L’exquis cadavre exquis, épisode 16


L’exquis cadavre exquis, épisode 16

 

Exquis Cadavre Exquis

 

 

Elle s’appelait Camille, avait la phobie de la chlorophylle et n’a rien trouvé de mieux que de se cacher dans une serre pour tenter d’échapper à son l’Assassin .

Les inspecteurs Leriot et Remini sont sur le coup mais de nombreuses questions restent encore inexpliquées

Pourquoi Max a-t-il été si troublé en apprenant la mort de Camille ? Qui envoyait à la victime de petits cercueils en bois ? Que sait la brigade financière sur cette mystérieuse affaire ?

La suite c’est vous qui l’inventez


L’exquis cadavre exquis

Episode 16

By Eppy Fanny

La fête de la choucroute

 

 

« All of you » de Miles Davis et John Coltrane enserre Max de ces notes qui l’apaisent immanquablement. Installé dans son fauteuil favori, Max s’interroge sur les événements qu’il vient de vivre. Comment le type qui lui a mis une branlée a-t-il eu la clé de chez Camille ? Etait-ce son fameux compagnon ? Que peut bien contenir cette enveloppe pour laquelle des gens s’entretuent ? Dans quoi Camille trempait-elle ? Qui était-elle vraiment ?

Désormais ce sont les sillons de « So What » qui résonnent sur la platine. Max baisse encore la lumière. Il a passé plusieurs années aux côtés de Camille sans la connaitre. Le constat est amer. Il se resserre un double single malt, la bouteille de Yamazaki de 1984 qu’il garde pour les grandes occasions.

Klatschmohn aktion est un nom prémonitoire, s’il en est ; car faute de coquelicots, le rouge sang est, lui, bien présent dans cette histoire. Mais Max est têtu, il tient une piste et va la suivre jusqu’au bout. Quoi qu’il en coûte, quoi qu’il lui en coûte. Il n’a rien perdu de ses réflexes de reporter de guerre. Devant la tournure des événements, il fera ce qu’il faut. En solo encore un moment. Il va attendre d’en savoir plus pour alerter son vieux complice Sebastián. Ou pas.


 

La sonnerie du téléphone fait sursauter Lerot qui avait fini par s’assoupir dans son bureau. La voix ironique et mordante de Valérie résonne à ses oreilles. A priori elle n’a toujours pas digéré son emportement récent. Il devrait le savoir pourtant, au bout de plusieurs divorces, qu’avec les femmes il faut y mettre les formes si l’on ne veut pas manger chaud. Le voilà réveillé pour de bon.

– Sebastián, tu sais le mot dont tu n’as toujours pas trouvé la définition ? OK je t’aide, la diplomatie. Eh bien elle fait miracle. Tu devrais t’y mettre. J’ai un retour de mes contacts à la financière. Il apparait que Blanchard, l’ex-gestionnaire du muséum en prison, avait occupé un poste clé à la finance d’un grand groupe agroalimentaire allemand. Ce secteur a le vent en poupe, les exportations ont doublé en dix ans… »

– Encore l’Allemagne ! Cette enquête va finir en fête de la choucroute, éructe Lerot.

– Et tu ne connais pas le meilleur. Le groupe qui employait Blanchard a racheté récemment un des fleurons de l’industrie française. Fleuron dont le directeur des affaires financières est justement un de ses amis. Le monde est petit. Protéger les intérêts d’un groupe de cette envergure expliquerait l’intervention d’un tueur professionnel. Mais nous n’en sommes qu’aux hypothèses. Je te fais suivre les copies des dossiers. Comme tu le dis si bien, je retourne à ma marmaille.

Et la voilà qui raccroche afin de conserver le mot de la fin.

 

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Le tricycle rouge – Vincent Hauuy


Le tricycle rouge

Vincent Hauuy

 

Vous avez lu ici même, sur votre blog préféré, la chronique du Brasier, de Vincent Hauuy. Si vous ne connaissez pas l’opus précédent, Le tricycle rouge, il est temps de réparer cet oubli…

 

Le livre : le tricycle rouge, de Vincent Hauuy. Paru le 18 mai 2017 aux éditions Hugo thriller (parution en avril 2018, Le Livre de poche). 496 pages, 14×21, 19,95 euros.

