués, il a du mal à y croire.

Quelques minutes plus tard, Bérénice, l’aide soignante, revient, affolée :

«Un visiteur nous a rapporté qu’il avait vu une jeune femme entrer et sortir, de manière assez louche. Elle paraissait blessée, essoufflée, et s’est empressée, malgré tout, de déguerpir du couloir, comme si elle était poursuivie. Quant au flic, il vient de remonter. Il a reçu un coup de fil de ses supérieurs lui ordonnant de descendre les rejoindre à sa voiture, sur le parking de l’hôpital. Apparemment, il a attendu en vain, personne n’est jamais venu… Je le fais entrer ?

– Oui, qu’il entre. Mettez-moi en ligne avec le commissariat. Et qu’on me passe l’inspecteur Pichon. C’est lui qui a repris le commandement, apparemment. Stoppez le massage, on attend…»

Suspendu aux voyants du monitoring, le personnel médical retient son souffle. Quelques secondes plus tard, un bip se lance, leur indiquant que Valérie respire de nouveau…

…alors qu’au même instant, quelques rues plus loin, la respiration saccadée d’Amanda la force à s’arrêter. Saloperie de côtes cassées ! Elle sait aussi qu’avec son allure et sa dégaine, elle ne pourra pas aller loin sans se faire repérer. La douleur lui arrachant la poitrine et la faisant vaciller, elle souffle un instant. Oui, voilà, s’arrêter, réfléchir, choisir un tripot un peu glauque où elle pourra se noyer dans la masse des buveurs de bières et autres joueurs de tiercé. Elle entre dans un bar…

Suite à l’appel du médecin, Gaston Pichon comprend, quant à lui, qu’il s’est fait manipuler… Quel naïf il a été ! Quel con ! Sa carrière aurait pu prendre un sérieux coup dans l’aile mais, par bonheur, l’honneur est sauf. Personne dans l’équipe ne l’a vu parler avec cette foutue Amanda. Il ne lui reste plus qu’à sortir un portrait-robot et à le diffuser à l’échelon national ! L’aspirant lieutenant va devenir grand, s’enorgueillit-il…

Un dernier verre au bar sans nom de Don Carpenter


Le livre : Un dernier verre au bar sans nom de Don Carpenter. Traduit par Céline Leroy. Paru le 9 mars 2016 aux Editions Cambourakis. 24€ ; (381 p.) ; 21 x 14 cm.
Réédité en poche chez 10/18 le 2 mars 2017.  8€40 ; (451 p.) ; 18 x 11 cm

 

 
4ème de couverture :
 
Lorsqu’il rencontre Jaime sur les bancs de la fac, Charlie en tombe immédiatement amoureux. Elle est bien meilleur écrivain, mais c’est lui qui décroche un prix et ambitionne d’écrire le «Moby Dick de la guerre ». Dans le sillage charismatique du couple, déménagé à Portland, une bande d’écrivains se forme. Au tournant des années 1950-1960, tous rêvent de succéder à une Beat Generation agonisante. De la Californie à l’Oregon, entre succès éphémères et échecs cuisants, ils écument les bars de la côte Ouest et font le deuil de leurs illusions. 
 
 L’auteur : Né en 1931, Don Carpenter a passé ses premières années en Californie. Son premier roman, Sale temps pour les braves, publié en 1966, a connu un énorme succès public et critique et l’installe dans le paysage littéraire américain. Pendant douze ans il travaille comme scénariste pour Hollywood, et fera de cette expérience la matière de plusieurs de ses livres. En trente ans, il publiera une dizaine de romans et de recueils de nouvelles. Il met fin à ses jours en 1995. Un dernier verre au bar sans nom, son ultime roman, est publié après sa mort grâce au formidable travail éditorial de Jonathan Lethem. 
Extrait :
 Elle aimait Charlie, mais à bien des égards, c’était un grand bébé. Il avait le plus beau sourire qui soit, large, agréable, décontracté, le sourire d’un home qui avait vu du pays et qui aimait ce qu’il avait sous les yeux. Charlie était l’un des étudiants du département d’anglais vétérans de la guerre de Corée. Il écrivait un roman-fleuve sur ce qu’il avait vécu. Il avait beau être autodidacte, il était brillant et tout le monde pensait que du groupe seul Charlie avait le potentiel pour devenir célèbre. Rien de tout cela ne dérangeait Jaime. Elle savait qu’elle était meilleure que Charlie mais elle n’avait pas son expérience de la vie.
 
 

Les Emotions lecture de Cécile 

Un dernier verre au bar sans nom de Don Carpenter

 

Sur cette page, on parle de romans et d’auteurs, je me devais de vous parler d’« Un dernier verre au bar » sans nom de Don Carpenter.

