L’exquis cadavre exquis, épisode 15

L’exquis cadavre exquis, épisode 15

Elle s’appelait Camille, avait la phobie de la chlorophylle et n’a rien trouvé de mieux que de se cacher dans une serre pour tenter d’échapper à son l’Assassin .

Les inspecteurs Leriot et Remini sont sur le coup mais de nombreuses questions restent encore inexpliquées

Pourquoi Max a-t-il été si troublé en apprenant la mort de Camille ? Qui envoyait à la victime de petits cercueils en bois ? Que sait la brigade financière sur cette mystérieuse affaire ?

La suite c’est vous qui l’inventez


L’exquis cadavre exquis

Épisode 15

by Chantal

Ce que cachent les coquelicots

 

Quelques heures plus tôt…

L’esprit de Max était aussi vide que l’appartement de Camille. Décidément, la vie de cette femme avec qui, finalement, il aurait aimé partager plus que des histoires professionnelles, lui apparaissait de plus en plus opaque. Il était là, à renifler comme un chien policier le moindre recoin de son appartement, et puis quoi ?

Soudain, un imperceptible changement d’atmosphère alerta Max. Il se figea derrière la porte de la salle de bains juste assez entr’ouverte pour voir le couloir en enfilade. Il était pourtant sûr d’avoir refermé la porte d’entrée, mais un homme encapuchonné et ganté était là, dans le vestibule. Il entra sans hésiter dans la cuisine, située à droite. Lui aussi avait une clé ! Max retint son souffle, avec l’impression que les battements de son cœur allaient le trahir. L’occasion était trop belle pour découvrir quelques secrets de Camille et surtout de doubler les flics, d’avoir une longueur d’avance sur l’enquête !

Il franchit le couloir en trois enjambées, et sa carrure, somme toute impressionnante, s’encadra dans la porte de la cuisine. L’intrus farfouillait dans un tiroir. Alerté par le bruit, il se retourna, tenant à la main une enveloppe. Max s’avança et voulut lui donner un coup de poing mais l’autre esquiva. Le journaliste se retrouva contre la fenêtre à demi-ouverte qui donnait sur la cour. Il revint à la charge et inversa les positions. Désormais, Max maintenait fermement l’inconnu contre la fenêtre. Contre toute attente, le voleur balança en arrière son bras droit et réussit à lancer l’enveloppe dans la cour. Dans un dernier sursaut, il donna un solide coup de genou dans le bas-ventre de Max qui, de douleur, se plia en deux, le souffle coupé. L’inconnu le bouscula encore et disparut en un éclair.

Tant bien que mal, Max se releva et essaya d’apercevoir par la fenêtre la mystérieuse enveloppe dont, fugacement, son œil avait balayé le recto. Il avait remarqué le timbre allemand et les mots « Klatschmohn Aktion » inscrits sur le papier.

D’abord Max ne vit rien, seulement une poubelle à l’aplomb de la fenêtre. Il supposa que le visiteur à capuchon avait dévalé les trois étages et pris la poudre d’escampette après avoir récupéré l’enveloppe. Les mots captés lui revinrent : en Européen convaincu, Max avait toujours cultivé quelques langues étrangères, dont l’allemand, en même temps que les relations avec des correspondants devenus parfois des amis. Son confrère du Spiegel, Friedrich Sonnen, pourrait peut-être lui donner des tuyaux sur cette « Opération coquelicot » figurant sur l’enveloppe apparemment si convoitée. « Klatschmohn », ça claquait comme un coup de feu.

Sonnen habitait à Kehl, juste en face de Strasbourg. Max quitta l’appartement, encore un peu sonné par le coup reçu. Au moment où il allait prendre l’escalier, il aperçut une silhouette à l’allure trop modeste pour être honnête sur le palier intermédiaire. Instinctivement, il monta au 4ème étage et regarda à travers les montants de l’escalier. Une jeune femme s’introduisait chez Camille à l’aide d’un passe. Décidément, l’appartement était fort visité ! Max choisit d’attendre. Bien lui en prit car très vite, la discrète demoiselle sortit en trombe et dévala les marches quatre à quatre.

Max suivit, plus prudemment, et assista, à travers la fenêtre grillagée de la porte d’entrée de l’immeuble, à une étrange scène : un homme, « son » fouineur, la tête plongée dans la poubelle, se redressait triomphant, l’enveloppe à la main, tandis que la femme, bras tendu prolongé par un pistolet, le visait posément. L’enveloppe changea rapidement de main.

Max s’était tenu coi, n’ayant nulle envie de risquer sa vie à ce moment-là. Il était plus urgent désormais de découvrir ce que cachaient les coquelicots …

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