4e de couverture :

Noah Wallace est un homme usé, l’ombre du brillant profileur qu’il était jusqu’à ce qu’un accident lui enlève à la fois sa femme et sa carrière. Mais un appel téléphonique va le contraindre à reprendre du service. Son ami et ex-coéquipier Steve Raymond a besoin de lui. Une carte postale trouvée sur le lieu d’un crime atroce au Canada l’implique directement et le ramène à une série de meurtres commis cinq ans plus tôt. Tout porte à croire qu’un tueur en série présumé mort, le Démon du Vermont, est de nouveau à l’œuvre. Dans le même temps, à New York, la journaliste et blogueuse Sophie Lavallée enquête sur un reporter disparu dans les années soixante-dix. Et si les deux affaires étaient liées par le même sombre secret ?

L’auteur : né à Nancy en 1975, Vincent Hauuy vit au Canada avec sa famille. Concepteur de jeux vidéo et fan incontesté de Stephen King, J.R.R. Tolkien et George R.R. Martin, Vincent Hauuy construit un monde fictif fait de paranormal, de sang et de complexité qui donne à ses romans des intrigues très riches.

 

 

Extrait :
« Et puis il y a cette inconnue. Cette fille étrange dont il ne peut détacher son regard. On dirait une gamine avec son t-shirt de Metallica trop grand et son bonnet en laine vert qui plaque sa chevelure sur ses oreilles ; elle est d’une extrême maigreur. Mucoviscidose ? Peut-être, ou bien anorexique. Elle l’intrigue : elle a aligné une rangée de trombones devant elle, et là, elle s’amuse à tendre des élastiques entre ses doigts de squelette.
Il se demande qui elle peut bien être et quel âge elle peut avoir. Tremblay n’a fait aucune présentation pour le moment.
En revanche, il a trouvé un adjectif qui lui convient. Il sort son carnet et griffonne :
« Cachectique ».  »

Les coups de cœur d’Isabelle

Vincent Hauuy aime Stephen King et ça se voit. Il y a du John Smith, le héros de The dead zone, dans Noah Wallace. Ils ont en commun leur handicap, leurs blessures mal cicatrisées, leurs intuitions inopinées, leurs visions fulgurantes…  Le tricycle rouge porte en lui une part de fantastique, propre à réjouir les fans du maître du genre. Au-delà de cet hommage, Hauuy impose très vite sa marque. Il donne à son profileur une dimension quasi schizophrène.  Le Noah d’aujourd’hui héberge L’autre, un reliquat du passé, un fantôme de celui qu’il était avant son accident, une référence à laquelle il se mesure sans cesse.  Cette comparaison avec lui-même, qui tourne à la compétition et va presque jusqu’au duel, est un élément central du roman.

Un lien fort se crée d’emblée entre le lecteur et ce personnage torturé et complexe, qui donne à la lecture du livre une impression troublante de retrouvailles. Les figures qui gravitent autour de lui ont également une belle consistance.  Steve Raymond, son co-équipier, Sophie Lavallée, journaliste blogueuse pugnace, l’inspecteur Tremblay, et surtout Clémence Leduc, jeune profileuse énigmatique et attachante. On les suit volontiers dans une longue enquête pas piquée des hannetons, à laquelle sont mêlées plusieurs agences gouvernementales américaines et canadiennes. Les multiples rebondissements n’en sont peut-être pas toujours plausibles, mais qu’importe, ils nous tiennent en haleine. Un excellent thriller dont l’épaisseur, au sens propre comme au sens figuré, a de quoi séduire.

 

A noter Le tricycle rouge a reçu le « Prix Michel Bussi du meilleur thriller français, 2017 » et qu’il est réédité en poche le 28 mars 2018 chez Le Livre de Poche dans la collection Le livre de poche Thriller n° 34927