 

Et pourtant, normalement, j’évite les romans centrés sur des écrivains bien trop souvent plus bavards que passionnants … Et l’exception à la règle est remise à « Un dernier verre au bar sans nom » de Don Carpenter. L’écriture est certes au centre de la vie des personnages mais pas que ; l’amour, l’ambition, la maternité comme la paternité y sont universelles et intemporelles dans ses luttes comme dans ses joies. En bref, un roman prenant qui voyage entre  la Californie et l’Oregon du début des 60’s avec quelques vérités corporatistes toujours d’actualité:

 

« Beaucoup de gens voulaient être écrivains et ils étaient jaloux. Il avait l’habitude qu’ils disent « : Au fait j’ai lu ton histoire » puis attendent qu’il leur demande comment ils l’avaient trouvée (…) : « Ecoute, c’était pas mal » ou une autre critique du genre »

 

« Elle avait oublié combien tout cela était déprimant. Elle avait vécu dans son monde imaginaire avec des gens qu’elle avait inventés qui agissaient selon sa volonté (… ) Mais elle revenait à la réalité où elle ne contrôlait plus rien » 

« Chaque livre est comme un enfant, et pas que d’un point métaphorique, car, dans votre cœur, les malheurs de votre enfant vous font terriblement souffrir. »

 Ce n’est pas un roman noir comme on l’entend généralement pas de crimes à part la mort des illusions des personnages, la cruauté de l’âme créatrice, et la torture de la petitesse d’un milieu littéraire étouffé par les ambitions de chacun.

 

Trente seconde avant de mourir, Sébastien Theveny


Ce soir comme promis c’est…

La double chronique

Et c’est MissAline et Clémence qui nous offre leur avis

Le livre : Trente seconde avant de mourir, Sébastien Theveny.   Paru le 5 juin 2018 chez Independently published. 17€ ; (325 pages) ; 13×20 cm

4ème de couverture :

Pour que des vies basculent, il suffit parfois d’une seconde. New York, 2018. Assis en salle d’embarquement de l’aéroport de La Guardia, Tom Brady observe les autres passagers, autant d’anonyme ignorant tout de son terrible Thanksgiving 2015. Impossible d’oublier ce fameux jeudi ! Une journée noire, agitée, tendue, qui cache d’effroyables secrets mais aussi une vérité glaçante, dérangeante, dont les racines puisent bien plus loin dans le passé.

A cet instant, Tom est bien loin d’imaginer qu’il ne lui reste que trente seconde avant de mourir.

 

L’auteur : Né en 1976 en Pays de Champagne, Sébastien Theveny vit depuis 2002 en Franche-Comté. Il a une formation littéraire, il est l’auteur d’un recueil de poèmes intitulés : En vers…et conte tout.   Trouble Je,  est son premier roman, suivi d’« Un frère de trop » son premier thriller. Vient enfin Trente secondes avant de mourir.
Extrait :
«  C’est sans compter sur les impondérables : tous ces petits événements, tous ces petits rien qui, mis bout à bout, forment une journée. Ces petits moments où chaque seconde peut devenir un choix. »

L’accroche de Miss Aline

 

1988,  trois enfants  dont la vie est bousculée par certain événement dont ils ne parleront à personne.  

2015, année charnière dans la vie de Tom.

2018, toutes les trajectoires se retrouvent  dans  cet espace temps.

Trente ans, trente secondes et la vie défile, avance, s’enfuie. D’autres choix étaient-ils possible ? Est-ce vraiment un choix  ou juste l’effet papillon ?

Il n’y a aucune difficulté à passer d’une année à une autre ; je dirais presque d’une histoire à une autre. L’auteur décrit très bien chaque protagoniste et son espace temps. Mais quel est le lien entre eux ?  Plus tu avances et plus tu cherches la cassure, le truc qui va te faire dire « ah oui quand même ».

Trente ans à avancer, tenté d’oublier, ruminer.

Trente ans, des retrouvailles entre  gosses d’hier  devenus des adultes ayant oubliés leurs rêves. Trente seconde pour basculer.

Trente secondes pour prendre une autre route et couper celle d’une autre vie. Tom va les «bouffer » toute sa vie ces trente secondes.

Trente ans le méchant d’hier s’est racheté une conduite. Trente secondes d’inattention et  à nouveau l’enfer.

L’auteur s’attache à démontrer que rien n’est fixé. Tout peut prendre une tournure inattendue dans la vie. Que tu n’es pas le/la seul(e) à influer sur le court des choses, les autres le font parfois pour toi de façon inconsciente bien sur.

J’ai beaucoup aimé la façon dont le récit est découpé et qui t’amène à t’interroger sur le « on va où ? ». La lecture est fluide  et tu as du mal à quitter tes pages. Les choses se mettent en place et tu comprends. Ok pour cette fin alors… ah non l’auteur te ménage une petite sortie des plus surprenantes.

Un très grand merci à Sébastien  Theveny de sa confiance en me faisant découvrir son univers. J’ai hâte de lire ses autres romans. Surement un nom à suivre…

Bonne lecture.

 

Extrait :
J’ai cru que notre mariage pourrait me guérir, mais je n’ai jamais réussi à me libérer tout à fait du passé.
La seule manière de m’en libérer, c’est de faire ce que j’ai décidé d’accomplir aujourd’hui même.
D’ici quelques heures, mon âme sera libérée d’un poids gigantesque.
Même si le prix à payer est lourd.
Et dangereux.
Définitif.
Mon pauvre homme, je fais de toi une victime collatérale de mes actes.
Le risque est grand que je finisse mes jours derrière les barreaux…
D’une certaine manière, je t’aime.

 

L’avis de Clémence , de la page « Les lectures de Clémence » :

Sébastien Théveny , Trente secondes avant de mourir :

Première fois pour moi que je lis un livre de cet auteur , que je remercie pour sa confiance .

J’ai été subjuguée par cette nouvelle plume et je suis sûre d’être assidue dans la lecture de ses ouvrages …

Passons aux choses sérieuses :

Tom , patiente dans la salle d’embarquement de l’aéroport , où mal à l’aise il observe toutes les personnes qui l’entourent . Étrangement , plusieurs personnes ne lui semble pas inconnues …

Nous allons faire des nombreux retours en arrière pour faire connaissance avec ces personnes censées ne pas se connaître et pourtant … quel est le lien qui les unit ?

Pour le découvrir il vous faudra lire ce superbe roman .

L’auteur nous fera revivre cette fameuse journée , où tout a été de travers , où le destin de Tom et des autres personnages  a pris un sacré tournant .

Vous ferez la connaissance d’Erin , de Ramon , de De Marcus … et ils méritent d’être connus .

Alors n’hésitez plus et retenez bien ce nom , Sébastien Théveny . Je vous assure que vous ne serez pas déçu , c’est promis !!

J’ai vraiment adoré ce livre , j’ai eu beaucoup de mal à le lâcher . Un petit bijou !

Extrait :
En somme, la vie de chacun n’est que l’accumulation de petits riens dans la grande mêlée générale de la fourmilière humaine

Voilà mes polardeux,

J’espère que comme moi vous avez fait une découverte car une nouvelles nos flingueuses n’ont bien donner envie de le lire celui-là. Rhaaaa sacrée tentatrices !

Et comme si cela ne suffisait pas ! …

Sébastien Theveny viendra bientôt papoter ici avec Clémence (autour du 4 aôut)

Trente secondes avant de mourir – Sébastien Theveny


Trente secondes avant de mourir – Sébastien Theveny

Ou

Une double chronique live

 

Le livre : Trente seconde avant de mourir, Sébastien Theveny.   Paru le 5 juin 2018 chez Independently published. 17€ ; (325 pages) ; 13×20 cm

4ème de couverture :

Pour que des vies basculent, il suffit parfois d’une seconde. New York, 2018. Assis en salle d’embarquement de l’aéroport de La Guardia, Tom Brady observe les autres passagers, autant d’anonyme ignorant tout de son terrible Thanksgiving 2015. Impossible d’oublier ce fameux jeudi ! Une journée noire, agitée, tendue, qui cache d’effroyables secrets mais aussi une vérité glaçante, dérangeante, dont les racines puisent bien plus loin dans le passé.

A cet instant, Tom est bien loin d’imaginer qu’il ne lui reste que trente seconde avant de mourir.

L’auteur : Né en 1976 en Pays de Champagne, Sébastien Theveny vit depuis 2002 en Franche-Comté. Il a une formation littéraire, il est l’auteur d’un recueil de poèmes intitulés : En vers…et conte tout.   Trouble Je,  est son premier roman, suivi d’« Un frère de trop » son premier thriller. Vient enfin Trente secondes avant de mourir.
Extrait :
«  C’est sans compter sur les impondérables : tous ces petits événements, tous ces petits rien qui, mis bout à bout, forment une journée. Ces petits moments où chaque seconde peut devenir un choix. »

La Chronique Live

Deux flingueuses en terrasse autour d’un verre (sans alcool) se font interpeller par leur voisin de table.

Ce qui donne une chronique sur le vif….

 

Le voisin de table : Pardon Mesdemoiselles j’ai entendu que vous parliez de Trente secondes avant de mourir de Sébastien Théveny.  Ça vous ennuie de m’en parler ? Ah, je me présence Alain Doucros et moi aussi à mes heures perdues je chronique.

Clémence : pour ma part c’est la première fois que je lis cet auteur. J’ai vraiment adoré ce livre. J’ai eu beaucoup de mal à le lâcher. Un véritable petit bijou.

Miss Aline : je confirme. Je dirais même : attention auteur à suivre !

Alain : ah oui tout de même ! Sans trop m’en dire vous pouvez développer ?

Miss Aline : l’auteur vous entraine sur trois périodes : 1988, trois enfants dont la vie est bousculée par certains événements dont ils ne parleront à personne.

2015, année charnière dans la vie de Tom.

Et 2018 : toutes les trajectoires se télescopent et tout ce joue ou pas. Mais aucune difficulté à passer d’une année à une autre ; je dirais presque d’une histoire à une autre. L’auteur décrit très bien chaque personnage et son espace temps.

Clémence : on commence avec Tom en salle d’embarquement, où mal à l’aise il observe toutes les personnes qui l’entourent.  Il va croiser un regard, un visage pas tout à fait inconnu. Et Tom repense à cette fameuse journée, où tout a été de travers, où son destin et celui d’autres personnes a pris un sacré tournant.

Alain : tout le monde est lié  alors, à cause de Tom ?

 Miss Aline : on va garder le suspens pour votre lecture. C’est vrai qu’en lisant on cherche la cassure, le truc qui va te faire dire « ah oui quand même ».

Clémence : pour découvrir cette cassure il vous faudra lire ce superbe roman. Je vous assure que vous ne serez pas déçu.

Alain : le titre ?

Miss Aline : trente seconde pour mourir c’est un livre sur  trente ans de vie qui défilent, avancent, s’enfuient. Trente ans pour avancer, tenté d’oublier, ruminer. Trente secondes pour basculer, trente secondes pour prendre une autre route et couper celle d’une autre vie. Trente secondes d’inattention et à nouveau l’enfer. Trente secondes c’est l’effet papillon que tu peux prendre en pleine face.

Clémence : Trente secondes pour mourir comment vous donner envie de le lire ? Le titre n’y est pas pour rien. Vous ne vous êtes jamais dis et si j’avais fais ça trente secondes plus tôt ou plus tard, la situation aurait-elle eut le même aboutissement ? Pensez-vous que nos actes, nos paroles peuvent influencer notre vie ou celle des autres ? Imaginez un peu si trente secondes avec une grande décision vous aviez douté et pris la décision inverse. Quelle serait votre vie aujourd’hui ?

 Alain : un mot pour la fin !

Miss Aline : la lecture est fluide et tu as du mal à quitter les pages. Les choses se mettent en place progressivement et tu comprends. Tu te dis « ok pour cette fin là »… et l’auteur te ménage une petite sortie des plus surprenantes.

Clémence : Nous allons faire de nombreux retours en arrière pour faire connaissance avec des personnes censées ne pas se connaitre et pourtant… quel est le lien qui les unit ? Pour le découvrir, il vous faudra lire ce superbe roman.

Alain : merci les filles vous m’avez convaincu en un peu plus de trente seconde…

Et vous, vous êtes convaincu(e) ?

Oui, non, pas encore

Alors retrouvez nous ce soir sur ces pages avec Clémence, nous partagerons avec vous nos deux chroniques

 Bonne lecture !

Et à très vite

L’exquis cadavre exquis, épisode 41


L’exquis cadavre exquis, épisode 41

Elle s’appelait Camille, avait la phobie de la chlorophylle et n’a rien trouvé de mieux que de se cacher dans une serre pour tenter d’échapper à son l’Assassin .

Les inspecteurs Lerot et Remini sont sur le coup mais de nombreuses questions restent encore inexpliquées

Pourquoi Max a-t-il été si troublé en apprenant la mort de Camille ? Qui envoyait à la victime de petits cercueils en bois ? Que sait la brigade financière sur cette mystérieuse affaire ?

Accrochez-vous, l’histoire se complique ! Camille a-t-elle été assassinée parce qu’elle enquêtait sur un vaste scandale pharmaceutique, avec Klatschmohn Aktion ? Ou bien à cause d’un détournement de fonds lié au Museum ? A moins qu’elle n’ait découvert l’escroquerie vinicole de son beau-père. Et si sa disparition était liée à celle de sa soeur jumelle ? La dépression de sa mère explique-t-elle son silence ? Quant à Costes, le privé à la réputation sulfureuse, quel rôle a-t-il joué dans l’histoire ?

Maintenant la suite c’est vous qui l’inventez !


L’exquis cadavre exquis

Episode 41

by Michaël Corbat

Sauvée !

«Que se passe t-il, ici ? demande le médecin réanimateur qui arrive en courant.»

Dans la chambre de l’hôpital, deux infirmières s’affairent au-dessus du corps inanimé de Valérie. La première commence un massage cardiaque, l’autre attendant les instructions.

«Bien, injectez-lui un milligramme d’adrénaline ! Et préparez le ventilateur, pendant ce temps je vais l’intuber ! Quelqu’un a vu ce qu’il s’est passé ici ? Où est le flic censé surveiller les allées et venues ? interpelle le médecin. Appelez une aide-soignante, qu’elle aille à la pêche aux infos !»

Tout en effectuant des gestes d’une précision horlogère, le médecin réfléchit à mille à l’heure. Il est perplexe. Jusqu’à présent, Valérie était stable et tirée d’affaire. Il n’y a aucune raison qu’elle rechute.  Même si, en médecine, il peut y avoir des événements inexpliqués, il a du mal à y croire.

Quelques minutes plus tard, Bérénice, l’aide soignante, revient, affolée :

«Un visiteur nous a rapporté qu’il avait vu une jeune femme entrer et sortir, de manière assez louche. Elle paraissait blessée, essoufflée, et s’est empressée, malgré tout, de déguerpir du couloir, comme si elle était poursuivie. Quant au flic, il vient de remonter. Il a reçu un coup de fil de ses supérieurs lui ordonnant de descendre les rejoindre à sa voiture, sur le parking de l’hôpital. Apparemment, il a attendu en vain, personne n’est jamais venu… Je le fais entrer ?

– Oui, qu’il entre. Mettez-moi en ligne avec le commissariat. Et qu’on me passe l’inspecteur Pichon. C’est lui qui a repris le commandement, apparemment. Stoppez le massage, on attend…»

Suspendu aux voyants du monitoring, le personnel médical retient son souffle. Quelques secondes plus tard, un bip se lance, leur indiquant que Valérie respire de nouveau…

…alors qu’au même instant, quelques rues plus loin, la respiration saccadée d’Amanda la force à s’arrêter. Saloperie de côtes cassées ! Elle sait aussi qu’avec son allure et sa dégaine, elle ne pourra pas aller loin sans se faire repérer. La douleur lui arrachant la poitrine et la faisant vaciller, elle souffle un instant. Oui, voilà, s’arrêter, réfléchir, choisir un tripot un peu glauque où elle pourra se noyer dans la masse des buveurs de bières et autres joueurs de tiercé. Elle entre dans un bar…

Suite à l’appel  du médecin, Gaston Pichon comprend, quant à lui, qu’il s’est fait manipuler… Quel naïf il a été ! Quel con ! Sa carrière aurait pu prendre un sérieux coup dans l’aile mais, par bonheur, l’honneur est sauf. Personne dans l’équipe ne l’a vu parler avec cette foutue Amanda. Il ne lui reste plus qu’à sortir un portrait-robot et à le diffuser à l’échelon national ! L’aspirant lieutenant va devenir grand, s’enorgueillit-il…

Astrid de Vlad O’Riley


Le livre : Astrid de Vlad O’Riley. Paru le chez 5 décembre 2016 Rroyzz Editions. 16€ ; (248 p.) ; 21×15 cm.

4e de couv : 

Une photo, une simple photo. C’est ce qui va bouleverser la vie de Julia. Le mutisme de sa mère, à propos d’un homme figurant à ses côtés sur ce cliché, provoque son incompréhension et une scène éclate. Mise à la porte, Julia décide de trouver les réponses par elle-même. Une bouche de métro, une agression, la peur, la fuite. Le destin est en marche. Et ce destin brisé se prénomme Astrid.

 

 

 

L’auteur : Tout est de la faute Stephen King et de Poppy Z Brite. Ce sont eux qui ont ouvert la boite de Pandore de son imaginaire et l’ont insidieusement contaminé jusqu’à ce qu’il se décide à prendre la plume. Ses premiers monstres, Vlad les fait naitre à la pointe des crayons pendant son adolescence nourrie de musique metal, de film d’horreur et de comics. Durant ses études de graphisme il avale les romans de Poppy Z Brite, Vincent Ravalec ou Thomas Harris pour voyager plus vite que les trajets interminables en train.
Et un jour une envie, oubliée, refait surface ; celle de faire vivre les monstres plutôt que de les figer dans une posture menaçante. Alors il donne vie à Astrid, la plonge dans la folie et en fait un ange déchu. Ce premier roman n’est que la porte d’entrée vers un univers peuplé de personnages troubles qui ne demande qu’à prendre vie et s’abandonner sous la plume de Vlad O’Riley.
Vlad O’Riley est né en 1979 à Limoges où il vit actuellement.
Extrait :
Je m’appelle Astrid. Je vis dans un endroit où il fait noir, tout le temps noir. Si noir que m^me la lumière a peur d’être avalée pour l’ombre épaisse comme du mazout. C’est mon domaine. C’est pas bien grand, mais cela me suffit. J’ai mes repères dans ce lieu qui ferait fuir les plus courageux et téméraire. Je ne sais pas vraiment ce que je suis, ceux qui m’ont croisé ne sont plus là pour le dire, et ceux qui m’ont connue non plus. Je suis une fille, ou du moins, j’en ai l’apparence.

 

Le Sach’avis

Astrid de Vlad O’Riley

Le « pitain C’est bon ça » du jour!

Et si le monde pouvait basculer pour une simple photo ? C’est ce que Julia va découvrir après une dispute avec sa mère. En quête de réponses, elle part pour comprendre. Pourquoi sa mère a-t-elle réagi de la sorte ? Une bouche de métro, une agression, la fuite. Julia est en route vers son destin et ce destin ce prénomme Astrid.

Je vous présente Astrid! Et elle va vous scotcher, je vous le dis!
Un huis clos sufficant à souhait! Chapeau à toi Vlad O’Riley parce qu’au-delà de l’intrigue qui se déroule à pas de loup dans ce lieu flippant et mystérieux, on est parfois gêné, compatissant, choqué, attendri, horrifié! Pour arriver à…. muhahaha 😈
Un terrain que certains pourraient trouver glissant mais abordé avec beaucoup de sensibilité! 
Bref J’ai adoré les sentiments que Vlad met dans ce roman glauque comme je les aime! Très fort!

Alors entrez dans le noir, mais prenez garde car juste là, dans votre cou, vous pourriez sentir un autre souffle que le vôtre!..

Secrets d’Auteurs, vous connaissez ?


Le 04 juillet dernier, les éditions Albin Michel organisaient une soirée à l’occasion de la sortie en France du roman de la danoise Anne-Mette HancockFleur de CadavreC’est à cette occasion qu’ Ophélie a fait la connaissance de Nathalie Benveniste, une des fondatrices de la box « Secrets d’auteurs ».

Elle vous en explique le concept et vous livre une interview de Nathalie.

 

Ce fameux 04 juillet. les convives étaient répartis en fonction de leurs activités littéraires. Blogueurs et influenceurs sur la toile étaient réunis , et c’est ainsi que je me suis trouvée assise face à Nathalie. Au cours d’une sorte de tour de table afin de nous présenter les uns aux autres, Nathalie nous a révélé son terrible secret… J’ai donc voulu en savoir plus sur cette fameuse box!

« Secrets d’auteurs » c’est une box, qui comme toutes celles qui existent, propose de recevoir, à domicile, un colis avec des petits cadeaux. Comme pour celles existantes sur le marché, « Secrets d’auteurs » propose plusieurs formules: un envoie ponctuel ou un abonnement, mais aussi la possibilité de faire un cadeau à un tiers. Chaque mois, une nouvelle sélection est opérée et ce afin de diversifier l’offre et de faire découvrir aux lecteurs un large éventail de livres. Ça c’est pour le concept général.

Mais entrons dans le détail, parce que « Secrets d’auteurs » c’est quand même bien plus qu’un livre que l’on reçoit à domicile comme par le biais de n’importe quel distributeur.

Tout d’abord, deux formules principales. La sélection coup de cœur qui est composée de romans choisis pour leur grande qualité littéraire mais aussi pour l’émotion qu’ils ont fait naître chez les lecteurs qui composent le comité de sélection. Son but est de vous faire découvrir ou redécouvrir des auteurs reconnus pour leur talent, pour leur capacité à vous transporter dans un « ailleurs », comme seuls les romans peuvent le faire.

Ensuite la sélection polars et thrillers, qui comme son nom l’indique, est composée de romans noirs captivants, au suspens haletant, qui vous transporteront dans des nuits blanches et qui, souvent, offrirons à votre réflexion des questionnements sur des sujets de société.

Dans les deux sélections, partez à la rencontre d’auteurs français mais aussi étrangers, des auteurs que vous n’auriez pas forcément acheté de vous mêmes tant l’offre est grande dans les rayons de nos chères librairies.

Ensuite, plusieurs possibilités d’achats. En abonnement (résiliation possible à tout moment), pour avoir le plaisir de recevoir chaque mois son petit colis personnalisé et la surprise de la découverte du roman qui s’y cache. Mais aussi en achat ponctuel, en choisissant une box en particulier ou une des box composée lors des mois précédents.Enfin reste une troisième possibilité qui est le cadeau: vous choisissez une sélection et une durée, offrez la carte cadeau à la personne de votre choix, et une fois la carte activée, le récipiendaire recevra sa (ses) box, à son domicile.

Enfin, je vous le disais plus haut, « Secrets d’auteurs » n’est pas une box comme les autres. En dehors des petits cadeaux somme toute classiques, Nathalie et ses collaborateurs ont eu l’idée de joindre aux livres un magasine. Créé pour chaque box, ce magasine vous en dit plus sur l’auteur, l’histoire du livre, les lieux évoqués dans le roman etc… Une véritable valeur ajoutée pour donner plus de sens encore à la lecture, l’accompagner ou la compléter. Véritable travail de titan, il fait de « Secrets d’auteurs » un concept unique.

Interview de Nathalie Benveniste, co-fondatrice de « Secrets d’auteurs ».

Origine du concept, sélection des romans, relations avec les maisons d’éditions et indiscrétions, Nathalie nous livre quelques uns de leurs….secrets 😉

Nathalie, peux-tu nous dire comment est né le concept de « Secrets d’auteurs »?


L’été dernier, nous avons constaté une fois de plus à quel point il était difficile de choisir des livres de bonne qualité littéraire, avec de beaux sujets qui font voyager l’esprit, qu’il s’agisse de romans ou de polars créatifs. Comme nos amis nous demandaient sans arrêt des conseils culturels, nous nous sommes dit que nous pourrions partager nos idées avec tous ceux qui aiment lire et n’ont pas forcément le temps d’explorer les 70 000 titres qui sortent chaque année. Plutôt que de créer un nouveau blog, l’idée nous est donc venue de faire une sélection polars et une sélection littérature générale mais surtout de l’accompagner d’un magazine exclusif pour en savoir plus sur chaque auteur, son roman, son univers.

Comment a été accueillie « Secrets d’auteurs » par le public littéraire?


Secrets d’Auteurs a été très bien accueilli, nos lecteurs (et même les éditeurs !), nous disent qu’ils ont appris plein de choses en lisant nos magazines et que notre sélection est variée, enrichissante, jamais ennuyeuse. Certaines personnes lisent le magazine plusieurs fois : avant et après la lecture du livre. Il n’y a jamais de spoiler mais au contraire des informations et analyses en plus, ainsi qu’une playlist.
Le côté coffret cadeau pour soi ou pour offrir (livre, magazine, cadeaux surprises, livraison incluse), à l’unité ou sur abonnement plait car il est très qualitatif, original et flexible.

Ce qui me plait particulièrement dans votre concept, c’est le magasine qui accompagne la box. C’est vraiment un plus pour et dans la lecture et découverte l’auteur. Qui rédige ce magasine et comment faites-vous pour recueillir toutes ces informations?


Je fais beaucoup de recherches sur les thématiques de chaque livre et sur les auteurs. Je réalise des interviews (auteurs, éditeurs, traducteurs…) puis je me lance dans la rédaction des 28 pages avec un grand plaisir d’écriture et l’envie de sélectionner les bonnes informations pour intéresser les lecteurs et surtout apporter un point de vue nouveau et une approche exclusive. L’équipe travaille ensuite sur les illustrations, les photos, la mise en page pour proposer également un plaisir esthétique à la lecture du magazine.

Comment procédez-vous pour sélectionner les romans?


Nous avons un comité de lecture qui repère les romans récents et brochés qui pourraient correspondre à la Box : bien écrits, rythmés, intéressants, intelligents et humanistes, avec des thématiques susceptibles d’être développées dans le magazine. Nous discutons aussi avec les éditeurs, qui nous font des recommandations. Ensuite, nous lisons la sélection et nous faisons notre choix final : une Box polars et thrillers par mois, une Box coups de coeur littéraires par mois, et quelques livres en plus dans la boutique pour les curieux, que le comité a appréciés mais qui ne sont pas dans la Box.

Nous avons eu la joie de nous rencontrer lors d’une soirée organisée par Albin Michel à l’occasion de la sortie française de « fleur de cadavre » de la nouvelle reine du polar Danois Anne Mette Hancock. Peux tu nous dire comment se passent les relations entre vous et les maisons d’édition, ou est-ce un secret qui, pour le coup, ne sera pas dévoilé?


Les relations sont excellentes, d’autant plus que nous sommes totalement indépendants. Nous rencontrons directement les responsables de collections ou les responsables commerciaux et les échanges sont toujours très fructueux. Les éditeurs sont ravis, ils trouvent que nous valorisons leurs auteurs et que le magazine représente un travail colossal. Ils sont très contents lorsque nous choisissons un de leurs auteurs et que nous apportons une expérience de lecture enrichie autour de l’oeuvre.

Enfin, nous offrirais-tu quelques indiscrétions sur les box à venir?
Je peux vous dévoiler les Box surprises de juillet… car tous nos abonnés ont déjà reçu la leur donc pas de risque de leur gâcher le plaisir de la découverte !

En polar, un magnifique polar napolitain qui se passe dans les années 30 : « Les Pâques du commissaire Ricciardi » de Maurizio de Giovanni.
En coup de coeur littéraire, un livre génial, entre thriller psychologique et grande fresque romanesque, plébiscité par Stephen King : « Dans les angles morts » d’Elizabeth Brundage.
Dans les deux magazines, nous avons des interviews exclusives qui ont été fantastiques à réaliser !
Les Box des mois suivants feront comme toujours voyager : Irlande, Ecosse, Danemark 😉

Merci Nathalie!


J’espère vous avoir mis l’eau à la bouche et vous avoir donné envie de découvrir « Secrets d’auteurs » ! En tous cas moi, je suis convaincue.

Retrouvez « Secrets d’auteurs » , leurs box, leurs boutiques et leurs idées lectures sur leur site: Secrets d’Auteur

 

Ophélie, Nathalie merci pour cet entretien mais me permettez-vous 2 ou 3 questions encore ?

Bonjour Geneviève. Oui bien sûr avec plaisir, je vais répondre à tes questions

Voici Nathalie…

La première, comment et par qui est approvisionné votre boutique.

Nous achetons directement nos livres aux éditeurs.

Quel statut  a « Secrets d’Auteur » ?

Nous sommes considérés comme éditeurs par l’INSEE car nous éditons deux livrets par mois (les magazines Secrets d’Auteurs).
Les éditeurs nous considèrent comme des éditeurs de contenus et comme des libraires en ligne.

Êtes-vous libraires ? 

Vous considérez vous comme tels ?

Oui d’une certaine façon, des libraires en ligne avec une offre de lecture enrichie, même si nous ne proposons qu’une sélection très précise et que notre offre ne concurrence pas vraiment les libraires, qui ont des milliers de références.

Merci Nathalie pour ces quelques précisions.

Dernière sortie pour Wonderland – Ghislain Gilberti


Le livre : Dernière sortie pour Wonderland de Ghislain Gilberti. Paru le 31 août 2017 aux éditions Ring. 19.95€ ; (481 p.) ; 14 x 22 cm .

4ème de couverture :

 » Un pédophile se cache-t-il derrière le conte le plus célèbre du monde, Alice au Pays des Merveilles ? Lewis Carroll a-t-il brouillé les pistes pour masquer la véritable Alice, bien réelle, qui aurait été l’une de ses victimes ? Le roman gigogne de l’auteur français, Ghislain Gilberti, Dernière sortie pour Wonderland, remonte la piste d’Alice et de son bourreau à travers un puzzle effroyable et brillant.  »

Norah Spencer, CBS News

Durant une free party, Alice Price, étudiante et artiste de la scène électronique underground, goûte à une drogue inconnue. Les effets du produit la dépassent rapidement et, aux frontières de l’overdose, un étrange lapin blanc la propulse au cœur d’un monde parallèle et piégé : l’univers de Lewis Carroll. La chenille, le chapelier fou, le lièvre de mars, le chat du Cheshire, tous les personnages du conte victorien sont là et invitent cette Alice contemporaine dans les sombres mystères de la création du vrai Wonderland.
Les innocents ne sont pas toujours ceux que l’on croit, les alliés sont rares et les périls nombreux. Si elle veut rester vivante, la jeune Alice n’a plus le choix et doit reconstituer le puzzle diabolique de Lewis Carroll.

En brisant le mythe Disney, Ghislain Gilberti s’attaque à un emblème intouchable de l’Angleterre depuis le XIXe siècle : Lewis Carroll, introverti maladif, toxicomane, atteint du syndrome de puer aeternus, amateur de photographies pornographiques infantiles, pédophile… C’est sans concession que Dernière Sortie pour Wonderland referme pour toujours la porte du Pays des Merveilles et met un point final à la pudibonderie hypocrite que même Tim Burton n’a pas pu briser avec ses dernières adaptations cinématographiques.

L’auteur : Héritier français de William Burroughs, Ghislain Gilberti a connu l’enfer de la polytoxicomanie lourde avant de devenir tireur de précision pour l’armée de terre.
Auteur des best-sellers Le Festin du Serpent (Pocket) et Le baptême des ténèbres (édition poche La Mécanique générale à paraître en 2017), guéri, il est aujourd’hui père de deux enfants (bientôt 3). Ghilsain Gilberti a 39 ans et vit à Belfort.
Extrait :
« C’est devenu un symbole universel qui a fini par prendre corps. Mais ces contrées ont été retournées. Détournées, transformées. Son vrai visage en a été oublié, voire carrément refoulé. Aujourd’hui, les gens de ton peuple, à la surface, ne veulent plus voir que son visage grimé, caché derrière un paravent niaiseux. A l’instar de notre monde et de sa façade publique bienséante, le vôtre s’est volontairement crevé les yeux. Les gens de la surface, dans leur grande majorité, préfèrent ne rien savoir plutôt que d’être confrontés à des vérités gênantes, ambigües ou tout simplement trop complexes. Alors il est facile pour la Reine tyrannique et son marionnettiste de jouer le jeu impunément et d’en profiter. »

 

 L’avis de Clémence , de la page « Les lectures de Clémence » :

Dernière sortie pour wonderland de Ghislain Gilberti :

 

Chers lecteurs, préparez-vous à vivre l’inavouable histoire de Charles Dogson , alias « dodo » plus connu sous le nom de  Lewis Carroll .

Vous ferez une immersion au sein de wonderland, conte plus communément appelé Alice aux pays des merveilles.

Alice Price, qui s’apprête à mixer en soirée, fait preuve d’une curiosité malsaine qui la pousse à prendre une poudre violette aux effets particuliers …

Elle se retrouve immédiatement plongée dans un autre monde parallèle souterrain, où elle croisera un étrange lapin blanc aux yeux maléfiques …

La voilà immergée dans un monde inventé de toutes pièces par Lewis Carroll, individu dérangé, photographe pédophile et pervers … Charles Dogson ne lui est pas inconnu puisqu’elle a fait une thèse dans le cadre de ses études sur ce personnage, pour lequel elle ignore en fait tout de sa partie sombre…

Son but : Sauver les âmes innocentes enfermées par cet horrible personnage et sauver Wonderland de la folie de son créateur !

Au fil de son périple, elle va rencontrer les personnages ayant peuplé le conte « Alice aux pays des merveilles » et va être confrontée à des aventures périlleuses qui mettront sa vie en danger.

Elle se retrouvera à divers moments entourés de Lewis Carroll et fera face aux pires horreurs qu’il a commises …

 Ce roman est tout à fait nouveau pour moi, j’avoue ne pas savoir dans quelles cases le ranger ! c’est une lecture atypique pour mon cœur de polardeuse …Mais justement, ce changement de style, que j’ai adoré, prouve encore une fois pour moi le talent d’écriture de Ghislain Gilberti qui sait à chaque fois m’emmener hors de mes sentiers habituels ….

 Le personnage de Lewis Carroll m’a répugnée, dégoutée. L’auteur a su, à travers la force de ses mots, me faire détester cette horrible personne !

J’ai adoré le côté réel qu’apportent les photos retrouvées à la fin du livre qui nous confirment l’horreur dont a fait preuve cet homme.

 L’écriture de Ghislain est forte, percutante et tellement addictive !

 Alors à vous de vous y plonger et surtout n’oubliez pas, ne soyez pas en retard !